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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 00:02

Marie-France Skuncke est née en 1924 à Varsovie (Pologne). Elle est la fille de l’économiste et ministre polonais Adam Rosé et de Lucie, née Martin.

Diplômée en mars 1944 de l’école d’interprètes de Genève, où sa famille était réfugiée, elle travaille auprès de l'armée française d'occupation à Berlin puis est engagée par les autorités américaines en janvier 1946 en prévision du procès de Nuremberg où seront jugés les grands chefs nazis.

Malgré la tension liée aux enjeux du tribunal, et bien qu’il y avait un roulement incessant de partants et d’arrivants dans les équipes, l’esprit de camaraderie était en général excellent parmi les traducteurs recrutés. Marie-France témoigne que le soir « on s’est beaucoup amusé ». Les interprètes étaient logés soit à l’hôtel, soit dans des villas réquisitionnées. Leur rémunération dépendait de leur rattachement : ceux qui avaient la chance de dépendre des Américains et d’être payés en dollars s’en sortaient très bien (c’était le cas de Marie-France), ceux relevant d’autres gouvernements ou forces armées nettement moins.

Le procès sera une grande première, avec la véritable apparition de la traduction simultanée, à peu près inconnue jusqu’ici ; des équipes de traducteurs en cabine sont organisées pour la première fois. Marie-France Rosé comprend l’importance de cette technique pour l’avenir. Elle plaide pour qu’une formation spécialisée se mette en place et contribue à construire une pédagogie.

Ayant épousé l’économiste suédois Sven Skuncke, Marie-France travaille notamment pour l’Unesco à Paris. Elle participe à la création de l’Association internationale des interprètes de conférence (AIIC) en 1953. Elle meurt en octobre 2007.

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Une cabine d’interprète au procès de Nuremberg

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Published by Benoit Willot - dans International
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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 00:08

Adam Karol Rose, connu en France sous le nom d’Adam Rosé, naît le 10 août 1895 à Nałęczów dans la Voïvodie de Lublin. Il fait des études d’économie à Poznań et d’agriculture à Berlin.

En 1910, il devient membre d’une société secrète d’étudiants créée par l’écrivain Thomas Zan. Il participe en février 1919 à l'insurrection de Wielkopolska pour le rattachement de la région de Poznań à la Pologne. Il est mobilisé lors de la guerre soviéto-polonaise de 1920.

Adam Rosé épouse en 1921 Lucie Martin (née en 1898), qui travaille alors à la Société des Nations à Genève (Suisse). Elle est la fille du journaliste français Arthur Martin et d’Henriette Martin-Le Dieu. Ils auront deux enfants, dont Marie-France Skuncke (1924-2007), interprète au procès des dignitaires nazis de Nuremberg (1946). La sœur de Lucie, qui séjourne souvent chez eux en Pologne, est la poète et martyr de la résistance, Marietta Martin (1902-1944), dont Lucie écrira la biographie.

Adam Rosé commence à travailler comme assistant à la faculté d’agronomie de l’Université de Varsovie puis collabore au Bureau International du travail et à la Société des Nations. Il soutient son doctorat en 1922. En 1929, il est professeur à l'Université nationale polytechnique de Lwów (alors en Pologne, aujourd’hui Lviv en Ukraine) puis il enseigne en 1930 la politique agraire à l’Université de Varsovie.

En 1931, il est directeur au ministère de l'économie et s’efforce de préparer des mesures anti-crise pour pallier à l'effondrement des marchés mondiaux. Il quitte ses fonctions en octobre 1935, suite à des désaccords avec le ministre de l'agriculture Juliusz Poniatowski.

En août 1936, il est nommé vice-ministre de l'industrie et du commerce auprès de Józef Beck Joseph Beck. Il plaide pour une industrialisation accélérée du pays, en créant notamment une métallurgie. Il défend les aspirations coloniales du gouvernement polonais, afin de permettre l'émigration d’une partie des Juifs dans des terres à acquérir outre-mer. Un projet est monté, après des échanges avec le ministre français des colonies, Marius Moutet en 1937, pour installer une partie de la communauté juive polonaise à Madagascar.

Juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Adam Rosé participe aux négociations pour le développement de la coopération économique entre la Pologne et la France.

Après la défaite contre l’Allemagne, il organise l'évacuation de l'armée et devient en 1940 consul à Toulouse du Gouvernement polonais en exil gouvernement polonais en exil. Il est secrétaire de la Croix-Rouge polonaise en France, contribuant à l’accueil des réfugiés. Recherché par la Gestapo, il s’installe à Genève (Suisse). Il y rédige plusieurs ouvrages, dont une encyclopédie en trois volumes "La Pologne 1919-1939" (Neuchâtel, 1946).

Après la guerre, il devient conseiller de Ludwik Grosfeld, ministre du commerce, et représente la Pologne dans des commissions de la toute nouvelle Organisation des Nations-Unies (ONU). Mais, en désaccord avec le régime communiste, il émigre à nouveau en 1949 et s’installe à Paris. Malgré des difficultés financières et une santé qui se détériore, il donne des conférences et publie des articles sur la nécessité de l'intégration économique de l'Europe. Il est membre associé de l’Académie française des sciences morales et politiques.

Adam Rosé meurt le 9 novembre 1951 à Paris.

·         Voir aussi : La couture à l’âme de Lucie Rosé

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Adam Rosé

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Published by Benoit Willot - dans International
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