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2 novembre 2018 5 02 /11 /novembre /2018 00:01

Lucien Antoine Berné fait partie des 17 conseillers municipaux, dont 16 républicains et un orléaniste, élus au premier tour en janvier 1878 pour les 21 postes à pourvoir. La liste bonapartiste de Louis Ferdinand Rousseau n’a « obtenu que très peu de voix » selon le quotidien Le Siècle. Gabriel Pinson, républicain, héritier d’une longue dynastie d’élus locaux, est élu maire de la commune.

Alphonse Demeestère, hôtelier, conseiller municipal et futur responsable du comité radical-socialiste régional, organisa en septembre 1879 une collecte en faveur d’un ancien communard, amnistié et indigent, Adolphe Morandy. Le maire, hostile à cette initiative, fait voter un blâme contre Demeestère par la majorité du conseil. Cependant, sept élus, dont Berné, refusent de s’y associer et expriment leur opposition dans la presse.

Lors des élections municipales de 1881, qui voient la reconduction de Pinson, Berné n’est pas réélu.

En janvier 1884, Berné, présenté comme propriétaire et résidant rue de Brétigny, dans le nouveau quartier de Palissy, est tiré au sort pour faire partie d’un jury de cour d’assises.

Lors du décès de sa femme, Marie Ernestine Sainton, née en 1830 à Loudun (Vienne) et morte le 28 avril 1884 à Joinville, celle-ci est présentée comme veuve par Albert Bleunard (1827-apr. 1896), principal de collège et Francois Blaize (1824-1900), ouvrier lunetier, coopérateur, tous deux conseillers municipaux de Joinville.

Le décès de Lucien Antoine Berné n’est pas enregistré à l’état-civil de Joinville.

Faut-il rapprocher Lucien Antoine Berné (présenté comme A. Berné dans les documents de presse) avec Antoine Berné, né vers 1829, administrateur de l’Association générale des ouvriers tailleurs, poursuivi en juillet 1867 pour « association illicite et atteinte à la liberté du travail » en tant qu’un des organisateurs d’une grève de la corporation à Paris ?

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 01:01

Alexandre Maxime Dalbavie naît le 22 octobre 1884 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Maria Aurélie Maximilienne Deflers et de son mari, Pierre Dalbavie, tailleur pour dames. Sa mère était remariée en janvier 1880 et avait obtenu, par un décret de 1892 que les trois fils qu’elle avait d’une précédente union, prennent le patronyme de Gobin-Dalbavie ; ils se feront connaître sous le nom de Dalbavie.

Résidant avec ses parents à Joinville-le-Pont, rue Dagoty, dans le quartier de Palissy, Alexandre Dalbavie travaille en 1901 comme employé de commerce, sans doute dans l’atelier familial. Il devient ensuite tailleur comme son père, sa mère et ses trois demi-frères Eugène, Victor et Amédée. Il épouse Marcelle Parfond en octobre 1913 à Paris (18e arr.).

Pendant la première guerre mondiale, Alexandre Dalbavie est blessé début 1915. Il sera ensuite lieutenant dans la réserve de l’infanterie.

À partir de 1914, il exerce la profession de drapier. Il dirige après-guerre la société des Textiles Réunis, rue Sainte-Anne à Paris (2e arr.). La maison fait faillite en 1924, un règlement transactionnel étant trouvé en juin.

Pierre Dalbavie, adjoint au maire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) pendant la guerre, professe des opinions politiques très conservatrices. Alexandre Dalbavie semble partager son point de vue. Le quotidien royaliste Action française recommande en 1921 sa maison à ses lecteurs et fait ensuite un très large écho aux productions de la famille.

Alexandre Dalbavie rejoint sans doute l’atelier familial de la rue Ramey à Paris (18e arr.) où exerçait son demi-frère Amédée, mort en 1922.

En décembre 1929, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire. Cependant, en avril 1934, un décret suspend pendant trois ans tous les droits et prérogatives attachés à cette qualité.

Alexandre Dalbavie meurt le 13 février 1958 au Raincy (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il était âgé de 73 ans.

Un modèle de la maison Dalbavie en 1926

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 01:01

Suite de la biographie de Pierre Dalbavie

Le scrutin général de mai 1912 voit le retour de Dalbavie dans l’arène électorale à la tête d’une liste libérale. En février, Dalbavie réunit chez lui les candidats et sympathisants de sa liste. Un journal de droite, l’Écho de Saint-Maur, assure que près de 100 personnes y étaient, mais l’hebdomadaire radical Voix des communes conteste : « c’est impossible de faire entre 98 personnes chez Dalbavie. »

En avril, Dalbavie, Louis Gallas et Georges Bitterlin, au nom de la liste libérale, concluent un pacte avec deux autres listes, celle des socialistes unifiés (Georges Laruelle, Émile Lebègue et Constant Ricard) et celle des dissidents radicaux (Ernest Mermet, Henri Vel-Durand et Maurice Watrinet). Ils conviennent « que les organisations politiques diverses doivent être représentées au conseil municipal par eux qui sont les meilleurs militants de leurs partis respectifs ». Ils décident de faire, au second tour, une liste unique constituée proportionnellement aux résultats du premier tour.

Louis Gallas et Dalbavie, qui affichent un programme économique libéral, essaient de s’appuyer sur les commerçants de la ville.

Le premier tour de scrutin laisse une majorité relative aux radicaux-socialistes officiels, emmenés par Émile Briolay, le maire sortant Eugène Voisin ne se représentant pas. Sur la base de leurs scores respectifs, les trois opposants se regroupent sur une liste comptant 10 radicaux dissidents, 7 socialistes et 6 libéraux. Au second tour, la coalition remporte les 23 sièges à pourvoir. Ernest Mermet est élu maire, Dalbavie est accompagné par Beauvais, Gallas, Perchet, Barreau et Bitterlin. Il se voit confier le poste d’adjoint au maire, au côté de Vel-Durand.

Pour les élections législatives de mai 1914, Dalbavie appuie la candidature de son collègue du conseil, l’avocat Louis Gallas, au nom de la Fédération des républicains progressistes, libéraux et indépendants de la deuxième circonscription de Sceaux. C’est le socialiste Albert Thomas, futur ministre et premier directeur du Bureau international du travail, qui l’emportera.

Le déclenchement de la première guerre mondiale va conduire Dalbavie à jouer un rôle important. À côté du maire, Mermet, absent au début du conflit et Vel-Durand étant mobilisé, c’est Dalbavie qui est le seul adjoint en fonction. Il est le signataire de l’affiche officielle placardée le 3 août 1914 sur les murs de la ville. Après le retour de Mermet, selon Voix des communes, il « seconde de son mieux le maire, c’est à lui que vont la plupart des réclamations des citoyens recevant des secours de chômage ou pour toucher l’allocation militaire, les réclamations sont nombreuses ».

Cependant, Dalbavie est malade et régulièrement absent. Pour faire fonctionner la mairie, Mermet nomme Watrinet adjoint en remplacement de Vel-Durand.

Quand il reprend ses fonctions, il s’attire de vives critiques de certains radicaux, comme Louis Rey, qui lui reprochent s’être proclamé le président des Anciens combattants de 1870-1871, sans que les vétérans de la guerre franco-prussienne aient été consultés. Sa gestion autoritaire du personnel municipal est également contestée. Il est à la manœuvre pour empêcher une tentative d’achat de charbon par un groupe d’habitants, trop proche à son goût des radicaux-socialistes.

En novembre 1917, Dalbavie, avec Watrinet et Mermet, est signataire de l’affiche appelant à souscrire à l’emprunt de guerre lancé par l’État.

Après le conflit, Dalbavie ne se représente pas aux élections municipales organisées en novembre 1919. Il semble ne plus avoir d’activité politique publique. Il est signalé, en juin 1922, comme abonné au quotidien royaliste Action française. Si l’implantation locale du parti d’extrême-droite semble peu importante, un des anciens colistiers de Dalbavie en 1912, le docteur Georges Bitterlin, figurait sur la liste des candidats du mouvement pour les élections législatives de 1919. Au moins deux des fils du couple Dalbavie seront qualifiés d’amis par le journal de Léon Daudet et Charles Maurras.

Pierre Dalbavie meurt le 15 août 1925 à Joinville. Il était âgé de 83 ans et avait été décoré, en février 1914, des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

À noter que le nom de Dalbavie est fréquemment mal orthographié, non seulement dans la presse, mais même dans des sources officielles. On trouve par exemple les formes Dalbaire, Dalbaret, Dalbacie, Dalbon ou Dalbavu.

Affiche de guerre signée Dalbavie

 

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27 septembre 2018 4 27 /09 /septembre /2018 01:01

Pierre Dalbavie naît le 6 mai 1842 à Domme (Dordogne). Il est le fils de Marie Laurier et de son époux Jean Dalbavie, bottier. Il vient à Paris où il travaille dans la confection, en tant que tailleur d’habits en 1880. Cette année-là, il épouse une couturière, Marie Aurélie Maximilienne Deflers, originaire de Beauvais (Oise). Elle est veuve depuis l’année précédente de Pierre François Xavier Gobin, typographe. En 1892, la famille obtient que les trois enfants de ce premier mariage, Eugène, Victor et Amédée, puissent porter le nom de Dalbavie en sus de leur patronyme. Ils adopteront définitivement l’appellation de Dalbavie et travailleront tous, comme le fils de Pierre Dalbavie, Alexandre, dans la mode et les tissus.

Employé initialement rue des Filles du Calvaire à Paris (3e arr.), Pierre Dalbavie implantera un atelier rue Ramey (18e arr.), qui sera repris par les enfants du couple.

À la fin du 19e siècle, Pierre Dalbavie s’installe avec son épouse, son dernier fils et un petit-enfant avenue Dagoty, dans le quartier de Palissy à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). En 1901, il a cessé son activité professionnelle et vit de ses rentes.

Lors des élections municipales de mai 1900, Dalbavie est candidat sur la liste républicain conduite par le maire Eugène Voisin et soutenue par les radicaux-socialistes. Elle emporte les 23 sièges, face à la seule concurrence de quelques membres du comité électoral socialiste-révolutionnaire. Dalbavie est élu en 16e position avec 529 voix, pour 1 096 inscrits (48,3% des inscrits).

Pendant son mandat, Dalbavie va s’inscrire dans la minorité conservatrice du conseil. En mai 1911, il préside une réunion antidreyfusarde de soutien au mouvement La Patrie française d’Henri Rochefort. L’assemblée fustige « l’ignoble équipe gouvernementale, les agissements des sectaires francs-maçons, des dreyfusards et des sans-patrie » plaidant pour une « République nationale. »

Lors d’un vote en juin 1902, la majorité locale, nettement anticléricale, se prononce par 13 voix contre l’autorisation de l’activité des Sœurs enseignantes de la Providence. Dalbavie fait partie des cinq qui votent pour, avec Cosson, Moulinet, Provin et Boileau.

Lors du scrutin municipal de mai 1904, Dalbavie va rejoindre une liste beaucoup plus marquée à droite que celle de la majorité municipale. Elle rassemble quatre conseillers sortants, Moulinet, Provin, Dalbavie, Raoult face à la liste du maire, clairement soutenue par les radicaux-socialistes, et à une liste socialiste (Lacroix, Lebègue).

Le député radical-socialiste, Jules Ferdinand Baulard, analyse le résultat du premier tour comme « une réprobation énergique du nationalisme et du cléricalisme ». Eugène Voisin fait élire 22 conseillers municipaux sur son nom, la liste de droite n’ayant qu’un élu, Moulinet. Dalbavie a recueilli  395 voix, soit 35,3% des 1119 votants pour 1363 inscrits au premier tour.

Si Dalbavie n’est pas candidat lors des élections municipales générales de 1908 ni lors du scrutin partiel de 1911, il joue cependant un rôle important dans la vie politique locale. En mars 1909, il préside une réunion de soutien à la candidature de Blondont, qui tente de remplacer le radical Adolphe Maujan, élu sénateur. C’est un autre radical, Amédée Chenal qui l’emporte, devançant le socialiste Albert Thomas dans la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux. Le journal radical Voix des communes qualifie Dalbavie de « réactionnaire militant. »

Sur le plan local, Dalbavie participe à une opération de contestation de la gestion du maire vieillissant de de la majorité radicale-socialiste, qui réunit les socialistes, les libéraux, des conservateurs et quelques dissidents, prenant prétexte de de l’entretien d’une voie communale de Palissy et d’un conflit entre un directeur d’école et une mère d’élève dans une école de Polangis. Elle aboutit à la victoire d’une improbable coalition d’opposants lors d’une élection partielle en octobre 1911.

A suivre

Une production de l'atelier Dalbavie en 1925

 

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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 01:01

Marie Gabrielle Krahnass naît le 23 juin 1845 à Poitiers (Vienne). Elle est la fille de Marie Virginie Bastard et de son époux, François Krahnass, officier polonais réfugié en France. François Krahnass, comptable, était un des plus actifs membres de l’émigration de 1831, qui avait vu l’élite de l’armée et de la jeunesse du pays rejoindre la France après l’écrasement de leur insurrection par les forces russes.

Élève de Mme Leguay et de MM. Poitevin et Chaplin, Gabrielle Krahnass est artiste peintre, d’abord à Poitiers puis à Paris, travaillant principalement sur porcelaine. Elle expose pour la première fois au salon de Paris en 1876 Le rêve de bonheur (porcelaine). Au salon de 1878, sous son nom de femme mariée, elle présente Jeune fille endormie (porcelaine) et  au salon de 1880, Le printemps (dessin).

Elle aura plusieurs élèves qui exposeront également, dont Marie-Louise Welter (née Rode) et Caroline Lipart (née Steuer).

En mars 1877 à Paris (3e arr.), Gabrielle Krahnass épouse Albert Kownacki, professeur et conférencier, également fils d’un officier polonais réfugié devenu professeur de dessin, Joseph Kownacki. Gabrielle et Albert Kownacki hébergeront Joseph Kownacki jusqu’à sa 102e année en 1908, avec leurs trois enfants, dans leur maison du 57, rue du 42e de Ligne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune où ils vivent depuis au moins 1883.

Les deux filles de Gabrielle et Albert Kownacki, Alice Kownacka (1878-1940) et Emma Berthe dite Marthe Kownacka (1879-1915), dont l’une fait des études supérieures de chimie à l’université de la Sorbonne, seront aussi artistes peintres.

Leur fils, Marcel (1883-1970) sert comme caporal au sein du 289e régiment d'infanterie pendant la première guerre mondiale, grièvement blessé à deux reprises en janvier 1915 à Crouy, il est fait prisonnier et emmené à Friedrichsfeld (Allemagne) avant d’être pris en charge par la Croix-Rouge et interné en Suisse à Böningen (canton de Berne) comme d’autres grands malades français. En 1919, il est décoré de la médaille militaire.

Gabrielle Kownacka meurt le 16 mars 1917 à Joinville, à l’âge de 71 ans. L’Association des anciens élèves de l'école polonaise de Paris lui rendra hommage. Son mari, Albert, avait été décoré de la Légion d’honneur en 1914.

 

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 01:01

Henri Louis Eugène Seneuze naît le 3 février 1862 à Paris (15e arr.). Ses parents sont Jenny Françoise Chenue et son époux Édouard Jean Baptiste Antoine Seneuze, employé.

Prêtre du diocèse de Paris, il est d’abord vicaire à Noisy-le-Sec (Seine, act. Seine-Saint-Denis) puis est nommé en 1890 vicaire à Saint-Nicolas des Champs à Paris (3e arr.). En 1900, il devient vicaire à Saint-François-Xavier à Paris (7e arr.). Avec d’autres prêtes de la paroisse, il fera des voyages à Merquel, lieudit de la commune de Mesquer (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) sur la presqu’île de Guérande. Il contribue à y créer la colonie Saint-Clément qui permit à de nombreux enfants de la paroisse Saint-François-Xavier de découvrir la mer. En 1926, il écrit un court livre : Merquel et ses environs.

Seneuze est nommé en août 1908 premier vicaire de la paroisse Saint-Charles-Borromée de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), et administrateur de la chapelle Sainte-Anne de Polangis. Construite en 1906 par l’abbé Lassier, elle était baptisée « chapelle des usines » parce qu’elle jouxtait les établissements Pathé-Natan. Implantée avenue Oudinot, dans le nouveau quartier de Polangis, elle dessert aussi celui de Palissy, également sur la rive gauche de la Marne. L'abbé Seneuze fait agrandir l’édifice qui, construit après 1905, n’appartient pas à la ville, en lui adjoignant deux collatéraux.

Pendant les inondations de la Marne, de janvier à mars 1910, qui voient les deux-tiers du quartier de Polangis et une partie de celui de Palissy sous les eaux, l’abbé Seneuze a logé une quinzaine de personnes ruinées. Le rédacteur anticlérical du journal radical Voix des communes Louis Rey, également conseiller municipal, qui avait omis de le citer parmi les personnes mobilisées pour aider pendant l’inondation, s’en excuse publiquement.

Après le départ de l'abbé Lassier en mai 1910, Sainte-Anne de Polangis est érigée en église paroissiale en juin de la même année, avec un territoire groupant environ 10 000 habitants à Joinville et dans quelques rues voisines de Champigny.

L’abbé Seneuze cède sa cure en novembre 1921 à l'abbé Simonard pour devenir aumônier des Sœurs Sainte-Marie de la Famille, rue Blomet dans son quartier natal de Paris (15e arr.).

Henri Seneuze meurt le 26 novembre 1938 à Paris (15e arr.). Il résidait rue de l’Abbé-Groult et était âgé de 76 ans.

 

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 01:01

Paul Eugène Henry Jodelay naît le 5 avril 1884 à Malakoff (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est  fils d’Alix Jeanne Charlot, couturière, et de son époux Eugène Jean Baptiste Paul Jodelay, piqueur des ponts et chaussées.

Embauché en décembre 1899 par la préfecture de la Seine, à l’âge de 15 ans, Paul Jodelay y travaille comme commis dessinateur au service des chemins de fer métropolitains. Il est en 1920 au Service de la voie publique, du nettoiement, de l'éclairage et des plantations puis en 1921 au service d'Architecture. Il réussit le concours de conducteur des travaux de Paris en 1927, affecté au bureau de la comptabilité de la direction des services d'Architecture et des Promenades.

Ayant effectué un service militaire en 1903-1904, Paul Jodelay est lieutenant de réserve en 1934. Son frère, Jean Isidore, a été tué pendant la première guerre mondiale.

Installé avec ses parents dans le Bois de Vincennes à la Ferme de la Faisanderie de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1902, Jodelay dispose d’un logement personnel dans la commune, rue de Paris, en 1909. Il se marie en avril de cette année à Paris (19e arr.) avec Rachel Amélie Massé, puis est veuf dès novembre 1911. Il se remarie avec Lucie Isabelle Guillaume.

Le club cycliste Joinville Sportif confie en avril 1924 le poste de secrétaire général à Jodelay, en remplacement de René Henri Graillat. Ses deux frères, Eugène et Henri, seront eux-aussi administrateurs du club. Il est vice-président en 1929 et réélu à ce poste en octobre. Il en est le président en 1933.

C’est sans doute son père Eugène Jodelay (mais ce peut également être Paul) qui est candidat lors des élections municipales de novembre 1919 sur la liste libérale du Bloc indépendant conduite par Jules Beauvais, conseiller municipal. La liste n’a pas d’élu et se retire au second tour, qui voit la victoire d’Henri Vel-Durand, élu maire.

Lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, Paul Jodelay est candidat sur la liste des républicains indépendants, proche de la majorité municipale de cartel des gauches, et menée par Antoine Liou. Elle s’oppose à une liste de concentration républicaine, plus marquée à droite, et à deux listes communiste et socialiste. Jodelay recueille 602 voix sur 2 297 suffrages exprimés (26,2%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. La liste n’a pas d’élu et se retire au second tour devant celle de concentration républicaine.

L’année suivante, avec les élections municipales générales de mai 1935, Jodelay rejoint la liste de l’Union des républicains, dont Frédéric Bautsch est le promoteur. Face à la municipalité sortante de centre-gauche, dirigée par Georges Briolay, et aux listes communiste et socialiste, l’Union des républicains, nettement marquée à droite, est en tête au premier tour. Jodelay obtient 937 voix sur 2 856 suffrages exprimés (32,8%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Elle emporte au second tour, marqué par l’union des candidatures de gauche, 25 des 27 sièges à pourvoir, les communistes en ayant deux. Jodelay est élu après avoir enregistré 1 171 voix sur 2 899 suffrages exprimés (40,4%) pour 2 924 votants. Emile Lesestre est élu maire.

Paul Eugène Jodelay décède le 6 décembre 1936 à Joinville. Il était âgé de 52 ans et veuf de sa deuxième épouse depuis mars 1934. Il vivait dans le quartier de Palissy, avenue Galliéni. Son fils Roger Eugène Paul (né en 1913), orphelin, obtient un secours du conseil municipal de Paris 1937. Sergent pendant la deuxième guerre mondiale, il est fait prisonnier et détenu au camp de Charleville dans les Ardennes françaises. C’est probablement lui qui, ingénieur chimiste, rejoint en 1958 l’Association des anciens de la météorologie militaire. Est-ce lui le Roger Jodelay, décorateur de cinéma sur plusieurs films (La Communication, de Domingue Rollin ou Topaze, de Marcel Pagnol) et productions télévisuelles (Vieille France d’André Michel  ou Les Enquêtes du commissaire Maigret) ?

Paul Jodelay était titulaire de plusieurs décorations : médaille d’honneur communale en décembre 1927, chevalier du Nichan el-Anouar au titre de l’exposition coloniale en mai 1933, médaille d'argent de l’éducation physique en septembre 1934.

Le bureau de Joinville Sportif en 1933

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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 01:01

Manuel Émile Gathier naît le 15 octobre 1885 à Paris (17e arr.). Il est le fils de Joséphine Gathier, domestique. Il est reconnu lors du mariage de sa mère avec Félix Redoux en mars 1889 à Paris (9e arr.) et porte ensuite le nom de Redoux.

Employé de la compagnie d’assurances l’Abeille, Manuel Redoux épouse en octobre 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Louisa Thérèse Gathier, polisseuse en bijoux. Ils s’installent dans cette ville et résident rue Chapsal.

Mobilisé pendant la première guerre mondiale, Redoux était porté disparu en février 1915.

En janvier 1926, Redoux réorganise l’Association sportive de Palissy (lutte, haltérophilie) et en devient le président.

Parallèlement à son métier, Redoux participe également à la société mutualiste Assurance fraternelle de Joinville-Nogent, présidée par Lucien Epin. Il est trésorier adjoint en 1934 puis vice-président en 1936 et 1937. À cette date, elle compte 300 membres et est affiliée à l’Union mutuelle nationale pour l’assurance.

Alors sous-chef de service à la compagnie d'assurances l’Abeille, Redoux est décoré de la médaille d'argent du commerce et de l’industrie en juillet 1933. Il reçoit mention honorable pour son action mutualiste en août 1936.

Manuel Redoux meurt le 11 mai 1943 à Joinville. Il était âgé de 57 ans et résidait avenue du Parc, dans le quartier de Polangis.

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6 avril 2018 5 06 /04 /avril /2018 01:01

Simon Raphaël Pierre Lavogade naît le 10 septembre 1890 à Paris (19e arr.) Il est le fils d’Eugénie Larue, couturière et de son époux Charles Marie Raphaël Lavogade, fabricant de boîtiers de montres. C’est le quatrième des frères d’une famille qui a compté 11 naissances et qui s’installe vers 1900 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier de Palissy.

Comme toute la fratrie, Simon est bijoutier, et comme ses deux frères plus âgés, Bébé et Maurice, Simon est un athlète. En 1908-1909, il pratique le football, en tant qu’arrière, dans l’équipe du Club athlétique de Joinville (CAJ) dont son frère Simon est capitaine. Il participe à plusieurs matches de championnat notamment dans le Nord.

Son activité principale sera la natation. S’il s’aligne en 1907 dans des courses courtes de 100 mètres, sa spécialité, à l’instar de ses frères, sera le grand fond.

Toujours avec ses frères, Maurice participe en août 1911 à une pantomime nautique au sein de la troupe Basket, baptisée Les Amoureux de Léontine, pendant le meeting de natation de Joinville.

En août 1913, Charlot (le fils aîné), Bébé, Maurice et Simon Lavogade affrontent dans un match d'une demi-heure à l'américaine des familles sportives les quatre frères Hanouet. La course, sur 1.700 mètres est gagnée de quinze mètres par les frères Hanouet.

Mobilisé lors de la première guerre mondiale au 46e régiment d’infanterie, Simon Lavogade est blessé gravement à la figure par un éclat d’obus le 30 août 1914. En traitement à l’hôpital militaire de Versailles, il est ensuite placé en convalescence dans sa famille à Joinville. Il réintègre l’armée en 1916 et est décoré, après une citation, de la Médaille militaire et de la croix de guerre en juillet 1916. Selon son carnet, dévoilé par sa petite-fille Claudine Penvern, Simon Lavogade est une gueule cassée : « Toute ma lèvre est tombée sur le côté. Je ne peux pas boire par la bouche, parce que j’ai la mâchoire qui est tombée, alors la langue l’a suivie. »

Sa blessure n’empêchant pas Simon Lavogade de nager, il va reprendre une activité sportive, pendant même sa période de convalescence. Il rouvre ainsi la saison de natation du Cercle athlétique de Joinville en mai 1915 sur l’île Fanac. Il assure en particulier l'entraînement au water-polo. Il participe à une course sur 200 mètres et est l’organisateur, fin août de la même année, d’une fête nautique au profit des blessés militaires organisée à Joinville avec un de ses rivaux, Charles Hanouet, qui sera tué au combat le mois suivant, et deux nageuses, Mlles Darderes et Entraigues.

Reprenant les courses de fond dès 1916, Simon Lavogade participe aux traversées de Joinville et de Paris. Dans cette dernière épreuve, il finit 5e en 1917 puis 4e l’année suivante. Il est alors soldat au 29e régiment de chasseurs à cheval. Il est partie prenante de nombreuses épreuves collectives entre 1924 et 1927 avec le CAJ.

Les trois frères Bébé, Maurice et Simon jouaient également au water-polo, par exemple pour leur équipe du CAJ lors d’un match en juillet 1919.

Marié en mai 1911 à Joinville avec Charlotte Victorine Guincêtre, employée en cinéma, Simon avait célébré ses noces le même jour que son frère Alexandre.

Comme ce dernier, Simon Lavogade va assumer des responsabilités associatives au sein de son club sportif, le CAJ. Il est l’adjoint de son frère pour la trésorerie en 1908. Il rend compte de son activité dans l’hebdomadaire de centre-gauche Voix des communes en 1916. Il gère les engagements dans des courses entre 1926 et 1934 et se présente comme « champion de la rigolade » lors d’un challenge interclub en août à Joinville. C’est lui également qui prononce un discours en décembre de cette année-là aux obsèques de Georges Scornet, adjoint au maire de Joinville et licencié au CAJ.

En janvier 1919, Simon Lavogade a participé à la formation de la Société des mutilés, réformés et veuves de guerre de Joinville-le-Pont, présidée par Gabriel Bureau et à laquelle participe plusieurs personnalités locales comme Émile-Georges Muckensturm ou Etienne Pégon. Il participe à l’organisation d’une fête en faveur de l’association en mai 1924.

Outre ses décorations militaires, Simon Lavogade était titulaire de la médaille d'argent de l’éducation physique. Il résidait depuis avant-guerre dans le quartier de Polangis.

Simon Lavogade meurt le 4 janvier 1963 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il avait 72 ans.

Son fils aîné, Simon Charles Lavogade (1912-2001), militant communiste, s’engage dans les Brigades internationales puis militera au Mouvement de la Paix. Sa fille Yvonne Lavogade (1914-1997) avait également participé à des compétitions de natation ; elle épouse à Joinville en août 1933 Albert Menu.

Simon Lavogade en 1910, agence ROL

 

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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 01:01

Maurice Simon Lavogade naît le 23 avril 1888 à Paris (19e arr.) Il est le fils d’Eugénie Larue, couturière et de son époux Charles Marie Raphaël Lavogade, orfèvre. C’est le troisième des frères d’une famille qui a compté 11 naissances et qui s’installe vers 1900 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier de Palissy.

Maurice Lavogade est un champion sportif, pratiquant la natation, principalement des courses de grand fond, où il s’aligne souvent avec ses deux frères Bébé et Simon, mais également parfois des distances plus courtes (200 m. par exemple).

Il participe en août 1908 au championnat du monde de nage sous l’eau, organisé pendant le meeting de Joinville. Il finit troisième des Six heures de Joinville en septembre 1910 et quatrième l’année suivante.

En août 1913, Charlot, Bébé, Maurice et Simon Lavogade affrontent dans un match d'une demi-heure à l'américaine des familles sportives les quatre frères Hanouet. La course, sur 1.700 mètres est gagnée de quinze mètres par les frères Hanouet.

Les trois frères Bébé, Maurice et Simon jouaient également au water-polo, par exemple pour leur équipe du CAJ lors d’un match en juillet 1919

Toujours avec ses frères, Maurice participe en août 1911 à une pantomime nautique au sein de la troupe Basket, baptisée Les Amoureux de Léontine, pendant le meeting de natation de Joinville.

Pendant la première guerre mondiale, Maurice Lavogade est soldat au centre de mobilisation d'artillerie n° 421. Il est décoré de la Médaille militaire.

Marié en août 1908 avec Louise Vogel, employée de commerce, Maurice Lavogade s’installe après la première guerre mondiale à Bry-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Comme son père et sa fratrie, il est bijoutier.

Leur deuxième fils, Denis, élève pilote et résistant, est fusillé en 1943.

Maurice Simon Lavogade meurt le 11 décembre 1962 à Bry-sur-Marne, où il est inhumé. Il était âgé de 74 ans.

Maurice Lavogade en 1913

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