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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 01:01

Paul Alphonse Sauvageau naît le 8 mai 1877 à Paris (6e arr.). Il est le fils de Joséphine Félicité Foubert et de Paul Jean Baptiste Sauvageau, teinturier. Ils vivent rue de Sèvres.

Alors ouvrier typographe, Sauvageau fait un service militaire raccourci en 1898-1899 après le décès de son père. Il épouse en novembre 1905 à Paris (15e arr.) Georgette Louise Olympe Bili, qui porte le nom d’usage de son beau-père, Maurice Sorelle,

Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé d’abord dans l’infanterie puis, à partir de mars 1917, dans l’aviation, étant affecté au 1er groupe d’aérostation. Il est nommé caporal en juin 1918 et démobilisé fin janvier 1919.

Après le conflit, Sauvageau travaille dans l’industrie du cinéma. En 1923, il est directeur du studio de Pathé-Consortium-Cinéma à Vincennes. À ce titre, il fait partie de ceux qui accueillent, en juillet une visite du bey de Tunis lors du tournage d’un épisode du film de Jean Kemm, L'Enfant-Roi. Son épouse, qu’il a encouragée à devenir actrice et qui utilise le pseudonyme de Georgette Sorelle, joue dans cette production.

C’est également comme costumier que Sauvageau prend part à la réalisation du film Destinée, d’Henry Roussel en 1925 ou Napoléon, d’Abel Gance, en 1927. Georgette Sorelle est aussi au générique de cette œuvre. Elle meurt en août 1929, après avoir terminé peu avant le tournage de La Valse de l'adieu, d'Henry Roussel.

Le Syndicat du personnel de la production cinématographique est fondé en juillet 1933 par Maurice Morlot et Sauvageau en est le trésorier. Il réunit des administrateurs, régisseurs et assistants-metteurs en scène. Son siège est chez son président, avenue Gallieni, à Joinville-le-Pont. Le syndicat adhère à la Fédération nationale des syndicats d'artisans français du film, une structure autonome non affiliées aux confédérations CGT, CGTU ou CFTC.

Au-delà de la gestion financière du syndicat, le rôle de Sauvageau prend une grande importance. Ainsi, début 1934, c’est lui qui sensibilise Jean Châtaigner, chef de la rubrique cinématographique du Journal et président de l’Association professionnelle de la presse cinématographique aux revendications de son organisation. Il rencontre également Bernard Natan, administrateur-délégué de la firme Pathé-Cinéma. Il se prononce également en faveur de la création d'un Comité Intersyndical.

Ce sont Morlot et Sauvageau qui accueillent, dans les établissements cinématographiques de Joinville-le-Pont, le sous-secrétaire d'État et député Adolphe Chéron ainsi que le maire de la commune Georges Briolay, l’adjoint au maire Georges Scornet et Paul Hainsselin, conseiller municipal et lui aussi salarié du secteur du cinéma. Ils se plaignent que « l'emploi de la main-d'œuvre étrangère dans le cinéma avait eu pour répercussion le licenciement d'une grande partie des éléments français, ce qui a augmenté dans une proportion considérable (…) le nombre des chômeurs français déclarés à la mairie ». Jusqu’en juillet, Sauvageau va multiplier les initiatives de son syndicat de de la fédération pour réclamer un décret réglementant l’embauche d’étrangers dans les studios auprès du gouvernement et des parlementaires.

Le président Morlot ne sollicitant pas le renouvellement de son mandat à la tête du syndicat, en décembre 1934, René Montis le remplace et Sauvageau est trésorier-rapporteur.

Après la réunification de la CGT avec la CGTU en 1936, la Fédération nationale des syndicats des artisans du film décide, le 7 mai 1937, de se transformer en Syndicat général des artisans du film et d’adhérer à la Fédération du spectacle de la CGT. La nouvelle organisation rassemble metteurs en scène, opérateurs de prises de vues, ingénieurs du son et ingénieurs spécialisés, personnel de la production ainsi que la presse filmée. Son objectif est de « maintenir la qualité professionnelle des artisans de la production du film ». Il vise à la signature de la convention collective des techniciens contribue à l'élaboration du texte d'application des quarante heures.

Les metteurs en scène André Berlhomieu et Marcel L'Herbier sont respectivement président et secrétaire général, tandis que Sauvageau est vice-président.

Depuis 1932, Sauvageau résidait à Joinville, dans le quartier de Polangis et avait une nouvelle compagne, Marthe Godin. Il se lance dans l’action politique et rejoint Paul Hainsselin sur la liste de l’Union des républicains de Joinville. Très marquée à droite, la liste est conduite par Frédéric Bautsch et Léon Lesestre. Elle se présente comme composée d’hommes d’ordre et d’action, sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale, et s’oppose au maire sortant, Georges Briolay (radical) et aux formations socialiste SFIO et communiste.

La liste de l’Union des républicains obtient au premier tour une moyenne de 931 voix soit 32,6% des 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Le Groupement des gauches républicaines suit avec 765 voix (26,8%), suivi par les communistes de Robert Deloche qui ont 671 voix (23,5%) et les socialistes avec Robert Derivière, 352 voix (12,3%). Sauvageau recueille 908 votes (31,7%).

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent derrière un ancien combattant, André Blocher, tandis que Georges Briolay maintient sa liste. Pour sa part, l’Union des républicains appelle à barrer la route aux communistes, affichant sa « réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

La liste de droite se renforce, avec 1 160 voix en moyenne soit 41% des 2 899 suffrages exprimés sur 2 924 votants, talonnée par l’union de la gauche à 1 100 voix (39%), tandis que les radicaux sont distancés avec 566 voix (20%). Sauvageau est un des deux seuls candidats de l’Union républicaine à ne pas être élu ; il avait obtenu 1 120 votes (38,6%). Au total, la liste de droite emporte 25 des 27 sièges à pourvoir, la gauche recueillant les deux derniers sièges pour des communistes, dont le futur maire de Joinville, Robert Deloche. Léon Lesestre est élu maire, entouré comme adjoints de Chaussée, Caillon, Béal et Kirbühler.

En mars 1936, avec plusieurs personnalités locales de tendance radicale modérée et opposées au Front populaire, Sauvageau comme Hainsselin rejoint un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix qui soutient la candidature du député sortant Adolphe Chéron. Il est battu par le communiste André Parsal.

Alphonse Sauvageau meurt le 10 mai 1942, son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville. Il était âgé de 65 ans.

Georgette Sorelle, épouse Sauvageau

 

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 01:01

Suite de la biographie de Paul Hainsselin

Sur le plan professionnel, l’année 1934 est marquée par la fondation en avril du Syndicat des exportateurs de films français, dont Paul Hainsselin est désigné président. Dans le même temps, il prend part à a constitution d’une commission préparant la création d’une fédération nationale des syndicats professionnels de l'industrie cinématographique.

Il plaide, en 1937 pour que les films français subissent parfois des « modifications insignifiantes » afin de permettre d’en faire des productions internationales. Pour lui, « le principal écueil c’est l'offense des sentiments familiaux, de la morale sociale. Il faut donc, quand on veut exporter les films français, éviter un ton trop épicé ou trop purement parisien, dans le sens péjoratif qu'on a pu attribuer à la légèreté, à la gaudriole, à l'insouciance de vivre qui caractérisent Paris pour les viveurs étrangers. »

Estimant qu’il « est déjà difficile de produire 200 films par an en France », Hainsselin estime que passer à plus de 450 films « est bien un rêve, et même un rêve d'enfant ». Il est réélu en 1938 président du Syndicat. Il devient administrateur de la Chambre syndicale française de la production de films, fonction à laquelle il est réélu en 1939 puis en est le secrétaire général adjoint en 1940 ; la chambre comporte une section des exportateurs.

À l’occasion des élections municipales de mai 1935, Paul Hainsselin reprend place dans la politique joinvillaise. Avec un autre ancien de la majorité de 1929, Jean Béal, il rejoint la liste de l’Union des républicains de Joinville, très marquée à droite et conduite par Frédéric Bautsch et Léon Lesestre. La liste se présente comme composée d’hommes d’ordre et d’action, sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale. Elle s’oppose au maire sortant, Georges Briolay (radical) et à deux formations socialiste SFIO et communiste.

Un correspondant de l’hebdomadaire radical Voix des communes commente en avril 1935 sa candidature : « Il m’est pénible de voir figurer dans une liste Hainsselin, conseiller municipal démissionnaire. Il a tenu le rôle de négateur systématique, a voté contre tout, n’a rien fait et s’est opposé à tout. En cours de mandat, il exige de ses collègues une dépense supplémentaire de 300 000 francs, il est battu, il démissionne, il se représente sur une liste qui ne parle que d’économie. Comprenne qui pourra. »

La liste de l’Union des républicains obtient au premier tour une moyenne de 931 voix soit 32,6% des 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Le Groupement des gauches républicaines suit avec 765 voix (26,8%), suivi par les communistes de Robert Deloche qui ont 671 voix (23,5%) et les socialistes avec Robert Derivière, 352 voix (12,3%). Hainsselin recueille 930 votes (32,6%).

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent derrière un ancien combattant, André Blocher, tandis que Georges Briolay maintient sa liste. Pour sa part, l’Union des républicains appelle à barrer la route aux communistes, affichant sa « réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

La liste de droite se renforce, avec 1 160 voix en moyenne soit 41% des 2 826 suffrages exprimés sur 2 924 votants, talonnée par l’union de la gauche à 1 100 voix (39%), tandis que les radicaux sont distancés avec 566 voix (20%). Hainsselin est élu avec 1 149 votes (40,7%). Au total, la liste de droite emporte 25 des 27 sièges à pourvoir, la gauche recueillant les deux derniers sièges pour des communistes, dont le futur maire de Joinville, Robert Deloche. Léon Lesestre est élu maire, entouré comme adjoints de Chaussée, Caillon, Béal et Kirbühler.

Avec trois autres conseillers, Hainsselin fait partie d’une « commission d’enquête municipale » chargée d’examiner la situation créée par la demande de la Caisse des dépôts et consignation à la ville d’honorer la garantie qu’elle a donné pour une société d’habitations à bon marché défaillante. La commission remet ses conclusions en octobre 1935, contestant la signature par le précédent maire de cette garantie, reprochant l’absence de contrôle de la gestion par les ministères et appelant à rejeter le remboursement réclamé. Le conseil municipal suit cet avis, mais le préfet inscrira d’office la dépense au budget.

En prévision des élections législatives de juin 1936, Hainsselin fait partie d’un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix qui soutient la candidature du député sortant radical indépendant, Adolphe Chéron. Il sera battu par le communiste André Parsal.

À l’occasion de la construction d’un nouveau groupe scolaire à Polangis, Hainsselin propose la création d’un patronage laïque. Seul, il s’oppose en août 1938 à la construction d’un abri de défense passive au sein de l’autre groupe scolaire, Jean-Charcot.

Lorsque, en février 1942, le préfet nomme par arrêté un nouveau conseil municipal, 13 des élus de la liste de droite sont maintenus, dont le maire et ses adjoints. Par contre, 11 ne sont pas reconduits, dont Hainsselin. Les deux communistes avaient été révoqués.

Si l’activité politique cesse, il poursuit son rôle professionnel. En avril 1942, Paul Hainsselin est nommé administrateur provisoire de huit entreprises du secteur du cinéma : Franco-London Films, Franco Continental Films Productions, Comédie Films, Films Éclat Productions, Cinéma Productions, Anglo-Continental Films Export, Arcadia Films et la Société de crédit pour l'industrie et le commerce. Six de ces entreprises avaient leur siège boulevard Haussmann à Paris, les deux autres avenue des Champs-Élysées.

Paul Hainsselin meurt le 9 décembre 1970 à Sèvres (Hauts-de-Seine). Il était âgé de 80 ans et avait eu deux enfants.

Fin

Paul Hainsselin (à droite) en 1936

 

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 01:01

Début de la biographie de Paul Hainsselin

Eugène Paul Hainsselin naît le 7 septembre 1890 à Paris (15e arr.). Il est le fils d’Anna Archambaudière et de son époux Louis Gentil (dit Eugène) Hainsselin, alors menuisier et scieur à la mécanique.

Militant politique et syndicaliste, élu conseiller prud’homme, le père de Paul, Eugène Hainsselin, devient juge de paix en 1909. Il est nommé dans les Indes françaises, à Pondichéry et ses enfants le rejoignent en août et décembre 1909. Paul reviendra en France en juillet 1910.

Installé de nouveau dans le quartier de Polangis, avenue Pauline, Paul Hainsselin est représentant de commerce pour la firme cinématographique Pathé. D’assez grande taille (1 mètre 78), mais de santé fragile, il effectue son service militaire de 1911 à 1913 comme secrétaire d’état-major. Peu après sa démobilisation, installé rue des Vignerons, à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), il est rappelé au début de la première guerre mondiale et sert d’abord dans l’infanterie puis au 13e régiment d’artillerie, mais toujours avec un service auxiliaire non-combattant et enfin, à partir de décembre 1916, de nouveau à l’état-major. Il est rendu à la vie civile en avril 1919.

Après-guerre, Paul Hainsselin emménage d’abord à Paris, où il épouse dans le 15e arrondissement Marie Adrienne Brousse en décembre 1919. Ils vivent d’abord à Paris, puis à Vincennes, Champigny et Joinville.

C’est dans cette commune, qui accueille les usines Pathé, qu’Hainsselin va, comme antérieurement son père, engager dans la vie publique. Il y réside de manière intermittente, soit dans les trois quartiers de la commune : Palissy (rue du Cimetière, act. rue de l’Égalité), Polangis (avenue Gabrielle) et du Centre (quai Beaubourg, act. quai du Barrage).

Alors que, en 1912, son père Eugène Hainsselin avait été élu conseiller municipal contre la majorité sortante radical-socialiste, et notamment contre Georges Briolay, Paul Hainsselin rejoint la liste de ce dernier pour les élections municipales de mai 1929. Un groupement des gauches s’est constitué, dans la suite du cartel des gauches au plan national. Il regroupe les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des socialistes indépendants.

Au premier tour, la liste de Concentration des gauches obtient une moyenne de 910 voix pour 2 126 suffrages exprimés (42,8%), devançant les conservateurs et libéraux de la liste d’Union nationale du maire sortant, Stephen Durande 825 voix (38,8%) et les communistes du Bloc ouvrier et paysan conduits par Roger Bénenson avec 391 voix (18,4%). Pour sa part, Hainsselin recueille 751 votes (35,3%). Au second tour, les gauches progressent avec une moyenne de 1 025 votes (45,9%) contre 929 (41,6%) à la droite et 278 (12,5%) aux communistes.

Hainsselin est élu conseiller municipal, parmi les 22 élus de sa liste face à 5 personnes issues de la majorité sortante. La municipalité est conduite par Briolay qui prend comme adjoints Robert Maxe (radical), Georges Roger (SFIO), Joseph Moutardier (radical) et Georges Scornet (socialiste indépendant).

Au sein du conseil municipal, Hainsselin va se manifester par des positions souvent personnelles, à l’encontre de la majorité.

Dès juin 1929, il refuse que l’on débaptise la rue du Cimetière, où il a vécu, en rue de l’Égalité. En août 1930, il est le seul à s’opposer à l’acquisition d’une arroseuse laveuse pour le nettoyage des rues. À l’été 1932, il tente d’aider à sortir d’un imbroglio, en représentant le conseil municipal au conseil syndical des riverains de la rivière de Polangis, dont le statut est incertain, ce qui fait que son curage n’est pas réalisé.

Le budget pour l’année 1934, voté en décembre 1933, est l’occasion d’une crise importante. Avec deux autres élus de la majorité de 1929, Béal (indépendant) et Galabert (ex-SFIO), Hainsselin rejoint trois conservateurs, Provin, Caillon et Lecuirot, pour voter contre. Du fait d’un nombre important de démissionnaires et décédés, le budget n’est adopté que par 9 voix contre 6, soit un tiers des 27 conseillers théoriques.

Une tension forte existe en 1933 entre la municipalité et un comité des chômeurs, fondé depuis l’aggravation de la situation économique suite à la crise débutée en 1929. Il est soutenu par le parti communiste. En mars, Hainsselin est désigné comme représentant du conseil au sein de la commission paritaire du chômage. Cependant, il désapprouve, comme l’ancien socialiste SFIO Galabert, la décision du maire de demander des travaux d’intérêt général aux chômeurs en contrepartie des allocations qui leur sont versées, ce que le comité appelle du « travail forcé ». Les deux élus présentent leurs démissions, ce qui va obliger à l’organisation d’élections partielles pour combler dix postes devenus vacants. Tirant le bilan de son mandat écourté, l’hebdomadaire Voix des communes qualifie ainsi Hainsselin « d’opinion incertaine, conseiller figurant, élève studieux, il ne consentit jamais à voter quoi que ce soit. »

À suivre

Paul Hainsselin (à droite) en 1936

 

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 01:01

Michel Denis Réteaud naît le 22 août 1922 à Paris (14e arr.).

Reçu à l'école nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris en 1938, il est notamment l’élève des peintres Raymond Legueult et François Desnoyer.

Il devient ensuite décorateur, illustrateur et publicitaire. Il travaille pour les éditions Gallimard, réalisant des couvertures de livre comme Les Dames de France d’Angelo Rinaldi, Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier ou deux ouvrages de Jean Giono, Le Hussard sur le toit et Angelo.

Toujours en lien avec le milieu de l’édition, Michel Réteaud participe à la conception d’expositions sur des thèmes littéraires : celle consacrée au critique Georges Blin, au peintre Georges Braque et au poète René Char à la Bibliothèque Jacques Doucet de Paris (5e arr.) en 1963 ; dans le même lieu, en 1965, la présentation des premières œuvres de Paul Claudel. En 1978, il construit un mur de 1 000 couvertures de la collection Folio (Gallimard), présenté à la Bibliothèque publique d’information du musée Georges-Pompidou.

Peintre amateur, Michel Réteaud obtient en 1947 le prix des Orientalistes français, instauré en 1907. L'année suivante, il est lauréat du prix national de peinture. Son œuvre est largement inspirée de paysages et de fleurs : Jardin exotique, Gunnera du Brésil, villes et villages imaginaires…

Installé dans la commune de Montlignon (Val-d’Oise), dans le parc de l’ancien château de Maugarny, Michel Réteaud s’implique dans la vie culturelle locale. Il réalise, à partir des années 1990, plusieurs expositions dans des salons comme à Luzarches en 2008 et est exposé dans les manifestations culturelles de Montlignon (où il est en 2003 l’invité d’honneur du Salon des arts) et des alentours comme Margency.

Michel Réteaud meurt le 10 septembre 2017 à Eaubonne (Val-d’Oise). Il était âgé de 95 ans et résidait toujours à Montlignon.

Le Bulletin d’information municipal de Montlignon lui consacre un article, reprenant ses déclarations antérieures, en décembre 2017 :

« Je peins pour construire un autre univers, dans lequel on puisse pénétrer, par la toute petite porte et découvrir la sérénité. »

Depuis le début des années 2000, sa peinture prend une nouvelle voix, un nouveau langage, mais c’est toujours la recherche d’une écriture qui le préoccupe : « Écriture faite de traits, de valeurs du blanc au noir, de couleurs chaudes aux couleurs froides, pesantes ou légères, d’éclats ou de repos, de matières râpeuses ou transparentes. »

« C’est avec cet arsenal que je m’exprime, derrière l’abstrait ou le figuratif se cachent une histoire, un chant, une complainte, un univers : c’est la raison d’être de ma peinture. J’espère vous offrir la clé pour vagabonder à votre guise dans ce jardin secret. »

(…) Comme il se plaisait à dire « Si vous rencontrez un lézard ou un scarabée surdimensionné, n’ayez pas peur, ce n’est que le fruit de l’imagination. »

Une de ses œuvres, la Place des écoles, est exposée dans la mairie de Montlignon.

 

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8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Marcel Bardiaux

En juillet 1961, Marcel Bardiaux divorça d’avec Angèle Cochois. Il épousa en janvier 1964 Simone Laporte à Paris (18e arr.), puis s’en sépara en octobre 1971.

À partir de 1960, Bardiaux débute, à Cherbourg, la construction d’un autre bateau, en acier, qu’il baptise Inox. Il poursuit la réalisation de son voilier dans différents chantiers et la termine au Portugal en 1966. D’une longueur de près de 15 mètres, il pèse 22 tonnes. C’est le premier navire de plaisance en métal inoxydable connu. Il est intégralement conçu par Bardiaux. C’est un ketch pensé pour assurer le maximum d'autonomie et de durabilité et réputé insubmersible. À son bord, Bardiaux conduit un tour du monde sans escale en 229 jours.

À partir de 1969, Marcel Bardiaux, insatisfait de l’évolution règlementaire imposée aux navires en France, avec une immatriculation, des équipements obligatoires et des taxes, décide de résider à l’étranger. Il séjournera notamment au Canada. Il revient cependant de ce dernier pays en 1996, confiant que « Si là-bas les hivers ne duraient pas six à sept mois, il y a longtemps que je serais canadien. »

Pour la première fois, il traverse sans son bateau : celui-ci a, en effet, connu un accident, à l'entrée du Saint-Laurent, ayant essuyé une tempête classée force 12 sur l’échelle de Beauffort. Pendant 26 heures, il cogne contre la falaise mais s'en tire avec beaucoup de bosses. Bardiaux assure dans Libération : « Tout autre bateau aurait coulé ». C’est, dit-il, la première fois qu’il quitte son bateau.

Il retourne le réparer puis entreprend, en novembre 1997, à 86 ans, de franchir une nouvelle fois l’Atlantique. En décembre, il subit une terrible tempête et fait naufrage dans l'archipel des Açores. Il ne se signale pas, amis lutte pendant trois jours pour sauver son ketch. Il a lui-même souffert : « Tout est à revoir sur le bateau, et les voiles n'en peuvent plus. Je me suis blessé au genou en plus de trois côtes cassées », confiera-t-il au quotidien brestois Le Télégramme.

Porté disparu depuis février, il accoste discrètement Belle-Ile-en-Mer (Morbihan) début mai 1997. Il exprime le souhait de devenir le premier navigateur solitaire centenaire et mouille son bateau à Redon (Ille-et-Vilaine), port fluvial au milieu des teres.

Après Aux 4 vents de l'aventure, Marcel Bardiaux a publié quatre autres ouvrages, ceux-ci à compte d’auteur : Les Aventures de Marcel Bardiaux, 1960 ; Les astuces de Marcel Bardiaux, 1965 ; Aux 4 vents de mes amours, 1975 ; Entre deux tours du monde, 1995. La vente de ses livres était sa seule ressource. Il en stockait 4 000 dans la cale de son bateau.

Aux 4 vents de mes amours est, selon un admirateur de Bardiaux un « catalogue des liaisons intimes de Bardiaux. C'est gratiné, impudique et assez cavalier vis-à-vis des jeunes femmes qui sont citées et parfois exposées en photos. (Il y a même des épouses infidèles de messieurs "haut placés" dans tel ou tel pays d'Amérique du Sud !) »

Dans son dernier ouvrage publié, Entre deux tours du monde, il règle des comptes avec d’autres navigateurs, par exemple Bernard Moitessier : « je lui ai appris à naviguer. Je l'ai rencontré à l'île Maurice après un de ses naufrages. Il a coulé trois bateaux sans faire le quart de ce que j'ai fait.»

Au cours de sa carrière, Bardiaux aura navigué sur près de 400 000 miles, soit l’équivalent de 18 tours du monde. Un grand marin, l’anglais sir Francis Chichester, qualifia Marcel Bardiaux comme « le plus résistant de tous les durs-à-cuire de France. »

Marcel Bardiaux est mort le 9 février 2000 à Redon, Ille-et-Vilaine, où il stationnait depuis deux ans. Il était âgé de 89 ans et ne semble pas avoir eu d’enfants. Il est enterré à Issoire (Puy-de-Dôme), auprès de sa mère.

En 1958, Marcel Bardiaux avait reçu la Blue Water Medal, décernée par le Cruising Club Of America pour l’exploit maritime de l’année.

Fin.

 

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Marcel Bardiaux

Après son service militaire, Marcel Bardiaux poursuit son activité sportive en kayak de course et de descente. Il exploite un atelier de fabrication de bateaux au 77, quai de la Marne à Joinville-le-Pont, qui produit trois types de kayaks : Kette, Étoile et Bardiaux, version pliable reproduisant son bateau personnel.

En octobre 1935, Marcel Bardiaux épouse à Joinville Angèle Cochois, couturière.

Mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale dans la marine, il est, en février 1940 condamné à 5 francs d’amende pour blessures involontaires pour avoir heurté un autre véhicule avec celui qu’il conduisait à Cherbourg. Selon son témoignage, il est fait prisonnier et s’évade deux fois durant la deuxième guerre mondiale avant d’être repris. En 1943, il a repris son activité sportive de kayakiste et fait une descente du Verdon, dans les Alpes du sud.

Si l’attitude de Marcel Bardiaux pendant le conflit n’est pas connue, il a exprimé son opinion dans un de ses ouvrages, Entre deux tours du monde (1995). Parlant d’une grande croix de Lorraine, construite près de Camaret-sur-Mer (Finistère), la croix de Pen Hir, au mémorial aux bretons de la France Libre, il écrit en évoquant le général de Gaulle et le maréchal Pétain : « On ne comprend pas très bien la raison d'un tel gaspillage, destiné avant tout à encenser une personne qui commit pourtant bien des erreurs, ne serait-ce que celle d'avoir fait enfermer un valeureux soldat qui fit tout ce qu'il put pour sauver son pays, et non bien à l'abri derrière un micro étranger ». Ce qui permet au quotidien Libération de conclure en 1997 que Bardiaux était pétainiste.

À la fin de la guerre, Bardiaux achète en librairie les plans d’un voilier, signés de l’architecte Henri Dervin. Il le construit en modifiant considérablement les plans : les lignes d’eau sont allongées, le pont et le roof renforcés. C’est un cotre de 5 tonneaux  et de 9 m. 30, qu’il baptise Les Quatre-Vents.

Tout en restant sur les bords de Marne, il déménage de Joinville pour la commune proche du Perreux-sur-Marne, 6, rue Patou. Il a une nouvelle compagne, Mary.

Il quitte le port du Havre (Basse-Seine, act. Seine-Maritime) en février 1950 pour un tour du monde de huit ans et 543 escales. Il gagne Arcachon, d’où il part en octobre 1950. Après une escale aux Canaries, il relâche à Dakar. Il traverse et arrive à Rio de Janeiro après vingt-huit jours de mer. Selon un article signé Sergio, sur le site Plaisance-Pratique « Ses rencontres sont tumultueuses, son caractère tranchant ». Il visite le Brésil et en mars 1952, puis passe le cap Horn le 12 mai 1952. Il emprunte les canaux de Patagonie, passe Chiloé et arrive à Valparaiso où il va rester plusieurs mois pour remettre Les Quatre-Vents en état.

Il poursuit la grande boucle par Tahiti, la Nouvelle Zélande et s’échoue sur les coraux en Nouvelle Calédonie. Il rentre par le Cap, le Brésil, les Antilles, les Bermudes et New York. Il est de retour à Paris en 1958.

Sa mère décède d’une crise cardiaque quand on lui avait apporté la nouvelle de la disparition (fausse) de son fils, en mars 1957.

Le récit de sa première circumnavigation est publié, en deux tomes, aux éditions Flammarion, à Paris, sous le titre Aux 4 vents de l'aventure. Le premier volume, Défi au cap Horn, sort en 1958 et porte sur le trajet jusqu’au Chili et à Tahiti. L’année suivante, le volume deux est sous-titré Par le chemin des écoliers et raconte la traversée des océans Pacifique et Indien puis Atlantique.

L’ouvrage, qui connaîtra une traduction en anglais, connaît un certain succès, même si son style n’est pas unanimement apprécié. Ainsi, le Journal de la Société des océanistes commente « Quant au navigateur, sa particularité est son tempérament de lutteur, sympathique quoique un peu fatigant, à la longue, pour le lecteur. Les descriptions maritimes sont excellentes et intéressantes ; celles des pays, aussi bien océaniens qu'indiens ou atlantiques, très superficielles. »

Ayant abandonné toute activité professionnelle, Marcel Bardiaux va désormais vivre des recettes que lui procurent ses ouvrages. Il se fâche avec ses éditeurs parisiens, publiant en 1959 Coupé par l'éditeur ! (Presses Bretonnes, Saint-Brieuc, 1959), une plaquette de 16 pages où sont regroupés des passages non publiés du manuscrit d’Aux 4 vents de l'aventure, notamment certains de ces passages concernent Tahiti.

A suivre

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4 janvier 2020 6 04 /01 /janvier /2020 00:01

Début de la biographie de Marcel Bardiaux

Marcel Bardiaux naît le 12 avril 1910 à Clermont-Ferrand. Il est le fils de Marie Eugénie Amblard et d’Eugène Paul Bardiaux, facteur. Selon son témoignage, son père meurt à la fin de la première guerre mondiale et sa mère le confie à un orphelinat à Paris ; il s’en échappe à onze ans et cherche à embarquer sur un grand voilier au Havre. La police le ramène chez sa mère.

En 1930, Marcel Bardiaux vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il est artisan électricien depuis 1928. Sur le plan sportif, c’est un des meilleurs kayakistes français. Il est le premier français à utiliser en compétition la technique de l'esquimautage en 1932, obtient le titre de champion de France, reste le meilleur descendeur jusqu'en 1948 et domine, avec Eberhardt, la course en ligne de 1934 à 1939.

Marcel Bardiaux aurait réalisé une traversée de la Manche en kayak. Selon le témoignage qu’il livre au journal L'Homme libre, il a fait de grandes randonnées sur son canoë Belle -Etoile à travers toute la France quand il se lance dans une traversée de l'Europe. Il utilise un canoë de cinq mètres de long, où il a placé ses bagages, dont sa tente, un réchaud et un bidon d'eau potable, dans des sacs insubmersibles.

Il raconte son périple dans l’hebdomadaire Match. Parti de Joinville le 4 mai 1930, il remonte la Marne, emprunte des canaux puis transporte son canoë démontable sur un charriot jusqu’aux sources du Danube, traverse l'Allemagne, l’Autriche, la Hongrie et la Yougoslavie. Il rejoint la mer Noire le 23 août en Bulgarie, essuie une tempête puis rejoint Constantinople (act. Istanbul, Turquie) où il répare son bateau.

Il revient par la mer de Marmara et les Dardanelles, mais casse de nouveau son canoé en doublant le mont Athos et doit s’arrêter trois semaines à Salonique pour remettre la Belle-Etoile en état de poursuivre son voyage. Il atteint le port d’Athènes, Le Pirée, le 11 novembre après une traversée très mouvementée. Mais on lui déconseille de prendre la mer au travers de l'Adriatique, la météo, étant très défavorable. Il emprunte donc un cargo pour rejoindre Naples, où on lui refuse le droit de débarquer, et poursuit donc jusqu’à Marseille.

Il gagne Sète par la mer, puis par le canal du Midi atteint Toulouse après avoir passé une centaine d'écluses. Via la Garonne, il rejoint Bordeaux. Il comptait rentrer à Paris via l'Atlantique et la Manche mais il reçoit une lettre de sa famille lui annonçant son incorporation au service militaire pour le mois de mars. N’ayant plus le temps de suivre son projet, il traîne son chariot jusqu'à Orléans puis rejoint Paris via les canaux, le Loing puis la Seine. Il campe les trois derniers jours sous la neige et le gel. Il accoste près du Pont-Neuf à Paris le 1er mars 1931, accueilli par quelques amis et la presse sportive. Il avait parcouru 11 000 kilomètres en pagayant.

À suivre

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30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 00:01

Suite de la biographie de Jules Vallety, dit Charles Papillon

Après le premier conflit mondial, désormais ingénieur en titre, Vallety s’occupe principalement de l’éclairage public pour la ville de Paris. En février 1928, il devient chef de la circonscription d'aménagement du Parc des expositions puis, en janvier 1930, chef de la circonscription des concessions créée à la section de l'éclairage. Il prend sa retraite en mai 1931, étant alors âgé de 55 ans.

Son activité en faveur de la version ido de l’espéranto se prolonge, toujours sous le pseudonyme de Papillon. Il diffuse ainsi en 1921, La Langue internationale, feuille trimestrielle. Il donne des cours à Emancipanta Stelo (Union Internationale des idistes d'avant-garde), rue de Bretagne à Paris (3e arr.) en 1923 et rouvre un cours à la Bourse du Travail de la capitale en octobre 1934. Il vit rue Petit à Paris (19e arr.).

Le 14e congrès international de la langue ido se tenant à Paris en août 1937, il en est un des organisateurs avec S. Lafay ; la manifestation rassemble une quarantaine de délégués venant de 12 pays. Participant activement aux échanges, il organise également une visite au mur des Fédérés du cimetière du Père-Lachaise. En 1938, C. Papillon est membre du comité directeur de « Uniono por la linguo internaciona (ido) », basé à Essex (Royaume-Uni) et dont le professeur Léau est le président d’honneur.

Après la deuxième guerre mondiale, Papillon poursuit l’animation du Grupo Libertaria Idista. Il est également un fidèle soutien de la revue syndicaliste, fondée par Pierre Monatte, La Révolution prolétarienne, ses contributions financières étant mentionné sous le double nom de Charles Papillon-Vallety.

Il collaborait à la feuille Le Vieux Travailleur (Saint-Genis-Laval, Rhône, 1951-1957) de Jules Vignes, devenue ensuite le Travailleur libertaire (1957-1958). Papillon rédigeait les deux dernières pages rédigées en Ido sous le titre La Olda Laboristo.

Jules Vallety meurt le 27 janvier 1967 à L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne). Il était âgé de 90 ans. Il avait eu une fille, Violette née en 1903 Paris et mariée en 1931 avec Marcel Beynet.

Plusieurs livres publiés en langue ido ont été révisés par Jules Vallety.

Fin

Les congressistes du 14e congrès de langue ido à Paris en 1937, dont Jules Vallety (n° 6)

 

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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 00:01

Suite de la biographie de Jules Vallety, dit Charles Papillon

À partir de 1905, toute l’activité éducative et propagandiste de Papillon est consacrée à la promotion d’une langue internationale, l’espéranto. À ce moment, il est installé dans le quartier de Polangis, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue d’Hill (act. av. de la Plage). L’année suivante, il vit à Bobigny (Seine, act. Seine-Saint-Denis), avenue de l’Harmonie.

Les cours d’espéranto sont délivrés dans plusieurs permanences libertaires ou lieux éducatifs à Paris, à la bourse du travail de Saint-Denis.

Sous le nom de Jules Vallety, il participe également à des organes internationaux en espéranto à vocation scientifique, comme en 1907 Internacia scienca revuo et Esperantista dokumentaro pri la Oficialaj historiaj.

Début 1909, Papillon s’intéresse à la naissance de l’ido, langue dérivée de l'espéranto, proposée en 1907 par une commission à l'initiative du Français Léopold Leau. Il participe par exemple à une causerie contradictoire avec Danielo sur espéranto ou ido en mars et diffuse des brochures de propagande en faveur de ce nouvel idiome. Il donne, à partir de novembre de cette année, des cours d’ido, qualifiant ladite langue « d’espéranto mis au point » ou réformé par rapport à « l’espéranto primitif ». Il est l’animateur du Grupo Libertarya Idista, dont le siège est à son domicile de Bobigny.

En octobre 1911, Papillon ouvre un cours d’ido à Joinville-le-Pont.

Dans sa polémique avec les partisans de l’espéranto traditionnel, Papillon soutient, dans l’hebdomadaire syndicaliste La Vie ouvrière en 1912 que, contrairement à ce que proposent certains comme Habert, « une langue artificielle ne peut pas et ne doit pas devenir une langue vivante ». Il défend en 1914 l’idée d’une langue auxiliaire.

Convoqué au service militaire en 1896, Jules Vallety est alors classé pour des services auxiliaires et écarté de l’activité armée cause d’une importante myopie. Après le déclenchement de la première guerre mondiale, il est reversé en décembre 1914 dans les troupes combattantes par une commission de réforme à Vincennes, étant d’abord affecté au 112e régiment d’infanterie, puis de nouveau déclaré inapte en mars 1915. En mai 1915, il rejoint le 42e régiment territorial d’infanterie où il sert comme cantonnier à Lagney (Meurthe-et-Moselle). Son inaptitude visuelle est confirmée en février 1916 à Toul, et il est nommé, le mois suivant caporal. En août 1916, il passe par le 1er régiment territorial d’infanterie avant de rejoindre, le mois suivant, le 25e régiment de zouaves puis d’être détaché, en octobre, à l’entreprise Niclausse, qui fabrique des chaudières et est basée rue des Ardennes à Paris (19e arr.). Le même mois, il est transféré au dépôt des prisonniers de guerre, implanté à Solignac (Haute-Vienne). Vallety est démobilisé en août 1919.

L’historien Vivien Bouhey classe, dans sa thèse de doctorat soutenue en 2006 à l’université de la Sorbonne à Paris, Les anarchistes contre la République, Jules Vallety parmi les anarchistes insoumis ou inscrits au Carnet B, sur lequel, depuis 1909, sont répertoriés tous les Français susceptibles d'entreprendre des actions antimilitaristes pouvant troubler l'ordre public ou gêner la mobilisation. En juillet 1914, 1771 noms classés pour ce motif sont comptabilisés par le chercheur Jean-Jacques Becker.

On remarquera cependant que cette classification n’a pas fait obstacle ni la promotion militaire de Jules Vallety, ni à son évolution de carrière dans l’administration, puisqu’il est nommé conducteur de travaux principal en juin 1915 et sous-ingénieur en janvier 1917. Il obtient également en juin 1915 l’autorisation d’épouser, à Toul (Meurthe-et-Moselle) Marie Claire Appoline Boulay.

À suivre

 

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26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 00:01

Début de la biographie de Jules Vallety, dit Charles Papillon

Jules Vallety naît le 14 juin 1876 à Paris (1er arr.). Il est le fils de Louise Antoinette Jamet et de son époux Jean Baptiste Vallety, boulangers, qui vivent rue du Rendez-Vous. En septembre 1892 Jules Vallety est admis à l’École des Arts-et-Métiers d'Angers. Il obtient une bourse en octobre, renouvelée l’an suivant.

Reçu en juillet 1896 au concours de piqueur du service municipal des travaux de Paris, Vallety est embauché en septembre. Il est affecté à l’inspection des aqueducs.

En décembre 1898, il fait partie d’un groupe de cinq piqueurs qui pétitionnent pour demander leur inscription sur la liste d'admissibilité au grade de conducteur de travaux ; la réclamation n’aboutit pas, mais il obtiendra cependant cette fonction l’année suivante. devenant en 1917

À partir de juillet 1896, on commence de voir apparaître le pseudonyme de Jules Vallety, Charles Papillon (ou le plus souvent C. Papillon) dans le journal anarchiste, fondé en 1895 par Jean Grave, Les Temps nouveaux. Il annonce une conférence qu’il donne à la Bibliothèque d'éducation libertaire, 26, rue Titon à Paris (11e arr.) sur le livre de Charles-Albert l’Amour libre. Il donnera de nombreuses autres conférences au même endroit : en septembre 1899 sur la guerre et le militarisme, en avril 1900 sur Résurrection, de Tolstoï puis sur l'Œuvre des Bibliothèques libertaires. À partir de mai de la même année, il consacre plusieurs causeries à la colonie libertaire La Clairière de Vaux à Essômes-sur-Marne (Aisne), fondée notamment par le géographe Élisée Reclus ; il s’intéresse par exemple, en février 1902 au rôle de la femme dans cette communauté et présente cette colonie comme « une tentative pratique du communisme ». Il y séjourne en juillet 1903.

En février 1899, Papillon inaugure avec Jean Grave et de Pierre Quillard le premier « cours libertaire d’éducation supérieure » organisé par le groupe L’Éducation Libertaire dont il était le secrétaire.

Vallety-Papillon est à l’initiative de la création de la revue l'Éducation libertaire en 1900, dont le siège est à la Ligue démocratique des Écoles, 26, rue de Pontoise à Paris (5e arr.). Il est également secrétaire la Bibliothèque libertaire du 3e arrondissement. Elle fut suivie par L’Éducation Intégrale (1903-1904)

On retrouve des conférences de Papillon sur la liberté dans l'éducation en janvier 1901, les conditions d'une propagande efficace en mars 1903, Néo-Malthusianisme et Communisme en juillet, Milieu Libre et Coopérative communiste en août toujours la même année puis, le même mois sur Socialisme et Anarchie.

Participant ou organisant une grande quantité de collectes, Papillon est notamment sensible à la situation des détenus. Il revendique son statut de scientifique. C’est en tant qu’adhérent au syndicat général des employés municipaux qu’il souscrit en juin 1906 pour les familles des facteurs révoqués. Il collabore également à nombre de revues anarchistes.

À suivre

 

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