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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 18:40

Jacques Hollande naît le 13 février 1901 dans le 16ème arrondissement de Paris. Par son père, Jules, il descend d’Henri Dubois-Fournier (1768-1844), commerçant du nord de la France qui mena de nombreuses missions pour le rétablissement de l’Église catholique en France après la Révolution française. Par sa mère, Ghislaine Berthier de Lasalle (1877-1935), il était lié aux princes Murat. Son étoile le plaçait donc plutôt parmi les couches les plus aisées de la société française.

Il choisit pourtant de devenir prêtre puis de s’engager résolument aux côtés la classe ouvrière. Luc Perrin, maître de conférences à la faculté de théologie catholique de l'Université de Strasbourg, livre en 2009 un témoignage sur ce parti-pris : « Je me souviens du chanoine Hollande qui avait été chargé par le cardinal Suhard de les diriger les prêtres ouvriers à Paris et qui me confiait, un peu gêné et quasi en confidence, qu'il était apparenté aux princes Murat, noblesse d'Empire certes mais fort loin du prolétariat. »

C’est en 1926 que Hollande devient prêtre à Issy-les-Moulineaux. Le diocèse de Paris couvrait à cette époque la ville-capitale, mais aussi l’essentiel des trois départements actuels de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne). Il sera ensuite vicaire de Saint-Joseph-des-Épinettes, dans le 17e arrondissement ; c’est sans doute à ce moment qu’il devient aumônier de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).

Toujours vicaire, il rejoint Levallois-Perret en 1934 puis comme premier vicaire Notre-Dame-de-Lorette (9e arrondissement).

Il est nommé curé en pleine guerre, se voyant attribuer la charge de la paroisse Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont en juillet 1942. La paroisse avait été créée en 1910 et la petite église aurait dû être remplacée par un nouvel édifice, « Notre-Dame du cinéma », projet arrêté avec le conflit et mondial et jamais repris ensuite.

Sa présence sur les bords de Marne restera assez brève. En effet, en novembre 1943, le cardinal Suhard le nomme supérieur de la Mission de Paris. Six autres prêtres venaient de refuser la fonction.

Archevêque de Paris depuis 1940, Mgr Suhard, se préoccupe de la déchristianisation et notamment celle des couches populaires. Il fonde la Mission de France en juillet 1941 puis  la Mission de Paris en juillet 1943. L’objectif que se donnent les six prêtres regroupés autour de Jacques Hollande est « d’insérer un christianisme ‘très pur’ dans la culture ouvrière pour la ‘surélever’ et inciter la communauté chrétienne à purifier son propre christianisme » d’après l’historien Guillaume Cuchet (*).

La Mission de Paris sera la matrice de la naissance des prêtres-ouvriers. C’est en 1947 que, sur autorisation du pape, des ecclésiastiques décident d’aller travailler en usine ou sur des chantiers. Beaucoup d’entre eux s’engagent dans l’action sociale, devenant même parfois responsables de syndicats Cgt. En 1953, le pape mettra fin provisoirement à l’expérience, provoquant de douloureux troubles parmi ceux qui exerçaient cette fonction.

Beaucoup d’entre refuseront de redevenir des prêtres ordinaires, et Jacques Hollande, qui n’était pas lui-même prêtre ouvrier, les défendra en restant à son poste à la tête de la Mission de Paris. Ils sont qualifiés d’« insoumis » au sein de l’église catholique. Élevé à la dignité de chanoine en 1948, Hollande fait partie des chrétiens qui s’opposent à la bombe atomique en 1949 autour de l’appel de Stockholm.

Après la fin de la Mission de Paris, il redevient curé de la Trinité (Paris, 9e) en 1957. Il sera le porte-parole du clergé parisien lors des travaux préparatoires au concile Vatican II en 1964. Après le concile, en 1965, les prêtres-ouvriers sont à nouveau autorisés.

Le chanoine Hollande décède le 28 décembre 1991 dans le 14e arrondissement de Paris.

(*) Guillaume Cuchet : Nouvelles perspectives historiographiques sur les prêtres-ouvriers (1943-1954) in Vingtième Siècle, n° 87, juillet-septembre 2005, p. 177-187

 Hollande_J_1944.jpg

Jacques Hollande

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 00:10

L’abbé Georges Moreau était curé de Saint Charles Borromée de Joinville-le-Pont (Val de Marne) de 1878 à 1882. Pendant son ministère, il se préoccupe de la vie de sa paroisse et écrit en 1879 une « Note adressée à MM. les conseillers municipaux de Joinville-le-Pont, sur la question du presbytère à bâtir dans cette commune ». Le maire est alors Gabriel Pinson, qui siège depuis un an et est fils et petit-fils d’anciens maires de la commune. Joinville est une paroisse autonome depuis 1860, avec l’ouverture de l’église Saint Charles Borromée ; avant, les catholiques étaient rattachés à Saint Nicolas de Saint Maur.

Mais son travail est aussi celui d’un essayiste, qui se consacre aux changements importants que vit l’église de France alors que Jules Ferry, au gouvernement, modifie considérablement son rôle institutionnel.

Il publie ainsi un essai, en 1880, sur L'Église de France et les réformes nécessaires. La même année, il réagit avec mesure aux décrets pris par le ministre de l'Instruction publique (Jules Ferry) par lesquels il ordonne aux Jésuites de quitter l'enseignement et dissout la Compagnie de Jésus. En 1881, il s’intéresse au budget des cultes (La question cléricale)

Ses travaux les plus importants, son conduits alors que, après avoir quitté sa cure de Joinville, il devient aumônier des prisons de Mazars et de la Roquette à Paris.

Il prend la suite de l’abbé Abraham Crozes (1806-1888) qui, pendant 22 ans, accompagna à l’échafaud 51 condamnés à mort, avec une réputation d’humaniste. Emprisonné pendant la Commune de Paris, il fut libéré par un capitaine communard, baptisé Révol. L’abbé Crozes fut l’un des fondateurs des Sociétés ouvrières de Saint François Xavier.

Georges Moreau publia d’abord des Souvenirs de la petite et de la grande Roquette (1884) où il reprenait ce qu’avait vécu son prédécesseur. Il inclut un dictionnaire d’argot, une des premières sources sur le parler populaire du peuple parisien. Trois ans plus tard, il s’engageait dans un travail encore plus conséquent, avec Le monde des prisons (Librairie illustrée, 1887).

Au travers de quelques cas qu’il racontait, l’abbé Moreau essayait de faire vivre la prison, pointant du doigt son inhumanité. Dans une Troisième République qui venait, en 1885, d’ouvrir les bagnes de Cayenne et de Nouvelle Calédonie, Georges Moreau mettait en cause le sentiment de protection de la société fondement de cette loi sécuritaire. Mais il avouait préférer la « guillotine sèche » du bagne, à la « guillotine sanglante. »

Georges Moreau devient en 1887, vicaire général et chanoine honoraire de Langres.

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