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6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 00:01

Suite de la biographie de Nguyên Thê Truyên

Après la défaite du Japon en août 1945, Hô Chi Minh s'installe à Hanoï le 25 août 1945 et, le 2 septembre, déclare sur la place Ba Dinh que le peuple du Viêt Nam s'affranchit « complètement de tout rapport colonial avec la France impérialiste ». Dans sa proclamation il reprend en grande partie les mots de la brochure Procès de la colonisation française, élaborée avec Nguyên Thê Truyên.

Selon l’historien Pierre Brocheux, il est sollicité par Hô Chi Minh pour devenir vice-président de la République démocratique du Vietnam en 1946, mais il refuse l’offre. En 1953, Le Monde, assure que c’est le portefeuille des affaires étrangères qui lui fut proposé.

Alors que le Vietminh contrôle une partie du territoire, mais que la capitale, Nguyên Thê Truyên a refusé de rejoindre le gouvernement révolutionnaire installé dans les montagnes. Il reste à Hanoï, toujours contrôlée par les autorités françaises et le gouvernement de la République du Vietnam. Des élections municipales y sont organisées en janvier 1953.

Nguyen Thé Truyen, présenté par Jean Lacouture dans Le Monde comme un ancien compagnon d'Ho Chi-Minh en France, figure sur une liste d’unification, qualifiée de nationaliste de gauche, qui comprend également le docteur Hoang Co Binh, directeur du journal, Giang Son, et Tran Hung-Dung, militant nationaliste. Leur programme comprend des élections rapides à l'Assemblée constituante afin que soit institué un régime constitutionnel, le vote des femmes et l'installation du gouvernement à Hanoï. Le scrutin permet aux nationalistes de gauche de remporter tous les sièges, sauf un. Selon Le Monde, « la personnalité de son leader Nguyên Thê Truyên a été l'une des raisons les plus fortes de ce succès. »

Reçu en mars 1953 à Saigon par Jean Letourneau, ministre français chargé des relations avec les États associés, Nguyên Thê Truyên, désigné par Le Monde comme grand vainqueur du scrutin de Hanoï, a suggéré des élections plus larges et une politique sociale plus hardie.

Lors de la division du Vietnam en deux États en 1954, Nguyên Thê Truyên rejoint le Sud-Vietnam et vit à Saïgon. Il participe à l’élection à la présidence de la République qui est organisée en février 1961. Le sortant, Ngo Dinh Diem, est réélu avec une très forte majorité, N. T. Truyên est candidat, en tant que vice-président, aux côtés de Hô Nhat Tan, praticien de médecine orientale traditionnelle. Bernard Fall voit dans Nguyên Thê Truyên « la seule figure respectable » du scrutin qu’il qualifie de « farce ». Sa liste obtient 4% des suffrages dans tout le pays, contre 7% pour l’autre opposant Ngo Dinh Diem. Le Monde commente les résultats dans la l'agglomération saïgonnaise, où la liste Hô Nhat Tan et Nguyên Thê Truyên a recueilli 150 000 voix, contre 300 000 au président. Il estime que ce résultat est significatif, car Nguyên Thê Truyên « porte un nom fameux : il fut, chacun le sait, le plus proche compagnon d'Hô Chi Minh pendant le long séjour que le fondateur du Vietminh fit à Paris entre 1917 et 1923. Ce qui donne un sens particulier à la plupart des voix qui se sont portées sur son nom. »

En mai 1961, les quatre candidats d’opposition aux élections présidentielles, Hô Nhat Tan, Nguyên Thê Truyên, Nguyen Dinh Quat et Nguyen Thanh Phuong, créent une alliance politique sous le nom de Khoi Dan Chu.

Nguyên Thê Truyên  en 1961

Après l'assassinat du président Ngo Dinh Diem, Nguyên Thê Truyên est reçu en février 1964 par le général Nguyen Khanh, président du conseil militaire révolutionnaire vietnamien, qui a pris le pouvoir au Sud-Vietnam. Il est de nouveau candidat à la vice-présidence en septembre 1967 au côté de Nguyen Hoa Hiep. Ils recueillent 160 790 voix, soit 3,5% des 4 868 266 suffrages exprimés pour 5 853 251 inscrits. Le général Nguyễn Văn Thiệu, qui avait pris le pouvoir en 1965, est élu.

Malade, Nguyên Thê Truyên meurt le 19 septembre 1969 à Saïgon. Âgé de 71 ans, il est inhumé au cimetière du Cong Phan (Go Vap). Il était père de quatre enfants, les trois premiers étant nés en France en 1923, 1925 et 1927, le dernier étant natif de Nam Dinh en 1931 : Christiane Nguyen Trung Trac, Niquette Nguyen Trung Nhi, Claude Nguyen Quoc Tuan et Jean Nguyen Le Hao.

Le poète Vu Hoang Chuong, lui rend hommage par un poème qu’il publie après sa mort en 1969.

Fin

 

 

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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 00:01

Suite de la biographie de Nguyên Thê Truyên

Résidant à Nam-Dinh, Nguyên Thê Truyên demeure rue de Saïgon et exerce son métier de chimiste. Il est toujours en bute aux autorités française. Le résident supérieur au Tonkin a fait ordonner la saisie conservatoire des rizières de sa famille en janvier 1933. Le prétexte est une dette de 1 000 piastres, mais la valeur des propriétés est estimée à plus de 50 000 piastres. Mais le Conseil du Contentieux se déclare incompétent en janvier 1933. Le même conseil rejette, en novembre la même année, une requête de Nguyên Thê Truyên pour qu’on lui délivre de son casier judiciaire et que cesse la confiscation de son certificat de moralité.

Séjournant de nouveau à Paris en 1934, Nguyên Thê Truyên devient une cible pour les communistes. Le journal Vô Sản (Le Prolétaire, 1934/06), publié par le PCF, le qualifie de « traître qui fréquente les flics, les fascistes ».

Le Conseil d’État examine, en appel, la plainte de N. T. Truyên au sujet de la délivrance d’un bulletin de casier judiciaire et d’un certificat de bonnes vie et mœurs. Il rejette sa requête, estimant qu’elle relève de la relation entre la République française et l’administration indigène et non du droit administratif français, même si un fonctionnaire français est mis en cause. Comme plusieurs autres revues juridiques, la Revue générale de droit international public critique en 1938 les conclusions de l’arrêt.

Pendant son séjour en France, Nguyên Thê Truyên participe à la constitution du Rassemblement Colonial, déclaré à Paris en avril 1937 et basé rue Monge (5e arr.). Il regroupe une douzaine d’organisations politiques et d’associations, comme le Parti du Peuple Algérien, la Ligue de Défense de la Race Nègre ou le Rassemblement Indochinois, dont N. T. Truyên est le délégué. Le comité directeur provisoire comprend l’algérien Messali Hadj, publiciste, le martiniquais Raoul Cénac-Thaly, professeur agrégé, le malgache Ramananjato, comptable et N. T. Truyên, qui assurent de manière tournante la présidence. Le sénégalais Emil Faure, ingénieur conseil est secrétaire général et la guadeloupéenne Melle Toubland, chirurgienne-dentiste, est trésorière.

En septembre 1937, une députation du Rassemblement colonial, dont fait partie Nguyên Thê Truyên est reçue à l’Hôtel Matignon, pour rencontrer William Bertrand, sous-secrétaire d’État à la Présidence du Conseil et l’entretenir « des graves évènements d’Indochine et d’Extrême-Orient ». N. T. Truyên demande l’amnistie pour les victimes de la répression, soulignant qu’ils sont accusés de complots contre la Sûreté de l’État, ce qu’il qualifie « d’accusations vagues et monotones ». Il souligne que des « jeunes gens d’origine bourgeoise, revenus de Paris où ils s’étaient initiés à la vie militante, sont jetés en prison pour des articles de journaux, souvent inspirés et même reproduit des écrits publiés dans des grands quotidiens de Paris ». Il déplore que « de pauvres coolies en haillons, des ouvriers harassés, des employés, des femmes, des enfants, travaillant dans des conditions déplorables, touchant un salaire dérisoire, sont incriminés parce qu’ils ont fait la grève, dans l’ordre et la discipline pour améliorer leur sort. Des paysans affamés, des petits commerçants ruinés, des artisans grevés de patentes sont emprisonnés pour avoir réclamé la suppression des impôts archaïques ou des taxes impopulaires ». N. T. Truyên réclame ensuite des libertés politiques et syndicales, voulant notamment l’application de la loi française du 28 juillet 1881 sur la liberté de la presse et le droit d’association, y compris pour les syndicats. Enfin, N. T. Truyên soutient l’idée d’organiser un Congrès National des Indochinois.

C’est lui qui conduit la délégation reçue en février 1938 par Théodore Steeg, ministre des colonies et ancien président du conseil. Elle évoque notamment le point de vue des indigènes devant les revendications coloniales de l'Allemagne, et les répercussions de la guerre sino-japonaise en Indochine.

Dans le courant de cette année 1938, Nguyên Thê Truyên retourne au Vietnam. Il publie un long article en octobre, dans L'Effort Indochinois sur « Phan-Van-Truong et son chef d’œuvre: Le droit pénal à travers l’ancienne législation chinoise », en hommage à un avocat, cofondateur de la Fraternité des compatriotes en 1914.

Do Duc Ho, ancien secrétaire de l'Association générale des étudiants indochinois, fait part d’une conversation qu’il a eue en septembre 1938 avec Nguyên Thê Truyên. Selon ce dernier, le gouverneur général de l’Indochine, Jules Brévié « entend se servir du parti communiste annamite pour administrer à la population la preuve de la supériorité de la démocratie-impérialiste française sur le fascisme agresseur nippon. Ses manifestations de sympathie pour la Chine expriment une solidarité qui doit émouvoir les indigènes et leur faire oublier que M. Brévié est le représentant de l'impérialisme français. Le parti communiste annamite est là pour servir d'interprète à M. le Gouverneur général. »

Après le début de la deuxième guerre mondiale, Nguyên Thê Truyên et son frère Nguyên Thê Song sont arrêtés en septembre 1939 et envoyés à la prison de Lang Son, au centre du Tonkin, soupçonnés de sympathie pour les Japonais. Madeleine Latour, qui avait soutenu l’action de Nguyên Thê Truyên avant même leur mariage et l’avait accompagné en Indochine, meurt en 1940. Elle était née en septembre 1890 à Paris (12e arr.) – et non pas en 1898 comme plusieurs sources le mentionnent. Enterrée au cimetière européen de Dalat, ses cendres ont été transférées dans la crypte de l'église Saint-Nicolas.

Les deux frères sont exilés en 1941, en compagnie de neuf communistes, sur l’île malgache de Nosy Lava. Ils ne se mêlent pas aux détenus communistes, espérant manifestement une occupation de Madagascar par le Japon. Ils sont libérés en 1946 et retournent à Saïgon.

À suivre

 

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25 janvier 2022 2 25 /01 /janvier /2022 00:01

Roger Philippe Charles Toupet de Klairwal naît le 18 avril 1922 à Paris (6e arr.).

Pendant la deuxième guerre mondiale, Roger Toupet de Klairwal s’engage dans les forces de la France Libre en Tunisie en mai 1943. Il rejoint la deuxième division française libre (2e DFL) qui sera transformée, en juillet 1943, en deuxième division blindée. Elle comporte environ 3 000 hommes sous les ordres du général Philippe Leclerc de Hauteclocque. Il est combat au sein du 501e régiment de chars de combat.

En août 1944, Roger Toupet de Klairwal fait partie de l’équipage du char Harstadt qui débarque en Normandie. C’est un blindé de type Sherman M4A2, commandé par le sergent Alfred de Schamphelaere. Il sera détruit le 31 octobre 1944 à Brouville, en Meurthe-et-Moselle. Il est nommé caporal.

Marié avec Christiane Lefranc, Roger Toupet de Klairwal vivait à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne), dans le quartier du Centre, quai du Barrage. Il était cadre.

Roger Toupet de Klairwal meurt le 10 mars 2004 à Créteil (Val-de-Marne). Il est inhumé à Joinville où il résidait toujours.

Il avait été décoré en février 1960 de la Médaille militaire et fait chevalier de la Légion d’honneur en mai 1993 pour son activité au cours du conflit mondial de 1939-1945.

Un char Sherman de la 2e DB

 

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9 janvier 2022 7 09 /01 /janvier /2022 00:01

Victor Paul Armand naît le 19 décembre 1900 à Ableiges (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Sur les tables de l’état-civil, « Armand » semble être son patronyme. Il est reconnu en septembre 1902, dans le même village, par Suzanne Marie Faivre et se dénomme désormais Victor Paul Armand Faivre.

Sa mère était également née de parents non dénommés en septembre 1881 au Havre (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime), avant d’être reconnue par Victor Faivre, dessinateur pour vitraux et Armandine Fleurida Hochard en juillet 1902. Ce sont eux qui élèvent Armand Faivre en 1901. En mai 1922, elle est ambulancière de la ville de Paris et épouse Ernest Bouche, conducteur automobile.

Devançant l’appel de sa classe, Armand Faivre, qui est alors chauffeur mécanicien, s’engage, à 17 ans, dans l’armée « pour la durée de la guerre ». Il est affecté au 91e puis en mars au 283e régiment d’artillerie lourde. Il reste dans l’armée pour son service militaire et est nommé brigadier en août 1919 puis maréchal des logis en novembre la même année. Le conseil de guerre du gouvernement militaire de Paris le condamne, en février 1921, à cinq ans de prison avec sursis pour « vols militaires », pour lesquels des circonstances atténuantes sont admises. Il est démobilisé en mars et cassé de son grade en avril.

Alors employé de commerce vivant rue de Sèvres (Paris, 6e arr.), Armand Faivre épouse en septembre 1922 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) Anaïse Adeline Baudy, native de Bruay-en-Artois (Nord) et sténodactylo.

Après une amnistie en janvier 1925, Armand Faivre retrouvera ses galons dans la réserve : brigadier en novembre 1937 puis maréchal des logis en octobre 1938.

Installé avec sa mère après-guerre à Paris (6e arr.), rue de Sèvres, Armand Faivre va ensuite résider dans le Nord à Tourcoing, Anzin puis Valenciennes de 1922 à 1926. Revenu en région parisienne, désormais employé de commerce, il emménage en 1928 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Créteil (act. rue du Maréchal Leclerc). En 1931, il vit avec son épouse, et un fils, prénommé Bernard, né en 1930 à Paris (14e arr.). Elle meurt en juillet 1934 à Saint-Maur-des-Fossés.

Il s’implique dans la vie politique dans sa nouvelle commune et prend part, en février 1935, à la transformation de l’ancien Comité d’union des républicains et d’action sociale, fondé en 1912, en une Union des républicains. Groupement uniquement municipal, il édicte, une incompatibilité entre les fonctions de membre du bureau et de conseiller municipal, qui sera cependant rapidement abandonnée. René Kirbuhler en est le président tandis que Faivre et Lucien Lavoipierre, couvreur, sont vice-présidents.

Avant les élections municipales, l’Union des républicains de Joinville décide, en avril 1935 de rompre son accord avec les radicaux-socialistes, qui dirigent la mairie avec Georges Briolay en « se souvenant des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons ». Elle annonce « faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux. »

Pour le scrutin, qui se tient en mai 1935, l’Union des républicains appelle à « la séparation de l’administration municipale et de la politique ». Elle affiche à son programme, dont Faivre est cosignataire, la « diminution des charges écrasantes, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales. »

Armand Faivre est candidat, en seizième position, sur la liste de l’Union des républicains, qui arrive en tête, devant le groupement des gauches (radicaux-socialistes et socialistes indépendants), les communistes et les socialistes SFIO. Il obtient 911 voix pour 2 856 suffrages exprimés (31,9%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, les communistes et socialistes ont fusionné, tandis que les radicaux se maintiennent. L’Union des républicains invite les électeurs à « barrer la route aux communistes », assurant être « la liste d’ordre » et montrant sa « réprobation pour la turbulence et de la démagogie ». Elle devance de peu l’union de gauche, mais emporte 25 des 27 sièges à pourvoir. Avec 1 139 voix pour 2 899 suffrages exprimés (39,3%) sur 2 924 votants, Faivre est élu. Le conservateur Léon Lesestre devient maire, Kirbuhler étant adjoint.

Au sein du conseil municipal, Faivre joue un rôle actif. Il est délégué au conseil de discipline des communes du département de la Seine. En octobre 1935, il fait partie d’une commission d’enquête municipale chargée d’étudier ce que la presse conservatrice appelle le « scandale des HBM », à savoir la garantie accordée par la précédente assemblée pour la construction d’une résidence d’habitations à bon marché, la cité Égalité, dans le quartier de Palissy, dont la société constructrice a fait faillite. Par divers recours, qui échouent, la majorité municipale tente d’éviter de supporter cette dette.

En prévision des élections législatives de 1936, Faivre constitue un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix, dont il prend la présidence en mars de cette année. Le comité accorde son investiture à Adolphe Chéron, ancien ministre, candidat radical indépendant, qui sera battu par le communiste André Parsal.

Au cours de la séance du conseil municipal d’août 1937, Faivre, avec un autre élu libéral, Paul Hainsselin, se joint aux deux conseillers communistes pour voter contre la passation d’un marché pour le chauffage du groupe scolaire public Jules-Ferry, dans le quartier de Polangis. Une année plus tard, il est seul à s’opposer à une surtaxe sur le matériel funéraire.

Au début de la deuxième guerre mondiale, Armand Faivre est mobilisé au 321e dépôt d’artillerie coloniale. Il fréquente, en avril 1940, les cours de l'école militaire d'artillerie et est nommé officier en mai avec le grade d'aspirant. Lors des combats de juin, il est cité à l’ordre du régiment en tant « qu’officier de liaison d’artillerie d’un caractère décidé » ayant « permis, par les renseignements précis qu’il a fournis, le déclenchement de tirs opportuns et efficaces devant le front de deux bataillons qui venaient d’être attaqués. »

Il est fait prisonnier le 9 juin 1940 à La Muette (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime) et est interné à l’oflag XIII à Nuremberg (Bavière, Allemagne). Les Allemands le libèrent le 3 décembre 1941 et il est démobilisé, à son retour en France le 8 du même mois.

Appliquant une loi de novembre 1940, la préfecture de la Seine nomme, le 20 février 1942, un nouveau conseil municipal remplaçant l’assemblée de 1935. Sur les 27 élus, les deux communistes avaient été révoqués, onze ne sont pas maintenus et quatorze conservent leur siège, dont Faivre. Ils sont rejoints par six autres personnes nommées. Faivre est présenté comme « employé de commerce (prisonnier de guerre) » ; le maire, Lesestre, est reconduit.

Peut-être rejoint-il la résistance à l’occupation allemande, contrairement au bureau municipal. Il existe un enregistrement au nom de Faivre (Armand) au Service historique de la défense parmi les Dossiers administratifs de résistants (GR 16 P 214883), mais il ne comporte pas de date ni de lieu de naissance et n’a donné lieu à aucune homologation au titre d’une unité combattante.

Le comité local de libération prend la mairie le 25 août 1944 et chasse l’ancienne équipe municipale. Un arrêté préfectoral du 26 septembre 1944 nomme une délégation spéciale pour gérer la commune. Armand Faivre est le seul des membres désignés en 1942 à figurer dans cette assemblée, qui fait fonction de conseil municipal. Il retrouve Robert Deloche, élu communiste de 1935, révoqué, qui devient maire et le radical indépendant François Decrombecque, qui fait office d’adjoint et n’avait pas été reconduit en 1942. Les membres de la délégation spéciale ont été proposés par le comité local de libération.

En mars 1946 à Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) Armand Faivre se remarie avec Simonne Marthe Massard.

Armand Faivre meurt le 24 septembre 1973 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 72 ans et résidait probablement toujours à Joinville. Il avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze et, en août 1936, de la Croix du combattant volontaire.

Rue de Créteil à Joinville

 

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30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 00:01

Georges Paul Delsaux naît le 31 décembre 1890 à Lille (Nord). Il est le fils de Marie Sophie Monseur et de son époux Victor Delsaux, magasinier. Ils vivent place Wicar, dans le quartier Saint Sauveur.

Alors sténodactylo, il fait un service militaire au 110e régiment d’infanterie à partir de novembre 1911 et en sort comme sergent en novembre 1913. Il est mobilisé dès le début de la première guerre mondiale et rejoint le 33e régiment d’infanterie, s’occupant notamment de l’approvisionnement. Il est cité à l’ordre de la brigade en septembre 1914 pour son comportement. Georges Delsaux est démobilisé en juillet 1919.

Après-guerre, il devient comptable dans la société de minoterie, les Grand-Moulins de Paris. Il s’installe d’abord à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) puis, après son mariage en septembre 1919 dans cette ville avec Marthe Nezelof, couturière originaire de Wattrelos, dans la banlieue lilloise, il déménage dans la ville voisine de Joinville-le-Pont où il est domicilié dans le quartier de Polangis, place de Verdun. Dans la même ville, la famille rejoint l’avenue Foch en 1925.

En tant qu’usager des transports en commun, Georges Delsaux prend part à la création, en juin 1924, de la section de Joinville de la Ligue des abonnés et voyageurs de la ligne de Vincennes. Il en est le vice-président, au côté de M. Vergne.

Devenu chef comptable des Grand-Moulins de Paris, Delsaux a également une activité en tant que commissaire aux comptes, par exemple pour la société Le César en 1936, ou en tant que liquidateur de la Société foncière et financière Seine-et-Marne en 1937.

Il s’intéresse à la vie politique, prenant part à la transformation de l’ancien Comité d’union républicaine et d’action sociale, fondé en 1912, en une Union des républicains de Joinville. Elle rassemble la plupart des tendances de la droite locale, à l’exception des royalistes. Delsaux est avec Audureau, un des commissaires aux comptes de la structure, présidée par René Kirbühler.

La liste soutenue par l’Union des républicains remporte, en mai 1935, les élections municipales ; une de ses membres, Léon Lesestre devient maire tandis que Kirbühler est adjoint. S’il n’était pas candidat, Delsaux reste associé à la nouvelle municipalité, qui le désigne en septembre 1935 parmi les douze électeurs sénatoriaux de la ville.

La Société des mutilés et anciens combattants est, à Joinville, présidée par Gabriel Bureau, tandis que Delsaux en est le vice-président en 1937. Tous deux sont proches des élus de droite, tandis que d’autres formations se rattachent à la gauche, comme la Fédération ouvrière et paysanne des mutilés ou l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC). En juin 1937, Delsaux polémique, via l’hebdomadaire libéral Union régionale, avec le conseiller municipal communiste Paul Rouhaud, qui le traite dans l’hebdomadaire local du PCF, Le Réveil, de « réactionnaire. »

Pendant la deuxième guerre mondiale, Delsaux est devenu président de la Société des anciens combattants de Joinville. il participe en décembre 1941 à la manifestation dite du Noël du maréchal, organisée par le Secours national d’entraide qui fait allégeance au chef de l’État, Philippe Pétain. Avec la même organisation, il participe au Noël des vieillards le même mois.

En tant que trésorier, Georges Delsaux prend part à la constitution, en juillet 1942 de la Mutuelle des Grands Moulins de Paris, présidée par Lucien Legembre.

En février 1942, un arrêté préfectoral remplace le conseil municipal de 1935, dont les deux communistes avaient déjà été exclus en 1940, par une assemblée désignée. La majorité des élus est maintenue, dont le maire Lesestre. Georges Delsaux est nommé conseiller municipal. À la Libération, en août 1944, le conseil est remplacé par une délégation provisoire proposé par le comité local de libération, le maire et les adjoints ayant été arrêtés.

S’il n’a plus d’activité politique, Delsaux poursuit son activité professionnelle à la tête de la comptabilité des Grands Moulins de Paris et reste président des anciens combattants. À ce titre, il participe aux messes à la mémoire du maréchal Leclerc, organisées en novembre 1951 et décembre 1953 par le mouvement gaulliste RPF à l’église Saint-Charles-Borromée de Joinville. Il est président jusqu’à son décès et sera ensuite remplacé par Pierre Allaire, conseiller municipal socialiste SFIO.

En juillet 1953, Georges Delsaux est hospitalisé suite à un accident, probablement de voiture, à Doullens (Somme). Son épouse trouve la mort au cours de cet accident.

Georges Delsaux meurt le 15 juillet 1957 à Mons-en-Barœul (Nord). Il était âgé de 66 ans, résidait toujours à Joinville-le-Pont et est inhumé au cimetière communal. Il était père d’une fille et avait été décoré de la Croix de guerre 1914-1918.

Joinville, fin années 1950

 

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20 décembre 2021 1 20 /12 /décembre /2021 00:01

Émile Vincent naît le 6 décembre 1899 à Saint-Symphorien-de-Marmagne (Saône-et-Loire). Il est le fils de Françoise Demouron et de son époux Jean Marie Vincent, cultivateurs au village de La Bresse de Martigny. En 1906, la famille exploite une ferme à Saint-Firmin (Saône-et-Loire).

Après le décès du père, la famille s’installe à Montchanin-les-Mines (act. Montchanin, Saône-et-Loire). Émile Vincent y est charretier en 1918.

Il est appelé, de manière anticipée, pour remplir ses obligations militaires pendant la première guerre mondiale. En avril 1918, il intègre le 28e bataillon de chasseurs à pied. Après la fin du conflit, il poursuit son service militaire au sein de sections d’infirmiers militaires. Il est envoyé au Maroc, alors protectorat français, en mars 1920 jusqu’en février 1921. Il stationne ensuite dans l’armée d’occupation française des Pays Rhénans en Allemagne jusqu’en avril. Il est démobilisé en juin, en tant que soutien de famille.

Revenu à la vie civile, Émile Vincent épouse Marie Laure Cannet en septembre 1922 à Montchanin. Il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et devient contrôleur dans la société des Transports en commun de la région parisienne (TCRP, ancêtre de la RATP). La famille vit en 1923 à Joinville, dans le quartier du Centre, rue de Créteil (act. boulevard du maréchal Leclerc). L’année suivante, ils résident dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves).

Du fait d’une déficience abdominale, Émile Vincent est réformé en août 1934 et dégagé de ses obligations militaires. Il est cependant rappelé, au cours de la deuxième guerre mondiale, en mai 1940, puis démobilisé, après la défaite, en août la même année.

À la fin de la guerre, Émile Vincent s’engage militairement dans la résistance à l’occupation allemande et rejoint les Forces françaises de l’intérieur le 18 août 1944. Il combat jusqu’à la Libération, le 25 août puis est intégré dans les forces armées jusqu’au 25 septembre 1944, où il est démobilisé.

Le comité local de Libération de la commune de Joinville-le-Pont le propose pour faire partie de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune. Après avis du Comité parisien de la Libération, le préfet le nomme par arrêté du 26 septembre 1944. Il fait ainsi fonction de conseiller municipal. La délégation est présidée par Robert Deloche, communiste, et comprend également des socialistes, des radicaux et des représentants de mouvements de résistance.

Le mandat de la délégation spéciale prend fin avec l’élection le 29 avril 1945, d’un nouveau conseil municipal, dont Robert Deloche sera élu maire. Émile Vincent n’y siège pas ; il poursuit son activité au sein de la Régie autonome des transports parisiens (RATP).

Émile Vincent meurt le 29 novembre 1967 à Sainte-Hélène (Saône-et-Loire). Il était âgé de 66 ans et semble ne pas avoir eu d’enfant. Son épouse meurt à la même date. Peut-être ont-ils été victimes d’un accident tous les deux.

Il est possible, mais peu probable, qu’Émile Vincent ait pu être le Vincent, responsable des Jeunesses communistes à Joinville-le-Pont entre 1921 et 1924, dont l’activité est mentionnée par le quartier L’Humanité. C’est plutôt Louis Vincent (1905-1964), serrurier puis mécanicien, qui semble avoir exercé cette fonction. Ils ne sont pas apparentés.

Tramway sur le pont de Joinville

 

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2 décembre 2021 4 02 /12 /décembre /2021 00:01

Victor Charles Ambroise Lalan naît le 9 septembre 1895 à Hennebont (Morbihan). Il est le fils Marie Joseph Le Besco, couturière, et de son époux Joseph Marie Pierre Paul Lalan, dessinateur lithographe.

La famille est installée dans le Calvados, en 1906 à Saint-Manvieu-Norrey puis ensuite à Fontaine-le-Pin. Victor Lalan suit les cours de l’Institution Sainte-Marie, à Caen où il obtient plusieurs récompenses en mathématiques. Il intègre en 1913 le séminaire catholique de Bayeux, dans le même département.

Du fait du déclenchement de la première guerre mondiale, il est appelé de manière anticipée pour son service militaire et est mobilisé, en décembre 1914, au sein du 24e régiment d’infanterie ; en mai 1915, il est nommé caporal. Il est très grièvement blessé lors de la bataille de l'Artois, en septembre 1915 à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais). Une grenade lui laisse une lésion légère à la main droite mais entraîne une désarticulation tibio-tarsienne de la jambe gauche, qui amène à son amputation. Il est réformé et dispensé des obligations militaires en février 1916. Il sera ensuite reconnu comme ayant un taux d’invalidité de 95%. Le comportement de Victor Lalan est remarqué : « Très bon gradé, énergique et dévoué. »

Ordonné prêtre à Bayeux, il s’installe ensuite en région parisienne. Peut-être parce qu’il a besoin de soins, il réside en 1921 dans le domaine du Parangon, géré par des religieuses catholiques, les Petites sœurs de l’Assomption, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est possible qu’il soit l’aumônier de la communauté, qui compte alors 43 sœurs garde-malades, dont une partie dans le noviciat. La supérieure est alors Georgette Mottot.

Au moins au cours des années 1921 et 1922, l'abbé Lalan se signale en tant qu’abonné au quotidien royaliste Action française.

À partir de 1919, Victor Lalan a engagé des études scientifiques au sein de l’école des sciences de l’Institut catholique de Paris (Catho). Il obtient des certificats en mécanique rationnelle, calcul différentiel et intégral et en astronomie.

Ayant obtenu sa licence ès sciences, il est à compter de 1923 chargé du cours de mécanique rationnelle, où il succède au professeur Lacaze. L’école des sciences de la Catho comptait alors cent étudiants dont cinq étrangers. Il soutient, avec succès, une thèse à la Faculté des sciences de l’Université de Paris en juin 1924 sur « Les propriétés infinitésimales projectives des variétés à trois dimensions » et obtient ainsi son doctorat ès sciences.

Nommé professeur adjoint en 1925, il poursuit son enseignement en mécanique rationnelle. Il donne en décembre 1926 une série de conférences sur l'initiation mathématique à la théorie d'Einstein, mobilisant des notions de calcul tensoriel.

En raison du départ de l'abbé Fouet, doyen de l'école, l’abbé Lalan devient professeur titulaire de la chaire de calcul différentiel et intégral à l’automne 1928. En septembre, il représente la Catho au congrès international des mathématiciens qui se tient à Bologne (Italie). Rendant compte des travaux, il fait remarquer qu’il « a suffi que ce congrès de mathématiciens s'ouvrît pour qu'une pluie bienfaisante se déversât à flots sur Bologne et ses environs, qui n'avaient pas reçu une goutte d'eau du ciel depuis plus de trois mois ». Un de ses collègues relève que, « s'il y a vraiment relation de cause à effet entre la réunion d'un congrès de mathématiciens et l'arrivée de la pluie, la recette est à retenir… »

À partir des années 1930, Lalan publie un nombre important de notes dans les comptes rendus de l'Académie des Sciences, et différents mémoires, par exemple en 1948, Un aspect mathématique de la Quarta Via de saint Thomas. Il s’intéresse en particulier au formalisme logique et mène des travaux sur la notion de temps. Son travail en cinématique est considéré remarquable par les professeurs Jean Abelé et Pierre Malvaux.

Il réagit cependant à certains de ses collègues, regrettant qu’ils produisent « un déluge de calculs sur un désert d'idées ». Le recteur de l’Institut catholique, Mgr Blanchet, releva qu’il « ne croyait pas que l'obscurité fût le signe nécessaire de la profondeur ».

Victor Lalan meurt le 8 juin 1954 à Paris (15e arr.). Il était âgé de 58 ans et résidait toujours à Issy-les-Moulineaux. Pour son activité militaire, il avait été décoré de la Croix de guerre 1914-1918 et de la Médaille militaire. L’église lui avait accordé le titre de chanoine.

 

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28 novembre 2021 7 28 /11 /novembre /2021 00:01

Jean Mégrot naît le 8 mars 1907 Paris (9e arr.). Il est le fils d’Alice Honorine Bock et de son mari Cléophas Ernest Georges Mégrot, employé de bourse. Ils vivent rue de Trévise. Mais Jean, de santé très fragile, est confié bébé à ses grands-parents paternels, à Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre), où son grand-père est maréchal-ferrant. Il y est toujours au début de la première guerre mondiale mais rejoint ensuite sa mère (qui s’est séparée de son père) et vit à Paris (18e arr.), rue des Abbesses, en avril 1918. Il travaille pour un patron dès qu’il a douze ans, tout en continuant à fréquenter le patronage de la paroisse Saint-Jean-l’Évangéliste de Montmartre. C’est là qu’il annonce qu’il veut devenir prêtre.

En 1920, il intègre la maîtrise de Notre-Dame de Paris et y reste jusqu’en 1923, année où il rejoint le petit séminaire de Conflans à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avant d’intégrer, en 1926, le grand séminaire à Issy-les-Moulineaux. Du fait de sa santé, il est peut-être dispensé de service militaire et est ordonné prêtre catholique en l’église Saint-Sulpice de Paris (6e arr.), en juin 1932.

Pour son premier poste, il est nommé vicaire à Saint-Germain de Vitry (Seine, act. Val-de-Marne), banlieue ouvrière, auprès du curé Roger Derry, qui sera ensuite résistant pendant la deuxième guerre mondiale et décapité par les Allemands en 1943. En mars 1935, l’abbé Mégrot est nommé vicaire de la paroisse de La Varenne Saint-Hilaire à Saint-Maur-des-Fossés, toujours dans le Sud-est parisien.

Il veut changer de voie et rejoint, en novembre 1936, l'abbaye Notre Dame de Tamié, monastère cistercien-trappiste à Plancherine (Haute-Savoie), dans le massif des Bauges où il devient frère Marie Bernard. Mais, selon l’historien Jean Roblin, « son tempérament indépendant et impulsif lui rend impossible toute discipline ». Il quitte l’abbaye en juillet 1937 et, après un congé qu’il passe chez sa mère, redevient vicaire dans la paroisse Sainte-Anne de Polangis, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en mars 1938.

Au début de la deuxième guerre mondiale, en octobre 1939, le père Mégrot est transféré à l’église Sainte-Geneviève et Saint-Maurice de Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine). Encore vicaire, il doit gérer seul la paroisse, le curé en titre étant mobilisé tandis que le premier vicaire a été tué dans une action militaire. Face au froid et aux difficultés d’approvisionnement, il fonde en hiver 1941 une soupe populaire, l’une des premières de la banlieue Ouest de Paris. Le 20 décembre, il réussit à servir 300 repas après une expédition clandestine dans l’Orne pour se procurer du ravitaillement.

Même si le Service historique de la défense n’identifie pas Jean Mégrot en tant que résistant, plusieurs historiens, comme Marianne Andreucci-Pastor ou Roblin attestent de son activité de soutien à la résistance à l’occupation allemande, notamment par l’aide aux personnes recherchées ou voulant échapper au travail obligatoire en Allemagne.

Après la mort en août 1945 de sa mère, avec laquelle il vivait toujours, Jean Mégrot fait un second séjour à la Trappe de Tamié. Il n’y reste que quelques mois et est nommé en octobre 1946 second vicaire de la paroisse de l’Immaculée-Conception de Billancourt (Boulogne-Billancourt, Seine, act. Hauts-de-Seine). Il intervient en particulier auprès des travailleurs immigrés nord-africains de la commune.

Il quitte la banlieue pour une paroisse parisienne, Notre-Dame du Rosaire (14e arr.) en octobre 1952 puis il retrouve l’Est du diocèse à Coeuilly, dans la commune de Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). C’est de parmi les dépendances de l’évêché de Paris la plus éloignée de Notre-Dame. Il rénove une chapelle à l’abandon puis, en 1958, supervise la construction de l'église Notre-Dame du Sacré-Cœur. Le quartier, qui accueille désormais plusieurs cités populaires, était encore rural et l’abbé Mégrot se présentait comme un curé de campagne. La paroisse couvrait cependant une population défavorisée et l’abbé Mégrot contribue à l’installation de sans-logis. Il obtient de l’évêché d’expérimenter la gratuité des mariages et enterrements à partir de 1955.

Malade, il présente sa démission de curé en juillet 1960. Elle est acceptée en avril l’année suivante. Il est hospitalisé à Nanterre puis à Paris, avec quelques périodes de rémission. Jean Mégrot meurt le 6 septembre 1962 à l’hôpital Notre-Dame du Bon-Secours de Paris (14e arr.). Il est inhumé à Champigny-sur-Marne. Il était âgé de 55 ans.

L'abbé Jean Mégrot

 

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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 00:01

Raymond Aubry naît le 18 décembre 1906 à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Isabelle Pion et de son époux, Mathurin Joseph Aubry, boulangers, qui vivent rue de Montreuil. Sa mère est d’origine parisienne, tandis que son père est natif de Saint-Brieuc (Côtes du Nord, act. Côtes-d’Armor).

Pendant la première guerre mondiale, son père est mobilisé. Après le conflit, la famille est installée dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, quartier de Polangis, avenue Henri et Mathurin Aubry travaille dans une boulangerie de Saint-Maur-des-Fossés. Raymond, alors âgé de 14 ans, est également employé de boulangerie en 1921 et l’est toujours en 1926.

Le mariage de Raymond Aubry avec Clémence Tachet, employée de banque, est célébré à Joinville en janvier 1927. Elle réside dans le même quartier, quai de Béthune, où ils vont s’installer. Il devient également employé de banque en 1928.

Vivant au bord du canal, dit rivière de Polangis, Raymond Aubry s’implique dans le Groupe de défense des riverains. Construit au moment du lotissement du quartier par l’ancien propriétaire, pour attirer des acheteurs voulant canoter, le canal souffre d’un défaut d’entretien et d’un statut incertain. En janvier 1931, le groupement rappelle au maire, Georges Briolay, un engagement électoral pris en 1928 de faire le curage. Il s’étonne que le maire n’ait pas engagé de poursuites contre l’ancien propriétaire, M. Chavignot, et ait obligé les riverains à constituer un syndicat. La lettre ouverte conclut : « Vous vous êtes fait le protecteur de M. Chavignot contre les 125 riverains ». Elle est signée du secrétaire François Galabert, conseiller municipal, élu en tant que socialiste SFIO sur la liste du cartel des gauches en 1925, comme Briolay (radical-socialiste), mais qui s’est depuis éloigné de la SFIO et s’oppose violemment au maire sur plusieurs dossiers, comme celui du chômage. Aubry est membre du bureau du groupement et c’est lui qui polémique dans la presse avec Claude Noizat, chroniqueur de l’hebdomadaire de droite Gazette de l’Est ; il soutient que « Les riverains s’aperçoivent un peu tard qu’ils sont encore roulés ». Noizat lui répond que « Le syndicat n’ayant pas été constitué, il n’y a plus de subvention possible du conseil général. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, les riverains vont en faire la triste expérience. »

Sans doute mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale, Raymond Aubry reste à Joinville après le conflit. Au début de la cinquième République, il s’implique dans la vie politique en étant candidat sur la liste divers-droite du maire sortant, Georges Defert, pour les élections municipales de mars 1959 à Joinville. Le maire, étiqueté RGR (Rassemblement des gauche républicaines, droite) s’oppose pour ce scrutin à une alliance centriste (gaullistes de l’UNR, démocrates-chrétiens du MRP et socialistes SFIO) et à une liste communiste ainsi qu’à une candidature d’intérêt local. Sa liste est en tête au premier tour avec une moyenne de 3 084 voix sur 7 488 suffrages exprimés (41,2%) pour 7 780 votants sur 10 276 inscrits. Malgré le maintien de l’alliance centriste, les colistiers de Defert emportent au second tour les 27 sièges à pouvoir avec 52,4% des votes en moyenne.

Dans une configuration semblable, en mars 1965, la liste Defert remporte également le scrutin, mais sans concurrence à droite et au centre au second tour. Raymond Aubry devient adjoint au maire et Defert est reconduit.

Lors des élections municipales de mars 1971, les candidats de Georges Defert n’ont plus comme concurrents que les communistes. Ils l’emportent dès le premier tour, avec une moyenne de 64,2% des suffrages exprimés. Raymond Aubry est reconduit dans son poste d’adjoint au maire.

Après la mort, en octobre 1975, de Georges Defert, le premier adjoint, Jean-Pierre Garchery (divers-droite) devient maire, et Raymond Aubry conserve sa fonction. Lors des élections municipales suivantes, en mars 1977, alors que Jean-Pierre Garchery ne se présentait pas en tête de liste au premier tour, ses successeurs font face à plusieurs concurrents issus de la droite. Au deuxième tour, la gauche emporte tous les sièges à pourvoir.

Raymond Aubry meurt le 7 mai 1979 à Créteil. Il était âgé de 72 ans et résidait toujours à Joinville.

Son fils Pierre Aubry est élu conseiller général de Joinville en 1982 et devient maire de Joinville en 1983, le restant jusqu’en 2008. Il est également député du Val-de-Marne de 1997 à 2002. Quant à son petit-fils, Olivier Aubry, il est maire-adjoint auprès de son père de 2001 à 2008. Entre 2008 et 2020, il est conseiller municipal d’opposition (UMP puis divers-droite). La famille aura ainsi siégé au conseil municipal de Joinville sur une durée de 61 ans, avec une interruption de six ans seulement.

Raymond Aubry n’avait pas de lien avec Gustave Aubry, conseiller municipal radical-socialiste de Joinville de 1919 à 1925.

Le canal de Polangis

 

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20 novembre 2021 6 20 /11 /novembre /2021 00:01

André Jean Pierre Calmon naît le premier août 1898 à Figeac (Lot), dans la maison du garde au Roc de la Clouque. Il est le fils d’Anaïs Pradier (ou Pradié), giletière, et de son mari Hubert Jean Alphonse Calmon, gardien de la paix. La famille réside à Paris.

Pendant la première guerre mondiale, Pierre Calmon, qui appartient à la classe 1918 pour son service militaire et aurait donc dû rejoindre l’armée en 1919, est mobilisé de manière anticipée. Il sert probablement dans l’artillerie. Dans la réserve, il est nommé maréchal des logis en août 1931.

Devenu employé à la Bourse, Pierre Calmon, qui réside à Paris (15e arr.), rue Blomet, épouse dans cet arrondissement en octobre 1923 Marguerite Chédin, employée de bureau, originaire de Bourges (Cher).

La famille s’installe vers 1925 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue du Bac (act. avenue Guy-Môquet). Il continue de travailler à la bourse mais est, semble-t-il, sans emploi en 1936.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Calmon est de nouveau mobilisé. Un « Pierre Calmon » sans aucune indication précise est identifié par le Service historique de la défense dans les Dossiers administratifs de résistants, mais il n’est pas possible de faire le lien avec lui.

Après le conflit, Pierre Calmon s’engage dans l’action politique au sein du mouvement du général de Gaulle, le Rassemblement du peuple français (RPF). Il figure en seconde position derrière Pierre Perly. Avec 3 066 voix en moyenne pour RPF sur 6 974 suffrages exprimés (44%) pour 7 073 votants et 8 376 inscrits, la liste arrive en tête, devant celle du maire sortant, communiste, Robert Deloche à 3 017 voix (43,3%), mais les deux listes sont à égalité avec 11 sièges. Les socialistes SFIO ont un seul élu avec 452 voix (6,5%) ; il vote en faveur de Deloche, qui est réélu.

En tant que président de la section RPF de Joinville, Calmon fait célébrer en novembre 1951 dans l’église Saint-Charles-Borromée de la ville, la grand-messe en mémoire du maréchal Leclerc.

Candidat sur les listes RPF pour les élections législatives de mai 1951, en sixième position derrière Louis Vallon dans le 4e secteur de la Seine, puis pour les élections sénatoriales en mai 1952 dans le même département, en quinzième place derrière Edmond Michelet, Pierre Calmon n’est pas élu.

Au sein du conseil municipal de Joinville-le-Pont, la démission du maire Deloche, exclu du parti communiste, va provoquer en avril l’élection, pour un mois, d’un nouveau maire. 25 des 27 élus participent au scrutin. La communiste Amélie Trayaud obtient 12 voix, Pierre Calmon en a 8 tandis qu’un groupe dissident, dont Georges Defert est le porte-parole, obtient 5 voix pour la candidature de Pierre Perly. Ces derniers, malgré leur score, refusent de soutenir Calmon, soutenant la légitimité de Perly, tête de liste en 1947. Trayaud est élue.

La droite se présente désunie aux élections municipales de mai 1953. Pierre Calmon conduit la liste RPF qui obtient six sièges avec 1 334 voix en moyenne pour RPF sur 6 748 suffrages exprimés (19,8%) pour 6 979 votants et 8 482 inscrits ; avec le même nombre d’élus, elle est devancée par la liste divers-droite (22,1%) et par les communistes (35,6%), qui ont dix postes. Les socialistes SFIO avec trois sièges (12,3%) et les démocrates-chrétiens du MRP, deux élus (9,2%) complètent le tableau. C’est le choix de ces derniers qui permet à Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, RGR, divers-droite) d’être élu maire, même si sa liste avait eu Pierre Perly en tête. Calmon devient premier adjoint.

Toujours en mai 1953, Pierre Calmon, qui se présente alors comme journaliste, est candidat en quatrième position sur la liste RPF pour le conseil général. La liste a trois élus.

En juin et juillet 1953, le RPF et ses élus, dont Calmon, s’associent à une demande de révision du procès Rosenberg aux États-Unis, votée à l’unanimité au conseil municipal. Une manifestation est organisée dans la ville et une motion envoyée par le RPF.

Comme une grande part du RPF, Calmon s’éloigne de la position en faveur d’une union des droites. Ainsi, en mars 1954, à l’occasion d’une élection législative partielle en Seine-et-Oise, il publie avec plusieurs parlementaires de son mouvement, un manifeste en faveur de ta candidature d’un socialiste SFIO contre un RGR « moralement disqualifié. »

Le ministre de la justice, Edmond Michelet, appelle Pierre Calmon comme attaché à son cabinet. S’étant séparé du maire sortant, Calmon conduit une liste concurrente en alliance entre le parti gaulliste, rebaptisé UNR (Union nationale pour la République), le MRP et la SFIO. Elle obtient 23,5% des voix au premier tour et 13,1% au second et n’a pas d’élus. Defert est réélu maire.

Lors de l’élection cantonale de mars 1959, Calmon est de nouveau battu par Defert. Il obtient au premier tour 2 872 voix sur 14 827 suffrages exprimés (19,4%) pour 15 369 votants et 21 457 inscrits dans le canton qui comprend une partie de Saint-Maur-des-Fossés et Joinville. Il se retire avant le deuxième tour.

En septembre 1959, encore journaliste, Pierre Calmon est nommé maire du 4e arrondissement de Paris en remplacement de M. Mouly, récemment décédé. Le poste n’est pas électif à ce moment-là.

Il accueille dans sa mairie en janvier 1960 le banquet annuel de l'amitié figeacoise, sa ville d’origine. Calmon quitte son poste en février 1969 et est alors nommé maire honoraire.

Pierre Calmon meurt le 29 janvier 1987 à Créteil, il est inhumé à Joinville où il résidait toujours probablement. Il était âgé de 86 ans et a eu un fils. Il était décoré de la Croix de guerre et de la Médaille militaire ; il était officier de la Légion d’honneur depuis juillet 1968.

Joinville, vers 1960

 

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