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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 00:01

Servan Marie Louichon naît le 14 octobre 1876 à Mont-Dol (Ille-et-Vilaine). Il est le fils de Marie Hardy et de son époux Laurent Louichon, cultivateur.

Peut-être après avoir fait un service militaire, Servan Louichon vit en région parisienne. Il est maréchal-ferrant et vit à Aubervilliers (Seine, act. Seine-Saint-Denis), avenue de la République, en septembre 1905. Il épouse alors, à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Françoise Anne Marie Lebas, originaire du village de Baguer-Pican, voisin de celui de ses parents.

Le couple s’installe comme marchands de vin à Paris (19e arr.), rue de Crimée puis, vers 1914, rue Saint-Maur (11e arr.).

L’activité de Servan Louichon pendant la première guerre mondiale n’est pas connue. Après le conflit, il poursuit son commerce puis, vers 1924, devient chauffeur et s’établit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier de Palissy, avenue du Président-Wilson.

Les Louichon ont acquis trois petites villas avec jardin qu’ils mettent en location. Pendant la deuxième guerre mondiale, leur fils est prisonnier à Hohenstein en Allemagne. Pour sa part, Servan Louichon a dénoncé l'un de ses locataires, réfractaire du travail obligatoire.

Il est condamné à dix ans de réclusion le 11 juin 1945 par la Cour de justice de la Seine, à la confiscation générale de ses biens et à la dégradation nationale pour « intelligence avec l’ennemi. »

Cependant, lui, ou sa famille, met en vente, en août 1947 un véhicule dans un journal issu de la Résistance, Le Franc-tireur.

Servan Louichon meurt le 15 août 1954 à Joinville. Il était âgé de 77 ans et père d’un enfant.

Joinville, quartier de Palissy

 

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 00:01

Suite de la biographie d’Henri Thomas

Après avoir cessé ses fonctions dans les municipalités de Gentilly puis du Kremlin-Bicêtre, Henri Thomas, veuf depuis 1888 et toujours maréchal ferrant en 1896, va réorienter son activité professionnelle. Il quitte le Kremlin-Bicêtre, où il était domicilié rue des Coquettes, au début du 20e siècle. Il est buraliste, receveur des contributions indirectes, à Franconville (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise) en janvier 1912.

Reprenant une activité politique, Henri Thomas est candidat sur une liste radicale-socialiste dans sa nouvelle résidence de Franconville lors des élections municipales de mai 1912. Il est battu, dès le premier tour par M. Leredu.

Cependant, c’est son comportement dans son ancienne commune qui lui vaudra plus d’une trentaine d’articles dans la presse quotidienne parisienne comme de province. Inscrit sur les listes électorales de Franconville, Henri Thomas n’avait pas été radié de celle du Kremlin-Bicêtre, bien qu’il eût quitté la ville depuis une dizaine d’années. Son frère, maire en fonction et confronté à une élection très serrée, lui fit parvenir une carte électorale. En conséquence, Henri Thomas vint participer au second tour du scrutin au Kremlin-Bicêtre, le 12 mai, après avoir voté à Franconville la semaine précédente. Eugène Thomas, membre de la SFIO (socialiste), l’emporta de 13 voix. Cependant, un électeur de la commune, parmi ses opposants, candidat sur la liste radicale-socialiste, avait aperçu Henri Thomas et porta plainte pour fraude électorale.

Lors du procès, Henri Thomas reconnut les faits, mais prétendit qu’il avait interprété l’envoi de la carte par son frère comme un ordre et fit remarquer qu’il n’avait pas voté, le même jour, dans les deux communes. L’avocat du plaignant soutint que l’on avait fait voter également d’autres personnes qui ont quitté la commune, des militaires et deux défunts. Le substitut du procureur de la République rétorqua : « C'est classique ! ». Henri Thomas fut condamné à 200 francs d’amende, mais le vote ne fut pas annulé.

Devenu, en 1914, buraliste à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne), il est rattaché à la recette des contributions indirectes de Joinville-le-Pont, commune où il s’installe après avoir épousé à Bessancourt (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise) en mai 1919, Marie Pascau, originaire des Hautes-Pyrénées. Il exploite un tabac dans le centre de la commune, rue de Paris.

Poursuivant son engagement politique, toujours au parti radical-socialiste, Henri Thomas est candidat pour être électeur sénatorial sur une liste du Cartel des gauches en mars 1925 à Joinville, mais il n’est pas élu. Il est peut-être également candidat, sous la même étiquette, lors des élections municipales de mai 1925 qui voient la reconduction d’Henri Vel-Durand, radical dissident allié aux mouvements de droite.

Les membres du Comité républicain radical et radical-socialiste le désignent en décembre 1928 comme vice-président, au côté de Gustave Féret, président. Lors des élections municipales de mai 1929, la liste du maire, Stephen Durande, qui a remplacé Vel-Durand, décédé, fait face à celles du parti communiste et à un groupement des gauches, où l’on retrouve les radicaux-socialistes, le parti socialiste SFIO et des socialistes indépendants.

Conduite par Georges Briolay, ancien adjoint au maire, la Concentration des gauches arrive en seconde position, avec 35;9% des suffrages, contre 42,6% pour la liste d’Union nationale et 16% pour les communiste. Cependant, elle emporte au second tour 22 sièges sur 27, malgré le maintien des candidats du PCF avec une moyenne de 45,9% contre 41,6% pour la droite et 12,5% pour les communistes. Henri Thomas avait obtenu au premier tour 766 voix sur 2 126 suffrages exprimés (36%) pour 2 969 inscrits. Il est élu au deuxième tour.

En février 1931, Henri Thomas est reconduit en tant que vice-président du Comité républicain radical et radical-socialiste de Joinville, dont le maire, Georges Briolay, est devenu président. Il est désigné comme membre du Conseil d'administration de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville en avril 1931.

À compter de 1932, l’activité de Thomas semble décliner, puisqu’il est mentionné comme excusé à six séances du conseil municipal d’avril 1932 à janvier 1935. Il n’est pas candidat au renouvellement de son mandat en mai 1935.

En mars 1930, Thomas est nommé receveur-buraliste à Saint-Ouen-Batignolles (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il semble cependant ne pas quitter Joinville, où il est recensé en 1931. Il est domicilié à Fontenay-sous-Bois (Seine, act. Val-de-Marne), rue Roland- Nungesser, en 1935.

Henri Thomas meurt le 21 janvier 1936 à Paris (13e arr.) où il était hospitalisé. Il résidait toujours à Fontenay-sous-Bois. Si son veuvage de Léontine Audiger est bien mentionné dans son acte de décès, ce n’est pas le cas de son mariage avec Marie Pascau. Âgé de 81 ans, il était décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en janvier 1912 puis officier de l’instruction publique en février 1935. Il était père d’un enfant, né de son premier mariage, prénommé comme lui Henri Alexandre. Il avait siégé, pendant un total de 15 ans, dans trois assemblées municipales différentes.

Fin

Un tabac, rue de Paris à Joinville

 

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 00:01

Début de la biographie d’Henri Thomas

Henry Alexandre Thomas naît le 7 octobre 1854 à Noizé (act. Plaine-et-Vallées, Deux-Sèvres). Il est le fils d’Orélie Eulalie Henry et de son époux Alexandre Charles Thomas, menuisier.

Devenu maréchal ferrant, Henri Thomas épouse Marie Léontine Audiger, couturière, en février 1880 Saint-Martin-le-Beau (Indre-et-Loire), village où réside son frère cadet, Eugène Thomas, menuisier. Le couple s’installe à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), route de Fontainebleau, dans le quartier du Kremlin-Bicêtre.

La vie municipale est marquée par un débat sur la séparation des deux entités de la commune, le vieux Centre de Gentilly et le nouveau quartier du Kremlin-Bicêtre, devenu le plus peuplé. Lors des élections municipales de juin 1888, la liste soutenant la séparation emporte les 14 sièges de la section du Kremlin-Bicêtre, tandis que les représentants du Centre ont 13 sièges. Charles Clément devient maire, Henri Thomas est premier adjoint et Étienne Malet deuxième adjoint.

Après les démissions des élus du Centre, un scrutin partiel est organisé ; les électeurs portent les noms de Sadi Carnot, président de la République, Charles de Freycinet, président du conseil ou Eugène Poubelle, préfet de la Seine, qui sont donc proclamés élus, avant l’annulation du scrutin. Un nouveau vote en juin 1891 donne des résultats comparables, avec par exemple la pseudo-élection de Jean Casimir-Perier, ancien ministre.

Lors des élections municipales générales de mai 1892, le quartier du Centre réélit des conseillers fictifs (Carnot, de Freycinet, Cavaignac, Poubelle…) tandis que l’équipe municipale sortante est reconduite par les électeurs du Kremlin-Bicêtre. Clément reste maire, Thomas et Malet adjoints. Il faut attendre septembre 1892 pour que de véritables conseillers municipaux soient élus dans le quartier du Centre.

Si la querelle territoriale reste dominante, la municipalité essaie tout de même d’avoir une action sociale. Elle lance ainsi une souscription pour financer des crèches municipales en janvier 1893.

La grande affaire, dont Thomas à la charge, est celle des zoniers. Les anciennes fortifications entourant Paris, toujours classées « zone militaire » mais non utilisées, ont vu surgir de nombreuses cahutes misérables avec notamment de petits commerces. En janvier 1894, le ministre de la guerre, le général Mercier, prit la décision d’expulser les familles installées dans ces lieux.

Ayant pris en main la cause des zoniers, Thomas multiplie les démarches, notamment auprès du ministère de la guerre. Il est reçu, à sa demande, le 4 mai 1895 par le président de la République, Jean Casimir-Perier. Il obtient, à plusieurs reprises, un délai pour repousser les expulsions des zoniers et leur permettre de rester sur place « après avoir aménagé eux-mêmes leurs baraquements conformément aux exigences réglementaires » selon la presse nationale, qui couvre largement l’évènement.

Le frère d’Henri, Eugène Thomas, est venu également s’installer à Gentilly. Il devient le responsable local du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, réformiste, dirigé par Jean Allemane.

Lors des élections municipales de mai 1896, les deux frères Thomas sont sur des listes opposées. Eugène conduit, dans les deux sections, une liste du parti ouvrier qui s’oppose à la séparation. Dans celle du Kremlin-Bicêtre, la liste des sortants séparatistes, sur laquelle figure Henri, obtient 17 des 19 sièges à pourvoir. Thomas est reconduit comme premier adjoint, Clément comme maire et Malet comme deuxième adjoint. Eugène Thomas n’est pas élu, même si sa liste emporte deux sièges.

Le 13 décembre 1896, une loi décide la séparation des deux parties du territoire et transforme le quartier du Kremlin-Bicêtre en une municipalité distincte. Tirant les conséquences de la scission, Une délégation spéciale est créée pour remplir les fonctions de conseil municipal. Charles Clément, en tant que président, fait fonction de maire, tandis qu’Henri Thomas et Étienne Malet, vice-présidents, conservent leur rôle d’adjoint.

Les premières élections municipales de la nouvelle commune du Kremlin-Bicêtre ont lieu en février 1897. Trois listes sont en concurrence : la liste républicaine de la municipalité élue en 1896, sur laquelle se retrouve sans doute Henri Thomas, une liste des intérêts économiques, composée de commerçants et de rentiers, et la liste du parti ouvrier, conduite par Eugène Thomas. Cette dernière obtient tous les sièges à l’issue du second tour, et Eugène Thomas devient maire du Kremlin-Bicêtre jusqu’à son décès en 1919 ; il est également conseiller général du canton de Villejuif. Il obtient une certaine notoriété par son activité anticléricale, interdisant les processions et le port de la soutane dans sa ville par arrêté.

À suivre

La zone du Kremlin-Bicêtre (Rol)

 

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 00:01

Suite de la biographie de Chamba Balinov

Après la défaite du général Piotr Nikolaïevitch Wrangel, successeur du général Anton Denikine à la tête de l’armée blanche, les troupes cosaques et la population kalmouke qui lui était liée quittent les steppes du Don pour un exil, via Istanbul, qui les mène en Bulgarie ou en Tchécoslovaquie.

Arrivé en 1920 en Tchécoslovaquie, pris en charge en tant que réfugié, Chamba Balinov suit des cours d'agriculture et de mécanique automobile pour l’entretien des tracteurs. Cependant, il semble plus intéressé par des travaux intellectuels. Il traduit en langue kalmouke des ouvrages du romancier russe Alexandre Pouchkine ainsi que les Essais sur l'histoire des Kalmouks du professeur Palmov. Balinov contribue à la grammaire kalmouke du professeur Kotvych (Kotwich, Kotwicz). Il participe également à la publication du manuel Honho (Honkho), anthologie de textes kalmouks.

Associé à plusieurs étudiants également d’origine kalmouke, Chamba Balinov devient secrétaire de la Commission des travailleurs culturels kalmouks. À partir de 1927, il travaille à la rédaction du magazine Вольное казачество (Wolnoje kazaczestwo, Cosaques libres). Soutenant l’idée que les intérêts du nationalisme cosaque ont complètement fusionné avec l'idéologie du nationalisme kalmouk, Balinov appuie la lutte pour l'indépendance cosaque. Plusieurs de ses articles sont édités de manière séparée, comme par exemple Sur l'origine des cosaques, diffusé en 1931.

Bien que certains textes parlent d’une arrivée en France au milieu des années 1920, le départ de Prague est sans doute plus tardif, postérieur à l’émission du passeport Nansen, qui attestait du statut de réfugié de Chamba Balinov. Ce document a été délivré dans la capitale tchécoslovaque en mars 1930.

En France, une colonie kalmouke assez importante se fixe à partir de 1924. Elle s’installe principalement autour de la ville industrielle de Couëron (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) pour les réfugiés ayant transité par la Bulgarie et en région parisienne, notamment dans les communes de Joinville-le-Pont, Saint-Maurice, Saint-Maur-des-Fossés et Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne) où on aurait compté environ 500 personnes, venues notamment de Tchécoslovaquie. La famille Balinov s’installe sur les bords de Marne ; Chamba réside en 1931 avec une amie polonaise, Nadieja Szyray, à Joinville, avenue de Joinville, et est manœuvre à Saint-Maurice ; le père, Nudel, est aussi manœuvre à Saint-Maurice et décède, âgé de 59 ans, en septembre 1934. En 1936, Chamba Balinov, journaliste noté comme étant sans emploi, dans le même quartier, rue du Chemin-Creux (voie disparue, située à proximité des actuels boulevard de l’Europe et rue Henri-Barbusse). Il réside en 1936 avec son frère cadet Marckoss (ou Markhous), ouvrier à Saint-Maurice, peut-être dans une tréfilerie, et son épouse Zanc. Ils sont tous les deux nés en Russie en 1900.

Poursuivant sa collaboration avec Cosaques libres, dont il est le représentant à Paris, Chamba Balinov va également publier en France deux journaux, Kovylnye Volny (Vagues de plumes) et Kazachiy Golos (Voix cosaque). Il collabore également aux revues Prométhée, qui se présente comme un organe de défense nationale des peuples du Caucase et de l'Ukraine et du Turkestan et Kaukasus (Le Caucase), qui se veut un organe de la pensée nationale indépendante et est basé à Berlin (1937-1939).

Lors de son séjour en France, Balinov se présente en porte-parole du mouvement des Cosaques libres mais ne met pas en avant la revendication d’indépendance portée par certains d’entre eux. Il plaide en janvier 1933 pour « une union plus étroite de tous les peuples opprimés de l'Orient de l'Europe afin de lutter plus efficacement contre l'impérialisme russe, rouge ou blanc. »

Présenté comme directeur de la colonie Kalmouke de Joinville de Joinville-le-Pont, Chamba Balinov est, avec le grand-prêtre bouddhiste Bakcha Nimbouchev, l’organisateur, en décembre 1937, d’une fête organisé en l’honneur du Noyon Nicolas Toundoutoff, fils et héritier du prince Danzan, mort tragiquement après son retour au pays. La cérémonie fait l’objet d’un long reportage dans l’hebdomadaire Le Monde illustré. Nicolas Toundoutoff réside avec sa mère, journaliste, à Joinville-le-Pont.

En 1936, Balinov était membre d’un Comité de réinstallation, qui avait été constitué en vue d’une implantation des Kalmouks en Mandchourie, en Chine. Il présidait l’organisation Khalmag Tanġčin Tug (Drapeau kalmouk). À partir de cette année, il se met en retrait des groupements politiques cosaques, ne soutenant plus les revendications d’indépendance posées par certains d’entre eux, comme Galzkov. Balinov concentra désormais son activité sur sa vision des intérêts du peuple kalmouk.

À suivre

Le prince héritier Nicolas Toundoutoff, noyon des Kalmouks et ses amis de la communauté de Joinville

 

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 00:01

Suite de la biographie de Louis Caillon

Avec plusieurs conseillers sortants de droite, comme Frédéric Bautsch, Jean Béal, Charles Chaussée et Léon Lesestre, Louis Caillon se présente sur la liste de l’Union des républicains de Joinville lors des élections municipales de mai 1935. Le groupement veut la « séparation de l’administration municipale et de la politique », plaidant pour une « diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs », voulant une « atténuation des dépenses publiques », la « simplification des rouages administratifs », ainsi que « l’application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène. »

Disant se souvenir « des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons », l’Union des républicains annonce « rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Caillon est administrateur de l’association Union des républicains de Joinville, présidée par René Kirbühler.

La liste de l’Union des républicains se déclare formée « d’hommes d’ordre et d’action », « n’ayant pour but que la bonne gestion communale ». Elle arrive en tête au premier tour de scrutin, devançant avec une moyenne de 32,6% des suffrages exprimés la liste du Groupement des gauches républicaines du maire sortant radical-socialiste Briolay, à 26,8%, les communistes de Robert Deloche à 23,5% et les socialistes SFIO de François Derivière à 12,3%. Personnellement, Caillon arrive en seconde position des candidats avec 968 votes sur 2 856 exprimés (33,9%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Pour le second tour, la droite appelle à « barrer la route aux communistes », qui ont constitué une liste unifiée avec les socialistes, à soutenir « la liste d’ordre » et à réprouver « la turbulence et la démagogie ». Les radicaux reculent nettement, tandis que la gauche unifiée avance et obtient deux sièges, l’Union des républicains arrivant en tête, remportant les 25 autres postes de conseillers municipaux. Arrivant de nouveau second, Caillon recueille 1 185 voix soit 40,9% des 2 899 exprimées sur 2 924 votants.

Le 17 mai 1935, la municipalité est élue par la majorité nouvelle : Léon Lesestre est maire, Charles Chaussée premier adjoint, Louis Caillon deuxième adjoint, suivi de Jean Béal, et René Kirbühler. Dans le portefeuille de Caillon figure l’éclairage public et la lutte contre les incendies. Il est élu délégué sénatorial en septembre 1935.

Tout en continuant d’assumer ses fonctions à la mutuelle des sapeurs-pompiers, Caillon siège aussi au conseil d’administration de la Mutualité scolaire de Joinville en 1936 et à la Société d’encouragement au dévouement en 1937.

En avril 1938 à Paris (12e arr.), Louis Caillon épouse Marcelle Désirée Guilly, fille d’agriculteurs.

Au début de la deuxième guerre mondiale, les deux élus communistes sont déchus de leur mandat. Caillon poursuit son activité en tant qu’adjoint. Il participe, fin 1941, aux activités caritatives du et au « Noël du maréchal » organisé par la section locale du Secours national d’entraide du maréchal, placé sous la tutelle du chef de l’État, Philippe Pétain. Le maire, Lesestre, appelle à cette occasion à « bien aimer le maréchal, sauveur de notre France. »

Le gouvernement de Vichy ayant remplacé les assemblées élues par des organes désignés, une nouvelle municipalité est constituée en février 1942. Si Lesestre, Chaussée, Béal et Kirbühler restent à leurs postes de maire et d’adjoints, Caillon est remplacé dans cette fonction par Frédéric Bautsch. Par contre, il est renouvelé en mars en tant que membre du conseil municipal, étant présenté comme commerçant.

Lors de la libération de la ville, le 25 août 1944, le maire et les adjoints sont arrêtés par le comité local de Libération et une administration provisoire remplace le conseil municipal en titre, dirigée par Robert Deloche, ancien conseiller municipal communiste déchu, qui devient maire de la ville.

Louis Caillon meurt le 7 mai 1969 à Joinville. Il était âgé de 87 ans. Il avait été décoré comme chevalier (février 1923) puis officier (février 1933) du mérite agricole en tant qu’agriculteur à la ferme de la Faisanderie. Il était titulaire d’une mention honorable (septembre 1930) puis d’une médaille de bronze de la mutualité (septembre 1932), au titre de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont. Il avait également était fait chevalier de l'Ordre du Nichan el Anouar en 1928 pour avoir, comme prêté « bénévolement, depuis plusieurs années, tout son matériel pour les examens d’entrée et de fin d’études à l’Institut national d’agronomie coloniale », situé également dans le Bois de Vincennes. L'ordre du Nichan el Anouar (Lumières), créé dans le Territoire d'Obock (act. République de Djibouti), était décerné à des personnes ayant « rendu des services à l’expansion coloniale. »

Fin

Incendie à la Faisanderie en 1934 (peut-être avec Louis Caillon)

 

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 00:01

Suite de la biographie de Louis Caillon

Parallèlement à ses fonctions politiques, Louis Caillon exerce des fonctions dans la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville. Il est vice-président en octobre 1933 puis, après le décès du président, Charles Provin, en mars 1934, assume lui-même cette fonction. Il est toujours en poste en novembre 1938.

La Ferme de la Faisanderie a été, le 18 avril 1929, annexée à la ville de Paris (12e arr.) avec le reste du Bois de Vincennes. Caillon se retrouve donc, à partir de cette date, âtre un résident parisien. Cependant, il conserve une adresse joinvillaise, dans le quartier de Polangis, avenue Galliéni.

En juillet 1930, le conseil municipal de Paris décide de l'affectation à l'École coloniale de l'emplacement occupé par l'École municipale et départementale d'horticulture et d'arboriculture et du transfèrement de cette dernière à la ferme de la Faisanderie. Ce qui entraîne une décision de non-renouvellement du bail dont Caillon était devenu attributaire, après cession par Gilbert Bandy de Nalèche. Caillon proteste contre cette éviction, avec le soutien d’Adolphe Chéron, député et ancien ministre (radical indépendant). Les recours n’aboutissent pas et reste en place et Caillon devra quitter son exploitation en 1935. Peu avant, un incendie détruit les écuries de la ferme de la Faisanderie, sous-louée par Caillon à un entraîneur, M. Alphonse Sourroubille, président de l'Association des jockeys de trot de France. Douze chevaux de course qui ont été brûlé vifs. L’origine criminelle de l’incendie est avancée par la police.

Au moment où il doit quitter son fermage, en février 1935, Caillon fait une nouvelle démarche juridique pour le prolonger, mais n’obtient qu’un délai de deux mois. Il tente également une action politique, s’adressant à Henri Dorgères (alias Henri-Auguste d’Halluin), en avril 1935, en même temps qu’il informe Gabriel Bureau, président de la Société des mutilés, réformés et anciens combattants de Joinville-le-Pont. Henri Dorgères, président du Front paysan, avait fondé les Chemises vertes, groupe à l’idéologie proche du fascisme italien.

Dans une lettre du 14 avril 1935, expédiée au siège du Front Paysan à Rennes (Ille-et-Vilaine), Louis Caillon explique à Dorgères qu’il est le « seul paysan dans la ville de Paris » et qu’il va être expulsé. Il assure que les clients de la Faisanderie ont adressé une pétition, jugeant le maintien de celle-ci plus utile à la santé de leurs enfants que les fleurs qui pourraient être produites par l’Ecole d’Arboriculture. Il mentionne des vœux en faveur du maintien de la ferme des maires des communes avoisinantes et du syndicat des docteurs en médecine de la région. Il se dit navré de l’attitude de la Ville de Paris et du préfet de la Seine, s’étonnant « de voir l’acharnement que mettent les hauts fonctionnaires » « à vouloir ruiner leur paysan ». Caillon souligne que sa « famille a payé son tribut à la Patrie » comme 950 000 paysans, une classe que Dorgères entendait protéger.

Après son départ forcé, Caillon s’installe dans son logement joinvillais et reprend une activité agricole dans la commune voisine de Champigny.

À suivre

La ferme de la Faisanderie après l'incendie

 

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 00:01

Début de la biographie de Louis Caillon

Louis Pierre Marie Caillon naît le 11 octobre 1881 dans le hameau de La Gaulais à Bouvron (Loire inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils aîné des huit enfants de deux cultivateurs, Angèle Marie Guillé et son époux Pierre Louis Caillon.

Lorsqu’il effectue son service militaire entre novembre 1902 et octobre 1904, comme cavalier au 23e régiment de dragons, Louis Caillon réside chez ses parents à Bouvron et est garçon de chambre. En 1907, il devient exploitant des vaches de la Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

La ferme, ancien domaine impérial, a été mise en location, probablement dès cette date au capitaine Gilbert Bandy de Nalèche. Elle avait pour régisseur le vétérinaire André Victor Giboin.

Pendant la première guerre mondiale, Louis Caillon est mobilisé dans l’artillerie à pieds et est démobilisé en février 1919. Il reprend son activité dans la Ferme de la Faisanderie, la ville de Paris accordant un bail de douze ans à Bandy de Nalèche en 1919, Caillon devenant le directeur.

À Joinville, Caillon s’implique dans la ville locale, contribuant en juin 1923 à la reconstitution de l’union des commerçants et industriels de la commune. S’il n’est pas marié, il partage la vie de Suzanne Jodelay, comptable du domaine, fille d’Eugène Jodelay, agriculteur vivant également dans le Bois de Vincennes, qui a organisé pendant la guerre des jardins familiaux dans le domaine de Polangis, pour permettre l’alimentation des familles.

Lors des élections municipales de mai 1925, Louis Caillon est candidat sur la liste de l’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux du maire sortant, Henri Vel-Durand (radical dissident). La liste obtient une moyenne de 1 080 voix au premier tour sur 2 275 suffrages exprimés (47,5%) pour 2 310 votants et 2 761 inscrits. Elle devance nettement la liste de cartel des gauches conduite par Georges Briolay (radical, soutenu par le parti socialiste SFIO) à 28,4% et les communistes du Bloc ouvrier-paysan à 21,1%. Malgré le retrait de la liste communiste au second tour, l’Union républicaine remporte tous les sièges.

Au sein du conseil municipal, Caillon manifeste une réticence au financement des dépenses, se prononçant contre l’augmentation des redevances en novembre 1925 puis en s’opposant au chauffage des écoles en janvier 1926. Il accepte cependant l’alignement des salaires du personnel municipal sur ceux du conseil général de la Seine en juin 1927 mais refuse la création d’un poste de professeur de dessin pour les écoles en janvier 1928.

En septembre 1928, après le décès de Vel-Durand, une élection partielle voit la victoire de l’union des gauches pour les trois sièges vacants, mais Stephen Durande, premier adjoint jusqu’ici (divers droite) est élu maire.

En mai 1929, lors des élections municipales générales, Caillon est colistier de la liste de concentration républicaine dirigée par Durande. Il obtient au premier tour 939 voix sur 2 126 suffrages exprimés (44,2%). Avec une moyenne de 42,6%, la liste de droite devance la concentration des gauches de Briolay (35;9%) et les communistes de Bénenson (16,0%). Cependant, au second tour, malgré le maintien de la liste du PCF, Les gauches remportent l’élection avec 45,9% et 22 sièges, la droite en ayant cinq avec 41,6%, les communistes reculant à 12,5%. Au contraire de Durande, CailIon fait partie des cinq rescapés de la liste sortante.

Il adopte une attitude critique, contestant l’intégration de voies privées dans la voirie communale, acceptant, contrairement à ses collègues, le halage des péniches par traction mécanique ou animale en août 1930. En mai 1932, il ne veut pas du renommage de deux artères, qui deviennent cependant rue Aristide-Briand et rue de la Paix.

Alors qu’une crise a éclaté au sein de la majorité, Caillon avec ses collègues libéraux et deux dissidents s’oppose au budget présenté en décembre 1933, qui n’est voté que par 9 voix contre 6. À partir de mai 1934, Caillon s’implique dans le Comité d’union républicaine et d’action sociale, qui rassemble l’essentiel de la droite locale. Après une élection municipale partielle en octobre 1934, qui a vu le renforcement de l’opposition libérale et conservatrice au sein de l’assemblée, Caillon est candidat sur un poste d’adjoint qui vient d’être créé. Cependant, la décision est repoussée jusqu’au prochain scrutin général en mai 1935. En janvier de cette année-là, Caillon s’oppose au budget présenté par le maire radical et vote contre la diminution de l’indemnité de bicyclette au personnel communal. Il s’interroge sur le projet de création d’un nouveau cimetière près de la redoute de la Faisanderie, qui n’aura pas de suite. Il participe, toujours en janvier 1935 à un très vif échange, selon l’hebdomadaire radical Voix des communes, entre la municipalité et quatre élus de droite, Béal, Caillon, Herluison et Lesestre à propos du dépassement de crédit dans la construction du magasin et des ateliers communaux. Ils obtiennent le renvoi en commission de ce dossier.

À suivre

La ferme de la Faisanderie, 1912

 

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 00:01

Eugène Ernest Chauvin naît le 27 novembre 1880 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Henriette Geneviève Guichard et de son époux, Léon Frédéric Chauvin, peintre en bâtiment et marchand de bois et charbon.

Après la mort de sa mère, quand il a dix ans, Eugène Chauvin va très tôt se faire embaucher comme employé à la mairie de Joinville où il est employé avant ses quinze ans, en 1895. Effectuant son service militaire à partir de septembre 1902 dans l’infanterie, il est un an plus tard musicien puis démobilisé l’année suivante.

Confirmant ses goûts pour la musique, alors qu’il est devenu secrétaire général adjoint de la mairie, il épouse en mars 1905 à Auxerre (Yonne) une artiste lyrique, Marthe Henriette Beauvais, dont les deux parents exercent le même métier. Ils vivent d’abord dans le quartier du Centre, rue Molette puis rue du Viaduc, avant de traverser la Marne en 1909 pour s’installer à Polangis, avenue Jamin en 1909.

En octobre 1896, Chauvin prend part à la constitution d’une section de la société d’épargne-retraite, Les prévoyants de l’avenir. Il en est le secrétaire adjoint en janvier 1898 puis le secrétaire en février 1902. Il deviendra président de la section en avril 1923 au départ du fondateur, Maurice Watrinet, également ancien secrétaire général de la mairie.

Lors de la grande inondation de la Marne au premier trimestre 1910, Chauvin est mobilisé avec Eugène Doret et trois employés de mairie Guichard, Billard et Beaufils, ainsi que des dizaines de bénévoles, alors que le tiers de la superficie de la commune et sous les eaux, dont 53 rues sur les 89 que compte la cité. Les préaux des écoles sont changés en dortoirs. La mairie de Joinville est reconstruite et agrandie l'année suivante.

Pendant la première guerre mondiale, Chauvin est affecté à une section d’état-major mais est placé en sursis d’appel au titre de la mairie de Joinville, dans laquelle il restera pendant tout le conflit, gérant notamment de difficiles problèmes d’approvisionnement des familles et d’aides aux veuves et enfants de soldats.

Après le conflit, Chauvin participe, en janvier 1924, à la création d’un syndicat autonome des employés communaux de la Seine aux côtés de son secrétaire général, Michel Verrier, qui refusait « l’inféodation du syndicat CGTU au parti communiste ». Il devient secrétaire général au départ de Doret en 1926. Il part en retraite en 1935.

Présent dans de nombreuses structures locales, Chauvin est notamment trésorier adjoint de la caisse des écoles, trésorier général de l’Association philotechnique, organisme d’éducation populaire, et administrateur de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville. Il poursuit son activité associative après la fin de son activité professionnelle. Eugène Chauvin participe en décembre 1938 à une souscription Pour le Noël des enfants espagnols, pendant la guerre civile qui frappe ce pays.

Eugène Chauvin meurt le 10 avril 1943. Son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville où il résidait toujours. Âgé de 62 ans, il était père d’une fille. Chauvin était titulaire de plusieurs décorations : la médaille d’honneur communale en juillet 1925 puis la médaille de vermeil en août 1939 ; les Palmes académiques comme officier d’académie en juillet 1926 puis comme officier de l’instruction publique en avril 1932 ; la médaille de bronze de la mutualité en février 1931 et ensuite celle d’argent en février 1935 ; enfin, il avait reçu la médaille d’honneur du courage lors de la Sainte-Barbe en novembre 1926.

 

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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 00:01

Louis Charles Rouin naît le 15 novembre 1892 à Paris (11e arr.). Il est le fils d’Emma Lucie Juliette Pacilé, couturière, et de son mari Armand Louis Rouin, sculpteur sur bois.

Avant-guerre, il vit à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec sa mère, devenue veuve, rue des Bordeaux, et est forgeron.

Effectuant son service militaire à partir d’octobre 1913, Rouin reste dans le 45e régiment d’artillerie au début de la première guerre mondiale. Il est nommé brigadier en mai 1916 puis blessé dix jours plus tard sur le front de l'Argonne au ravin des Courtes Chausses. Il subit une amputation de l’avant-bras droit, avec le gros orteil désarticulé. De ce fait, il est placé en retraite en juin 1917 avec une pension à 100%. Une citation à l’ordre de l’armée en mai 1916 signale qu’il était un « excellent brigadier qui a donné à maintes reprises des preuves de bravoure. A été grièvement blessé le 10 mai en servant une pièce de tranchée. »

Louis Rouin épouse à Champigny (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1918 Lucie Cazal.

Après-guerre, devenu mécanicien, Louis Rouin et son épouse vivent à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne), chemin de Saint-Maur. Ils s’installent, dans le même département, dans la commune voisine de Joinville-le-Pont où il réside en 1921 dans le quartier de Polangis, avenue Marceau. Louis Rouin devient successivement agent commercial, puis chef de travaux puis représentant.

En 1922, il est condamné par la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine à 50 francs d’amende pour coups et blessures volontaires.

Lors du scrutin municipal de mai 1929, Louis Rouin est candidat à Joinville sur la liste de concentration républicaine du maire sortant, Stephen Durande, qui rassemble essentiellement des personnalités conservatrices ou libérales. Devancée par la liste de cartel des gauches dès le premier tour, la liste de droite est battue au second tour, malgré le maintien des postulants communistes. Elle obtient cinq sièges sur 27. Georges Briolay, radical-socialiste, est élu maire. Rouin avait eu 905 voix sur 2 126 votants (42,6%) pour 2 969 inscrits. Il n’est pas élu.

Au cours des élections municipales joinvillaises suivantes, en mai 1935, Rouin est de nouveau sur la liste d’Union des républicains, dont les membres se revendiquent comme des « hommes d’ordre et d’action », « sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale ». Ils se féliciteront cependant que « Les Joinvillais, dans le seul but de barrer la route aux communistes, ont apporté leurs suffrages en masse à la liste d’ordre de l’Union républicaine. Ils ont montré leur réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

Devançant dès le premier tour les radicaux-socialistes du maire sortant, l’Union républicaine emporte au second tour 25 sièges face à ces derniers et à une union communiste et socialiste, qui a les deux derniers postes de conseillers municipaux.

Rouin recueille au premier tour 908 votes sur 2 856 suffrages exprimés, pour 2 923 votants (31,8%) et 3 433 inscrits. Il est élu au second tour avec 1 135 suffrages sur 2 899 exprimés (38,9%) avec 2 924 votants. Léon Lesestre (proche du Parti social français) devient maire.

Contre la majorité des élus de droite, Rouin s’oppose en juillet 1939 à la concession de la baignade municipale à un opérateur privé. Le même mois, il propose au conseil municipal de subventionner un monument à la gloire de l’infanterie française.

Alors que l’élection a été abandonnée, Louis Rouin est nommé conseiller municipal de Joinville par arrêté préfectoral du 20 février 1942. Après l’exclusion des élus communistes deux ans plus tôt, les autorités du régime de Vichy ont reconduit le bureau municipal et une partie des élus les plus conservateurs. En août 1944, le maire et ses adjoints seront arrêtés par le comité local de Libération qui prit possession de l’hôtel de ville.

Louis Charles Rouin meurt le 21 mars 1970 à Ferrières-en-Gâtinais (Loiret). Il était âgé de 77 ans et père de trois enfants. Il était décoré de la médaille militaire, de la Croix de guerre avec palmes et chevalier de la Légion d’honneur depuis mars 1939.

Le ravin des Courtes Chausses (Argonne)

 

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6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 00:01

Camille Antoine Nicolas Husson naît le 20 juillet 1869 à Thonnance-les-Moulins (Haute-Marne). Il est le fils d’Élise Marie Jeanne Donot et de son mari, Jean François Husson, employé d’octroi à Paris. Il voit le jour chez son grand-père maternel.

Devenu prêtre dans le diocèse de Paris, il est nommé vicaire de Saint-Charles-Borromée de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1895. Il est probablement le premier à exercer cette fonction dans la paroisse, fondée en 1860, et dont le curé est alors l’abbé Alfred Roustan.

C’est l’abbé Husson qui célèbre la messe des obsèques des victimes de l'explosion de l’usine du Bi-Métal, à Joinville, en février 1895 devant une très importante population.

Il est nommé vicaire à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine) en octobre 1895 puis, en novembre 1896 à Saint-Georges de la Villette (Paris, 19e arr.).

Enfin, en août 1902, il rejoint, toujours comme vicaire, l’église Saint-Pierre du Petit-Montrouge (Paris, 14e arr.).

Camille Husson meurt le 10 octobre 1903 à Paris (7e arr.). Il résidait alors rue d’Alésia à Paris (14e arr.) avec sa mère et était âgé de 34 ans.

L'église Saint-Charles à Joinville-le-Pont

 

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