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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 01:01

Eugène Tilly nait le 4 décembre 1851 à Saint-Mihiel (Meuse). Il est le fils de Marie Vincent et de son époux François Eugène Tilly, entrepreneur de travaux publics.

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), il exerce en 1879 la profession de cuisinier, probablement dans l’hôtel du quai Beaubourg exploité par Alphonse Demeestère, conseiller municipal de la commune et futur fondateur du groupe radical-socialiste local. Il épouse en octobre de cette année Émilie Guiard, employée de commerce, dont la famille réside dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

Se mettant à son compte, il acquiert le Café du Gaz, un hôtel meublé donnant sur la place du Marché, à l’angle des rues de Créteil et de Paris à Joinville. Le café est un lieu de retrouvailles pour les libres-penseurs de la commune et les radicaux-socialistes. Ainsi, il organise en 1888, 1891 et 1892, des « banquets gras » le Vendredi-Saint.

Pour l’élection municipale complémentaire organisée suite au décès du maire républicain, Gabriel Pinson, Tilly fait partie du « groupe d’électeurs de la commune attachés aux institutions républicaines », lancé par Ludovic Alexandre Cambier, qui soutient la candidature d’Amédée Gosset, mécanicien. Gosset est élu, étant seul candidat, avec 75% des suffrages exprimés ; cependant, un autre radical-socialiste, Bleunard, qualifié de « rouge » dans la presse locale, bien que non candidat, obtient 25% des voix.

En janvier 1889, Tilly soutient la candidature d’Édouard Jacques, président du conseil général de la Seine lors de la législative partielle face au général Boulanger, populiste, qui remporte l’élection.

Il accueille un banquet cantonal radical-socialiste en juin 1890 et souscrit avec 260 autres personnes à Joinville « Pour les affamés de Carmaux » en septembre 1895.

En novembre 1897, Eugène Tilly vend son commerce et s’installe à Saint-Maur-des-Fossés où, après la mort en janvier 1898 de son épouse, il se remarie avec la sœur de cette dernière en juin 1899 à Saint-Maur. Antoinette Louise Guiard, qui fut plumassière, travaillait ensuite au café du Gaz de Tilly à Joinville. Pour ce remariage, les nouveaux époux obtiennent une dispense de parenté, signée du président de la République, sans doute Émile Loubet, Félix Faure étant mort en février.

Eugène Tilly meurt le 21 avril 1921 à Saint-Maur-des-Fossés. Il était âgé de 69 ans.

Le Café du Gaz à Joinville

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 01:01

Ludovic Alexandre Cambier naît le 30 mai 1841 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Virginie Louise Janny Morel et d’Antoine Joseph Cambier, architecte.

Son père fut conseiller municipal républicain de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) de 1874 à 1875, date de son décès. Lui-même s’installe dans cette ville, sans doute peu après la disparition de son père.

À l’instar de ce dernier, Ludovic Alexandre Cambier exerce la profession d’architecte vérificateur des travaux publics. Il épouse, en octobre 1872, Joséphine Marie Flippes, native du Havre (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime).

Engagé dans la vie politique locale, Cambier prend part à la campagne pour les élections législatives de décembre 1885. L’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes le présente ainsi « Cambier, le rempart de l’opportunisme et le cimetière des bocks ! »

Le 11 avril 1888, Cambier est élu membre d’un comité chargé de présenter les candidatures pour les élections municipales de mai ; il est confirmé dans ce rôle le 25 avril. La liste comprend des radicaux-socialistes et des socialistes-révolutionnaires. En opposition au maire sortant, Gabriel Pinson, républicain modéré, la liste de gauche obtint trois sièges au second tour (Diot, Demeestère et Vaudey) et Pinson fut réélu.

Le décès du maire, en juin de la même année, provoque une élection partielle en juillet pour laquelle Cambier patronne, au nom d’un « groupe d’électeurs de la commune attachés aux institutions républicaines », la candidature d’Amédée Gosset, mécanicien. Ce dernier est élu, étant seul candidat officiel avec (75%) ; cependant, un autre radical-socialiste, qualifié de « rouge » dans la presse locale, bien que non candidat, obtient 25% des voix.

En janvier 1889, Cambier soutient la candidature d’Édouard Jacques, président du conseil général de la Seine lors de la législative partielle face au général Boulanger, populiste, qui remporte l’élection.

Il participe de nouveau à la campagne législative de septembre 1889 qui voit, après l’abandon du scrutin départemental, la victoire de Jules Ferdinand Baulard, ancien conseiller municipal de Joinville et conseiller général du canton de Charenton, radical-socialiste, dans la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux.

Ludovic Alexandre Cambier meurt le 1er avril 1890 à Joinville, dans l’hôtel-restaurant tenu par Eugène Tilly, rue de Paris, un des points de ralliement des libres-penseurs. Il était toujours domicilié avenue Molette. Âgé de 48 ans, il avait eu cinq fils dont deux morts en bas âge. Son fils aîné, Antoine Cambier (1874-1939) a été chef de service à la préfecture de Paris, officier d’administration dans les services de santé de l’armée, responsable associatif à Joinville-le-Pont et chevalier de la Légion d’honneur.

Voix des communes raconte l’enterrement de Ludovic Alexandre Cambier : « Ce pauvre Cambier, mort subitement le 1er avril a été enterré civilement le jeudi 3. Une foule d’amis avaient tenus à accompagner à sa dernière demeure ce brave cœur, auquel on n’eût jamais reproché d’avoir manqué de franchise. »

 

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16 mai 2019 4 16 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Alphonse Demeestère.

L’influence d’Alphonse Demeestère est attestée par plusieurs témoignages.

Gaston Meynet, qui fut maire radical-socialiste d’Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne) considère que Demeestère était « l’honneur et l’orgueil » de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux. Selon Meynet, « nul n’apporta jamais, dans la vie privée et dans la vie publique, plus de simplicité, de dignité, de bonté et de désintéressement que ce militant intègre, dévoué de la République et des réformes sociales (…) passionné de justice et de solidarité. Il était l’âme de l’Union des radicaux-socialistes du canton de Charenton, dont il avait été un des fondateurs, et dont il fut, pas sa puissance d’attraction, le président perpétuel ». Meynet décrit ses convictions : il était républicain, socialiste, libre-penseur. Il estime qu’il « fut le chef vénéré et incontesté de notre grande famille démocratique de la deuxième circonscription. »

Henry Vaudémont, journaliste et militant radical, critique à son égard au début des années 1880 devint ensuite un de ses plus proches compagnons. « Demeestère ne fut point un médiocre, loin de là. Il fut un modeste, ce qui est fort différent. Jamais, en effet, Demeestère n’eut d’autre ambition que de défendre ses idées et son parti. Ses idées on les connaît : ce sont les grandes idées démocratiques d’incessant et rapide progrès, l’expérience scientifique opposée à la révélation divine, le droit humain proclamé et opposé triomphalement à cette immense et infâme fumisterie qui a nom droit divin. Son parti, c’est le parti radical-socialiste ; il en était dès 1848 : il en resta jusqu’à sa mort, toujours à l’avant-garde, toujours sur la brèche. (…) Demeestère, en ces temps-là [trois ans de lutte contre le césarisme] marchait non seulement avec nous, mais en tête de nous tous, président de l’Union des radicaux-socialistes de la circonscription de Charenton, il multipliait les convocations, faisant lui-même fonction de secrétaire et de trésorier pour avancer l’argent des affiches et de la location des salles. Et pour rien au monde, il n’aurait manqué une de ces réunions où sa haute stature, sa barbe et ses cheveux blancs lui donnaient une autorité dont les plus stupidement buttés subissaient l’influence malgré eux. »

Vaudémont continuait : « Pendant que ce vieillard multipliait ses efforts grâce auxquels la banlieue dut de garder un coin de terre non souillé par les pitres à la Laguerre et à la Mermeix [responsables boulangistes], combien se pelotonnaient tranquillement sous leurs couvertures se disant : faut-il être bête pour s’occuper de politique par le temps qui court. De quelque côté que ça tourne, je saurai bien toujours me retourner ! »

« Demeestère était un de ces hommes tout d’une pièce, qui ne changent point, ne reculent jamais d’une semelle et ne se déplacent que pour marcher de l’avant. Tel il était à 20 ans, tel il était à 60, libre-penseur, athée, partisan de tous les progrès et toujours sur la brèche, pour aider à la conquête d’une liberté ou lutter contre un danger menaçant cette République, qui lui était aussi chère que la vie. Ce n’était pas que ses moyens fussent puissants : Demeestère n’avait point une instruction transcendante ; mais il avait beaucoup lu et du d’Helvétius, du Diderot, du Voltaire, du Jean-Jacques Rousseau, du Voney, du P-L. Courier, du Michelet, du Louis Blanc de préférence au Paul de Kock. »

« Il n’était pas riche non plus. (…) Cependant, s’il fallait de l’argent pour publier une circulaire, pour des affiches et convoquer une réunion publique, Demeestère se trouvait toujours là, à point nommé. Il rédigeait et envoyait les convocations personnelles, arrêtait la salle, disposait tout et ouvrait la séance. Il était là le premier et partait le dernier. Je l’ai vu, car j’étais à ses côtés, revenir de Charenton à Joinville à 1h du matin, avec Thime, le bottier, et moi, par un pied de neige. Demeestère avait alors 70 ans (…) Il fut (…) un de ces divisionnaires auxquels on doit une bonne part de la victoire. »

Fin.

Le pont de Joinville en 1885

 

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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Alphonse Demeestère.

Au cours des élections municipales de mai 1892, Demeestère est de nouveau candidat, sur la liste du maire Eugène Voisin qui a le soutien des radicaux-socialistes. Face à une liste de droite, conduite par Barborin et Bocquentin, Demeestère n’arrive au premier tour qu’au 25e rang des candidats alors qu’il y a 23 sièges à pourvoir, avec 249 voix pour 639 suffrages exprimés (39%) et 644 votants. Il est cependant élu au second tour, du fait du retrait de la liste conservatrice.

Henry Vaudémont explique la contre-performance de Demeestère par « les petits papiers anonymes », alors qu’il considère qu’il est « l’un des plus travailleurs du conseil. »

En juillet 1893, toujours en compagnie de Vaudémont, Demeestère adhère au Congrès des conseillers municipaux socialistes qui se tient à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Pourtant, la division entre les socialistes et les radicaux commence à devenir nette, et la présence de radicaux à ce congrès étonne. En août, il prend la présidence du comité qui soutient la réélection de Baulard au poste de député.

Alphonse Demeestère meurt le 5 février 1894 à Joinville-le-Pont, à l’âge de 77 ans. Il siégeait depuis 14 ans au conseil municipal. Il est incinéré lors de funérailles civiles au cimetière du Père-Lachaise à Paris, en présence d’un grand nombre d’amis, de citoyens du canton, de libres-penseurs et de radicaux. Ces cendres furent ramenées au cimetière de Joinville.

Pour lui rendre hommage, Théodore Brisson-Joly, qui fut conseiller municipal de Paris, conseiller général de la Seine et conseiller d’arrondissement, propose en novembre 1894 de baptiser une rue de Joinville et de Champigny, la rue des Ormes-Grande-Allée, du nom de Demeestère. L’idée est reprise par Vaudémont, qui fait signer une pétition auprès de 79 personnes, mais le conseil municipal ne donne pas suite.

L’enterrement de la veuve de Demeestère, Philiberte Jojot, décédée le 21 août 1902, sera l’occasion d’un dernier hommage public au couple, qui avait été marié plus d’une cinquantaine d’année. Un de ses petits-fils, Henri Doret, fut secrétaire général de la mairie de Joinville-le-Pont, puis, après sa retraite, conseiller municipal radical-socialiste de Joinville-le-Pont (1929-1930).

À suivre.

Eugène Voisin

 

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12 mai 2019 7 12 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Alphonse Demeestère.

En janvier 1891, Alphonse Demeestère annonce sa démission du poste de président de l’Union des radicaux-socialistes du canton de Charenton, qu’il exerçait depuis cinq ans. Il invoque son âge, 74 ans, en précisant que si ce travail n’est pas au-dessus de ses forces à cette date, il craint qu’elles ne le trahissent. Il soutient également que « dans l’intérêt du groupe et aussi au point de vue démocratique que la présidence ne s’éternise pas dans les mêmes mains. »

À sa demande, la lettre de démission est publiée dans le journal Voix des communes. J. Menu, de Saint-Maurice, est élu président : il rend hommage, en mars, à son prédécesseur : le « sympathique citoyen Demeestère, qui jouit, vous le savez, de l’estime et de la considération de tout le monde sans exception, parce que le citoyen Demeestère, par son esprit conciliant, son aménité parfaite, a su inspirer à nos adversaires le respect de ses convictions franchement républicaines ». Dans ses remerciements, Demeestère, souligne « la progression rapide de l’influence politique de notre groupe » qu’il attribue à l’union et à la discipline.

S’il a quitté sa fonction exécutive, Demeestère reste très présent, aussi bien au conseil municipal que dans le comité radical de Joinville ou l’union cantonale. Il anime ainsi, avec Vaudémont, une campagne pour la création d’un omnibus desservant les quartiers de Polangis et Palissy depuis la gare. En septembre 1891, il préside la réunion de compte-rendu de mandat du député, Baulard.

Surtout, il est fier d’organiser le 17 octobre une réunion où le conseil municipal rend compte de son mandat en séance publique. Il explique que « jamais pareille chose en s’était produite depuis que la vieille branche de Saint-Maur » et y voit une rupture avec la tradition « monarchiso-orléaniste » de la commune. Demeestère fait un exposé de la situation financière de la commune : « Quoiqu’il arrive, le conseil aura la satisfaction, à l’expiration de son mandat, de laisser la commune dans une situation nette et dégagée des vieilles dettes qui l’obéraient et la contraignaient à ne rien entreprendre. »

Au sein de l’union radicale-socialiste, Demeestère plaide pour une réforme de l’impôt, qui devrait, selon lui, devenir progressif.

Conformément à ses convictions de libre-penseur, Demeestère prend position en faveur de la crémation et soutient une souscription lancée en avril 1892 par Vaudémont et le Dr Bitterlin pour construire un four crématoire intercommunal à Saint-Maur.

En 1891, 1892 et 1893, Demeestère participe aux « banquets gras », anticléricaux, organisés le vendredi-saint au restaurant chez Tilly, 40, rue de Paris à Joinville. Il participe au Congrès national de la libre-pensée en novembre 1892.

À suivre.

Le quai Beaubourg

 

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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Alphonse Demeestère.

Le trio joinvillais Demeestère, Baulard et Vaudémont, s’appuyant notamment aussi sur Gaston Meynet, ancien maire d’Alfortville et directeur de Voix des communes, va faire de cette partie du département de la Seine, pendant quelques années, un bastion du mouvement radical, sensiblement plus à gauche que ne penche globalement le futur parti, et un îlot de résistance à l’antidreyfusisme ou au boulangisme.

Demeestère fut l’organisateur du groupe politique ; Baulard constitua l’élu le plus en vue, d’abord conseiller municipal, puis conseiller général et député ; Vaudémont enfin s’affirmait comme l’idéologue et le propagandiste.

En octobre 1888, Demeestère constitue un groupe des Droits de l’homme qui planifie des conférences anti-boulangistes à Charenton. Il convainc le conseil municipal de Joinville de s’associer à une manifestation en mémoire d’Alphonse Baudin, médecin et député à l'Assemblée de 1849, tué sur une barricade alors qu'il s'opposait au coup d'État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte. Il plaide également pour l’établissement d’une boulangerie municipale intercommunale avec les deux communes voisines de Saint-Maur et Saint-Mandé.

Le Congrès universel des libres penseurs, qui se tient à Paris en septembre 1889, accueille notamment Demeestère et Vaudémont comme délégués du canton de Charenton. Il affirme « La libre-pensée a été, est et sera la véritable émancipation de l’humanité ». Lorsqu’elle aura accompli son œuvre, « nous pourrons voir notre idéal se réaliser, c’est-à-dire voir : la paix internationale, la paix intérieure, l’outil à l’ouvrier, la terre au laboureur, enfin la fortune publique à tous, la Liberté, l’Egalite, la Fraternité ne plus être de vains mots, et la République être triomphante ».

Le même mois, Demeestère soutient la candidature de Jules Ferdinand Baulard à l’élection législative dans la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux, qui comprend la totalité du canton de Charenton. Baulard arrive en seconde position, derrière l’avocat partisan du général Boulanger, Guillaume Silvy. Il devance un autre radical, Brialou, député sortant du Rhône et plusieurs maires, radicaux également, de Charenton (Marvillet) ou du Perreux (Navarre). Au second tour, Demeestère organise le retrait des candidats radicaux et obtient également soutien des deux candidats socialistes en faveur de Baulard, qui est élu avec 53,1% des suffrages exprimés.

En 1890, Demeestère continue son travail d’organisation de l’Union des radicaux, rassemblant plus de 700 personnes pour fêter l’élection de Baulard, instaurant une cotisation, faisant adopter des statuts et une déclaration de principes.

Il s’implique également fortement sur les questions sociales, demandant par exemple que les employés aient le même droit que les ouvriers à un abonnement annuel sur les trains pour Paris. Il défend l’école laïque privée qui dessert les quartiers de Polangis et Palissy ainsi que celui de la Fourchette à Champigny, en attendant la création d’une école communale.

Avec Diot et Vaudémont (élu lors d’un scrutin partiel en avril 1890), Demeestère organise novembre 1890 un compte-rendu de son mandat de conseiller municipal, à forte tonalité sociale et anticléricale.

En août de cette même année 1890, c’est chez Demeestère qu’un groupe affilié à la Fédération française de la libre pensée est constitué. Il s’agira d’une subdivision de La Raison, société de libre-pensée du canton de Charenton que préside Henry Vaudémont.

À suivre.

Henry Vaudémont

 

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 00:01

Suite de la biographie de Gabriel Pinson

Le scrutin municipal de mai 1884 voit la victoire des candidats républicains, qui recueillent environ 85% des suffrages exprimés, contre 15% pour les conservateurs. Au sein des républicains, on note le retour d’éléments de la gauche radicale, y compris plusieurs des anciens élus écartés en 1881 comme Demeestère et Diot ou une personnalité radicale parisienne, Jules Ferdinand Baulard. Pinson lui-même est élu dès le premier tour avec 387 voix, un peu moins que ses adjoints Nicolas Chéret et Eugène Voisin.

Le renforcement du nombre des élus radicaux, joints à l’apparition d’un hebdomadaire de cette tendance, Voix des communes, couvrant l’actualité du canton de Charenton, va amener à des relations politiques plus tendues. Ainsi, une proposition de suppression de l’octroi en août 1884 met face-à-face les commerçants, qui aimeraient augmenter leurs marges, et les contribuables bourgeois, qui redoutent une hausse de leurs impôts. Elle est abandonnée. En novembre la même année, certains élus de gauche veulent que les séances du conseil municipal se tiennent en soirée, pour permettre aux public et aux élus travaillant en dehors de la ville d’y participer, mais Pinson refuse au nom de la tradition qui les fait se réunir l’après-midi.

Pinson se rapproche cependant de certains des élus les plus engagés sur la question de l’anticléricalisme, car il est lui-même franc-maçon. Ainsi, le conseil municipal entre en conflit en juillet 1884 avec le curé et le conseil de fabrique, qui gère les moyens de la paroisse. Il supprime l’indemnité de logement accordée au desservant de l’église Saint-Charles, la seule de la commune.

La lutte entre d’une part le prêtre Ernest Jouin, un intellectuel en pointe dans la lutte contre la franc-maçonnerie, et d’autre part les libres-penseurs de l’assemblée communale, va atteindre un pic en avril 1885. Suite à des irrégularités dans la comptabilité des recettes des pompes funèbres, le maire avait obtenu du ministre de l’intérieur et des cultes la dissolution du conseil de fabrique. La reconstitution d’un conseil nécessitait que le préfet et l’archevêque de Paris désignent chacun deux représentants, en sus du maire et du curé, membres de droit. Sur la suggestion de Pinson, le préfet désigna Honoré Jullien et Jules Ferdinand Baulard, deux conseillers municipaux notoirement francs-maçons et franchement anticléricaux.

Ayant besoin de faire approuver les comptes de l’exercice précédent et de voter le nouveau budget, le curé convoqua le conseil de fabrique pour le 11 avril 1885. Le maire s’y présenta accompagné de Baulard, mais il eut la surprise de voir les membres révoqués de l’ancien conseil. Il s’en étonna et, en réponse, on lui rétorqua que, le cardinal-archevêque n’ayant pas nommé ses délégués, le nouveau conseil n’était pas entièrement constitué ; par ailleurs, Ernest Jouin soutenait que, puisqu’il s’agissait d’apurer les comptes antérieurs, c’était aux fabriciens sortants de le faire.

Des échanges très tendus s’ensuivirent, les partisans de l’abbé Jouin exigeant le départ de Baulard qui avait traité le trésorier de « voleur ». Ils distribuèrent des noms d’oiseaux : « Canailles, voleurs, francs-maçons, buveurs d'absinthe » et, le maire ayant rappelé la décision préfectorale concernant le conseil dissous, le curé déclara : « je me fiche du préfet… » Les élus municipaux allaient quitter la salle quand Gabriel Pinson, qui marchait mal du fait de la goutte dont il était atteint, fut saisi au collet par le trésorier, Victor Durand, et jeté à terre.

La justice fut saisie et plusieurs procès furent organisés. S’agissant des voies de fait, Durand fut, en première instance, condamné à six jours de prison et un franc de dommages et intérêt, mesure réduite, en appel, à 16 francs d’amende. Sur la question de la légalité de la réunion du conseil de fabrique, c’est un jugement de janvier 1886, confirmé en mars par la Cour d'appel de Paris, chambre correctionnelle puis par la Cour de cassation en octobre de la même année. Les membres révoqués furent condamnés chacun à 25 francs d'amende.

À suivre

L'église Saint-Charles à Joinville

 

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22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 00:01

Joseph Gustave Busseuil naît le 21 avril 1858 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Henriette Marie Busseuil, couturière, dont le mariage en novembre 1858 avec Jules Gobert apportera à Gustave une légitimation et le nom de Gobert.

Il poursuit l’activité de son père, décédé en août 1880, et de sa mère comme restaurateur et marchand de vins à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune limitrophe de Saint-Maurice. Ils sont installés rue des Corbeaux (act. avenue des Canadiens), en bordure du Bois de Vincennes et près du champ de courses de chevaux.

La fréquentation de l’hippodrome se faisait principalement depuis la garde de chemin de fer de Joinville, mais l’accès au bois était malcommode car il fallait traverser les voies. Avec quatre autres commerçants (Bégat, Bisson, Derocq et Jouvet), Gobert est à l’initiative en novembre 1889 d’une pétition pour réclamer un passage souterrain.

Gobert se marie en février 1884 à Coulommiers (Seine-et-Marne) avec Adèle Lise Leauté ; ils auront une fille la même année.

En avril 1890, Gobert organise dans son établissement un « banquet gras » à l’occasion du vendredi saint pour les libres-penseurs et anticléricaux de la ville, dont le publiciste Henry Vaudémont, le conseiller municipal Alphonse Demeestère ou le député Jules Ferdinand Baulard. Ce repas est l’occasion de la fondation d’une une société de libre-pensée à Joinville, branche du groupe La Raison, historiquement basé à Bry-sur-Marne. La cotisation est de 4 francs par an et le président est Henry Vaudémont, connu comme journaliste et polémiste sous le pseudonyme de Gringoire.

Avec notamment les cafés Tilly et Bossu ou l’hôtel Demeestère, l’établissement de Gobert est l’un de ceux qui diffusent régulièrement les invitations aux manifestations et banquets organisés par les radicaux-socialistes dans la commune.

L’historien Basile Nivelet mentionne le nom de J. Gobert comme membre du conseil municipal de Joinville en 1892. Cependant, le Bulletin municipal officiel de Paris confirme que c’est bien son oncle Stéphane Gobert qui est réélu cette année-là.

Son activité rencontre cependant des difficultés économiques, puisqu’il est déclaré en faillite en septembre 1897. Cet incident provoquera son départ de Joinville et sera suivi de son divorce en septembre 1899.

Gustave Gobert, devenu représentant de commerce,  se remarie à Paris (12e arr.) en mars 1904 avec Mathilde Victorine Jacquard. Un jugement prononcera leur séparation de biens en août 1907. Il vit alors à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) et est employé de commerce.

La presse nationale relate début juillet 1914 le « singulier accident » dont est victime Gustave Gobert, alors représentant de commerce et âgé de 56 ans, résidant rue de la Forge, à Noisy-le-Sec (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il se trouvait hier sur la plate-forme d'un tramway électrique se dirigeant vers la place Saint-Augustin à Paris (8e arr.), depuis le cours de Vincennes (12e arr.). Au moment où le véhicule passait rue Bolivar (19e arr.), il reçut en pleine figure une petite balle de caoutchouc durci, lancée par des gamins, selon le commissaire chargé de l’enquête. Gobert s’étant évanoui, on fit arrêter le tramway et des agents le conduisirent à l’hôpital ophtalmologique du docteur de Rothschild où l’on constata qu’il avait l'œil gauche crevé.

La date de décès de Gustave Gobert n’est pas connue.

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 00:01

Stéphane Gobert (1843-1902), tailleur de limes, conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1878-1881 puis 1888-1902).

Stéphane Gobert naît le 2 mai 1843 à Saudrupt (Meuse). Il est le fils de Louise Testique et de son époux Henri Gobert, fileur.

Stéphane Gobert est tailleur de limes à Paris en 1866, un métier lié à la corporation des taillandiers, définitivement disparu en France (et sans doute en Europe de l’ouest) en 2005. En 1741, Philémon Louis Savary des Bruslons, chanoine de l'église royale de Saint-Maur-des-Fossés, édite le Dictionnaire du commerce, ouvrage posthume de son frère Jacques, inspecteur général des manufactures, qui décrit les modalités de production : « La trempe des limes se fait avec une composition de suie de cheminée bien sèche & bien dure qu'on bat & qu'on détrempe avec de l'urine & du vinaigre ; à quoi l'on ajoute du sel commun, en sorte que le tout se réduise en consistance de moutarde. Après que les limes ont été taillées, & qu'on les a frottées de vinaigre & de sel pour en ôter la graisse qu'on avait mis dessus pour les tailler, on les couvre de cette composition, & les ayant mises plusieurs ensemble en un paquet dans de la terre glaise, on les met au feu, d'où quand elles ont pris une couleur de cerise, ce que l'on voit par le moyen d'une petite verge du même acier qu'on appelle esprouvette, on les retire & et on les jette dans de l'eau de fontaine ou de puits toute la plus froide qu'il se puisse. »

En août 1866, Stéphane Gobert épouse Zima Florentine Moignard, fille de cultivateurs de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et descendante d’un notable de la commune pendant la période révolutionnaire, Jacques Moignard. Le couple s’installe à Joinville, rue des Corbeaux (act. avenue des Canadiens), en bordure du Bois de Vincennes.

Lors des élections municipales de mai 1878, Stéphane Gobert participe à une liste républicaine qui bat le maire sortant bonapartiste, Louis Ferdinand Rousseau, et ne laisse qu’un seul siège aux royalistes orléanistes. Gabriel Pinson est élu maire.

En septembre 1879, contrairement à la majorité du conseil municipal, Gobert refuse de voter un blâme contre un de leurs collègues, Alphonse Demeestère, qui avait lancé une collecte en faveur d’un ancien communard, Adolphe Morandy. Le mandat de Gobert finit en mai 1881.

C’est toujours aux côtés de Gabriel Pinson que Stéphane Gobert se présente de nouveau pour des élections municipales en mai 1888 ; la liste du maire s’oppose à une liste radicale-socialiste conduite par Alphonse Demeestère avec plusieurs conseillers sortants. Les républicains modérés l’emportent avec 18 sièges contre 3 aux radicaux. Gobert est élu dès le premier tour avec 347 voix sur environ 775 électeurs inscrits et plus de 425 votants. Lors de l’élection municipale complémentaire qui suit la mort de Gabriel Pinson en juillet 1888, Gobert soutient la candidature d’Amédée Gosset, mécanicien, avec « un groupe d’électeurs de la commune attachés aux institutions républicaines », élu conseiller municipal, et vote en faveur d’Eugène Voisin, qui devient maire.

À partir de 1890, Gobert se rapproche des radicaux et du député Jules Ferdinand Baulard. En octobre 1891, il participe à la première réunion de compte-rendu de mandat organisée à Joinville sous la présidence Baulard.

Au cours du scrutin municipal de 1892, les radicaux rejoignent la liste d’Eugène Voisin qui emporte 22 des 23 sièges à pourvoir, contre un à une liste classée à droite, conduite par Bocquentin et le Dr Barborin. Gobert est réélu dès le premier tour, la liste Voisin ayant près de 70% des suffrages. Il siège dans la commission scolaire et celles des fêtes, du marché, du chauffage ainsi que de la bibliothèque.

L’historien Basile Nivelet mentionne J. Gobert comme élu en 1892 ; cependant, le Bulletin municipal officiel de Paris confirme que c’est bien Stéphane Gobert qui est réélu cette année-là.

Pour les élections municipales suivantes, en mai 1896, la liste Eugène Voisin, sur laquelle figure toujours Gobert, est réélue sans concurrents avec une moyenne de 800 voix pour 918 électeurs inscrits. Son rôle politique s’accentue : il est électeur sénatorial en juin 1897 et délégué de la commune à la Ligue Paris-Banlieue en décembre de la même année.

La liste Eugène Voisin est à nouveau intégralement réélue dès le premier tour en mai 1900, malgré la présence de candidats d’un comité électoral socialiste-révolutionnaire. Gobert obtient 639 suffrages pour 1 096 inscrits.

S’engageant de nouveau pour les élections législatives de mai 1902 en faveur d’Adolphe Maujan, successeur de Jules Ferdinand Baulard, Gobert est délégué du groupe radical-socialiste de Joinville au sein du comité d’union et d’action républicaines de la 2e circonscription de Sceaux.

Avec 10 de ses collègues, contre 5 et une abstention, Gobert vote contre l’autorisation des Sœurs enseignantes de la Providence cours d’une séance du conseil municipal en juin 1902.

Conjointement avec un autre élu municipal, Théodore Létang, Gobert avait été président de la Fanfare municipale de Joinville en 1889.

Stéphane Gobert meurt à son domicile, 7, rue des Corbeaux, le 4 juin 1903 Joinville, à l’âge de 60 ans. Il avait eu trois enfants. Son neveu, Constant Gobert, fils de son frère Jules, sera également conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1912-1930).

 

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16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 00:01

Suite de la biographie de Gustave Charton

En janvier 1897, Gustave Charton s’inquiète, dans une lettre publiée dans l’hebdomadaire Voix des communes du sort des ouvriers de l’usine métallurgique du Bi-Métal à Joinville : « Il se produit en ce moment à la compagnie du Bi-Métal de Joinville (connue par la dernière grève et la déplorable catastrophe toute récente, où plusieurs personnes ont trouvé la mort), des faits absolument scandaleux. Les ouvriers employés dans cette usine gagnent de 0 fr. 35 à 0 fr. 40 de l’heure environ, et ne travaillent que la moitié de l’année à peu près, ainsi qu’en font foi quelques lettres qui sont en ma possession. C’est, il faut l’avouer, un assez maigre salaire et l’on se demande comment ces malheureux peuvent s’arranger pour vivre avec si peu de rétribution ; mais là ne s’arrête pas l’infamie capitaliste qui règne en souveraine maîtresse dans cette usine ; en effet, lorsque les ouvriers atteignent la soixantaine, et que la somme de travail produit commence à diminuer, on les jette à la porte comme des malpropres, ces termes sont tirés de la lettre criante de souffrance que m’adresse l’un de ces malheureux.  J’en connais qui depuis 15 et 20 ans travaillent sans discontinuer dans cette usine, et qui viennent de subir le sort accordé à tous ceux qui ont le malheur de voir leurs cheveux blanchir, et dont le travail ne concorde plus avec celui de l’ouvrier en pleine force l’âge. Et voilà ! On emploie des ouvriers, on les use, et lorsque la vieillesse les écrase de sa griffe, on les jette sur le pavé, sans se soucier de savoir s’ils n’ont plus qu’à choisir entre ces trois moyens de vivre : la mendicité, la prison ou l’hôpital. »

Le directeur de la Voix des communes, Gabriel Meynet, ancien maire d’Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne), commente longuement l’article : « Charton qui, on le sait, est l’honnêteté et la droiture mêmes, en m’apportant l’article qu’on vient de lire, a tenu à me montrer les témoignages écrits des pauvres diables, mis brutalement à la porte, en plein hiver, comme on jette à la borne de vieilles savates hors d’usage. Ces serfs de l’usine où ils ont travaillé, à peine rétribué environ 1 fr. 75 par jour si l’on tient compte des chômages forcés dus sans doute à l’intermittence des commandes, sont plus mal traités que les esclaves antiques. Ceux-ci vieux, brisés, usés, avaient jusqu’au jour où ils crevaient dans quelques coins, la pâtée et un gîte. Ceux-là, comme dit Charton, ont pour perspective la mendicité, le vagabondage, l’hôpital, la prison.  On ne leur reprochera pas, j’aime à la croire, leur manque de prévoyance. Le pain de la vieillesse, eh, fichtre ! Comment le mettre de côté, quand celui du jour est à peine suffisant pour sa journée ? La bête humaine, dans sa nudité native est parfois singulièrement résistante. Arriver ainsi à la soixantaine, la dépasser et n’être pas si complètement déjetée qu’elle ne puisse dans son métier s’employer utilement ? Que M. le directeur n’aille pas s’imaginer que, de propos délibéré, je m’en prends à lui personnellement et à ses actionnaires de ces tristes conditions. (…) Toutefois, il me permettra de faire appel aux sentiments de solidarité, d’humanité qui sommeillent dans le cœur humain et qui, sous la pression des évènements terribles, en jaillissent en de splendides réveils. Il n’a pas oublié la lamentable catastrophe que rappelait Charton, il se souvient de ces morts et de ces vivants enfoncés sous les décombres, que fouillaient les ouvriers de l’usine au risque d’être écrasés par la chute d’un mur croulant. Ne fut-il pas lui-même parmi ceux que l’irréfléchi dévouement de ces hommes arracha à la mort ? N’en est-il pas parmi ceux qu’il vient de balayer qui ont contribué à ce magnifique sauvetage ? (…)

Le mois suivant, toujours dans le même journal, Charton dénonce des incidents avec un prêtre et la famille pendant la maladie de Robert, libre-penseur joinvillais.

De nouveau, en 1899, Charton vit à Joinville. Il est domicilié 8, rue du Pont, dans le même immeuble qu’un autre socialiste-révolutionnaire, Henri Martinet (1865-1932), ouvrier menuisier, syndicaliste, coopérateur, militant socialiste puis communiste et conseiller municipal de Champigny-sur-Marne (1908-1925).

Jean Gustave Charton meurt le 5 février 1900 à Joinville. Son décès est déclaré à l’état-civil par son fils Fernand Alfred Charton, 23 ans, sous-officier au 153e régiment de ligne en garnison à Toul et par Alexandre Isidore Hénocq, 42 ans, militant du POSR à Joinville.

Ses obsèques rassemblent une assistance nombreuse de militants républicains, socialistes révolutionnaires comme radicaux-socialistes, avec notamment le député radical Jules Ferdinand Baulard, le maire de Joinville Eugène Voisin ou Adolphe Aureau, ancien maire de Saint-Maur. La presse radicale commente son décès. Pour Voix des communes, « Charton était un bon et ferme républicain, un libre-penseur convaincu, qui appartenait depuis un certain nombre d’années au parti ouvrier socialiste révolutionnaire, il comptait beaucoup d’amis parmi les groupes de la démocratie, qui avaient été à même d’apprécier sa loyauté, sa bonne foi, en même temps que la bonté de son cœur et sa courtoisie habituelle ». Le quotidien Le Radical voit en lui un « camarade de combat. »

Une des filles de Charton, Clarisse, épouse en octobre 1901 Alphonse Doret, petit-fils d’Alphonse Demeestère, ancien dirigeant des radicaux de la circonscription. Le mariage est célébré par le maire de Joinville Eugène Voisin tandis que le député Jules Ferdinand Baulard prononce un discours.

Un atelier de l'usine Bi-Métal, Joinville

 

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