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30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 00:01

Georges Jean Victor Serge Damy naît le 5 décembre 1909 à Magnac-Laval (Haute-Vienne). Il est le fils de Marguerite Maisonnier et de son mari, Daniel Damy, sous-officier au 318e régiment d’infanterie.

Son père, alors adjudant, meurt au début de la première guerre mondiale, le 14 octobre 1914, alors qu’il était hospitalisé au lazaret de Neukölln, faubourg de Berlin, après avoir été blessé et capturé. Il est inhumé dans le cimetière de la garnison. Le 28 mars 1919 Serge Damy est déclaré « adopté par la Nation. »

Vivant à Paris (12e arr.) avec sa mère, rue Claude-Decaen puis place Daumesnil, Serge Damy fait des études de droit et pratique l’athlétisme au sein du Paris Université Club (PUC). Il est conseiller juridique en 1934. Cette même année, il épouse en décembre dans son arrondissement Rolande Adrienne Fonda. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et Serge Damy démarre en 1936 une activité d’agent immobilier.

Ils vivent dans le quartier central, rue Chapsal puis déménagent rapidement pour celui de Polangis, d’abord avenue Pauline, ensuite rue de Blois.

La situation de Damy pendant le conflit n’est pas connue. Après la guerre, il reprend son activité immobilière et réside toujours à Joinville.

Lors des élections municipales de novembre 1947, Serge Damy est candidat sur la liste présentée par le Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste) contre l’Union républicaine et résistante du maire sortant, Robert Deloche (communiste et divers gauche), et deux autres listes (socialistes SFIO et chrétiens-démocrates MRP). Avec une moyenne de 3 066 voix pour 6 974 suffrages exprimés (44%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits, la liste RPF arrive en tête, devant les communistes (43,2%) mais les deux listes ont le même nombre d’élus. La balance sera faite par le seul élu socialiste, Léon Berthet, qui vote en faveur de la reconduction du mandat de Deloche. Damy a été élu conseiller municipal.

Au cours du mandat, les élus des trois listes vont faire face à des évolutions conséquentes. Le seul siège SFIO sera occupé par quatre personnes, suite à des démissions successives. Les communistes enregistrent la démission du maire Robert Deloche, qui quitte le conseil et est exclu du parti. Quant aux élus de droite, ils se divisent en deux groupes de taille égale, l’un resté fidèle au RPF gaulliste, l’autre suivant Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, RGR, centre-droit). Serge Damy fait partie de ce deuxième ensemble. La division devient très visible en mars 1953 quand, après le départ de Deloche, il faut élire un nouveau maire. La droite ne pouvant s’entendre sur un candidat, c’est la doyenne du conseil, la communiste Amélie Trayaud, qui est désignée pour les deux mois avant la fin du mandat.

Pendant la campagne pour les élections municipales de mai 1953, Damy va jouer un rôle important, en mobilisant ses compétences juridiques et immobilières. Après avoir évincé l’ancien maire Deloche, le parti communiste recherche une personnalité pour lui succéder. Ils font appel à Vauthier, conseiller général de la Seine, que Nicolas Grésy-Aveline déclare héberger à Joinville, rue Nouvelle. Mais le propriétaire de la maison, Lucien Sarreste, qui assure qu’il n’y réside pas, refuse de produire un certificat. Vauthier est cependant inscrit sur les listes électorales de la commune mais Defert et Damy conteste devant un juge de Saint-Maur cette inscription. Vauthier est répertorié au conseil général comme vivant à Saint-Denis, et indique, en s’inscrivant sur les listes à Joinville qu’il résidait antérieurement à Boulogne-Billancourt. Il est cependant inconnu à ces deux adresses. Par contre, il vit à Pontault-Combault (Seine-et-Marne), où son épouse tient un magasin d’appareillage électrique et de postes de TSF. En conséquence, sur la foi des informations fournies par Defert et Damy, le juge annule en février 1953 l’inscription de Vauthier sur les listes électorales de Joinville, ce qui lui interdit de se présenter.

La liste conduite par Defert, soutenue par le RGR (centre-droit) arrive en seconde position lors du scrutin municipal en mai 1953 à Joinville, derrière les communistes mais devant les gaullistes du RPF. Candidat Damy arrive en neuvième position parmi les candidats de cette liste, qui n’a que six élus. Il cesse donc de siéger au conseil, dont Georges Defert est élu maire.

Serge Damy meurt le 23 février 1990 à Joinville. Il était âgé de 80 ans et père de trois enfants.

Carte de Joinville-le-Pont en 1958

 

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28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 00:01

François Jean Lauze naît le 31 décembre 1904 à Alger (Algérie). Ses parents sont Marie Duteil et son mari François Lauze, employé à l’hôpital civil Mustapha. Ils sont domiciliés avenue Maillat.

Ayant sans doute fait des études à l’école des Beaux-Arts d’Alger, et probablement après son service militaire, Jean Lauze fait sa première exposition en tant que peintre avec deux autres jeunes artistes, Roger Domon et Louis Bernasconi, en décembre 1927, salle Lacroix, rue des Chevaliers-de-Malte, à Alger. La presse apprécie son travail pour son originalité. La Vie algérienne commente « Son Fort l'Empereur, sujet ingrat et inattendu, montre l'effort d'un jeune peintre devant la nature. L'inévitable Jardin d'essais est représenté par un bouquet de palmiers plein de poésie, traité presqu'en grisaille. »

Vers 1930, Jean Lauze va en France métropolitaine et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre-ville, rue du Pont. Il travaille comme décorateur et épouse, en avril 1931 à Joinville, Marguerite Paule Tribondeau, secrétaire dans une société cinématographique et syndicaliste. Ils s’installent avenue Jean-Jaurès, dans le même quartier.

Comme son épouse, Jean Lauze s’engage dans l’action politique. Il se rend, en 1937, à Barcelone, en Espagne et, selon son épouse, participe à la guerre d’Espagne dans le cadre des Brigades internationales. Il se lie avec Àngel Fernández de Soto, secrétaire du Syndicat des artistes, peintres et sculpteurs Catalogne et ami de Pablo Picasso. Jean Lauze prend part, en février 1937 dans la capitale catalane, à une Exposition antifasciste intitulée No pasaran! Sa femme, Marguerite Lauze, est secrétaire du représentant du parti communiste français auprès du parti socialiste unifié de Catalogne, le mouvement communiste local.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Jean Lauze retourne à Alger où il expose, en mars 1941, à la Galerie Pompadour, rue Michelet. Ses vues du port d'Alger sont remarquées.

Le Port d’Alger, Jean Lauze

En décembre de la même année, Jean Lauze fait une seconde exposition dans le même lieu. Le journal L'Écho d'Alger comme sa Vue de Kouba : « arbres à contre-jour comme auréolés, au ciel s'épanouissant en blancheur au-dessous de la basilique : c'est un matinal moment de limpidité, d'enfance, d'élection. »

Une troisième présentation des œuvres de Jean Lauze se fait, en février 1943, cette fois à la Galerie du Minaret. Il est qualifié de « peintre populaire de la réalité » et L'Écho d'Alger luis réserve de nouveau un accueil favorable, considérant que le Séminaire de Kouba est « baigné d'une lumière véritablement spirituelle » ou que les Terrasses d'Alger sont « d'un si juste sentiment spatial. »

Après la fin de l’occupation allemande en France, Jean Lauze revient en France métropolitaine et est présenté, en juillet 1945, dans la Galerie de la Cité, quai de l’Horloge à Paris (1er arr.). Le quartier de Louis Aragon, Ce Soir, apprécie : « Les ciels clairs, une mer bleue, le toit blanc de la mosquée, tout cela est vu avec amour ». À l’insu de son mari, Marguerite Lauze écrit à Picasso pour l’inviter au vernissage, lui rappelant que Jean Lauze avait rapporté à Picasso un dessin que lui avait confié leur ami commun, Soto. Elle met en avant le fait que son époux et elle sont membre du parti communiste.

François Jean Lauze meurt le 22 janvier 1957 à Villejuif (Seine, act. Val-de-Marne). Il est exhumé et inhumé, deux mois plus tard, au cimetière de Charonne à Paris (20e arr.).

Jean Lauze

 

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26 juin 2022 7 26 /06 /juin /2022 00:01

Alfred Bruillard naît le 8 octobre 1895 à Lavans-Quingey (Doubs). Il est le fils d’Adèle Marie Eugénie Robardet et de son époux Constant Léon Bruillard, cultivatrices. Le petit village se situe dans la vallée de la Loue. Au tournant du siècle, la famille est installée dans le village voisin de Pointvillers (act. Le Val). Comme les autres des neuf enfants du couple, Alfred aide aux cultures. Il s’oriente ensuite vers la fromagerie et travaille, toujours dans la vallée de la Loue, à Chassans, auprès de Joseph Cousin.

Un peu après le début de la première guerre mondiale, Alfred Bruillard est mobilisé en décembre 1914 au 42e régiment d’infanterie. Sa santé souffre manifestement beaucoup puisqu’il est évacué pour maladie et hospitalisé à cinq reprises (juillet 1915, janvier 1916 (deux fois), octobre 1916, avril 1918) ; il est en outre blessé par une balle à la cuisse gauche en janvier 1917 au Mont-Cornillet, en Champagne, au cours de la bataille de la Marne. Atteint d’une pleurésie, il est envoyé en convalescence pendant plusieurs mois. Il sera attributaire d’une pension de 10% en 1924.

Au cours d’une des période de repos, Alfred Bruillard épouse en septembre 1917 à Palantine (Doubs) Suzanne Marie Julie Cousin, fille du fromager chez lequel il travaille. Le couple et ses deux enfants vont beaucoup changer de domicile. Ils sont en 1922 à Osselle puis en 1925-1926 à Chenecey-Buillon (Doubs). Ils passent dans le département voisin du Jura en 1931 à Condamine.

On les trouve en 1932 d’abord à Pont-Audemer (Eure). Ils se fixent ensuite en région parisienne, d’abord toujours en 1932 à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), où Alfred Bruillard est chauffeur automobile. Ils vivent rue François-Arago puis rue Saint-Louis. Après un passage à Clamart (Seine, act. Hauts-de-Seine), rue de la Voie-Verte, en 1937, la famille s’installe en 19396 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de l’Île, dans le quartier de Polangis. Alfred Bruillard est devenu employé d’octroi pour la mairie de la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Alfred Bruillard reçoit une affectation spéciale du fait de son emploi dans les services fiscaux.

Il s’engage dans la résistance à l’occupant allemande et est reconnu comme ayant été membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Ses deux fils, Robert Bruillard (1919-1988) et André Bruillard (1920-1987) furent aussi résistants pendant la guerre.

Un commando de la résistance entre, le 20 août 1944, dans la mairie de Joinville-le-Pont qui devient ainsi une des premières à être libérée en Île-de-France. La municipalité, nommée par les autorités de Vichy avec à sa tête Léon Lesestre, est arrêtée et sera transférée, après le départ des forces allemandes, au camp de Drancy. Sur proposition du comité local de Libération et après avis du comité parisien de la Libération, le préfet de la Seine nomme une délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune par arrêté du 26 septembre 1944. Alfred Bruillard en fait partie et fait donc fonction de conseiller municipal. Robert Deloche est président de la délégation, faisant fonction de maire, aux côtés d’adjoints radicaux-socialistes, socialistes ou divers droite et gauche. Le mandat de la délégation prend fin après les élections municipales du 29 avril 1945.

Pour le sixième anniversaire de la Libération, célébré le 26 août 1950 à Joinville, Bruillard représente les anciens membres de la délégation spéciale avec André Lemaire, aux côtés de représentants des formations politiques ou associations locales.

Professionnellement, Alfred Bruillard est employé par la mairie de Saint-Maur où il devient, en 1946, surveillant de travaux.

Alfred Bruillard meurt le juillet octobre 1987 à Sens (Yonne), où il vivait déjà en 1979.

Barricade pendant les combats de la Libération à Joinville, août 1944

 

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22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 00:01

André Marcel Langat naît le 16 mai 1924 à Paris (13e arr.). Il est le fils d’Anaïs Antoinette Castan, originaire de Lozère, et de son mari Marcel Henri Langat, mécanicien. Ils vivent rue Domrémy puis rue du Château-des-Rentiers. Après-guerre, la famille s’installe à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), rue Pinet, dans le quartier Schaken. En 1933, ils déménagent dans la ville voisine de Joinville-le-Pont, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves), dans le quartier de Polangis.

Exerçant la profession de mécanicien tourneur, André Langat s’engage en tant que résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Son père, Marcel Henri Langat (1896-1962), également mécanicien, fut aussi résistant.

Après la Libération en août 1944, André Langat est le secrétaire de la section de Joinville de l’Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF, act. Mouvement jeunes communistes de France, MJCF). À ce titre, il est membre du Comité joinvillais de la renaissance française. Le comité est présidé par Henri Drevet, adjoint radical-socialiste au maire de Joinville, le communiste Robert Deloche. Drevet est également le président du comité local de Libération.

N’ayant pas atteint l’âge de 21 ans qui lui aurait permis d’être éligible en 1945, André Langat est candidats aux élections municipales suivantes en novembre 1947. Il figure sur la liste Union républicaine et résistante, conduite par Deloche et qui regroupe les communistes avec des personnalités de gauche, notamment des radicaux-socialistes. Elle obtient un peu moins de voix, mais a 11 élus, soit autant que la liste du Rassemblement populaire français (RPF, gaulliste) ; c’est l’unique élu socialiste SFIO qui, en ralliant les communistes et les radicaux, permettra de reconduire une nouvelle fois la municipalité. Le RPF recueillait 3 066 voix sur 6 974 suffrages exprimés (44%), les communistes et radicaux 3 017 (43,2%) et les socialistes 452 (6,8%).

Élu, Langat devient adjoint au maire ; les autres adjoints sont Drevet (radical-socialiste) François Decrombecque et André Blocher (divers gauche) ainsi que Léon Berthet (socialiste SFIO).

Ancien représentant du PCF, avant-guerre, auprès des communistes algériens et marocains Robert Deloche, résistant, est mis en cause par sa formation politique pour des raisons officiellement liées à son mode de vie. Il est exclu et démissionne début de son poste. C’est Langat qui, selon l’hebdomadaire Nouvelle Union régionale, en fait l’annonce au cours d’une « réunion revendicative des vieillards et des économiquement faibles » le 27 décembre 1952 à Joinville. Selon ce journal de tendance libérale, Langat prononce des « paroles sévères mettant en cause le maire. »

Deloche est remplacé, pour deux mois, en février 1953 par Amélie Trayaud, également ancienne résistante et communiste, doyenne du conseil municipal. Langat reste adjoint au maire.

Lors des élections municipales de mai 1953, Langat se présente sur la liste d'Union républicaine et résistante, qui rassemble les communistes, des radicaux-socialistes et des personnalités de gauche.

La liste communiste arrive en tête, avec une moyenne de 35,6% des votes valides et dix sièges, devant la liste divers-droite de Georges Defert (RGR, 22,1%, 6 sièges), les gaullistes de Pierre Calmon (RPF, 19,8%, 6 sièges), les socialistes de Léon Berthet (12,3%, 3 sièges) et les démocrates-chrétiens de Gaston Moutenot (MRP, 9,2%, 2 sièges). Avec 2 384 voix pour 6 748 suffrages exprimés (35,3%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits, Langat est réélu conseiller municipal. Il siège dans l’opposition, car Defert, appuyé par les élus RGR, RPF et MRP est élu maire.

Au sein des élus communistes, André Langat se fait remarquer par son activisme. Dès le lendemain du scrutin, la nouvelle municipalité décide d’expulser la section de Joinville de l’Union des vaillants et vaillantes – le mouvement d’enfants communiste – du baraquement qu’elle occupait dans le parc du dispensaire municipal, avenue du Président-Wilson, dans le quartier Palissy. Pendant le conseil municipal qui, fin mai 1953, évoque la question, Langat proteste et, avec deux autres élus communistes, Grésy-Aveline et Bideaux, ils entonnent le chant révolutionnaire La Jeune Garde pendant la séance.

Le mandat de Langat prend fin avec les élections municipales de mars 1959. La liste communiste, conduite par Henri Bideaux recueille 32,2% des suffrages exprimés au premier tour face à l’union des gaullistes de l’UNR, des démocrates-chrétiens du MRP et des socialistes SFIO (23,5%) et aux sortants de Defert (41,2%). Au second tour, ce dernier emporte avec 52,4% les 27 sièges à pourvoir, les communistes, qui étaient conduits par Henri Bideaux, ayant 34,1% et l’alliance de centre-gauche 13,1%.

La suite des activités professionnelles et politiques d’André Langat n’est pas connue.

Célébration de la Libération à Joinville-le-Pont en mai 1945

 

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20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 00:01

Georges Marcel Silvain Garceau naît le 9 janvier 1916 à Lacs (Indre). Il est le fils de Marie Euphrasie Garceau ; le mariage de cette dernière avec Émile Louis Chauffour, en octobre 1916, légitime sa naissance. Ils vivent dans le bourg, où son père est cultivateur avec ses parents. Georges Chauffour est électricien en 1936.

Il épouse Marie Louise Chatiron, secrétaire, en novembre 1939 à Champillet, Indre.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Georges Chauffour est résistant à l’occupation allemande. Après la fin du conflit, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et il est employé administratif.

Lors des élections municipales de mars 1953, Georges Chauffour est candidat en quatrième position sur la liste socialiste SFIO conduite par Léon Berthet. Elle obtient un siège avec une moyenne de 452 voix pour 6 974 suffrages exprimés (6,5%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits. Berthet, dont la voix est déterminante pour élire le maire, puisque les listes communistes et gaullistes ont obtenu, toutes les deux, 13 sièges, fait réélire le communiste Robert Deloche et devient adjoint au maire. Faisant état de désaccords avec la majorité municipale, Berthet démissionne en octobre 1951 et est remplacé au conseil par l’instituteur Pierre Allaire. Comme ce dernier démissionne également en janvier 1952, il est lui-même remplacé par Victor Hochet, qui décide également de quitter sa fonction en mars 1953 ; Georges Chauffour devient ainsi conseiller municipal. Deloche vient également de quitter le poste de maire, suite à son exclusion du parti communiste. Il a été remplacé par Amélie Trayaud, doyenne du conseil et communiste également. Le mandat se termine en avril 1953.

Georges Chauffour meurt le 7 mars 1968 à Champillet, Indre ou le 8 mars 1968 à Baudres, autre commune du même département, selon les sources. Son épouse décède également le 7 mars 1968 à Baudres. Il est donc possible que ce soit suite à un accident.

Joinville-le-Pont, vers 1960

 

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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 00:01

Maurice Albert Wach naît le 13 avril 1883 à Paris (10e arr.) Il est le fils de Jeanne Journiac, femme de chambre, et de son mari Joseph Wach, tonnelier. Ils résident rue du Faubourg-Poissonnière.

Alors représentant de commerce pour l’industrie, vivant rue Mazagran à Paris (10e arr.) au moment de faire son service militaire, Maurice Wach s’engage pour trois ans d’an l’armée. Il est affecté au 132e régiment d’infanterie. Il devient caporal en octobre 1903 puis sergent en novembre 1904. Il retourne à la vie civile en mars 1906.

Le mariage de Maurice Wach avec Juliette Léonce Doit, comptable, a lieu en avril 1911 à Paris (10e arr.). Ils élisent domicile rue Albouy. Maurice Wach pratique l’aviron sur la Marne, au sein de la Société nautique En Douce, basée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Fondée en 1885, l’association a une vocation tournée vers le tourisme en rivière, contrairement aux autres clubs locaux aux objectifs plus sportifs, comme la Société nautique de la Marne, avec laquelle elle fusionnera beaucoup plus tard. Maurice Wach devient président d’En Douce en 1912 pour un mandat d’un an, faisant suite à Joë Netter. Il assurera la même fonction à plusieurs reprises ultérieurement, devenant, selon l’historien Michel Riousset, « le président qui a le plus marqué de son empreinte l'En Douce. »

Au début de la première guerre mondiale, en août 1914, Maurice Wach est rappelé et sert dans le régiment d’infanterie de Chaumont. Il est promu, en novembre 1914, lieutenant puis en mai 1916 lieutenant.

Il est blessé à deux reprises, en mars à Cambrai (Nord) quand une balle lui perfore l’annulaire gauche, puis, plus grièvement, en septembre la même année à Souchez (Pas-de-Calais), au cours de la deuxième bataille de l’Artois, quand une autre balle lui provoque une plaie à l’omoplate gauche. Il est cité à l’ordre du 33e corps d’armée en mars 1916 pour sa bravoure et le fait d’avoir rejoint le front avant sa complète guérison. Il sera de nouveau cité à l’ordre du bataillon en février 1919 pour avoir « rempli avec tact les délicates fonctions d’officier adjoint ».

Démobilisé en mars 1919, Maurice Wach reste rue Albouy et redevient, pour deux ans, président du club d’aviron En Douce. Il est en 1923 à Strasbourg où il est domicilié rue de Molsheim.

À partir de 1928, il s’installe quai de la Marne, à Joinville-le-Pont, à proximité du garage à bateaux d’En Douce.

Après la deuxième guerre mondiale, Maurice Wach est candidat lors des élections municipales de Joinville en novembre 1947 sur la liste soutenue par le Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste), conduite par Pierre Perly. Elle arrive en tête avec 44% des suffrages exprimés, devant l’Union républicaine et résistante (communistes et divers gauche, 43,3%) mais les deux listes ont le même nombre de sièges. La liste socialiste SFIO, avec 6,4%, obtient le dernier siège et assure la réélection du maire communiste Robert Deloche. Wach siège comme conseiller municipal dans l’opposition.

On retrouve Maurice Wach comme correspondant régulier de l’hebdomadaire libéral Nouvelle Union régionale en 1951. Ainsi, en avril, il écrit sur « La grande hargne des kokos » (au sujet du PCF) puis en mai estime que c’est une « Juste conclusion » quand le député communiste Yves Péron se fait traiter de crétin à l’Assemblée nationale. En novembre, il annonce la cérémonie à la mémoire du général Leclerc, organisé par la section RPF en l’église Saint-Charles de Joinville. En décembre, il s’étonne de la proposition du maire, Deloche, de fusionner l’office municipal d’habitations à bon marché avec celui de la ville voisine de Champigny, également à direction communiste.

En matière sportive, Maurice Wach reprend en 1952 sa fonction de président d’En Douce, cette fois-ci pour douze ans. Veuf depuis cinq ans, il se remarie en février 1952 à Joinville avec Marguerite Marie Dassy.

En février 1953, après l’exclusion du parti communiste du maire Robert Deloche, celui-ci démissionne de sa fonction. Les élus de droite se divisent au sein du conseil municipal et c’est la doyenne de l’assemblée, également communiste, Amélie Trayaud, qui est élue pour les deux mois de mandat restants.

Lors des élections municipales de mai 1953, Wach reste fidèle à la liste RPF, désormais conduite par Pierre Calmon tandis que la moitié des sortants conservateurs ont rejoint Georges Defert (RGR). Les deux listes obtiennent chacune six sièges, derrière les dix élus de la liste d'Union républicaine et résistante (PCF et divers gauche). La SFIO a trois élus, les démocrates-chrétiens du MRP en ont deux. Defert devient maire, avec le soutien de ses colistiers, de ceux du RPF et du MRP.

Au premier tour, Wach a recueilli 1 366 voix pour 6 748 suffrages exprimés (20,2%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits. Il est réélu. Il se solidarise, en juillet 1953, avec une motion de protestation de la section RPF de Joinville contre la condamnation des époux Rosenberg aux États-Unis.

Son mandat prend fin en mars 1959. Lors des élections municipales, le scrutin majoritaire a été réintroduit et la liste RPF de Calmon, qui a fait alliance avec le MRP et la SFIO, est devancée au premier tour par celle de Defert et n’a aucun élu au second tour.

Maurice Albert Wach meurt le 28 avril 1970 à Joinville, à l’âge de 87 ans. Lors de son enterrement, « le drapeau bleu et rouge de la société [En Douce] recouvrait son cercueil, dans la plus grande tradition de la marine » raconte Michel Riousset. Il était décoré de la Croix de guerre (1914-1918) et chevalier de la Légion d’honneur depuis février 1921.

Les locaux du club En Douce, coll. Carré des Canotiers

 

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16 juin 2022 4 16 /06 /juin /2022 00:01

Gaston Louis Blanrue naît le 22 août 1886 à Paris (13e arr.). Il est le fils de Louise Lenoble, blanchisseuse, et de son mari Charles François Blanrue, tourneur sur métaux. Ils vivent avenue de Choisy.

Son père, également cycliste amateur, était un militant du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire dans le treizième arrondissement de Paris. Il préside, en août 1889, une réunion publique en faveur de la candidature d’Onésime Prudent-Dervillers.

Faisant son service militaire à partir d’octobre 1907 au sein de la 37e division d’infanterie, Gaston Blanrue est réformé, à titre temporaire, en mai 1908 pour une « faiblesse générale » et une suspicion d’atteinte tuberculeuse. Rappelé en mai 1909, il est définitivement réformé en juillet la même année pour tuberculose pulmonaire. Il est, comme son père, tourneur sur métaux.

Pendant la première guerre mondiale, il est tout d’abord dispensé, du fait de son état de santé, le diagnostic étant maintenu en février 1915. Il est cependant rappelé en avril 1917 puis affecté, le mois suivant, aux usines Angat et Ditrey, à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est démobilisé en octobre 1919.

Il s’est installé, en 1915, dans la ville voisine de Joinville-le-Pont, dans le quartier de Palissy. Il réside route de Brie, qui sera rebaptisée pendant la guerre avenue du Général-Galliéni. En juillet 1918, Gaston Blanrue épouse une jeune veuve, Clotilde Marie Tapin, couturière. Devenu mécanicien il s’établit comme artisan et ouvre un atelier de mécanique générale adjacent à son logement.

Le 20 août 1944, la municipalité de Joinville est arrêtée par un groupe de résistants à l’occupation allemande et le comité local de Libération de la commune prend la direction de la mairie. Sur sa proposition, et après avis du comité parisien de la Libération, le préfet nomme, par arrêté du 26 septembre 1944 une délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Joinville-le-Pont. Elle est présidée par le communiste Robert Deloche et comprend des personnalités généralement engagées dans la résistance, notamment des radicaux et des socialistes. Gaston Blanrue en est membre et fait donc fonction de conseiller municipal. Son mandat prend fin en avril 1945 avec la première élection municipale depuis la fin du régime de l’État français.

À 78 ans, Gaston Blanrue cesse son activité de mécanique à Joinville et ferme son entreprise en mai 1965.

Gaston Blanrue meurt le 30 juin 1977 à Créteil (Val-de-Marne) où il était probablement hospitalisé. Il était âgé de 90 ans. Il était père d’une fille et avait en outre adopté un neveu, fils posthume de son beau-frère.

Joinville-le-Pont, avenue Galliéni, années 1960

 

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14 juin 2022 2 14 /06 /juin /2022 00:01

Georges Louis Ange Marie Blanchard naît le 23 avril 1900 à Langourla (Côtes-du-Nord, act. Le Mené, Côtes-d’Armor). Il est le fils d’Augustine Rio, modiste et de son mari Joseph Blanchard, facteur receveur.

Devenu employé de commerce à Paris, Georges Blanchard travaille au grand magasin la Samaritaine et réside à Paris (9e arr.), rue du Faubourg-Saint-Antoine.

Après la première guerre mondiale, il effectue son service militaire au 79e régiment d’infanterie entre mars 1920 et mars 1922. Il a pour compagne Louise Laplace, native de Gez, dans les Hautes-Pyrénées. Ils vivent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, avenue Galliéni. Peut-être se marient-ils vers 1930.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Georges Blanchard est rappelé et sert dans la 38e section de mitrailleuses de la 219e division d’infanterie. Il demande à être déchargé du service armé mais le conseil de révision, qui examine son cas en décembre 1939, estime qu’il n’y a « rien d’objectif » et le maintient dans ses fonctions.

Le 20 août 1944, la municipalité de Joinville est arrêtée par un groupe de résistants à l’occupation allemande et le comité local de Libération de la commune prend la direction de la mairie. Sur sa proposition, et après avis du comité parisien de la Libération, le préfet nomme, par arrêté du 26 septembre 1944 une délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Joinville-le-Pont. Elle est présidée par le communiste Robert Deloche et comprend des personnalités généralement engagées dans la résistance, notamment des radicaux et des socialistes. Gaston Blanrue en est membre et fait donc fonction de conseiller municipal. Son mandat prend fin en avril 1945 avec la première élection municipale depuis la fin du régime de l’État français.

Georges Blanchard meurt le 30 août 1986 à Champigny (Val-de-Marne). Il était âgé de 86 ans et père d’un fils.

La Samaritaine vers 1900

 

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12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 00:01

Nicolas Jean Macchi naît le 4 novembre 1913 à Casablanca, au Maroc sous protectorat français. Il est le fils de Thérèse Françoise Macchi. Le 26 juin 1917 à Paris (18e arr.), Auguste Henri Grésy, mécanicien, le reconnaît pour son enfant, la veille de son mariage avec sa mère. Il porte désormais le nom de Nicolas Jean Grésy.

Son père avait rejoint l’Afrique du Nord au cours de son service militaire. Il avait débarqué à Casablanca le 7 octobre 1913, donc moins d’un mois avant sa naissance. Pendant la première guerre mondiale, il était revenu en métropole en juillet 1916 via Marseille, et la famille s’était installée à Paris (18e arr.), rue du Mont-Cenis.

Après le conflit, la famille s’installe en Seine-et-Oise (act. Val-d’Oise) d’abord à Osny en 1920 puis en 1923 à Saint-Ouen-l'Aumône, rue des Grandes-Côtes, dans le quartier d’Épluches. En 1931, Nicolas Grésy est aide-comptable à la Société générale d’électricité à Paris. Il est devenu comptable en 1933 et épouse en juin 1933 à Pontoise (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise) Éliane Élise Fournier, originaire du village proche d’Auvers-sur-Oise.

Le couple s’installe à Paris (10e arr.), dans le quartier de la Porte Saint-Denis, rue de Paradis. Ils divorcent en décembre 1939.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Nicolas Grésy est certainement mobilisé. Il sera cité à l’ordre du régiment. Il est sans doute caserné à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines) où il est proche du poète Claude Aveline (1901-1992), qui s’était engagé volontairement dans l’armée et qui en fera son fils adoptif. Il s’agit d’une adoption simple, les parents de Nicolas Grésy n’étant pas décédés.

Comme Claude Aveline, Nicolas Grésy devient résistant à l’occupation allemande. Il s’engage dans les Forces françaises de l’intérieur, où il a le grade de lieutenant ; il utilise le pseudonyme de Nico. Il a rejoint l’Organisation civile et militaire dans le Pas-de-Calais en 1944.

Ses deux frères cadets, Jean Grésy (né en 1922) et Charles Edmond Grésy (1917-1953) ont également été résistants. Le second est mort au combat pendant la guerre d’Indochine en tant que capitaine dans le 6e bataillon de la légion étrangère en décembre 1953 au Laos.

Après le conflit, devenu Nicolas Grésy-Aveline, il travaille comme agent contractuel au haut-commissariat au ravitaillement à Paris. Il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et se remarie avec Janette.

Dans sa ville de résidence, Grésy-Aveline devient un militant communiste actif et en vue. Joinville a pour maire, depuis la Libération, Robert Deloche, communiste et résistant, qui a assuré pour le PCF, avant-guerre, le suivi des communistes algériens et marocains. Mis en cause pour des raisons ayant officiellement liées à son mode de vie, il est exclu et démissionne début 1953 de son poste. Il est remplacé, pour deux mois, par Amélie Trayaud, également ancienne résistante et communiste, doyenne du conseil municipal. Lors des élections municipales de mai 1953, Grésy-Aveline se présente sur la liste d'Union républicaine et résistante, qui rassemble les communistes, des radicaux-socialistes et des personnalités de gauche. La liste communiste arrive en tête, avec une moyenne de 35,6% des votes valides et dix sièges, devant la liste divers-droite de Georges Defert (RGR, 22,1%, 6 sièges), les gaullistes de Pierre Calmon (RPF, 19,8%, 6 sièges), les socialistes de Léon Berthet (12,3%, 3 sièges) et les démocrates-chrétiens de Gaston Moutenot (MRP, 9,2%, 2 sièges). Avec 2 393 voix pour 6 748 suffrages exprimés (35,5%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits, Grésy-Aveline est élu conseiller municipal. Il siègera cependant dans l’opposition, car Defert, appuyé par les élus RGR, RPF et MRP est élu maire.

Au sein des élus communistes, Grésy-Aveline se fait remarquer par son activisme. Dès le lendemain du scrutin, la nouvelle municipalité décide d’expulser la section de Joinville de l’Union des vaillants et vaillantes – le mouvement d’enfants communiste – du baraquement qu’elle occupait dans le parc du dispensaire municipal, avenue du Président-Wilson, dans le quartier Palissy. Pendant le conseil municipal qui, fin mai 1953, évoque la question, Grésy-Aveline proteste et, avec deux autres élus, Langat et Bideaux, ils entonnent le chant révolutionnaire La Jeune Garde pendant la séance.

Au mois de juillet a même année, une autre intervention de Grésy-Aveline, présenté comme « leader communiste » par l’hebdomadaire Nouvelle Union régionale, provoque, selon ce journal « tumultes et bousculade au conseil municipal ». C’est la suppression du trait barrant le nom de Lesestre sur la plaque de marbre avec le nom des anciens maires de la ville dans le hall de la mairie qui provoque l’incident. Lesestre, maire de mai 1935 à août 1944, fut arrêté par le comité local de Libération et transféré au camp de Drancy où il séjourna six mois. Il était notamment accusé d’avoir couvert la transmission aux autorités allemandes par la mairie d’une liste de jeunes gens supposés devoir partir au Service du travail obligatoire.

Toujours en juillet, Grésy-Aveline organise l’élection de tous les candidats communistes lors de l’assemblée générale de la caisse des écoles, à laquelle 200 personnes participent. Il avait fait rejeter par les présents le financier présenté par André Blocher, un ancien adjoint au maire qui avait été élu en mai sur la même liste que lui mais classé divers-gauche.

Avec les élus communistes et leurs alliés, Grésy-Aveline vote, en janvier 1957 contre une aide de 100 000 francs destinée « à la population hongroise », victime de l’occupation par les forces russes et du Pacte de Varsovie. Cependant, les élus socialistes rejoignent la majorité pour ce vote.

Les élections municipales organisées au début de la cinquième République se font désormais au scrutin majoritaire ; il n’y a plus de représentation des listes minoritaires et Grésy-Aveline cesse de siéger au conseil à partir de mai 1959.

En juillet 1956, Grésy-Aveline est signalé, lors du congrès à Ivry de la fédération du parti communiste de la Seine-Sud (qui couvre l’essentiel de l’actuel Val-de-Marne) en tant que secrétaire de section de Joinville et membre du conseil politique fédéral. Il y a alors 149 adhérents dans la section, répartis en six cellules d’entreprises et deux cellules locales ; le PCF comptait en décembre 1945 à Joinville 455 adhérents dans 17 cellules (huit d’entreprises et neuf locales). Par ailleurs, les communistes revendiquaient pour Joinville en 1956 217 adhérentes à l’Union des femmes de France, 119 membres de l’association France-URSS et la diffusion, en juin, de 450 numéros de L’Humanité-Dimanche, édition de leur quotidien vendue à la criée sur les marchés. Aux élections législatives de 1956, les candidats communistes avaient obtenu, à Joinville, 32,8% des votes, contre 10,6% pour les socialistes SFIO, 15,7% pour les divers-gauche et 40,7% pour les réactionnaires, selon le classement fait par le rapport du congrès.

Nicolas Grésy-Aveline meurt fin février ou début mars 1977. L’hebdomadaire communiste Le Réveil du Val-de-Marne lui consacre une nécrologie. Il était titulaire de la Croix de guerre (1939-1945) et, depuis août 1949, chevalier du Mérite agricole. Âgé de 63 ans, il était père de plusieurs enfants.

Nicolas Grésy-Aveline (arch. PCF)

 

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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 00:01

Suite de la biographie de René Kirbühler

Alors qu’un accord électoral avait été conclu avec les radicaux-socialistes en septembre 1934, l’Union des républicains décide d’y mettre fin en avril 1935, avant le scrutin municipal : « L’Union des républicains de Joinville, se souvenant des fusillades du 6 février, des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons, a décidé de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Ses candidats se présentent comme des « hommes d’ordre et d’action. »

René Kirbühler figure de nouveau sur la liste de l’Union des républicains de Joinville, qui comprend neuf sortants et deux anciens conseillers municipaux. Au premier tour, elle arrive en tête avec 32,6% des suffrages exprimés, devant le Groupement des gauches républicaines de la majorité radicale-socialiste (26,8%) et deux listes de gauche, les communistes (23,5%) et les socialistes (12,3%). Kirbühler recueille voix 925 pour 2 856 suffrages exprimés (32,4%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les deux premières listes se maintiennent, tandis que celles de gauche fusionnent. La droite arrive légèrement en tête, avec 41%, devant la gauche unie à 39%, tandis que les radicaux du maire sortant Briolay régressent à 20%. Le conseil municipal se compose de 25 élus de droite et deux communistes. Kirbühler est élu avec 1 140 voix pour 2 899 suffrages exprimés (39,3%) et 2 924 votants.

Analysant le résultat, les élus de droite considèrent que « Les Joinvillais, dans le seul but de barrer la route aux communistes, ont apporté leurs suffrages en masse à la liste d’ordre de l’Union républicaine. Ils ont montré leur réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

Lors de l’élection de la municipalité, Léon Lesestre est élu maire, tandis que Charles Chaussée, Louis Caillon, Jean Béal et René Kirbühler deviennent adjoints, François Decrombecque étant désigné syndic. L’hebdomadaire libéral Union régionale commente : « Les affaires municipales sont en de très bonnes mains » ; son concurrent radical Voix des communes apprécie : « Kirbühler, tout jeune, plein d’activité ». Au sein de l’exécutif, il est en charge des bâtiments communaux.

On retrouve Kirbühler en tant qu’électeur sénatorial en octobre 1935. Il représente Joinville au banquet des Intérêts Économiques à Saint-Denis en novembre 1935. Sur le plan professionnel, il dirige le syndicat professionnel de l’ameublement.

Continuant à s’occuper du basket, Kirbühler provoque le départ de cette équipe de l'Union et Espérance Sportive de Joinville, dans laquelle elle avait fusionné en 1934, pour recréer l’Espérance Sportive de Joinville en mars 1938. Il devient vice-président du club reconstitué, qui est présidé par H. Chabot. Il comprend les sections suivantes : préparation militaire, marche et natation, athlétisme et basket, escrime, scolaires. Son siège est boulevard de Polangis à Joinville.

René Kirbühler passe, en juin 1939, par l’école militaire d’administration de Vincennes. Il est affecté au début de la deuxième guerre mondiale au 222e régiment régional de travailleurs, puis, en mars 1940, au 213e dépôt d’infanterie, basé à Versailles. Kirbühler poursuit son mandat après sa démobilisation. Il participe notamment, avec l’ensemble du bureau municipal  au Noël du maréchal organisé en décembre 1941 par le Secours national d’entraide du maréchal, créé en référence au chef de l’État, Philippe Pétain. Le maire, Lesestre appelle à « bien aimer le maréchal, sauveur de notre France. »

La législation du régime de Vichy supprime les assemblées élues au profit de corps nommés, en exécution d’une loi du 16 novembre 1940. Par décret, le 21 février 1942, Chaussée, Béal et Kirbühler sont renommés adjoints, Frédéric Bautsch remplaçant Caillon pour le quatrième poste ; Lesestre avait déjà été maintenu en place, Decrombecque n’est pas renommé. Kirbühler exerce son mandat jusqu’en 1944.

Le jour de la Libération de Joinville, le 25 août 1944, le maire et les trois adjoints sont arrêtés par le comité local de Libération. Ils sont transférés au camp de Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Ils sont libérés début mars 1945. A. Dély, secrétaire du comité d’épuration de Joinville, qui dépend du comité local de Libération, écrit le 13 mars 1945 une lettre à Georges Marrane, président du comité parisien de la Libération, où ils déplorent qu’ils aient été relâchés, considérant que c’est une décision « pour le moins prématurée. »

Ni l’activité pendant la guerre, ni les six mois d’incarcération ne semblent avoir de conséquences durables pour René Kirbühler. Il devient directeur de l'école professionnelle de la chambre des apprentis de l'ameublement et reçoit, en 1967, une décoration à ce titre.

René Kirbühler se marie en août 1960 à Villejuif (Val-de-Marne) avec Liane Valdemont. Il meurt le 7 juin 1974 à Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne). Il était âgé de 73 ans.

Décoré de la médaille de bronze de l’Éducation physique en août 1938, il avait également reçu les Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en février 1939 puis comme commandeur en 1967.

Fin

Lettre du comité d’épuration en 1945

 

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