Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 01:01

Henri Georges Vardinal naît le 2 décembre 1893 à Paris (10e arr.). Il est le fils de Louise Eugénie Charbonneix et de son mari, Édouard Henri Vardinal, monteur en bronze. Il exerce le même métier que son père lors de son incorporation au titre du service militaire en novembre 1913. Il vit chez ses parents qui se sont installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Le comportement de Vardinal pendant la première guerre mondiale, où il est téléphoniste dans le 32e régiment d’artillerie, lui vaut trois citations, à l’ordre du régiment en juillet 1916, à l’ordre du corps d'armée en janvier 1917 et à l’ordre du grand quartier général en août 1918.

Blessé une première fois d’un éclat d’obus à la tête et à l’œil en septembre 1914, Vardinal est de nouveau très gravement atteint en juillet 1918 par un éclat d’obus au bras en réparant une ligne près de la ferme de Montrambeuf, Aisne. Il est amputé du bras gauche. À ce titre, il sera pensionné puis éligible à un emploi réservé.

Ses actions valent à Vardinal de recevoir la croix de guerre avec étoile de bronze et la médaille militaire en août 1918.Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1933 puis officier en juin 1947.

Après-guerre, Vardinal réside toujours à Joinville-le-Pont et devient commis de serrurerie. Il épouse Juliette Eugénie Hébrard et séjourne à Nîmes (Gard) où naît sa fille Yvonne en 1927.

La famille est de retour à Joinville en 1931, demeurant avenue Jean-d’Estienne-d’Orves, dans le quartier de Polangis, mais faisant régulièrement des séjours dans le Gard.

À partir de février 1943, Vardinal est employé comme auxiliaire du ministère du travail, détaché au bureau de placement de Joinville, qui s’occupe de la gestion du chômage dans la commune. Il devient agent dans la même fonction en 1948 avant de faire valoir ses droits à la retraite en novembre 1957. Pendant l’occupation, une enquête de voisinage conduite en 1947 témoigne qu’il « n’a pas fréquenté les allemands » et « leur était très hostile. »

Son père, Édouard Vardinal, devient brièvement conseiller municipal communiste de la commune en mars 1953. Son frère Roger est cantonnier à la mairie.

Henri Georges Vardinal meurt le 1er août 1966 à Créteil, où il était hospitalisé. Il résidait toujours à Joinville et était âgé de 72 ans.

Son épouse rejoint, en 1967, sa fille qui vit aux États-Unis à Chicago, Illinois.

Partager cet article
Repost0
6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 01:01

Édouard Henri Vardinal naît le 10 février 1870 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Adélaïde Rousseau et de son époux Constant Vardinal, sellier.

Vivant toujours dans le même arrondissement, Édouard Vardinal devient monteur en bronze. Il fait un service militaire raccourci en 1891-1892, du fait du décès de son père, et épouse en février 1893 à Paris (10e arr.) Louise Eugénie Charbonneix, fille d’un maçon.

Entre 1897 et 1904, la famille vit aux Lilas (Seine, act. Seine-Saint-Denis) puis revient dans à Paris (19e arr.), square Bolivar, en 1907. À partir de 1913, la famille est définitivement installée à Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, avenue du Bac.

Pendant la première guerre mondiale, Vardinal est d’abord affecté au 29e régiment d’artillerie, basé à Laon (Aisne), puis, à partir de juin 1916 détaché au sein de la maison Vachette, rue du Chemin-Vert à Paris (11e arr.).

Après le conflit, Vardinal travaille à la maison Thibault où il est chef de fabrication pour le montage de bronze.

En novembre 1947, lors des élections municipales à Joinville-le-Pont, Édouard Vardinal figure sur la liste Union républicaine et résistante, qui rassemble des communistes, des radicaux et d’autres personnalités de gauche. La liste obtient une moyenne de 3 017 voix sur 6 974 suffrages exprimés (44,4%), étant légèrement devancée par la liste gaulliste du RPF avec 3 066 votes (45,1%). Cependant, les deux listes ayant chacune 13 élus, c’est le socialiste SFIO Berthet, seul de sa liste, qui permet au maire sortant Robert Deloche de retrouver son poste.

En 1950, c’est probablement Édouard Vardinal (ou son fils Henri), qui participe en tant que responsable des Vieux travailleurs au 6e anniversaire de la Libération de la ville.

Non élu en 1947, Édouard Vardinal va être appelé à siéger au conseil municipal le 16 mars 1953, en remplacement de Robert Deloche, démissionnaire. Amélie Trayaud, communiste également, est élue maire. Son mandat prit fin dès le 26 avril 1953.

Édouard Vardinal meurt le 1er octobre 1953 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 83 ans. Il avait eu deux enfants.

Partager cet article
Repost0
18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 00:01

Victor Eugène Bluche naît le 11 décembre 1885 à Bérou-la-Mulotière (Eure-et-Loir). Il est le fils de Marie Eugénie Fransioli et de son époux Gédéon Jullien Bluche, ouvrier d’usine.

Devenu tréfileur à l’usine Bi-Métal de Joinville-le-Pont, Victor Bluche s’est installé avec sa mère dans la commune avant 1905. Il effectue son service militaire entre 1906 et 1908.

Ayant repris son travail, il prend une part active à la grande grève des ouvriers de l’établissement métallurgique. Le 19 janvier 1910, la majorité des quelques 240 ouvriers se mettent en grève avec l’appui de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux. Le syndicat est affilié à la Confédération générale du travail (Cgt), fondée en 1895 et unifiée en 1902 avec la fédération des bourses du travail ; la Cgt a adopté en 1906 la charte d’Amiens, qui reste la base idéologique du syndicalisme français.

Leurs demandes consistent en une revalorisation des salaires. Le conflit, particulièrement long, deviendra très violent, illustrant la rudesse des rapports sociaux au début du vingtième siècle. Il aura des échos à la Chambre des députés comme dans toute la presse.

Le langage de la presse de l’époque est fleuri. Le quotidien socialiste L’Humanité, fondé par Jean Jaurès en 1905, donne la parole au syndicaliste-révolutionnaire Gaspard Ingweiller (1876-1960, résidant à Paris). C’est lui qui dirige la grève joinvillaise, en tant que secrétaire de l’Union des métaux : « Les métallurgistes s'étant aperçus qu'un foyer de jaunisse [des non-grévistes embauchés par la direction] existait à l'usine de Canalisation électrique de Joinville-le-Pont, décidèrent d'accord avec les autres organisations en grève, de prendre de vigoureuses mesures de prophylaxie pour éteindre le foyer infectieux, considérant qu'il vaut mieux prévenir que guérir. »

Les syndicalistes se félicitent que, après trois semaines, « aucune défection se soit produite ». Des « cuisines communistes » fonctionnent pour fournir les repas aux grévistes et à leurs familles. Les enfants des métallurgistes en lutte sont pris en charge par d’autres militants afin d’écarter « le souci moral occasionné dans les luttes ouvrières par la présence des enfants. »

L’usine qui fabrique notamment des fils téléphoniques, est sous les eaux au cours de l’inondation historique  de la Marne qui recouvre tous les terrains bas pendant tout le mois de février. Début mars, les eaux s’étant retirées, la direction voulut procéder au graissage des machines qui avaient été submergées. Une vingtaine de mécaniciens parisiens est recrutée par les contremaîtres vendredi 18 mars ; ils arrivent accompagnés matin et soir par une escorte de policiers entre la gare du chemin de fer et l’usine. Mais l'entrée des ateliers est barrée par des grévistes embusqués qui leur interdisent l'accès de l'usine, tirant même des coups de revolver ; dix grévistes seront arrêtés.

La direction décide alors de faire appel au « Syndicat des jaunes », un mouvement anti-gréviste fondé en 1899 et soutenu par des groupes d’extrême droite. Le lundi 21 mars, ils sont une quarantaine, toujours accueilli par des protestations des grévistes. La tension monte encore. Des menaces de mort ont été adressées au directeur et des fils télégraphiques et téléphoniques ont été coupés à Saint-Maurice et dans le Bois de Vincennes.

Un des ouvriers nouvellement embauché est surpris emportant des pièces de cuivre dans une toile dissimulée sous son veston. La police procède à une fouille à l’entrée de la gare parmi les ouvriers qui regagnaient Paris : elle trouve sur six d’entre eux une moyenne de vingt kilos de métal ; ils sont eux aussi envoyés en prison. Le lendemain, un autre est encore convaincu de vol. La direction de l'usine décide alors de congédier tout le personnel nouvellement embauché et de fermer les ateliers.

Six grévistes du Bi-Métal comparaissaient, le 12 avril, devant le tribunal correctionnel, pour entrave à la liberté du travail, outrages aux agents et port d'arme prohibée ; le 27 mars, ils avaient attaqué à coups de pierres el de bâtons des travailleurs non-grévistes. Victor Bluche, qui est présenté comme un meneur, est condamné à trois mois de prison pour « entrave à la liberté du travail et violences aux agents » par le tribunal correctionnel de la Seine. Gaston Florence reçoit la même peine, tandis que son futur beau-frère François Lucchi et Jean Elipoura, (dit Lepicoura) se voient infliger deux mois de prison et Catherine Gutbrod (née Thomé), quinze jours.

Le 18 avril, l’usine rouvre après pratiquement trois mois d’arrêt, et la plupart des ouvriers reprennent le travail. Mais les incidents se poursuivent, avec notamment le sabotage de lignes téléphoniques. Au total, 25 personnes impliquées dans le conflit auront été arrêtés. Des bagarres se produisent encore le 5 mai, lors d’un meeting organisé dans la vaste salle de la coopérative de Gravelle à Saint-Maurice.

Un « comité révolutionnaire secret de la région de Joinville » dont le syndicaliste révolutionnaire Émile Pouget (1860-1931), fondateur du Père Peinard puis rédacteur en chef du journal de la Cgt, La Voix du peuple, vante l’action dans son ouvrage Le sabotage paru la même année revendique la coupure de 795 lignes téléphoniques et télégraphiques du lors d’actions conduites entre le 8 et le 28 juillet 1910 pour « protester contre l'arrestation arbitraire du camarade Ingweiller, secrétaire de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux, les poursuites scandaleuses engagées contre le comité de grève du Bi-Métal et les condamnations prononcées le 25 juillet 1910. »

Pendant la première guerre mondiale, Victor Bluche est d’abord mobilisé au 82e régiment d’infanterie. Malade, il est hospitalisé plusieurs mois à partir de février 1915 puis, en octobre de la même année, affecté à l’autre usine du groupe Bi-Métal, celle d’Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne). Il est rebasculé dans les rangs combattants en juillet 1917 et finalement démobilisé fin mars 1919.

En octobre 1918, Victor Bluche s’était marié avec Marie Jeanne Lucchi à Joinville.

À partir de 1926, il est devenu conducteur de machine à vapeur au sein de l’usine des eaux de la ville de Paris, située sur le territoire de Joinville. Il est victime en 1935 d’un accident de travail et se voit attribuer une pension. Il obtient aussi, en février 1937, la Médaille d’honneur communale et est alors employé au sein de la direction générale des travaux de Paris.

Victor Eugène Bluche meurt le 29 novembre 1937 à Joinville, peut-être des suites de son accident. Il était âgé de 51 ans et avait deux filles mineures.

Atelier de l'usine Bi-Métal

 

Partager cet article
Repost0
24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 00:01

Joseph Xavier Chatel nait le 3 décembre 1854 à Bénestroff (Meurthe, act. Moselle). Il est le fils d’Appoline Chappellier et de son époux Charles Chatel, mécanicien.

Après l’annexion de son village natal à l’Allemagne en 1871, Xavier Chatel opte en compagnie de son père, pour la nationalité française en juin 1872 à Romilly-sur-Andelle (Eure).

Devenu tréfileur et résidant avec ses parents rue des Ursulines à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis), Xavier Chatel épouse en décembre 1883 à Saint-Denis Joséphine Schwob, cuisinière, également originaire d’un territoire occupé par les Allemands, étant née en 1861 à Stotzheim, Bas-Rhin.

Après la naissance des deux premiers de leurs quatre enfants, la famille s’installe, avant 1889, à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) et Xavier Chatel est embauché à la compagnie du Bi-Métal, société métallurgique installée dans la commune voisine de Joinville-le-Pont ; son frère Hippolyte y est également tréfileur.

C’est probablement ce dernier qui est, en janvier 1894, secrétaire de la section de Joinville de l’Union des tréfileurs, pointiers et lamineurs de France. Il s’agit du premier syndicat connu à Joinville-le-Pont, dont l’existence est attestée au sein de l’usine de Joinville en octobre 1893. Cette union est basée à la Bourse du travail de Saint-Denis, où elle est officiellement enregistrée en novembre de la même année par son secrétaire général, Victor Guyot. La section de Joinville est active au sein du groupement, où Chatel joue un rôle mentionné dans plusieurs publications.

Le rôle de la section syndicale est important pendant la grève organisée par trente-cinq ouvriers tréfileurs de la Compagnie française du Bi-Métal qui protestent contre la réduction de 25 % sur le prix de façon du tréfilage, décidée par la direction de l’usine le 19 octobre. Une intervention de Jules Ferdinand Baulard, député radical-socialiste de la Seine et ancien conseiller municipal de Joinville, accompagné des maires de Nogent-sur-Marne (Émile Husson), de Joinville (Eugène Voisin) et de Saint-Maurice (François Gauthier), propose une conciliation, les ouvriers acceptant une réduction de salaire de 11%, ce que refuse les employeurs.

Selon le directeur de la compagnie, M. Heurtel, les ouvriers de Joinville sont payés 50% plus chers que leurs homologues de province, et 25% de plus qu’à Saint-Denis.

Les grévistes, soutenus par d’autres salariés de l’entreprise, organisent des manifestations dans les rues de Joinville. Ils obtiennent le soutien des municipalités de Saint-Maurice et Joinville, mais aussi du conseil municipal de Paris et de plusieurs organes de presse, comme les quotidiens La Lanterne, Le Radical, Le Parti ouvrier ou de l’hebdomadaire local Voix des communes.

Xavier Chatel, mentionné comme secrétaire de la section syndicale début novembre, publiera une cinquantaine d’appels à la solidarité dans Le Parti ouvrier et obtient un soutien actif de l’Union syndicale. Il est, avec le soutien des militants locaux du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, un des organisateurs d’une réunion qui se tient en mairie de Joinville le 3 décembre 1894. L’objet principal de la réunion est le soutien aux grévistes, pour lesquels une collecte est réalisée. Mais l’ordre du jour adopté élargit la question : « Les citoyens réunis (…) acclament en outre le principe de la grève générale, qui apparaît comme le seul moyen de substituer à la société pourrie, au milieu de laquelle nous vivons, un état social où chaque individu, produisant suivant ses aptitudes et ses forces, satisfera librement à tous ses besoins ». Transmettant le compte-rendu de la réunion à Voix des communes, Xavier Chatel commente : « Depuis 7 semaines, nous luttons contre le capitalisme éhonté pour revendiquer notre droit et celui de nos enfants, car, tout en travaillant, nous ne voulons pas mourir de faim. C’est justice ».  Il conclut son courrier en envoyant ses « sentiments de militants », « au nom de la solidarité et de l’émancipation des travailleurs. »

Après 52 jours de grève, le 15 décembre, la direction accepte que la diminution soit limitée à 11%. Le travail reprend le lendemain comme Xavier Chatel en fait l’annonce.

Le 8 février 1895, une violente explosion se produit dans l’usine, tuant le concierge, sa femme, son enfant, le comptable et un charretier. Pendant l’arrêt de l’usine, les ouvriers sont placés en chômage. Chatel et Hilaire Prieur, le trésorier de la section syndicale, représentent les ouvriers de l’usine auprès des pouvoirs publics pour obtenir des secours.

Ne résidant plus à Saint-Maurice en 1901, Xavier Chatel est contremaître à la société métallurgique de La Bonneville (La Bonneville-sur-Iton, Eure) en 1906. Il l’est toujours en 1911, étant alors âgé de 57 ans.

La date de décès de Joseph Xavier Chatel n’est pas connue.

Bi-Métal, Joinville

 

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 00:01

Hippolyte Chatel naît le 9 mars 1857 à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils d’Appoline Chappellier et de son époux Charles Chatel, forgeron mécanicien.

Devenu ouvrier tréfileur, comme son frère aîné Xavier, Hippolyte Chatel, qui réside chez ses parents dans la commune, épouse en octobre 1882 à Saint-Denis Eugénie Anaïs Boyer, fille d’un cultivateur de Vauchassis (Aube).

Il va s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) suite à la création, en décembre 1892, de la compagnie du Bi-Métal, société métallurgique exploitant un brevet déposé par un ingénieur lyonnais, Édouard Martin, et qui produit des fils mêlant le cuivre et l'acier. Son frère Xavier y travaille également mais réside dans la commune voisine de Saint-Maurice, tandis qu’Hippolyte Chatel, son épouse et son fils vivent à Joinville, d’abord rue de Créteil (act. av. du maréchal Leclerc) puis rue Pasteur.

C’est probablement Hippolyte qui est, en janvier 1894, le Chatel assurant la fonction de secrétaire de la section de Joinville de l’Union des tréfileurs, pointiers et lamineurs de France. Il s’agit du premier syndicat connu à Joinville-le-Pont, dont l’existence est attestée au sein de l’usine de Joinville en octobre 1893. Cette union est basée à la Bourse du travail de Saint-Denis, où elle est officiellement enregistrée en novembre de la même année par son secrétaire général, Victor Guyot. La section de Joinville est active au sein du groupement, où Chatel joue un rôle mentionné dans plusieurs publications.

La section syndicale va déclencher une grève, suivie par trente-cinq ouvriers tréfileurs, pour protester contre la réduction de 25 % sur le prix de façon du tréfilage, décidée par la direction de l’usine le 19 octobre 1894. Une intervention de Jules Ferdinand Baulard, député radical-socialiste de la Seine et ancien conseiller municipal de Joinville, accompagné des maires de Nogent-sur-Marne (Émile Husson), de Joinville (Eugène Voisin) et de Saint-Maurice (François Gauthier), propose une conciliation. Les ouvriers acceptent une réduction de salaire de 11%, mais elle est refusée par les employeurs.

Le directeur de la compagnie, M. Heurtel, assure que les ouvriers de Joinville sont payés moitié plus chers que leurs homologues de province, et 25% de plus que ceux de Saint-Denis, ce que contestent les ouvriers de Joinville, arguant d’une plus forte productivité.

Avec le soutien d’autres salariés de l’entreprise, les grévistes organisent des manifestations dans les rues de Joinville. Ils obtiennent le soutien des municipalités de Saint-Maurice et Joinville, ainsi que celui du conseil municipal de Paris et de plusieurs quotidiens comme La Lanterne, Le Radical, Le Parti ouvrier ou de l’hebdomadaire local Voix des communes.

S’il est encore mentionné comme secrétaire du syndicat le 17 novembre, Hippolyte Chatel semble cependant avoir cédé la fonction à son frère Xavier, qui signe les appels à la solidarité publiés dans la presse à compter du 9 du même mois.

Un accord est passé avec la direction après 52 jours de grève, le 15 décembre. La proposition des ouvriers de limiter la diminution à 11% est finalement acceptée. Le travail reprend le lendemain.

Au cours de son activité syndicale, Hippolyte Chatel était proche des militants de gauche du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire. Cependant, c’est sur une liste de droite, qualifiée de nationaliste par le journal radical Voix des communes, qu’il va être candidat lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville. Conduite par deux conseillers sortants, Honoré Moulinet et François Provin, la liste s’oppose à celle du maire sortant, Eugène Voisin, soutenue par le comité radical-socialiste, et à une liste socialiste incomplète soutenue par le Parti socialiste français. Les radicaux obtiennent 49,1% des suffrages et ont 22 élus ; les nationalistes n’ont qu’un seul siège avec 32,3%. Les socialistes n’ont pas d’élu, leurs 7 candidats recueillant 13,6% des voix. Chatel obtient 314 voix pour 1 119 votants (28,1%) et 1 343 électeurs inscrits.

Bien qu’il ait été âgé de 57 ans au début de la première guerre mondiale, Hippolyte Chatel semble avoir joué un rôle militaire, puisqu’il est, après la fin du conflit, adhérent à la 740e section de la société Les vétérans des armées de terre et de mer qui indiquera, après sa disparition, qu’il était un soldat de la grande guerre.

Remarié en juillet 1919 au Vésinet (Seine-et-Oise, act. Yvelines) avec Augustine Augier, Hippolyte Chatel n’a plus d’activités politiques publiques. Il contribue en avril 1927 à la caisse d’amortissement pour le relèvement du franc.

Toujours employé de la compagnie française du Bi-Métal, Hippolyte Chatel est devenu directeur d'usine dans une autre unité du groupe, à  Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne). Il est décoré d’une médaille d’honneur à ce titre par le ministère du commerce et de l’industrie en février 1926.

Hippolyte Chatel meurt le 21 juin 1935 à Joinville. Il était âgé de 78 ans.

 

Partager cet article
Repost0
18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 00:01

Eugène Louis Thybaut naît le 19 septembre 1834 à Lille, Nord. Il est le fils de Flore Stéphanie Baudin et d’Eugène Antoine Jacques Thybaut, typographe.

Établi à Paris (8e arr.) en tant que tailleur sur cristaux et lunetier, Eugène Thybaut a un premier fils de sa relation avec Marguerite Dory en mars 1855 puis en décembre 1858 une fille avec Élisabeth Bouche alors qu’il réside à Paris (3e arr.) et elle à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il se marie, dans le même arrondissement, en mai 1866 avec Stéphanie Baudrot, débitante de tabac à Paris, originaire de Gevrey-Chambertin (Côte-d'Or). Ils auront ensemble deux filles en 1869 et 1873.

Devenu buraliste dans les années 1880, avant de reprendre son métier dans la taille de verre, Thybaut s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Gille, dans le quartier récemment construit de Palissy sur la rive gauche de la Marne. Peut-être a-t-il des relations avec la Société des lunetiers, coopérative dont plusieurs coopérateurs et employés sont joinvillais, comme Francois Blaize (1824-1900), conseiller municipal ; Pierre Jules Tireau (1827-1900), militant radical-socialiste ; Eugène Videpied (1834-1900), également militant radical-socialiste ou Maurice Poitevin (1894-1916), petit-fils de Thybaut.

En avril 1888, Thybaut participe au comité électoral républicain radical-socialiste qui met en place une liste concurrente à celle de la municipalité sortante, conduite par le Gabriel Pinson, républicain. Thybaut fait partie de la commission chargée de sélectionner les candidats qui, outre les radicaux-socialistes, comprend également au moins deux représentants d’une organisation socialiste, le Groupe études sociales (parti ouvrier) de Joinville-le-Pont, Boguet et Charton. La constitution de du comité était appuyée par Jules Ferdinand Baulard, ancien conseiller municipal de Joinville, qui avait abandonné son mandat car il refusait le cumul après son élection comme conseiller général du canton de Charenton en 1886.

La liste de gauche est conduite aux élections municipales de mai 1888 par Alphonse Demeestère, conseiller sortant, et Thybaut y figure en neuvième position. Trois radicaux-socialistes sont élus au second tour (Diot, Demeestère et Vaudey) tandis que la liste modérée emporte les 18 autres sièges. Thybaut, présenté comme propriétaire, n’est pas élu.

En octobre 1892, Thybaut participe, notamment avec Tireau, à une réunion de soutien à Jules Ferdinand Baulard, devenu député radical de la 2e circonscription de l’arrondissement Sceaux en septembre 1889.. Organisée dans une école de Joinville, elle se conclut par une quête a été faite au profit des grévistes des verreries de Carmaux.

Eugène Louis Thybaut meurt le 18 janvier 1920 à Joinville. Il était âgé de 85 ans et marié depuis 54 ans. Sa fille cadette, Léonie, avait épouse Henri Poitevin (1865-1939), artiste peintre, conseiller municipal de Joinville (1908-1929).

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 00:01

Alphonsine Léontine Girod naît le 24 mars 1848 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille de Marie Madeleine Leclaire et de son époux Claude Étienne Girod, journalier.

En septembre 1872, alors qu’elle exerce la profession de teinturière, rue de Montreuil à Paris (11e arr.), elle se marie dans cet arrondissement avec un ancien communard et teinturier également, Gustave Charton. Ils s’installent à Corbeil (Seine-et-Oise, act. Corbeil-Essonnes, Essonne) et auront six enfants.

Alphonsine Charton reste liée à Joinville-le-Pont, où elle se rend régulièrement, en particulier dans sa famille. Mais elle se lie également avec des personnalités anticléricales.

C’est chez un de ces derniers, l’architecte Victor Desjardins, qu’elle meurt à Joinville le 8 mars 1885, à l’âge de 36 ans. Son enterrement va être une des premières cérémonies de laïques dans la commune. Apparues vers 1855, les funérailles civiles concernent, en 1882, près de 22% de la population parisienne, mais restent extrêmement rares dans les communes de banlieue ou en province.

Le journaliste Henry Vaudémont qualifie ainsi Alphonsine Charton : « une brave mère de famille (…) qui donnait à ses concitoyennes le trop rare exemple d’une âme féminine douée d’assez de virilité pour s’affranchir des superstitions grâce auxquelles la gent cléricale abêtit les enfants, subjugue les femmes et parvient ainsi à faire plier devant elle des esprits souvent sains et droits, mais qui se résignent à fléchir le genou devant des fétiches en bronze plaqué ou en plâtre, afin de ne point affliger les êtres qu’ils aiment le plus au monde : leurs femmes et leurs enfants. »

Parmi la vingtaine de libres-penseurs qui assistaient à la mise en terre figuraient également Jules Ferdinand Baulard, conseiller municipal de Joinville, ultérieurement conseiller général de Charenton-le-Pont (Seine) puis député radical ; Alphonse Demeestère, conseiller municipal de Joinville, plus tard président du comité radical-socialiste de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux ; Nicolas Chéret, adjoint au maire de Joinville ; et Jean-Baptiste Schacre, secrétaire général de la Fédération française de la libre-pensée.

Henry Vaudémont, qui signe du pseudonyme de Gringoire, conclut sa nécrologie en estimant que « cet enterrement (…) aura peut-être pour suite la constitution d’une société de libre-pensée à Joinville ». Mais, malgré un appel en mars et une réunion préparatoire en avril, Vaudémont constatera en juillet « Quant au groupe de libres-penseurs qu’il était question de recruter, il serait trop faible pour prospérer en l’état actuel. (…) En attendant, rien ne nous empêche de rentrer dans la société de Saint-Maur. »

Il faudra attendre août 1890 pour que Vaudémont devienne président de La Raison, à Bry-sur-Marne (Seine) et en fasse un groupe implanté dans plusieurs communes du canton de Charenton, dont Joinville.

Gustave Charton, époux d’Alphonsine, lui aussi libre-penseur, sera un des précurseurs du socialisme-révolutionnaire sur les bords de Marne et conseiller municipal de Saint-Maur-des-Fossés.

 

Partager cet article
Repost0
6 décembre 2018 4 06 /12 /décembre /2018 00:01

Daniel Dominique Philip naît le 14 novembre 1841 à Gap (Hautes-Alpes). Il est le fils de Marie Turquais et de son époux Eugène Philip, peigneur de laine.

Devenu typographe et vivant quai de l’Hôtel-de-Ville à Paris (4e arr.), Daniel Dominique Philip épouse à Lyon (2e arr.) en mai 1874 Marie Antoinette Lesbros, également native de Gap. Ils s’installeront ensuite rue Saint-Paul, dans le même arrondissement.

Sa carrière professionnelle se termine en 1902 alors que Philip est chef d'atelier de la réserve à l'imprimerie nationale.

C’est vers cette date qu’il s’installe, avec sa femme, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Gille, dans le quartier de Palissy.

Il va s’impliquer dans la vie locale, devenant, en avril 1905, membre de la commission administrative du bureau de bienfaisance communal.

Lors des élections municipales de mai 1908, Philip est candidat sur la liste du comité radical-socialiste, présidé par Albert Gallas, qui soutient la municipalité sortante d’Eugène Voisin. Les radicaux obtiennent 21 des 23 sièges à pourvoir, en laissant un à la liste du comité socialiste évolutionniste (dissidents socialistes et divers) et un à un indépendant ; les socialistes SFIO n’obtiennent pas d’élu. Philip l’emporte au second tour avec 574 voix pour 1 189 votants sur 1 613 inscrits (48,3%).

L’année suivante, Philip s’associe à plusieurs élus, pour s’opposer à Louis Rey, leader des radicaux-socialistes, qui considérait qu’il fallait que les élus municipaux rendent compte de leur mandat à leurs supporteurs radicaux, et non pas à l’ensemble du corps électoral. La plupart des autres tenants de cette thèse feront partie, en 1911, des dissidents de la majorité municipale (notamment Watrinet, Arnaud et Beauvais).

Cependant, Philip, considéré par Rey comme un « excellent républicain » ne soutiendra pas cette fronde, ayant alors quitté Joinville.

La date de son décès n’est pas connue.

Daniel  Dominique Philip  avait été décoré des Palmes académiques en mars 1902 comme officier d’académie.

L'avenue Gille à Joinville

 

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2018 2 04 /12 /décembre /2018 00:01

Claude Gay naît le 20 septembre 1887 à Gerland (Côte-d'Or). Il est le fils d’Anne Gay et d’un père non dénommé. Avec un frère et deux sœurs, il est légitimé par le mariage de sa mère avec François Chambade à Nuits-Saint-Georges (Côte-d'Or) en avril 1894. Ses deux parents sont eux aussi nés de pères inconnus.

Contremaître dans une fabrique d’enveloppes de paille, Claude Chambade épouse en mai 1910, toujours à Nuits-Saint-Georges, Sophie Borrel.

Vers la fin de la décennie, la famille Chambade s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où elle vit quai Hector-Bisson (act. quai Gabriel-Péri), dans le quartier de Polangis.

Alors mécanicien, Claude Chambade prend des responsabilités dans l’association Union sportive de Joinville, fondée en 1919 et présidée par Stephen Durande, alors adjoint au maire et futur maire de Joinville. Il en est administrateur en 1922 et secrétaire en 1924.

C’est Chambade qui informe le mouvement sportif des couleurs du club en avril 1923 (culotte blanche, maillot blanc, bordure verte). Il contribue également à l’ouverture d’une baignade avec l’école de natation du club en 1924. Il devient ensuite professeur d'éducation physique et instructeur à la Fédération nationale des sociétés de natation et de sauvetage. Il se charge de l’organisation de la réunion nautique de Joinville en juillet 1926.

Après avoir rejoint le Club athlétique de Joinville (CAJ), présidé par Georges Scornet, adjoint socialiste SFIO au maire de Joinville, Chambade prend part avec Chandy et Viel à un triple saut groupé dans le bassin de la Marne à Joinville en septembre 1929.

À l’occasion des élections municipales de mai 1925, Chambade est candidat sur la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, qui rassemble des conservateurs, libéraux, radicaux dissidents et socialistes indépendants. Son programme, présenté le 2 avril, insiste sur l’application « sans rigueur et sans sectarisme » des lois de laïcité, le maintien de l’octroi pour les produits entrant à Joinville et l’économie dans les dépenses budgétaires. La liste obtient 1 080 voix en moyenne au premier tour, soit 47,5% des suffrages exprimés ; tous les candidats sont élus au 2d tour face au cartel des gauches, qui rassemble les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et les socialistes-communiste. Henri Vel-Durand (radical dissident) est réélu maire de Joinville.

Pendant son mandat, Chambade s’intéresse notamment à l’aménagement de son quartier, émettant des réserves en août 1926 sur un projet concernant la place Mozart, principal centre de Polangis. Le mois suivant, il récompensé d’un prix pour son élevage de pigeons-voyageurs lors d’un concours agricole.

Lors des élections municipales de 1929, Chambade est candidat cette fois sur la liste du groupement des gauches, conduite par Émile Briolay, et qui rassemble des radicaux-socialistes, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants. Au premier tour, Chambade obtient 752 voix pour 1 715 votants (43,8%) sur 2 491 inscrits.

Au second tour, la liste de gauche a 1 123 voix en moyenne et 22 élus (dont Chambade), face à celle du maire sortant qui recueille 963 suffrages et a 5 élus ; les communistes n’ont pas de siège, avec 278 votes en leur faveur.

Claude Chambade meurt le 7 août 1930 à Joinville. Il était âgé de 42 ans et avait eu deux enfants.

Avec quatre autres élus décédés et cinq démissionnaires, Claude Chambade est remplacé au conseil municipal lors d’une élection partielle organisée en octobre 1934.

Destinataires de plusieurs lettres de félicitations pour des actes de courage en 1924 et 1925, Claude Chambade est décoré des Palmes académiques, comme officier d’académie, en juillet 1926.

Triple saut de Chandy, Chambade et Viel en 1929

 

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 00:01

Narcisse Désiré Chevallier naît le 23 mars 1857 à Ouzouer-le-Marché (act. Beauce-la-Romaine, Loir-et-Cher). Il est le fils d’Octavie Célénie Riby et de son époux Louis Modeste Chevallier, cultivateur.

Devenu ébéniste, Désiré Chevallier vit rue Moreau à Paris (12e arr.). Il s’y marie en août 1881 avec Françoise Philomène Gallais, cuisinière. Ils vivent ensuite rue de Rivoli puis rue du Trésor (4e arr.) avant de s’installer, en 1911, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

L’année suivante, Chevallier est candidat sur la liste socialiste SFIO pour les élections municipales de mai à Joinville, en compagnie de son fils, également prénommé Désiré. La liste socialiste, conduite par Émile Lebègue et Georges Laruelle arrive en troisième position au premier tour. Elle fusionne au second tour avec la liste des radicaux dissidents d’Ernest Mermet et avec les libéraux de Jules Beauvais sur la base des résultats du premier tour. Au second tour, la coalition l’emporte face aux radicaux-socialistes de la municipalité sortante. Le nouveau conseil comprend 10 radicaux dissidents, dont le maire, Mermet, 7 socialistes SFIO et 6 libéraux. Les Chevallier père et fils ne figurent pas sur la liste du second tour.

Toujours en même temps que son fils, Désiré Chevallier prend en juin 1912 des responsabilités au sein de la section SFIO dont Fernand Grandhomme est le secrétaire. Il siège à la commission exécutive. Chevallier est alors âgé de 55 ans.

Sa date de décès n’est pas connue.

La rue Vautier à Joinville

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens