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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 01:01

Deuxième article de la biographie de Laurent Graillat.

Avec Jules Guesde et Victor Marouck notamment, Graillat devient militant de la FTSF (Fédération des travailleurs socialistes de France). Quand scission du Parti ouvrier se produit en 1882, il reste aux côtés des possibilistes de Paul Brousse.

En mai 1884, Graillat est candidat socialiste révolutionnaire dans le quartier Bercy de Paris (12e arr.) où il obtient 198 voix sur 1 471 votants pour 1 949 inscrits soit 13,1% ; c’est le radical Lyon-Alernand qui est élu. Il intervient dans plusieurs réunions du parti ouvrier socialiste révolutionnaire, nom que prend la FTSF, en région parisienne de 1884 à 1889 et est membre du comité national de ce parti.

Les groupes ouvriers constitués de tonneliers et ouvriers de magasins, barilleurs, répareurs du département de la Seine créent une chambre syndicale de la tonnellerie dont Graillat est le secrétaire général. Sous son égide, un bureau d'embauche est constitué en 1885. Cette même année, il participe à l’Exposition internationale d’Anvers.

Le principal engagement de Laurent Graillat est la fonction de conseiller prud'homme qu’il exerce plus de vingt ans à partir de 1882. Il est élu dans la 3e catégorie qui regroupe les tonneliers. Antérieurement, les élections aux conseils de prud'hommes se passaient sans que le public y attache une grande importance. Mais en novembre 1882, le parti possibiliste voulut les investir pour appliquer les principes socialistes sur la rémunération du travail manuel et ils constituent un comité central électoral et de vigilance des conseillers prud'hommes ouvriers. Lors de ce premier scrutin, le comité central fait élire onze candidats sur les vingt-six conseillers ouvriers. Un groupe de socialistes indépendants est également constitué. En décembre 1888, le journal Le Temps considère que le vote est le terrain où l’on peut juger des forces respectives des divers partis socialistes révolutionnaires et s’inquiète que les conseils ne deviennent pas « le champ-clos des partis socialistes ». Cette année-là, les possibilistes présentent 22 candidats, pour 7 de la Fédération des chambres syndicales indépendantes. Le comité central possibiliste présente un il proclame que son but est « la suppression compte du patronat et du salariat », demande à ses élus d’être inscrit au parti ouvrier. Sur 27 sièges, sur 21 élus on compte 11 possibilistes (dont Graillat), 5 indépendants et 5 blanquistes ; il y avait eu 11 000 votants sur 31 375 inscrits.

En décembre 1890, sur les 69 conseillers prud'hommes ouvriers siégeant, il y avait 47 possibilistes, 21 socialistes indépendants et un conseiller blanquiste-boulangiste.

Installé à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) en 1892 dans une maison qu’il avait fait construire 30, rue du Petit-Parc Graillat est réélu à nouveau en décembre 1893. Yves Guyot (La tyrannie socialiste, 1893), député de droite, estime que Graillat, président du Conseil des prud'hommes des produits chimiques, a un mandat impératif de condamner toujours les patrons et publie une lettre de lui du 14 juin 1893 dans laquelle il se dit « élu d'un comité et ayant un programme, desquels je relève rigoureusement et qui seuls dictent ma conduite. »

Graillat est encore reconduit en 1896 et 1899, à chaque fois de nouveau au premier tour et assure la présidence pour la partie ouvrière. Il reçoit pour ses mandats une médaille d'argent en mars 1902, remise par Alexandre Millerand, ministre du commerce et de l'industrie.

Il était également président de la deuxième section de la commission départementale du travail de la Seine.

À suivre.

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 01:01

Premier article de la biographie de Laurent Graillat.

Laurent Vincent Graillat naît le 20 janvier 1834 à Saint-Vallier (Drôme), il est le fils de Marie Maige et de son époux Laurent Graillat. La famille s’installe à Lyon vers 1835, où les parents exercent la profession de marchands de comestibles en 1859, rue de la Monnaie ; ils sont ensuite concierges en 1877.

Toujours à Lyon, Laurent Graillat exerce la profession de tonnelier et vit également rue de la Monnaie (2e arr.). Il y épouse en mars 1859 Jeanne Jogand.

Sous la Commune de Paris, Graillat est commandant du 240e bataillon de la 70e légion, stationné à Belleville le 18 mars 1871. Selon Ernest Vaughan (1841-1929, fondateur de l’Aurore), « il combattit énergiquement jusque la dernière minute et ne songea à son salut qu'après l'occupation complète de Paris. Il réussit à s'échapper par la porte de Belleville, en sautant du haut du bastion et se réfugia à Saint-Maurice. »

Il continue d’exercer la profession de tonnelier et réside de la Grande-Rue de Saint-Maurice  (Seine, act. Val-de-Marne) quand il déclare le décès de son fils aîné, Jean, 9 ans, en mars 1872. Il était cependant recherché en tant qu’ancien communard et, d’après Ernest Vaughan « un soir, le brigadier de gendarmerie, qui avait pour lui, sinon de l'amitié, du moins beaucoup d'estime, vint le prévenir qu'il avait l'ordre de l'arrêter le lendemain matin. Graillat partit immédiatement ». Il est condamné par contumace, le 21 novembre 1873, par le 3e conseil de guerre, à la déportation à perpétuité dans une enceinte fortifiée.

Il se fixa en 1873 à Bruxelles (Belgique), 19, rue de la Montagne-de-Sion, où il exerce toujours son métier de tonnelier. Il intègre la Société des proscrits de la capitale belge et s’investit dans l’aide sociale aux réfugiés.

Après le décès dans son village d’origine de Civrieux-d'Azergues (Rhône) de son épouse Jeanne en février 1875, Laurent Graillat se remarie en septembre 1878 à Bruxelles avec Marie Joséphine Tourot, originaire de Faucogney (Haute-Saône).

Amnistié, sans doute au titre de la loi du 3 mars 1879, s’installe de nouveau en France et y continue son métier de tonnelier. Il est domicilié 17, passage d’Austerlitz à Paris (12e arr.) quand il déclare la naissance de son second fils, Laurent Désiré. Il est chef tonnelier chez Sauvignon en 1886 où il gagnait 500 francs par mois plus les commissions, puis courtier en vins. Il vivra ensuite dans le même arrondissement rue Érard.

À suivre.

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 01:01

Marie Maige naît le 18 avril 1806 à La Roche-de-Glun, Drôme. Elle est la fille de Jeanne Reynaud et de son époux Antoine Maige, tisseur de toile. Son nom sera souvent écrit Mège.

En juin 1829, elle épouse, dans le bourg voisin de Saint-Vallier, Laurent Graillat, maçon, descendant d’une famille influente implantée dans la commune depuis le 17e siècle. Vivant, en 1834 à Saint-Vallier, elle donne naissance à au moins deux enfants, Joseph Antoine Laurent Graillat (1831-1833) et Laurent Vincent Graillat (1834-1902). Elle quitte le bourg vers 1835, d’abord pour Lyon où les époux sont marchands de comestibles en 1859 rue de la Monnaie. Ils sont ensuite concierges en 1877.

Marie Graillat meurt à Paris (12e arr.) le 9 septembre 1888 après une vie longue pour cette époque, au point que son âge véritable est surestimé par son fils lors de la déclaration du décès (il indique 88 ans au lieu de 82, tandis que la presse parle de 85 ans).

Comme pour bien des femmes du 19e siècle, très peu de choses peuvent être connues des idées ou engagements de Marie Graillat. Cependant, elle aura un enterrement civil, ce qui est noté par la presse radical-socialiste. C’est inhabituel, alors que la séparation de l’église et de l’État n’a pas été encore faite, et très rare pour une originaire de contrées rurales.

Elle partageait sans doute, au moins en matière religieuse, les opinions de son fils, Laurent Vincent Graillat, tonnelier, militant révolutionnaire et syndicaliste, ancien communard et futur président du conseil des prud’hommes de la Seine. Elle résidait d’ailleurs chez lui, rue Érard, à Paris.

Roche-de-Glun

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 01:01

Nous entamons ici une série d’articles consacrés à la famille Graillat qui, de la Révolution française à la Ve République, a contribué à la vie politique et sociale en France.

On retrouve trace dès le 17e siècle des Graillat dans à Saint-Vallier (act. Drôme), gros bourg qui deviendra une cité industrielle dès le siècle suivant et dans le village voisin de Ponsas. Les Graillat exercent des activités commerciales, industrielles et artisanales, notamment dans la poterie, disposant manifestement d’un certain statut social.

Pendant la Révolution française, deux Graillat vont jouer un rôle militaire. Flavien Graillat, né en 1770, est incorporé en septembre 1792 fera toutes les campagnes de l’empire et finira chef de bataillon en 1813 après avoir été blessé en Espagne et chevalier de la Légion d’honneur. Ayant acquis le château de Saleton, il devient maire de la commune d'Anneyron (Drôme) et y meurt en fonction le 29 décembre 1840.

Son frère Pierre Augustin Graillat, né en 1771, échappe à l'état ecclésiastique qui lui était promis et s’engage également dans l’armée le 25 avril 1789. En messidor an VI, il aide à sauver la flottille française attaquée par des Mamelucks en Italie. Devenu également en 1807 chef de bataillon, il est tué à la tête de ses hommes à Heilsberg, en Prusse (act. Lidzbark Warmiński, Pologne), le 10 juin 1807.

Plusieurs Graillat seront au cours du 19e siècle conseillers municipaux, adjoints ou maires de diverses communes de la Drôme comme Ponsas, Épinouze, Châteauneuf-de-Galaure et Érome.

C’est la descendance de Laurent Graillat (1785-1836), maçon à Saint-Vallier et de son épouse Marie Françoise Graillat (1777-1849) que nous suivrons dans les prochains articles.

Wikipédia, La ville et du château de Saint-Vallier en 1809, d'après un tableau à l'huile de C.L. Panckoucke

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