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22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 00:01

Joseph Gustave Busseuil naît le 21 avril 1858 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Henriette Marie Busseuil, couturière, dont le mariage en novembre 1858 avec Jules Gobert apportera à Gustave une légitimation et le nom de Gobert.

Il poursuit l’activité de son père, décédé en août 1880, et de sa mère comme restaurateur et marchand de vins à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune limitrophe de Saint-Maurice. Ils sont installés rue des Corbeaux (act. avenue des Canadiens), en bordure du Bois de Vincennes et près du champ de courses de chevaux.

La fréquentation de l’hippodrome se faisait principalement depuis la garde de chemin de fer de Joinville, mais l’accès au bois était malcommode car il fallait traverser les voies. Avec quatre autres commerçants (Bégat, Bisson, Derocq et Jouvet), Gobert est à l’initiative en novembre 1889 d’une pétition pour réclamer un passage souterrain.

Gobert se marie en février 1884 à Coulommiers (Seine-et-Marne) avec Adèle Lise Leauté ; ils auront une fille la même année.

En avril 1890, Gobert organise dans son établissement un « banquet gras » à l’occasion du vendredi saint pour les libres-penseurs et anticléricaux de la ville, dont le publiciste Henry Vaudémont, le conseiller municipal Alphonse Demeestère ou le député Jules Ferdinand Baulard. Ce repas est l’occasion de la fondation d’une une société de libre-pensée à Joinville, branche du groupe La Raison, historiquement basé à Bry-sur-Marne. La cotisation est de 4 francs par an et le président est Henry Vaudémont, connu comme journaliste et polémiste sous le pseudonyme de Gringoire.

Avec notamment les cafés Tilly et Bossu ou l’hôtel Demeestère, l’établissement de Gobert est l’un de ceux qui diffusent régulièrement les invitations aux manifestations et banquets organisés par les radicaux-socialistes dans la commune.

L’historien Basile Nivelet mentionne le nom de J. Gobert comme membre du conseil municipal de Joinville en 1892. Cependant, le Bulletin municipal officiel de Paris confirme que c’est bien son oncle Stéphane Gobert qui est réélu cette année-là.

Son activité rencontre cependant des difficultés économiques, puisqu’il est déclaré en faillite en septembre 1897. Cet incident provoquera son départ de Joinville et sera suivi de son divorce en septembre 1899.

Gustave Gobert, devenu représentant de commerce,  se remarie à Paris (12e arr.) en mars 1904 avec Mathilde Victorine Jacquard. Un jugement prononcera leur séparation de biens en août 1907. Il vit alors à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) et est employé de commerce.

La presse nationale relate début juillet 1914 le « singulier accident » dont est victime Gustave Gobert, alors représentant de commerce et âgé de 56 ans, résidant rue de la Forge, à Noisy-le-Sec (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il se trouvait hier sur la plate-forme d'un tramway électrique se dirigeant vers la place Saint-Augustin à Paris (8e arr.), depuis le cours de Vincennes (12e arr.). Au moment où le véhicule passait rue Bolivar (19e arr.), il reçut en pleine figure une petite balle de caoutchouc durci, lancée par des gamins, selon le commissaire chargé de l’enquête. Gobert s’étant évanoui, on fit arrêter le tramway et des agents le conduisirent à l’hôpital ophtalmologique du docteur de Rothschild où l’on constata qu’il avait l'œil gauche crevé.

La date de décès de Gustave Gobert n’est pas connue.

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 00:01

Stéphane Gobert (1843-1902), tailleur de limes, conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1878-1881 puis 1888-1902).

Stéphane Gobert naît le 2 mai 1843 à Saudrupt (Meuse). Il est le fils de Louise Testique et de son époux Henri Gobert, fileur.

Stéphane Gobert est tailleur de limes à Paris en 1866, un métier lié à la corporation des taillandiers, définitivement disparu en France (et sans doute en Europe de l’ouest) en 2005. En 1741, Philémon Louis Savary des Bruslons, chanoine de l'église royale de Saint-Maur-des-Fossés, édite le Dictionnaire du commerce, ouvrage posthume de son frère Jacques, inspecteur général des manufactures, qui décrit les modalités de production : « La trempe des limes se fait avec une composition de suie de cheminée bien sèche & bien dure qu'on bat & qu'on détrempe avec de l'urine & du vinaigre ; à quoi l'on ajoute du sel commun, en sorte que le tout se réduise en consistance de moutarde. Après que les limes ont été taillées, & qu'on les a frottées de vinaigre & de sel pour en ôter la graisse qu'on avait mis dessus pour les tailler, on les couvre de cette composition, & les ayant mises plusieurs ensemble en un paquet dans de la terre glaise, on les met au feu, d'où quand elles ont pris une couleur de cerise, ce que l'on voit par le moyen d'une petite verge du même acier qu'on appelle esprouvette, on les retire & et on les jette dans de l'eau de fontaine ou de puits toute la plus froide qu'il se puisse. »

En août 1866, Stéphane Gobert épouse Zima Florentine Moignard, fille de cultivateurs de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et descendante d’un notable de la commune pendant la période révolutionnaire, Jacques Moignard. Le couple s’installe à Joinville, rue des Corbeaux (act. avenue des Canadiens), en bordure du Bois de Vincennes.

Lors des élections municipales de mai 1878, Stéphane Gobert participe à une liste républicaine qui bat le maire sortant bonapartiste, Louis Ferdinand Rousseau, et ne laisse qu’un seul siège aux royalistes orléanistes. Gabriel Pinson est élu maire.

En septembre 1879, contrairement à la majorité du conseil municipal, Gobert refuse de voter un blâme contre un de leurs collègues, Alphonse Demeestère, qui avait lancé une collecte en faveur d’un ancien communard, Adolphe Morandy. Le mandat de Gobert finit en mai 1881.

C’est toujours aux côtés de Gabriel Pinson que Stéphane Gobert se présente de nouveau pour des élections municipales en mai 1888 ; la liste du maire s’oppose à une liste radicale-socialiste conduite par Alphonse Demeestère avec plusieurs conseillers sortants. Les républicains modérés l’emportent avec 18 sièges contre 3 aux radicaux. Gobert est élu dès le premier tour avec 347 voix sur environ 775 électeurs inscrits et plus de 425 votants. Lors de l’élection municipale complémentaire qui suit la mort de Gabriel Pinson en juillet 1888, Gobert soutient la candidature d’Amédée Gosset, mécanicien, avec « un groupe d’électeurs de la commune attachés aux institutions républicaines », élu conseiller municipal, et vote en faveur d’Eugène Voisin, qui devient maire.

À partir de 1890, Gobert se rapproche des radicaux et du député Jules Ferdinand Baulard. En octobre 1891, il participe à la première réunion de compte-rendu de mandat organisée à Joinville sous la présidence Baulard.

Au cours du scrutin municipal de 1892, les radicaux rejoignent la liste d’Eugène Voisin qui emporte 22 des 23 sièges à pourvoir, contre un à une liste classée à droite, conduite par Bocquentin et le Dr Barborin. Gobert est réélu dès le premier tour, la liste Voisin ayant près de 70% des suffrages. Il siège dans la commission scolaire et celles des fêtes, du marché, du chauffage ainsi que de la bibliothèque.

L’historien Basile Nivelet mentionne J. Gobert comme élu en 1892 ; cependant, le Bulletin municipal officiel de Paris confirme que c’est bien Stéphane Gobert qui est réélu cette année-là.

Pour les élections municipales suivantes, en mai 1896, la liste Eugène Voisin, sur laquelle figure toujours Gobert, est réélue sans concurrents avec une moyenne de 800 voix pour 918 électeurs inscrits. Son rôle politique s’accentue : il est électeur sénatorial en juin 1897 et délégué de la commune à la Ligue Paris-Banlieue en décembre de la même année.

La liste Eugène Voisin est à nouveau intégralement réélue dès le premier tour en mai 1900, malgré la présence de candidats d’un comité électoral socialiste-révolutionnaire. Gobert obtient 639 suffrages pour 1 096 inscrits.

S’engageant de nouveau pour les élections législatives de mai 1902 en faveur d’Adolphe Maujan, successeur de Jules Ferdinand Baulard, Gobert est délégué du groupe radical-socialiste de Joinville au sein du comité d’union et d’action républicaines de la 2e circonscription de Sceaux.

Avec 10 de ses collègues, contre 5 et une abstention, Gobert vote contre l’autorisation des Sœurs enseignantes de la Providence cours d’une séance du conseil municipal en juin 1902.

Conjointement avec un autre élu municipal, Théodore Létang, Gobert avait été président de la Fanfare municipale de Joinville en 1889.

Stéphane Gobert meurt à son domicile, 7, rue des Corbeaux, le 4 juin 1903 Joinville, à l’âge de 60 ans. Il avait eu trois enfants. Son neveu, Constant Gobert, fils de son frère Jules, sera également conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1912-1930).

 

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18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 00:01

Eugène Louis Thybaut naît le 19 septembre 1834 à Lille, Nord. Il est le fils de Flore Stéphanie Baudin et d’Eugène Antoine Jacques Thybaut, typographe.

Établi à Paris (8e arr.) en tant que tailleur sur cristaux et lunetier, Eugène Thybaut a un premier fils de sa relation avec Marguerite Dory en mars 1855 puis en décembre 1858 une fille avec Élisabeth Bouche alors qu’il réside à Paris (3e arr.) et elle à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il se marie, dans le même arrondissement, en mai 1866 avec Stéphanie Baudrot, débitante de tabac à Paris, originaire de Gevrey-Chambertin (Côte-d'Or). Ils auront ensemble deux filles en 1869 et 1873.

Devenu buraliste dans les années 1880, avant de reprendre son métier dans la taille de verre, Thybaut s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Gille, dans le quartier récemment construit de Palissy sur la rive gauche de la Marne. Peut-être a-t-il des relations avec la Société des lunetiers, coopérative dont plusieurs coopérateurs et employés sont joinvillais, comme Francois Blaize (1824-1900), conseiller municipal ; Pierre Jules Tireau (1827-1900), militant radical-socialiste ; Eugène Videpied (1834-1900), également militant radical-socialiste ou Maurice Poitevin (1894-1916), petit-fils de Thybaut.

En avril 1888, Thybaut participe au comité électoral républicain radical-socialiste qui met en place une liste concurrente à celle de la municipalité sortante, conduite par le Gabriel Pinson, républicain. Thybaut fait partie de la commission chargée de sélectionner les candidats qui, outre les radicaux-socialistes, comprend également au moins deux représentants d’une organisation socialiste, le Groupe études sociales (parti ouvrier) de Joinville-le-Pont, Boguet et Charton. La constitution de du comité était appuyée par Jules Ferdinand Baulard, ancien conseiller municipal de Joinville, qui avait abandonné son mandat car il refusait le cumul après son élection comme conseiller général du canton de Charenton en 1886.

La liste de gauche est conduite aux élections municipales de mai 1888 par Alphonse Demeestère, conseiller sortant, et Thybaut y figure en neuvième position. Trois radicaux-socialistes sont élus au second tour (Diot, Demeestère et Vaudey) tandis que la liste modérée emporte les 18 autres sièges. Thybaut, présenté comme propriétaire, n’est pas élu.

En octobre 1892, Thybaut participe, notamment avec Tireau, à une réunion de soutien à Jules Ferdinand Baulard, devenu député radical de la 2e circonscription de l’arrondissement Sceaux en septembre 1889.. Organisée dans une école de Joinville, elle se conclut par une quête a été faite au profit des grévistes des verreries de Carmaux.

Eugène Louis Thybaut meurt le 18 janvier 1920 à Joinville. Il était âgé de 85 ans et marié depuis 54 ans. Sa fille cadette, Léonie, avait épouse Henri Poitevin (1865-1939), artiste peintre, conseiller municipal de Joinville (1908-1929).

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14 décembre 2018 5 14 /12 /décembre /2018 00:01

Suite de la biographie de Gustave Charton

Au cours de l'année 1887, Charton est le fondateur et secrétaire d’un Groupe d’études sociales et d’action politique de Joinville-Gravelle (un quartier de Saint-Maurice) ; il s’agit de la plus ancienne structure socialiste connue à Joinville. Le groupe a pour devise : « l’émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes ». Les réunions mensuelles ont lieu au café Bausse, Grande-Rue à Saint-Maurice. L’hebdomadaire radical Voix des communes salue la création du groupe.

Lors des élections municipales de mai 1888, Gustave Charton est candidat sur la liste du comité électoral républicain radical-socialiste, conduite par Alphonse Demeestère, conseiller sortant, et qui comprend également un autre socialiste-révolutionnaire, le tourneur et syndicaliste Jean-Baptiste Boguet (1853-1897). Une réunion publique, avec 300 électeurs présents selon l’hebdomadaire radical, adopte et la liste des candidats le 2 mai.

La liste républicaine modérée du maire sortant, Gabriel Pinson, obtient 17 élus dès le premier tour, et un autre au second ; les radicaux sont trois à rentrer dans le conseil au deuxième tour, Diot, Demeestère et Vaudey. Charton et Boguet sont battus.

Le scrutin législatif partiel du 27 janvier 1889, voit le républicain Édouard Jacques, président du conseil général de la Seine, s’opposer au général Boulanger, qui remporte l’élection. Charton fait partie d’un groupe de Joinvillais ayant souscrit pour soutenir la candidature d’Édouard Jacques dans le journal La Lanterne.

Comme feue son épouse, Gustave Charton est un libre-penseur. Il participe au groupe anticlérical de la libre-pensée de Saint-Maur-des-Fossés en 1887, et est délégué par lui au congrès national en octobre 1891. Il est toujours affilié en 1899.

Ayant déménagé à Saint-Maur en 1892, il réside d’abord rue de La Varenne puis, en 1896, rue Bourdignon, dans le quartier du Parc. Charton milite au sein du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire de Jean Allemane (POSR). Il est candidat en mars 1896 lors d’élections municipales partielles, dans la 3e section électorale communale, qui couvre le quartier du Vieux Saint-Maur. Charton est élu au second tour avec trois autres socialistes-révolutionnaires.

Son mandat dure peu, puisqu’il est remis en jeu lors des élections municipales générales de mai 1896. Le réaménagement du sectionnement communal en trois secteurs au lieu de quatre fait que Charton se présente cette fois dans la 2e section (Saint-Maur Le Parc). Sa liste arrive en seconde position, derrière la liste républicaine progressiste (droite) mais devant les radicaux-socialistes. Les conservateurs emportent au second tour les huit sièges de la section et ont la majorité au conseil municipal avec 19 élus face à 8 radicaux.

A suivre

 

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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 00:01

Jean Gustave Charton naît le 1er octobre 1835 à Bordeaux (Gironde). Il est le fils de Marie Combes et de son époux Pierre Charton, teinturier. Il va exercer le même métier que son père.

Pendant la Commune de Paris (mars-mai 1871), Gustave Charton est à Paris. Il se présenta lui-même comme « clairon au 228e fédéré ».

Lors des procès qui suivent la fin de l’insurrection, le rôle de Charton est évoqué. Maguiabal, chef de bureau au ministère de l'instruction publique, déclare le 18 août 1871 qu'il a été arrêté le 13 avril par ordre du délégué de la Commune à ce ministère et d'un nommé Charton.

C’est dans le même ministère que Charton rencontre le peintre Gustave Courbet. Ce dernier le fit citer lors de son procès le 14 août 1871. Absent à l’audience pour cause d’indisposition subite, Charton transmit une lettre dans laquelle il rend hommage aux bons sentiments de Courbet, et rappelle les efforts qu'il a faits pour sauver le journaliste Gustave Chaudey. Dans son courrier, Charton ajoute que selon lui, Courbet n'a accepté des fonctions de la Culture que pour se rendre utile au monde des arts.

Si Charton n’est pas mis en cause personnellement, c’est peut-être par prudence qu’il s’éloigne de la capitale et va exercer son métier de teinturier à Corbeil (Seine-et-Oise, act. Corbeil-Essonnes, Essonne). Il est d’abord associé en 1872 à un italien d’origine, Antoine Molinaro, rue Saint-Spire, avant de monter sa propre teinturerie rue des Fossés.

En septembre 1872, Gustave Charton épouse à Paris (11e arr.) une autre teinturière, Alphonsine Léontine Girod, originaire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils auront six enfants. Au moment de son mariage, les parents de Charton résident à Santiago du Chili. À partir de 1882, Charton se présente comme rentier ; il semble conserver la propriété de sa teinturerie.

Après le décès de sa femme à Joinville-le-Pont en mars 1885, Charton vient habiter cette commune. Deux de ses filles y sont élevées par une belle-sœur. Il réside en 1887 au 11, rue du Canal, en limite de la commune de Saint-Maurice.

A suivre

 

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8 décembre 2018 6 08 /12 /décembre /2018 00:01

Edmond Octave Gabriel Martin Chapuis naît le 24 février 1841 à Poiré-sous-Bourbon (act. Poiré-sur-Vie, Vendée). Il est le fils de Nathalie Mélanie Gabrièle Armand et de Désiré Henry Chapuis.

Établi à Paris (1er arr.), passage Véro-Dodat, Edmond Chapuis est employé de commerce. Il épouse en octobre 1876 dans l’arrondissement Marie Anne Sonner, confectionneuse, fille d’un berger alsacien.

Devenu propriétaire, Chapuis et sa femme s’installent à Joinville-le-Pont, où ils résident en 1890 avenue Gille (quartier de Palissy).

Lors des élections municipales partielles de mars 1890 à Joinville, où 5 sièges sont à pourvoir, deux listes se présentent. Une liste de concentration est patronnée par l’adjoint au maire, Honoré Jullien et l’autre est constituée à l’initiative du comité radical de la commune, sous l’impulsion du journaliste Henry Vaudémont. La liste de concentration a deux élus, la liste radicale en a trois, dont Chapuis, qui l’emporte dès le premier tour. Il est un des deux résidents du quartier de Palissy à intégrer le conseil, la rive gauche de la Marne, en forte croissance démographique, étant jusqu’ici peu représentée.

Le maire, ses adjoints et les radicaux-socialistes font liste commune lors des élections municipales générales de mai 1892. Ils remportent 22 des 23 sièges à pourvoir face à une liste conservatrice Bocquentin-Barborin. Au premier tour, Chapuis obtient 283 voix pour 639 suffrages exprimés (44,3%) sur 644 votants. Il est élu au second tour.

Avant le renouvellement du conseil en mai 1896, Henry Vaudémont porte une appréciation critique sur Chapuis et Imbault, un de ses collègues : il « vont passer l’hiver à Nice ou en Algérie et l’été aux bains de mer ». Cependant, Chapuis est réélu comme tous ses colistiers, la liste du maire Eugène Voisin se présentant sans opposition.

S’il est régulièrement désigné comme délégué sénatorial, ce qui atteste d’une certaine influence politique, Chapuis ne semble pas jouer de rôle notable dans la vie locale.

Il n’est pas candidat en mai 1900.

Edmond Chapuis meurt le 12 novembre 1902 à Joinville, dans son domicile de l’avenue Palissy. Il était âgé de 61 ans.

 

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6 décembre 2018 4 06 /12 /décembre /2018 00:01

Daniel Dominique Philip naît le 14 novembre 1841 à Gap (Hautes-Alpes). Il est le fils de Marie Turquais et de son époux Eugène Philip, peigneur de laine.

Devenu typographe et vivant quai de l’Hôtel-de-Ville à Paris (4e arr.), Daniel Dominique Philip épouse à Lyon (2e arr.) en mai 1874 Marie Antoinette Lesbros, également native de Gap. Ils s’installeront ensuite rue Saint-Paul, dans le même arrondissement.

Sa carrière professionnelle se termine en 1902 alors que Philip est chef d'atelier de la réserve à l'imprimerie nationale.

C’est vers cette date qu’il s’installe, avec sa femme, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Gille, dans le quartier de Palissy.

Il va s’impliquer dans la vie locale, devenant, en avril 1905, membre de la commission administrative du bureau de bienfaisance communal.

Lors des élections municipales de mai 1908, Philip est candidat sur la liste du comité radical-socialiste, présidé par Albert Gallas, qui soutient la municipalité sortante d’Eugène Voisin. Les radicaux obtiennent 21 des 23 sièges à pourvoir, en laissant un à la liste du comité socialiste évolutionniste (dissidents socialistes et divers) et un à un indépendant ; les socialistes SFIO n’obtiennent pas d’élu. Philip l’emporte au second tour avec 574 voix pour 1 189 votants sur 1 613 inscrits (48,3%).

L’année suivante, Philip s’associe à plusieurs élus, pour s’opposer à Louis Rey, leader des radicaux-socialistes, qui considérait qu’il fallait que les élus municipaux rendent compte de leur mandat à leurs supporteurs radicaux, et non pas à l’ensemble du corps électoral. La plupart des autres tenants de cette thèse feront partie, en 1911, des dissidents de la majorité municipale (notamment Watrinet, Arnaud et Beauvais).

Cependant, Philip, considéré par Rey comme un « excellent républicain » ne soutiendra pas cette fronde, ayant alors quitté Joinville.

La date de son décès n’est pas connue.

Daniel  Dominique Philip  avait été décoré des Palmes académiques en mars 1902 comme officier d’académie.

L'avenue Gille à Joinville

 

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4 décembre 2018 2 04 /12 /décembre /2018 00:01

Claude Gay naît le 20 septembre 1887 à Gerland (Côte-d'Or). Il est le fils d’Anne Gay et d’un père non dénommé. Avec un frère et deux sœurs, il est légitimé par le mariage de sa mère avec François Chambade à Nuits-Saint-Georges (Côte-d'Or) en avril 1894. Ses deux parents sont eux aussi nés de pères inconnus.

Contremaître dans une fabrique d’enveloppes de paille, Claude Chambade épouse en mai 1910, toujours à Nuits-Saint-Georges, Sophie Borrel.

Vers la fin de la décennie, la famille Chambade s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où elle vit quai Hector-Bisson (act. quai Gabriel-Péri), dans le quartier de Polangis.

Alors mécanicien, Claude Chambade prend des responsabilités dans l’association Union sportive de Joinville, fondée en 1919 et présidée par Stephen Durande, alors adjoint au maire et futur maire de Joinville. Il en est administrateur en 1922 et secrétaire en 1924.

C’est Chambade qui informe le mouvement sportif des couleurs du club en avril 1923 (culotte blanche, maillot blanc, bordure verte). Il contribue également à l’ouverture d’une baignade avec l’école de natation du club en 1924. Il devient ensuite professeur d'éducation physique et instructeur à la Fédération nationale des sociétés de natation et de sauvetage. Il se charge de l’organisation de la réunion nautique de Joinville en juillet 1926.

Après avoir rejoint le Club athlétique de Joinville (CAJ), présidé par Georges Scornet, adjoint socialiste SFIO au maire de Joinville, Chambade prend part avec Chandy et Viel à un triple saut groupé dans le bassin de la Marne à Joinville en septembre 1929.

À l’occasion des élections municipales de mai 1925, Chambade est candidat sur la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, qui rassemble des conservateurs, libéraux, radicaux dissidents et socialistes indépendants. Son programme, présenté le 2 avril, insiste sur l’application « sans rigueur et sans sectarisme » des lois de laïcité, le maintien de l’octroi pour les produits entrant à Joinville et l’économie dans les dépenses budgétaires. La liste obtient 1 080 voix en moyenne au premier tour, soit 47,5% des suffrages exprimés ; tous les candidats sont élus au 2d tour face au cartel des gauches, qui rassemble les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et les socialistes-communiste. Henri Vel-Durand (radical dissident) est réélu maire de Joinville.

Pendant son mandat, Chambade s’intéresse notamment à l’aménagement de son quartier, émettant des réserves en août 1926 sur un projet concernant la place Mozart, principal centre de Polangis. Le mois suivant, il récompensé d’un prix pour son élevage de pigeons-voyageurs lors d’un concours agricole.

Lors des élections municipales de 1929, Chambade est candidat cette fois sur la liste du groupement des gauches, conduite par Émile Briolay, et qui rassemble des radicaux-socialistes, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants. Au premier tour, Chambade obtient 752 voix pour 1 715 votants (43,8%) sur 2 491 inscrits.

Au second tour, la liste de gauche a 1 123 voix en moyenne et 22 élus (dont Chambade), face à celle du maire sortant qui recueille 963 suffrages et a 5 élus ; les communistes n’ont pas de siège, avec 278 votes en leur faveur.

Claude Chambade meurt le 7 août 1930 à Joinville. Il était âgé de 42 ans et avait eu deux enfants.

Avec quatre autres élus décédés et cinq démissionnaires, Claude Chambade est remplacé au conseil municipal lors d’une élection partielle organisée en octobre 1934.

Destinataires de plusieurs lettres de félicitations pour des actes de courage en 1924 et 1925, Claude Chambade est décoré des Palmes académiques, comme officier d’académie, en juillet 1926.

Triple saut de Chandy, Chambade et Viel en 1929

 

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9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 01:01

Alphonse Charles Mézin naît le 6 mai 1866 à Paris (3e arr.). Il est le fils de deux ouvriers nacriers, Alix Marie Restouble et son époux Adrien Cyprien Mézin. Ils vivent rue du Temple.

Exerçant la même activité de graveur sur nacre que ses parents, Alphonse Mézin se marie en juillet 1889 à Paris (3e arr.) avec Jeanne Eugénie Picardet, passementière. La famille, avec les parents d’Alphonse, s’installe à Joinville-le-Pont dans le nouveau quartier de Polangis, avenue Jamin. Alphonse Mézin divorce en novembre 1893 pour se remarier, en juin 1896 à Joinville avec Caroline Frédérique Reichert, modiste. Ils auront cinq filles ainsi qu’un garçon, mort en bas âge.

Proche de plusieurs radicaux-socialistes, notamment du journaliste Henry Vaudémont, Alphonse Mézin n’eut pas d’activité politique publique. Par contre, il s’engagea dans les domaines social et culturel.

Mézin participe à l’organisation des manifestations locales. Il est secrétaire adjoint de la Commission des fêtes quand elle est créée en août 1891. Il siège aussi au comité qui supervise les animations dans les quartiers de Polangis et Palissy deux ans plus tard.

Il s’implique surtout dans les divers avatars de la fanfare locale, souvent mal en point, mais toujours relancée. Il est secrétaire de l’association La Joyeuse en décembre 1893, puis régisseur de la nouvelle société l’Amicale en 1898 et jusque 1912 au moins. Il rend compte régulièrement de l’activité de la fanfare dans l’hebdomadaire radical Voix des communes.

En matière sociale, Mézin fait partie des 105 habitants de son quartier, et 260 dans toute la commune, qui répondent en septembre 1895 à une souscription du quotidien la Petite République en faveur des « affamés de Carmaux », grévistes qui constitueront ensuite la Verrerie ouvrière d’Albi. Elle est Pierre Jules Tireau, lunetier radical-socialiste, et Victoria Vaudémont, compagne du journaliste et conseiller municipal.

Pendant la première guerre mondiale, Mézin est secrétaire de la Mutualité scolaire, qui compte 165 adhérents en 1916-1917.

Alphonse Charles Mézin meurt le 13 juillet 1917 à Joinville. Il était âgé de 51 ans. Sa troisième fille, Andrée, âgée de 15 ans, meurt un mois plus tard. Sa fille aînée, Adrienne, épousa en mai 1919, Louis Georges Vité (1898-1986), assureur, grand blessé de guerre, responsable d’une association d’anciens combattants et conseiller municipal radical-socialiste de Joinville-le-Pont (1929-1935).

Un restaurant à Polangis en 1900

 

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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 01:01

Fin de la biographie d'Alphonse Depasse.

Attaché au développement de l’apprentissage, Depasse-Laridan essaie, en 1886, de convaincre ses collègues de l’utilité de faire des expositions annuelles des travaux de toutes les écoles professionnelles. Si la Chambre syndicale de la bijouterie l’appuie, plusieurs autres professions sont réticentes et le Syndicat général lui-même reste dans une prudente réserve.

Suite au rapport présenté en juin 1886 d’une commission d'enquête nommée par la Chambre des députés sur « la crise commerciale et industrielle », Depasse-Laridan s'élève la « manie de la sténographie », s’inquiétant que le constat fait par les employeurs français que, à égalité de qualité, ils sont obligés de vendre plus cher que les Allemands, soit porté à la connaissance de ces derniers. Estimant que les parlementaires sont ignorants des questions économiques, Depasse-Laridan plaide pour la mise en place d’un Conseil supérieur économique.

La même année, Depasse-Laridan soutient la création d’une « marque de fabrique nationale » pour protéger des imitations les produits d’origine française, comme le cognac.

Toujours en 1886, Depasse-Laridan s’adresse à la Chambre de commerce de Troyes (Aube), haut-lieu du textile en France, pour lui proposer qu’elle crée une école nationale professionnelle de bonneterie, que la Chambre syndicale de la bonneterie parisienne financerait également, avec les organismes consulaires de Nîmes, Amiens et Roanne. Le projet aboutira trois ans plus tard.

À partir de 1888, se lance dans une propagande pour le mutualisme, dans lequel il voit le seul moyen pour défendre les « petits commerçants honnêtes » face aux grands magasins. Il prend l’initiative de fonder La Mutuelle Commerciale en avril 1888 et en devient le président ; mais ce sera un échec, et la société est dissoute dès août 1889.

Depasse-Laridan fait partie des commissions d’admission des articles de bonneterie et de lingerie pour l’exposition internationale de Melbourne en 1888 et l’exposition universelle de Paris pour le centenaire de la Révolution. Il contribue aussi à l’exposition des arts de la femme de 1892.

Lors d’une séance de la Chambre syndicale de la bonneterie qu’il préside toujours en mai 1891, Depasse-Laridan accueille avec faveur l’intervention d’un de ses collègues, M. Bernheim qui propose de créer des institutions en faveur des ouvriers. Il cite les pensions de retraite, les sociétés de secours mutuels et les assurances contre les accidents.

Ce sera pratiquement la dernière contribution d’Alphonse Depasse au débat social national puisqu’en 1892, il abandonne ses mandats syndicaux et cesse son activité de fabricant. Il quitte la rue des Bourdonnais à Paris (3e arr.) où il résidait et s’installe avec sa famille à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier). Depasse reprend sa profession de comptable et son nom patronymique. Il reste lié à la bonneterie, car il est en 1911 chef de comptabilité chez Bernheim et avait été désigné président d’honneur de la chambre syndicale.

Son activité publique est plus orientée vers le terrain local. Il participe au comité radical-socialiste qui soutient la candidature d’Adolphe Maujan, député puis sénateur radical-socialiste modéré, sous-secrétaire d’État à l'Intérieur dans le gouvernement Clemenceau en 1906. Il y discute la question de la participation des ouvriers et employés aux bénéfices des entreprises. Ce thème lui était cher, car il avait adhéré en 1890 à la Société de la participation aux bénéfices. Mais il constate en 1909 qu’il est « sans grand succès », ce qu’il attribue à la méfiance de l’ouvrier sur les déclarations de l’employeur.

Sensible aux situations humanitaires, Depasse était membre de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge française) de 1886 à 1889.

Pendant la première guerre mondiale, il prend la succession du Dr Pierre Vallat, mobilisé comme ses deux vice-présidents, en tant que président de la Mutualité scolaire de Joinville. Elle compte 165 adhérents en 1916-1917 et assure, pour une cotisation de trois francs par an, des indemnités en cas maladie d’enfant. La moitié des versements, soit 10 centimes par semaine, sont conservés pour constituer un livret pour la retraite.

Depasse s’exprime à plusieurs reprises entre 1916 et 1918 dans les deux principaux journaux locaux, les hebdomadaires Gazette de l’Est et Voix des communes. Il y évoque sa mutuelle et la société de l’Allaitement maternel, dans laquelle milite son épouse.

En novembre 1919, Depasse est candidat lors des élections municipales de Joinville-le-Pont, sur la liste du Bloc indépendant, conduite par Jules Beauvais. La liste rassemble des conservateurs et des libéraux, qui s’étaient alliés au second tour en 1912 avec les radicaux dissidents et les socialistes pour battre les radicaux-socialistes sortants. Après la guerre, le maire (qui meurt le soir du deuxième tour) n’était pas candidat et son ancien adjoint, Henri Vel-Durand, reprit le flambeau, avec le soutien cette fois des radicaux-socialistes. Devancée au premier tour par la liste Vel-Durand et par les socialistes, le Bloc indépendant se retire avant le second tour et n’a pas d’élu.

Depasse avait obtenu 401 voix pour 1694 suffrages exprimés (23,7%) avec 1715 votants sur 2491 inscrits.

Décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en 1895, Alphonse Depasse, qui résidait à Joinville et était âgé de 74 ans en 1919, meurt à une date inconnue. Son épouse était toujours active dans des associations humanitaires de la commune en 1928. Ils avaient eu deux enfants.

Le frère d’Alphonse, Hector Depasse (1842-1911), homme de lettres, résidant à Neuilly-sur-Seine, fut conseiller municipal de Paris de 1881 à 1890, chef de cabinet du ministre de l'Instruction publique Eugène Spuller en 1893-1894 puis député de la Seine de 1906 à 1911. Il était membre du groupe radical-socialiste.

Hector Depasse, député de la Seine

 

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