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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 01:01

Joseph Marie Moutardier naît le 21 septembre 1877 à Sens (Yonne). Il est fils d’Eulalie Bertrand, lingère, et de son mari Edme René Moutardier, domestique puis tanneur.

Devenu serrurier et résidant alors toujours chez ses parents à Sens, Moutardier épouse en septembre 1899, à Paris (11e arr.), Louise Mathilde Vaillant, domestique. Ils reconnaissent à cette occasion un enfant né en mai 1898 dans le même arrondissement. Leur divorce sera prononcé en mars 1917.

C’est en février 1903 que Joseph Moutardier devient professeur de serrurerie à l'école Diderot à Paris.

Ayant reçu son permis de conduire des véhicules automobiles en avril 1905, il est mobilisé dans le 5e escadron du Train comme conducteur automobile en août 1914 ; il est détaché dans une usine comme ouvrier en mai 1915 et y reste jusque février 1919.

Suite à sa séparation juridique avec sa première épouse, Joseph Moutardier se remarie en mai 1918 à Paris (20e arr.) avec Gabrielle Céline Maillot

Après la première guerre mondiale, il est professeur d'enseignement technique à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il a fixé son domicile rue Vautier. Il s’établira ensuite en 1925 rue Chapsal, toujours dans le quartier du centre de la commune.

L’activité politique publique de Moutardier est documentée à partir de 1924. Le 5 janvier de cette année-là, il préside une réunion de la section de Joinville de la Ligue de la République, qui ambitionne d’assurer un groupement des gauches, autour des radicaux-socialistes, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants.

Alors que les bords de Marne subissent leur plus forte inondation après celle de 1910, Moutardier qui se présente comme un « plongeur par nécessité », écrit une lettre ouverte à Yves Le Trocquer, ministre des travaux publics, pour se plaindre que les mesures prises pour préserver Paris des inondations ont eu pour conséquence d’inonder les riverains de la Marne et de la Haute Seine. En janvier 1925, Moutardier est candidat pour être électeur sénatorial sur une liste radicale-socialiste, mais la majorité municipale de droite l’emporte. Lors des élections municipales de mai 1925, Moutardier est probablement présent sur la liste du cartel des gauches, conduite par Georges Briolay ; elle recueille 28,4 % des suffrages exprimés, devant les communistes, 21,1 % et dernière l’Union républicaine (droite), 47,5%. Au second tour, malgré le retrait des communistes, la liste du maire sortant, Henri Vel-Durand (radical dissident) emporte les 27 sièges à pourvoir.

Moutardier est élu, en décembre 1928, trésorier du comité radical-socialiste de Joinville dont Féret est le président.

Lors des élections municipales de mai 1929, Moutardier figure de nouveau sur la liste de concentration des gauches conduite par Georges Briolay, comprenant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des socialistes indépendants. Au premier tour, la liste de gauche arrive en tête, devant la liste d’Union républicaine du maire sortant, Stephen Durande, qui a remplacé Henri Vel-Durand, décédé en cours de mandat, et la liste communiste conduite par Bénenson. Moutardier obtient 795 voix sur 1 715 votants (46,2%) pour 2 491 électeurs inscrits. Au second tour, la liste des gauches obtient 22 sièges, contre 5 à celle de la municipalité sortante et aucun aux communistes.

Moutardier devient le quatrième adjoint du nouveau maire, Georges Briolay (radical), aux côtés de Maxe, Scornet (socialiste indépendant) et Roger (socialiste SFIO).

En l’absence de Briolay, malade, c’est Moutardier, trésorier, qui assure la présidence du comité radical-socialiste le 26 janvier 1931. Il est réélu à la même fonction et il en est de même en janvier puis en novembre 1933.

Au cours d’un conseil municipal le 18/12/1934, Moutardier défend un vœu pour qu’il soit interdit aux commerçants de vendre des produits sans rapport avec l’activité principale exercée.

Maxe s’étant retiré et Scornet étant décédé, Moutardier figure en troisième position sur la liste de la municipalité sortante, derrière Briolay et Roger, devenu socialiste indépendant, pour les élections municipales de mai 1935. Elle fait face à une liste de droite, à une liste socialiste SFIO et à une liste communiste.

Le groupement des gauches républicaines met en avant son bilan, revendiquant d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement, dont l’installation d’un éclairage public, qui justifient l’augmentation des impôts, également liée à l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes). Leur programme s’oppose à celui de la liste de droite, soulignant qu’une « réduction d’impôts, au demeurant assez modeste, ne serait possible que par le retour à la politique du moindre effort ». La liste préconise de faire  pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau) et veut réaliser des cours de natation d’aviron gratuits pour les élèves.

Au premier tour, la liste radicale arrive en seconde position, distancée par l’Union républicaine (droite). Moutardier obtient le meilleur score parmi ses colistiers, avec 807 voix pour 2 856 suffrages exprimés (28,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, après la fusion des listes communiste et socialiste, la liste radicale échoue. Recueillant 646 voix pour 2 899 suffrages exprimés (22,3%) et 2 924 votants, Moutardier est une nouvelle fois très nettement devant les autres candidats radicaux-socialistes. La liste de droite obtient 25 sièges, complétée par deux élus communistes et Émile Lesestre est élu maire.

Refusant de suivre la majorité des radicaux-socialistes, Moutardier prend part à la création à Joinville, le 11 mars 1936, d’un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix qui soutient la candidature d’Adolphe Chéron, radical dissident, contre un candidat radical-socialiste officiel, Gabriel Vélard. L’ancien maire, Georges Briolay, et une grande partie du comité radical soutiennent également Chéron, comme Herluison, ancien président du comité radical-socialiste de Joinville. Chéron est battu par le communiste André Parsal.

Depuis son installation à Joinville, Moutardier a exercé des responsabilités dans plusieurs associations locales. En septembre 1929, il devient président de la société de pêche Le Gardon de Joinville. Il est administrateur de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers en 1933 et le reste en 1938. Moutardier exerce la même fonction au sein de la caisse des écoles en 1935.

La Chorale de Joinville est fondée en novembre 1930 par Moutardier, qui la préside, compte 30 participants à son démarrage, 40 un an plus tard et 50 l’année suivante. Elle s’appuie sur les directeurs d’écoles, notamment sur Demeester de l’école de garçons du Centre, qui la dirige. Moutardier préside toujours la chorale en 1938.

Le quotidien d’extrême-droite La Libre Parole, mentionnait, en mai 1912, l’appartenance de Moutardier à la franc-maçonnerie, signalant qu’il était membre de la loge lsis-Montyon, affiliée au Grand-Orient de France.

Décoré des Palmes académiques, en tant qu’officier d’académie en août 1913 puis officier de l’instruction publique en juin 1923, Moutardier avait également reçu une mention honorable pour son rôle dans la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers en 1936.

Joseph Marie Moutardier meurt le 12 avril 1958 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 80 ans et avait eu un enfant de chacun de ses deux mariages.

 

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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 01:01

Suite de la biographie de Marc Félix Broutta.

En décembre 1871 Marc Félix Broutta épouse à Joinville la directrice du bureau de poste, voisin de son domicile, Antonine de La Chassaigne de Sereys, veuve de Christophe Ernest Potrolot de Grillon.

Ayant quitté l’armée active, M. Broutta va avoir quelques activités professionnelles ou sociales. Déjà, en 1860, il avait tenté d’acheter lors d’une vente aux enchères un moulin à riz, des piser et chute d'eaux, usines, bâtiments et terrains plantés et cultivés, sur les communes de la Teste et de Gujan (Gironde) mais son avoué était arrivé en retard pour l’adjudication, provoquant une controverse juridique.

Broutta est nommé, en juin 1878, sous-directeur de la Mutuelle Agricole. Il prend part à la constitution de la Société des Forges de Brévilly (Ardennes) dont il est administrateur en 1880. C’est probablement lui aussi le Broutta qui est désigné, en avril 1881, comme membre du conseil de la Société du journal Le Train, à Paris.

Appelé dans un jury d’assises à l’été 1875, Broutta est également, en décembre de la même année, un des témoins du docteur Déclat, s'étant trouvé insulté par un article d’un de ses confrères dans le quotidien l'Opinion. Il convainquit cependant ce dernier que l'article se réduisant à une critique purement scientifique d'un système médical, l’honneur n’était pas en cause et qu’il n’y avait pas lieu à duel.

S’il n’est pas engagé politiquement pendant son séjour à Joinville, Broutta affiche cependant des opinions conservatrices, participant par exemple au service funèbre pour l’ex-empereur Napoléon III, organisé à l’église Saint-Augustin de Paris en janvier 1873. Il exprime également une évidente réticence face à la municipalité radical-socialiste de la commune.

En novembre 1893, plusieurs journaux font état de l'inauguration de la ligne téléphonique reliant Joinville à Paris, citant outre Mme Broutta, directrice des postes et son mari, la présence du maire, Eugène Voisin, de ses deux adjoints; Jullien et Couppé, et de plusieurs conseillers municipaux, notamment Blaize, Demeestère et Chapuis, ainsi que de Soulière, commissaire de police. C’est l’officier en retraite qui réagit dans le quotidien XIXe siècle, précisant que « l'ouverture du téléphone au bureau de Joinville n'a été faite en présence de personne, cela ne regardant ni la municipalité, ni la police ; l'administration des postes, chatouilleuse avec raison, trouverait mauvais cette réclame qui pourrait nous être attribuée. »

Après la retraite de son épouse en septembre 1896, les Broutta vont s’établir à Saumur, rue du Roi-René. Le colonel devient membre honoraire du comité local de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge française).

C’est sur le tard que Broutta s’engage en politique. Il est candidat au premier tour lors des élections municipales de mai 1900 à Saumur, dans la 5e section électorale qui couvre le quartier des Ponts et élit six conseillers municipaux. La municipalité est tenue par le Dr Joseph Henri Peton, maire de tendance radical-socialiste. M. Broutta figure, en seconde position, sur la liste de Marcel Sourdeau, conseiller d’arrondissement. Leur profession de foi affirme leur indépendance et assure : « Les finances de la ville sont gravement compromises, or ce n’est pas en faisant de la politique, mais en favorisant les affaires qu’on pourra les remettre sur pied. Nous voulons la liberté pour tous, l’égalité pour tous ». Soutenue par le quotidien conservateur, L’Écho saumurois, la liste veut faire prévaloir les intérêts des commerçants et des travailleurs du quartier. Seul le chef de liste sera élu, tandis que Broutta obtient 145 voix sur 617 votants (23,5%) pour 845 inscrits. Il ne se présente pas au second tour, où les 5 sièges restants vont à la liste de gauche.

Marc Félix Broutta meurt le 15 octobre 1904 à Saumur. Il était âgé de 84 ans.

 

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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 01:01

Marc Félix Broutta naît le 24 novembre 1819 à Marquise (Pas-de-Calais). Il est le fils de Marie Louise Claudine Routtier et de son époux Armand Marc Antoine Fidel Broutta, notaire royal.

En octobre 1839, il est admis à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr (Seine-et-Oise, act. Yvelines) et suit sa scolarité avec la promotion de Mazagran. À la sortie, devenu sous-lieutenant, il choisit la cavalerie. Il sert au sein du 10e régiment de cuirassiers, est nommé lieutenant en 1845 puis capitaine en 1847 et commandant en 1848, en garnison à Vesoul (Haute-Saône), Amiens et Abbeville (Somme).

Ayant rejoint la Garde impériale à Compiègne en 1858, il devient chef d’escadron en 1860 intègre le 4e régiment de cuirassiers où il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1862. Il y est toujours en juin 1869 quand il est décoré officier de la Légion d’honneur. C’est sans doute peu après qu’il devient directeur de l'École de cavalerie de Saumur (Maine-et-Loire). Cependant, le lieutenant-colonel Broutta ne figure pas sur la liste des dirigeants de l’école publiée par le général de Fornel de La Laurencie dans sa monographie de 1935. C‘est probablement parce qu’il n’exerce son mandat que brièvement, Broutta rejoignant son régiment à l’été 1870 pour la guerre avec la Prusse et la confédération allemande.

Le 6 août 1870, lors des combats qui eurent lieu à Froeschwiller-Woerth (Bas-Rhin), la bataille Reichshoffen, Broutta commande en tant que chef d’escadron, le 4e régiment de cuirassiers qui subit de très lourdes pertes lors de charges, présentées ensuite comme héroïques, sur les positions allemandes de Morsbronn et d'Elsasshausen. Après la bataille, le maréchal Mac-Mahon aurait dit : « Des cuirassiers, il n'en reste plus ». Broutta lui-même fut blessé et amputé de l'avant-bras droit par un obus.

Il raconte ainsi son sort : « A Frœschwiller, lors de la grande charge des cuirassiers de la division de Bonnemains, le colonel Billet, qui commandait le 4e cuirassiers (…) était pris par un violent mal de gorge qui l’empêchait de parler. Au moment où nous reçûmes l’ordre de charger, le colonel me confia le commandement du régiment comme étant le plus ancien chef d’escadron. La charge eut lieu ; le colonel en tête. Quelques instants après, M. Billet était grièvement atteint. Moi-même, l’avant-bras droit emporté, je tombai sous les pieds des chevaux ». « Je fus, à la tête (…) renversé par plusieurs balles, qui m'enfoncèrent la poitrine, et par un éclat d'obus, qui m'emporta le bras droit. Le maréchal des logis Michel me trouva par terre presque sans connaissance. (…) Au milieu de cette malheureuse retraite, il me soutint et me porta sur ses épaules durant l'espace de sept kilomètres pour trouver une ambulance et un autre médecin. Fait prisonnier avec moi au village de Reichshoffen, il ne cessa de me donner des soins, couchant sur le carreau auprès de mon lit. »

Après sa libération, il est mis en non activité en mai 1871 pour infirmité et quitte officiellement en juin ses fonctions de commandant de l’école de cavalerie de Saumur. Il envisage d’abord de se fixer à Barèges (Hautes-Pyrénées) mais décide finalement de rejoindre Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Au cours d’un conseil de guerre siégeant à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) en février 1872, le lieutenant-colonel Broutta témoigne en faveur du maréchal des logis Michel, qui, ivre, avait insulté un adjudant avant la bataille de Reichshoffen. Bien que les faits n’aient pas été contestés, l’intervention de Broutta ayant soulevé une vive émotion, Michel fut acquitté au milieu des applaudissements de l'auditoire.

Les charges cuirassiers de Reichshoffen devinrent une épopée tragique, dont « l'héroïque Broutta » - comme le qualifiait le quotidien Le Gaulois – était un des rares survivants.

A suivre.

 

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 01:01

Antonine de La Chassaigne de Sereys naît le 10 août 1835 à Issoire (Puy-de-Dôme). Elle est la fille d’Anne Marie Pralong et de son époux, Isidore de La Chassaigne de Sereys, propriétaire. La famille de La Chassaigne de Sereys est d’ancienne noblesse auvergnate, remontant au 13e siècle et disposant d’un titre comtal.

Antonine épouse en mai 1855, dans la même ville, un membre de l’aristocratie bourbonnaise, Christophe Ernest Potrolot de Grillon. Sa sœur, Agathe Elisabeth, s’était mariée deux ans plus tôt, toujours à Issoire, à un cousin de son époux, Gilbert Jules Potrolot de Grillon. Cependant, le mariage ne va pas durer, suite à la disparition précoce de Christophe de Grillon. Deux jumelles naissent, en 1856 de cette union à Cournon (act. Cournon-d’Auvergne), où Christophe de Grillon est chef de la gare de Sarliève, mais une seule survit.

Malgré son contexte familial, mais peut-être du fait de la disparition de son mari, Antonine de Grillon devient fonctionnaire des Postes en 1863. Elle prend la direction du bureau de poste de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) – qui existe déjà en 1865 – fonction qu’elle occupe au moins à partir de 1868 et où elle restera jusqu’à sa retraite en 1896 avec le titre de receveuse. À la fin du Second empire, les lettres sont distribuées lors de quatre tournées, une le matin, deux l’après-midi et encore une en soirée.

La receveuse vit en 1870 le siège de Paris, la bataille de Champigny, la destruction du pont reliant les deux rives de la commune et l’évacuation des habitants et administrations, transférées à Paris, puis en 1871, les combats de la Commune de Paris ainsi que l’occupation de Joinville par les armées allemandes. À la fin de la même année, elle épouse à Joinville le lieutenant-colonel Marc Félix Broutta, amputé d’un bras depuis sa blessure l’année précédente, et présenté comme un des héros de la bataille de Reichshoffen. Il venait de s’installer, quai Beaubourg (act. quai du Barrage), à très peu de distance du bureau de poste.

L’après-guerre voit le bureau de poste élargir ses services. En décembre 1872, un bureau télégraphique y est ouvert. Le bureau de Joinville est classé « à service limité », c’est-à-dire qu’il fonctionne de 7h (ou 8h en hiver) jusqu’à 18h. Il passe en 1893 « à service complet », avec une ouverture jusqu’à 21h.

L’activité la plus marquante de la nouvelle Mme Broutta sera l’installation dans la ville du téléphone en novembre 1893. Encore peu répandu, avec de l’ordre de 10 000 abonnés alors, le téléphone vient d’être nationalisé en 1889 et rattaché aux Postes et Télégraphes. La presse relève qu’il y a de nombreuses pétitions réclamant le raccordement au réseau parisien. En juillet 1892, la municipalité radicale de Joinville lance cet appel dans l’hebdomadaire Voix des communes « On cherche des gens qui, s’y intéressant, consentiraient à avancer gracieusement à la commune les 3 000 francs nécessaires à son installation. »

Un an plus tard, le même journal peut annoncer que « Le téléphone va fonctionner prochainement. Les amateurs désireux de le posséder chez eux sont officiellement priés de le faire savoir, afin qu’on puisse l’installer chez eux en même temps que la cabine publique. »

En novembre 1893, c’est l'inauguration de la ligne téléphonique reliant Joinville à Paris, en passant par le champ de courses de Vincennes. Plusieurs journaux font état de cette cérémonie, citant la présence du maire, Eugène Voisin, de ses deux adjoints, Jullien et Couppé, de plusieurs conseillers municipaux, notamment Blaize, Demeestère et Chapuis, ainsi que de Soulière, commissaire de police. Mme Broutta, directrice des postes est au côté de son mari, lieutenant-colonel de cuirassiers en retraite.

Mais c’est ce dernier qui réagit dans le quotidien XIXe siècle, précisant que « l'ouverture du téléphone au bureau de Joinville n'a été faite en présence de personne, cela ne regardant ni la municipalité, ni la police ; l'administration des postes, chatouilleuse avec raison, trouverait mauvais cette réclame qui pourrait nous être attribuée ».

Le couple quitte Joinville mi-septembre 1896, quand Antonine Broutta prend sa retraite. Ils vont s’installer à Saumur, Maine-et-Loire, rue du Roi-René, à proximité de la fille d’Antonine. Cette dernière, Marie Elizabeth vit au Coudray-Macouard ; elle est mariée avec Alphonse Desfaudais, ancien saint-cyrien et général de brigade.

Antonine Broutta meurt le 27 mai 1913 à Saumur. Elle était âgée de 77 ans. La messe d’enterrement a lieu au Coudray.

 

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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 01:01

Suite de la biographie de Georges Moreau

C’est par arrêté préfectoral du 17 juin 1882 que l'abbé Moreau quitte sa fonction de curé de Joinville-le-Pont et devient aumônier de l'hôpital militaire Beaujon, à Paris : il bénéficie d’un en traitement de 2 000 francs en tant que fonctionnaire.

Moins d’un an et demi plus tard, il devient, le 12 octobre 1883, aumônier de la prison de la Grande-Roquette, dans le quartier du Père-Lachaise toujours à Paris, sur la proposition de l'archevêque de Paris. Il prend la suite de l’abbé Abraham Crozes (1806-1888) qui officia 43 années comme aumônier de prison et, pendant 22 ans, accompagna à l’échafaud 51 condamnés à mort, avec une réputation d’humaniste. Emprisonné pendant la Commune de Paris, il fut libéré par un capitaine communard, baptisé Révol. L’abbé Crozes fut l’un des fondateurs des Sociétés ouvrières de Saint François Xavier. On évalua à cinquante mille le nombre des petits et grands criminels à qui il prodigua l'assistance de son ministère.

L'abbé Moreau fait ses débuts devant la guillotine lors de l'exécution de Campi, un criminel qui mourut sans avoir voulu dévoiler sa véritable identité et fut donc enterré sous ce surnom. Accompagnant un autre condamné, Gamahut il remarquera que « tous les criminels sont spiritualistes. »

Georges Moreau publia, à partir de sa propre histoire et surtout des documents que lui confia l’abbé Crozes, des Souvenirs de la petite et de la grande Roquette en juillet 1884. Il inclut un dictionnaire d’argot, une des premières sources sur le parler populaire du peuple parisien. On y retrouve des lettres, des poèmes et textes de guillotinés, par exemple de La Pommerais, les confidences de Troppmann ou le compte-rendu des derniers instants d’un prêtre exécuté, Verger.

La publication répondait à la pensée constante de l’abbé Crozes, qui voulait susciter de la commisération sur les déchus et de plaider en quelque sorte les circonstances atténuantes devant la postérité, après avoir sauvé bien des têtes et avoir obtenu la commutation des peines pour un grand nombre.

L’écho de ces Souvenirs fut rapide et large. Mais l’opinion de la presse fut loin d’être unanime. Le quotidien catholique conservateur L'Univers proteste « contre l'oubli total des sentiments de convenance que suppose une publicité semblable donnée » aux documents inclus dans le livre. Il considère une page d’un journal de détenu « comme étant un outrage à la plus vulgaire décence. »

Le Figaro s’offusque que l'abbé Moreau ait obtenu du président de la République a grâce de criminels mais tient le livre pour « le plus curieux qui ait été écrit depuis longtemps ». Le quotidien de droite estime qu’en publiant l'histoire de la guillotine en deux volumes « Il a perdu deux excellentes occasions de se taire. »

Le journal littéraire et conservateur Le Gaulois assure que le seul nom de La Roquette éveille « un effroyable spectacle de crimes et d'assassinats commis en pleine civilisation, qui peut cependant; approfondi par le philosophe, servir d'utile enseignement. »

La Nouvelle revue, publication républicaine, remarque que les deux tomes de l’ouvrage « révèlent plus d'une erreur et d'une lacune dans l'administration de la justice criminelle en France et signalent plus d'une réforme indispensable. Il faut lire notamment les curieuses lettres d'un déporté à la Nouvelle-Calédonie; elles fournissent sur notre colonie pénitentiaire de précieux renseignements, que l'on chercherait en vain dans les rapports officiels, et qui font comprendre les dangers de la transportation à outrance. On se convaincra, en les lisant, que la Nouvelle-Calédonie est peut-être un excellent pénitencier, mais qu'elle ne deviendra jamais une véritable colonie. »

Pour le Journal des débats comme pour plusieurs de ses confrères, ce sont les prétentions littéraires de Georges Moreau qui choquent : « Si indulgent que l’on soit pour les petits écarts de la, vanité humaine, on doit regretter, que l’aumônier de la Roquette ait appelé tous les assassins illustres à rehausser l’éclat de sa propre apothéose. »

La Revue du Midi regrette que l'abbé Moreau parle avec une certaine légèreté des institutions d'autrefois : « Autant j'excuse les amateurs de vieilles porcelaines, autant je m’insurge quand ceux auxquels un peuple confie ses destinées gaspillent leur temps à recoudre de vieilles lois. »

Ce sont probablement les critiques contenues dans le livre qui vont susciter l’hostilité d’une partie du personnel. Accusé d’avoir transmis des lettres de prisonniers à des personnes du dehors, ce qui est défendu par les règlements, il est conduit à la démission après avoir été menacé de révocation et quitte ses fonctions le 1er janvier 1885.

Peu de jours avant, l'abbé Moreau assiste à une séance publique du Sénat pour discuter la proposition de d'Agénor Bardoux (arrière-grand-père du président Valéry Giscard d'Estaing) sur la non-publicité des exécutions capitales, étape pour lui avant l’abrogation de la peine de mort, où les arguments de son livre sont reprises.

Plusieurs conférences sur la peine de mort, tenues par le pasteur Hirsch en 1885, prennent précisément le livre de l'abbé Moreau comme point de départ. Dans les années 1960, la revue jésuite Études citera encore l’abbé Moreau : « Donner la mort à un homme, c'est le supprimer, ce n'est pas le punir ».

À suivre

 

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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 01:01

Suite de la biographie de Georges Moreau

L’œuvre littéraire de Georges Moreau commence pendant son séjour à la tête de la paroisse de Joinville-le-Pont. Orateur reconnu, il va devenir un essayiste écouté, et critiqué. Il se consacre aux changements importants que vit l’église de France alors que Jules Ferry, au gouvernement, modifie considérablement son rôle institutionnel.

L’abbé Moreau publie en mars 1880 un essai sur L'Église de France et les réformes nécessaires. Édité sans nom d’auteur, il intéresse et intrigue. Le Figaro relève que « les opinions hardies de cet ouvrage ont causé une vive émotion » au sein du « haut personnel ecclésiastique » ; il estime que « l'auteur (…) a l'ait preuve véritable de talent et de caractère ». Un autre quotidien, La Presse, estime qu’il fait preuve de « largeur et indépendance » et que « par les idées qu'il exprime, il est légion ». Dans ce livre, Moreau défend le clergé des paroisses contre le zèle excessif du clergé régulier. Il s’affirme comme républicain.

Le second livre de Georges Moreau, paru en décembre 1880 avec sa signature, porte sur les décrets du 28 et du 29 mars 1880 par lesquels Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique, ordonne aux Jésuites de quitter l'enseignement et dissout la Compagnie de Jésus. Intitulé Les décrets du 29 mars. Premier épisode : l’interpellation du 16 mars, il aurait dû avoir une suite, annoncée sous le titre Les Cent jours de l'opportunisme. Mais l’abbé Moreau est réprimandé par l'archevêché de Paris pour le premier opus, à cause, dit le quotidien Le Gaulois, « de ses articles trop ardents pour la République ». Les bénéfices de cette publication devaient être reversés à l'œuvre du Denier des Expulsés. La revue Polybiblion estime que l’ouvrage contient des « commentaires modérés et justes » et relève la préface où l'abbé Moreau assure : « On sent que l’Église de France n'est pas ce qu'elle doit être, qu’elle a besoin d’être réformée, d’être réorganisée sur des bases plus démocratiques ».

Le quotidien L’Univers rapporte l’analyse de Moreau selon laquelle cette législation serait « l'œuvre de la peur et de l'ambition » du gouvernement Freycinet devant la majorité radicale de la Chambre des députés. Mais ce journal conservateur émet « quelques réserves », estimant n pas croire que les réformes demandées « soient aussi urgentes et aussi universellement désirées qu'il le donne à entendre » et contestant le droit aux ministres et députés, qu’il estime « si hostiles à l'Église » de travailler à ces réformes. Il critique également l’approche historique de l’abbé Moreau, qui oppose « le souffle libéral de 1790 » au « despotisme révolutionnaire de 1792 ». Au contraire, L’Univers considère que « la parenté est étroite entre 1790 et 1792. »

En 1881, Georges Moreau s’intéresse au budget des cultes en publiant La question cléricale. Il inclut une préface d’Émile de Marcère, ancien ministre, républicain libéral et conservateur, fondateur de l’Association antimaçonnique de France. Moreau, selon le quotidien XIXe siècle, « réfute, avec autant de logique que d'esprit les discours prononcés à la tribune par les adversaires du budget des cultes », traitant de la « question cléricale » soulevée par le radical Gambetta, « avec une remarquable élévation d'esprit et une autorité qui s'impose. »

Toujours en 1881, l’abbé Moreau fait éditer son Discours sur la charité chrétienne, prononcé à l’église Saint Eugène, au profit de l’orphelinat de Saint Ouen.

Le quotidien Le Gaulois classe, en septembre 1882, l’abbé Moreau parmi les « candidats perpétuels à l’épiscopat ». Remarquant que « le talent ne lui manque pas, ni le savoir-faire », il estime que cependant son tempérament l'emporte sur sa fidélité à la hiérarchie, et l’éloigne ainsi des « grandeurs épiscopales qu'il eût méritées s'il ne les eut trop aimées. »

À suivre

 

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 01:01

Suite de la biographie de Georges Moreau

En août 1878, l'abbé Moreau est nommé curé titulaire de la paroisse Saint-Charles-Borromée de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), succédant à l'abbé Auguste Blanchar, devenu curé de Notre-Dame-de-la-Croix de Ménilmontant à Paris. Ce sera le seul poste dans une paroisse qu’occupera Georges Moreau.

Pendant son ministère, il se préoccupe de la vie de sa paroisse et écrit en 1879 une « Note adressée à MM. les conseillers municipaux de Joinville-le-Pont, sur la question du presbytère à bâtir dans cette commune ». Le maire est alors Gabriel Pinson, républicain, qui siège depuis un an et est fils et petit-fils d’anciens maires de la commune. Joinville est une paroisse autonome depuis 1860, avec l’ouverture de l’église Saint Charles Borromée ; avant, les catholiques étaient rattachés à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés ; l'abbé Moreau est le quatrième titulaire de la cure.

Outre son activité paroissiale, Georges Moreau va débuter une activité d’essayiste. Il est apprécié même de certains des radicaux-socialistes francs-maçons qui sont bien implantés au conseil municipal. Ainsi, l’hebdomadaire radical Voix des communes écrit : « L’abbé Moreau n’est pas un curé ordinaire. Il n’a rien de la punaise de sacristie, il est franc, loyal, bon enfant, républicain avoué et pas bégueule pour deux sous. »

Cependant, il va entrer en conflit avec la municipalité après un contrôle, en 1881, des comptes du conseil de fabrique qui gère les fonds de la paroisse par le secrétaire général de la mairie, Fontaine. Les élus trouvaient que les recettes des pompes funèbres, perçues par le prêtre qui gérait la morgue municipale, étaient maigres. Le contrôle établit qu’il manquait à l’appel 1 200 francs. Le curé répondit franchement qu’il avait mis cette somme dans sa poche, « ainsi que ça se fait toujours ». Il refuse de reverser les fonds ; l’archevêque de Paris assure qu’il n’a fait que « suivre un usage ancien commun aux paroisses suburbaines. »

Pour éviter une aggravation du conflit, le préfet, sur proposition de l’archevêque, nomme, en juin 1882, l'abbé Moreau aumônier de l'hôpital militaire Beaujon. C’est le successeur de Moreau à Joinville, l’abbé Ernest Jouin, qui aura à gérer la fin de la bataille juridique entre le conseil de fabrique et la municipalité – en l’envenimant nettement, car Jouin est un adversaire résolu de la franc-maçonnerie. Le ministère de l’intérieur et des cultes clôturera l’affaire par une lettre de mars 1884 : « il y a lieu de prendre acte de l’aveu de M. l’Archevêque qui reconnaît qu’une bonne comptabilité ne saurait admettre cet usage ». Cependant, l’administration conclut : « mais la restitution des sommes perçues soulèverait de nombreuses difficultés ».

À suivre

 

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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 01:01

Auguste Blanchar naît le 10 novembre 1834 à Paris (6e arr.). Il est le fils de Valentine Thomas et de son mari Jean Blanchar. Il vit ensuite à Ménilmontant, alors commune indépendante. Après avoir été ordonné prêtre, il devient vicaire à Charonne, à Notre-Dame de la Croix de Ménilmontant, annexée au 20e arrondissement de Paris en 1860 puis à Saint-Eustache.

Fin décembre 1876, l’abbé Blanchar est nommé curé de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il y reste peu, puisqu’il est nommé curé de Notre-Dame de la Croix de Ménilmontant en septembre 1878. Il est réputé pour « une bonhomie pleine de charme » selon le quotidien L’Univers.

Tout en restant à son poste, l’abbé Blanchar devient en janvier 1893 nommé chanoine titulaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il est alors souvent chargé de prêches : pour le carême à Saint-Jean-Baptiste de Grenelle en 1894, à Vitry en 1895 et à Notre-Dame de Paris en 1896 ; pour l’avent à Saint-Laurent en 1896 et Saint-Denis de la Chapelle en 1898.

C’est le l’abbé Blanchar qui célèbre à Notre-Dame Paris en janvier 1895 le service funèbre à la mémoire de Mgr Sibour, archevêque de Paris, assassiné le 3 janvier 1857. C’est toujours luis qui chante, le 8 septembre 1895 à Saint-Denis de la Chapelle, la messe de commémoration du séjour de Jeanne d'Arc à la Chapelle.

Quittant sa cure, l'abbé Blanchar est nommé chanoine pénitencier de Notre-Dame de Paris, c’est-à-dire chargé du ministère de la prédication, de l'audition des confessions et de l'injonction des pénitents.

Auguste Blanchar meurt le 26 juillet 1900 à Paris (4e arr.) à son domicile du 14, rue Chanoinesse. Il était âgé de 65 ans et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise au côté de sa mère.

La tombe de l'abbé Blanchar au cimetière du Père-Lachaise

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18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 01:01

Marie Joseph Juhel naît le 26 mai 1823 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Marie Françoise Bresson et de son mari, Jean Charles Juhel.

Il est ordonné prêtre le 17 juin 1848 à Paris, une semaine avant le début de l’insurrection ouvrière qui marque la fin de la révolution. L’abbé Juhel va servir dans des églises parisiennes : vicaire à Saint-Laurent en 1849, second vicaire à Saint-Marcel, puis premier vicaire à la Villette le 20 octobre 1857.

Prenant la succession de Jean Pierre Fayon, le père Juhel devient le second curé de Saint-Charles de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) le 19 décembre 1864. Il a administré la paroisse pendant la guerre de 1870, qui voit l’évacuation des habitants et des services municipaux, repliés à Paris, la destruction du pont qui reliait les deux rives de la Marne puis l’occupation par les troupes allemandes, l’abbé Juhel.

Il va contribuer à la décoration de l’église, recevant par exemple un chemin de croix en porcelaine, offert en 1868 par Didière Gille, veuve de Jean-Marie Gille, fabricant de porcelaines et créateur du quartier de Palissy sur la rive gauche de la Marne.

De grandes inondations ont lieu en mars 1876, sans doute parmi les plus importantes avec celles de 1910. Elles touchent 160 maisons, dont 37 sont évacuées et 300 personnes, soit plus du dixième de la population municipale de 2 900 habitants, doivent être secourues. Sur l’île Fanac, l’eau atteint le toit des bâtiments et seule surnage la cime des arbres.

L’abbé Juhel démissionne pour raisons de santé le 1er janvier 1877. Il est nommé aumônier de l’orphelinat Saint Charles, rue de Vaugirard à Paris. Il y meurt le 20 août 1883, âgé de 60 ans.

Il a déposé une collection de lettres, datant du 17e au 19e siècle, conservées au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.

L'église Saint-Charles

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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 01:01

Jean Pierre Fayon naît le 5 janvier 1807 à Montrouge (Seine, act. Hauts-de-Seine) dans un famille modeste. Sa mère est Héloïse Sophie Vauquelin et son père, Antoine Fayon, ouvrier journalier, ne sait pas signer.

Il est ordonné prêtre à Paris en 1833 et exerce d’abord dans la capitale. Il donne des conférences de l’avent en 1847 aux Blancs-Manteaux puis à Saint-Leu. Il aurait été vicaire, à Saint-Eustache et peut-être à Villetaneuse et Pierrefitte. Il est aumônier de la Maison centrale d'éducation correctionnelle (prison de La Roquette). Alors second vicaire des Batignolles, il est nommé premier vicaire de Saint-Nicolas-des-Champs en 1854.

En 1858 l’abbé Fayon quitte la capitale pour être affecté comme curé à Gennevilliers (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Deux ans plus tard, Jean Pierre Fayon devient le premier curé de la paroisse Saint-Charles, qui couvre le territoire de la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). En l’an 10 (1802) La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831, était la seule des 77 communes du département de la Seine à n’avoir pas de titre paroissial, malgré une tentative inaboutie de changer de statut l’antique chapelle Saint-Léonard, qui tombait d’ailleurs en ruine. Les habitants restent donc rattachés à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur.

C’est Charles Chapsal (1787-1858), riche grammairien et maire de Joinville, puis sa veuve qui financent en grande partie l’édification de l’église, nommée ensuite Saint-Charles-Borromée pour lui rendre hommage. Le maire qui a succédé à Chapsal, mort en fonctions, est Auguste Courtin, son fils adoptif et héritier. La paroisse est officiellement créée par décret impérial du 22 août 1860, Joinville ayant alors une population de 1 750 habitants.

Quittant Joinville pour retourner dans le Nord-Ouest du département, l'abbé Fayon devient curé de Saint-Ouen en décembre 1864. Il l’est toujours en mai 1873, quand le journal Le Figaro le choisit comme caissier pour gérer les fonds qu’il a recueilli pour les victimes des inondations de la Seine, soit 1 760 francs pour onze familles. Mais depuis plusieurs années, il avait demandé à l'archevêché une cure moins importante, évoquant sa fatigue.

Il obtient satisfaction en juin de la même année, et rejoint Le Bourget. Son arrivée est fêtée par une grande procession. Mais il démissionne rapidement et est remplacé en février 1874 ; étant nommé aumônier de l'Hôtel-Dieu de Saint-Denis. Toujours à Saint-Denis, il devient aumônier des carmélites en juillet 1876.

Étant déjà chanoine honoraire de Nancy, l'abbé Fayon est nommé en septembre 1877 chanoine honoraire du second ordre au chapitre de Saint-Denis.

Prenant sa retraite pour raison de santé en février 1882, l'abbé Fayon s’installe à Sens (Yonne) où il réside chemin de l’Esplanade. Il y meurt le 18 avril 1882 à l’âge de 75 ans.

Deux ouvrages signés par Jean Pierre Fayon sont signalés en 1872 : 50 cours d'instructions religieuses à l'usage des enfants de première communion et de persévérance ainsi que Instructions pour une retraite de première communion.

L'église Saint-Charles

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