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15 octobre 2019 2 15 /10 /octobre /2019 01:01

Désiré Prosper Aimé Gallas naît le 31 décembre 1849 à Chevilly (Loiret). Il est le fils de Pauline Joséphine Fougereuse et de son époux, Louis Prosper Aimé Gallas, cultivateur.

En septembre 1885, Désiré Gallas réside à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue du Canal ; il est négociant à Paris et épouse Marie Geneviève Gabrielle Moreau.

La société de fabrication de produits chimiques Gallas frères, rue Sainte-Marguerite (act. rue Trousseau, Paris 11e arr.), qu’il a fondée avec un de ses frères, est déclarée en faillite en juin 1888.

Au cours du mois d’août 1893, Désiré Gallas est blessé aux jambes dans un accident ferroviaire. Un train tombe en panne dans le tunnel de Charonne sur la ligne de Ceinture, à Paris. Le train suivant n’a pas pu freiner et le tamponne ; on compte soixante blessés, mais pas de morts.

Alors qu’il a déjà 85 ans, Gallas est président en 1935 de la section Joinville-Champigny de l’Amicale des vieux de France. La section compte 550 adhérents dont 125 au groupe de Joinville en février 1936, selon le compte-rendu que fait Gallas lors de sa réunion mensuelle.

Désiré Gallas meurt le 18 mars 1936 à Joinville, où il résidait dans le quartier Schaken, avenue de Joinville ; il était âgé de 86 ans. Son fils Louis Gallas, avocat, avait été conseiller municipal de Joinville (1912-1919) et un militant conservateur actif.

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 01:01

Charles Jules Diot naît le 10 octobre 1880 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Claire Julie Olive Bérel et de son époux Henri Victor Diot, distillateur, qui exploitent un restaurant au 38, rue de Paris à Joinville.

Il effectue sa scolarité dans l’institution laïque privée du Parangon, à Joinville, au cours de laquelle il partage les récompenses avec son frère Marcel, notamment en 1888, 1896 et 1897.

Au sortir de l’école, Jules Diot devient, comme son frère comptable. Il effectue son service militaire à partir de novembre 1901 au 79e régiment d’infanterie à Sens (Yonne) puis est affecté comme conducteur automobile au 19e escadron du Train.

Reprenant l’activité de distillateur de son père, Jules Diot achète avec un associé de ce dernier, Schérer, la Compagnie sucrière d'Éclaron, fondée en 1868 dans la commune de Haute-Marne éponyme (act. Éclaron-Braucourt-Sainte-Livière), et exploitée depuis 1893 par la société Bourdon et compagnie. La société Schérer et Diot ajoute un atelier de distillation.

Charles Jules Diot épouse en février 1911 à Melun (Seine-et-Marne) Madeleine Marie Jenny Simonin, fille d’un médecin résidant à Antony. C’est en se rendant chez ce dernier, en octobre de la même année, que les nouveaux mariés sont victimes d’un accident de la circulation à Choisy-le-Roi (Seine, act. Val-de-Marne) ; ils sont blessés.

Pendant la première guerre mondiale, Jules Diot est mobilisé de nouveau dans un service automobile, au sein du 8e puis du 20e escadron du Train. Il est libéré en février 1919.

La production de sucre de la société Schérer et Diot à Éclaron, située dans une zone de guerre, cesse en 1914 et entre 1918 et 1930, l'usine est en sommeil, ne fonctionnant qu’environ 20 jours par an. Elle est alors louée à la Distillerie coopérative agricole de la région d'Éclaron qui achète les immeubles à MM. Diot et Schérer en 1937.

L’activité de Diot, qui se poursuit à Joinville, lui vaut quelques soucis avec la justice. Il est ainsi condamné en octobre 1924 à deux amendes de 200 et 500 francs pour falsification de prix, en vente de vins falsifiés et fraude aux droits de régie.

Charles Jules Diot meurt le 15 novembre 1967 à Joinville. Il était âgé de 87 ans.

 

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 01:01

Théodore Jean Baptiste Létang naît le 11 octobre 1835 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Clarisse Thérèse Stéphanie Prophétie et de son époux, Marie Christophe Létang, qui a fondé, l’année de sa naissance, une entreprise de ferblanterie produisant des moules à chocolat installée rue Saint-Denis à Paris (3e arr.). Théodore Létang travaille dans l’atelier familial, fondé en 1832, qui devient une société en 1866 dans laquelle il est associé avec son père. Elle prend le nom de Marie Létang et fils. L’activité a été transférée au 44, rue du Montmorency encore dans le 3e arrondissement.

En octobre 1860 à Paris (3e arr.), Théodore Létang épouse Joséphine Eulalie Feuillet, fille d’un coiffeur de Bordeaux.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, Létang est capitaine au 54e bataillon de marche de la Seine. Il prend part notamment à la bataille de Champigny. Du 30 novembre au 2 décembre 1870, les combats qui se déroulent à Champigny-sur-Marne et Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) font 2 000 morts. Le pont de Joinville sur la Marne est détruit. A Joinville, c'est la plaine de Polangis, alors non urbanisée, qui est le lieu des affrontements.

Les établissements Létang fils et leurs moules à chocolat ont une réputation internationale. Ils obtiennent des médailles à l'exposition universelle de Philadelphie (1876), à celle d’Anvers (1885), de Paris (1889), de Bruxelles (1897) et encore à Saint-Louis (États-Unis) en 1904.

Marque de fabrique de Létang

Théodore Létang lui-même est membres de jurys ou de comités pour les expositions universelles de Paris (1878 et 1889), Amsterdam (1883), Anvers (1885), Barcelone (1888) et Chicago 1893).

Dans son arrondissement de résidence, Théodore Létang assume plusieurs responsabilités caritatives et associatives. Il est président de l’Harmonie municipale en 1894. Administrateur du bureau de bienfaisance de la mairie du 3e arrondissement en 1899, il est également délégué cantonal à Paris. La fonction, instituée en 1886, place des représentants de la laïcité et de la République auprès des écoles ; ils veillent aux conditions de vie et de travail des écoliers. En 1900, il est vice-président du patronage laïque de l’arrondissement et président du dispensaire municipal en 1904.

Cependant, c’est à Joinville-le-Pont, où il dispose d’une résidence secondaire, que Létang va s’engager dans l’action politique et dans une action associative auprès des anciens combattants. Il est candidat en mai 1888 sur la liste du maire sortant, Gabriel Pinson, républicain modéré, qui s’oppose aux radicaux-socialistes, qui ont fait alliance avec un groupe socialiste-révolutionnaire. La majorité sortante est reconduite, avec 17 sièges, dont 16 gagnés au premier tour, contre trois pour la gauche. Létang remporte 291 voix sur environ 550 suffrages exprimés (environ 53%) et intègre l’assemblée locale au premier tour.

En décembre 1889 Létang participe à la cérémonie en mémoire de la bataille de Champigny au pied du monument élevé dans la commune. Il prononce un discours, aux côtés des députés Jules Ferdinand Baulard, élu radical-socialiste de la circonscription et ancien conseiller municipal de Joinville et Mathieu Bizouard, de la Côte-d'Or.

Devant plusieurs milliers d’assistants, Théodore Létang s’exprime de nouveau au nom des anciens combattants, toujours à Champigny, en décembre 1890 pour la commémoration des vingt ans de la bataille.

L’année suivante, sous une pluie incessante, l’hommage patriotique regroupe une foule considérable que le quotidien Le Radical évalue à dix mille personnes. Létang est de nouveau chargé de faire une allocution. La manifestation se termine par un incident avec un groupe de boulangistes, qui tentent d’intervenir avec des slogans nationalistes et antirépublicains, mais sont finalement évacués.

Après le décès, en juin 1888, un mois après sa réélection, du maire de Joinville, Gabriel Pinson, son adjoint Eugène Voisin est élu. Il conduit une liste, en mai 1892, en alliance avec les radicaux-socialistes, à laquelle s’opposent une formation conservatrice conduite par Bocquentin et le docteur Barborin. La majorité sortante emporte 16 sièges au premier tour et 6, dont celui de Létang, au second, laissant un poste à l’opposition de droite. Avec une moyenne de 360 sur 639 suffrages exprimés, la liste Eugène Voisin avait recueilli environ 70% des votes.

Lors du scrutin suivant, en mai 1896, la liste Eugène Voisin n’a pas de concurrents. Tous ses candidats, dont Létang, sont élus au premier tour avec environ 800 voix pour 918 électeurs inscrits. Désigné à deux reprises comme électeur sénatorial en 1899, Létang joue un rôle politique plus affirmé.

Les élections du nouveau siècle, en mai 1900 sont également emportées au premier tour par la liste Eugène Voisin, qui fait face à un groupement socialiste-révolutionnaire. Létang obtient 560 voix pour probablement un peu plus de 800 votants.

Enfin, en mai 1904 Létang est élu pour la cinquième fois, dès le premier tour, sur la liste radical-socialiste d’Eugène Voisin, avec 585 voix (52,3%). La majorité sortante remporte 22 des 23 sièges, face à une liste conservatrice (1 siège) et à des socialistes-révolutionnaires. Son mandat se termine en mai 1908 et il n’en demande pas le renouvellement.

Théodore Létang meurt le 14 février 1909 à Paris (10e arr.). Son décès est relaté par au moins dix-huit quotidiens nationaux et plusieurs titres de province. Âgé de 74 ans, Théodore Létang assistait à la représentation de la Femme X... au théâtre de la Porte-Saint-Martin, pièce d'Alexandre Bisson, mise en scène par Louis Péricaud. Au moment où le rideau se levait, il s'est subitement affaissé dans son fauteuil, victime d’une affection cardiaque.

L’industriel avait deux enfants ; son fils, Léon Létang, poursuivit l’exploitation de l’entreprise familiale.

Titulaire des Palmes académiques, Théodore Létang était officier d’académie depuis juillet 1891 et officier de l’instruction publique depuis avril 1900.

Il avait fait une donation à la ville de Joinville, la chargeant d’offrir chaque année en prix annuel un livret de caisse d’épargne pour un enfant des écoles municipales. Son nom figurait sur la liste des 12 bienfaiteurs de la commune apposée dans la mairie agrandie en octobre 1911.

 

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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 00:01

Hippolyte Chatel naît le 9 mars 1857 à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils d’Appoline Chappellier et de son époux Charles Chatel, forgeron mécanicien.

Devenu ouvrier tréfileur, comme son frère aîné Xavier, Hippolyte Chatel, qui réside chez ses parents dans la commune, épouse en octobre 1882 à Saint-Denis Eugénie Anaïs Boyer, fille d’un cultivateur de Vauchassis (Aube).

Il va s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) suite à la création, en décembre 1892, de la compagnie du Bi-Métal, société métallurgique exploitant un brevet déposé par un ingénieur lyonnais, Édouard Martin, et qui produit des fils mêlant le cuivre et l'acier. Son frère Xavier y travaille également mais réside dans la commune voisine de Saint-Maurice, tandis qu’Hippolyte Chatel, son épouse et son fils vivent à Joinville, d’abord rue de Créteil (act. av. du maréchal Leclerc) puis rue Pasteur.

C’est probablement Hippolyte qui est, en janvier 1894, le Chatel assurant la fonction de secrétaire de la section de Joinville de l’Union des tréfileurs, pointiers et lamineurs de France. Il s’agit du premier syndicat connu à Joinville-le-Pont, dont l’existence est attestée au sein de l’usine de Joinville en octobre 1893. Cette union est basée à la Bourse du travail de Saint-Denis, où elle est officiellement enregistrée en novembre de la même année par son secrétaire général, Victor Guyot. La section de Joinville est active au sein du groupement, où Chatel joue un rôle mentionné dans plusieurs publications.

La section syndicale va déclencher une grève, suivie par trente-cinq ouvriers tréfileurs, pour protester contre la réduction de 25 % sur le prix de façon du tréfilage, décidée par la direction de l’usine le 19 octobre 1894. Une intervention de Jules Ferdinand Baulard, député radical-socialiste de la Seine et ancien conseiller municipal de Joinville, accompagné des maires de Nogent-sur-Marne (Émile Husson), de Joinville (Eugène Voisin) et de Saint-Maurice (François Gauthier), propose une conciliation. Les ouvriers acceptent une réduction de salaire de 11%, mais elle est refusée par les employeurs.

Le directeur de la compagnie, M. Heurtel, assure que les ouvriers de Joinville sont payés moitié plus chers que leurs homologues de province, et 25% de plus que ceux de Saint-Denis, ce que contestent les ouvriers de Joinville, arguant d’une plus forte productivité.

Avec le soutien d’autres salariés de l’entreprise, les grévistes organisent des manifestations dans les rues de Joinville. Ils obtiennent le soutien des municipalités de Saint-Maurice et Joinville, ainsi que celui du conseil municipal de Paris et de plusieurs quotidiens comme La Lanterne, Le Radical, Le Parti ouvrier ou de l’hebdomadaire local Voix des communes.

S’il est encore mentionné comme secrétaire du syndicat le 17 novembre, Hippolyte Chatel semble cependant avoir cédé la fonction à son frère Xavier, qui signe les appels à la solidarité publiés dans la presse à compter du 9 du même mois.

Un accord est passé avec la direction après 52 jours de grève, le 15 décembre. La proposition des ouvriers de limiter la diminution à 11% est finalement acceptée. Le travail reprend le lendemain.

Au cours de son activité syndicale, Hippolyte Chatel était proche des militants de gauche du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire. Cependant, c’est sur une liste de droite, qualifiée de nationaliste par le journal radical Voix des communes, qu’il va être candidat lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville. Conduite par deux conseillers sortants, Honoré Moulinet et François Provin, la liste s’oppose à celle du maire sortant, Eugène Voisin, soutenue par le comité radical-socialiste, et à une liste socialiste incomplète soutenue par le Parti socialiste français. Les radicaux obtiennent 49,1% des suffrages et ont 22 élus ; les nationalistes n’ont qu’un seul siège avec 32,3%. Les socialistes n’ont pas d’élu, leurs 7 candidats recueillant 13,6% des voix. Chatel obtient 314 voix pour 1 119 votants (28,1%) et 1 343 électeurs inscrits.

Bien qu’il ait été âgé de 57 ans au début de la première guerre mondiale, Hippolyte Chatel semble avoir joué un rôle militaire, puisqu’il est, après la fin du conflit, adhérent à la 740e section de la société Les vétérans des armées de terre et de mer qui indiquera, après sa disparition, qu’il était un soldat de la grande guerre.

Remarié en juillet 1919 au Vésinet (Seine-et-Oise, act. Yvelines) avec Augustine Augier, Hippolyte Chatel n’a plus d’activités politiques publiques. Il contribue en avril 1927 à la caisse d’amortissement pour le relèvement du franc.

Toujours employé de la compagnie française du Bi-Métal, Hippolyte Chatel est devenu directeur d'usine dans une autre unité du groupe, à  Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne). Il est décoré d’une médaille d’honneur à ce titre par le ministère du commerce et de l’industrie en février 1926.

Hippolyte Chatel meurt le 21 juin 1935 à Joinville. Il était âgé de 78 ans.

 

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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 01:01

Fin de la biographie d'Alphonse Depasse.

Attaché au développement de l’apprentissage, Depasse-Laridan essaie, en 1886, de convaincre ses collègues de l’utilité de faire des expositions annuelles des travaux de toutes les écoles professionnelles. Si la Chambre syndicale de la bijouterie l’appuie, plusieurs autres professions sont réticentes et le Syndicat général lui-même reste dans une prudente réserve.

Suite au rapport présenté en juin 1886 d’une commission d'enquête nommée par la Chambre des députés sur « la crise commerciale et industrielle », Depasse-Laridan s'élève la « manie de la sténographie », s’inquiétant que le constat fait par les employeurs français que, à égalité de qualité, ils sont obligés de vendre plus cher que les Allemands, soit porté à la connaissance de ces derniers. Estimant que les parlementaires sont ignorants des questions économiques, Depasse-Laridan plaide pour la mise en place d’un Conseil supérieur économique.

La même année, Depasse-Laridan soutient la création d’une « marque de fabrique nationale » pour protéger des imitations les produits d’origine française, comme le cognac.

Toujours en 1886, Depasse-Laridan s’adresse à la Chambre de commerce de Troyes (Aube), haut-lieu du textile en France, pour lui proposer qu’elle crée une école nationale professionnelle de bonneterie, que la Chambre syndicale de la bonneterie parisienne financerait également, avec les organismes consulaires de Nîmes, Amiens et Roanne. Le projet aboutira trois ans plus tard.

À partir de 1888, se lance dans une propagande pour le mutualisme, dans lequel il voit le seul moyen pour défendre les « petits commerçants honnêtes » face aux grands magasins. Il prend l’initiative de fonder La Mutuelle Commerciale en avril 1888 et en devient le président ; mais ce sera un échec, et la société est dissoute dès août 1889.

Depasse-Laridan fait partie des commissions d’admission des articles de bonneterie et de lingerie pour l’exposition internationale de Melbourne en 1888 et l’exposition universelle de Paris pour le centenaire de la Révolution. Il contribue aussi à l’exposition des arts de la femme de 1892.

Lors d’une séance de la Chambre syndicale de la bonneterie qu’il préside toujours en mai 1891, Depasse-Laridan accueille avec faveur l’intervention d’un de ses collègues, M. Bernheim qui propose de créer des institutions en faveur des ouvriers. Il cite les pensions de retraite, les sociétés de secours mutuels et les assurances contre les accidents.

Ce sera pratiquement la dernière contribution d’Alphonse Depasse au débat social national puisqu’en 1892, il abandonne ses mandats syndicaux et cesse son activité de fabricant. Il quitte la rue des Bourdonnais à Paris (3e arr.) où il résidait et s’installe avec sa famille à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier). Depasse reprend sa profession de comptable et son nom patronymique. Il reste lié à la bonneterie, car il est en 1911 chef de comptabilité chez Bernheim et avait été désigné président d’honneur de la chambre syndicale.

Son activité publique est plus orientée vers le terrain local. Il participe au comité radical-socialiste qui soutient la candidature d’Adolphe Maujan, député puis sénateur radical-socialiste modéré, sous-secrétaire d’État à l'Intérieur dans le gouvernement Clemenceau en 1906. Il y discute la question de la participation des ouvriers et employés aux bénéfices des entreprises. Ce thème lui était cher, car il avait adhéré en 1890 à la Société de la participation aux bénéfices. Mais il constate en 1909 qu’il est « sans grand succès », ce qu’il attribue à la méfiance de l’ouvrier sur les déclarations de l’employeur.

Sensible aux situations humanitaires, Depasse était membre de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge française) de 1886 à 1889.

Pendant la première guerre mondiale, il prend la succession du Dr Pierre Vallat, mobilisé comme ses deux vice-présidents, en tant que président de la Mutualité scolaire de Joinville. Elle compte 165 adhérents en 1916-1917 et assure, pour une cotisation de trois francs par an, des indemnités en cas maladie d’enfant. La moitié des versements, soit 10 centimes par semaine, sont conservés pour constituer un livret pour la retraite.

Depasse s’exprime à plusieurs reprises entre 1916 et 1918 dans les deux principaux journaux locaux, les hebdomadaires Gazette de l’Est et Voix des communes. Il y évoque sa mutuelle et la société de l’Allaitement maternel, dans laquelle milite son épouse.

En novembre 1919, Depasse est candidat lors des élections municipales de Joinville-le-Pont, sur la liste du Bloc indépendant, conduite par Jules Beauvais. La liste rassemble des conservateurs et des libéraux, qui s’étaient alliés au second tour en 1912 avec les radicaux dissidents et les socialistes pour battre les radicaux-socialistes sortants. Après la guerre, le maire (qui meurt le soir du deuxième tour) n’était pas candidat et son ancien adjoint, Henri Vel-Durand, reprit le flambeau, avec le soutien cette fois des radicaux-socialistes. Devancée au premier tour par la liste Vel-Durand et par les socialistes, le Bloc indépendant se retire avant le second tour et n’a pas d’élu.

Depasse avait obtenu 401 voix pour 1694 suffrages exprimés (23,7%) avec 1715 votants sur 2491 inscrits.

Décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en 1895, Alphonse Depasse, qui résidait à Joinville et était âgé de 74 ans en 1919, meurt à une date inconnue. Son épouse était toujours active dans des associations humanitaires de la commune en 1928. Ils avaient eu deux enfants.

Le frère d’Alphonse, Hector Depasse (1842-1911), homme de lettres, résidant à Neuilly-sur-Seine, fut conseiller municipal de Paris de 1881 à 1890, chef de cabinet du ministre de l'Instruction publique Eugène Spuller en 1893-1894 puis député de la Seine de 1906 à 1911. Il était membre du groupe radical-socialiste.

Hector Depasse, député de la Seine

 

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19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 01:01

Alphonse Winoc Lucien Marie Depasse naît le 27 juin 1845 à Armentières (Nord). Il est le fils de Marie Louise Théry Lucien et de son époux, Auguste Joseph Depasse, régent du collège. En 1850, la famille vit dans la commune voisine de Tourcoing.

Devenu comptable et installé, avec ses parents, à Paris, Alphonse Depasse va s’associer avec Louise Clémence Adeline Spilliaert, originaire de Bergues (Nord), veuve d’Henri Constantin Laridan et fabricante en bonneterie. D’abord représentant en 1875, Alphonse Depasse devient associé de la société V. Laridan et Cie, fondée en 1877, en assure la direction au moins depuis 1881 puis reprend l’ensemble de l’activité à son nom en 1884. L’établissement fabrique des châles, sorties de bal, manteaux, gilets de chasse, jupons, bas et chaussettes. Il dispose d’ateliers de production en Picardie, à Puteaux (Seine) et à Roanne (Loire).

En juin 1875 à Paris (3e arr.), Alphonse Depasse avait épousé Fréna Clémence Laridan, fille de sa partenaire d’affaires. À partir de 1881, il va utiliser le nom de Depasse-Laridan pour l’ensemble des activités qu’il mène en rapport avec la bonneterie.

Cette année-là, Depasse-Laridan est secrétaire de la Chambre syndicale de la bonneterie en gros de Paris. Il en devient vice-président entre 1882 et 1886, puis président de 1886 à 1892.

Parallèlement, Depasse-Laridan représente son institution dans le Syndicat général de l'Union nationale du commerce et de l’industrie. Créé en 1866, c’est l’une des plus anciennes organisations patronales en France, après le Groupe des chambres syndicales de l’industrie et du bâtiment (héritier du Groupe de la Sainte-Chapelle, créé en 1821) et du Groupe des syndicats du commerce du bois (remontant à 1826). Le Syndicat général regroupe plus de 90 structures professionnelles. Siégeant au Syndicat général dès 1881, Depasse-Laridan en est secrétaire en 1886 puis vice-président de 1887 à 1891. Enfin, il participe, sans toutefois y exercer de mandat, aux activités de la Chambre syndicale des comptables.

L’activité de Depasse-Laridan dans les organismes professionnels fut très intense. S’attachant à défendre les intérêts économiques des entreprises, il a une préoccupation sociale assez élevée, qui l’amène à se heurter parfois à des patrons ayant une vision plus traditionnelle de leur fonction.

Ses premiers combats, en 1881, sont sur le terrain judiciaire. Il critique le monopole des agréés des tribunaux de commerce, puis plaide pour une refonte du droit des faillites, en faveur d’une limitation des engagements des commerçants sur leur patrimoine privé.

En 1883, il intervient auprès du ministre des postes et télégraphes afin d'obtenir que le prix des colis postaux entre la province et Paris soit le même que pour ceux expédiés en sens inverse, moins chers.

La même année, il défend l’idée qu’il y a une injustice à faire juger les différends entre patrons et employés par les tribunaux du commerce, dans lesquels siègent des représentants des chefs d’entreprises mais pas des salariés, alors que les ouvriers ont accès à des juridictions paritaires avec les prud’hommes. Il revendique donc qu’on élise des représentants des employés dans les Chambres de commerce pour assurer cette représentation. Le projet est contesté par plusieurs de ses collègues, mais Depasse-Laridan obtient leur soutien en assurant qu’il a déjà pour partisans la Chambre syndicale des comptables et le Congrès ouvrier tenu à Lille au mois d'août 1883. Plusieurs journaux, sensibles aux questions sociales, comme Le Globe et La Ville de Paris y sont également favorables. Les patrons du Syndicat général l’adoptent à l'unanimité moins deux voix. L'Union fraternelle des employés approuve encore le projet en avril 1885.

A suivre

 

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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 01:01

Félix Léopold Valbonnet naît le 17 janvier 1870 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Henriette Augustine Dubus, herboriste et sage-femme de son époux Auguste Ernest Valbonnet, mécanicien.

En août 1892, Félix Valbonnet épouse à Paris (3e arr.) Juliette Joséphine Blanchard. Il poursuit et développe l’atelier de son père situé 54, rue Notre-Dame-de-Nazareth à Paris (3e arr.). Exerçant une activité de gravure de moules, notamment pour les pneus, Valbonnet est membre du comité de la Chambre syndicale des fabricants de pneumatiques lorsque, en mai 1905, elle accueille un représentant du groupe Peugeot.

Installé avec sa famille à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Château, dans le quartier de Polangis en 1899, Valbonnet va s’impliquer dans la vie locale.

Il prend part à la constitution du comité socialiste indépendant, initié par Théophile Leteuil et Eugène Hainsselin, qui est créé le 21 novembre 1907 en présence de 400 électeurs. Valbonnet est élu président du comité, qui prendra ensuite le nom de socialiste évolutionniste.

Lors des élections municipales de mai 1908, Valbonnet est candidat sur la liste de son comité. Il obtient 341 voix pour 1 188 suffrages exprimés (29%) sur 1 613 inscrits. Il n’est pas élu au second tour, sa liste n’emportant qu’un seul siège pour François Provin, tandis qu’un indépendant est désigné (Jean Baptiste Gripon, médecin) et que la majorité radicale-socialiste du maire Eugène Voisin récupère les 21 autres postes de conseillers municipaux. Les socialistes SFIO n’ont pas d’élu.

En 1909, Valbonnet se sépare de Leteuil dont il critique le comportement au sein de la caisse des écoles communales.

Après les inondations de janvier 1910, Valbonnet organise une quête au champ de courses de Vincennes et dans les cafés de Joinville. Un incident se produit quand un responsable du syndicat Cgt, Pataud, venu soutenir en février les grévistes de la société du Bi-Métal, critique cette quête mais doit sortir sous les huées des consommateurs.

Félix Léopold Valbonnet meurt le 28 août 1915 à Joinville. Il était père de trois enfants.

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 00:01

Pierre Victor Reclus naît le 30 septembre 1831 à Bergerac (Dordogne). Il est le fils de Marie Venencie et d’Antoine Tonin Reclus, coutelier.

Il vit à Paris où naît sa fille Henriette Clarisse Amélie quand il n’a que 15 ans. Il épouse sa mère, Virginie Louise Leroy, neuf ans plus tard en février 1856 à Paris (6e arr.).

Cette même année 1856, Victor Reclus, qui a ouvert une boutique d’horlogerie rue Dauphine à Paris (6e arr.), dépose en mars son premier brevet d’invention « pour un genre de compteur pour les voitures ». Il essaiera d’exploiter ce brevet, destiné aux fiacres des Petites-Voitures de Paris, mais sans grand succès semble-t-il.

Déménageant son atelier rue des Lavandières-Sainte-Opportune (1er arr.) en 1858 puis rue du Temple (4e arr.) en 1860, Reclus va déposer de nombreux autres brevets dans des domaines variés : en février 1857, pour un système de télégraphie aérienne ; en août 1858, pour un réveil-matin, etc.

La fabrique de Reclus est, après celle de Japy, une des plus conséquentes de Paris et emploie plusieurs dizaines d’employés. Les produits Reclus font l’objet de présentations techniques, parfois par lui-même, dans les revues professionnelles. Il siège également à plusieurs reprises au conseil de la Chambre syndicale de l'horlogerie.

En septembre 1869, Reclus s’associe aux ouvriers de sa fabrique qui organisent une pétition « pour les familles des victimes des mineurs de la Loire », la fusillade aux abords du puits Quentin, du hameau de Brûlé à la Ricamarie avait fait, le 16 juin, 14 morts lorsque la troupe avait tiré sur les familles qui essayaient d’empêcher l’arrestation des grévistes.

S’il reste toujours domicilié à Paris, comme nombre de personnes disposant d’une certaine aisance, il a acquis une résidence secondaire en banlieue. Il s’établit, à proximité des bords de Marne, dans le quartier nouvellement créé de Palissy à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est membre du bureau de bienfaisance de cette commune en 1868.

En janvier 1869, un décret nomme Pierre Victor Reclus en tant que conseiller municipal de Joinville en remplacement de Jean-Louis Ancelet, décédé, dans la municipalité dirigée par Auguste Courtin. Il est élu dans la même fonction lors des premières élections municipales suivant l’instauration de la troisième République, qui ont lieu les 25 et 28 septembre 1870. Auguste Courtin, conservateur, reste maire. Reclus ne siège plus dans l’assemblée élue en juillet 1871. La commune avait été fortement touchée par la guerre franco-prussienne, qui avait provoqué l’évacuation de la population, la destruction du pont entre les deux rives, la mort de plus de 2000 soldats sur les terrains entre Joinville et Champigny puis l’occupation pendant six mois par les troupes allemandes.

Reclus conservera un lien avec la commune, où son neveu, Georges Reclus, s’installe au début du 20e siècle en tant que boucher dans le même quartier de Palissy. Peut-être est-ce Victor Reclus qui participe, en septembre 1894 et comme secrétaire à l’assemblée générale d’une coopérative de consommation, La Populaire, présidée par le journaliste Henry Vaudémont. C’est également possible qu’il soit le Reclus qui participe, avec 260 autres souscripteurs, toujours dans son quartier, à une souscription « pour les affamés de Carmaux », en faveur des grévistes des verreries, lancée par la compagne de Vaudémont, Victoria Bès, et un militant radical-socialiste, Pierre Jules Tireau

Sous la troisième République, Victor Reclus continue le développement de son activité, en investissant notamment dans le domaine électrique, faisant breveter une pendule électrique. Il crée une marque (un Soleil, V.R.) qu’il appose sur ses modèles d’horlogerie et une autre pour les baromètres (R entouré d'un losange).

Attentif à mettre en avant ses ouvriers, il intervient à plusieurs reprises pour qu’ils reçoivent des médailles. Il appuie dès 1874, la fondation de l’école d'horlogerie de Paris. Reclus participe aux deux expositions universelles de Paris en 1878 et 1889. Lors de la première, il obtient deux médailles d'argent ; il est récompensé d’une médaille d'or à la seconde.

En 1890, l'horlogerie électrique de la maison V. Reclus est installée dans le nouveau Musée commercial de la Bourse de commerce de Paris. En 1896, ses horloges électriques sont présentées lors de l'exposition de la Société internationale des électriciens.

On retrouve en 1897 Victor Reclus en tant que membre du comité d'admission de l'Exposition universelle de 1900 à Paris pour la classe 25 (éclairage électrique).

Il continue son travail d’inventeur, avec en 1887 un brevet pour une pendule à remontoir électrique, avec distribution électrique de l'heure et de la sonnerie ; puis en 1899 pour une table à projections lumineuses et à variations de couleurs fonctionnant par déclenchement monétaire, et la même année, un autre pour une table à images et à réclames mobiles.

S’il l’avait quitté adolescent, Reclus conservait un attachement à sa Dordogne natale. Son épouse décède en septembre 1884 dans la commune de Prigonrieux, proche de Bergerac, où il acquiert un château dans le hameau de Nébouts. Il s’y installe lui-même vers 1905 et y poursuit, au moins un temps son activité d’horlogerie.

Il est signalé comme y résidant toujours en 1920, alors qu’il avait atteint 89 ans. Par contre, il n’y réside plus en 1926. La date de son décès n’est pas connue.

 

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 00:01

Pierre Emmanuel Laforest naît le 31 juillet 1860 à Diou (Allier). Il est le fils de Pauline Barnabé et de son époux Joseph Laforest, forgeron.

Vivant boulevard Saint-Michel à Paris, travaillant comme employé de commerce, il épouse Léontine Augustine Guiot en août 1885 à Paris (3e arr.). Il va s’associer avec son beau-père, Jean-Baptiste Guiot, fabricant de peignes, dont il partage le domicile d’abord à Paris puis dans le quartier de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). La fabrique est installée dans le même quartier, mais dans la commune de Champigny-sur-Marne.

Polangis est une nouvelle zone d’habitation, apparue après le lotissement du parc du château à partir de 1883.

En septembre 1895, Laforest participe, avec plus d’une centaine de personnes du quartier de La Fourchette (à cheval sur Champigny et Joinville) à une collecte « pour les affamés de Carmaux », de solidarité avec les mineurs en grève, lancée par Henry Vaudémont et le journal radical Voix des communes.

Son beau-père siège au conseil municipal de Joinville de 1892 à 1900. Laforest se présente lui aussi sur la liste radicale-socialiste du maire Eugène Voisin en mai 1904. Face à une liste de droite, conduite par Honoré Moulinet, qui recueille 31,9% des suffrages exprimés et aura un siège, et une liste socialiste (Henri Lacroix, Émile Lebègue) qui obtient 14,9%, les radicaux-socialistes remportent 22 sièges sur 23 (50,2%). Laforest est élu dès le premier tour avec 560 voix sur 1 119 pour 1 363 inscrits.

Les colistiers d’Eugène Voisin fustigeaient l’apolitisme affiché de la « coalition réactionnaire », assurant que leur mot d’ordre « pas de politique ! » voulait dire « pas de politique républicaine ». Ils dénonçaient « le nationalisme, le cléricalisme et la réaction » se cachant derrière le programme de leurs adversaires et affichaient leurs « sentiments démocratiques » et leur fidélité au « vieux programme républicain ». L’ancien député radical Jules Ferdinand Baulard commentait le résultat de la façon suivante : « Je souhaite que nous puissions décrasser notre commune dont nous avons été considérés pendant longtemps comme des anarchistes qui voulaient tout bouleverser ; c’est une satisfaction que nos efforts et nos idées ont gain de cause. »

Membre du comité radical-socialiste, Laforest est désigné comme électeur sénatorial en décembre 1904. Il ne se représente pas en 1908.

Ses beaux-parents, Jean-Baptiste et Catherine Guiot avaient cédé la fabrique de peignes de Champigny, en août 1906, à son épouse et à lui-même. Ils s’y installent vers cette date et ne semblent pas avoir eu d’enfants.

Pierre Emmanuel Laforest meurt le 9 septembre 1916 à Champigny. Il est enterré à Joinville. dans une note nécrologique, le journal radical Voix des communes le  présente comme un « homme de bien qui ne se connaissait aucun ennemi ni aucun adversaire ». Il précise qu’il était libre-penseur et membre du Cercle de Joinville, structure « autour du billard duquel les élections municipales ont la réputation de se faire ». La cérémonie funéraire, malgré la période de guerre, rassemble nombre d’anciens conseillers municipaux et industriels. Il était âgé de 56 ans.

La Loire et l'abbaye de Sept-Fons vus de Diou

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 01:01

Pierre Guelpa – qui utilisera le prénom de Paul – naît le 22 décembre 1872 à Saint-Julien-en-Jarez, dans la Loire. Ses parents sont Marie Côte et son mari Charles Guelpa, plâtrier. Le père, est mentionné comme « disparu, sans domicile connu » en 1904.

Représentant de commerce, Paul Guelpa est domicilié à Neuilly-sur-Seine (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il épouse en avril 1904 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Alice Cathy et s’installe dans cette dernière commune. Ils vivent séparés en 1908, leurs deux enfants résidant avec la mère dans le quartier de Polangis ; ils divorceront en décembre 1913.

Dans sa nouvelle commune, Guelpa va jouer un rôle significatif, sur le plan politique comme dans la vie sociale. En décembre 1907, il est chargé d’une mission pour résoudre un conflit entre deux médecins, les Dr Gripon et Vallat, ce dernier conseiller municipal, rivaux pour l’obtention d’un poste de médecin scolaire.

En mai 1908, Guelpa est élu conseiller municipal sur la liste du comité radical-socialiste, conduite par le maire sortant, Eugène Voisin. Elle s’oppose à une liste du comité socialiste évolutionniste, regroupement hétéroclite de libéraux et de socialistes dissidents, ainsi qu’à une liste incomplète de socialistes SFIO ; le Dr Gripon, candidat isolé, et Provin sur la liste évolutionniste seront les seuls opposants à être élus. La liste radicale obtient 65% des suffrages exprimés, les socialistes évolutionnistes 28%, les socialistes SFIO 4,7% et le Dr Gripon 2,3%. Guelpa recueille 506 voix sur 1 319 inscrits, un niveau inférieur à celui des conseillers sortants, mais il est élu au second tour.

Au sein de l’assemblée communale, Guelpa a une place importante. Il est électeur sénatorial à plusieurs reprises, en janvier 1909 puis en mars 1912. Il s’oppose en 1909 au principal animateur radical, Louis Rey, en plaidant pour une conception plus ouverte du compte-rendu de mandat aux électeurs.

Il exerce également un rôle politique national en tant que membre, à partir de 1909, du comité exécutif du parti radical-socialiste. Il siège cette année là à la commission de l'organisation du congrès. Guelpa donne en janvier 1910 une conférence sur « l'école laïque et les évêques » au siège du parti. Il exerce cette fonction jusqu’en 1912. Il est membre de la Fédération radicale et radicale-socialiste de la Seine.

La proximité de Guelpa avec les autorités radicales explique sans doute ses décorations : les Palmes académiques comme officier d’académie en 1908, le Mérite agricole pour « divers travaux sur la sériciculture » en 1910.

À Joinville, Guelpa s’implique également dans la vie locale. Il organise des fêtes estivales en 1908, mais l’hebdomadaire radical Voix des communes estime qu’elles « n’étaient pas réussies ». Il est également président de la société athlétique de Joinville.

Guelpa décide, pour des raisons professionnelles, de quitter la France pour Bilbao (Espagne). Le dîner d'adieux organisé en mars 1912 à la Taverne Pistor à Paris est un évènement dont parlent plusieurs journaux, notamment le quotidien Le Radical. Il avait fondé avec Albert Viney et Pierre Chaffard-Lucon, fin 1910, la Société minière de Villarréal et Salinas pour l’exploitation de mines de fer en Alava.

Le départ, présenté comme définitif, va cependant être rapidement être succédé par un retour pour des raisons militaires, Guelpa étant mobilisé pendant la première guerre mondiale, tout d’abord comme adjudant au 81e régiment d’artillerie lourde. En mars 1916, il devient officier d'administration de 3e classe au sein du génie de l’armée territoriale dans l’aéronautique militaire. Il est promu dans la même arme à la 2e classe en mars 1918.

Après-guerre, Guelpa reste dans l’armée, affecté au 4e bureau du sous-secrétariat d'Etat à l'aéronautique. Il est décoré à ce titre comme chevalier de la Légion d’honneur en janvier 1919. Basculé dans la réserve en 1920, Guelpa est rayé des cadres de l’armée et admis à l’honorariat en février 1923.

Cependant, il est réintégré en juin 1929 et affecté au service général du ravitaillement en matériel d'aéronautique. Il est promu capitaine en juillet 1930 et était toujours en activité en avril 1934, âgé de 62 ans.

Paul Guelpa s’était remarié en juin 1920 avec Alice Marie Céleste Héloïse Bidault à Paris (18e arr.). La date de son décès n’est pas connue.

Bombardier Farman 1918 (Wikipédia)

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