Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 juillet 2019 1 29 /07 /juillet /2019 01:01

Suite de la biographie d’Albert Duquenne

Avec Fernand Imbert, Albert Duquenne est l’un des deux secrétaires du comité fédéral mixte de l‘Entente des jeunesses socialistes de la Seine ; Imbert est le secrétaire « jeune », élu par l’assemblée générale, tandis que Duquenne est le secrétaire « adulte », désigné par la commission exécutive fédérale. Il intervient, au titre de la Fédération dans de nombreuses réunions, y compris en province (Pithiviers, août 1937). Il s’efforce de mobiliser les jeunes socialistes pour des défilés, selon l’historienne Christine Bouneau, « dans une scénographie qui cherche à mettre en valeur sinon à faire une démonstration de force. »

Suite au conflit entre la direction nationale de la SFIO et la Fédération de la Seine, dirigée par le responsable de la Gauche révolutionnaire, Marceau Pivert, et ses partisans, toutes les sections sont dissoutes. Des secrétaires provisoires sont désignés pour chaque arrondissement de Paris et chaque commune de la Seine afin de les reconstituer. Les adhérents qui veulent réintégrer le parti sont priés de s'adresser à eux et de signer l'engagement de respecter la discipline et les décisions. Le 16 avril 1938, Duquenne est désigné comme secrétaire provisoire, chargé de la reconstitution de la section de Joinville, bien qu’il réside à Champigny. Le 20 avril, il est remplacé par un adhérent joinvillais, désigné par sa section, Jean Brision. La réunion de reconstitution de la section a lieu le 29 avril au café Chez Camus.

Devenu un des secrétaires de la Fédération SFIO de la Seine, membre du bureau fédéral, Albert Duquenne intervient régulièrement auprès des partenaires. C’est ainsi lui qui répond au parti communiste, en juillet 1938, qui interpelle les socialistes au sujet de l'augmentation du prix du gaz et de l'électricité. Il renvoie la question aux élus départementaux. Quelques jours plus tard, on le voit signer une tribune, parue dans les quotidiens communiste L’Humanité et socialiste Le Populaire « Contre les pillards de Paris. »

En septembre de la même année, une ordonnance de référé du tribunal civil de la Seine permet aux socialistes de récupérer leur local fédéral, 7, rue Meslay à Paris (3e arr.), qui avait été conservé par l’ancienne direction des partisans de Marceau Pivert. Albert Duquenne et Marcel Bloch, au nom des loyalistes, accompagnent l’huissier qui fait l’état des lieux. Le Populaire considère que « le siège fédéral a été vidé et pillé. »

Le bureau de la Fédération de la Seine comprend Robert Prieur, ancien chef de cabinet de Paul Faure; l’avocat Maurice Paz, Francis Desphelippon, ex-secrétaire général de l'ARAC (anciens combattants) et Duquenne.

L’activité de Duquenne se concentre sur des interventions publiques contre le fascisme (souscription en octobre 1938, manifestation le 12 février), à la lutte contre les décrets-lois du gouvernement ou à la formation des jeunes socialistes (organisation de soirées éducatives et de journées d'études). Il préside le congrès des Jeunesses socialistes de la Seine en novembre 1938 à Champigny, où 120 délégués représentent 51 groupes.

À suivre

 

Partager cet article
Repost0
25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 01:01

Début de la biographie d’Albert Duquenne

Albert Amédée Lemaire naît le 16 mai 1902 à Paris (10e arr.). Il est déclaré comme fils d’Émilie Honorine Lemaire, fleuriste. Il prend le nom de Duquenne lorsque Louis Jean Duquenne, sculpteur sur bois, le reconnaît en janvier 1907. Ses parents, qui vivent jusqu’en 1907 à Paris (10e, 11e puis 12e arrondissements), s’installent en 1908 à Saint-Maur (Seine, act. Val-de-Marne), où ils se marient en août 1910 après avoir donné naissance à cinq enfants, dont deux meurent le mois précédant les noces.

Marié une première fois en mai 1931 à Villeneuve-le-Roi (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) avec Marie Louise Bonis, Albert Duquenne se remarie en mai 1941 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) avec Régine Yvette Anne Marie Hallet, dactylographe.

Ayant donné son adhésion à la section saint-maurienne du parti socialiste SFIO en 1925, Duquenne va exercer des responsabilités dans cette formation à partir de 1933. En novembre de cette année-là, il est nommé secrétaire du comité de presse, chargé de la diffusion du quotidien du parti, Le Populaire. Il siège, en janvier 1934, au sein de commission administrative de la section locale. Il intervient comme orateur, en janvier dans la commune voisine de Bonneuil où il développe le programme du parti : nationalisation des mines, des chemins de fer, des assurances puis en octobre à Saint-Maur, dans un meeting antifasciste.

À partir de 1935, Duquenne milite principalement dans le canton de Charenton (Seine, act. Val-de-Marne), et en particulier dans la ville de Maisons-Alfort. Il est candidat, avec l’investiture de la SFIO, lors des élections législatives d’avril 1936. Il se présente dans la 5e circonscription de l’arrondissement de Sceaux (Alfortville, Charenton, Maisons-Alfort, Saint-Maurice) et recueille 2 145 voix sur 22 567 votants et 24 960 inscrits. Le communiste Marcel Capron est élu dès le premier tour.

Installé à Champigny-sur-Marne, route de Villiers, Duquenne prend des responsabilités dans la Fédération SFIO de la Seine. Il est élu en octobre 1937 à la commission exécutive lors du congrès fédéral, au titre de la motion C, qui soutient les positions de Léon Blum au niveau national et est conduite localement par Suzanne Buisson.

À suivre

Route de Villiers, Champigny

 

Partager cet article
Repost0
13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 01:01

Eugène Tilly nait le 4 décembre 1851 à Saint-Mihiel (Meuse). Il est le fils de Marie Vincent et de son époux François Eugène Tilly, entrepreneur de travaux publics.

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), il exerce en 1879 la profession de cuisinier, probablement dans l’hôtel du quai Beaubourg exploité par Alphonse Demeestère, conseiller municipal de la commune et futur fondateur du groupe radical-socialiste local. Il épouse en octobre de cette année Émilie Guiard, employée de commerce, dont la famille réside dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

Se mettant à son compte, il acquiert le Café du Gaz, un hôtel meublé donnant sur la place du Marché, à l’angle des rues de Créteil et de Paris à Joinville. Le café est un lieu de retrouvailles pour les libres-penseurs de la commune et les radicaux-socialistes. Ainsi, il organise en 1888, 1891 et 1892, des « banquets gras » le Vendredi-Saint.

Pour l’élection municipale complémentaire organisée suite au décès du maire républicain, Gabriel Pinson, Tilly fait partie du « groupe d’électeurs de la commune attachés aux institutions républicaines », lancé par Ludovic Alexandre Cambier, qui soutient la candidature d’Amédée Gosset, mécanicien. Gosset est élu, étant seul candidat, avec 75% des suffrages exprimés ; cependant, un autre radical-socialiste, Bleunard, qualifié de « rouge » dans la presse locale, bien que non candidat, obtient 25% des voix.

En janvier 1889, Tilly soutient la candidature d’Édouard Jacques, président du conseil général de la Seine lors de la législative partielle face au général Boulanger, populiste, qui remporte l’élection.

Il accueille un banquet cantonal radical-socialiste en juin 1890 et souscrit avec 260 autres personnes à Joinville « Pour les affamés de Carmaux » en septembre 1895.

En novembre 1897, Eugène Tilly vend son commerce et s’installe à Saint-Maur-des-Fossés où, après la mort en janvier 1898 de son épouse, il se remarie avec la sœur de cette dernière en juin 1899 à Saint-Maur. Antoinette Louise Guiard, qui fut plumassière, travaillait ensuite au café du Gaz de Tilly à Joinville. Pour ce remariage, les nouveaux époux obtiennent une dispense de parenté, signée du président de la République, sans doute Émile Loubet, Félix Faure étant mort en février.

Eugène Tilly meurt le 21 avril 1921 à Saint-Maur-des-Fossés. Il était âgé de 69 ans.

Le Café du Gaz à Joinville

 

Partager cet article
Repost0
30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie de Robert Caudrilliers

Fin décembre 1918, à Paris (7e arr.), Robert Caudrilliers épouse Olga Marie Guillaume. Ils vivent rue Ernest-Lacoste (12e arr.). Après-guerre, il reprend son métier de journaliste reporter photographe, se spécialisant dans le sport, et notamment le cyclisme, où il devient un spécialiste renommé du Tour de France. Selon Georges Briquet, « Le bon Robert Caudrilliers qui fut, quarante ans durant, le photographe du Miroir des Sports, avait ses coins de prédilection. Sa pierre existait au début du Galibier. Ailleurs, il avait un parapet, une fenêtre du premier étage, son faux vélodrome dans les lacets de Castellane. Mais son plus beau tableau fut celui d'André Leducq qui, gagnant certain du Tour 1930, caracolait au-dessus du lot, bien soutenu par la première des équipes nationales françaises. En descendant le Galibier, alors qu'il avait la réputation d'être le plus beau descendeur connu jusqu'alors, il tomba. Une pédale cassée, le genou gauche ouvert, André Leducq paraissait incapable de repartir... Son attitude, fixée par la plaque sensible, était exactement celle du penseur de Rodin. »

En 1931, Charles Joly, directeur de la course, dont le véhicule est arrêté à un passage à niveau, commente : « c'est encore Caudrilliers qui a soudoyé le garde-barrière pour avoir un sensationnel cliché. »

Vivant à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine), Caudrilliers est membre du club Asnières-Gennevilliers Sportif et donne des conférences pour le public et les jeunes sur le sport. Après son divorce, il se remarie en novembre 1931 à Asnières avec Marie Adrienne Suzanne Cugnot.

Membre de l’association professionnelle des reporters photographes et cinégraphistes, il en est d’abord trésorier puis syndic. Une des activités de l’association est la préparation d’un championnat des reporters : partant du parvis de Notre-Dame de Paris, il faut prendre un cliché 18 x 24 sur un sujet donné (par exemple, le portrait du préfet de police) et le porter, révélé, tiré et prêt au clichage, le plus rapidement possible au sommet de la butte Montmartre. Robert Caudrilliers le remporte en avril 1930 et devient ensuite un des organisateurs de la course.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Caudrilliers est officier de rapatriement, technicien photographe au ministère des prisonniers et correspondant de guerre détaché au grand quartier général.

Il reprend ensuite son activité de journaliste, et la vie des parisiens d’alors ; le quotidien L’Auto, en juin 1941 comment ainsi sa présence à une course automobile au sud de Paris : « Entre deux passages du Dunlop au Championnat de Paris à Montlhéry, on pouvait voir notre confrère photographe Robert Caudrilliers, du Petit Parisien, arracher frénétiquement des herbes qu'il enfouissait dans un sac... C'est que Caudrilliers habite la banlieue et élève des lapins... Et il avait pensé, non sans raison, que sur le plateau de Saint-Eutrope, II y a de quoi nourrir des armées de lapins !... »

Le 26 avril 1944, Robert Caudrilliers est un des reporters qui réalise, pour Le Petit Parisien, les photos de la visite à Paris du chef de l’État, Philippe Pétain, que le journal du 27 titre ainsi : « Le maréchal acclamé par le peuple de Paris. À Notre-Dame, le Chef de l'État, le président Laval et les membres du gouvernement ont assisté à la cérémonie à la mémoire des Français massacrés par les Anglo-Américains. »

Il ne semble pas que Robert Caudrilliers ait un engagement dans la Résistance à l’occupation, contrairement à son frère cadet, Raymond dit Aimos, acteur, tué le 21 août 1944 lors des combats de la libération de Paris.

Reprenant son activité après-guerre, Caudrilliers est le doyen des reporters photographes en 1949, après à ce moment 41 ans d’activité et à l’âge de 61 ans.

Robert Caudrilliers meurt le 26 septembre 1959 Clichy-la-Garenne. Il était âgé de 71 ans et était toujours domicilié à Asnières, rue de Prony.

Robert Caudrilliers a été fait chevalier de la Légion d’honneur en octobre 1949. Le certificat de moralité et de bonne conduite pendant la campagne 1939-1945 est signé par François Mitterrand, alors secrétaire d’État à la présidence du conseil et futur président de la République.

Il est également titulaire de nombreuses autres médaille. À titre militaire, il est décoré de la médaille de la Victoire, de la médaille commémorative française de la Grande-Guerre, de la  médaille commémorative d’Orient, de la médaille commémorative de Serbie. Il est également officier du Nicham Iftikhar (Tunisie) et officier de l'ordre du Ouissam alaouite (Maroc).

À titre civil, Caudrilliers a été gratifié des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en 1934. Il est également médaille d’or de l’éducation physique, médaille d'argent de la ville de Paris et médaille d'honneur du travail.

Fin

 

Partager cet article
Repost0
28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 01:01

Début de la biographie de Robert Caudrilliers

Robert Michel Fernand Caudrilliers naît le 2 août 1888 à La Fère (Aisne). Il est le fils de Blanche Armance Cloës et de son mari Joseph Caudrilliers, bijoutier.

La famille s’installe ensuite en région parisienne au début du 20e siècle. En 1910, elle vit à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), rue Krüger. Robert Caudrilliers s’intéresse au sport et est, alors qu’il n’a encore que 15 ans, secrétaire d’un club cycliste, l’US Saint-Gervais en 1904<ref>L’Auto, quotidien, 1904/05/07</ref>.

En 1908, devenu reporter photographe, Caudrilliers s’intéresse aux débuts de l’aviation. En octobre, il couvre le vol de Louis Blériot entre Toury (Eure-et-Loir) et Artenay (Loiret). Premier voyage circulaire de l’histoire, il se déroule sur un circuit d’environ 26 km avec un appareil Blériot VIII et est émaillé de deux pannes moteur.

Un peu plus d’un an plus tard, il assure le reportage du vol de Maurice Farman de Chartres à Orléans en janvier 1910 puis accompagne son frère Robert Caudrilliers, pionnier de la photographie aérienne (1/2), en avril de la même année, entre Étampes (Seine-et-Oise, act. Essonne) et Chevilly pour un trajet d’une soixantaine de kilomètres dans un bilan évoluant à 50 mètres au-dessus de la Beauce. Il inaugure ainsi le tourisme et le reportage aérien. Quelques jours plus tard, il illustre la course Londres-Manchester en aéroplane.

Malgré une faiblesse physique, Caudrilliers fait son service militaire en 1910-1912, mais dans un service auxiliaire, détaché à l’école d’artillerie de Fontainebleau (Seine-et-Marne) comme technicien photographe. Son père décède au cours de cette période en février 1911 à Saint-Maur.

Au début de la première guerre mondiale, Caudrilliers poursuit son métier de journaliste, effectuant des reportages de guerre parus en novembre 1914 dans le journal Excelsior, où il dit être « un photographe dont le métier est plutôt de manier l'objectif que d'écrire, et qui s'excuse d'être, pour une fois, sorti de son rôle ». Il décrit : « aujourd'hui que l'artillerie est la reine de la bataille, c'est une lutte souterraine que se livrent les camps adverses, et la première impression qui frappe le spectateur est celle d'un désert bruyant : on entend des coups de tonnerre, mais on ne voit âme qui vive. »

La destruction d’Arras est au programme du premier des deux voyages de presse sur le front : « Au milieu de fous ces vestiges qui arracheraient des larmes au plus insensible, une boutique est pourtant restée ouverte, doublement ouverte puisque c'est à un obus qu'elle doit d'être béante ; sur la brèche, le commerçant avisé a, de son mieux, assujetti quelques planches, sur lesquelles il a calligraphié, à l'aide d'un bout de craie, la nomenclature des articles qu'il tient à la disposition de sa clientèle : chemises, jerseys fourrés, caleçons, mouchoirs, torchons, serviettes de toilette, mains-éponges, lacets, ceintures de flanelle ‘au mètre’, cache-nez, chaussettes, blagues à tabac, cadenas, papier à lettres, couvertures de voyage, porte-monnaie, chaînes, gants de laine ‘pour femmes’, bas et chandails ‘pour enfants seulement’. Toute l'énergie d'une race n'est-elle pas symbolisée par cette originale enseigne ? Au milieu même des ravages de la mort, la vie continue. »

En février 1915, Caudrilliers est reclassé dans un service armé, en restant affecté à la photographie aérienne dans le 1er puis le 2e groupe d’aérostation. Il effectue des missions notamment dans les Balkans et en Serbie. Il est démobilisé en février 1919.

Caudrillers et Henry Farman, 1910

 

Partager cet article
Repost0
26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

La disparition d’Aimos suscita une importante émotion dans la presse parisienne qui vient d’éclore après a disparition des journaux publiés sous l’occupation.

Le quotidien d’Aragon, Ce soir, écrit que « le si populaire acteur de cinéma Aimos a trouvé une mort héroïque au cours de l'attaque d'un convoi allemand. Depuis des années il personnifiait sur l'écran le véritable enfant de Paris. (…) Il était toujours prêt à aider les malheureux ; on connaît principalement son œuvre pour l'enfance. »

Le même journal relève la présence de près de 2 000 personnes lors de ses obsèques dans l'église Saint-Antoine de Paris (11e arr.), dont des artistes et de nombreux gosses. Un détachement des FFI présente les armes.

Le journal chrétien L'Aube salue « cet artiste au grand cœur, qui aimait les petits. »

Les circonstances du décès d’Aimos ne sont pas établies de manière précise. Plusieurs lieux parisiens, très proches, sont évoqués comme étant l’endroit de sa mort : devant le café du Cadran du Nord, rue de Dunkerque (Ce soir) ; sur la barricade de la rue Philippe-de-Girard (L'Aube) ; ou sur une barricade installée en travers de la rue Louis-Blanc, à hauteur du numéro 50 (Bertrand Beyern). L’état-civil de Paris mentionne le 2, place du Docteur-Alfred-Fournier, mais il s’agit de l’adresse de l’hôpital, où son corps a été déposé.

La patronne du Cadran du Nord raconte : « C'est devant notre café qu'il a été trouvé tué avec trois de ses camarades de combat, dans une conduite intérieure toute maculée de sang et percée comme une écumoire. Les quatre pneus étaient crevés. »

La journaliste Colette Morel évoque dans Ma vie en rouge une autre hypothèse qu’elle attribue à son père, le résistant Ange Morel : « Mon père participa à la libération de Paris, puis à la bataille du pont de Joinville, sans que je connaisse le détail de ces aventures. J’ai seulement entendu parler de deux camarades de combat. Un comédien nommé Aimos jouait les personnages populaires au destin souvent tragique. Il s’est battu là en témoignant d’une certaine inconscience, au point que mon père lui avait dit :

- Ne t’expose pas ainsi !

Il en est mort, parce qu’il voulut être Aimos jusqu’au bout. »

Cependant, le décès d’Aimos ayant été déclaré à l’état-civil le 23 août et la bataille du pont de Joinville à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) ayant eu lieu le 25, ni le lieu ni la date ne peuvent être retenus. Peut-être Colette Morel a-t-elle amalgamé dans sa mémoire plusieurs récits de son père, qui a pu participer à des combats à Paris avant de rejoindre ceux de Joinville.

L’incertitude va susciter une polémique, alimentée notamment par l’écrivain Patrick Modiano. Dans son romain Dimanches d’août, il met dans la bouche de Mme Villecourt une version de la mort d’Aimos : « Il a soi-disant été tué, à la libération de Paris, sur une barricade, par une balle perdue… (…) En fait, ça ne s’est pas du tout passé comme ça… C’est une sombre histoire… (…) C’était un règlement de comptes… A cause de certaines personnes qui fréquentaient Champigny et La Varenne pendant la guerre… Il les avait connues… Il savait des choses sur elles… Il entendait leurs conversations dans les auberges du coin… »

Le même Modiano interprète dans Paris Tendresse : « On n’a jamais pu élucider les circonstances de sa mort – ou de son assassinat – en août 1944, sur une barricade, du côté de la gare du Nord, à l’heure où les jeunes gens fêtaient la Libération, debout sur le lion de Denfert-Rochereau. Sans doute Aimos n’avait-il plus d’avenir car il en savait beaucoup trop long sur les défuntes années trente… »

Le statut de résistant d’Aimos est cependant attesté. L’état-civil de Paris porte la mention « Mort pour la France » sur son acte de décès, apposée le 1er février 1946.

Aimos est enterré à Chennevières-sur-Marne en compagnie de Renée Lefèvre (Raymond Aimos). Son nom figure sur le monument aux morts de la ville (Raymond Caudrilliers). Une plaque en hommage aux résistants du groupe de Sébastopol est apposée au 48, boulevard de Sébastopol à Paris (3e arr.) ; le nom de Raymond Aimos y est inscrit.

Fin

 

Partager cet article
Repost0
24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

À côté de son travail artistique, Aimos s’intéresse en particulier à la boxe. Il est le président du Ring de Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), qui revendique le titre de premier club pugilistique français chez les amateurs. Une coupe à son nom sera délivrée à partir de 1944.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Aimos ouvre, rue Montmartre à Paris, un restaurant pour les enfants nécessiteux, baptisé L'Œuvre des Gosses. Il mobilise Charles Trenet, qui y interprète La cigale et la fourmi pour récupérer des fonds pour la cantine. Plusieurs auteurs comparent son engagement aux Restaurants du cœur de Coluche.

Son principal engagement, c’est cependant dans la lutte contre l’occupation allemande en France. Aimos rejoint le mouvement Libération-Nord. Il est membre du groupe Sébastopol, affilié au mouvement Résistance, qui s’appuie sur d’anciens cadres de Jeune République, un parti chrétien d’avant-guerre. Le groupe avait son siège à la pharmacie Canonne, boulevard Sébastopol à Paris et se retrouvait au restaurant Le Grillon, dans la même artère.

Le groupe est actif dans la lutte contre la déportation et l'aide aux aviateurs alliés. En août 1944, en lien avec le groupe Cloche des Halles, le groupe Sébastopol participe aux combats pour la libération de Paris et compte alors une soixantaine de membres.

C’est le 20 août, au cours d’échanges de tirs avec des soldats allemands, qu’Aimos va trouver la mort, près de la gare du Nord.

Une quinzaine de membres du groupe Sébastopol, soit un quart, sont disparus pendant les combats de la Libération.

Transporté à la morgue de l’hôpital Saint-Louis, son cadavre ne fut identifié, par la Croix-Rouge, que plusieurs plus tard, suite à des annonces publiées dans la presse par sa mère.

Aimos se vit reconnaître à titre posthume, en 1947, le grade de caporal dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI).

À suivre.

Partager cet article
Repost0
22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

Bien avant-guerre, Raymond Caudrilliers avait démarré une carrière artistique. Il prit le pseudonyme d’Aimos, qui devint son nom d’usage, et s’engagea en tant que chanteur lyrique dans le music-hall.

C’est cependant dans le cinéma qu’il fit l’essentiel de sa carrière. Si une légende lui attribue une participation au film des frères Lumière, L’Arroseur arrosé, elle est évidemment fausse, car il avait alors 4 ans, tandis que les deux personnages du film tourné en 1895 sont des adultes. D’autres sources lui attribuent, à 12 ans (donc vers 1903), une apparition dans une courte bande de Georges Méliès, mais elle n’est pas confirmée.

Le premier court-métrage où sa présence est documentée est Pendaison à Jefferson City de Jean Durand (1910) montrant la cruauté quotidienne de la vie de l'Ouest américain. Avec le même réalisateur, il participe à une série de petits films, autour du personnage d'Onésime créé par Ernest Bourbon (1912 à 1914).

Entre les deux guerres, Aimos va devenir un second rôle populaire du cinéma français, d’abord dans le muet. Il apparaît dès 1922 dans le long-métrage Vingt ans après, adaptation du roman d'Alexandre Dumas par Henri Diamant-Berger.

En juin 1923, Aimos qui vit avec sa mère avenue Ledru-Rollin à Paris (11e arr.), épouse Pauline Madeleine Botté.

C’est avec le parlant que la carrière d’Aimos s’accentue. On le voit dans le premier film de cette catégorie tourné par René Clair, Sous les toits de Paris. Il enchaînera ensuite une centaine de films.

Il tourne avec Gaby Morlay dans Accusée, levez-vous de Maurice Tourneur (1930). À côté de nombreuses productions commerciales, où il tient souvent des petits rôles comiques, on voit Aimos au générique de quelques chefs-d’œuvre et grands classiques.

 

Il est ainsi Charles dans 14 Juillet de René Clair, Marcel dans Sous la griffe de Christian-Jaque, Marcel Mulot dans La Bandera de Julien Duvivier, Raymond dit Tintin dans La Belle Équipe de Julien Duvivier encore, Dix-de-Der dans Titin des Martigues de René Pujol, La Ficelle dans Chéri-Bibi de Léon Mathot, Quart-Vittel dans Quai des brumes de Marcel Carné ou Agénor dans Ils étaient neuf célibataires de Sacha Guitry.

Pendant la deuxième guerre mondiale, il continue à tourner et on le voit comme le valet de François-Ferdinand dans De Mayerling à Sarajevo de Max Ophüls, Cupidon dans Monsieur La Souris de Georges Lacombe, Ernest dans Lumière d'été de Jean Grémillon ou dans Les Petites du quai aux fleurs de Marc Allégret.

Un de ses plus beaux rôles se situe dans La Belle Équipe où il incarne le plus optimiste des cinq copains qui choisirent de mettre en commun leurs gains à la loterie pour construire une guinguette au bord de la Marne. Il tourne le film à Joinville-le-Pont, aux côtés notamment de Jean Gabin et Charles Vanel, en 1936, période d’optimisme social et politique qui allait peu durer.

Il divorce en 1938 de Pauline Madeleine Botté et va vivre sur les bords de Marne à Chennevières (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) avec sa mère et Renée Lefèvre, présentée parfois comme son épouse mais avec laquelle il ne semble pas s’être marié.

À suivre.

 

Partager cet article
Repost0
20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 01:01

Début de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

Raymond Arthur Caudrilliers naît le 28 mars 1891 à La Fère (Aisne). Il est le fils de Blanche Armance Cloës et de son mari, Joseph Caudrilliers, bijoutier.

La famille s’installe en région parisienne dans la première décennie du vingtième siècle. Elle réside en 1910 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Krüger, dans le quartier du Parc. Cette même année, Raymond Caudrilliers est condamné, en janvier, à quatre mois de prison pour vol par le tribunal correctionnel de la Seine. Il effectuera sa peine dans la colonie correctionnelle de Gaillon, Eure, prison pour enfants où il est présenté comme résident en 1911. Son père meurt en février 1911 à Saint-Maur.

Son frère aîné, Robert Caudrilliers (1888-1959), est un pionnier de la photographie aérienne, d’abord à titre civil à partir de 1908, puis dans l’armée. Il couvrira ensuite principalement l’actualité sportive.

C’est cette même année 1911 que Raymond Caudrilliers aurait dû effectuer son service militaire. Cependant, il est déclaré insoumis en janvier 1913 comme « manquant à la convocation de son ordre d’appel. »

Lors de la première guerre mondiale, Caudrilliers se présente volontairement en août 1914 et est incorporé au 113e régiment d’infanterie. De ce fait, et grâce à la loi d’amnistie du 5 août 1914, il est rayé de la liste des insoumis. Il sera présenté, entre juillet 1915 et février 1929, 11 fois devant des commissions de réforme, qui toutes concluront à sa mauvaise santé pour cause d’une tuberculose pulmonaire, antérieure à son incorporation. Après les 11 premiers mois, il ne reprend une activité militaire qu’un mois lors de l’été 1916. Les commissions constatent que sa voix est altérée et son état général médiocre ; il obtient une pension correspondant à un taux d’invalidité de 50%.

Caudrilliers réside un temps en 1917 à Marseille avant de revenir, en juillet de cette même année, à Saint-Maur.

Après-guerre, Raymond Caudrilliers est une nouvelle fois traduit en justice ; il écope d’un mois de prison pour port d’arme prohibée devant le tribunal correctionnel de la Seine.

À suivre.

Colonie correctionnelle de Gaillon, Eure

 

Partager cet article
Repost0
9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 00:01

Louis Antoine Soyez naît le 13 octobre 1841 à Brie-Comte-Robert, Seine-et-Marne. Il est le vils de Françoise Anastasie Boulet et de son époux Jean Louis Soyez, vigneron.

Ses parents sont en 1869 blanchisseurs à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Lui-même est mécanicien dans la commune voisine de Joinville-le-Pont où il épouse, en septembre 1869, Victorine Julie Robberechts.

Lors des élections municipales de janvier 1878, Louis Soyez est élu au sein du conseil municipal qui voit la victoire des républicains conduits par Gabriel Pinson sur les monarchistes de l’ancien maire, Louis Ferdinand Rousseau.

En octobre de la même année, veuf depuis l’année précédente, Louis Soyez, qui est devenu fabricant d’objets en plumes, se remarie à Joinville avec Adrienne Anaïs Ricq. Ils vivent rue du Canal. Plusieurs plumassiers sont répertoriés dans les communes environnantes et à Joinville, dont Jean Louis Frédéric Bardin auquel Soyez est lié.

Il quitte Joinville peu après et réside, auprès de ses parents, à Saint-Maur, rue du Pont-de-Créteil. En 1879, une élection partielle remplace trois démissionnaires du conseil municipal de Joinville, dont probablement Soyez, qui n’est plus mentionné dans les activités communales.

Louis Soyez meurt le 17 février 1888 à Saint-Maur, à l’âge de 46 ans. Il était de nouveau veuf et père de trois enfants.

Encyclopédie Diderot et d'Alembert, Différents ouvrages du plumassier.

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens