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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 00:01

Marcel Henri Robin naît le 19 septembre 1896 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Florence Joséphine Beaumann, couturière, et de son mari Auguste Robin, jardinier qui travaille pour la ville de Paris. La famille réside dans le centre de la commune, rue de Paris.

Le père, Auguste Robin, est d’écoré en février 1923 d’une médaille d’honneur agricole et obtient, en mars de la même année, une mention honorable pour son rôle de visiteur de la Société de secours mutuels des gardes et cantonniers de la ville de Paris.

Marcel Robin commence à travailler tôt puisque, au premier semestre 1911, alors qu’il a 14 ans, il est mentionné comme employé de la mairie de Joinville. Il s’est inscrit à la Société de préparation militaire du Parangon, installée sur le site de l’école coloniale dirigée par le Dr Henri Rousseau, et obtient, à ce titre, un diplôme d’honneur en août 1913.

Comme fonctionnaire municipal, Robin a été placé en sursis d’appel. Cependant, il devance l’appel de sa classe pour le service militaire, lui-même anticipé avec le déclenchement de la première guerre mondiale, et s’engage volontairement pour la durée de la guerre à Paris (12e arr.) en septembre 1914. Il est affecté au 18e régiment d’infanterie et devient caporal en novembre 1914 puis sergent en février 1916. Son comportement lui vaut une citation à l’ordre du régiment en novembre de cette année-là : « commandant un flanc garde du bataillon, a contribué par son attitude énergique à repousser une vigoureuse contre-attaque ennemie ». Il est démobilisé en septembre 1919.

Poursuivant son activité à l’hôtel-de-ville de Joinville, il en est le secrétaire adjoint en 1924, remplaçant Eugène Ernest Chauvin, devenu secrétaire général au départ d’Eugène Henri Doret.

En juin 1924, Marcel Robin épouse Marguerite Anne Louise Guérin, employée de banque et résidant dans le quartier de Polangis. Ils s’installent sur l’autre rive de la Marne, rue de Créteil (act. boulevard du maréchal-Leclerc). En avril 1925, la commune avait accordé à Marcel Robin un congé pour raison de santé. Son épouse meurt en juin de la même année, quelques jours après avoir donné naissance à leur fils Jean.

Parallèlement à son travail administratif, Robin s’implique dans la vie d’associations sociales. Il est, en 1923, secrétaire de la principale société locale de retraites, la 1164e section de la société Les Prévoyants de l’avenir. Il continue d’exercer la fonction en 1938. Robin est également en 1926 administrateur de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville et le reste en 1935.

Il devient, en avril 1935, secrétaire général de la commune au départ en retraite de Chauvin. L’hebdomadaire Voix des communes remarque qu’il est un « enfant du pays, élevé à la mairie. » Son livret militaire note qu’il séjourne, en 1937, à Lagos, au Nigéria.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Robin est affecté à son poste en mairie et démobilisé de fait fin juin 1940. Il présente, en mai 1941 les « félicitations du personnel municipal » à Léon Lesestre, le maire (droite) élu en 1925 et reconduit dans ses fonctions par le régime de Vichy.

À sa place, il organise le Noël du maréchal Pétain en décembre  1941 avec le Secours national d’entraide. Dans son discours à cette occasion, le maire appelle à «  bien aimer le maréchal, sauveur de notre France ». Robin est également secrétaire du Comité d’assistance aux prisonniers, qui envoie des colis à Noël et à Pâques et peut soutenir les familles. C’est lui qui présente le rapport moral et le rapport financier de cette institution en janvier 1943 ; le comité a, à ce moment, des « finances florissantes. »

Deux fonctionnaires municipaux, François Balemboy, secrétaire général adjoint et un autre cadre, Georges Karcher, organisent au sein de la mairie le soutien à la lutte contre l’occupation allemande, diffusant les publication du Mouvement Résistance et soutenant avec de faux papiers les personnes voulant échapper au service du travail obligatoire (STO). La participation de Robin à ce réseau n’est pas attestée, mais son maintien en poste avec ces deux derniers après la Libération en août 1944 indique qu’il n’a sans doute pas fait obstacle à cette activité ; le maire et ses adjoints ont, par contre, été démis et arrêtés par le comité local de libération.

Après le conflit, Robin doit piloter un important programme de construction d’équipements et de voirie. Il est toujours en poste en 1953 et le reste peut-être jusqu’en 1961.

Marcel Henri Robin meurt le 23 novembre 1977 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Il était âgé de 81 ans. Il était titulaire de nombreuses médailles : Croix de guerre avec étoile de bronze, Croix du combattant volontaire (accordée en juillet 1936), Croix du mérite de guerre italienne, mention honorable au titre de son activité dans la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers (novembre 1926), mention honorable au titre de son activité dans la société Les Prévoyants de l’avenir (août 1933), médaille d'argent des employés communaux (avril 1944) et Palmes académiques comme officier d’académie (février 1939).

Son fils Jean Robin, enseigne de vaisseau sur le porte-avions Arromanches qui patrouillait en Indochine, avait été abattu dans son avion en vol en décembre 1953, pendant la guerre du Viêt-Nam.

Mairie de Joinville-le-Pont, vers 1960

 

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 00:01

Nicolas François Couppé naît le 5 décembre 1825 à Paris. Il est le fils de Mélanie Augustine Pérée et de son mari, Louis Auguste François Couppé. Il épouse en octobre 1846 à Paris (2e arr.) en l’église Saint-Eustache Louise Félicie Samson.

Couppé fait fonctionner à Paris (4e arr.) en 1850 un atelier de doreur et argenteur sur métaux, qu’il spécialise dans la fabrication de flambeaux de style Louis XVI en 1856. La famille s’installera ensuite dans le 3e arrondissement, rue de Thorigny.

La situation de la Couppé pendant la guerre de 1870-1871, qui voit l’Empire français s’opposer aux puissances allemandes menées par la Prusse, n’est pas connue. Il est probable que son fils, Léon Auguste, s’est engagé ; il deviendra, dans la réserve de l’infanterie, sous-lieutenant en 1884.

Tout en conservant son domicile parisien, la famille Couppé dispose d’une résidence à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le nouveau quartier de Palissy, sans doute peu après la fin de la guerre. Ils acquièrent une maison mise en vente par Louis Hugedé qui lotit la rue qui porte toujours son nom.

L’implantation de François Nicolas Couppé sur les bords de Marne va l’amener à s’impliquer dans la vie locale. Il fait partie du groupe de républicains qui, en janvier 1878, portent le modéré Gabriel Pinson à la mairie, en battant le sortant Ferdinand Rousseau, bonapartiste. Le nouveau conseil municipal compte également quelques radicaux-socialistes.

La démission en 1879 du second adjoint, l’épicier Jules Marchais, conduit à la désignation de François Nicolas Couppé à ce poste. Un conflit éclate au sein du conseil, en septembre 1879 ; Alphonse Demeestère, qui sera plus tard le dirigeant du comité radical-socialiste de la circonscription, veut porter secours à Adolphe Morandy, ancien lieutenant des Francs-tireurs pendant la guerre franco-allemande de 1870 et officier sous la Commune de Paris en 1871, récemment amnistié et malade. Il lance une souscription, ce que conteste le maire. Couppé est signataire avec la majorité de la motion du conseil municipal du 27 septembre 1879, dans laquelle les élus « blâment sévèrement le citoyen Demeestère. »

Lors des élections municipales de janvier 1881, François Nicolas Couppé est réélu conseiller municipal. Les places d’adjoints sont occupées par Eugène Voisin et Prince Amédée Gosset. Il est probablement secrétaire de l’assemblée. Les républicains modérés ont emporté tous les sièges, les radicaux ne siégeant plus.

Non réélu lors des élections municipales de mai 1884, qui voient le retour de plusieurs radicaux, Couppé est présent en mai 1888 sur la liste de Gabriel Pinson, qui emporte 18 des 21 sièges à pourvoir, les radicaux-socialistes, alliés à quelques socialistes-révolutionnaires, obtenant les trois autres. Il est élu avec 305 voix pour environ 550 suffrages exprimés (55%). Gabriel Pinson est réélu maire, avec Eugène Voisin et Nicolas Chéret comme adjoints. La mort de Pinson, en juin, conduit à l’installation d’Eugène Voisin à un poste qu’il occupera pendant un quart de siècle, tandis que Nicolas Chéret et Honoré Jullien sont adjoints. Mais la disparition du premier en février 1890 fait que Couppé est, de nouveau, appelé à remplir la fonction d’adjoint en avril de la même année.

Le remplacement de Pinson par Voisin marque un rapprochement durable de la majorité municipale avec le comité radical-socialiste, qui remporte la majorité des sièges à pourvoir lors de l’élection partielle de mars 1890. Par contre, elle précipite une rupture avec certains conservateurs.

Lors de l’élection municipale de mai 1892, La liste Voisin, sur laquelle figurent Jullien et Couppé, fait face à des adversaires de droite. Elle recueille au premier tour en moyenne 360 voix pour 639 suffrages exprimés (56,3%) tandis que les opposants conservateurs en ont 141 (22,1%). Les premiers ont 21 élus sur 23, la droite en ayant un et un indépendant entre aussi au conseil municipal. Voisin et réélu maire, Jullien et Couppé adjoints.

L’équipe en place n’a pas de concurrent en mai 1896 et est reconduite avec une moyenne de 800 voix. Le bureau maintenu est maintenu à l’identique.

La présence de concurrents socialistes-révolutionnaires en mai 1900 n’empêche pas la nouvelle victoire de la liste Voisin dès le premier tour. Couppé recueille 622 voix pour 1 096 inscrits. Le trio Voisin, Jullien et Couppé reste en place. Ce dernier achève son mandat en mai 1904, n’étant pas candidat à sa réélection. Paul Villain lui succède comme deuxième adjoint. Couppé aura siégé six ans comme conseiller municipal et seize ans comme adjoint au maire, soit vingt-deux ans de mandat. À côté d’un Honoré Jullien, de tendance radicale-socialiste affirmée, Couppé semble avoir représenté une tendance plus modérée. Il joua un rôle politique évident, étant la plupart du temps désigné comme électeur sénatorial et représentant régulièrement la commune lors d’évènements.

En janvier 1888, Couppé était devenu administrateur de la société de tir Les Volontaires de Joinville et Champigny, présidée par Louis Jules Debeuré, également doreur sur métaux, libre-penseur et qui sera élu conseiller municipal de Joinville sur la même liste que Couppé en mai 1888.

Nicolas François Couppé meurt le 11 mars 1906 à Joinville. Il était père de deux enfants, dont une fille morte en bas âge et avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en janvier 1904.

Joinville-le-Pont en 1885

 

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 00:01

Nicolas Émile Deiber naît le 13 mars 1847 à Neufchâteau (Vosges). Il est le fils de Marie Anne Villemont et de Joseph Deiber, tailleur d’habits.

Devenu employé de banque au Comptoir d’escompte de Neufchâteau, Émile Deiber épouse en octobre 1869 à Goussaincourt (Meuse) Adeline Sophie Mélinat, dont le père, ancien coiffeur, est hospitalisé à l’établissement des Incurables (act. hôpital Bicêtre, Paris) et dont la mère vit à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines).

Peut-être Deiber combat-il pendant la guerre de 1870-1871, qui oppose la France à plusieurs États allemands, dont la Prusse. Il est officier dans la réserve, affecté au 80e régiment territorial d’infanterie comme sous-lieutenant en 1878. En mai 1884, il est promu au grade de capitaine dans la même unité.

La famille est installée en 1873 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue Bernier, dans le quartier du Centre, où naissent leurs deux filles. Émile Deiber est chef comptable dans la société des Forges de Saint-Maur, implantée dans la commune et dirigée par Alphonse Pilté. Elle emploie 150 ouvriers. Deiber témoigne devant le tribunal civil de la Seine en faveur de Pilté, qui agissait comme président de la caisse de secours des Forges de Joinville, contre un des employés blessé ; l’affaire est jugée en leur faveur en appel en 1878.

Cette même année, Deiber et Pilté font partie d’un groupe de républicains de la commune qui décident de s’opposer au maire sortant, bonapartiste, Ferdinand Rousseau. La liste emporte 20 des 21 sièges à pourvoir, le dernier échéant à un orléaniste. Gabriel Pinson, républicain modéré, est élu maire. Un conflit éclate au sein du conseil, en septembre 1879 ; Alphonse Demeestère, qui sera plus tard le dirigeant du comité radical-socialiste de la circonscription, veut porter secours à Adolphe Morandy, ancien lieutenant des Francs-tireurs pendant la guerre franco-allemande de 1870 et officier sous la Commune de Paris en 1871, récemment amnistié et malade. Il lance une souscription, ce que conteste le maire. Deiber est signataire avec la majorité de la motion du conseil municipal du 27 septembre 1879, dans laquelle les élus « blâment sévèrement le citoyen Demeestère. »

Pour prendre la suite d’Alphonse Pilté, Deiber s’associe avec Julien Grand, administrateur, et devient directeur d’une nouvelle société, au capital de deux millions de francs, formée en juin 1879, la Société anonyme des forges, laminoirs et aciéries de Seine-et-Rhône, basée à Joinville, spécialisée dans les fers de ferraille. L’entreprise gère également les forges, laminoirs et aciéries d’Oullins (Rhône). Deiber devient ainsi maître de forges.

En janvier 1881, Deiber est réélu conseiller municipal de Joinville, sur la liste de Gabriel Pinson ; les éléments les plus radicaux, dont Demeestère, ne sont pas reconduits. C’est Deiber qui, au nom de la municipalité, prononce le discours pour l’inauguration des écoles communales, au moment où l’instruction publique devient obligatoire. Il conclut en assurant que « l'instruction était la compagne obligée de la liberté ». Le délégué du préfet, M. Roux, fait l'éloge de Joinville, considérant qu’il s’agissait de « la commune la plus instruite du département ». Elle accueillait déjà un important établissement privé laïc, le Parangon.

Selon l’historienne Michelle Perrot, Deiber, conseiller municipal républicain, « passe parmi ses ouvriers pour un royaliste ennemi des ouvriers ». Elle raconte l’anecdote suivante, qu’elle ne date pas : « Aux forges de Joinville-le-Pont, où sévit le chômage, les ouvriers ayant proposé de ne travailler que quinze jours pour employer tout le monde, le directeur Debert [Deiber] les apostrophe : Vous voulez travailler quinze jours ? – Oui – Eh bien ! Vous ne travaillerez pas du tout ; foutez-moi le camp. »

La dissolution de la Société des Forges laminoirs et aciéries de Seine-et-Rhône est décidée par les actionnaires en mars 1885. Deiber est désigné comme un des deux liquidateurs. Il vend aux enchères l’usine d’Oullins. L’usine de Joinville sera elle exploitée par la société Édouard Martin, Ducamp et Cie avant de rejoindre, en 1892, la Compagnie française du Bi-Métal.

Quittant les bords de Marne, Deiber s’installe rue du Parc-Royal, dans le quartier du Marais à Paris (3e arr.), où il reprend un atelier de fabrication de timbres élastiques et en caoutchouc. Il présente ses produits lors de l'exposition universelle de 1889 à Paris.

Revenant aux activités métallurgiques en 1896, il fonde la société Deiber et Allagnier avec son gendre, Alphonse Allagnier. Elle est basée à Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne), un peu en aval de Joinville. Il constitue en outre la société Deiber, Grondard et Cie pour fabriquer des bandages de roues, des chaudières et réservoirs. Ils rachètent, en 1897 un train circulaire pour le bandage des roues sans soudure. Au cours de l'exposition universelle de 1900 à Paris, elle est gratifiée d’une médaille d'or.

Nicolas Émile Deiber meurt le 13 février 1901 à Paris (3e arr.). Il était âgé de 53 ans et père de deux filles. Décoré des Palmes académiques, il était officier d’académie depuis 1881 et avait été fait ensuite officier de l’instruction publique. L’entreprise qu’il dirigeait en tant que maître de forges deviendra les Forges et laminoirs d’Alfortville en 1901.

L'usine métallurgique de Joinville-le-Pont en 1907

 

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 00:01

Nicolas Mathieu Bonnor naît le 4 novembre 1809 à Sainte-Colombe (act. Sainte-Colombe-sur-Seine, Côte-d'Or). Il est le fils de Nicole Malgras et de son époux Nicolas Bonnor, probablement employé des forges de Sainte-Colombe. Lui-même est employé à partir de 11 ans dans les forges, comme goujat (apprenti), il devint ensuite puddleur, c'est-à-dire directeur d'un four pour l'affinage de la fonte. En novembre 1832, lamineur dans les mêmes forges, il épouse Françoise Zoé Degrond, dont le père est également commis à la forge.

Selon Mgr Justin Fèvre, historien de la Haute-Marne, « Mathieu était l'ouvrier supérieur, le forgeron de génie qui possède d'instinct ou qui devine par expérience tous les mystères du métier ». En 1834, il est contremaître puis en 1838, sous-directeur. Il quitte la Côte-d'Or pour les forges de Basse-Indre, en Loire-Inférieure (act. Loire-Atlantique) en 1848, où se retrouvent également son frère cadet Julien et un cousin, Louis, également métallurgistes.

Les forges Marmont à Sainte-Colombe

Au début du second Empire, Bonnor retourne dans l’Est de la France, à Saint-Dizier où il installe la forge anglaise de la société Adma, Huin et Cie. Il est ensuite embauché dans l’importante usine de Jules Rozet, au Clos-Mortier, toujours à Saint-Dizier et y installe des trains de laminoirs. Il fonde la société Bonnor frères et Cie et devient dès lors maître de forges en 1855.

Tout en conservant son installation de Saint-Dizier, il s’installe l’année suivante à Eurville (act. Eurville-Bienville), autre pôle important du département. Il équipe son usine de deux hauts-fourneaux, des fours à puddler, une forge anglaise et un laminoir, lui permettant de se spécialiser dans les petits fers ronds, dont il produisait 15 000 tonnes par an. Fort rentables, ces produits servaient notamment à la tréfilerie, pour les chaîne et pour les fils télégraphiques. S’associant avec la famille de sa mère, la société gérant le site de Saint-Dizier prend le nom de Bonnor, Malgras & Cie en 1858. Celle d’Eurville est connue sous le nom de Bonnor, Degrond et Cie, ses beaux-parents étant impliqués dans son capital. Mathieu Bonnor se présentera fréquemment sous le patronyme de « Bonnor-Degrond. »

Un brevet d’invention est déposé en avril 1860 en France par Bonnor, pour un « procédé de laminage économique du fer et autres matières ». La même invention est également protégée au Royaume-Uni.

En 1863, les frères Bonnor cèdent la fabrication de chaînes de leurs ateliers de Saint-Dizier mais implantent une tréfilerie à Chancenay, en association avec Jobard. Son frère monte une usine à Donjeux (Haute-Marne).

L'Exposition nationale de Chaumont en 1865 apporte la consécration à Bonnor, qui est décoré de la Légion d'Honneur. En juillet, il forme avec les principaux producteurs de machine ou ronds de tréfilerie et par les fabricants de fils de fer un comité où il siège aux côtés de et MM. de Wendel, Denille et Daumont. Il a pour objectif d’assurer des prix plus rémunérateurs.

Associé en 1866 avec les frères Jamin, des négociants de Paris et le baron Louis de Valsuzenay, Mathieu Bonnor se retire en 1867 de ses affaires d’Eurville ; il avait été condamné, en février, parce qu’un de ses ouvriers avait fait exploser par erreur un obus livré dans un lot de fonte, ce qui provoqua la mort d’un ouvrier. Il est appelé en région parisienne, où il réorganise les forges de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et d'Aubervilliers (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Son activité à Saint-Dizier se poursuit et Bonnor obtient, en 1869, le raccordement de ses usines à la voie de chemin de fer locale.

Pour l’exploitation des forges de Saint-Maur à Joinville-le-Pont, Mathieu Bonnor s’associe avec le propriétaire, Alphonse Pilté et fonde en 1871 Bonnor, Pilté et Cie, spécialisée dans les fers laminés à base de riblon, venu généralement de Haute-Marne. Il se retire en 1872 de son association, reprise par Pilté.

Condamné pour homicide par imprudence à 100 francs d'amende et 1 200 fr. de dommages-intérêts en novembre 1873, Bonnor se voit personnellement placé en faillite en juillet 1874. Il réside alors rue du Faubourg Saint-Martin, à Paris (10e arr.). L’activité de Saint-Dizier n’est pas concernée. Pour tenter de se remettre sur pieds financièrement, Bonnor se rend dans le Tarn-et-Garonne. Cependant, malade, il revient à Paris. L’historien Philippe Delorme remarque que « doué pour la fabrication, Mathieu Bonnor le fut en effet beaucoup moins pour la gestion. »

Mathieu Bonnor meurt le 10 mars 1876 à Paris (10e arr.). Il était âgé de 68 ans et avait eu une fille. Selon Justin Fèvre « On ramène son corps à Saint-Dizier où ses anciens élèves et les ouvriers de la contrée lui font des funérailles comme on en fait aux princes ». Pour Ph. Delorme, « il symbolisait pour la population un exemple de réussite sociale » ; il remarquait « qu’à travers une telle réussite devenait pour la première fois visible publiquement l’importance sociale et économique du travail ouvrier. »

Bonnor est inhumé dans sa ville natale, Sainte-Colombe, où il était domicilié.

Un blog, Sagadesbonnor, a fonctionné entre février et avril 2011, publiant dix articles sur la famille, dont un en partie consacré à Mathieu Bonnor et intitulé L'ascenseur social n'était pas en panne. Une voie de la commune de Saint-Dizier (Haute-Marne) porte son nom, la rue Mathieu-Bonnor.

Plaque de rue de Saint-Dizier

 

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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 00:01

Albert Philippe Doé naît le 21 mars 1809 à Troyes (Aube). Il est le fils de Catherine Julie de Loynes et de Jacques Doé, propriétaire. Ses deux parents sont d’origine noble, le père, seigneur de Luyères, était également administrateur des hospices de Troyes.

En 1835, Albert Doé s’associe avec son frère Victor et ils sont tous deux associés gérants de la société Doé & de Lemont, qui est en charge de l’exploitation de la forge de Chamouilley-Haut, en Haute-Marne. Son frère réside sur place, tandis qu’Albert Doé est installé à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne), où se trouve le siège de l’entreprise. Il prend également la responsabilité de la société gestionnaire des Forges de Saint-Maur, située à Joinville-le-Pont, en limite de Saint-Maurice. Le percement en 1825 du canal de Saint-Maur, qui coupe par un tunnel la boucle de la Marne, ont permis l’installation d’une industrie sur ses bords, malgré le risque d’inondation.

Présente à l’exposition des produits de l’industrie de 1839, Doé et Cie obtient une médaille de bronze. C’est, avec celle de Grenelle, une des deux forges du département de la Seine que l’on retrouve à l’exposition de l'industrie française en 1844. Traitant de vieilles ferrailles, qu'elle tire des fontes de la Haute-Marne et qu'elle affine à la houille; elle tire parti de son voisinage de la capitale.

Lors de l’exposition universelle de Paris en 1855, la presse souligne l’intérêt de ce recyclage des vieux fers. Les forges de Saint-Maur recueillent une médaille de 2e classe. Cependant, s’inquiétant d’un projet de réforme des tarifs douaniers, Albert Doé signe, en janvier 1860, une lettre à l’empereur Napoléon III en compagnie de 180 manufacturiers. Il cède la gestion des forges vers 1865 à MM. Alphonse Pilté et Mathieu Bonnor.

En 1852, Albert Doé est capitaine de la deuxième compagnie du 29e bataillon de la Garde nationale de la Seine. Il a sous ses ordres deux autres officiers, dont Paul-Nicolas Tondeur, sous-lieutenant et directeur des forges. Depuis la même année, il était adhérent du Cercle des arts et en est signalé comme membre encore en 1873.

Albert Doé meurt le 1er décembre 1881 à Paris (9e arr.). Il était âgé de 73 ans et célibataire. Il est inhumé au cimetière de Troyes. Il fait un don de 1 000 francs au bureau de bienfaisance de cette ville. Il avait été gratifié d’une médaille de bronze lors de l’exposition universelle de Paris en 1855.

Ses deux frères Charles et Victor ont tous deux été décorés comme chevaliers de la Légion d’honneur et nommés conseillers généraux, le premier, dans le département de l’Aube, dont il fut président et où il a été également maire de Rouilly-Saint-Loup et le second en Haute-Marne.

Tombe d'Albert Doé à Troyes

 

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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 00:01

Suite de la biographie de Marius Ceretti

Après une dizaine d’années avec le parti socialiste maintenu, Marius Ceretti va cependant s’en éloigner à l’occasion des élections municipales de mai 1935. Il décide de se présenter sur la liste des Gauches républicaines à Joinville-le-Pont.

Le parti socialiste SFIO faisait partie en 1929 du groupement des gauches républicaines qui avait obtenu 22 élus sur 27. Mais il s’en était séparé, dès les élections municipales partielles d’octobre 1934. Sur les quatre élus socialistes de 1929, deux avaient démissionné ; le représentant de commerce François Galabert s’était vivement opposé à la municipalité et le représentant de commerce Marcel Couillard semble avoir eu des raisons plus personnelles. L’adjoint au maire, Georges Roger était resté fidèle à Georges Briolay et l’ébéniste Armand Bureau figuraient de nouveau sur sa liste, en tant que socialistes indépendants, en mai 1935. Marius Ceretti les rejoint avec la même étiquette, en se présentant comme entrepreneur. Il indique résider avenue du Bac, dans le quartier de Polangis, depuis huit ans. Sa mère a été recensée à cet endroit en 1931, mais ça n’a pas été le cas de Marius Ceretti.

Une liste socialiste SFIO était présente en 1934 avec 405 voix en moyenne (17,6%). Robert Derivière conduit de nouveau une liste en mai 1935, qui recueille 12,3% des suffrages exprimés.

Pierre Ceretti, frère et associé de Marius

La liste de la majorité sortante mettait en avant, au titre de son bilan, d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement. Elle concédait avoir dû augmenter les impôts locaux, mais expliquait que c’était dû aux charges imposées à la commune (incendie, chômage) et à une moins-value sur les recettes. Elle propose un programme axé sur l’amélioration de la vicinalité et celle des transports, la création de squares ainsi que l’installation d’un éclairage public. Défendant le maintien des allocations versées, elle préconise la création d’un fonds national de chômage et le lancement de grands travaux d’outillage national qui pourraient se traduire sur place par l’élargissement du pont de Joinville et la suppression du passage à niveau. Enfin, la liste veut créer un nouveau groupe scolaire à Polangis et une salle des fêtes à la mairie. Elle préconise aussi des cours de natation et d’aviron gratuits pour les enfants.

Au premier tour, la liste du Groupement des gauches est distancée avec 765 voix en moyenne soit 26,8% des 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. L’Union des républicains arrive en tête, avec une moyenne de 32,6% tandis que les communistes ont 23,5% et les socialistes SFIO 12,3%. Avec 723 votes, Ceretti est crédité de 25,3%.

Lors du second tour, le 12 mai 1935, les listes communistes et socialistes fusionnent tandis que les deux autres se maintiennent. Le Groupement des gauches a perdu une partie de son électorat, qui se reporte sur la liste de droite, laquelle arrive de peu en tête avec une moyenne de 1 160 suffrages exprimés (41% et 25 élus) sur 2 899 pour 2 924 votants. L’union communiste-socialiste se place seconde, avec 1 100 votes (39% et 2 élus). Recueillant 566 voix en moyenne, le Groupement des gauches se contente de 20% et n’a pas d’élu. Ceretti a reçu 522 suffrages (18%).

Reprenant une activité politique dans la commune de Saint-Maurice, Ceretti est en avril 1937 secrétaire de l’Union socialiste et républicaine (USR) pour le canton de Charenton, qui couvre également les communes Saint-Maurice, Maisons-Alfort et Alfortville. le bureau du groupe est présidé par François Gingeaud. L’USR avait été créée en 1935 par le regroupement de trois partis situés à l'aile droite de la SFIO, le parti socialiste français (PSF), le parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF), et le parti républicain-socialiste (PRS). Lors du renouvellement du bureau de l’USR en décembre 1938, Ceretti est remplacé au secrétariat par un autre saint-mauricien, Marcel Mauvisseau.

L’identification de Ceretti à Marius Ceretti pour l’ensemble des activités publiques n’est pas absolument certaine. Cependant, les mentions de son adresse personnelle en 1924, de son initiale en 1932 et de son prénom complet en 1935 s’ajoutent au fait que son frère Pierre François, seul autre Ceretti identifié pendant l’entre deux-guerres à Joinville et Saint-Maurice et avec lequel il est associé, conserve la nationalité italienne jusqu’en 1946, ce qui rend difficile de supposer qu’il ait eu une intervention politique.

Dix ans après le décès, en janvier 1970 de sa première épouse, Marius Ceretti s’est remarié en mars 1980 à Saint-Maurice avec Simonne Louise Hutet.

Jacques Marius Ceretti meurt le 31 décembre 1995 à Saint-Maur-des-Fossés. Il était âgé de 95 ans et avait eu une fille avec sa première épouse.

L’entreprise de tôlerie et chauffage Ceretti frères existe toujours en 2019. Elle est installée à Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne).

Fin

L'entreprise Ceretti en 2019 à Boissy-Saint-Léger

 

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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 00:01

Début de la biographie de Marius Ceretti

Jacques Marius Ceretti naît le 3 février 1900 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Florence Élise Bruschera et de son mari Jacques Victor (ou Trevor) Paul Ceretti, monteur en cuivre. Les parents sont italiens, originaire du village d’Intra, de la commune de Verbania, au bord du lac Majeur dans le Piémont ; ils sont venus en région parisienne au milieu des années 1890. Lui-même est donc italien à la naissance et deviendra français à sa majorité. Les prénoms familiaux sont tous francisés.

Jacques et Marie Ceretti

Devenu chaudronnier-tôlier, Marius Ceretti aurait été mobilisé probablement fin 1918 ou début 1919, si la première guerre mondiale n’avait pas cessé ; son frère Alphonse François Joseph Ceretti est tué à Petegem-aan-de-Leie, en Flandre Orientale (Belgique) en décembre 1918. Après un séjour à Aarsele (act. Tielt, Flandre, Belgique), probablement pour le rapatriement du corps de son frère, il est convoqué au service militaire en octobre 1920 dans le 4e bataillon de chasseurs, mais il est réformé dix jours plus tard pour une entérite et un « état général médiocre ». Il sera finalement dispensé de service.

Associé avec son frère aîné Pierre François, Marius Ceretti développe une activité de fumisterie et chauffage et s’implante également dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, où ils obtiennent par exemple en 1927 l’entretien des bâtiments communaux. La société Ceretti Frères, basée à Saint-Maurice, est fondée en avril 1929. Ils s’associent avec un autre italien d’origine, M. Zancarini dans une nouvelle structure, la Société Française de tôlerie industrielle, basée toujours à Saint-Maurice, mais l’entreprise commune est dissoute en juin 1935, chacun des associés reprenant sa part de la clientèle. En octobre 1934, Marius Ceretti avait été condamné par le tribunal correctionnel de la Seine à une amende de 25 francs pour « emploi d’étranger sans carte de travailleur. »

Marié en février 1924 à Saint-Maurice avec Germaine Poulain, Marius Ceretti va se lancer cette même année dans une action politique publique.

Germaine Ceretti, née Poulain

Début avril 1924, au nom de « la section de Saint-Maurice nouvellement reconstituée » du parti socialiste SFIO, Ceretti lance « un pressant appel à tous les camarades qui désirent reprendre leur place de lutte dans la vieille maison du Parti SFIO ». La réunion constitutive est convoquée pour le 14 avril. En mai, le Cartel des Gauches se met en place dans le canton de Charenton-le-Pont. Le bureau est présidé par le docteur Thévenin, républicain socialiste et comprend également des représentants du parti radical-socialiste, de l’Union socialiste-communiste (USC) et du parti socialiste SFIO. Ceretti est membre du bureau, au nom de la SFIO de Saint-Maurice.

Lors de l’élection municipale de mai 1925, Ceretti n’est pas candidat à Saint-Maurice. La liste socialiste, incomplète, arrive en quatrième position avec 15,%, derrière les communistes à 18,6%, le Comité républicain radical-socialiste à 20,1% et l’Union républicaine de droite à 48,9%. La SFIO n’a pas d’élu. Ceretti joue un rôle important dans la section SFIO, probablement comme secrétaire. Il la représente au sein de la commission de contrôle et propagande de l’Union des sections du canton de Charenton en 1928.

Le nom de Ceretti est aussi associé à celui de la section de Joinville-le-Pont, voisine, par exemple pour des souscriptions en février 1928 et mai 1930.

Au cours de l’élection municipale de mai 1929, Ceretti n’est toujours pas candidat à Saint-Maurice. La liste socialiste obtient environ 13,3% et n’a pas d’élu. M. Ternois, radical, est élu maire.

En tant que membre du conseil de la fédération SFIO de la Seine, où il représente Saint-Maurice, Ceretti s’oppose, en compagnie de Jean Longuet et de la majorité fédérale à l’exclusion de la section d'Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne), accusée d’avoir maintenu ses candidats au deuxième tour de scrutin lors des élections municipales, malgré l'avis contraire de la Fédération.

En septembre 1932, M. Ceretti signe, dans le quotidien socialiste Le Populaire, une tribune attaquant la municipalité de Saint-Maurice et son maire radical, Désiré Louis Léon Ternois, qui « dernièrement a jugé utile de se jeter dans les bras de la réaction ». Il lui reproche son attitude envers les chômeurs de la commune : six chômeuses, envoyées pour du travail aux pièces avec un « salaire dérisoire » auprès d’un industriel ayant refusé cet emploi sont radiées par la commission paritaire du chômage, présidée par le maire. Ceretti remarque qu’il n’en est pas ainsi dans les autres municipalités. En octobre 1932, Ceretti préside la réunion du Comité exécutif de l’Union des sections SFIO du canton de Charenton.

À suivre

Marius Ceretti

 

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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 00:01

Louis Castanet naît le 28 novembre 1866 à Paris (8e arr.). Il est le fils de  Marguerite Castanet, couturière, et d’un père non dénommé ; sa mère le reconnaît officielle deux ans plus tard.

Vers 1886, il est embauché comme facteur dans l’administration des postes. Au moins à partir de 1891, il est affecté au bureau de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), qui est dirigé depuis environ 25 ans par Antonine de La Chassaigne de Sereys, épouse du colonel Broutta. Le bureau avait été doté, en 1872, du service télégraphique. En novembre 1893, la ligne téléphonique reliant Joinville à Paris est inaugurée.

Louis Castanet épouse en février 1893 à Auchel (Pas-de-Calais) Maria Élisabeth Joseph Paillard, fille d’un mineur de houille. Ils vivent à Joinville dans le quartier du Centre, d’abord quai Beaubourg (act. quai du Barrage) et rue Bernier.

En octobre 1896, Louis Castanet fait partie des membres fondateurs de la 1 164e section de la société civile de retraites Les Prévoyants de l’avenir, créée en 1880. La section est basée à Joinville. Elle est présidée par Maurice Watrinet, directeur de funérailles et ancien secrétaire général de la mairie, futur adjoint au maire (conservateur) de la commune. Castanet en est le trésorier jusqu’en 1900. Il en devient ensuite vice-président et conserve la fonction jusqu’en avril 1923.

Lors du congrès de cette organisation en septembre 1904, Castanet est élu membre du conseil d’administration de l’Association générale des sous-agents des postes. Le droit syndical n’existant pas à ce moment dans la fonction publique, l’Association générale en tenait lieu pour les facteurs. Le congrès avait mis à son jour les questions de l’avancement et de la retraite. Mais il se prononça aussi au sujet de la guerre russo-japonaise alors en cours et se conclut sur les cris de « Vive la République sociale ! Vive l'association une et indivisible ! »

Lors du congrès d’octobre 1905, qui voit Roblet succéder à Bébin à la présidence de l’Association générale, Castanet est réélu, avec 393 voix, membre du conseil d’administration. En juillet 1908, il est délégué de la Société générale de l'orphelinat des sous-agents à Paris. Il s’associe à l’hommage rendu, en octobre 1912, à François Labarre, dirigeant mutualiste et est toujours membre du conseil en 1913.

Pendant la première guerre mondiale, Louis Castanet est mobilisé. Au total, avec son service militaire, il aura effectué cinq ans dans l’armée.

Depuis 1911, Castanet semble ne plus résider en permanence à Joinville-le-Pont, même s’il est mentionné en relation avec la commune jusqu’en 1935 dans divers documents d’état-civil ou articles de presse et qu’il mentionne une adresse dans la ville dans des démarches officielles.

Louis Castanet meurt le 6 novembre 1955 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 88 ans et père de cinq enfants. Il avait été attributaire de deux mentions honorables pour son activité sociale en avril et juillet 1908.

La Poste de Joinville vers 1900 avec deux facteurs, dont peut-être Louis Castanet

 

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 00:01

Louis Adolphe Cazin naît le 30 mai 1868 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Désirée Adèle Rigault, blanchisseuse et de son mari, François Prosper Cazin, ans, chauffeur.

D’abord serrurier et vivant avec son père à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Saint-Mandé, Louis Cazin fait son service militaire entre novembre 1889 et septembre 1892 dans le 2e régiment d'artillerie-pontonnier. Au retour, il s’installe comme marchand de vin et exploite un café restaurant à Joinville sur la place du marché, rue des Marronniers (act. rue Eugène Voisin) et vit rue de Créteil (act. boulevard du Maréchal-Leclerc).

Il se marie pour la première fois en octobre 1893 à Joinville avec Ursule Dupuy, cuisinière, originaire de Saint-Rabier en Dordogne.

Au premier semestre 1900, le café Cazin, accueille une des premières organisations politiques de la commune, le Cercle d'études sociales. C’est ce cercle qui convoque une réunion publique le 25 mars 1900, au cours de laquelle est fondé le Groupe socialiste révolutionnaire de Joinville-le-Pont. Son siège est fixé au café Cazin. En avril, il constitue un Comité électoral socialiste-révolutionnaire pour présenter, pour la première fois, des candidats aux élections municipales de mai.

Lors du vote en mai 1900, la liste radicale-socialiste du maire sortant, Eugène Voisin, est intégralement réélue. En 1901, le groupe socialiste-révolutionnaire se réunit dans la salle Wehrell, rue de Paris.

Après le décès de la première épouse en octobre 1907, Louis Cazin se remarie en février 1908 à Joinville avec Marie Florentine Servy, domestique originaire du Loiret.

Pendant la première guerre mondiale, est d’abord mobilisé dans le 5e bataillon territorial du génie sur la place de Paris. Il est brièvement affecté en août 1916 à une unité combattante, le 13e régiment d’artillerie, mais il est réformé 17 jours plus tard pour des problèmes rénaux (albuminurie) et renvoyé vers des services auxiliaires.

Il devient veuf une seconde fois, en novembre 1922, cesse son activité puis se remarie en mars 1923 de nouveau à Joinville avec Ernestine Monfaucon, journalière née dans l’Oise. Cette dernière décède à Joinville en juin 1930.

Ayant alors quitté Joinville pour Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), Louis Cazin épouse en juillet 1932 dans cette ville Rosalie Berthe Quatresouls, native de la commune. Il avait alors 64 ans. Le seul enfant qu’il semble avoir eu, de son premier mariage, était toujours garçon de café à Joinville.

La date et le lieu de décès de Louis Cazin ne sont pas connus.

La place du marché à Joinville-le-Pont

 

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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 00:01

Louis Saint-Martin naît le 26 août 1891 à Paris (10e arr.). Il est le fils de Louise Pascaline Gilbert, passementière et de son mari, Joseph Saint-Martin, employé des Postes. Son père, originaire du Gers, sera ensuite gérant d’hôtel dans le 11e arrondissement de Paris, rue Neuve des Boulets. Sa mère meurt en mai 1907. Louis Saint-Martin devient employé de commerce.

Pendant la première guerre mondiale, Louis Saint-Martin est mobilisé dans le 244e régiment d’artillerie de campagne, où il est maréchal des logis en 1919. Il est décoré de la Croix de guerre. Il est démobilisé en février de cette même année.

Alors qu’il vient de quitter l’armée, Louis Saint-Martin épouse à Paris (11e arr.) Jeanne Joséphine Putz, née à Paris et dont les parents sont originaires du Grand-Duché du Luxembourg. Ils vont s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), sur le quai de la Marne, sur la rive droite de la rivière. Ils y exploitent le restaurant du Chalet des sports. Il y adjoint un bureau de tabac en 1925.

En septembre 1926, Saint-Martin participe au 3e concours agricole organisé à Joinville et est gratifié du prix en herboristerie. Il est également désigné, cette année-là, par la municipalité pour surveiller le bon fonctionnement de l’éclairage public dans son quartier.

Lors des élections municipales de mai 1929 à Joinville, Saint-Martin est candidat sur la liste du Groupement des gauches, qui comprend des radicaux-socialistes, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants.

La liste remporte 22 des 27 sièges à pourvoir face à celle de l’Union républicaine (droite, 5 élus) du maire sortant, Stephen Durande et à la liste du Bloc ouvrier et paysan (communiste, pas d’élu) de Roger Bénenson. Saint-Martin recueille au premier tour 751 suffrages, soit 44,1% des 1 715 votants pour 2 491 inscrits.

Toujours sur le quai de la Marne, Saint-Martin est épicier en 1931. Ayant quitté la commune, il est démissionnaire de sa fonction de conseiller municipal en 1933. Il est remplacé à l’occasion d’une élection municipale partielle en octobre 1934.

La famille reviendra ensuite à Joinville-le-Pont, car son épouse y décède en décembre 1981. La date et le lieu de décès de Louis Saint-Martin ne sont pas connus.

Joinville-le-Pont, quai de la Marne

 

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