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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 00:01

Jean Gustave Charton naît le 1er octobre 1835 à Bordeaux (Gironde). Il est le fils de Marie Combes et de son époux Pierre Charton, teinturier. Il va exercer le même métier que son père.

Pendant la Commune de Paris (mars-mai 1871), Gustave Charton est à Paris. Il se présenta lui-même comme « clairon au 228e fédéré ».

Lors des procès qui suivent la fin de l’insurrection, le rôle de Charton est évoqué. Maguiabal, chef de bureau au ministère de l'instruction publique, déclare le 18 août 1871 qu'il a été arrêté le 13 avril par ordre du délégué de la Commune à ce ministère et d'un nommé Charton.

C’est dans le même ministère que Charton rencontre le peintre Gustave Courbet. Ce dernier le fit citer lors de son procès le 14 août 1871. Absent à l’audience pour cause d’indisposition subite, Charton transmit une lettre dans laquelle il rend hommage aux bons sentiments de Courbet, et rappelle les efforts qu'il a faits pour sauver le journaliste Gustave Chaudey. Dans son courrier, Charton ajoute que selon lui, Courbet n'a accepté des fonctions de la Culture que pour se rendre utile au monde des arts.

Si Charton n’est pas mis en cause personnellement, c’est peut-être par prudence qu’il s’éloigne de la capitale et va exercer son métier de teinturier à Corbeil (Seine-et-Oise, act. Corbeil-Essonnes, Essonne). Il est d’abord associé en 1872 à un italien d’origine, Antoine Molinaro, rue Saint-Spire, avant de monter sa propre teinturerie rue des Fossés.

En septembre 1872, Gustave Charton épouse à Paris (11e arr.) une autre teinturière, Alphonsine Léontine Girod, originaire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils auront six enfants. Au moment de son mariage, les parents de Charton résident à Santiago du Chili. À partir de 1882, Charton se présente comme rentier ; il semble conserver la propriété de sa teinturerie.

Après le décès de sa femme à Joinville-le-Pont en mars 1885, Charton vient habiter cette commune. Deux de ses filles y sont élevées par une belle-sœur. Il réside en 1887 au 11, rue du Canal, en limite de la commune de Saint-Maurice.

A suivre

 

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18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 00:01

Marcel Louis Camille Roubault naît le 20 juillet 1900 à Chaumes (act. Chaumes-en-Brie, Seine-et-Marne). Il a pour mère Léonie Henriette Marie Savoyen, et pour père son époux, Paul Camille Roubault, boulanger.

Mécanicien et fraiseur pour de l’outillage de précision, Roubault est ensuite ajusteur et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il y réside, avenue du Château (act. av. Foch), dans le quartier de Polangis en 1920, quand il fait son service militaire dans un bataillon d’ouvriers d’artillerie.

En avril 1923, Roubault est le secrétaire de la section de Joinville de l’Union fédérative socialiste, formation créée en décembre précédent par Pierre Brizon, Henri Sellier, Oscar Bloch, Raoul Verfeuil et plusieurs maires de banlieue, comme Charles Auray (Pantin). La formation rassemble notamment d’anciens socialistes passés au parti communiste et qui l’ont quitté, notamment du fait de l’exigence de rompre avec la franc-maçonnerie et la Ligue des droits de l’Homme. Elle considère que « la résistance du capitalisme menacé, dans ses privilèges, impose au prolétariat la nécessité de s'organiser pour la conquête révolutionnaire du pouvoir et l'exercice d'une dictature transitoire ». S’affichant pacifiste, l’Union fédérative socialiste plaide pour l'unité organique des socialistes.

Roubault participe à la fusion avec le parti communiste unitaire, pour former l’Union socialiste-communiste (USC), dont Edmond Neumann devient le secrétaire à Joinville. C’est la section USC qui prend l’initiative de rassembler des membres de la SFIO et du parti radical-socialiste à Joinville pour constituer, en mai 1924, un comité électoral communal du Cartel des gauches. Georges Briolay, radical-socialiste et futur maire de Joinville, en est le président ; Neumann est vice-président, Roubault secrétaire et Berthet, SFIO, trésorier. En 1924, les forces politiques de gauche restent embryonnaires dans la commune. Tous les anciens adhérents de la SFIO avaient rejoint le parti communiste lors de sa création et la section locale se reconstitue probablement en 1924. Le parti radical-socialiste avait été touché par la dissidence de plusieurs élus en 1912, qui battent alors la liste ayant le soutien officiel des radicaux-socialistes puis l’exclusion du futur maire, Henri Vel-Durand. Le comité radical-socialiste de Joinville, même s’il était maintenu nominalement sous l’égide de Georges Briolay, futur maire, ne reprend vie que vers 1924 également. À contrario, l’USC apparaît comme la seule structure organisée, en dehors du parti communiste, mais son impact électoral s’avèrera négligeable.

Lors des élections municipales de mai 1925, la liste du cartel des gauches obtient 648 voix sur 2 275 suffrages exprimés (28,4%) pour 2 310 votants et 2 761 électeurs inscrits. Elle devance les communistes (21,1%.) mais est largement distancée par la municipalité sortante d’Henri Vel-Durand, soutenue par les radicaux dissidents, les libéraux et conservateurs, qui recueille 47,5% et emporte tous les sièges au second tour.

L’élection au conseil général pour le 2e secteur du canton de Saint-Maur (Saint-Maur, Créteil, Bonneuil, Joinville) de juin 1925 voit Neumann (USC) recevoir 50 votes (1,8%), très loin des 409 voix du socialiste SFIO Osmin, des 562 du député communiste Muller ou des 685 du maire de Créteil Avet, alors radical-socialiste.

Parallèlement à son activité politique, Roubault est membre du comité de la section de Joinville de la Ligue des droits de l’Homme, présidée en 1924 par Edmond Neumann. Elle existe depuis 1900 et compte 56 adhérents cette année-là.

En septembre 1926, Marcel Roubault épouse Paulette Lucile Chapoul à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il s’installe dans la commune, rue du Pont-de-Créteil. Cependant, il continue son activité au sein de la section joinvillaise de la Ligue des droits de l’Homme, dont il est le secrétaire en 1933.

Après la deuxième guerre mondiale, les époux Roubault, qui ont eu une fille née en 1930 à Saint-Maur, s’installent dans son village natal de Chaumes-en-Brie, où ils vivent chemin du Pré-Saint-Martin. Marcel Roubault meurt, hospitalisé, le 14 juin 1967 à Paris (13e arr.). Il était âgé de 66 ans.

Il ne faut pas confondre Marcel Louis Camille Roubault avec Marcel Édouard Roubault (1905-1974), géologue français, doyen de la faculté de Nancy, fondateur de l'École nationale supérieure de géologie dans cette ville.

Le Cartel des gauches en 1924

 

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 01:01

Jacob Gozlan naît le 11 juillet 1885 à Constantine, Algérie. Il est le fils de Rachel Chemama et de son mari, Haï Gozlan, tailleur d'habits juif originaire de Souk-Ahras. La famille est nombreuse, comptant 12 enfants. C’est probablement en Algérie qu’il acquiert le surnom de Sidi Hiaco (M. Jacques), qu’il conservera.

Présent en métropole pendant la première guerre mondiale, il se marie en janvier 1917 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) avec Georgette Marie Brochard.

Il exerce une activité de marchand forain et s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis. Il est, en 1934, vice-président de l’Union des commerçants et industriels de la ville, présidée par Lucien Girard. C’est lui organise la braderie organisée en mars et transmet au comité des chômeurs local une aide collectée par les commerçants.

Manifestement connu et apprécié, Sidi Hiaco est qualifié en septembre 1934 par l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes, de « duc de Polangis. »

C’est en utilisant sa réputation que Jacob Gozlan va se présenter aux élections municipales. Il est candidat une première fois, en mai 1929, en tant que socialiste indépendant. Se présentant seul à côté des listes de droite du maire sortant Stephen Durande, du cartel des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants) et des communistes, Sidi Hiaco va obtenir un nombre de voix appréciable, soit 210 pour 2 126 suffrages exprimés (9,9%) sur 2 969 inscrits. Aucune autre candidature isolée n’approche ce niveau.

En mai 1935, face aux listes de droite, radicale-socialiste, socialiste et communiste, Sidi Hiaco s’aligne à nouveau de manière isolée. Il est crédité de 147 votes pour 2 856 exprimés (5,1%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

La situation de sa famille pendant la deuxième guerre mondiale n’est pas connue. Jacob Gozlan meurt le 19 mars 1948 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) et résidait toujours à Joinville à cette date. Son épouse y décède en 1952.

 

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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 01:01

Félix Léopold Valbonnet naît le 17 janvier 1870 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Henriette Augustine Dubus, herboriste et sage-femme de son époux Auguste Ernest Valbonnet, mécanicien.

En août 1892, Félix Valbonnet épouse à Paris (3e arr.) Juliette Joséphine Blanchard. Il poursuit et développe l’atelier de son père situé 54, rue Notre-Dame-de-Nazareth à Paris (3e arr.). Exerçant une activité de gravure de moules, notamment pour les pneus, Valbonnet est membre du comité de la Chambre syndicale des fabricants de pneumatiques lorsque, en mai 1905, elle accueille un représentant du groupe Peugeot.

Installé avec sa famille à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Château, dans le quartier de Polangis en 1899, Valbonnet va s’impliquer dans la vie locale.

Il prend part à la constitution du comité socialiste indépendant, initié par Théophile Leteuil et Eugène Hainsselin, qui est créé le 21 novembre 1907 en présence de 400 électeurs. Valbonnet est élu président du comité, qui prendra ensuite le nom de socialiste évolutionniste.

Lors des élections municipales de mai 1908, Valbonnet est candidat sur la liste de son comité. Il obtient 341 voix pour 1 188 suffrages exprimés (29%) sur 1 613 inscrits. Il n’est pas élu au second tour, sa liste n’emportant qu’un seul siège pour François Provin, tandis qu’un indépendant est désigné (Jean Baptiste Gripon, médecin) et que la majorité radicale-socialiste du maire Eugène Voisin récupère les 21 autres postes de conseillers municipaux. Les socialistes SFIO n’ont pas d’élu.

En 1909, Valbonnet se sépare de Leteuil dont il critique le comportement au sein de la caisse des écoles communales.

Après les inondations de janvier 1910, Valbonnet organise une quête au champ de courses de Vincennes et dans les cafés de Joinville. Un incident se produit quand un responsable du syndicat Cgt, Pataud, venu soutenir en février les grévistes de la société du Bi-Métal, critique cette quête mais doit sortir sous les huées des consommateurs.

Félix Léopold Valbonnet meurt le 28 août 1915 à Joinville. Il était père de trois enfants.

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14 décembre 2017 4 14 /12 /décembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Eugène Hainsselin.

Moins de deux semaines après le scrutin municipal de mai 1912 à Joinville, Hainsselin est nommé juge de paix à Chambon (Creuse). Cependant, son prédécesseur refusant de rejoindre sa nouvelle affectation à Saint-Girons (Ariège), Hainsselin demande et obtient ce nouveau poste. Au moment de son départ en mars 1918, le journal local L’Express du Midi, saluera « la fermeté et la justice avec lesquelles il accomplit, toujours, ses délicates fonctions. »

À la fin de la première guerre mondiale, il bénéficie d’une promotion et est nommé à Saint-Omer (Pas-de-Calais), près de la zone occupée par l’Allemagne et de la ligne de front. En mars 1920, il est à Creil (Oise). Enfin, en octobre 1924, il est enfin affecté à une commune de la région parisienne, comme il le souhaitait, à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis), où il s’installe avenue du président Wilson.

Eugène Hainsselin meurt le 6 avril 1933 à Montreuil, à l’âge de 67 ans. Il était titulaire de plusieurs médailles : officier d’académie en 1901 pour avoir pris part à l'exposition de la classe des machines-outils lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900 ; officier de l’instruction publique en 1907 en tant que conseiller prud'homme ; Mérite agricole en 1913 pour avoir obtenu plusieurs récompenses dans les concours pour appareils agricoles ; enfin, chevalier de la Légion d’honneur en juin 1931.

Quatre enfants sont nés de son mariage avec Anne Archambaudière. L’aîné, Paul travaille dans l’industrie du cinéma et sera élu en 1929 puis en 1935 au conseil municipal de Joinville. Le second, Marcel, est employé au ministère des finances. Le troisième, Georges, est tué à l’ennemi le 17 mai 1915 à Steenstraete (Flandre occidentale, Belgique). Germaine, la cadette, vit à Montreuil quand ses parents viennent s’y installer.

Fin.

 

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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Eugène Hainsselin.

En prévision de la fin de son mandat de conseiller prud’homme, Hainsselin, qui a abandonné son métier d’ouvrier scieur, entreprend des démarches pour se trouver une activité rémunérée. En 1904, il sollicite un emploi d'inspecteur du travail auprès du conseil général. En 1908, il espère devenir secrétaire du conseil de prud’hommes. Dans l’attente, et comme l’édition du journal L’Indépendant ne lui rapporte certainement presque rien, Hainsselin devient l’architecte de la société des Prévoyants de Polangis, coopérative de construction d’habitations à bon marché sur le boulevard de Polangis, sur un terrain acheté par Pathé-Cinéma.

L’objectif principal d’Hainsselin est cependant de devenir juge de paix, possibilité offerte aux personnes ayant présidé pendant trois ans un conseil de prud’hommes. L’attente d’un tel poste justifie la cessation de la publication de son journal L’Indépendant. Le commissaire de police de Joinville donne un avis favorable au ministre de la justice, Aristide Briand, sollicité par Hainsselin qui avait partagé au moins une estrade de meeting avec lui. En juillet 1909, il est nommé juge de paix à Pondichéry (Inde). Il s’y installe le 10 août et sa femme ainsi que ses quatre enfants le rejoignent en septembre. Les établissements français dans l'Inde comptent alors 283 000 habitants.

Le séjour colonial ne semble guère enchanter la famille. Les deux aînés rentrent en juillet 1910, les autres accompagnent Hainsselin qui rentre en mars 1911, après qu’il se soit vu accorder « un congé de convalescence de six mois à passer en France ». Rentré seul fin octobre, Hainsselin, se voit à nouveau octroyer en février 1912, un nouveau congé de convalescence de trois mois. Il n’y reviendra pas et est remplacé en juin 1912.

L’état de santé, pas plus que son statut judiciaire, ne dissuadent Hainsselin de prendre part à la campagne des élections municipales de mai 1912 à Joinville, où il est revenu s’installer avenue Pauline, dans le quartier de Polangis. Il rejoint la liste de radicaux dissidents conduite par Achille Ernest Mermet. Au second tour, cette liste fusionne avec celle des libéraux et des socialistes unifiés, pour s’opposer aux radicaux-socialistes qui, après le retrait du maire sortant Eugène Voisin, sont conduits par Georges Briolay. Hainsselin siègera sans doute très peu au conseil municipal, car il quitte la commune et sera considéré comme démissionnaire en 1915.

À suivre.

 

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Eugène Hainsselin.

Les travaux d’extension de la gare Montparnasse avaient provoqué l’expropriation du logement loué par Hainsselin, 47, rue du Château à Paris (14e arr.) en juin 1899. Il s’installe alors à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il renoue avec une action politique publique. En février 1906, il participe dans la commune voisine de Champigny à une réunion de soutien au candidat du parti socialiste SFIO pour l’élection législative, Pédron. Hainsselin, qui s’affiche comme conseiller prud'homme, est chargé de développer le programme du parti, créé l’année précédente.

Mais Hainsselin s’écarte rapidement de la SFIO, dirigée localement par Émile Lebègue, reprochant à ses membres « de banqueter à la table de M. Maujan », le député radical de la 2e circonscription de l’arrondissement Sceaux. Il constitue, fin 1907 avec Théophile Leteuil, un comité socialiste indépendant. Il obtient un certain succès, puisque qu’il réunit 400 participants le 21 novembre, suscitant l’étonnement devant l’attelage des « deux fondateurs, l’un radical, l’autre révolutionnaire » dans l’hebdomadaire Voix des communes. La présidence est confiée à un entrepreneur de mécanique, Félix Valbonnet.

Hainsselin provoque aussi la création d’un éphémère comité d’action sociale en mars 1908 tandis que Leteuil monte un « comité ouvrier », en réalité animé par les cadres de l’usine Pathé-Cinéma, principal employeur de la ville. Le responsable nationaliste Nectoux propose au comité d’action sociale 12 places sur les 23 de la liste qu’il voulait constituer pour les élections municipales de mai, ce qui provoque une crise au comité socialiste indépendant et une tension entre Hainsselin et Leteuil. Ils constituent finalement une liste socialiste évolutionniste, conduite par François Provin, serrurier, et comprenant notamment René Martin, Leteuil, Valbonnet et Hainsselin.

Dans le cadre de la campagne, Hainsselin s’illustre, selon ses adversaires radicaux : « Il possède la science infuse, il excelle dans tous les genres, c’est un artiste complet » Il est présenté comme « Un don Quichotte haineux avec pour rossinante un vélo ». Il a lancé en 1907 un journal, L’Indépendant, dont il est à la fois le rédacteur, le gérant et même le dessinateur sous le pseudonyme de Croque-Bille. Diffusé à environ 200 exemplaires, centré sur Joinville, le journal s’ouvre ensuite aux communes voisines de Saint-Maur, Nogent, Champigny et Créteil. Il cesse de paraître en mars 1909.

Avec 604 voix en moyenne (65%) au premier tour des élections municipales de mai 1908, les radicaux-socialistes obtiennent 6 élus au premier tour et 15 au second ; les évolutionnistes, qui n’ont que 17 candidats, recueillent 500 voix en moyenne (28%) et ont un élu au second tour, Provin ; les 5 socialistes SFIO candidats ont 252 voix en moyenne (5%). Un isolé est également élu. Hainsselin obtient 441 voix au premier tour et 432 au second ; il n’est pas élu.

Le comité socialiste évolutionniste présente un candidat lors de l’élection au conseil d’arrondissement pour le canton de Saint-Maur en juin 1908, René Martin, fabricant de spiritueux, qui est battu par Henri Vel-Durand, radical-socialiste. Hainsselin démissionne en juillet 1908 du comité évolutionniste, suite à l’entrée de l’ancien président du comité d’action sociale, Vernière, cadre de la maison Pathé, avec lequel il se réconcilie cependant quelques jours après. En octobre, sur le pont de Joinville, Hainsselin accuse Georges Briolay, adjoint au maire, de « vivre des fonds communaux » et reçoit une gifle de sa part. Début 1909, Hainsselin, de concert avec les socialistes SFIO, les évolutionnistes et les libéraux, utilise le mécontentement des riverains du chemin de Brétigny, qui dessert le port de Joinville, pour mener une opération de déstabilisation de la municipalité radicale-socialiste.

À suivre.

 

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Eugène Hainsselin.

Les conseils de prud'hommes, instances discrètes jusqu’au début de la troisième République, étaient devenues en 1882 un enjeu électoral au sein du mouvement ouvrier. Le parti possibiliste de la Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF) voulut les investir pour appliquer les principes socialistes sur la rémunération du travail manuel. Il a pour concurrent des blanquistes et la Fédération des chambres syndicales indépendantes. En décembre 1890, sur 69 prud'hommes ouvriers parisiens, il y avait 47 possibilistes, 21 socialistes indépendants et un blanquiste-boulangiste. Le développement du syndicalisme va changer la donne. En 1896, en tant que responsable syndical, Hainsselin fait campagne pour Tavernier, candidat dans la quatrième catégorie du bâtiment. En novembre 1899, il se porte lui-même candidat, en compagnie de Chariot, charpentier. Il est élu pour trois ans le 3 décembre par 425 voix sur 657 suffrages exprimés pour 1 241 inscrits.

Lorsqu’il se représente en 1902, Hainsselin est en butte à des accusations de Morice, ouvrier charpentier, qui obtient, le 8 novembre, le soutien des chambres syndicales des scieurs à la mécanique et des charpentiers. Mais, dans des réunions à Paris, au Pré-Saint-Gervais et à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis), Hainsselin réussit à retourner les scieurs en sa faveur. Arrivé en tête au premier tour, avec 228 voix sur 541 votants pour 1 130 inscrits, Hainsselin devance Morice (209 voix) et Gardery (Solidarité des ouvriers charpentiers, 102 voix). Il l’emporte au second tour en décembre grâce à 255 votes sur 532 et est élu pour six ans. La chambre syndicale des charpentiers précise que, si elle combattait la candidature Hainsselin, « c'était l'homme qui était visé et non le syndicat. »

Les relations d'Hainsselin avec ses mandants se détériorent de nouveau. Le 10 juillet 1904, sur rapport d’une commission d'enquête au sujet de la Société coopérative des scieurs découpeurs du département de la Seine, l'assemblée générale décide « de radier de la chambre syndicale le nommé Hainsselin » et « lui retire la confiance de la corporation ». Devant ce qu’elle considère comme des « faits scandaleux », elle « le somme de donner sa démission de conseiller prud'homme. »

En décembre 1905, Hainsselin soutient victorieusement la candidature de son ancien concurrent Gardery face à celle de Chariot, soutenue officiellement pas les deux syndicats de charpentiers et de scieurs. Tirant avantage de son expérience, Hainsselin va régulièrement présider le conseil de prud’hommes en alternance avec la partie patronale. En mai 1907, un Comité de vigilance unique du bâtiment est constitué, pour dénoncer le « clan spécial » qui a participé à l'élection d'Hainsselin, comprenant, outre Gardery, cinq autres conseillers Riom, Tréfaut, Bazetoux, Dartois et Dubief ainsi que d’autres militants, Durr, Pichon, Mathieu, Guellob et Carrière.

En décembre 1908, se déclarant représentant, Hainsselin sollicite le renouvellement de son poste aux élections prud'homales, mais cette fois chez les employés de commerce et non plus dans le bâtiment. Avec 99 voix pour 345 votants et 663 inscrits, Hainsselin est cependant distancé, arrivant en 4e position pour deux sièges à pourvoir et se retire avant le second tour. Il se plaint d’une « campagne de mensonges et de calomnies », à cause de sa décoration (il est officier de l’instruction publique). Selon lui, « tout citoyen décoré est pour les sectaires du syndicalisme un traître et un vendu. »

À suivre.

 

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6 décembre 2017 3 06 /12 /décembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Eugène Hainsselin.

Continuant son activité d’ouvrier scieur, Hainsselin est victime d'un accident de travail qui a nécessité l'amputation de trois doigts et a provoqué une incapacité de travail de neuf semaines. Il fait appel en mars 1898 à la solidarité des libres-penseurs, arguant qu’il doit subvenir à l'existence de ses trois enfants en bas âge. Il reçoit une aide prise sur la trésorerie de la Fédération et une souscription est lancée à son profit. Dans un article sur les accidents du travail après la loi française du 9 avril 1898, Paul Dramas (Le Mouvement socialiste, 1899/06/15) remarque que « les professions qui ont le plus de victimes ne sont pas celles où le développement mécanique est le plus grand. Il est certain qu'il y a moins de victimes chez les mécaniciens ou les tourneurs que chez les couvreurs ou les charretiers ». Cependant, il remarque qu’il y a une exception, celle des scieurs à la mécanique, dont il écrit, citant Hainsselin, que « 90% sont mutilés. »

Hainsselin, en tant que secrétaire général de la chambre syndicale des scieurs, découpeurs et mouluriers à la mécanique, intervient devant 1 500 ouvriers ébénistes, boulevard de Picpus, à Paris, en octobre 1898, pour soutenir leurs revendications et préconiser la grève générale de l’ameublement. En mai 1899, il est un des orateurs d’un meeting de protestation au Cirque-d’Hiver de Paris contre l'ajournement de la loi sur les accidents du travail, présidé par le député de la Guadeloupe, Hégésippe Légitimas. Parmi les intervenants, on note Marcel Sembat et Aristide Briand. En juin, il interrompt une réunion professionnelle pour emmener les participants à une manifestation pro-dreyfusarde à Longchamp (ouest de Paris) « Contre les Césarions de tout poil » et « Pour le triomphe de la République. »

Il est nommé en novembre 1899 membre de la commission mixte de patrons et d'ouvriers de sa profession, chargée de donner un avis sur le taux des salaires et durée normale de la journée de travail à Paris. C’est le début d’un long parcours dans les instances du paritarisme social français.

Quinze cents charpentiers travaillant sur les chantiers de l'Exposition universelle de Paris au Champ-de-Mars et à l’esplanade des Invalides se mettent en le 26 juin 1900. Hainsselin, qui vient d’être élu conseiller prudhomme, joue un rôle actif dans la négociation pour trouver une solution au conflit. Les ouvriers demandent que le caractère périlleux de leur travail soit reconnu et que le prix de l'heure de travail passe de 90 centimes à 1 franc. Les charpentiers jugent que leur rôle « est exceptionnellement dangereux. En effet, nous travaillons sur des pavillons qui dépassent l'élévation ordinaire des édifices; Le travail du bas n'est pas moins dangereux, car, l'exécution des pavillons étant en retard, on travaille à la fois au haut et au bas. À chaque instant, les ouvriers du rez-de-chaussée reçoivent des matériaux et des outils qui tombent de la partie supérieure ». Une sentence arbitrale rendue le 29 janvier donnant satisfaction aux revendications, la grève prend fin le même jour sur proposition de Chariot, secrétaire de la chambre syndicale des charpentiers, Baumann et Hainsselin. Les 1 200 charpentiers présents à l’assemblée générale votent la fin du conflit à l'unanimité.

Présenté en mars comme candidat au conseil supérieur du travail pour les industries du bois et bâtiment par sa chambre syndicale, Hainsselin est devancé lors du scrutin en mai par plusieurs candidats et se retire. Le 12 juin 1900, il est suspendu de ses fonctions de secrétaire de la chambre syndicale, décision confirmée par l’assemblée générale extraordinaire du 30 juin qui le remplace par Alexandre Pinson.

À suivre.

 

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 01:01

Henri Alexandre Émile Graillat naît le 21 juillet 1881 à Paris (12e arr.). Il est le fils de Marie Joséphine Tourot, deuxième épouse de Laurent Vincent Graillat, tonnelier, communard, militant socialiste-révolutionnaire et conseiller municipal de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne).

Résidant à Bois-Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine) Il épouse en juillet 1905 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Louise Desouche. Il vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac. Comptable, Émile Graillat va exercer dans la grande distribution. Il est chef comptable à la Samaritaine (Paris) en 1911.

À l’instar de son père, Émile Graillat va s’engager en politique. En avril 1902, il accompagne à Champigny Renier, candidat du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire à l’élection législative, dans une réunion où il porte la contradiction au candidat conservateur de la Patrie française.

Il est possible qu’il ait été candidat aux élections municipales de 1912 à Joinville, mais il n’est pas élu ; la liste socialiste SFIO fusionne au second tour avec une liste libérale et une liste radicale dissidente, et la liste unifiée remporte le scrutin face aux radicaux-socialistes officiels. Il y a sept élus socialistes (Georges Laruelle, Émile Lebègue, André Flambard, Julien Périn, Henri Lacroix, Petit, Georges Scornet). Après ce succès, le bureau de la section locale est renouvelé en juin et confié aux non-élus, avec Fernand Grandhomme comme secrétaire. Graillat est membre de la commission de contrôle. En janvier 1913, Émile Graillat devient secrétaire de la section de Joinville en remplacement de Grandhomme (qui devient trésorier), et est également délégué à l’Union des sections de la 2e circonscription de Sceaux. Il quitte cette fonction en mai de la même année, Alphonse Mibord étant élu à sa place.

Mobilisé pendant la guerre, Graillat est sous-officier et reçoit en janvier 1919 une citation pour son comportement ; il est décoré de la croix de guerre. La presse radicale assure qu’il fut bon soldat, a fait toute la campagne, et est revenu à peu près indemne.

Il rejoint après-guerre Paris-France, société qui exploite la chaîne des magasins de nouveautés Aux Dames de France où il travaille en 1921. Il y est trésorier et secrétaire de l’Association mutuelle de retraites de la société.

Lors des élections municipales de novembre 1919, comme plusieurs anciens socialistes SFIO (Périn) se présente sur la liste conduite la Henri Vel-Durand (radical dissident) qui comprend également les radicaux officiels. Il a l’étiquette de socialiste indépendant, face à la liste de gauche officielle conduite par Laruelle (SFIO) et à une liste libérale (Beauvais). La liste d’union républicaine et sociale est élue intégralement au second tour, face aux seuls socialistes. Graillat obtient au 1er tour  760 voix sur 1 694 suffrages exprimés (44,8%) pour 1 715 votants et 2 491 inscrits. Il est élu au second tour avec 964 voix sur 1 518 suffrages exprimés (63,5%) pour 1 537 votants.

En décembre 1922, trois tribunes anonymes mettent en cause sa famille dans le journal radical Voix des communes. Sa fille Simonne est critiquée pour être « entrée à la mairie par surprise » et pris la « place d’une veuve de guerre ». Son épouse Louise est attaquée : « Mme Graillat dirige la cantine des écoles de Polangis, elle emportait sa petite cantine garnie ; elle semble commander le conseil municipal, défiante, autoritaire, colporte partout que son mari sera bientôt maire de Joinville. »

En mars 1923, Graillat prend part à la formation d’une section de la Ligue de la République à Joinville ; elle est présidée par René Caperon, socialiste indépendant, et rassemble également des radicaux-socialistes et des socialistes proches de la SFIO (mais la section n’est pas encore reconstituée, après le passage de la totalité des adhérents au Pcf en 1920). Graillat est délégué au comité central.

Après les élections municipales de 1925, qui ont vu la défaite du cartel des gauches dans la commune, Henri Graillat rejoint de nouveau la SFIO et souscrit à plusieurs reprises en 1928 à des souscriptions pour le parti lancées par le quotidien Le Populaire.

Président de l’Amicale des anciens élèves de l’école de Saint-Maur, Émile Graillat est trésorier de la caisse des écoles de Joinville depuis au moins 1922. Récompensé en 1921 et 1924 pour son activité de mutualiste, honoré pour son poste de chef de service à Paris-France en 1936, il est décoré des palmes académiques pour son rôle à la caisse des écoles (officier d’académie en 1922, officier de l’instruction publique en 1940).

Émile Graillat meurt accidentellement à 59 ans le 26 août 1940 à Nogent-sur-Marne où il est renversé à bicyclette au carrefour de Beauté par une voiture. Peut-être du fait de ses antécédents militaires, le nom d’Henri Graillat figure sur le monument aux morts de Joinville au titre de la guerre 1939-1945. Il résidait avenue du Bac à Joinville.

Son fils, René Graillat, engagé dans l’action sociale professionnelle, sera membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Champigny-sur-Marne à la Libération en 1944 où il fait donc fonction de conseiller municipal.

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