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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 00:01

Zacharie François Jougla naît le 12 février 1852 à Eycheil (Ariège). Il est le second fils de Marie Justine Peyrat et de François Jougla, dit Magré, instituteur primaire. Bien que peu fortunée, la famille est issue d’une lignée noble. Le titre de baron de Paraza, du nom du village de la Narbonnaise (Aude) dont la famille était issue au 16e siècle, était porté par son arrière-grand-père Henri Elisabeth Jougla (1745-1801), également baron de Lignac. Le fils aîné de ce dernier étant mort sans descendance masculine, c’est son neveu, François Jougla, qui devenait le successeur légitime, puis, à sa mort en 1852, son premier fils, Joseph, frère aîné de Zacharie. Ce dernier reprendra le nom « de Paraza. »

Zacharie Jougla devient vite orphelin, son père mourant en octobre 1852 dans le village de Sentaraille (act. Lorp-Sentaraille, Ariège) et sa mère s’éteignant en septembre 1854 dans le bourg proche de Saint-Girons.

Après un service militaire peu après la guerre franco-prussienne de 1870-1871, Zacharie Jougla de Paraza est nommé sous-lieutenant de réserve en juillet 1878.

Il devient conducteur des Ponts-et-Chaussées, entrant dans l’administration vers 1879 et sera ultérieurement ingénieur. C’est également à la même période qu’il épouse Joséphine Marie Célestine Pujolas, probablement dans le Gard. Elle est native de Sabran, commune de ce département. La famille vit à Alzon, également dans le Gard.

La famille est installée en 1891 à Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne). Elle déménage dans la ville voisine de Charenton-le-Pont en 1892. Ses ressources semblent limitées, et elle obtient en 1893 une bourse de demi-pensionnat au lycée Charlemagne à Paris pour le fils aîné, Émile.

Tout en poursuivant son activité dans les Ponts-et-Chaussées, Zacharie Jougla s’associe à son frère Joseph Jougla en 1894, lorsque celui-ci reprend les rênes de la société Graffe et Jougla, après la mort de son fondateur Émile Graffe ; Zacharie Jougla assure la direction technique, tandis que Joseph est en charge de la partie commerciale. Produisant des plaques photographiques et des pellicules pour le cinéma, la société, rebaptisée Jougla en 1898, est installée au Perreux (Seine, act. Val-de-Marne). La famille de Zacharie Jougla s’y installe.

Le développement de l’activité nécessite la construction d’une nouvelle usine, qui est installée en 1902 dans le quartier de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle va compter jusqu’à 600 ouvriers et être la première à commercialiser, avec la marque Omnicolore, un système de photographie en couleur en 1907. Un appareil photographique, le Sinnox, est aussi produit à Joinville.

Avec son épouse et ses enfants, Zacharie Jougla vit à proximité de son entreprise, d’abord route de la Brie (act. avenue Galliéni) puis avenue du Château (act. avenue Foch). Il assure la comptabilité de la société.

La mauvaise santé de Zacharie Jougla lui vaut, en février 1910, congé de trois mois de son poste de sous-ingénieur des ponts et chaussées de 1e classe, attaché dans le département de la Seine, au service du contrôle de l'exploitation technique du réseau des chemins de fer d'Orléans. Il prend sa retraite de son poste en novembre de la même année.

En avril 1911, pour pouvoir faire face au développement de l’américain Kodak, Joseph Jougla décide de fusionner sa société avec celle des frères Lumière, établie à Lyon. L'Union Photographique industrielle, établissements Lumière et Jougla réunis, société anonyme au capital de 6 720 000 francs, dont le siège est à Paris, 82, rue de Rivoli prend la succession de la société Jougla. L’apport de Jougla est de 24% au nouvel ensemble.

Zacharie Jougla quitte alors ses fonctions et la direction de l’usine de Joinville est confiée à Gaston Jougla, fils de Joseph.

Quittant la région parisienne, Zacharie Jougla et ses plus jeunes enfants retournent dans le Gard et s’installent d’abord à Bagnols-sur-Cèze en 1912 puis à Carmes où il disposait d’une propriété.

Zacharie François Jougla meurt le 14 mai 1914 à Carmes (Gard). Il était âgé de 62 ans et avait eu six enfants. Au moins trois de ses enfants seront officiers, et deux d’entre eux, Émile et Roger Jougla furent décorés de la Légion d’honneur. Le quatrième, Henri Jougla de Morenas, fut l’auteur de plusieurs livres sur la noblesse française.

 

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 00:01

Suite de la biographie de Joseph Jougla.

Faisant face à un besoin d’expansion, Joseph Jougla déplace son usine du Perreux à la commune proche de Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis. Il appelle à ses côtés son frère Zacharie Jougla de Paraza, ingénieur des Ponts-et-Chaussées. En 1907, les premières plaques couleurs du monde, les Omnicolore, sortent de son usine qui produit quarante mille plaques photographiques par jour. Elle exploite un brevet de Raymond de Bercegol, neveu et collaborateur de Ducos du Hauron. L’usine produit également un appareil photographique, le Sinnox. Elle emploie jusqu'à 600 ouvriers dans un terrain de deux hectares, dont 4 000 m² couverts.

Après le décès en juillet 1902 au Perreux de sa seconde épouse, Joseph Jougla s’installe à Joinville, avenue de l’Horloge (quartier de Polangis) avec ses deux plus jeunes enfants, les jumeaux Joséphine Cécile et Gaston, étudiant en pharmacie.

En avril 1911, pour pouvoir faire face au développement de l’américain Kodak, Jougla fusionne sa société avec celle des frères Lumière , établie à Lyon. L'Union Photographique industrielle, établissements Lumière et Jougla réunis, est une société anonyme au capital de 6 720 000 francs, dont le siège est à Paris, 82, rue de Rivoli. L’apport de Jougla est de 24% au nouvel ensemble. La direction des usines de Lyon a été confiée à Auguste et Louis Lumière, celle des usines de Joinville à M. Joseph et Gaston Jougla, son fils.

Joinville-le-Pont devient un important centre pour le cinéma français. Joseph Jougla conseille à Charles Pathé d’installer ses ateliers également sur le bords de Marne, ce qu’il fait dans le quartier voisin de Palissy, toujours à Joinville.

En 1913, le ministre du commerce entend décorer Joseph Jougla de la Légion d’honneur. Mais un courrier, anonyme, transmis à la chancellerie va retarder l’attribution de la décoration. La dénonciation prétend parler « au nom des actionnaires ruinés aux dépens desquels Joseph Jougla s’est enrichi ». L’affaire n’aura pas de suite, malgré une campagne de presse dans le quotidien Le Bien Public, et Jougla sera décoré en juillet 1925 pour les récompenses qu’il a obtenu à l’étranger comme en France et pour « 58 années de pratique industrielle. »

Après avoir passé le relais opérationnel à son fils Gaston, Joseph Jougla se consacre notamment au développement international de l’entreprise.

Joseph Jougla meurt le 21 mars 1927 à Joinville. Il était âgé de 79 ans et est inhumé dans le cimetière de la commune. Outre la Légion d’honneur, il était titulaire des Palmes académiques, en tant qu’officier d’académie depuis janvier 1905. Il avait obtenu de nombreuses distinctions lors de manifestations internationales, comme une médaille d'or à l’exposition universelle de Paris en 1900, un grand-prix à Hanoï (Indochine, Vietnam) en 1903 puis fut généralement placé hors concours dans les expositions ultérieures.

La société prend alors le seul nom des Frères Lumière, mais Gaston Jougla en reste le directeur. Jusqu'à la fermeture de l’usine en 1966, des appareils photographiques y seront fabriqués.

La rue où habitait Joseph Jougla et où se trouvait son usine à Joinville, l’avenue de l’Horloge, est rebaptisée « avenue Joseph-Jougla » en 1932.

Les essayistes scientifiques Danièle et Jean-Claude Clermontel ont classé, dans un livre paru en 2009 (Chronologie scientifique, technologique et économique de la France, Éd. Publibook), Joseph Jougla dans leur liste d’émigrés célèbres, mentionnant qu’il serait originaire de Hongrie. Il s’agit cependant d’une confusion, la provenance de ses familles maternelle et paternelle étant clairement située en Occitanie depuis plusieurs siècles.

Fin.

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 00:01

Début de la biographie de Joseph Jougla.

Joseph Marc Jougla naît le 25 avril 1847 à Eycheil (Ariège). Il est le fils de Marie Justine Peyrat et de François Jougla, dit Magré, instituteur primaire. Bien que peu fortunée, la famille est issue d’une lignée noble. Le titre de baron de Paraza, du nom du village de la Narbonnaise (Aude) dont la famille était issue au 16e siècle, était porté par son arrière-grand-père Henri Elisabeth Jougla (1745-1801), également baron de Lignac. Le fils aîné de ce dernier étant mort sans descendance masculine, c’est son neveu, François Jougla, qui devenait le successeur légitime, puis, à sa mort en 1852, son premier fils, Joseph.

En 1867, Joseph Jougla devient conducteur de travaux des Ponts-et-Chaussées et travaille à Foix, préfecture de l’Ariège. Il continuera de revendiquer cette fonction, même après en avoir démissionné en 1889.

Orphelin et aîné, Jougla est dispensé de service militaire Il est cependant volontaire lors du conflit franco-prussien de 1870 et devient officier d’état-major du génie. Il garde son titre d’officier de réserve jusqu’en 1882.

Toujours à Foix, Joseph Jougla épouse en avril 1874 Marie Joséphine Schmit.

En 1883, Jougla s’associe avec Émile Graffe pour fonder une société de fabrication de plaques photographiques, installée dans un quartier de Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) qui sera rattaché, l’année suivante, à la nouvelle commune du Perreux, avenue de Bellevue. Il réside à proximité, rue des Corluis. En 1887, la société produit les premières pellicules photographiques en celluloïd, ce qui contribue au démarrage de l’industrie du cinéma. À la mort de Graffe en mars 1894 Jougla reprend seul l’exploitation de la société, rebaptisée en 1898 Société des plaques, pellicules et papiers photographiques Joseph Jougla.

Après le décès de sa première épouse en 1887, Joseph Jougla s’était remarié, en février 1890 à Saint-Girons (Ariège) avec Hélène Marthe Jalbert. Il est membre correspondant de la Société d'histoire naturelle de Toulouse depuis 1874 et jusqu’en 1896.

À suivre.

Appareil de prise de vue Jougla, 1901

 

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 00:01

Nicolas Raymond Arthur Martin naît le 6 décembre 1873 à Blécourt (Haute-Marne). Il est le de fils Marie Louise Grandjean, 39 ans, aubergiste et de son mari Claude Adolphe Martin, scieur de long.

Une hernie inguinale le dispense, en 1893, de faire son service militaire. Il est alors étudiant et réside à Malroy (Haute-Marne). Il séjourne deux ans plus tard à Moulins-Engilbert (Nièvre) puis revient en Haute-Marne, d’abord à Dammartin puis à Rachecourt-sur-Marne. Il y est instituteur et épouse, en septembre 1902 à Joinville (Haute-Marne) Maria Joséphine Renaut, fille de cultivateurs.

Après avoir vécu un an à Harricourt, il est en 1904 aux forges de Marnaval, à Saint-Dizier, toujours en Haute-Marne. à la fin de cette même année, il s’installe en région parisienne, d’abord à Paris (12e arr.) rue de Wattignies puis enfin, définitivement en novembre 1908, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il emménage au 28, rue de Paris et travaille depuis 1907 comme comptable dans la société cinématographique de Charles Pathé, qui s’est installée dans un an plus tôt dans les quartiers de Polangis et Palissy.

Pendant la première guerre mondiale, Raymond Martin est affecté à la 22e puis à la 24e section de Commis et ouvriers d'administration (COA) ; il est démobilisé en janvier 1919.

Après-guerre, jouissant d’un appui manifeste des dirigeants de la firme Pathé, Raymond Martin va s’engager de manière intense dans la vie sociale.

En 1927, il donne de cours de comptabilité à Joinville pour l’Association philotechnique, société d’éducation populaire. Il poursuit ses cours en 1937.

Délégué de la mutuelle du cinéma, Raymond Martin reçoit plusieurs récompenses à ce titre en 1930 et 1935. Il joue également un rôle dans la section de Joinville de la Mutualité scolaire de Paris.

Prenant en 1931 la succession de l’ancien maire de la commune, Stephen Durande Raymond Martin préside la Société symphonique de Joinville, qui avait été fondée en 1908. Il exerce toujours cette fonction fin 1935.

C’est également en avril 1931 que Raymond Martin est désigné par le préfet de la Seine en tant que membre du conseil d'administration de l'Office public d'habitations à bon marché de la commune de Joinville-le-Pont, qui vient d’être constitué. Comme à la Symphonie, il y côtoie Marcel Mayer, le directeur de l'usine Pathé.

Pour établir la liste électorale des élections prud’homales en 1932, Martin (probablement Raymond) est choisi au titre des employés, à côté de Penneret, patron, et Fusibet, ouvrier.

Enfin, lors de la création du vestiaire municipal en janvier 1936, Martin (sans doute Raymond) y contribue.

Les multiples engagements de Raymond Martin lui valent nombre de décorations. Il reçoit les Palmes académiques comme officier d’académie en 1931 puis officier de l’instruction publique en 1937. Il obtient la médaille de la mutualité en 1935 après une mention honorable en 1930. On lui attribue également la médaille de bronze de la prévoyance sociale, encore en 1937. Enfin, il est détenteur en janvier 1939 d’une médaille d’honneur du travail. Il est alors âgé de 66 ans.

Sa date et son lieu de décès ne sont pas connus.

Atelier de mécanique de l'usine Pathé-Nathan de Joinville

 

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 00:01

François Constant Martin naît le 27 octobre 1842 à Vignot, dans la Meuse. Il est le fils de Françoise Level et de son mari, Sébastien Rémy Martin, tisserand.

Exerçant la profession de carrier, mais également cultivateur dans son village, Constant Martin épouse en décembre 1863 à Vignot Justine George, fille d’un garde-champêtre. Leur fille Alice Juliette Martin naît dans la commune en août 1870.

Au mariage de celle-ci, en mars 1893 à Paris (10e arr.), ils vivent dans cet arrondissement, passage Delessert et Constant Martin est terrassier.

Au début du 20e siècle, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac, dans le quartier de Polangis.

En 1905, Constant Martin adhère à la Société française pour la propagation de l'espéranto. Plusieurs personnalités ont défendu, à Joinville, le développement de langues internationales. Le journaliste Henry Vaudémont s’engagea entre 1885 et 1889 pour le Volapük, dans laquelle il voyait une intéressante façon d’échanger, notamment en matière scientifique. L’ingénieur anarchiste Jules Vallety, dit Charles Papillon, réside dans le quartier voisin de Palissy. Il adhère également la même année à cette société ; Papillon défendra ensuite l’Ido, version modifiée de l'espéranto.

François Constant Martin meurt le 3 août 1921 à Joinville, où il est déclaré comme journalier. Il était âgé de 78 ans.

Son petit-fils Henri Fraissange (1899-1966), électricien puis employé de commerce, fut sans succès candidat sur la liste radicale-socialiste aux élections municipales de Joinville-le-Pont en mai 1935 puis maire du village de Cérilly dans l’Yonne (1951-1953).

 

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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 00:01

Suite de la biographie d'Emile Coornaert

Émile Coornaert publie deux thèses sur La draperie-sayetterie d'Hondschoote (XIIIème- XVIIIème siècle) et L'industrie de la laine à Bergues-Saint-Winnoc (XIVème – XVIIème siècle). Il écrit ensuite un ouvrage sur Les corporations en France avant 1789, qui paraît en pleine guerre en 1941 ; dans la préface, Coornaert s’efforce d’éloigner toute référence politique.

La même année, il a rejoint le réseau de Résistance La France continue monté par Henri de Montfort, directeur des services de l’Institut de France.

Le réseau, composé notamment du diplomate Paul Petit, de l'écrivain Marietta Martin et de Suzanne Feingold, responsable d’une association juive. Il publie La France Continue à partir de 1941. Le journal est réalisé par l’imprimerie parisienne de Francisque Gay, située rue Cardinal. Il a un ton « très littéraire et parfois rude. Il porte alors sans ménagement des coups virulents à Pétain. »

La France continue est, avec L'Université libre et Témoignage chrétien un des rares journaux résistants à dénoncer la situation faite aux juifs selon Renée Poznanski.

Les membres du réseau sont d’inspiration chrétienne. Après l'arrestation début 1942 d'une grande partie du réseau, plusieurs personnes en liberté se joindront au Mouvement Résistance de l’écrivain Jacques Destrées. Émile Coornaert coopère avec divers réseaux et fait un travail d'information.

Après-guerre, La France Continue est présentée comme la préfiguration d’un nouvel hebdomadaire, Ici Paris, qui paraît le 13 juin 1945. Mais ce dernier oubliera très vite ses ambitions politiques du départ, pour se consacrer aux horoscopes et à la vie des vedettes.

Émile Coornaert avait collaboré avant-guerre aux Écoles normales ouvrières de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

Après-guerre, Émile Coornaert reste proche des milieux démocrates-chrétiens. Il contribue à relancer le Syndicat général de l’Éducation nationale (SGEN), affilié à la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) avec Marcel Reinhard, professeur au Lycée Louis-le-Grand. Lors de la réunion du 26 octobre 1944, Émile Coornaert est élu président.

Il s’efforce de faire de son syndicat un « instrument de transformation sociale » qui continue l’œuvre de la Résistance dans « une révolution sans haine et sans violence, inspirée par une conception spiritualiste du monde ». Il représente le syndicat au sein de la commission qui prépare la mise en œuvre du Plan Langevin-Wallon de réforme de l’enseignement.

Après le rejet d’une motion de politique scolaire qu’il avait présentée, Émile Coornaert démissionne de son poste de président du SGEN mais continue à intervenir dans la vie du syndicat. Le poste qu’il avait occupé ne sera plus pourvu.

Ayant poursuivi son activité d’historien, Émile Coornaert publie des ouvrages sur Les Français et le commerce international d'Anvers, fin XVe-début XVIe (1961) et Les compagnonnages en France du Moyen Age à nos jours (1966). Son dernier ouvrage, en 1977, porte sur le métier d’historien : Destins de Clio en France depuis 1800.

En 1958, il devient membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Il est nommé au sein de la Commission d'histoire de la Révolution française du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS, 1969-1980).

Se faisant, selon Henri Dubief, l’historien du Westhoek (la Flandre française), Émile Coornaert a été membre du Comité flamand de France.

Émile Coornaert meurt le 25 février 1980 à Paris. Il est enterré à Allarmont.

Émile Coornaert est titulaire de la Croix de guerre 1914-1918, de la médaille de la Résistance, est Officier de la Légion d'honneur et commandeur de l’Ordre Polonia Restituta. Il est membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1958-1980). Les écoles publiques maternelle et primaire de la commune d’Hondschoote (Nord) portent le nom d’Émile Coornaert.

Fin

 

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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 00:01

Suite de la biographie d'Emile Coornaert

Émile Coornaert publie deux thèses sur La draperie-sayetterie d'Hondschoote (XIIIème- XVIIIème siècle) et L'industrie de la laine à Bergues-Saint-Winnoc (XIVème – XVIIème siècle). Il écrit ensuite un ouvrage sur Les corporations en France avant 1789, qui paraît en pleine guerre en 1941 ; dans la préface, Coornaert s’efforce d’éloigner toute référence politique.

La même année, il a rejoint le réseau de Résistance La France continue monté par Henri de Montfort, directeur des services de l’Institut de France.

Le réseau, composé notamment du diplomate Paul Petit, de l'écrivain Marietta Martin et de Suzanne Feingold, responsable d’une association juive. Il publie La France Continue à partir de 1941. Le journal est réalisé par l’imprimerie parisienne de Francisque Gay, située rue Cardinal. Il a un ton « très littéraire et parfois rude. Il porte alors sans ménagement des coups virulents à Pétain. »

La France continue est, avec L'Université libre et Témoignage chrétien un des rares journaux résistants à dénoncer la situation faite aux juifs selon Renée Poznanski.

Les membres du réseau sont d’inspiration chrétienne. Après l'arrestation début 1942 d'une grande partie du réseau, plusieurs personnes en liberté se joindront au Mouvement Résistance de l’écrivain Jacques Destrées. Émile Coornaert coopère avec divers réseaux et fait un travail d'information.

Après-guerre, La France Continue est présentée comme la préfiguration d’un nouvel hebdomadaire, Ici Paris, qui paraît le 13 juin 1945. Mais ce dernier oubliera très vite ses ambitions politiques du départ, pour se consacrer aux horoscopes et à la vie des vedettes.

Émile Coornaert avait collaboré avant-guerre aux Écoles normales ouvrières de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

Après-guerre, Émile Coornaert reste proche des milieux démocrates-chrétiens. Il contribue à relancer le Syndicat général de l’Éducation nationale (SGEN), affilié à la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) avec Marcel Reinhard, professeur au Lycée Louis-le-Grand. Lors de la réunion du 26 octobre 1944, Émile Coornaert est élu président.

Il s’efforce de faire de son syndicat un « instrument de transformation sociale » qui continue l’œuvre de la Résistance dans « une révolution sans haine et sans violence, inspirée par une conception spiritualiste du monde ». Il représente le syndicat au sein de la commission qui prépare la mise en œuvre du Plan Langevin-Wallon de réforme de l’enseignement.

Après le rejet d’une motion de politique scolaire qu’il avait présentée, Émile Coornaert démissionne de son poste de président du SGEN mais continue à intervenir dans la vie du syndicat. Le poste qu’il avait occupé ne sera plus pourvu.

Ayant poursuivi son activité d’historien, Émile Coornaert publie des ouvrages sur Les Français et le commerce international d'Anvers, fin XVe-début XVIe (1961) et Les compagnonnages en France du Moyen Age à nos jours (1966). Son dernier ouvrage, en 1977, porte sur le métier d’historien : Destins de Clio en France depuis 1800.

En 1958, il devient membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Il est nommé au sein de la Commission d'histoire de la Révolution française du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS, 1969-1980).

Se faisant, selon Henri Dubief, l’historien du Westhoek (la Flandre française), Émile Coornaert a été membre du Comité flamand de France.

Émile Coornaert meurt le 25 février 1980 à Paris. Il est enterré à Allarmont.

Émile Coornaert est titulaire de la Croix de guerre 1914-1918, de la médaille de la Résistance, est Officier de la Légion d'honneur et commandeur de l’Ordre Polonia Restituta. Il est membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1958-1980). Les écoles publiques maternelle et primaire de la commune d’Hondschoote (Nord) portent le nom d’Émile Coornaert.

Fin

 

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22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 00:01

Début de la biographie d'Émile Coornaert

Émile Coornaert naît le 31 août 1886 à Hondschoote (Nord). Il est le cadet de treize enfants d'une famille d'ouvriers agricoles. Après la mort de son père, il entre en 1898 au petit séminaire Saint-François d'Assise d'Hazebrouck qu'il quitte en 1903. Profondément influencé par l'éducation reçue, Il y reviendra très régulièrement tout au long de sa vie. Après son baccalauréat, il se partage entre les études et le travail. Il est membre du mouvement Le Sillon de Marc Sangnier, un catholique de gauche.

Licencié en lettres en 1906, journaliste, il poursuit des études d'histoire à l'Institut catholique de Lille puis à la Sorbonne où il obtient un diplôme d'étude supérieure en histoire médiévale. Dispensé de service militaire, il s'engage cependant en 1915. Il combat d’abord au sein du 1er régiment d'infanterie de ligne puis rejoint le 8e régiment de transmissions jusqu’à la fin de la Première guerre mondiale. Il est sergent-fourrier travaillant à la section d'écoute en mettant à contribution sa connaissance de l'allemand.

Il épouse Alice Robert en 1921 et séjourne ensuite très régulièrement jusque la fin de sa vie dans la maison familiale d’Allarmont (Vosges). Ils auront trois enfants.

Démobilisé en 1919, Émile Coornaert passe l'agrégation d'histoire en 1920 et enseigne à Alençon, Nancy et au Lycée Condorcet à Paris. Docteur ès lettres en 1930, il est nommé directeur d'études d'histoire économique à École pratique des hautes études où il est préféré à Marc Bloch. Il collabore à la revue des Annales depuis 1932.

Il va connaître une expérience internationale, créant un département francophone à l’Université de São Paulo au Brésil où il détient la chaire d’histoire en 1934 et 1935.

Revenu en Europe en 1936, Émile Coornaert devient titulaire de la chaire d'histoire du travail au Collège de France où il remplace François Simiand. Il obtient le poste de préférence à Maxime Leroy et Maurice Halbwachs. Ce dernier estime que « Coornaert est un médiocre (…) Il a fait quelques recherches érudites sur les corporations au XVème siècle (…) Il a un fort accent belge, rien de caractéristique par ailleurs. Démocrate-chrétien, et actuellement très résistant, – mais bon catholique, et tenant à ce qu'on subventionne les écoles libres. »

A suivre

 

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 01:01

Dominique Maurice Marie de Féraudy naît le 3 décembre 1859 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Élodie Pauline Louise Jargois-Desgranges et de son époux, Dominique Honoré Hippolyte de Féraudy, capitaine, directeur de l’école normale militaire de gymnastique et d’escrime de Joinville, située dans le Bois de Vincennes.

La famille de Féraudy est l’une de celles subsistantes de la noblesse française d’ancien régime. Elle situe son origine en Haute-Provence à Thoard, près de Digne, (act. Alpes-de-Haute-Provence). Un de ses ancêtres serait Raymond Féraudi, troubadour, décédé à Lérins en 1324.

L’école normale militaire de gymnastique et d’escrime de Joinville, qui donnera ultérieurement naissance au bataillon de Joinville, est pionnière dans l’enseignement des sports. Après la défaite face aux armées prussienne et alliées en 1871, elle devient, sous l’impulsion de Dominique de Féraudy, devenu chef de bataillon puis lieutenant-colonel, un centre formant les éducateurs des jeunes garçons dans les lycées et collèges, avec un objectif patriotique. Maurice de Féraudy y réside jusqu’en 1872, âge de ses treize ans.

C’est quand il habite dans le Bois de Vincennes que le jeune homme s’initie à la littérature à 10 ans. Il raconte sa découverte en 1912, dans le journal Comoedia : « Un jour, un mien cousin, le comte de Féraudy, qui était membre de l’Épatant, me fit assister à une représentation de bienfaisance qui avait été organisée au théâtre des Italiens. Frédéric Febvre était inscrit au programme. Il dit La Bénédiction et j'en demeurai frappé au-delà de toute expression. En rentrant à Joinville, j'appris le poème de François Coppée et je m'efforçai d'imiter Febvre. Puis, avec la belle ténacité des seize ans que j'avais alors, j'étudiai d'autres poésies que je déclamais en cherchant à n'imiter personne. Et dans les milieux familiaux, chez les amis, dans les soirées intimes ou j'étais prié, je devins le petit jeune homme qui récite des vers. »

Malgré les réticences de son père, Maurice de Féraudy entre au Conservatoire de Paris après son baccalauréat. Il est l’élève d’Edmond Got, secrétaire doyen de la Comédie française et obtient un premier prix de comédie en 1880. Il entre lui-même, à 20 ans, à la Comédie-Française dont il est le 316e sociétaire, en devient sociétaire en 1887 puis doyen en 1929. Il reste ainsi presque 50 ans au Théâtre-Français.

Eugénie Jeanne Lainé épouse en mars 1884 à Paris (8e arr.) Maurice de Féraudy. Edmond Got figure parmi les témoins.

On voit de Féraudy dans de nombreux rôles du répertoire de la Comédie-Française, comme Le Mariage de Figaro ou Scapin. Il crée également beaucoup de pièces, dont Les Affaires sont les affaires, d'Octave Mirbeau, dans laquelle il joue plus de 2 000 fois à la Comédie-Française et ailleurs le rôle d'Isidore Lechat.

En tant qu’écrivain, Maurice de Féraudy est l’auteur d’un recueil de poésies, Heures émues, et de pièces de théâtre : Tic à tic, L’École des vieux, Le Béguin de Messaline, Leurs Amants. Il signe aussi les paroles de chansons dont une, Fascination, sur une musique de Dante Pilade Marchetti, créée par Paulette Darty, est ensuite reprise entre autres par Suzy Delair, Danielle Darrieux, Diane Dufresne, Sacha Distel ou Arielle Dombasle et, en anglais, par Nat King Cole.

De 1894 à 1905, Maurice de Féraudy est professeur au Conservatoire. Après-guerre, il tourne dans plusieurs films, comme Crainquebille (Jacques Feyder, 1923) et Les Deux Timides (René Clair, 1928). Il poursuit également, après sa retraite de la Comédie-Française, une activité dans les théâtres de boulevard parisiens.

Maurice de Féraudy se voit obligé d’éponger d’importantes dettes de son père, déclaré en insolvable en 1893. Il les évalue à 70 000 francs. Il conteste cependant une dette auprès d’un de ses collègues, Philippe Garnier, dans un procès à l’écho journalistique important au premier trimestre de 1896. Il avait donné à ce dernier une garantie écrite : « Si, soit par accident, soit par impossibilité de sa part, il ne pouvait te rembourser la somme ou partie de la somme, et s'il mourait sans être acquitté complètement vis à vis de toi, tu peux, comme je te l'ai dit de vive voix, compter sur moi. Je prendrai cette dette à mon compte et je te rembourserai, en me réservant seulement de le faire à une époque commode pour moi. »

Devant la justice, le fils assure que, son père n’étant pas mort, il n’a pas à rembourser la dette à sa place, la phrase étant copulative. Après des débats qui portent sur la comparaison avec le Mariage de Figaro de Beaumarchais, « laquelle somme de deux mille piastres je lui rendrai à sa réquisition dans ce château, et je l'épouserai par forme de reconnaissance ». Le tribunal, après de longues analyses, ne valide pas cette position dilatoire et le condamne en mars 1896 à rembourser à la place de son père.

Résidant rue Pigalle, Maurice de Féraudy meurt le 12 mai 1932 à Paris (9e arr.). Il était âgé de 72 ans, sociétaire honoraire de la Comédie française et officier de la Légion d’honneur. Il est mort des suites d’une bronchopneumonie et a été inhumé le 15 au cimetière du Montparnasse à Paris (14e arr.).

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 01:01

Gustave Charles Féret naît le 22 juillet 1863 à Notre-Dame-de-Franqueville en Seine-Inférieure (act. Franqueville-Saint-Pierre, Seine-Maritime). Il est le fils Clémentine Pauline Carpentier, modiste et de son mari Charles Hippolyte Désiré Féret, chef cantonnier.

Marié en juin 1886 à Rouen avec Marguerite Alice Peulevey, Gustave Féret exerce la profession de photographe. Il dispose, en 1890-1891, d’un studio à Paris (10e arr.), rue du Faubourg-Saint-Denis. Une carte postale de lui, « Entrée de la caserne Charpentier, Soissons, Aisne » figure dans la collection du musée de Soissons, avec une date d’expédition de 1909.

Divorcé en mars 1895, il se remarie, toujours à Rouen, en novembre 1896 avec Augustine Albertine Durand ; il est alors devenu comptable. Il divorce en mai 1908 à Paris. Il vit à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne).

Membre de la loge Germinal, Orient de Charenton, rattachée au Grand-Orient de France, Fréret en est le trésorier en 1909 et il l’est toujours en 1914. Le temple est situé en 1909 à Saint-Maurice 13, rue Chevalier et Lindenmeyer en est le vénérable. Il est ensuite déplacé à Joinville-le-Pont, où il est situé rue Transversale en 1913. Le capitaine instructeur de l’école de gymnastique de Joinville, Paul André Giansilj, en est le vénérable.

En mai 1908, Féret est élu au premier tour conseiller municipal de Saint-Maurice sur la liste du maire Émile Bertrand, radical-socialiste. Il obtient 934 pour 1422 votants (65,7%) sur 1967 électeurs inscrits, arrivant en 4e position. Au sein de l’assemblée, il intervient notamment sur le pavage du chemin de Presles, où il réside, et sur l’aménagement du bureau de poste. Il joue également un rôle politique, étant élu délégué pour les élections sénatoriales en décembre 1908 puis de nouveau en mai 1914.

Lors du scrutin de mai 1912, Féret est réélu encore au premier tour sur la même liste, avec 1083 voix sur 1546 votants (70%) sur 2042 électeurs inscrits, arrivant en 7e position. En septembre 1918, Féret est nommé par le préfet de la Seine membre suppléant de la commission de constatation et d'évaluation des dommages de guerre occasionnés dans le canton de Charenton en qualité de délégué du conseil municipal de Saint-Maurice.

En novembre 1919, Féret est une nouvelle fois réélu à Saint-Maurice au premier tour, en 4e position, avec Bertrand en tant que maire. Il ne sollicite pas le renouvellement de son mandat en 1925.

Avec Juliette Célestine Serré, qu’il a épousée en juillet 1922 à Saint-Maurice mais qui était sa compagne de longue date et dont il reconnait la fille, née en février 1902 à Saint-Maurice, Féret s’installe à Joinville-le-Pont, où il réside en 1926 rue du Canal, limitrophe avec Saint-Maurice.

Il poursuit son activité politique et est désigné, en décembre 1928, président du comité républicain radical et radical-socialiste de la commune.

Lors des élections municipales de mai 1929, Féret figure sur la liste de groupement des gauches, conduite par le radical Georges Briolay, qui comprend également des socialistes SFIO et des socialistes indépendants. Au premier tour, Féret reçoit 776 votes sur 1715 votants (45,2%) pour 2491 inscrits. La liste emporte 22 sièges sur 27 au second tour avec 929 voix sur 2232 exprimées (41,7%), face à la majorité sortante d’Union républicaine(droite), qui se contente de cinq sièges, tandis que la liste communiste, qui s’est maintenue, n’en a aucun. Féret est élu en 8e position.

Lors d’une des premières séances en juin 1929, Féret fait partie des cinq élus qui refusent la proposition de Briolay et Roger, adjoint socialiste SFIO, de rebaptiser la rue du Cimetière en nom de rue de l’Égalité

La date de décès de Gustave Féret n’est pas connue ; elle se situe probablement vers 1930 ; il avait alors 66 ans. Il est remplacé en tant que membre du conseil municipal de Joinville à l’occasion d’un scrutin partiel en octobre 1934. La nouvelle municipalité, élue après le renouvellement général en mai 1935, lui rend hommage le 19 mai de cette année.

Carte postale, oeuvre de Féret

 

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