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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 00:07

Selon Natasha Tinsley, professeur à l’université de Montréal, Ida Faubert avait une « grâce aduste », c’est-à-dire brûlée par le soleil.

Fille unique du président haïtien Lysius Salomon, Ida Faubert est née à Port-au-Prince (Haïti) le 14 février 1882. Elle passe sa petite enfance dans le palais présidentiel. Mais en 1888 sa famille s'exile en France, où la jeune fille fera ses études. Après un premier mariage, qui donne naissance à une fille, Jacqueline, décédée très jeune, Ida revient à Port-au-Prince en 1903 pour épouser André Faubert et a un fils, Raoul, né en 1906.

Ida Salomon Faubert est une grande dame de la haute société de Port-au-Prince. Elle fait partie de la première génération de poétesses haïtiennes. Ses premiers poèmes paraissent en 1912 dans la revue Haïti littéraire et scientifique. Cependant, malgré des succès sociaux et littéraires, Ida Faubert a du mal à s'adapter à l'esprit conservateur de l'élite haïtienne dont elle critique l'étroitesse des idées.

Je t’ouvrirai mon cœur que le soleil inonde,

            Tu connaîtras mon âme et ses désirs ardents,

            Et tu ne sauras rien de la vie et du monde 

            Sinon que je  t’adore et que c’est le printemps ! 

(Douceur, Cœur des îles)  

À la recherche d'une liberté personnelle qu'on qualifie de féministe, Ida Faubert s'établit à Paris en 1914. Elle divorce et s'installe dans un appartement rue Blomet. Le Bal Nègre met le quartier dans les rythmes antillais tous les samedis. On y trouve les ateliers d’artistes surréalistes comme André Desnos ou Juan Miró. Les littérateurs haïtiens à Paris lui font des visites tels Léon Laleau ou Jean Price-Mars, mais aussi des Français comme Jean Richepin, Jean Vignaud, ou Anna de Noailles.

Outre ses recueils de poèmes, Ida Faubert publie en 1959 des récits, Sous le soleil caraïbe. Elle meurt en 1969 à Joinville-le-Pont, où elle vivait et est enterrée.

Bibliographie :

  • 1939 : Cœur des Îles, éditions René Debresse, Paris ;
  • 1959 : Sous le soleil caraïbe, O.L.B, Paris ;
  • 2007 : Anthologie secrète : poèmes et récits, Mémoire d'encrier, Montréal.

Un site Internet, présenté par son petit-fils, Jean Faubert, présente ses livres et sa généalogie.

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 21:54

Arthur Martin naît le 16 juin 1855 à Bar-sur-Aube (Aube).

Il travaille comme publiciste (on dirait aujourd’hui journaliste) à partir de 1879 pendant neuf ans à La Vraie France, publication royaliste, légitimiste et catholique de Lille (Nord). Il collabore ensuite pendant dix-neuf ans au Courrier du Pas-de-Calais, un quotidien catholique édité à Arras. Il en est rédacteur en chef à partir de 1888.

Arthur Martin défend des positions conservatrices, favorables à l’ordre et opposées à la jeune troisième République. Comme une bonne partie de la droite d’alors, ses écrits sont parfois à connotation antisémite. Ainsi, après les affrontements meurtriers du 1er mai 1891 à Fourmies (Nord), il condamne « l'esprit épais et férocement égoïste de la bourgeoisie républicaine » et excuse l'armée, accusée d’être responsable de la fusillade. Il met en cause, en des termes très proches de ceux de l’écrivain d’extrême-droite Édouard Drumont, des fonctionnaires : « Il y a, dans le drame sanglant de Fourmies, un acteur qu’il est nécessaire de mettre en pleine lumière : c’est le sous-préfet d’Avesnes, un sieur Isaac, un juif pur-sang. Un peu plus haut dans la hiérarchie administrative, nous trouvons un autre sémite, ou du moins semi-sémite, M. Vel-Durand, préfet du Nord ». Il est cependant non clérical.

Arthur Martin aura quatre enfants. D’un premier mariage, Henri, médecin, meurt en 1913. Albert, juriste, décède des suites d’une maladie contractée pendant la Première Guerre mondiale. Il épouse en secondes noces Henriette Le Dieu à Arras en 1898. Professeur de piano, elle élèvera leurs deux filles après sa disparition en travaillant au pensionnat Jeanne d’Arc d’Arras puis, à partir de la guerre et de l’évacuation des civils de la ville d’Arras, au lycée Molière à Paris. Lucie (née en 1898) travaille à la Société des Nations à Genève (Suisse). Elle épouse en 1921 Adam Rosé (1895-1951), diplomate puis ministre en Pologne. Marietta (1902-1944), écrivain, est active dans la Résistance intérieure française, notamment en contribuant au journal La France continue.

Henriette Martin-Le Dieu et Lucie Adam-Rosé publieront toutes deux des biographies de Marietta Martin dans lesquelles elles évoquent la vie d’Arthur Martin.

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 00:04

Henri Lebègue (1856 – 1938), est un paléographe français, directeur d’études à l'École pratique des hautes études.

Henri Lebègue est né le 27 février 1856 à Nogent sur Marne, alors dans le département de la Seine, aujourd’hui dans le Val-de-Marne. Il est le fils de Gustave Lebègue, chef d’une institution d’enseignement laïque de la commune et de Louise Pontier. La commune a dédié une de ses rues a=à son père. Il a pour frère Ernest Lebègue (1862-1943), historien français. Il est également le neveu de l’éditeur et publiciste de Bruxelles Alphonse-Nicolas Lebègue (1814-1885).

Henri épouse en 1884 Jeanne Lhuillier, dont il a plusieurs enfants, notamment Francis Lebègue (1886-1914), mort pendant la première Guerre mondiale.

Officier de l’instruction publique, attaché à la bibliothèque de l’université de Paris (La Sorbonne) de novembre 1882 à octobre 1888, Henri Lebègue entre à l'École pratique des hautes études en novembre 1891 en qualité de chef des travaux paléographiques. Il intègre la section des sciences historiques et philologiques.

Le chercheur fait œuvre de traducteur et publie les textes des auteurs grecs concernant la géographie et l'histoire des Gaules. Henri Lebègue rédige également des livres d’exercices grecs. Il répertorie et traduit en partie des manuscrits alchimiques grecs conservés à Paris (les Parisini).

Sa dernière œuvre sera une nouvelle traduction du Traité du sublime de Longin, qui paraît après sa mort en 1939.

Membre de l'Association pour l'encouragement des études grecques en France, Henri Lebègue était considéré comme « un des maîtres de la paléographie grecque en France » (*).

Henri Lebègue a été fait chevalier de la Légion d’Honneur en janvier 1923. Il décède le 19 octobre 1938 à Paris (5e).

(*) Les Études classiques: Volume 10 Facultés universitaires Notre-Dame-de-la-Paix (Namur, Belgique)

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 00:06

Ernest Lebègue (1862–1943), est un professeur et historien français.

Ernest Lebègue est né le 31 décembre 1862 à Nogent-sur-Marne, alors dans le département de la Seine, aujourd’hui dans le Val-de-Marne. Il est le fils de Gustave Lebègue, chef d’une institution d’enseignement laïque de la commune (qui a donné son nom à une rue de Nogent) et de Louise Pontier.

Il épouse Marie-Louise Mougin en 1895 et en a plusieurs enfants. Son fils aîné meurt dans les derniers jours de la première guerre mondiale.

Il a pour frère Henri Lebègue (1856-1938), paléographe français et est le neveu de l’éditeur et publiciste de Bruxelles, Alphonse-Nicolas Lebègue (1814-1885).

Ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm à Paris), Ernest Lebègue est agrégé d’histoire et docteur ès lettres. Il travaille dans l’enseignement public pendant quarante-deux ans. Il enseigne à Saint-Quentin (Aisne) puis Belfort, Lille et Rouen où il reste huit ans au lycée Corneille. Il deviendra un spécialiste de l’histoire normande pendant la période révolutionnaire.

Il s’établit ensuite en région parisienne, d’abord au lycée Lakanal de Sceaux puis à Paris successivement au lycée Carnot et au lycée Charlemagne où il termine sa carrière en 1925.

Ernest Lebègue est lié avec plusieurs anciens élèves de l’ENS dont Lucien Herr, professeur de philosophie et pionnier du socialisme français (1864-1926) et Joseph Texte, professeur de littérature comparée (1865-1900). Il échange une correspondance avec l’historien d'art français Émile Mâle, membre de l'Académie française (1862-1954).

Ernest Lebègue collabore vers 1890 à la Revue de géographie, fondée en 1877 par Ludovic Drapeyron (1839-1901). Il est secrétaire général adjoint de la Société normande de géographie jusqu’en 1901. Il consacrera cependant l’essentiel de ses travaux à l’histoire, et notamment à la révolution française de 1789.

Alors professeur au lycée Lakanal de Sceaux, Ernest Lebègue, soutient deux thèses pour le doctorat devant la faculté des lettres de Paris, en Sorbonne, le 24 décembre 1910. Sa thèse principale porte sur Jacques-Guillaume Thouret, député du tiers état de Rouen aux États généraux de 1789 puis président de l’Assemblée nationale constituante. Il soutient également une thèse complémentaire sur les travaux de l'Assemblée provinciale de Haute-Normandie (1787-1790).

En 1935, Ernest Lebègue publie une biographie de Jean François Boursault-Malherbe (1752-1842), acteur, homme d'affaires et révolutionnaire français. Elle est couronnée en 1936 par l’Académie française.

Ernest Lebègue a été fait chevalier de la Légion d’Honneur en janvier 1929. Sa candidature était soutenue par deux hommes politiques, un ministre de droite, Louis Marin, et un de gauche, Paul Painlevé, ancien président du conseil.

Ernest Lebègue décède le 22 juillet 1943 à son domicile, 26, rue Chevert à Paris (7e).

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 00:08

Emporté par la phtisie, une forme de tuberculose pulmonaire, à l’âge de 32 ans, Alix Fournier fut selon l’écrivain Pierre-Barthélemy Gheusi « le magnifique, le révolté à demi génial, le futur grand musicien ».

Né en 1864, il côtoya Camille Saint-Saëns, qui l’appelait « le fou » et fut l’élève de la classe d’orgue de César Franck au Conservatoire de Paris où il fréquentait également les cours de Léo Delibes et Théodore Dubois.

Le jeune musicien fut couronné par le Prix de Rome de composition musicale en 1891 et par une récompense de l’Académie des Beaux-arts, le prix Cressent en 1892. C’est après ce titre qu’on représenta à l’Opéra de Paris sa comédie lyrique, Stratonice, le 9 décembre 1892.

L’opéra, sur un livret de Louis Gallet, raconte l’histoire de la belle princesse grecque, épouse d’un roi macédonien, qui inspire une violente passion à son beau fils. Le roi abandonne la jeune femme et nomme son héritier régent.

Le fait marquant dans la vie d’Alix Fournier est une mystification. On n’aimait guère Richard Wagner, chez les professeurs de musique français à la fin du dix-neuvième siècle. On ne l’appréciait pas, mais on ne l’écoutait pas plus. Le jeune prodige avait parié qu’il transcrirait le duo de Tristan et Isolde dans la cantate qu’il présentait pour le prix de Rome, intitulée L’Interdit. Aucun des auditeurs professionnels n’avait reconnu la pièce de l’opéra de Wagner, puisqu’ils ne l’avaient jamais lue ni entendue. Seul Saint-Saëns dévoila la supercherie.

En 1895, il met en musique une légende écrite par Louise Rousseau, Histoire de chevalerie. Écrivain et botaniste, Louise était l’épouse d’Henri Rousseau, directeur de l’école privée laïque et professionnelle du Parangon, située dans le château et parc du même nom, sur la commune Joinville-le-Pont. Henri Rousseau est le fils d’un maire de la commune, Louis Ferdinand Rousseau.

C’est d’ailleurs à Joinville, dans le château du Parangon, que mourut Alix Fournier, en septembre 1897 après de longues souffrances, entouré de son frère, lieutenant d’infanterie. Il était alors domicilié à Nice avec sa mère.

Il ne semble pas y avoir de disque ou de vidéo reprenant l’œuvre d’Alix Fournier.

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 00:03

Édouard Boureau était un paléobotaniste français, c’est-à-dire qu’il étudiait les formes fossiles les plus anciennes de la vie sur terre. Né à Champ-sur-Layon dans le Maine et Loire en 1913, il résidait dans les années 1980 et 1990 à Joinville-le-Pont.

Docteur diplômé de la Faculté des sciences de Poitiers alors qu’il était âgé d’à peine 25 ans en 1938, il entre après guerre au CNRS où il dirige le laboratoire d’anatomie comparée des végétaux vivants et fossiles. Il devient sous-directeur du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.

Créateur et premier secrétaire de l’Organisation internationale de paléobotanique lors du Congrès international de botanique de Paris en 1954, Édouard Boureau est nommé en 1959, professeur à la Faculté des sciences de Paris qui deviendra plus tard l’Université Paris VI Pierre-et-Marie-Curie). Il dirige la rédaction, qui reste inachevée, d’un Traité de Paléobotanique dont quatre volumes paraissent entre 1964 et 1975.

Il conduit des recherches sur les microfossiles précambriens, portant sur les premières formes de la vie pluricellulaire. Il attribue à des radiations ionisantes d’origine extraterrestre, principalement solaire, les extinctions de masse d’espèces pendant les crises que connaît la biosphère, notamment entre le Crétacé et le Tertiaire. Cette thèse, aujourd’hui contestée, a cependant largement contribué à l’évolution de la paléobotanique, dont les scientifiques français comptent parmi les meilleurs chercheurs.

Édouard Boureau est élu membre de l’Académie des sciences en 1977. Il est officier des Palmes académiques.

À côté de ses œuvres scientifiques, Édouard Boureau a publié un ouvrage de vulgarisation : La Recherche en paléontologie (Le Seuil, 1989). Il est également l’auteur d’un essai, La Terre, mère de la vie ?, publié chez Larousse en 1986.

Édouard Boureau avait son domicile 64, rue de Paris à Joinville-le-Pont. Il est mort le 2 octobre 1999 à l’âge de 83 ans.

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 00:01

Alphonse-Nicolas Lebègue (1814–1885), est un éditeur, écrivain et publiciste français, qui exerce son activité à Bruxelles (Belgique).

Alphonse-Nicolas, né en 1814 à Paris, est le fils d’Euphrasie Marais et de l’imprimeur et libraire parisien Jean Lebègue, qui exerçait rue des Noyers à Paris (5e arrondissement).

Il est d’abord ouvrier typographe, puis prend la succession de son père. Mais il doit s’exiler et fonde une imprimerie et maison d’édition en Belgique en 1843. La maison d’édition » A-N. Lebègue et Cie » devient une des maisons les plus connues de la capitale belge. Elle publie notamment les œuvres de Pierre Joseph Proudhon, un autre proscrit en France.

Lebègue constitue en 1854 à Bruxelles la société L’Office de Publicité qui fournit des annonces à des journaux de province. Elle lance en 1858 un journal hebdomadaire paraissant le dimanche, qui est publié jusqu’en 1890. L’Office de Publicité est « un des organes les plus populaires du parti libéral » (*). Le journal tire à 19 000 exemplaires en 1861. Proudhon y publie des articles, qui font controverse, contre la propriété littéraire (1858) ou opposés à l’unité italienne (1862). Le journal accueille des écrivains belges, comme Caroline Boussart.

À côté de son activité d’éditeur, Lebègue écrit plusieurs ouvrages, souvent des romans à caractère historique. On lui doit notamment La Vie et ses écueils (1865), L’héritage des Sommerville (1870), Les deux Voleurs et l'Âne (1872), Le père Bronchard (1877), Conspiration sous la Régence (1878).

Pendant le second empire, il correspond avec l’éditeur français Pierre-Jules Hetzel, qui publie notamment Jules Verne.

Alphonse-Nicolas Lebègue est l’oncle d’Henri Lebègue (1856-1938), paléographe et d’Ernest Lebègue (1862-1943), historien. Il meurt le 12 décembre 1885 à Bruxelles. Un de ses fils, Jules Lebègue, prend sa succession.

(*) Berthelot, Hartwig Derenbourg, Camille Dreyfus, Giry et al.: La grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome 21, H. Lamirault, Paris, 1885-1902.

Portrait d’Alphonse-Nicolas Lebègue par Georg Meisenbach.

 

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 00:02

Militante d’extrême gauche, elle adopta le nom de Marx, celui de son premier époux ; pacifiste activiste, elle prit l’état-civil de Paz, son deuxième conjoint. Mais Magdeleine fut aussi un écrivain de grand talent, féministe et défenseure des droits des noirs américains.

Magdeleine Legendre naît le 6 juillet 1889 à Étampes. Elle épouse l’écrivain de tendance socialiste Henry Marx (1885-1954).

Magdeleine participe à la Ghilde Les Forgerons, une communauté d'amis née en 1911 parmi d'anciens élèves du lycée Chaptal à Paris. Le groupe, composé de jeunes de tendances socialistes ou anarchistes, est animé par Luc Mériga (pseudonyme de Maurice Liger, un biographe de Jean Jaurès). Il lance « l'Action d'Art », prenant de nombreuses initiatives culturelles et publiant la revue La Forge. Influents dans les milieux pacifistes pendant la première guerre mondiale, Les Forgerons ne résisteront pas au conflit qui divise le socialisme français après-guerre et conduira à sa division en 1920.

Magdeleine Marx rejoint un autre groupe littéraire, engagé à gauche, le mouvement Clarté, animé par Henri Barbusse et Paul Vaillant-Couturier. Elle fait partie de la poignée de Français qui, comme l’expliquera une de ses compagnes de séjour, fait le « voyage aventureux » en Russie (1920-1922) (*). Elle publie en 1923 un reportage enthousiaste sur ses six mois au pays de Lénine « C’est la lutte finale ! »

Après s'être séparée de Henry Marx, Magdeleine épouse Maurice Paz, l'un des fondateurs du Parti communiste français. Il s’en sépare avec la montée du stalinisme, et devient dirigeant de l’Opposition de gauche, proche de Léon Trotski, avant de se brouiller très vite avec lui.

Magdeleine Paz s’engage fortement en faveur des écrivains menacés, comme le Russe Victor Serge. Elle réussit à convaincre Magdeleine Paz, lors du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture (Paris, 1935), André Gide et Romain Rolland d’intervenir en sa faveur auprès des autorités soviétiques. Grâce à leur intercession et à la campagne internationale en sa faveur, Victor Serge obtiendra l'autorisation de quitter l’URSS et s’installera en Belgique.

Comme Maurice Paz, Magdeleine adhère au parti socialiste SFIO où elle figure dans la minorité de gauche. Mais son principal engagement se fait dans le mouvement pacifiste et pour les droits de l’Homme. Elle participe à la fondation en 1935 du Comité de liaison contre la guerre et l’union sacrée avec l’écrivain Jean Giono, la philosophe Simone Weil ou le syndicaliste-révolutionnaire Pierre Monatte. Elle est membre en 1936 du bureau du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

Adhérente à la Ligue des droits de l’Homme, elle s’en retire suite au refus de celle-ci de condamner la situation en Union soviétique lors du congrès d’Avignon en 1938. Elle fonde en septembre 1938, avec Yvonne Hagnauer et Jeanne Alexandre La Ligue des femmes pour la Paix, en réaction aux tensions occasionnées par la rencontre de Munich des dirigeants français et anglais avec Hitler. Ce sera son dernier engagement public, car elle se retire de toute activité politique après l’entrée en guerre en 1939.

Magdeleine, qui divorce de Maurice Paz en 1947, se consacre à son travail d’écrivain. Elle met en avant les thèmes féministes et s’attache à la situation des Noirs américains. Elle traduira de nombreux livres, notamment de l’anglais, ainsi que quelques films. On lui doit notamment une biographie de George Sand (La vie d’un grand homme, Corréa, 1947) et plusieurs romans, comme Frère noir (Flammarion, 1930), Une seule chair (Corréa, 1933) ou Femmes à vendre (Rieder, 1936).

Magdeleine Paz meurt le 12 septembre 1973, dans le 16e arrondissement de Paris.

(*) Hélène Brion en « Russie rouge » (1920-1922), Une passagère du communisme, Le Mouvement social, no 205 –2003/4

 

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 00:07

Joseph Gungl, est un compositeur et chef d'orchestre hongrois.

Joseph Gungl (József Gungl), né le 1er décembre 1810 à Zsámbék, est un hongrois de langue allemande. Il travaille à partir de 1834 comme hautboïste et chef d'orchestre d'une fanfare militaire autrichienne puis fonde son propre ensemble en 1843 à Berlin. Il conduit des tournées de concerts en Russie et aux États-Unis. Il est nommé maître de chapelle à la cour impériale (Kaiserlicher Hofkapellemeister).

En 1868, il crée dans la station thermale de Bad Reichenhall, en Bavière, un orchestre de valse hongrois-allemand, qui existe encore aujourd’hui un siècle et demi plus tard sous le nom de Bad Reichenhaller Philharmonie. Il crée, selon l'Académie autrichienne des sciences, un genre musical, la « musique de cure » qui se joue dans les kiosques et sur les scènes des établissements de bains.

Gungl enseigne ensuite la musique à Schwerin, en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Il a composé plus de quatre cents valses, polkas, mazurkas et marches. Ses œuvres les plus populaires sont la valse de concert Rêves sur l’océan (Träume auf dem Ozean) et la marche hongroise (Ungarische Marsch) qui a été transcrite pour piano par Liszt.

Il est également l’auteur de la Valse des hydropathes (Hydropathen-valsh), une pièce dont le nom frappa le poète et romancier français Émile Goudeau (1849-1906). Ce dernier intitula le club littéraire parisien qu’il anime entre 1878 et 1880 « Les Hydropathes ». Parmi les membres de ce mouvement, on compte le journaliste libre-penseur Henri Vaudémont, conseiller municipal de Joinville-le-Pont.

Joseph Gungl décède le 31 janvier 1831 à Weimar (Allemagne).

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Image du site de la Bnf (Gallica).

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