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13 septembre 2018 4 13 /09 /septembre /2018 01:01

Louis Ferdinand Dehné naît le 20 avril 1846 à Metz (Moselle), où son père, Antoine Ferdinand Dehné, officier d’artillerie, est en casernement. Sa mère est Nanine Marie Cantaloube de Rivières.

Son père, commandant de la place de Strasbourg sous le second empire, s’illustre en Crimée et meurt en 1866. Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, Louis Dehné, combat à Strasbourg pendant 2 mois, est fait prisonnier, s’évade et rejoint l’armée de la Loire. Il tombe malade et en garde ensuite de « mauvaises jambes. »

Après la fin du conflit, Louis Dehné né dans un territoire annexé à l’Allemagne, opte pour la nationalité française en septembre 1872. Il réside à Paris et entre à la préfecture du département de la Seine comme commis-expéditionnaire dans plusieurs mairie d’arrondissement (20e, 4e, 8e) puis à la Caisse municipale et enfin au bureau des aliénés et enfants assistés.

En août 1880, il se marie à Paris (6e arr.) avec Mathilde Coudevilain, avec laquelle il avait eu un enfant l’année précédente. Ils résident dans l’arrondissement, d’abord rue du Dragon puis rue du Cherche-Midi. Ils migrent plus tard de l’autre côté de la Seine rue du Roule (1er arr.) et rue Geoffroy-Lasnier (4e arr.) mais reviennent, au début du 20e siècle, cour de Rohan (6e arr.).

En parallèle avec son activité de fonctionnaire, Louis Dehné mène une vie intense d’intellectuel. Il écrit sous pseudonyme dans plusieurs journaux depuis le milieu des années 1870. Surtout, il se veut auteur dramatique et chansonnier.

Il signe les paroles d’une trentaine de chansons populaires publiées entre 1885 et 1891, ainsi que d’une opérette, Simplice et Simplette, créée en mars 1887 à l’Éden-concert à Paris. Elle est représentée ensuite dans d’autres salles parisiennes : Les Ternes (1887), l'Eldorado (1888 et 1889), la Pépinière (1889), le Concert Européen (1890). On la joue aussi en province, par exemple à Romilly-sur-Seine et Troyes en 1887 ou Nogent-Ie-Roi en 1897. À l’étranger, Simplice et Simplette, est programmée à Montréal (Québec, Canada) au théâtre Le Montagnard en 1899.

La critique considère l’œuvre comme une « paysannerie (…) très lestement enlevée » » (Le Tintamarre, 1887), une « gentille bluette » mais « pleine de jolis détails. C'est une amourette en quelques pages, le roman naïf et champêtre de deux paysans partie en pèlerinage pour se guérir du mal d'amour et qui se guérissent l’un et l’autre dans un bon baiser campagnard » (Le Petit Caporal, 1889).

Dans ses différentes œuvres, Louis Dehné collabore notamment avec le compositeur Henri Chatau (mort en 1933), l’illustrateur et affichiste d’origine argentine Carlos Clérice (1860-1912) le compositeur né en Belgique Félix Chaudoir (1856-1904), le caricaturiste, peintre, lithographe et affichiste brésilien Cândido de Faria (1849-1911), le compositeur Léopold Gangloff (1859-1899), le parolier; chansonnier et journaliste Maxime Guy (1858-1902), l’auteur-compositeur et chansonnier Gaston Maquis (1860-1908) ainsi que le compositeur Tac-Coen (1844-1892).

Après sa retraite de l’administration en février 1895, alors qu’il n’a pas 49 ans, Louis Dehné va résider régulièrement à Dampmart (Seine-et-Marne), tout en conservant un appartement parisien. En août de cette année, il est mêlé à une affaire de tapage injurieux qui le conduit devant le tribunal de simple police de Lagny. Il est relaxé comme l’un des co-accusés, mais la troisième est condamnée à cinq jours de prison. Pendant trois ans, Dehné collabore au Journal de Seine-et-Marne où il insère des articles sur l’actualité locale ou des poèmes patriotiques. Il envoie également des contributions au quotidien Paris.

Vers 1900, Dehné s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il devient en août 1901 le correspondant attitré de l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes, prenant le relai de Félix Salmon, céramiste. Il est, après Henry Vaudémont et Salmon, le troisième titulaire de la rubrique et utilise le pseudonyme de Ludovic.

Son premier article est une critique de la méthode de gestion du maire, Eugène Voisin, pourtant soutenu par les radicaux-socialistes qui composent l’essentiel de sa majorité. Selon Dehné, Voisin « n’aime pas que ses administrés récriminent. Maître absolu dans son conseil, composé en grande majorité de républicains plus que modérés, qu’il fait voter au doigt et à l’œil, il n’admet pas la moindre contradiction, surtout si elle émane d’un radical ou d’un socialiste. »

Dans la tradition de la presse locale, Dehné polémique avec deux journaux basés à Saint-Maur-des-Fossés, le Réveil et Liberté, exprimant des positions plus conservatrices. Il explique pourquoi il ne signe pas de son nom : « J’ai pris un pseudonyme pour ne pas que le premier voyou venu vienne m’insulter dans la rue. Mais depuis près de 25 ans que je fais du journalisme, chacun sait que je me tiens toujours à la disposition de tout galant homme qui se trouverait offensé par l’un de mes articles ». En janvier 1902, il écrit à propos d’un de ses contradicteurs : « Jamais au lycée, au régiment, dans l’administration, personne n’a pu réussir à me faire taire. Il faudra au moins qu’il me tue ! »

Malade depuis décembre 1901, Louis Dehné suspend sa collaboration avec Voix des communes en août l’année suivante. Il meurt le 28 septembre 1902 à Paris (12e arr.) à l’hôpital Saint-Antoine, âgé de 56 ans. Il résidait toujours à Joinville, 34, rue de Paris. Décoré des Palmes académiques, il était officier d’académie et avait une fille. Gabriel Meynet, directeur de l’hebdomadaire radical, lui rend hommage le 4 octobre.

 

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 01:01

François Alfred Gassion naît le 8 décembre 1863 à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Il est le fils de Marie Catherine Coinchelin et de son mari, Charles Louis Alfred Gassion, cheminot, chef de train.

Venu en région parisienne, Alfred Gassion devient lui aussi employé au chemin de fer de l'Est. Il participe le 8 juillet 1887 à la manifestation, organisée par la Ligue des patriotes, de Paul Déroulède pour protester contre l’envoi à Clermont-Ferrand du meneur populiste, le général Boulanger. Le rassemblement se fait à la gare de Lyon pour empêcher le départ du train, l’objectif étant de se rendre ensuite à l'Élysée. Arthur Gragnon, préfet de police, fait bloquer les manifestants place de la Bastille. Il fait procéder à vingt-et-une arrestations, dont huit sont envoyés au Dépôt sous la prévention de rébellion et d'outrage aux agents ; ils sont âgés de 16 à 26 ans et Alfred Gassion figure parmi eux.

Le journal L’Intransigeant écrit que « De l’enquête ouverte sur la manifestation de la gare de Lyon, il résulte que les dégâts matériels sont insignifiants : quelques, vitres brisées, deux boiseries défoncées et trois ou quatre, banquettes démolies, voilà tout ». Il considère que « les agents se sont rués comme des bêtes féroces sur de paisibles citoyens » et que l’incrimination de « rébellion et outrages aux agents » est un « fallacieux prétexte. »

Jugé par la dixième chambre du tribunal correctionnel de la Seine le 12 juillet, Alfred Gassion est condamné pour outrages et violences à la deuxième plus lourde peine, soit deux mois de prison et 16 francs d'amende.

Devenu comptable, Alfred Gassion s’engage dans la franc-maçonnerie. En 1888, il est membre de la loge La Ruche libre (Paris) et « garant d'amitié » de loge Le Globe (Vincennes). Le congrès maçonnique du 3 juin 1888 à Paris adopte à une très large majorité un ordre du jour antiboulangiste : « Considérant que la Franc-Maçonnerie ne peut, sans manquer à ses traditions démocratiques, rester indifférent devant l'agitation plébiscitaire et césarienne tentée sur le nom d'un homme; Jettent le cri d'alarme et font appel à tous les maçons de France pour protester contre la propagande boulangiste et pour défendre contre toutes ses attaques la cause de la Liberté et de la République ». La Ruche libre participait au congrès.

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Gassion organise en août 1888 une cérémonie pour le mariage de sa sœur Antoinette avec Edouard Martin, qui se tient au temple maçonnique, de Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) et rassemble dans une tenue blanche extraordinaire les deux loges La Ruche libre et Le Globe. La fanfare municipale de Vincennes apporte son concours à la fête, qui se conclut par une conférence de Louis Amiable, grand ordonnateur du grand collège des rites et ancien membre du conseil de l'ordre du Grand Orient de France, également maire du 5e arrondissement de Paris.

S’il semble s’être éloigné des boulangistes, Gassion préside cependant une réunion qu’ils organisent à Joinville-le-Pont le 24 avril 1890 autour de leur candidat aux élections cantonales, Wattier. Les boulangistes veulent faire adopter un ordre du jour présentant les boulangistes comme seuls révisionnistes de bonne foi. Combattu par le journaliste Henry Vaudémont, il est, selon ce dernier, repoussé par 28 voix contre 37. Cependant, les boulangistes le déclarent adopté malgré les protestations du président Gassion.

Le propre mariage d’Alfred Gassion, en septembre 1891, sera également une manifestation maçonnique. Il épouse Marie Catherine Blanche Carrère à la mairie du 11e arrondissement de Paris. Le député radical Jules Ferdinand Baulard est présent, de même que le Dr Laffont, conseiller général de Charenton-le-Pont, également radical-socialiste, et Henry Vaudémont, président du groupe de libre-pensée La Raison, dont Gassion est secrétaire. Une confirmation du mariage est organisée au temple de la loge Le Globe à Vincennes ; Gassion en est également le secrétaire.

Après son mariage, Alfred Gassion s’installe à Paris tout en continuant de participer à l’activité du mouvement de libres-penseurs La Raison, basé à Joinville.

Il s’installe ensuite avant 1900 à Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine), où naîtront ses trois enfants. Lui-même devient expert en matière de transports et est décoré, en janvier 1904 des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

En matière politique, Gassion est en 1903 secrétaire général du comité de défense républicaine à Nanterre.

François Alfred Gassion meurt le 20 octobre 1925, à l’âge de 61 ans. Son décès est transcrit à Nanterre, où il vivait 33, rue Sadi-Carnot. Son épouse y réside toujours, en compagnie d’un de ses fils, en septembre 1961.

Médaille de la loge maçonnique de Vincennes Le Globe

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 01:01

Louis Martin Adrien Buchot naît le 23 août 1815 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Marie Louise Fortunée Pitard et de son époux Pierre Buchot, capitaine au corps royal de dragons.

Il s’engage comme soldat à l’âge de 18 ans en 1833 dans le régiment d’infanterie de ligne. Il y progresse en grade, caporal en 1834, sergent en 1835 puis devient officier, sous-lieutenant en 1839. Il est alors affecté au 68e régiment de ligne où il devient lieutenant en 1843 puis capitaine en 1849.

Passé en 1853 au 7e bataillon de chasseurs à pieds, il fait la campagne de Crimée avec l'armée d'Orient. Il meurt du choléra contracté en opérations à l’hôpital de Constantinople le 4 mai 1855.

Il avait été décoré à Toul, en janvier de la même année, chevalier de la Légion d’honneur.

Son père, Pierre, et ses deux frères Pierre Nicolas et Étienne Nicolas, Louis Buchot avaient également été décorés de la Légion d’honneur, l’attribution de cette distinction à quatre membres d’une même famille étant peu courante.

Louis Buchot avait épousé à Toul (Meurthe-et-Moselle) en décembre 1844 Victoire Charlotte Demangeot, originaire de Lunéville. Après sa disparition, sa veuve se verra attribuer en 1864 une concession de terre en Algérie à Bouguirat (act. wilaya de Mostaganem).

Roger Fenton, Deux officiers et un soldat d'une unité de zouaves zn Crimée

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 01:01

Étienne Nicolas Buchot naît le 20 vendémiaire an 14 (12 octobre 1805) à Paris (1er arr.). il est le fils de Marie Louise Fortunée Pitard et de son époux Pierre Buchot, alors brigadier au sein des dragons de la garde impériale, en campagne en Autriche cette année-là, puis capitaine.

Comme son père et ses deux frères, Buchot entame une carrière militaire qui fera de lui un officier.

Entré en service en 1824, il est capitaine en 1840 au sein du 18e régiment de ligne, stationné à Versailles. En 1845, il est à Metz, affecté au 2e bataillon de chasseurs d’Orléans, rebaptisé sous la seconde République 2e bataillon de chasseurs à pied.

Devenu chef de bataillon (commandant) à Lyon dans le 18e régiment, il est major (lieutenant-colonel) au 93e régiment d’infanterie de ligne à nouveau à Metz en 1855, quand il prend sa retraite après plus de 31 ans de services effectifs et 7 campagnes.

Marié à Metz en mars 1851 avec Marie-Louise Chir, il s’installe après son retour à la vie civile à Woippy, en Moselle. Il va quitter son domicile en 1872, après l’annexion du nord de la Lorraine à l’Allemagne et s’installer à Briey, dans le département voisin et resté français de Meurthe-et-Moselle.

Comme son père, Pierre, et ses deux frères Pierre Nicolas et Louis Martin Adrien, Étienne Nicolas Buchot a été décorés de la Légion d’honneur, ce qui très probablement une rareté.

Étienne Nicolas Buchot meurt le 11 août 1889 à Nancy, où il vivait alors 119, Grande-Rue. Il était âgé de 83 ans.

Chasseurs à pieds

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