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13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 00:01

Début de la biographie de Théophile Leteuil

Théophile René Leteuil naît le 18 février 1860 à Richelieu (Indre-et-Loire). Il est le fils de Marie Gerrand et de son époux René Leteuil, cultivateur.

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Paris, où il est employé de commerce dans une boulangerie, Théophile Leteuil épouse en novembre 1885 à Joinville Véronique Chapotot, cuisinière, résidant dans la même rue.

Lors des élections législatives de septembre 1889, Théophile Leteuil participe à la campagne électorale de Guillaume Silvy, candidat boulangiste (populiste). Il arrive en tête dans la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux au premier tour avec 39,4%, et en seconde position à Joinville avec 37,4%, derrière le conseiller général radical-socialiste Jules Ferdinand Baulard, qui remporte le siège au second tour.

En 1891, le couple Leteuil a franchi la Marne et réside dans le quartier en développement de Palissy, route de la Brie (act. av. Galliéni). Leteuil est devenu boulanger.

Six ans plus tard, il exploite un hôtel-restaurant à l’enseigne Au bi du bout du pont. La salle du restaurant Leteuil accueille, à partir de l’été 1897, les réunions de la section de Joinville de la Fédération des abonnés à la semaine des trains ouvriers. Animée par le socialiste Henri Martinet, elle revendique que les titulaires de ces abonnements puissent partir et revenir par tous les trains omnibus, et non par ceux qui sont spécialement désignés, entre la gare de Joinville et Paris. La fédération compte trois sections à Saint-Maur et d’autres à Champigny, Nogent, Le Perreux et Fontenay-sous-Bois. En 1899, elle élargit ses revendications à l’ouverture de l’abonnement aux employés.

L’établissement des Leteuil est transféré en 1901, avenue de Brétigny (act. av. du Président-Wilson). Après 1910, ils font commerce de vins en gros.

Lors des élections municipales de mai 1900, Leteuil figure sur la liste du maire sortant, Eugène Voisin, qui comprend principalement des radicaux, mais également des personnalités conservatrices comme Moulinet, Dalbavie, Provin ou Raoult. La liste remporte les 23 sièges à pourvoir, face à une liste socialiste-révolutionnaire. Leteuil se situe en 22e position, avec 495 voix pour 1096 électeurs inscrits, loin des 704 suffrages de Voisin.

En avril 1901, Leteuil propose au conseil municipal la création d’une section de vote pour les quartiers de Palissy et Polangis, ce qui les séparerait donc, électoralement parlant, de la rive droite de la Marne. Au cours d’un vote à bulletins secrets, l’idée est repoussée par 10 voix contre, 5 pour et 1 blanc. Mécontent, Leteuil annonce qu’il va lancer une pétition.

Lors de la constitution du Comité d’union et d’action républicaines de la 2e circonscription de Sceaux, en avril 1902, Leteuil est un des 13 délégués du groupe radical-socialiste de Joinville. Lorsque ce groupe décide de pérenniser son activité, jusqu’ici limitée aux élections législatives, et se rebaptise Comité républicain radical-socialiste de Joinville en juin 1902, Leteuil est un des huit délégués, et un des deux de la zone de Palissy.

Comme les autres radicaux-socialistes Leteuil se prononce, encore en juin 1902, contre l’autorisation des Sœurs enseignantes de la Providence dans la commune ; il y a 13 contre, 5 pour et une abstention.

Lors du scrutin municipal de mai 1904, les conservateurs s’opposent à Eugène Voisin, dont la liste prend un caractère nettement radical-socialiste. Les candidats du maire obtiennent, en moyenne, au premier tour 50,2% des votes, devant la droite à 31,9%, les socialistes-révolutionnaires complétant le tableau, avec 14,9%. Leteuil est élu sur la liste Voisin dès le premier tour, en onzième position, avec 571 suffrages pour 1119 votants (51%) sur 1363 inscrits. Il fait partie des électeurs sénatoriaux radicaux-socialistes en janvier 1905.

Début 1906, Théophile Leteuil entre en conflit avec le maire, au prétexte d’irrégularités supposées dans la prise en charge de l’enfouissement des chiens retrouvés morts sur la voie publique, une accusation qui sera plus tard infirmée par une enquête préfectorale. Il qualifie le sujet de « scandale du bureau de bienfaisance ». Un autre conseiller municipal, Charles Léon Tardivon, se solidarise avec lui et tous les deux démissionnent du conseil municipal. Leteuil poursuit ensuite seul une guérilla politique contre la majorité radicale. Le comité radical-socialiste décide de sa radiation, à l’unanimité selon Georges Briolay, futur maire de la commune.

Fin 1907, Leteuil rejoint Eugène Hainsselin, alors conseiller prud’homme, ouvrier scieur, qui a été militant socialiste-révolutionnaire puis est brièvement passé au parti socialiste SFIO. Ensemble, ils forment un comité socialiste indépendant lors d’une réunion le 21 novembre, qui rassemble 400 électeurs. Félix Valbonnet, entrepreneur de mécanique, en est élu président.

À suivre

Joinville inondé en 1910

 

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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 00:01

Eugène Georges Desolle naît le 17 juin 1862 à Paris (20e arr.) Il est le fils de Louise Joséphine Morandy, lingère, et de son mari, François Marie Desolle, serrurier qui vivent rue de Ménilmontant.

En 1882, Eugène Georges Desolle est installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) comme plombier couvreur. Il vit dans le quartier du Centre, 14, rue du Pont. Ses parents sont devenus dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne.

S’il ne semble pas avoir effectué de service militaire, Eugène Georges Desolle s’engage dans les sapeurs-pompiers de Joinville ; il est sergent dans la compagnie locale en 1911. En mai 1890, il épouse à Joinville Françoise Amalric, originaire de l’Allier. Desolle exerce son activité comme indépendant jusque 1912, date à laquelle il s’associe avec un autre couvreur joinvillais, Lucien Lavoipierre au sein de la société Lavoipierre et compagnie.

Participant à des courses cyclistes depuis 1897, Georges Desolle devient président du Cyclo-Club joinvillois en mars 1903 en remplacement d’A. Clairfay, qui l’avait fondé. Il est toujours en fonction en octobre 1904. Le club semble avoir cessé de fonctionner à l’automne 1905.

Comme son associé Lavoipierre, Desolle s’engage dans la vie politique avec des tendances conservatrices. Il est candidat, en mai 1904, sur une liste d’obédience nationaliste conduite par Charles Dalbavie, et François Provin, voisin et ami de Desolle. Le maire sortant radical-socialiste Eugène Voisin remporte l’élection avec 50,2% des suffrages en moyenne dès le premier tour et 22 sièges sur 23, la liste de droite ayant 31,9% et un seul siège, une liste socialiste-révolutionnaire recueillant 14,9%. Desolle obtient 335 voix, soit 29,9% et n’est pas élu.

Après le décès de son épouse en février 1916, Eugène Georges Desolle se remarie en septembre 1916, toujours à Joinville, avec une veuve joinvillaise, Mathilde Léopoldine Deschamps, manutentionnaire.

Après le conflit mondial, il dissout en avril 1919 la société constituée avec Lavoipierre et vit désormais de ses rentes. Il déménage dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île.

Il est de nouveau candidat aux élections municipales de novembre 1919, sur la liste du Bloc indépendant qui réunit des libéraux comme Jules Beauvais, des conservateurs et des royalistes, comme Georges Bitterlin, tous deux conseillers sortants du maire, radical dissident, Ernest Mermet. C’est la liste d’union entre les radicaux dissidents, les radicaux-socialistes officiels et des socialistes indépendants, conduite par Henri Vel-Durand, qui emporte tous les sièges après avoir obtenu au premier tour 44,8% des suffrages exprimés, devant la SFIO à 29% et le Bloc indépendant, à 26,2%. Desolle a 436 votes en sa faveur sur 1 694 exprimés (25,7%) pour 1 715 votants et 2 491 inscrits. Le Bloc indépendant se retire avant le second tour.

C’est probablement Eugène Georges Desolle qui devient en décembre 1929 vice-président du Radio Joinville Club, présidé par M. Lesage. Cependant, son neveu Georges Eugène Desolle, vit également à Joinville à ce moment.

Eugène Georges Desolle meurt le 11 janvier 1943 à Joinville. Il était âgé de 80 ans et avait deux enfants de son premier mariage. Il était décoré de la médaille d’honneur des sapeurs-pompiers.

 

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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 00:01

Suite de la biographie de Justin Mauran

À son retour d’Amérique, l’abbé Mauran séjourne à Bruxelles. Il y publie, sous le pseudonyme de Un prêtre, un ouvrage intitulé La Voix d'un prêtre sur l'état social et le clergé. Selon la presse, qui le qualifie d’écrivain politique, « il s’élève dans cet écrit contre le désastreux mélange du spirituel et du temporel, contre l’immixtion du clergé dans la politique et l’abus que fout ses membres de leur influence morale pour livrer à l’animadversion publique les hommes qui ne partagent pas leurs idées. »

Justin Mauran fait également éditer, à Bruxelles, en 1870, un essai sur La vraie perfection enseignée par Saint-Joseph, envers lequel il a une dévotion qu’il lie au fait qu’il est fils de charpentier.

Vers 1869, il est en charge, selon Le Figaro d’un « tout petit ministère à Joinville-le-Pont » à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où la paroisse, fondée en 1860, n’a pas de poste de vicaire et dont le curé est alors l’abbé Marie Joseph Juhel.

Dans une lettre publiée dans Le Figaro en septembre 1872, il décrit les recherches auxquelles il se livre. « Je n'ai jamais assisté aux offices et cérémonies de l'Église dans les grandes solennités, surtout de la Fête-Dieu et des premières communions, sans avoir, presque tout le temps, le cœur serré cruellement par la crainte des accidents affreux qui peuvent résulter des ornementations et des toilettes, mêlés aux cierges, aux bougies enflammés. (…) Il y a une quinzaine d'années, j'appris avec bonheur qu'un savant avait trouvé un procédé pour rendre ininflammables tous les tissus, même les plus fins, et que plusieurs curés de Paris exigeaient rigoureusement que les confréries de femmes et les enfants de la première communion fussent habillées de robes et couvertes de voiles rendus ininflammables par ce procédé. Malheureusement, bientôt après, j’appris aussi que ce procédé dut être abandonné, à cause de ses imperfections. »

« Je fis un grand nombre de démarches auprès des chimistes, des savants, pour les supplier de tourner leurs vues de ce côté. J'osai même aller jusqu'auprès d'un prince de la science, un académicien des plus distingués. Impossible ! Impossible ! Me fut-il répondu (…) Alors je ramassai mon petit bagage de connaissances; je consultai un ami, grand chimiste, que j'avais, et je me mis à l’œuvre, employant à mes recherches tout le temps que me laissait mon ministère. Je n’avais pour m'aider que ma vieille bonne, qui restait ébahie en voyant mon tripotage et le désordre que je causais partout, qui se mettait, en fureur lorsqu'elle me voyait déchirer mon linge pour le brûler. Je ne fus pas très longtemps à trouver un principe qui me donna une espérance certaine. Mais l'application de ce principe, sa sûreté, sa simplification m'ont coûté trois ans de travail. Je dois de grands remerciements à M. Dumas fils, apprêteur à Tarare, qui mit son cabinet de chimie et son personnel à ma disposition ; il me donna ainsi les moyens de faire arriver mon procédé à la perfection à laquelle il se trouve. Voici, en deux mots, ses effets et la facilité avec laquelle il se présente Ininflammabilité parfaite, blancheur éclatante noir de soie, couleurs vives conservées indéfiniment, apprêt solide et à volonté, sans aucun apprêt si l’on veut, conservation et même raffermissement du tissu; bon marché, réduit à celui des apprêts et des blanchissages ordinaires ; enfin, très grande facilité dans l'exécution du travail. »

L’invention de l'abbé Mauran fut présentée à Paris lors de l'Exposition d'économie domestique en septembre 1872. Entre 1870 et 1876, une dizaine de revues et rapports en France et aux États-Unis mentionnent les travaux de Mauran. Les tissus étaient rendus ininflammables par un bain de borax, sulfate de soude et acide boracique. Le traitement empêchait également l’altération des couleurs.

En mai 1881, la commission de secours contre l'Incendie du conseil général de la Seine décide d’expérimenter le procédé Mauran sur une baraque que l'Administration doit faire construire.

Au cours des années 1880, l’abbé Mauran retourne dans le midi. Il fait rééditer son essai sur Saint-Joseph à Toulouse en 1882.

Justin Mauran meurt le 24 avril 1886 dans son village natal de Réalmont, où il était domicilié rue Cabrouly. Il était âgé de 69 ans.

Plusieurs livres de l’abbé Mauran ont été réédités sous format numérique au 21e siècle, dont Voyage de Paris à l'Île Bourbon ou La vie de M. Portalès (tous deux Hachette-BNF).

Fin

 

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 00:01

Michel Émile Chédeville naît le 14 mars 1830 à Boissy-le-Sec (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il est le fils de Marie Magloire Binant et de son époux Louis François Chédeville, cultivateur. Ses parents seront ensuite fruitiers à Passy (Seine, act. Paris, 16e arr.).

Résidant à Passy, menuisier en voiture, Michel Chédeville épouse en juillet 1854 à Neuilly-sur-Seine Joséphine Hortense Leybe. Ils vivent rue de Chaillot.

En 1866, Michel Chédeville exploite à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) une société constituée avec Louis-Adolphe Mathieu de commerce de vins en gros. Il est installé sur le lieu dans le quartier de La Varenne-Saint-Hilaire, rue du Bac. L’entreprise est dissoute, mais Chédeville poursuit un temps l’activité en nom propre.

Devant la Cour d'assises de la Seine, Michel Chédeville témoigne en juillet 1868 dans le procès de ce que la presse appelle l’affaire de La Varenne-Saint-Hilaire, dans laquelle une servante et sa fille sont accusée du meurtre de la maîtresse de maison et de l’incendie du pavillon. Il résidait dans le pavillon voisin et a porté secours pendant le feu, découvrant le cadavre de Mme Forest.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, comme une grande partie des habitants des bords de Marne, la famille Chédeville est installée à Paris, où elle exploite un commerce de fruitier place des Vosges, dans le quartier du Marais. Ils reviennent, après le conflit, à La Varenne.

Le couple Chédeville vit à Joinville-le-Pont, commune voisine de Saint-Maur, dans le quartier du Centre, rue de Paris, lors de la mort de son épouse en novembre 1887. Il s’installera ensuite rue de Créteil (act. rue du Maréchal-Leclerc). Michel Chédeville s’y implique dans la vie politique en étant candidat, en mai 1888, aux élections municipales. Il figure sur la liste du maire sortant, républicain modéré, Gabriel Pinson, qui s’oppose à une liste radicale-socialiste constituée par Alphonse Demeestère. Au premier tour, les colistiers de Pinson emportent 17 des 21 sièges à pourvoir. Chédeville obtient 227. Il se présente au second tour et est alors élu par 214 suffrages, à côté de trois radicaux-socialistes. Réélu, Gabriel Pinson décède un mois plus tard et est remplacé par son premier adjoint, Eugène Voisin, qui se rapproche des radicaux.

Lors du scrutin suivant, en mai 1892, Eugène Voisin constitue une liste avec le soutien des radicaux-socialistes face à des opposants, libéraux et conservateurs. Elle remporte 22 des 23 sièges. Chédeville est élu sur cette liste dès le premier tour avec 390 voix pour 639 suffrages exprimés (61%) sur 644 votants. Il siège dans les commissions des chemins, travaux et éclairage, scolaire, du marché ainsi que dans celles traitant du quai de la Marne et de l’octroi. Il est désigné comme délégué sénatorial en décembre 1893.

N’ayant pas été candidat au renouvellement de son mandat municipal en mai 1896, Michel Chédeville vit alors à Aubervilliers (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue des Cités près de son fils. Il reviendra plus tard à Saint-Maur-des-Fossés.

Michel Chédeville meurt le 13 décembre 1901 à Versailles. Son décès est transcrit sur l’état-civil de Saint-Maur, où il résidait à La Varenne. Il était âgé de 71 ans et avait eu au moins trois enfants. Gustave Gaston, né en décembre 1870, garçon boucher, marin en Indochine, a connu une vie agitée sur le plan judiciaire. Son livret militaire mentionne cinq condamnations entre 1899 et 1911 pour vol, faux en écriture publique, destruction de documents, détournement d’objet saisi et abus de confiance pour au total 44 mois de prison.

Joinville-le-Pont, rue de paris et rue de Créteil

 

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 00:01

Jean Brision naît le 14 septembre 1889 à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils de Rose Marie Lequillec, cigarière et de son mari Jean Marie Félix Brision, ajusteur.

Apprenti ajusteur, à l’image de son père, en juillet 1904, il est mordu par un chien à Nantes. Il perd ses père et mère à deux mois d’intervalle à l’été 1907. Avec un autre ajusteur, il est arrêté, en juillet 1911 pour « complicité de vol ». Il n’est sans doute pas condamné car aucune mention n’est portée sur son livret militaire.

En octobre de la même année, il est incorporé au service militaire, dans le 116e régiment d’infanterie puis dans le 2e régiment de sapeurs ; il finit sa période sous les drapeaux, malade, en novembre 1913 et s’installe à Paris, rue de Lille.

Toujours en mauvaise santé au début de la première guerre mondiale, il est réformé en août 1914 pour tuberculose. En 1934, il effectue une demande de pension, estimant que son état s’était dégradé du fait de son passage à l’armée. Elle sera rejetée pour cause de forclusion.

Pendant le conflit, il retourne en Loire-Inférieure et vit à Nantes en 1918 puis à Montoir-de-Bretagne en 1920. Il se marie à Nantes en novembre 1921 avec Hermine Francoise Eugénie André. Le couple Brision et leurs deux enfants s’installent ensuite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils résident dans le quartier du Centre, rue de Paris, en 1927. Jean Brision est devenu voyageur, représentant de commerce.

Engagé dans la vie politique locale, Jean Brision est candidat lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, convoquées pour compléter le conseil municipal suite à des décès et démissions. Il figure sur la liste socialiste SFIO, conduite par Robert Derivière, qui arrive en quatrième position, juste derrière les communistes et les deux listes regroupant des radicaux et des libéraux ou conservateurs. Brision recueille 403 suffrages exprimés sur 2 297 (17,5%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, la liste socialiste se retire au profit des communistes. C’est la liste de Concentration républicaine qui emporte les dix sièges.

Le secrétaire des Jeunesses socialistes de Joinville, Roger Jamet, était poursuivi, en mars 1935, devant la dix-septième Chambre correctionnelle de la Seine pour « outrages à agents », après être intervenu en faveur d'un vendeur de journaux qui avait été arrêté. Prié de circuler, Jamet, mutilé d'une jambe, tomba et, assurant avoir reçu des coups violents, traita les agents de « saligauds ». Les deux responsables de la section, Derivière et Brision, témoignèrent en sa faveur. Le quotidien socialiste Le Populaire considéra que la peine prononcée, 50 francs d'amende avec sursis, équivalait à une absolution.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Jean Brision est de nouveau candidat, en quatrième position, sur la liste de Robert Derivière, qui présente un nombre incomplet de postulants. Nettement distancée par l’union des droites, les radicaux de la municipalité sortante et les communistes, elle arrive encore au dernier rang. Brision ne recueille plus que 355 voix sur 2 856 suffrages exprimés (12,4%), 2 923 votants et 3 433 inscrits. Pour le second tour, dans le cadre de la préparation du Front populaire, la SFIO fusionne sa liste avec les communistes de Robert Deloche, qui ont obtenu 23,5% en moyenne. La liste fusionnée, conduite par le responsable des anciens combattants (ARAC) André Blocher, inclut dix socialistes sur 27, dont Brision qui recueille 990 votes pour 2 899 (34,1%) sur 2 924 votants. La droite emporte 25 sièges, les communistes en ayant deux, tandis que les radicaux-socialistes sont battus.

En septembre 1936, Brision accueille chez lui une réunion des Jeunes socialistes.

Suite à des conflits internes avec la minorité de gauche de Marceau Pivert, très influente autour de Paris, la SFIO dissout en avril 1938 la fédération socialiste de la Seine. Des responsables provisoires sont désignés pour enregistrer les demandes de réintégrations des adhérents qui s’engagent à respecter les règles internes. Pour Joinville, c’est un militant de Champigny qui est d’abord désigné, Albert Duquenne. Il est remplacé, dans le courant du mois, par Brision qui devient secrétaire. Comme de nombreux militants de la section de Joinville, il avait pourtant signé en septembre un « Appel pour la création d'une Gauche révolutionnaire du Parti socialiste. »

Jean Marie Félix Brision meurt le 7 novembre 1948 à Paris (1e arr.). Il résidait rue de Clichy, et était toujours représentant de commerce à l’âge de 59 ans. Il était père de deux enfants.

Rue de paris, à Joinville-le-Pont ; le n° 1, demeure de Brision, est à gauche

 

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 00:01

Constant Jules Alexandre Lacroix naît le 15 janvier 1829 à Vineuil (Loir-et-Cher). Il est le fils de Virginie Jus et de son mari, Jules Saturnin Peloton dit Lacroix, buraliste.

Il fait des études au collège de Blois (Loir-et-Cher) puis au collège Charlemagne à Paris (act. lycée Charlemagne, 4e arr.). Devenu acteur, adoptant le pseudonyme de Jules Dornay, il joue dans le théâtre de vaudeville à Paris.

À partir de 1858, il devient principalement auteur, souvent en compagnie d’autres écrivains, notamment Xavier de Montepin à partir de 1865, lequel fut le témoin du second mariage de Jules Dornay. La première pièce qu’il livre l’est à M. Sari, directeur du Théâtre des Délassements-Comiques, boulevard du Temple à Paris, en avril 1858. Elle est cosignée avec Eugène de Fore.

En mai 1862 à Paris (11e arr.), Jules Dornay épouse Thérèse Nathalie Villedieu.

Fin 1895, 57 œuvres de Jules Dornay avaient été représentées et une demi-douzaine était en répétition ou en préparation selon le guide de Jules Martin. Parmi ses grands succès figure La Porteuse de pain, adaptée en 1890 du roman de Xavier de Montépin. En 1934, le réalisateur de cinéma René Sti porte la pièce à l’écran, où elle rencontre un public important. Le chroniqueur Willy, remarque que « M. Jules Dornay remplit, à lui tout seul, l'Ambigu de chiens courants et d'intrigues traînantes ».

Devenu veuf en septembre 1875, Jules Dornay se remarie en août 1876 à Paris (20e arr.) avec Marie Aline Carrillon. Ils vivent rue de Belleville.

Voulant disposer de son propre théâtre, Jules Dornay reprend en février 1876 la salle du Théâtre du Château-d'Eau, rue de Malte à Paris (act. L'Alhambra, 11e arr.), qui avait été exploitée avec profit par Hippolyte Cogniard puis, avec difficulté en 1875 par Eugène Dejean. Comme pour son prédécesseur, la gestion de Jules Dornay se termine en février 1877 par une faillite ; il avait démissionné en décembre. La salle fut reprise par les comédiens et élargit son répertoire à l'opéra-comique en 1879 puis à l'opéra en 1881.

Poursuivant son œuvre en tant qu’auteur, Jules Dornay et son épouse s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils vivent dans le quartier de Palissy, en 1896 chemin de Brétigny (act. avenue du Président-Wilson) et en 1906 avenue d’Hill (act. avenue de la Plage).

Ses pièces ont été représentées sur certaines des plus grandes scènes parisiennes du 19e siècle comme les théâtres de la Gaîté, de l'Ambigu ou Déjazet. Une de ses dernières pièces est La Marchande de Fleurs, représentée en 1903.

Jules Dornay meurt le 13 juin 1906 à Joinville. Il était âgé de 77 ans et semble ne pas avoir eu d’enfant.

Cabaret de la Grappe Dorée, œuvre de Jules Dornay

 

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 00:01

Il intègre en 1901 l'école pratique coloniale du Parangon à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Après deux ans de scolarité, il quitte l’école en 1903 sans accomplir la troisième année, pour laquelle il avait obtenu une bourse du conseil général de la Seine, ayant trouvé un emploi en Tunisie pour la culture des plantes à parfums. Il quitte cependant rapidement la Tunisie, puisqu’il se présente pour son service militaire à Tours en 1905 et en est dispensé à cause d’un tympan perforé. André Carlier épouse, en août 1908 à Joinville, Jeanne Rousseau, fille de l’ancien dirigeant de l’école du Parangon.

En 1914, André Carlier travaille à l’usine Saint-Gobain de Boucau (Pyrénées-Atlantiques) et réside à Bayonne. Pendant la première guerre mondiale, il est détaché en janvier 1915 dans une usine de produits chimiques à Paris. À la fin du conflit, il s’installe de nouveau à Joinville-le-Pont, dans le quartier du Centre, rue Vautier.

Devenu ingénieur chimiste, André Carlier est toujours salarié de Saint-Gobain en 1936. En 1937, il installe son propre laboratoire chimique rue de Créteil à Joinville-le-Pont (act. avenue du Maréchal-Leclerc). Il produit en particulier des sirops pour la toux. L’activité du laboratoire se poursuit en 1945.

Sans qu’il y ait de rapport avec la production principale, les Laboratoires Carlier sont également éditeurs d’une dizaine de brochures intitulées L’Esprit montmartrois et intégrant des interviews, des souvenirs, quelques chansons et des dessins. Les fascicules paraissent entre 1936 et 1939.

André Carlier meurt le 15 mars 1947 à Joinville. Il était âgé de 62 ans et avait un fils. Il était décoré de la médaille d'argent du commerce en septembre 1938. Son épouse, Jeanne Carlier, a eu une importante activité culturelle et sociale.

 

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 00:01

Jeanne Rousseau naît le 16 février 1885 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille de Désirée Colette Guillemot et de son époux, Jules Marie Ferdinand Rousseau, chef d’institution. Ses deux grands-pères étaient maires, Pierre Guillemot à Grésigny, Côte-d'Or et Louis Ferdinand Rousseau à Joinville. Son père, conseiller municipal, échoua à devenir lui-aussi maire de Joinville.

Jeanne Rousseau vit au domaine du Parangon, vaste école privée laïque à Joinville. Elle reste dans les lieux à la mort de son père, en mai 1897. Son oncle, Henri Rousseau, reprend la gestion de l’école et la transforme en école pratique coloniale en 1899. Elle y rencontre un futur chimiste, André Julien Émile Carlier, étudiant au Parangon entre 1901 et 1903. Elle est impliquée dans la vie de l’école, probablement en tant qu’enseignante de musique. Plusieurs anciens élèves lui rendront hommage en juillet 1937.

Après un séjour en Tunisie, André Carlier revient épouser Jeanne Rousseau à Joinville en août 1908. Ils vivent d’abord dans le 17e arrondissement de Paris, rue Labie puis à Boucau (Pyrénées-Atlantiques) où André Carlier est employé de l’usine Saint-Gobain. Il créera, en 1936 à Joinville, son propre laboratoire pour produire des sirops pour la toux.

Après la première guerre mondiale, les époux Carlier et leur fils reviennent s’installer à Joinville-le-Pont, dans le quartier du Centre, rue Vautier. Musicienne amateure, Jeanne Carlier va s’impliquer dans l’activité sociale. Elle est, en 1928, présidente de la section de Joinville de la Mutualité maternelle de Paris, structure fondée en 1913 sous le titre d’Union des mères par Jeanne Bitterlin, qui en reste la présidente d’honneur. L’Union des mères était une scission de la Société de l’Allaitement maternel et, comme elle, comprenait comme membres des épouses de notables locaux.

La Mutualité maternelle avait, en 1923, 93 adhérents et suivait 56 enfants. Elle ouvre en juillet 1935 un dispensaire à Joinville, rue de l’Église. Jeanne Carlier est toujours présidente de la section joinvillaise de la Mutualité maternelle en 1938.

Jeanne Carlier meurt le 21 avril 1949 à Joinville. Elle était âgée de 64 ans.

Son activité sociale lui a valu plusieurs décorations. En août 1931, elle reçoit la médaille de bronze de la Mutualité. Elle obtient en février 1936 les Palmes académiques en tant qu’officier d’académie, pour services rendus aux œuvres scolaires et à l'art musical. La croix de chevalier de l’Étoile noire du Bénin, distinction originaire du Dahomey (act. Bénin), prend en compte sa contribution au développement de l'influence française sur la côte occidentale de l'Afrique. Enfin, en février 1938, la médaille de bronze de l’Assistance publique vient récompenser la fondation du dispensaire.

Son mari édite en 1936-1939 des brochures sur L’esprit montmartrois.

 

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 00:01

François Paul Villain naît le 23 février 1847 à Montmartre (act. Paris, 18e arr.). Il est le fils de Thérèse Honorine Marié et d’Edme Paul Villain.

En juin 1879, il est, comme sa mère, passementier à Paris (7e arr.), rue du Poteau, et épouse dans l’arrondissement Joséphine Victorine Louise Bale, couturière. Ils s’installent dans la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), jouissant sans doute d’une certaine aisance puisqu’il n’exerce plus son métiers et vis de ses rentes.

Installé dans l’avenue éponyme du quartier de Palissy, qui s’est peuplé depuis la fin du second empire, Paul Villain est pressenti pour représenter ce quartier lors des élections municipales de mai 1892, à la demande d’Albert Bleunard, principal de collège et ancien conseiller municipal radical-socialiste. Il ne se présente cependant pas.

Par contre, il fait partie des cinq nouveaux qui rejoignent la liste du maire sortant radical, Eugène Voisin, en mai 1896. Le journal local radical-socialiste Voix des communes le présente comme un « homme grave de belle prestance ». Comme tous les candidats, il est élu dès le premier tour sans concurrents. Voisin est de nouveau désigné comme maire.

Pendant ce mandat, Villain est, à trois reprises, désigné comme électeur sénatorial, seule fonction strictement politique dans un conseil municipal.

Le scrutin de mai 1900 voit pour la première fois la présence de représentants socialistes-révolutionnaires, qui n’emportent pas de siège. Eugène Voisin est ses colistiers radicaux sont élus dès le premier tour. Villain recueille 583 voix.

Le député radical Jules Ferdinand Baulard se retirant, Villain participe, pendant le premier semestre 1902, à la campagne en faveur de son successeur, Adolphe Maujan. Il siège en avril de cette année au sein du Comité d’union et d’action républicaines de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux où il représente le groupe radical-socialiste de Joinville.

Avec la majorité anticléricale du conseil municipal, Villain vote, en juin 1902, contre l’autorisation demandée par les Sœurs enseignantes de la Providence, après des discussions tendues en conseil municipal.

Les élections municipales de mai 1904, prolongeant l’affrontement entre farouches défenseurs de la laïcité et conservateurs, opposent une liste de tendance nationaliste à celle, désormais clairement radicale-socialiste du maire sortant. La liste Voisin recueille une 22 des 23 sièges à pourvoir. Villain est réélu dès le premier tour, avec 594 voix sur 1 119 votants (53,1%) pour 1 363 inscrits. Il est deuxième adjoint au maire, après Honoré Jullien.

L’ancien député Baulard, malade, se réjouit cependant que les radicaux-socialistes joinvillais aient réussi à « battre complètement les différentes listes réactionnaires et cléricales » et soient ainsi, selon lui, à même de « décrasser notre commune dont nous avons été considérés pendant longtemps comme des anarchistes qui voulaient tout bouleverser. »

Siégeant au Comité central d’union et d’actions républicaines, Villain intègre le bureau où il représente le canton de Saint-Maur-des-Fossés. Il est de nouveau électeur sénatorial.

Le scrutin de mai 1908 est tendu, avec pour la première fois une liste soutenue par le parti socialiste SFIO nouvellement créé et une liste se revendiquant d’un socialisme évolutionniste, regroupant des libéraux et conservateurs à côté d’’anciens socialistes-révolutionnaires. Les radicaux-socialistes emportent 21 des 23 sièges, en laissant un à l’opposition évolutionniste et le dernier à un indépendant. Villain doit en passer par un second tour, où il obtient 522 suffrages sur 1 188 votants (43,9%).

Jullien ayant été battu, c’est Villain qui est premier adjoint, rejoint par Georges Briolay dans le bureau municipal. Le climat consensuel qui existait huit ans plus tôt a disparu, et tandis que l’opposition éclate en de multiples chapelles, des attaques sont lancées contre Villain, mis en cause pour sa gestion de la caisse des écoles, dont il sera cependant blanchi.

Encore désigné délégué sénatorial, Villain fait également partie de la commission qui décide d’envoyer l’été des enfants de Joinville à la montagne, en l’occurrence en Ardèche, en mai 1909.

La maladie du maire, Eugène Voisin, fait que ses adjoints, Villain et Briolay, sont amenés à le remplacer de plus en plus souvent, y compris, par exemple en février 1911, pour la présidence du conseil municipal. Avec plusieurs autres personnes en retrait pour raisons de santé ou démissionnaires, et une série de fortes tensions liées aux perspectives de succession, la vie municipale de Joinville est devenue très agitée. Le même mois, le public est convié pour un compte-rendu de mandat du conseil municipal devant environ 300 personnes. Outre les opposants déjà identifiés, les libéraux de Louis Gallas, les évolutionnistes de Théophile Leteuil et les socialistes unifiés d’Émile Lebègue, un groupe de dissidents radicaux s’est formé, emmené par Henri Vel-Durand, Ernest Mermet, Chéri Arnaud et Maurice Watrinet qui réclament la démission du maire, qu’ils estiment trop âgé. Parmi les points polémiques figurent la réfection d’une rue d’accès au port fluvial, endommagée par la circulation de charrois qui transportent les boues évacuées suite aux inondations de 1910, la gestion de la caisse des écoles, l’agrandissement de la mairie, l’appui aux associations d’éducation populaire, les taxes d’octroi, le nettoiement des rues…

En mars 1911, Louis Rey, conseiller municipal et animateur du parti radical-socialiste avec Georges Briolay, lance une nouvelle affaire locale, critiquant l’attitude d’un directeur d’école à propos d’un incident avec un élève au comportement qu’il juge inapproprié. L’affaire est largement reprise par tous les opposants. Villain regrette publiquement le déclenchement par Rey de cette polémique. Il est même contraint de lever la séance du conseil municipal du 21 mars qui évoque cette question à cause d’un grand tumulte.

Le maire étant toujours diminué par son état de santé, c’est Villain qui prononce en novembre 1911 le discours lors des cérémonies d’inauguration de la mairie et de deux ponts qui relient Joinville à ses voisines, le pont du Petit-Parc, desservant Saint-Maur-des-Fossés et Champigny-sur-Marne, et celui de Maisons-Alfort. Le journal radical Voix des communes commente en janvier 1912 l’exercice de son mandat par Villain, estimant qu’il l’a rempli « avec zèle et autorité. »

Lors des élections municipales de mai 1912, face à la liste de la municipalité sortante conduite par Georges Briolay, les trois listes d’opposants s’unissent au second tour : dissidents radicaux, socialistes SFIO et libéraux. Ils emportent au second tour la totalité des sièges et le chimiste Ernest Mermet, radical dissident, devient maire.

Paul Villain meurt le 13 février 1917 à Joinville, où il résidait toujours avenue Palissy. Il était âgé de 70 ans et n’avait pas eu d’enfant. Décoré des Palmes académiques, il était officier de l’instruction publique depuis novembre 1911.

Son épouse, Louise Villain (1852-1928) a été, de 1909 à 1912, administratrice de la Société de l’allaitement maternel, principale organisation humanitaire de Joinville à dimension laïque.

La mairie de Joinville en 1919

 

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 00:01

Suite de la biographie de Paul Preyat

Après le conflit, le sculpteur et blessé de guerre Paul Preyat coopère avec le peintre Reni-Mel, président du Centre d'art français, à son initiative pour « la renaissance de l’art ». Il participe notamment, en 1922, au Salon de la Société des Artistes français.

À partir de 1923, en sus de son activité artistique, Paul Preyat va consacrer une partie de son activité à la vie associative, pour promouvoir notamment les productions des victimes du conflit mondial. Il organise ainsi, au sein de l'Union fraternelle des blessés de la grande guerre, un Salon des Artistes mutilés dont la première édition en mai 1925 se tient en l’hôtel du gouverneur militaire de Paris, aux Invalides.

Paul Preyat, atelier Nadar

 

Devenue annuelle, l’exposition prend un statut officiel, attirant des personnalités militaires et politiques, par exemple en décembre 1927, Edouard Herriot, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts. En 1928, il s’installe aux Champs-Élysées et est inauguré par Gaston Doumergue, président de la République.

Rebaptisée La Samothrace, la section des artistes mutilés ajoute à son activité d’organisation d’évènements, la défense des intérêts matériels et moraux de ceux-ci. Elle propose notamment d’édifier à Paris une « cité-musée » et l’État comme la ville de Paris acquièrent régulièrement quelques œuvres.

Sur le plan politique, malgré un évident patriotisme, Paul Preyat prend à plusieurs reprises des positions pacifistes. Ainsi, il proteste, comme président-fondateur de La Samothrace, contre l'exclusion d'une toile par le Salon des Indépendants de 1930 parce qu’elle était intitulée « Ce crime, la guerre ! ». Suite à un débat à la chambre des députés, le tableau sera replacé.

Pour Noël 1931, Paul Preyat remet à la Fédération Nationale des grands invalides et à la Ligue d'Action Féminine un dessin contre les jouets guerriers, légendé ainsi : « Tu vois, mon p’tit gars, c’est un crime de donner ça aux gosses… » Le quotidien socialiste Le Populaire reproduit le croquis.

La Samothrace poursuit ses salons annuels, avec toujours un appui d’autorités nationales, comme Paul Doumer, président de la République en avril 1932.

Cette même année, Paul Preyat, qui est séparé depuis 1925 de sa première épouse, se remarie avec Marie Thérèse de Courteix à Laroque-des-Arcs (Lot). Ils vivent toujours rue François-Guilbert à Paris (15e arr.).

Il est élu, en 1933, président de la Fédération nationale des grands blessés et mutilés atteints d'infirmités multiples de la Grande-Guerre.

Après la deuxième guerre mondiale, La Samothrace, qui devient la Fondation Paul Preyat, poursuit ses présentations au sein du Musée d'art moderne de la ville de Paris, où un salon se tient en mai 1965.

Paul Preyat meurt le 24 septembre 1968 à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Il était âgé de 76 ans, décoré de la Légion d’honneur comme chevalier depuis 1932 et officier en 1955, titulaire de la médaille militaire, de la Croix de guerre et commandeur de l’ordre national du mérité. Il avait eu un fils et une fille de son premier mariage.

Au début du XXIe siècle, plusieurs œuvres de Paul Preyat sont vendues aux enchères à Paris, comme en juin 2012 une Tête de Christ ou en octobre en 2014 le Village breton, peinture de 1929.

Fin

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