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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 00:01

En novembre 1890, Louis Rey s’amusait beaucoup qu’un tribunal eût fixé une valeur marchande à l'eau de Lourdes. Il racontait l’histoire suivante au critique dramatique et journaliste Francisque Sarcey, chroniquer du quotidien XIXe siècle : « Un de mes amis, m'écrit M. Louis Rey, propriétaire de bagares qui chargent sur le port les marchandises qu'on transbordera, à Pauillac et à Royan, sur les grands navires qui vont au Brésil, avait commission d'un moine franciscain d'embarquer des fûts remplis de l'eau miraculée, pour les transporter et les transborder sur un navire dans le port de Pauillac. Il arriva que pendant la manœuvre un des précieux fûts subit un accident : il fut défoncé, et l'eau de Lourdes se répandit dans la Garonne. Le mal, après tout, était réparable. Le chef de manœuvre avait offert de puiser dans la Garonne, à la même place, de quoi remplir un autre fût ; sans doute, la vertu miraculeuse de l'eau eût été quelque peu diluée, mais il en serait toujours bien resté quelque chose. Et puis, vous savez, il n'y a que la foi qui sauve. Le moine qui assistait au chargement fut inflexible. C'était de l'eau de Lourdes qu'il voulait, de l'eau sans mélange; il refusa avec horreur l'idée de l'étendre avec de l'eau puisée dans la Garonne. Il exigea des dommages-intérêts. On plaida. Savez-vous à combien fut estimée la barrique défoncée, contenant et contenu ? A trois cents francs que mon ami paya, enchanté d'avoir acquis, fût-ce à ses dépens, la preuve que l'eau de Lourdes était une marchandise comme une autre, un peu plus chère même que beaucoup d'autres. Car à cent francs, on a du bordeaux très passable. »

Francisque Sarcey faisait remarquer que, quelques années plus tôt, sous la période de l'ordre moral (1873-1876), « il nous en coûtait à nous-mêmes, au XIXe Siècle, 6 000 francs pour avoir pris la liberté de nous moquer des bons pères de Lourdes et de leurs bouchons. »

Anticlérical affirmé, Louis Rey était également franc-maçon. Certains de ses adversaires réactionnaires tentaient de le mettre en cause pour cela, par exemple en publiant une liste des francs-maçons de Joinville dans un journal conservateur, l’Écho républicain. Dans son propre hebdomadaire, Voix des communes, Rey répondit qu’il s’agissait de « braves gens » et que « en ce qui concerne Joinville, il y manque une soixantaine de nos frères ». Le quotidien d’extrême-droite La Libre parole fait de même en mai 1912.

Dans la commune, Rey avait mis en place une Union fraternelle, qui regroupait les francs-maçons appartenant à différentes loges autour d’un banquet annuel et d’un bulletin hebdomadaire. En octobre 1909, l’Union fraternelle adhère au programme du Parti radical et radical-socialiste, adopté au congrès de Nantes. Elle exprime sa sympathie pour Francisco Ferrer (1859-1909), pédagogue et anarchiste espagnol, fusillé après sa participation à l’insurrection de Barcelone au cours de l’été 1909.

Dans un climat politique local très tendu, la franc-maçonnerie est une cible. En mai 1911, Rey témoigne dans Voix des communes : « On avait sur le marché exposé un mannequin couvert d’emblèmes maçonniques qu’on devait ensuite brûler. C’est de l’intolérance. La peur du commissaire a empêché l’autodafé du bonhomme de paille. »

L'anarchiste et fondateur de "l'école moderne", Francisco Ferrer (Wikipédia)

 

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 00:01

Suite de la biographie de Louis Rey. (mise à jour)

Rentré en 1873 d’un service militaire marqué par la guerre contre l’Allemagne en 1870 et une expédition en Algérie l’année suivante, Louis Rey retourne en Ardèche, dans le village de ses parents, Le Cheylard. Il est cuisinier quand il épouse, en mai 1875 à Lyon (2e arr.) Marie Louise Eulalie Vénard, cafetière dans cette ville, originaire de Fay-le-Froid (act. Fay-sur-Lignon, Haute-Loire).

Rey vient à Paris cette même année 1875. En 1879, il est embauché comme secrétaire-archiviste à la Chambre syndicale des marchands de vin. Il s’inscrit la même année aux cours du soir des Arts-et-métiers. Il a pour professeur de chimie Charles Boutmy, membre de la Société des ingénieurs civils de France et M. Robinet, ce qui lui permet ensuite d’exercer le métier d’expert chimiste, toujours pour la Chambre syndicale.

Devenu un spécialiste des vins, Rey fait plus de 1 000 expertises par an selon un témoignage de 1908. À la tête de son laboratoire syndical, il oppose au laboratoire municipal parisien. En mars 1889, il demande le changement du directeur de cette institution, qu’il accuse d’incompétence, dans le quotidien La Lanterne. Deux mois plus tôt, ce même journal avait noté que de nombreux débitants de vin s’adressaient à lui après avoir voté pour le général Boulanger lors d’élections législatives partielles, en espérant qu’il allait les débarrasser du laboratoire municipal, et en ayant constaté que ce n’était pas le cas.

S’intéressant beaucoup à la législation viticole, Rey s’oppose notamment aux mesures visant à interdire le mouillage des vins avec de l’eau, une pratique courante, selon lui, mais critiquée par les viticulteurs du Midi de la France. Les marchands parisiens y voient au contraire un moyen de proposer un vin à meilleur marché avec un titrage d’alcool inférieur, pour des productions venant d’Espagne ou d’Algérie.

Sa réputation fait qu’il est nommé en 1905 par les ministres de l’agriculture et du commerce membre de la commission extra-parlementaire chargée d’examiner le règlement d’administration publique pour la répression des fraudes dans les denrées servant à l’alimentation des hommes et des animaux. Désigné également comme expert auprès du tribunal de la Seine, il refuse d’y siéger, faisant état d’un excès de travail.

Constructeur d'appareils scientifiques, Louis Rey est notamment l’inventeur d’un sulfatomètre de poche et à étagère en 1890 et, deux ans plus tard, d’un œnomètre. Il réunit instrument les deux modes les plus usités de dosage de l'alcool, alambic et ébullioscope.

Rey fut le fondateur en 1890 du Syndicat des chimistes et essayeurs de France. Il est en 1904 également le fondateur et administrateur d’une société d’assurance décès et d’achats en commun appelée Les Mille débitants et basée à son bureau du 32, quai des Célestins à Paris.

Les activités professionnelles de Louis Rey lui valent de nombreuses récompenses. Il participe à l’exposition universelle de Paris en 1889 et reçoit une médaille d'or en tant que collaborateur des syndicats. Également partie prenante de l’exposition universelle de Paris en 1900, il cumule une médaille d'argent d’économie sociale et une médaille de bronze pour publication. C’est également pour son travail dans le milieu vinicole que Rey est fait chevalier du mérite agricole en 1891 puis officier en 1904, décoré à chaque fois par les ministres en poste, Develle puis Mougeot.

À suivre.

L'œnomètre de Rey

 

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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 00:01

Joseph Alphonse Louis Bourguignon naît le 2 juillet 1857 à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Adèle Marié Zélie Sigot, couturière, et de Joseph Bourguignon, menuisier en bâtiment puis mégissier.

Marié en mai 1880 à Paris (13e arr.) avec Joséphine Louise Dupré, blanchisseuse, ils vivent dans cet arrondissement passage Prévost, puis dans le 20e arr., rue des Amandiers. Ils auront sept enfants.

Il exerce en 1880 le métier de layetier emballeur, qui consistait à emballer les affaires de riches clients qui partaient en voyage. Il sera ensuite emballeur pour la société Couesnon puis, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il réside depuis 1900, pour la société Jougla (films et appareils photographiques et cinématographiques).

La rue dans laquelle ils s’installent, dans le nouveau quartier de Polangis, est désignée dès 1900 comme « rue Bourguignon ». Ils en sont alors les seuls habitants. Lors du classement de cette voie, avec les autres artères du quartier, dans le domaine public communal par arrêté préfectoral du 26 novembre 1926, la dénomination est conservée. Elle est cependant modifiée ultérieurement pour devenir « rue des Frères-Lumières. »

En janvier 1907, Bourguignon est un des membres fondateurs de la société de secours mutuels intitulée « les Trente-Cinq de Joinville-le-Pont ». Elle a pour but d'assurer à ses participants des secours en cas de maladie ou blessure et est présidée par Alfred Mallet, mécanicien, résidant dans le même quartier, avenue Pauline. Bourguignon, demeurant à Joinville-le-Pont en est le secrétaire-trésorier. Peut-être peut-on la rapprocher d’une autre mutuelle, l’Assurance fraternelle de Joinville et Nogent, qui est fondée en octobre 1909 par des résidents du quartier de Polangis ; elle a pour premier président Chéri Arnaud (1875-1931), sellier, négociant puis industriel, conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1908-1929). Le gendre de Bourguignon, Paul Jouve, devient trésorier de l’Assurance fraternelle en 1924, puis président en 1928.

Joseph Bourguignon meurt le 2 septembre 1933 à Joinville. Il était âgé de 76 ans.

 

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 00:01

Marcel Robert Gastal naît le 14 mars 1910 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Charlotte Léontine Guillon et de Casimir Paulin Gastal, mécanicien dans l’aviation militaire, militant et élu socialiste, responsable coopératif. Ils vivent dans le quartier de Polangis, avenue Pauline puis déménagent en 1912 à Vincennes, rue du Midi, et s’établissent en 1919 à Nanterre, rue du Bois et enfin rue Saint-Germain.

En 1931, Marcel Gastal est employé à l’Union des coopérateurs de Paris (UDC), dont son père est adhérent, comme secrétaire de la direction commerciale. La même année, il épouse, en octobre à Clamart Denise Albertine Pagès. Militant syndicaliste, il est chef de service à l’UDC en 1939. À ce moment, il vit à Paris (20e arr.), rue Alphonse-Penaud.

Après la deuxième guerre mondiale, Marcel Gastal devient directeur commercial de l’UDC en 1953 puis directeur en 1955. Il quitte cette fonction en 1961, pour devenir président-directeur général de la société coopérative nationale d'assurances La Sauvegarde, dont il présidait déjà le conseil d’administration depuis 1960. Il assume cette fonction jusqu’en 1975, date de sa retraite.

Parallèlement, Marcel Gastal était membre du comité exécutif central de la Fédération nationale des coopératives de consommation (FNCC) jusqu'en 1975. Il fut également président de l’Institut de prévoyance et de retraite des cadres et assimilés de la FNCC (IPRCA) et administrateur l’Union coopérative de Crédit ménager, de la SACM, de la Société des Hôtels Coop, de la Société coopérative d'équipement, de la Caisse interprofessionnelle du logement, de la CPAV, et de l’Association pour l'emploi des sociétés coopératives de consommation de la FNCC. Il avait, en 1953, été nommé membre du comité départemental des prix pour la Seine en tant que représentant des coopératives de consommation.

Intervenant régulièrement dans les congrès coopératifs, Marcel Gastal présenta, lors du 37e congrès de la FNCC à Cannes, en juin 1954, un rapport sur « Comment accroître la productivité du mouvement coopératif ». Il publia plusieurs articles, notamment dans Coopération, organe de la FNCC, ou la Revue des études coopératives, où il signait en 1955 un Hommage à Charles Fourier, précurseur de la Coopération.

Selon un avis transmis par le consulat général de France au Mexique, Marcel Gastal est mort le 6 décembre 1987 à un endroit indéterminé entre l’île de Cozumel (Yucatán) et la ville de San-José-Chiltepec (Oaxaca). Il était âgé de 77 ans.

 

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 00:01

Suite de la biographie de Casimir Gastal

Pendant la première guerre mondiale, Casimir Gastal est exclu du service armé pour entérite chronique et reste sur son lieu de travail dans une compagnie d’ouvriers de l’établissement d’aviation militaire de Vincennes. Son état de santé médiocre lui vaudra une pension militaire en 1922.

Après le conflit, Gastal se fixe à Nanterre, d’abord rue du Bois en 1919 puis rue Saint-Germain en 1920, toujours pour suivre son affectation professionnelle. Il est, en 1930, chef d'équipe de l’entrepôt spécial d'aviation n° 2.

Dans sa nouvelle résidence, Gastal adhère à l’Union des coopérateurs de Paris (UDC), où il est en charge de la promotion des cercles de coopérateurs. Il est aussi correspondant de la Banque des Coopératives. À ces divers titres, il participe aux congrès régionaux et au congrès national coopératif de 1924.

Retraité en 1934, alors qu’il n’a que 55 ans mais sans doute du fait de ses problèmes de santé, Casimir Gastal s’installa à Breuil-Bois-Robert (Seine-et-Oise, act. Yvelines), petit village à proximité de Mantes qui compte à ce moment environ 200 habitants. La commune est le fief de Marcel Bucard (1895-1946), militant d’Action française‎‎ (1918-1933) puis fondateur Mouvement franciste (1933-1944), expressément fasciste. Les cadets francistes, portant des chemises bleues, disposent d’un camp d’entraînement dans la commune. À l’issue des élections municipales de mai 1935, la presse socialiste se félicite de l’élection de deux antifascistes dans la commune ; Gastal en faisait peut-être partie. Au premier tour, il avait recueilli 17 voix pour 71 votants (24%) et cinq sièges étaient encore à pourvoir.

Membre du parti socialiste SFIO, il est prend part aux activités de la Fédération de Seine-et-Oise et est candidat dans le canton de Mantes lors du scrutin départemental d’octobre 1937. Il recueille 644 voix (9,4% des suffrages exprimés), derrière un député de centre-gauche, Bergery (2 632), le candidat de droite (1 895) et un communiste (1 191). Au second tour, il se désiste, en faveur de Bergery, dont le parti est adhérent au Front populaire et qui est élu malgré le maintien de ses concurrents communiste et radical.

Il est de nouveau candidat en mars 1939, dans une élection cantonale partielle à Houdan (Seine-et-Oise, act. Yvelines), et reçoit 83 votes (2,7%), pour 179 à un communiste, 535 à un radical-socialiste et 1 284 à Mahieu, réactionnaire, élu.

À l’issue du premier scrutin municipal suivant la deuxième guerre mondiale, en mai 1945, Gastal est élu adjoint au maire de Breuil-Bois-Robert. Il cesse cette fonction au renouvellement du conseil municipal en octobre 1947. Il était devenu président du groupe coopératif de Mantes, La Solidarité, adhérente à l’Union des coopérateurs (UDC).

En 1953, Gastal s’installa à Vigneux-sur-Seine (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il fonda un groupe d’action coopérative et devint membre du comité général de l’UDC, dont son fils était un des cadres.

Casimir Gastal meurt le 19 février 1962 à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 82 ans.

Fin

Une plaque apposée en 1862 à Breuil-Bois-Robert

 

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:01

Suite de la biographie de Casimir Gastal

Effectuant son service militaire au sein du 4e régiment de zouaves, Casimir Gastal part fin novembre 1900 en Tunisie, où il reste pratiquement trois ans.

De retour en France fin 1903, il reprend ses activités politiques, manifestement sans avoir beaucoup apprécié son séjour à l’armée. Il intervient auprès de la Ligue des droits de l’Homme du 20e arrondissement de Paris et fait partie, en septembre 1904, des orateurs d’une réunion publique pour le départ de nouveaux conscrits sur le thème : Socialisme et antimilitarisme, l'armée et les grèves. Un ordre du jour est voté, protestant « contre l'envoi des troupes sur les champs de grève où les soudards militaires s'exercent à massacrer les prolétaires réclamant leurs droits. En attendant la suppression des armées permanentes, ils engagent les jeunes soldats qui partent au régiment à ne pas oublier que, sous la livrée de servitude ils sont toujours des prolétaires et que la classe bourgeoise ne se servira d’eux que pour maintenir sa domination capitaliste. »

À la fin de cette même année, en décembre 1904, Casimir Gastal se marie avec Charlotte Léontine Guillon, couturière, originaire d’Indre-et-Loire à Paris (20e arr.).

Secrétaire du groupe socialiste unifié, au sein de la SFIO, de son arrondissement, Gastal est un des organisateurs de la réunion électorale, rue Vitruve, qui porte la candidature, qui sera victorieuse, d’Édouard Vaillant pour les élections législatives de mai 1906 devant 1 200 électeurs.

Devenu agent technique dans l’aviation militaire, Casimir Gastal s’inscrit au syndicat des agents de maîtrise de la profession. Pour se rapprocher de son lieu de travail, dans le Bois de Vincennes, il s’installe en 1907 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue Pauline.

S’il continue d’assumer des activités politiques dans son ancien quartier parisien, Gastal s’implique également dans sa ville d’accueil. Il est candidat aux élections municipales de mai 1908 sur une liste, très incomplète, soutenue par la section socialiste SFIO avec Lacroix, Lebègue, Thiébault, et Lozet. Au premier tour, il recueille 179 sur 1 319 suffrages exprimés (13,6%). Les socialistes ne sont pas présents au second tour, les radicaux-socialistes emportant tous les sièges, sauf deux. Le maire sortant, Eugène Voisin, est réélu.

Après la naissance de son fils Marcel en 1910, la famille recueille également un neveu, Octave, orphelin du frère de Casimir Gastal. En novembre 1911, il est désigné comme membre de la commission exécutive du groupe municipal SFIO de Joinville, dont Émile Lebègue est le secrétaire.

Administrateur de la société coopérative La Travailleuse de Champigny-Joinville, Gastal y côtoie Albert Thomas, maire de la commune et député, futur ministre puis directeur général du Bureau international du travail à Genève. Il est le porte-parole du conseil en 1909 et anime le Cercle de propagande et d’étude constitué au sein de la coopérative.

Conduit, du fait de sa fonction dans les fabrications militaires, à se fixer près de son lieu de travail, Gastal déménage rue du Midi à Vincennes en 1912, où il devient sociétaire de la coopérative L’Amicale.

À suivre

La maison Denis, avenue Pauline, à Joinville

 

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 00:01

Début de la biographie de Casimir Gastal

Casimir Paulin Gastal naît le 7 avril 1879 à Paris (4e arr.). Il est le fils de Marie Coutarel, crémière et de son mari, Paul Gastal, alors crémier après avoir été fort aux halles et qui sera ensuite charpentier. Paul Gastal fut également un responsable coopérateur à Paris.

Après l’école primaire, Casimir Gastal suit une formation de mécanicien à l’école professionnelle Diderot.

C’est à 17 ans que Casimir Gastal s’engage publiquement dans l’action politique. Il fait partie de la Jeunesse révolutionnaire, structure du Parti socialiste révolutionnaire, formation dirigée par Édouard Vaillant qui rassemble des socialistes modérés (Paul Brousse, Alexandre Millerand) et des marxistes (Jules Guesde, Paul Lafargue). Gastal est responsable du groupe du 19e arrondissement de Paris.

Le 14 juillet 1896, une cinquantaine de jeunes socialistes-révolutionnaires veulent rendre hommage aux morts de la Commune de Paris, tombés un quart de siècle plus tôt. Ils se rendent d’abord sur la tombe du journaliste Charles Delescluze, mort à la fin des combats, où Gastal prononce un discours, accompagné par Frater, responsable du groupe du 3e arrondissement. Mais, quand les manifestants s’approchent du Mur des Fédérés, où ils comptaient déployer un drapeau rouge, ils se heurtent à la police. Après quelques cris et une courte bagarre, quatre jeunes révolutionnaires sont arrêtés. Ils sont traduits, en août, devant la dixième chambre du tribunal correctionnel de Paris. Gastal est accusé d’avoir traité les agents de fainéants et s’être écrié : «A bientôt la revanche ! ». Ernest Desaydes, porteur du drapeau, est soupçonné d’avoir frappé un agent. Bouvard et François Collignon sont aussi poursuivis pour leurs cris. Le tribunal écarte les poursuites pour rébellion et les coups, ne retenant que l’accusation d’outrages. Gastal et Bouvard écopent de 25 francs d’amende, Collignon, qui a prouvé qu’il n’était pas présent au cimetière mais était venu s’enquérir de la situation des personnes conduites au poste, est acquitté. Desaydes est condamné à cent francs.

Une partie de la presse s’étonne qu’on traduise en justice des jeunes républicains, tandis que des opposants cléricaux sont, eux, laissés libres de manifester. Dans une lettre publiée par La Petite République, Desaydes, futur maire d'Issy-les-Moulineaux considère que « si quelqu’un par ce jugement s’est trouvé puni, ce n’est pas nous, mais bien les agents qui en sont sortis couverts de ridicule et le nez trempé dans leurs ordures. »

En septembre 1896, Gastal est trésorier du Cercle collectiviste du quartier Amérique (19e arr.).

Impliqué dans la tentative d’unification des Jeunesses socialistes, Gastal participe à des rencontres avec les Jeunesses indépendantes, la Fédération des Jeunesses socialistes du Midi et les représentants du Parti ouvrier français. Il est délégué par le PSR au congrès de la salle Japy (1899).

Dans son arrondissement, Gastal est également à l’initiative de la constitution d’un Cercle d'études théâtrales en octobre 1899, qui se réunit chez lui, rue Stendhal. Le cercle ne semble cependant pas survivre à une réorganisation intérieure du groupe socialiste révolutionnaire mi-janvier 1900.

C’est de nouveau à l’occasion d’une manifestation au Père-Lachaise que Gastal est arrêté, le 28 mai 1900. Il lui est reproché d’avoir « jeté une pierre dans la direction des gardes municipaux ». Professionnellement, il est devenu serrurier et est un orateur régulier des réunions socialistes.

À suivre

Manifestation au cimetière du Père-Lachaise, devant le mur des Fédérés (sd)

 

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 00:01

Jean Aubignat naît le 25 octobre 1870 à Gelles (Puy-de-Dôme), au village de Say. Il est le fils de Françoise Tournade et de son mari, François Aubignat, cultivateurs.

En 1901, Jean Aubignat est mineur de profession et vit avec Marie Chassac, originaire de Liginiac en Corrèze, où elle est née en 1868, ancienne cultivatrice, séparée de son mari, Jean Besse, avec lequel elle avait eu quatre enfants. Jean Aubignat réside avec elle à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne), Grande-Rue, dans le même immeuble que son frère et homonyme Jean Aubignat (1867-1950), lequel vit également avec Marie Chassac (1862-1917), sœur de sa propre compagne portant aussi le même prénom.

C’est probablement le plus jeune Jean Aubignat qui est la victime d’une agression à l’usine des eaux de Joinville-le-Pont, commune limitrophe de Saint-Maurice, établissement qui appartient à la ville de Paris. Mi-octobre 1910, il faisait une ronde dans les dépendances de l'usine où il était gardien de nuit. Attaqué par des individus qui le frappèrent à coups de bâton, il est blessé à la tête puis secouru par des voisins qui répondent à son appel au secours. Le journal L'Éclair rattache cet incident à la situation sociale de l’entreprise. Des grévistes seraient venus pour saboter l’excitateur des eaux, qui allait remplacer 80 hommes. Ils s’en seraient pris à lui par ce qu’il tentait de les empêcher d’accéder à la machine, selon Le Figaro.

À l’instar de son frère, Jean Aubignat, sa compagne et ses quatre enfants ont déménagé à Joinville, au 5, rue du Canal (act. rue Henri-Barbusse). Il est terrassier pour la ville de Paris et sa conjointe est blanchisseuse.

Après la première guerre mondiale, Jean Aubignat va s’engager dans l’action politique. C’est sans doute lui qui souscrit pour les élections législatives en faveur du parti communiste en décembre 1927. Lors des élections municipales de mai 1929, il est candidat en 10e position sur la liste du Bloc ouvrier et paysan, présentée par le PCF à Joinville-le-Pont. Au premier tour, la liste de concentration républicaine du maire sortant, Stephen Durande est en tête avec 42,6% des voix, devant l’Union des gauches (radicaux-socialistes et socialistes Sfio) de Georges Briolay à 35,9%, les communistes recueillant 16%. Jean Aubignat obtient 337 des 2 126 suffrages (15,8%) pour 2 969 inscrits.

Au second tour, la gauche radicale et socialiste l’emporte avec 45,9% des voix et 22 sièges, contre 41,6% et 5 sièges à la droite, les communistes refluant à 12,5% et n’ayant pas d’élu.

Robert Lisambard (1902-1978), charpentier fer puis plombier, gendre de Jean Aubignat, était également candidat sur la liste communiste de 1929 et le fut de nouveau lors des élections municipales de Joinville en mai 1935.

Jean Aubignat meurt le 25 novembre 1961 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). il était toujours domicilié à Joinville-le-Pont, rue de Paris, et est inhumé dans cette commune.

Marie Chassac, compagne de Jean Aubignat

 

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 00:01

François Aubignat naît le 29 décembre 1896 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Chassac (1862-1917) et de son compagnon Jean Aubignat (1867-1950), mineur, illettré. Ils vivent dans la commune 137, Grande-Rue. En 1911, la famille s’est installée dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, 5, rue du Canal. Ils résident dans le même immeuble que Jean Aubignat (1870-1961), frère homonyme de son père qui vit avec Marie Chassac (1868-1927), sœur homonyme de sa mère.

Du fait de la première guerre mondiale, François Aubignat, alors dégrossisseur, est incorporé de manière anticipée dans l’armée en avril 1915. Il est affecté dans l’artillerie, au 34e régiment en 1916 puis en 237e en 1917. Aubignat est porté déserteur le 26 août 1917 ; il est rayé des listes de contrôle le 31 août parce qu’il se présente volontairement à son unité. Cependant, cette absence lui vaut d’être l’objet d’une plainte et d’un procès, jugé le 28 novembre 1917 devant le conseil de guerre de la 127e division, où il est condamné à deux ans de travaux publics pour désertion à l’intérieur en temps de guerre. Le 4 décembre 1917, il est écroué à l’établissement pénitentiaire de Bossuet (act. Dhaya, wilaya de Sidi-Bel-Abbès, Algérie).

Libéré à l’été 1918, il reprend une part active aux combats, ce qui lui vaut d’être cité en janvier 1919 à l’ordre du régiment (le 210e RA) : « artilleur consciencieux et dévoué, ayant participé aux attaques du 9 et 18 août 1918 et à celles du 9 au 12 octobre 1918 ; a toujours donné entière satisfaction par sa conduite et son attitude au feu ». Il est décoré de la Croix de guerre. En septembre 1918, il avait obtenu une remise de peine d’un an. Il est démobilisé en septembre 1919, se voit refuser un certificat de bonne conduite, puis est amnistié en octobre 1919.

Devenu lamineur, sans doute à l’usine du Bi-Métal à Joinville-le-Pont, Aubignat réside en 1935 dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés. En 1937, il est terrassier débardeur. Il s’installe, en 1939 à Maisons-Alfort, toujours dans le même département, rue Eugène-Sue puis rue Ernest-Renan.

Son oncle, Jean Aubignat, et son cousin par alliance, Robert Lisambard, tous deux ouvriers, furent candidats communistes lors des élections municipales de Joinville en 1929 et également, pour le second, de 1935.

Il est rappelé au cours de la deuxième guerre mondiale, où il sert dans le 41e dépôt d’artillerie en février 1940 avant d’être démobilisé en mai de la même année.

Marié en mars 1951 à Paris (10e arr.) avec Marie Émilie Duflo, il meurt l’année suivant, le 3 août 1952 à Clichy-sous-Bois (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il était âgé de 55 ans.

L’établissement militaire de Bossuet, Algérie

 

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 00:01

Gaston Alfred Devulder naît le 9 janvier 1884 à Dunkerque (Nord). Il est le fils de Rosine, Martine Fidélie Menaert et de son époux, Alfred Charles Devulder, cabaretier.

Devenu instituteur et vivant à Estaires (Nord), Gaston Devulder s’engage dans Le Sillon, créé en 1894 par Paul Renaudin et dirigé par Marc Sangnier. Les cercles d'études catholiques intégrés dans ce mouvement permettent à des jeunes et des prêtres de discuter de religion et de société. Il vise à réconcilier les ouvriers et le christianisme. D’abord appuyé par l’épiscopat, Le Sillon est condamné pour « modernisme social » par le pape Pie X en 1905 et se dissout alors.

Devulder fait son service militaire dans l’infanterie entre 1905 et 1907. Après sa démobilisation, il épouse, en novembre 1907 à Dunkerque, Gabrielle Joséphine Dubuis, couturière, devenue orpheline de mère à un an et abandonnée par son père à ce moment-là.

Pendant la première guerre mondiale, Devulder est mobilisé dans l’infanterie. Il est grièvement blessé par éclat d’obus en février 1916 à Louvemont (Haute-Marne). Il est ensuite plusieurs fois hospitalisé et versé dans une section sanitaire à Limoges (Haute-Vienne), où il est promu caporal en avril 1918. Ses blessures de guerre lui vaudront une pension de 40% en 1925.

En 1931, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Joseph-Jougla, dans le quartier de Polangis. Gaston Devulder est devenu comptable.

Rattaché à la paroisse Saint-Anne de Joinville-le-Pont, Devulder côtoya l’abbé Jacques Hollande, nommé curé de Polangis en juillet 1942 et qui le resta jusqu’en mars 1944 quand le cardinal Suhard, archevêque de Paris, l’a nommé supérieur de la Mission de Paris, laquelle constitua le mouvement des prêtres ouvriers.

Après la deuxième guerre mondiale, Gaston Devulder fait partie avec Suzanne Le Poder, Marcel Lagouche, Robert Gruet, Gaston Moutenot et Henri Melchior des militants de la section du Mouvement républicain populaire (MRP) de Joinville-le-Pont.

Gaston Devulder meurt le 30 mai 1949 Joinville. Il était âgé de 65 ans et avait eu un enfant, Jean (1911-1983), employé de banque, également soutien du journal chrétien social L’Aube en 1936.

 

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