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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 00:01

Suite de la biographie de Jacques Hollande

La Mission de Paris, dont Jacques Hollande va être le supérieur pendant 14 ans, est issue des réflexions du cardinal Emmanuel Suhard, archevêque de Paris, après sa lecture du livre de deux prêtres, Henri Godin et Yves Daniel,  La France, pays de mission ? (L’Abeille, Paris, 1943, rééd. 1962, 2014). Il fonde la Mission de France en juillet 1941 et l’installe à Lisieux ; elle implante des communautés dans les zones rurales. Le cardinal Emmanuel Suhard considère qu’« un mur sépare le monde ouvrier de l'Église, ce mur il faut l'abattre ». C’est ce qui le conduit, en juillet 1943, à décider de fonder la Mission de Paris. Selon l’historien Guillaume Cuchet, son objectif est « d’insérer un christianisme ‘très pur’ dans la culture ouvrière pour la ‘surélever’ et inciter la communauté chrétienne à purifier son propre christianisme. »

Après avoir sollicité six prêtres, qui n’acceptent pas, le cardinal Suhard nomme en novembre 1943 Jacques Hollande supérieur de la Mission de Paris. Quittant sa paroisse de Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont, il prend son poste en janvier 1944, en compagnie de six autres prêtres. Il confiera au professeur Luc Perrin, de l'Université de Strasbourg « un peu gêné et quasi en confidence, qu'il était apparenté aux princes Murat, noblesse d'Empire certes mais fort loin du prolétariat. »

La Mission de Paris sera la matrice de la naissance des prêtres-ouvriers. L’abbé Hollande va, en décembre 1946, chercher l’appui du pape Pie XII qui l’assure « d’une paternelle compréhension ». Un de ses collaborateurs immédiats précise : « devant un tel enjeu, il faut oser courir certains risques afin de n’avoir pas à se reprocher de ne pas avoir tout fait pour le salut du monde ! »

En 1947, avec l’autorisation du pape, des ecclésiastiques décident d’aller travailler en usine ou sur des chantiers. Beaucoup d’entre eux s’engagent dans l’action sociale, devenant même parfois responsables de syndicats Cgt. L’engagement militant dans le Mouvement de la paix et les organisations proches des communistes va engendrer des tensions de plus en plus fortes, tant avec les autorités française qu’au sein de l’église catholique. En janvier 1954, le pape mettra fin provisoirement à l’expérience, provoquant de douloureux troubles parmi ceux qui exerçaient cette fonction.

Beaucoup d’entre refuseront de redevenir des prêtres ordinaires, et Jacques Hollande, qui n’était pas lui-même prêtre ouvrier, les défendra en restant à son poste à la tête de la Mission de Paris. Ils sont qualifiés d’« insoumis » au sein de l’église catholique. Élevé à la dignité de chanoine en 1948, Hollande fait partie des chrétiens qui s’opposent à la bombe atomique en 1949 autour de l’appel de Stockholm.

À suivre

Jacques Hollande, janvier 1944

 

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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 00:01

Albert Favin naît le 18 mars 1884 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Alix Bathilde Bigé et de son époux, Victor François Favin, chauffeur mécanicien.

En 1904, Albert Favin exerce le même métier de chauffeur mécanicien et a déménagé avec ses parents dans la commune riveraine de Joinville-le-Pont. Il travaille à l’usine des eaux de la ville de Paris dans cette localité. Il y conduira toute sa carrière professionnelle, étant nommé en 1924 maître-chauffeur.

Le service militaire de Favin se déroule entre septembre 1905 et septembre 1907 dans la 7e section de Commis et ouvriers d'administration (COA). Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé dans la 24e section de Commis et ouvriers d'administration puis passe en décembre 1915 au 55e régiment d’infanterie avant d’être affecté en mai 1916 aux ateliers de construction de Puteaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il rejoint en juillet 1917 le 1er régiment de génie.

Lors des élections municipales qui suivent le conflit, en novembre 1919, Albert Favin est candidat en huitième position sur la liste socialiste unifiée (SFIO) conduite par Georges Laruelle, ancien conseiller municipal.

Au premier tour, la liste socialiste fait face à une liste conduite par Henri Vel-Durand (radicaux dissidents, radicaux-socialistes officiels et socialistes indépendants, dont plusieurs anciens de la SFIO) et à une liste libérale et conservatrice. Elle obtient une moyenne de 500 voix, soit 30,1% des 1 695 suffrages exprimés pour 1 715 votants sur 2 491 inscrits. Au second tour, face à la seule liste de Vel-Durand, la liste SFIO obtient 502, 34,3% des 1 518 suffrages exprimés pour 1 537 votants. Elle n’a pas d’élu. Favin avait obtenu 500 voix au premier tour (30,1%) et 496 au second (32,7%).

Comme l’ensemble de la section de Joinville de la SFIO, Favin adhère en décembre 1920 au parti communiste SFIC. Il souscrit, en avril 1921, en faveur du développement de la nouvelle formation.

Marié en juillet 1908 à Saint-Maurice avec une plumassière, Maria Prévost (née Stöcklé), il aura une fille et élèvera la fille d’un premier mariage de son épouse.

Après avoir reçu la médaille d’honneur communale en juillet 1929, Favin prend sa retraite en tant que brigadier-chauffeur en avril 1939.

Peut-être est-ce lui qui, en 1971, contribue à la solidarité syndicale dans le journal des retraités des services publics du syndicat CGT, La Voix des anciens.

Albert Favin meurt le 1er septembre 1974 à Créteil  (Val-de-Marne). Il résidait probablement encore à Joinville et était âgé de 90 ans.

La rue du Canal à Joinville-le-Pont

 

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 00:01

Suite de la biographie de Jean-Marie Gille

 

Après 1860, l’activité de production de porcelaines de Gille continue de prospérer. Il est à l‘exposition de Besançon en 1860, à celle des arts industriels à Paris en 1861, où il est gratifié d’une médaille de 1e classe. Il est également médaillé à Londres lors de l’exposition universelle de 1862 avec notamment une Rêverie et une Tempérance. La presse relève que Gille fait 65% de son chiffre d’affaire à l’exportation. Enfin, il est à la nouvelle exposition universelle de Paris en 1867 avec entre autres sa statue de Bernard Palissy ou une grande autruche en porcelaine.

La popularité des œuvres de Gille fait qu’il est fréquemment copié. En voulant défendre ses droits, il va provoquer un débat juridique. En France, une loi de juillet 1793 protège la propriété des œuvres de l’esprit, donc des sculptures. Par contre, une loi de 1806, sur la propriété des dessins de fabrique, exige leur dépôt. Se pose donc la question de savoir si une statuette artistique, reproduite par des moyens mécaniques dans l’industrie, est une œuvre d’art (garantie par la loi de 1793) ou un dessin de fabrique qui aurait dû être déposé (loi 1806). Gille attaque un marchand allemand, Kossmann-Huber, fabricant de jouets, qui vend dans les deux pays des copies de statuettes de Gille, Prière du matin et Prière du soir. Il est débouté en première instance, mais en 1861 la cour impériale, saisie de l'appel, décide que les deux statuettes sont des objets d’art et non des produits purement industriels et mercantiles et donne satisfaction à Gille.

Tout en conservant ses ateliers à Paris, Gille fait construire un pavillon à Joinville-le-Pont, vers 1851. Sa villa, située rue de Paris, a une façade incrustée de porcelaine peinte, qui attire l’attention de la presse.

Lors des élections municipales de 1852, Gille devient membre du conseil municipal de Joinville dont le grammairien Charles Pierre Chapsal est le maire. Il offre en novembre de la même année, pour décorer la mairie inaugurée l’année précédente, le premier exemplaire du buste du prince-président, Louis Napoléon Bonaparte, qui deviendra l’empereur Napoléon III le mois suivant. La cérémonie se conclut au cri de « Vive l'empereur ! »

Gille achète également un vaste terrain sur la rive gauche de la Marne, alors très peu peuplée, puisqu’elle ne compte qu’un hameau près du pont ainsi que la ferme et le château de Polangis. Gille prend possession de la partie sud de cet espace, bordé par la Marne et la commune de Champigny et terminé, au Nord, par la route de la Brie, un des principaux axes entre Paris et l’Est de la France via le pont de Joinville.

Ayant décidé d’aménager son terrain afin d’y installer chalets et villas, Gille le nomme « villas Palissy », en hommage au maître de la porcelaine, Bernard Palissy. Il installe une maison-modèle, largement décorée de porcelaine. Pour lancer le lotissement, Gille aménage un square, dans lequel il installe une statue en porcelaine de Bernard Palissy de 2 mètres de hauteur.

Une vaste fête est organisée en septembre 1860 pour son dévoilement avec environ 500 invités, dont les ouvriers de Gille. Des textes de Palissy sont lus, dont celui-ci : « J'étois méprisé et moqué de tous. L'espérance que j'avois me faisoit procéder en mon affaire si virilement, que plusieurs fois pour entretenir les personnes qui venoyent me voir, je faisois mes efforts de rire, combien que intérieurement je fusse bien triste. J'ai été plusieurs années que, n'ayant rien de quoy faire couvrir mes fourneaux, j'étois toutes les nuits à la mercy des pluyes et vents sans avoir aucun secours, aide, ny consolation, sinon des chats-huants qui chantoyent d'un costé et des chiens qui hurloyent de l'autre... »

Statue de Bernard Palissy par Gille dans le square Palissy-Bir Hakeim à Joinville-le-Pont

 

La manufacture de Gille produit également le chemin de croix de l’église paroissiale Saint-Charles-Borromée, inaugurée en 1860, dont le dessin est dû à deux collaborateurs de Gille, Dajard et Grehant.

Jean Marie Gille meurt le juin décembre 1868 à Joinville. Il était âgé de 70 ans. Il est enterré dans le cimetière de Joinville qu’il avait contribué à créer. Il y repose dans une chapelle ornée de son buste en marbre. Il a donné son nom à une rue du quartier qu’il édifia, l’avenue Gille.

L’entreprise de porcelaine fut reprise par deux de ses anciens employés, Désiré Vion et Charles Baury, le principal modeleur, élève du sculpteur François Rude. Elle déménage en 1878 pour s’installer à Choisy-le-Roi (Seine, act. Val-de-Marne). Un neveu de Gille, Jules Émile, comptable, y collabore.

Fin

L'inauguration de la statue de Palissy, au coeur du quartier du même nom à Joinville-le-Pont (1860)

 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 00:01

Suite de la biographie de Jean-Marie Gille

Bien qu’il n’ait pas, à notre connaissance, de formation particulière en matière scientifique ou technique, Jean Marie Gille, qui est toujours marchand de porcelaines et s’est installé rue du Temple à Paris (3e arr.), va déposer un grand nombre de brevets d’invention. L’Institut national de la propriété industrielle (INPI) en comptabilise huit, plus deux améliorations de brevets déjà déposés. Le premier brevet, en août 1832, concerne un système de chauffage par la vapeur pour des fauteuils creux et des chauffe-pieds.

En septembre 1840, Gille fait breveter un réflecteur transparent destiné à éclairer les numéros des maisons (au moyen de lampes à huile), et un siphon ventilateur pour allumer le feu dans les cheminées. En 1850, il invente une application au feu de l'argenture sur la porcelaine dite biscuit.

C’est la décoration des pièces qu’il produit, puisqu’il est désormais fabricant depuis 1839, que Gille fait protéger en 1854 : « obtention, à l'aide du laminoir, de la presse emporte-pièce ou rouleau à main, de la broderie et de la gravure en porcelaine et autres ornements, tels que feuilles, fleurs, figures, etc. »

Il est à l’origine en 1856 d’une nouveauté qui connaîtra un certain succès, même si les supports métalliques émaillés ont une diffusion beaucoup plus grande : celle des plaques en porcelaine contenant l'indication du nom des rues et autres renseignements utiles.

La vie à l’intérieur des maisons l’intéresse également, avec le brevet déposé en août 1857 pour « application de la porcelaine blanche et décorée aux patères, servant à accrocher toute espèce de choses ». En juin 1862, c’est un curieux encrier-calendrier qui est le fruit de son imagination.

Enfin, il revient en novembre 1863 au décor sur porcelaine avec l’application de de diamants, perles et pierreries montés dans des chatons métalliques.

C’est en 1837 que Gille crée sa fabrique, qu’il installe rue Paradis-Poissonnière à Paris (10e arr., act. rue de Paradis) tout en conservant sa boutique de la rue du Temple. En 1844, elle emploie 160 ouvriers et est réputée pour la qualité du travail, qui concerne surtout des figures en biscuit et des pièces décoratives recouvertes d’une application d’argent. Cette même année 1844, il expose une cheminée en porcelaine « charmante pour les boudoirs ». Les marques utilisées sont « Gille Jeune Fabricant à Paris » en creux, ou bien un cachet en creux ou en pâte bleue au monogramme GJ. S’installant comme un producteur d’objets de luxe, Gille se fournit en matière première à Limoges et vend également du cristal de Sèvres. Ses productions acquièrent une réputation artistique, confortée par sa participation très fréquente à des salons. .

Gille participe, au moins à partir de 1843, aux expositions nationales organisées à Paris au palais des Champs-Élysées. Il y présente une Sainte-Famille d'après Murillo et un Paysage. En 1844, il revient avec une Tête de Christ, un tableau de fruits et un autre de fleurs. Toujours en 1844, il réalise pour un bateau à vapeur plusieurs tableaux représentant l’histoire de Gil-Blas, inspirée du roman picaresque du siècle précédent.

L’aspect technique du travail de l’atelier de Gille est souligné dans la presse, notamment professionnelle. Sa maîtrise de la cuisson fait qu’il produit des statuettes de grandes dimensions.

Pendant la période révolutionnaire de 1848, en attente d’une reprise du commerce, Gille réalise selon le quotidien Le Constitutionnel (1849/07/31) « des essais coûteux » afin d’incruster de porcelaine dans les meubles en bois ou à des objets en marbre et bronze ainsi que sur des lampes. Le 28 février, il avait été signataire d’une lettre de 17 négociants en porcelaine parisiens qui annonçaient qu’ils avaient « repris leurs travaux habituels », « afin de conserver ce travail aux ouvriers » et « pour raffermir l'ordre et la » confiance que tout bon citoyen doit appeler de tous ses vœux ». Puis, avec l’installation du régime napoléonien et le fort accroissement de la bourgeoisie, l’activité de Gille va connaître son apogée.

La première Exposition universelle à laquelle participe Gille est celle de Londres en 851. Il y obtient une médaille de seconde classe pour un chambranle en porcelaine. En août 1853, un incendie considérable détruit la fabrique Gille à Paris.

Probablement pour assurer sa publicité et conforter sa position, Gille réalise un buste de Louis Napoléon Bonaparte, d’après un modèle du sculpteur Jean-Auguste Barre, dont le premier exemplaire est installé, en novembre 1852, dans la mairie - achevée l’année précédente - de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est ensuite envoyé à celui devenu peu après l’empereur Napoléon III, puis exposé à l’Hôtel-de-ville de Paris lors d’un bal en février 1854.

Lors de l'Exposition universelle de Paris en 1855, Gille recueille une médaille de 1e classe, en particulier pour une Immaculée Conception grandeur nature et une Fontaine à tritons. Il est également fait chevalier de la Légion d’honneur, par l’empereur lui-même, selon le journal La Lumière. Sa nomination porte le motif suivant : « Ancien ouvrier – Progrès et développement dans l’industrie de la porcelaine, et services rendus à la classe ouvrière ». Elle correspond à l’idéologie de la monarchie, le prince Napoléon, président de la commission impériale, ayant déclaré : « chez nous, le soldat peut devenir général, grand industriel le simple ouvrier ! »

Membre du Conseil des Prud'hommes pour les produits chimiques déjà en 1855, et réélu encore en 1865 à cette fonction, Gille défend une conception sociale du monde ouvrier, en particulier pour la promotion de caisses de retraite pour la vieillesse avec certains autres employeurs, comme les sociétés de chemins de fer, la compagnie des Omnibus ou la manufacture de glaces de Saint-Gobain. Gille retient 5% des salaires de ses employés et double leurs cotisations de sa propre caisse.

En couronnement de son ascension sociale, Gille est nommé, en juillet 1858 fournisseur officiel de l’impératrice Eugénie

À suivre

Figurines de l'atelier Gilles Jeune

 

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 00:01

Début de la biographie de Jean-Marie Gille

Jean Marie Gille naît le 16 fructidor an 6 (2 septembre 1798) à Paris (8e arr.). Il est le fils de Marie Catherine Nel (ou Vel) et de son époux Louis Gille.

La jeunesse de Gille a fait l’objet de plusieurs récits, au caractère peut-être partiellement légendaire. Charles Robin, dans son Histoire illustrée de l'exposition universelle de Paris en 1855 décrit son point de départ : « M. Gille fut un pauvre apprenti. Jusqu’à vingt-cinq ans, simple ouvrier bijoutier, qu’épouvantait surtout la peur de l’avenir. Un jour, sentant que ce n’était point sa vocation, il résolut de changer d’état. Pour toute fortune, il avait cinq francs. Acheter avec ses cinq francs des porcelaines fêlées, les revendre, tel fut son début. Un peu plus tard, il parvint à conquérir une échoppe. Avec le temps, la patience et le travail, l’échoppe devint une boutique, puis un magasin, puis une fabrique qui sera bientôt l’une des gloires du pays. »

Le journaliste du quotidien de Bordeaux La Gironde, P. Barrué, raconte en juillet 1867 : « Enfant, il a enduré toutes les souffrances qu’on put imaginer : la faim, le froid, la maladie. Le récit de ses années d’apprentissage arracherait des larmes aux moins compatissants. Faible, chétif, malingre, abandonné de tous, il eut un moment l’envie folle d’aller chercher le calme et le repos sous les flots verdâtres que la Seine roule au milieu de la grande cité. Par bonheur il était de la race des gens fortement trempés que l’adversité fait plier sans les abattre ; il détourna la tête, et revint dans sa mansarde, après s’être juré de lutter jusqu’au bout. »

L’état-civil de Paris, reconstitué après sa destruction en 1871, livre deux dates pour le mariage de Jean Marie Gille avec Didière Julie Anne Mercier à Paris, octobre 1825 ou janvier 1827. Ils vivent à ce moment rue du Temple à Paris (3e arr.), endroit où est situé le commerce de son frère aîné, Armand Gille. C’est probablement pour se différencier de lui que Jean Marie Gille se fit appeler « Gille jeune » dans sa carrière professionnelle.

Armand Gille (1794-1881) fait commerce d’articles de porcelaine et est également peintre. En février 1832, il s’adresse à la chambre des députés pour lui proposer de mettre en place une caisse de chômage, gérée et surveillée par la Banque de France, en utilisant le fait que les ouvriers doivent, en France, avoir un livret pour être employé. Chaque ouvrier toucherait un franc par jour sans emploi, sous forme d’avance sur son travail à venir. Lorsqu’il reprendrait une activité, une retenue serait faite sur ses journées. Gille suggère que le capital de départ de la caisse soit souscrit par des individus. Si l’assemblée qu’applaudir les vues philanthropiques d’Armand Gille, elle écarte le projet, dont le coût lui paraît élevé et par ce qu’elle craint que ce système aurait « pour résultat de détourner, au moins quelquefois, les ouvriers d’un travail fructueux ». Elle s’inquiète aussi du rôle de collecteur que l’on ferait jouer aux chefs d’ateliers.

Pour sa part, Jean Marie Gille, qui assiste son frère dans la boutique familiale, ouvre en 1829 un second point de vente, rue Meslay à Paris (3e arr.) où il fait du louage de porcelaines à domicile pour les noces, repas ou soirées, s’engeant à faire les livraisons deux heures après la demande.

À suivre

Buste de Jean-Marie Gille

 

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 00:01

Benoit Bayard naît le 23 décembre 1874 à Monétay-sur-Loire (Allier). Il est le fils aîné des dix enfants de Magdeleine Minard et de son marie Benoît Bayard, cultivateurs métayers, dont trois sont prénommés Benoit.

Alors cultivateur à Diou (Allier), Benoit Bayard épouse dans cette commune, en juillet 1902, Philiberte Tillier, originaire du Pin, résidant alors à Paris (12e arr.).

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1909, les Bayard résident dans le quartier du Centre, rue de Paris. Benoit Bayard est ouvrier à l’établissement de la Monnaie et des médailles (Monnaie de Paris). Il y sera ensuite employé en tant qu’huissier. Son frère Gilbert, qui a épousé une sœur de sa femme, travaille également à la Monnaie et vit dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés ; il reprendra, après la première guerre mondiale, le logement occupé précédemment par Benoit Bayard à Joinville.

Au cours du conflit mondial, Benoit Bayard est mobilisé dans le 358e régiment d’infanterie.

Après-guerre, la famille déménage à Viroflay (Seine-et-Oise, act. Yvelines). En 1931, elle vit dans le quartier du Marais, sur la rive droite, rue Julien-Certain.

Selon les archives des historiens de la coopération Jean Gaumont et Gaston Prache, Benoit Bayard adhéra au Parti socialiste SFIO ainsi qu'au mouvement coopératif de consommation à Viroflay.

Benoit Bayard meurt le 3 septembre 1940 à Viroflay. Il était âgé de 65 ans.

Son fils André Bayard fut également militant socialiste SFIO à Viroflay et responsable du mouvement coopératif en Île-de-France.

 

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 00:01

Julien Aimé Auguste Delorance naît le 12 avril 1886 à Merville (Nord). Il est le fils Victor d’Arthémise Virginie Lesimon et de son époux, Aimé Delorance, nacellier, originaire de Belgique. En 1906, il vit à Watten (59£), où sa mère est marchande de légumes, et est constructeur de bateaux. Il se marie à Épône (Seine-et-Oise, act. Yvelines) en octobre 1919 avec Marie Françoise Bourse. Ils auront trois filles.

À partir de 1920, les Delorance vivent à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) puis, en 1926, dans la commune voisine de Joinville-le-Pont et en 1923 dans celle limitrophe de Champigny-sur-Marne.

D’abord charpentier construisant des bateaux, activité en vogue sur les bords de Marne où le nautisme est prisé, Delorance devient ensuite menuisier à Paris.

En 1932, il appartient à la section de Joinville du parti socialiste SFIO. Il souscrit pour le quotidien de cette formation, Le Populaire, et dans une collecte de « défense socialiste et républicaine pour la paix et le désarmement. »

Julien Delorance meurt le 6 décembre 1946 à Champigny-sur-Marne. Il était âgé de 60 ans.

Bateaux sur la Marne

 

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 01:01

Albert François Dély naît le 2 avril 1901 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Clarisse Lucie Parpaix, coupeuse en photographie et de son époux François Dély, plombier qui vivent rue des Tournelles.

Pendant la première guerre mondiale, Dély est mécanicien. Son service militaire est effectué de 1921 à 1923 dans l’artillerie, au sein des troupes françaises d’occupation en Allemagne dans la région rhénane. Il vit alors à Saint-Maurice, commune voisine de Saint-Maur.

Pendant sa période aux armées, il épouse en octobre 1922 à Joinville-le-Pont, autre commune très proche, Madeleine Louise Georgette Payel ; il s’en séparera en février 1927 pour épouser, en mars 1928 de nouveau à Joinville, Renée Georgette Ridard. Ils auront deux enfants.

Depuis 1925, Dély vit à Joinville, dans le quartier de Polangis, avenue Papin. Devenu électricien, il s’oriente vers les nouveaux moyens de communication qui se développent : d’abord la radio puis le cinéma. En 1931, il est employé par les studios Ciné-Romans de Joinville ; son épouse est également engagée comme monteuse de films par la firme Gaumont, à Paris.

Se présentant comme cinéaste, opérateur de prises de vue et ingénieur du son, Dély est en 1937 à Barcelone, en pleine guerre d’Espagne, alors que les forces républicaines font face à l’armée franquiste, avec l’appui de brigades internationales.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Dély reçoit une affectation spéciale au ministère du commerce et de l’information. Il est démobilisé en juillet 1940.

À la fin de l’occupation allemande, sans doute fin août ou début septembre 1944, le comité local de libération de Joinville-le-Pont crée un comité d’épuration. Selon une instruction du comité parisien de libération et les arrêtés préfectoraux du 29 août et du 6 septembre 1944, qui les entérinent, « Les Comités de Libération n'ont pas qualité pour suspendre, révoquer ou nommer un fonctionnaire. Ces prérogatives appartiennent à l'autorité préfectorale ou municipale, mais il appartient aux Comités de Libération, par l'entremise du Comité d'épuration, de hâter la constitution des dossiers des suspects. »

L’historien Serge Wolikow signale que le secrétaire du comité d’épuration de Joinville est A. Dély. Il s’agit très probablement d’Albert François Dély ; cependant, son fils, Georges Albert Lucien Dély (1925-2017), résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur, aurait éventuellement pu également faire usage de son deuxième prénom et être donc ainsi désigné.

A. Dély, en tant que secrétaire du comité d’épuration de Joinville, écrit une lettre à Georges Marrane, président du comité parisien de la Libération, le 13 mars 1945. Le comité avait arrêté, dès la fin de l’insurrection, Lesestre, Béal, Kirbuhler, Bautsch et Chaussée, qui composaient le « bureau municipal nommé par Vichy et qui a siégé pendant l’occupation ». Ils avaient été transférés à Drancy. Le comité trouve leur libération « pour le moins prématurée. »

Albert François Dély meurt le 7 février 1974 à Chartres (Eure-et-Loir). Il était âgé de 72 ans.

Usine de cinéma à Joinville

 

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 01:01

Pierre Louis Perre naît le 29 janvier 1847 à Lyon. Il est le fils de Catherine Baume et de son époux, Pierre Michel Perre, sculpteur. Il fait des études à l’École impériale des Beaux-Arts de la ville où il obtient, en 1862, un prix dans la discipline « Principes et bosse » dont le professeur est le peintre Pierre Bonirote.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, Perre est mobilisé dans l’armée française. Il a adopté le prénom de Pétrus.

Ayant ouvert une bijouterie en or rue du Temple à Paris (3e arr.), il s’y marie en octobre 1873 avec Angéline Hugon, originaire de Franche-Comté. Après la naissance de deux enfants, la famille s’installe rue du Parc-Royal (4e arr.) où il exploite une bijouterie jusqu’environ 1887.

Après avoir été marbrier, Perre devient constructeur de bateaux de plaisance à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il s’établit sur le quai de la Marne pendant les années 1890. Il est un des introducteur de cette activité qui fut, jusqu’à la première guerre mondiale, florissante sur les bords de Marne.

Le premier engagement public de Perre se situe dans le cadre sportif. Il est le secrétaire des courses de la Société de la voile de Nogent-Joinville, présidée par P. Meurgey, qui s’est reconstituée en 1896 après une mise en sommeil (elle avait été fondée en 1888). Le siège du club est situé à côté de l’atelier de Perre, qui en assure la gestion. Des régates sont organisées les dimanches matin et on compte 13 voiliers en 1900. Abandonnant le secrétariat en 1901, Perre continue de siéger au conseil d’administration au moment où la Société lance une course pour yachts à moteur entre Joinville et Neuilly-sur-Marne.

Vers 1903, Perre cède son activité nautique à son fils Armand, qui connaîtra trois ans après des difficultés économiques. Pour sa part, Pétrus Perre se lance en politique en étant candidat pour les élections municipales de mai 1904 sur la liste conduite par le maire sortant Eugène Voisin, qui est soutenue par le comité radical-socialiste local. Elle se présente face à une liste conservatrice, composée de quatre conseillers municipaux sortants qui ont rompu avec le maire, et  une liste socialiste-révolutionnaire. Alors qu’il s’était jusqu’ici montré assez prudent sur le plan politique, Voisin accepte cette fois de faire campagne pour le programme radical-socialiste et contre le nationalisme et le cléricalisme de ses adversaires. La liste Voisin obtient au total des deux tours 22 des 23 sièges à pourvoir, n’en laissant qu’un seul ses opposants de droite. Au premier tour Perre recueille 573 voix soit 51,2% des 1 119 suffrages exprimés pour 1 363 inscrits. Il est élu.

L’ancien député Jules Ferdinand Baulard, qui a contribué à implanter le radicalisme dans l’Est parisien, est satisfait du résultat. Il considère que sa formation et ses amis, qui avaient « été considérés pendant longtemps comme des anarchistes qui voulaient tout bouleverser » va être en mesure de « décrasser notre commune ».

En mai 1908, pour les élections municipales suivantes, tous les élus sortants qui se représentent sont membres du comité radical-socialiste. La liste du maire fait face à une liste socialiste SFIO et une liste socialiste évolutionniste, composée d’anciens socialistes et de personnalités plus libérales. La liste Eugène Voisin conserve 21 des 23 sièges, dont six sont pourvus au premier tour et Perre en fait partie. Perre a eu 648 votes pour 1 319 inscrits.

Il participe, en juin 1909 à une rencontre avec le sous-secrétaire d’État à l’intérieur, Adolphe Maujan, par ailleurs député de la circonscription et également radical, pour discuter de la règlementation applicable à la construction des bateaux destinés au canotage que le gouvernement entend réglementer, eu égard au grand nombre d’accidents et de noyades. Les sports nautiques et le tourisme des bords de Marne sont une activité économique majeure à Joinville.

L’inondation centennale de la Marne de janvier 1910, qui recouvre une grande partie des terrains riverains et oblige à l’arrêt des activités économiques ainsi qu’aux relogements de centaines de familles dans la commune, touche un tiers du territoire municipal et 53 rues sur 89. Perre, qui a déménagé avenue de l’Étoile, à proximité de son ancien atelier, a organisé tout seul le service de sauvetage dans son quartier. Lorsque l’eau commence  se retirer, dans la troisième semaine de février, Perre participe à l’organisation des désinfections.

Du fait de cet engagement, sa santé se dégrade et Perre est absent de la réunion de compte-rendu de mandat du conseil municipal tenue à la fin du même mois. Dans les graves crises qui secouent le groupe radical-socialiste et la municipalité, Perre reste solidaire du maire, Eugène Voisin, malade, et de la majorité sortante mais ne peut plus participer aux activités publiques.

Il n’est probablement pas candidat au renouvellement de son mandat lors des élections municipales de mai 1912, qui voient la défaite des radicaux face à une coalition de dissidents, de libéraux, de conservateurs et de socialistes SFIO. Perre déménage avec sa femme et son fils pour aller habiter à Puteaux, avenue de la République. Il y meurt le 3 décembre 1913, à l’âge de 66 ans et est inhumé au cimetière Montparnasse

Ses obsèques civiles, des délégations du comité radical-socialiste, de la société des Vétérans de la guerre de 1870, et de la libre-pensée de Joinville sont présentes, conduites par Jacob Kauff, autre constructeur de bateaux, le futur maire Georges Briolay et le chimiste Louis Rey. Par contre, signe des tensions persistantes, le nouveau conseil municipal élu en 1912 n’est pas représenté.

Pétrus Perre avait obtenu plusieurs récompenses pour son dévouement, une première fois en août 1887 pour avoir porté secours en 1886 à des personnes en danger de se noyer puis, une médaille de bronze en janvier 1911 pour son comportement lors de l’inondation de l’année précédente. Il reçut également les palmes d’officier d’académie et une médaille d'argent en janvier 1912, à l’occasion de l’inauguration de l’agrandissement de la mairie de Joinville. il allait recevoir la médaille commémorative d’ancien combattant de 1870 lorsque sa mort est survenue.

Joinville sous les eaux en 1870

 

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 00:01

Suite de la biographie de Casimir Gastal

Pendant la première guerre mondiale, Casimir Gastal est exclu du service armé pour entérite chronique et reste sur son lieu de travail dans une compagnie d’ouvriers de l’établissement d’aviation militaire de Vincennes. Son état de santé médiocre lui vaudra une pension militaire en 1922.

Après le conflit, Gastal se fixe à Nanterre, d’abord rue du Bois en 1919 puis rue Saint-Germain en 1920, toujours pour suivre son affectation professionnelle. Il est, en 1930, chef d'équipe de l’entrepôt spécial d'aviation n° 2.

Dans sa nouvelle résidence, Gastal adhère à l’Union des coopérateurs de Paris (UDC), où il est en charge de la promotion des cercles de coopérateurs. Il est aussi correspondant de la Banque des Coopératives. À ces divers titres, il participe aux congrès régionaux et au congrès national coopératif de 1924.

Retraité en 1934, alors qu’il n’a que 55 ans mais sans doute du fait de ses problèmes de santé, Casimir Gastal s’installa à Breuil-Bois-Robert (Seine-et-Oise, act. Yvelines), petit village à proximité de Mantes qui compte à ce moment environ 200 habitants. La commune est le fief de Marcel Bucard (1895-1946), militant d’Action française‎‎ (1918-1933) puis fondateur Mouvement franciste (1933-1944), expressément fasciste. Les cadets francistes, portant des chemises bleues, disposent d’un camp d’entraînement dans la commune. À l’issue des élections municipales de mai 1935, la presse socialiste se félicite de l’élection de deux antifascistes dans la commune ; Gastal en faisait peut-être partie. Au premier tour, il avait recueilli 17 voix pour 71 votants (24%) et cinq sièges étaient encore à pourvoir.

Membre du parti socialiste SFIO, il est prend part aux activités de la Fédération de Seine-et-Oise et est candidat dans le canton de Mantes lors du scrutin départemental d’octobre 1937. Il recueille 644 voix (9,4% des suffrages exprimés), derrière un député de centre-gauche, Bergery (2 632), le candidat de droite (1 895) et un communiste (1 191). Au second tour, il se désiste, en faveur de Bergery, dont le parti est adhérent au Front populaire et qui est élu malgré le maintien de ses concurrents communiste et radical.

Il est de nouveau candidat en mars 1939, dans une élection cantonale partielle à Houdan (Seine-et-Oise, act. Yvelines), et reçoit 83 votes (2,7%), pour 179 à un communiste, 535 à un radical-socialiste et 1 284 à Mahieu, réactionnaire, élu.

À l’issue du premier scrutin municipal suivant la deuxième guerre mondiale, en mai 1945, Gastal est élu adjoint au maire de Breuil-Bois-Robert. Il cesse cette fonction au renouvellement du conseil municipal en octobre 1947. Il était devenu président du groupe coopératif de Mantes, La Solidarité, adhérente à l’Union des coopérateurs (UDC).

En 1953, Gastal s’installa à Vigneux-sur-Seine (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il fonda un groupe d’action coopérative et devint membre du comité général de l’UDC, dont son fils était un des cadres.

Casimir Gastal meurt le 19 février 1962 à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 82 ans.

Fin

Une plaque apposée en 1862 à Breuil-Bois-Robert

 

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