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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 00:01

 

Roland Louis Martin naît le 13 décembre 1925 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Aline Lebel et de son mari Eugène Louis Martin, mécanicien tourneur.

Ils vivent route de Joinville (act. av. Roger-Salengro). Le père meut en décembre 1930 et Roland est alors élevé par sa mère et sa grand-mère maternelle.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Roland Martin rejoint la Résistance à l’occupation nazie et est membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Le 20 août, le comité de libération de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune voisine de Champigny, sort de la clandestinité et occupe la mairie. Le 22 les FFI, les FTP et les cheminots résistants dressent des barricades sur le pont de Joinville et rue Chapsal, à l'entrée de la commune. Le 25 août, alors que Paris est déjà libéré, une violente bataille s'engage à Joinville.

Au début de l'après-midi, une unité allemande, repliée sur le fort de Champigny, veut détruire la barricade de la rue Chapsal défendue par des volontaires, venus des communes voisines. Elle entend faire sauter le pont pour protéger sa retraite et ralentir la progression des alliés.

Des barricades s'élèvent rue de Paris. Des renforts FFI viennent de Nogent, de Saint-Maur, de Saint-Maurice et de Champigny tandis que les Allemands ripostent à la mitrailleuse lourde et au canon. La bataille pour le pont de Joinville fait rage tout l'après-midi. Vers 19 h, un char américain venu de la gare reçoit la reddition des soldats allemands.

Au soir du combat, on relève une quinzaine de morts, et de nombreux blessés dont quatre mourront ensuite. Roland Martin tombe les armes à la main face aux Allemands à la hauteur du 48, avenue Gallieni. Des plaques commémoratives apposées en différents sites de Joinville rappellent le souvenir des 19 disparus : Georges Arkhangeslsky, Joseph Belbéoch, Gaston Belny, Eugène Bonnard, Alexandre Buchou, Jules Charon dit Siki, Marie Chevrier, Pierre Demont, Jean Dewilde, Eugène Dumont, Émile Dupuis, Juliette Josselin Demarcy, Marcel Fournier, Pierre Metz, Émile Pilz, Cyrille Poitevin, Georges Tabouret et Jean Viacroze.

Le lundi 28 août les obsèques des victimes sont célébrées solennellement, en présence d'une foule considérable.

La mention « Mort pour la France » est apposée sur l’état-civil.

Le nom de Roland Martin a été donné à une rue de Champigny-sur-Marne. Son nom figure également sur le monument aux morts de Champigny et sur une plaque apposée à Joinville près du lieu de sa mort, 48 bis, avenue Galliéni.

Rue Roland-Martin et plaque apposée à Joinville

 

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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 00:01

George Louis Martin, dit Dink, nait en 1915 en Alabama, États-Unis. Il est technicien de réseau téléphonique et réside dans cet État dans le comté de Calhoun.

En octobre 1941, il s’engage dans l’armée américaine à Fort Mc Clellan (Alabama). Son instructrice est Teresa D. James, une des pionnières de l’aviation, qu’il épouse sans doute en 1942.

Avec le grade de second lieutenant, Martin est affecté au 96e groupe de bombardiers de l’armée de l’air américaine (USA-AF 96th Bomb Group). Il est engagé dans les opérations en Europe, basé à Snetterton Heath, terrain de la Royal Air Force à Attleborough, dans le comté de Norfolk (Angleterre).

Avec son groupe de dix personnes, il mène une opération sur Gennevilliers (Seine, act. Hauts-de-Seine), site qui compte de nombreuses usines et le principal port de Paris, le 22 juin 1944. Au retour du bombardement, l'avion Boeing B17 qui se dirigeait alors vers l'est est touché par la DCA allemande, installée à la Redoute de Gravelle, dans le Bois de Vincennes. L'avion s'écrase au 26, avenue de l'Ile (act. av. d'Estienne-d'Orves) à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Certains aviateurs sautent en parachute et on retrouve un survivant, Joseph A. Duch, à côté de l'hôpital de Créteil.

Par contre, les neuf autres meurent, certains restant accrochés aux arbres avec leurs parachutes. Ce sont Carl Edwin Carlson, Robert Edinger, Michael George Laytar, William Allen Macdonald, George Louis Martin, Raymond Walter Pickett, Joseph Andrew Puspoki, Gem Lee Wong et James Harold Wright.

La zone est isolée par la Gestapo immédiatement après la chute de l’avion.

Comme ses camarades de combat, George Dink Martin, est inhumé dans le cimetière national de Jefferson Barracks, à Lemay, comté de Saint-Louis, Missouri (États-Unis) le 3 avril 1950. Une plaque est apposée au nom des victimes.

Une plaque commémore la chute de l’avion dans le quartier de Polangis. Une autre plaque est installée dans la mairie de Joinville-le-Pont ; elle a été inaugurée en 1984, en présence de Teresa James, veuve de George Dink Martin.

 

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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 00:01

Teresa James est née le 27 janvier 1914, à Pittsburg, Pennsylvanie (États-Unis).

Elle devient une des pionnières de l’aviation, Elle a pris des leçons de vol pour étonner son frère, qui avait été victime d’un accident d’avion. Elle commence à voler seule à l'âge 19 ans et devient la première femme instructeur de vol diplômée de l'institut aéronautique de Buffalo. Elle reçoit sa licence pour des vols commerciaux le 27 octobre 1941.

Teresa James travaille en tant que pilote acrobatique pendant 3 ans lors de fêtes aériennes en Pennsylvanie, dans l'Ohio et l’État de New York. Sa spécialité était de faire une rotation de 26 tours sur deux milles (3 km) vers le haut puis de redescendre à 1.000 pieds (300m).

Elle se marie avec George « Dink » Martin, un de ses compagnons de vol, en 1941. Dink a s’enrôle dans l’armée de l’air et devient instructeur de vol des pilotes de bombardier.En 1942, Teresa reçoit un télégramme du général Arnold qui veut former un groupe de 25 femmes pilotes pour des vols à l’intérieur des États-Unis. Le 6 octobre 1942, elle devient la première femme à piloter un avion militaire en Amérique, un PT-19.

Début 1944, Dink est envoyé outre-mer. Le 22 juin 1944, Teresa reçoit un courrier l’informant que le B-17 de Dink a été abattu.

Après sa démobilisation en décembre 1944, Teresa retourne chez elle, travaillant dans le magasin de fleurs familial. Elle espère que son mari soit prisonnier de guerre, mais on lui notifie officiellement qu'il est porté disparu depuis juin 1944. En 1984, après 40 ans, Teresa vient parler aux témoins de l'accident de Dink qui s’est écrasé sur la ville de Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis.

Honorée en tant que pionnière, l’uniforme de Teresa James est exposé au musée national l'air et de l'espace (Smithsonian museum) de Washington, DC. Elle est morte le 27 juillet 2008 à Lake Worth, Floride. Elle était âgée de 94 ans. Sa famille faisait toujours fonctionner le magasin de fleurs en Pennsylvanie.

Une plaque est apposée rue d’Estienne d’Orves et une autre en mairie pour commémorer le souvenir des aviateurs américains morts en combat à Joinville, quelques semaines avant la libération de la ville.

 

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 00:01

Sarah (ou Sara) Gordon est née le 15 septembre 1896 à Vilnius (Russie, act. Lituanie). Elle épouse Israël Lewin (ou Levin) et donne naissance en août 1926 à Vilnius à son fils Joseph.

Elle émigre ensuite en France, où son mari est marchand forain. Pendant la deuxième guerre mondiale, la famille Lewin vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre-ville, 8, rue de Paris.

Sarah Lewin est internée au camp de Pithiviers (Loiret). Elle quitte Pithiviers pour le camp de concentration d'Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) par le convoi n°35 du 21 septembre 1942.

Son mari avait été déporté depuis Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis) le 22 juin par le convoi n° 2. Son fils fait partie du même convoi qu’elle.

Elle est présumée disparue à son arrivée dans le camp d'Auschwitz, le 23 septembre 1942.

Le convoi comportait 1 000 déportés dont 169 enfants ; 791 personnes sont gazées à l’arrivée au camp. Il y a 23 survivants en 1945, dont aucune femme.

Le nom de Sarah Lewin figure sur le Mur des Noms élevé dans le Mémorial de la Shoah à Paris (dalle n° 65, colonne n° 22, rangée n° 2).

Le Mur des Noms du Mémorial de la Shoah

 

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 00:01

Israël Lewin est né le 1er octobre 1892 à Minsk (Russie, act. Biélorussie). Il épouse, probablement en Lituanie, Sarah (ou Sara) Gordon. Leur fils, Joseph, naît à Vilnius en août 1926.

Il émigre ensuite en France, où il est marchand forain. Il obtient la nationalité française par le décret 5279-39 du 17 avril 1939.

Pendant la deuxième guerre mondiale, la famille Lewin vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre-ville, 8, rue de Paris.

Israël Lewin est arrêté vers le 20 août 1941 et interné au camp de Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il quitte Drancy pour le camp de concentration d'Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) par le convoi n°3 du 22 juin 1942. Il arrive à destination le 24 juin 1942.

Le convoi comportait 1 000 déportés. Il y a 24 survivants en 1945. Israël Lewin est présumé disparu dans le camp d'Auschwitz. Sa femme et son fils ont été déportés par le convoi 35.

Le nom d’Israël Lewin figure sur le Mur des Noms élevé dans le Mémorial de la Shoah à Paris (dalle n° 66, colonne n° 22, rangée n° 3). Il est également inscrit sur une plaque apposée en mairie de Joinville-le-Pont en 2019.

La rue de Paris à Joinville

 

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 01:01

Suite de la biographie de Louis Gallas.

Au moment du déclenchement de la première guerre mondiale, selon Voix des communes, Louis Gallas criait devant la mairie de Joinville : « Allons à Berlin, venger nos mères et nos fiancées ». Il rejoint son régiment à Melun (Seine-et-Marne) puis est affecté à Gaillac (Tarn). Il semble avoir des problèmes de discipline, car il est emprisonné et doit rendre ses galons de sergent en janvier 1915. En avril, de nouveau simple soldat à Albi (Tarn), il doit embarquer depuis la Provence vers l’Orient, mais il se plaint de devoir faire le trajet à pieds sac au dos. Son régiment prend place, en juin, sur le bateau le Jemappes, en partance pour les Dardanelles, où il est fusilier. Mais il rentre dès octobre, blessé grièvement, et ayant retrouvé un grade de caporal. Il rentre en convalescence prolongée à Joinville. En avril 1916, il épouse à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) Madeleine Émilie Bourrier.

Affecté dans l’Hérault pour participer à l’instruction des nouveaux soldats, il rejoint en juin l’école de gymnastique de Joinville comme élève officier. Il en sort sous-officier, en septembre 1916, comme aspirant au 176e régiment d’infanterie de ligne. Il est de nouveau en congé en février 1917 pour une maladie qui fait suite à sa blessure de 1915. Il est démobilisé en mars 1919 et est cité à l’ordre du régiment.

Revenu à la vie civile, Louis Gallas reprend les consultations juridiques gratuites qu’il s’était engagé à faire en 1912. Cependant, il renonce, en novembre 1919, à solliciter le renouvellement de son mandat municipal. Il l’explique dans une lettre publiée par l’hebdomadaire Union régionale : « Obligé par l’exercice de ma profession d’avocat à quitter Joinville et à habiter Paris, je ne pouvais plus, pour le présent, m’occuper utilement des affaires municipales de Joinville. Je me suis rendu compte ces derniers mois qu’il m’était impossible d’assister régulièrement aux séances du conseil par suite des difficultés de transport. »

S’il n’est plus candidat à Joinville, peut-être est-ce lui qui est opposé, lors de ce même scrutin à Paris (12e arr.), au socialiste SFIO Jean Morin dans le quartier de Bercy ? Gallas, républicain d'union nationale, obtient 930 voix pour 2610 votants (35,6%) sur 3478 inscrits, son concurrent de gauche étant réélu dès le premier tour.

Il continue à assumer des fonctions juridiques dans l’Est parisien. Ainsi, en décembre 1919, il est nommé suppléant des juges de paix de Saint-Maur-des-Fossés. En décembre 1920, il est président de la commission arbitrale du canton de Vincennes qui statue sur des indemnités à accorder aux propriétaires dont les biens ont souffert de la guerre.

Plusieurs interventions politiques de Gallas sont mentionnées dans les années 1920. En octobre 1924, il défend, devant le Congrès des Forces économiques, « l’idée de patrie, facteur d'une civilisation avancée, conduit au rapprochement des peuples, par le respect mutuel que se doivent les patries » et s’élève « contre la lutte des classes ». En janvier 1926, il participe à une conférence de la Fédération républicaine à Romorantin (Loir-et-Cher).

Résidant à Paris d’abord rue du Sahel (12e arr.), puis rue Ledru-Rollin (11e arr.), Gallas met en location puis en vente ses propriétés de Joinville-le-Pont, qui comprenaient une propriété de 10 pièces sur un terrain de 1300 m², et un pavillon de 4 pièces. Il semble avoir du mal à les céder, car il baisse à plusieurs reprises les prix location et de vente dans les annonces qu’il publie.

Après le décès de sa première épouse, Louis Gallas se remarie en juillet 1937 à Paris (11e arr.) avec Pauline Jeanne Marguerite Sanimorte.

Nommé adjudant de réserve en 1925, Louis Gallas est promu officier assimilé de justice militaire adjoint en avril 1930. Rayé des cadres en avril 1939, il reprend cependant du service pendant la deuxième guerre mondiale. Il intègre en janvier 1940 la direction du contentieux et de la justice militaire puis, après l’armistice, en septembre de la même année, le tribunal militaire de la 5e région (Paris).

Louis Gallas meurt le 24 mai 1958 à Mortcerf (Seine-et-Marne). Il était âgé de 71 ans. En juillet 1932, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur.

Fin.

 

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6 août 2019 2 06 /08 /août /2019 01:01

Suite de la biographie d’Albert Duquenne

Mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale, Duquenne se présente en mars 1943 comme « un Français qui revient d’Allemagne, et qui, soldat en 1939-40, a passé deux années dans les stalags. »

Des combats et de son séjour outre-Rhin, Duquenne revient avec un sentiment favorable au nouveau régime. Il rejoint en effet le Rassemblement national populaire (RNP), formation collaborationniste, fondée par Marcel Déat en février 1941 sur une ligne politique néo-socialiste et pro-allemande.

En novembre 1942, Duquenne est le délégué général du Front social du Travail (FST) pour la région parisienne. Il s’agit d’une structure interne au RNP, qui promeut une forme corporatiste d’organisation des forces productives. Il siège au comité directeur national du FST, dont il est délégué à l'organisation en février 1943. L’intervention de Duquenne est mentionnée dans une quinzaine de réunions publiques du RNP et du Front social du Travail, y compris dans plusieurs villes de province.

La section troyenne du RNP invite Duquenne, en mars 1943 pour animer une soirée cinématographique sur le thème « Un voyage en Allemagne » avec une causerie sur les conditions de vie des travailleurs allemands. Le quotidien Le Petit Troyen assure que « la salle du conseil municipal de l’hôtel de ville était comble ». La soirée commença avec des vues touristiques des villes, paysages et monuments allemands, dont « Munich, métropole de l’art allemand et berceau du national-socialisme » et « Berlin, capitale du Reich. »

Seul orateur, Duquenne explique qu’avant la guerre, il appartenait au parti SFIO, et pendant des années, il a mené le combat pour améliorer le sort des travailleurs. Dès 1938, il aurait, selon le compte-rendu « constaté l’effort des juifs et de la haute finance en vue de déchaîner un conflit qui eût pu être évité. »

Après tous ces évènements, M. Duquenne explique avoir voulu « connaître la vérité » et est allé en Allemagne.

On lui avait dit que, là-bas, la liberté n’existait plus ; que les valeurs intellectuelles étaient réduites au silence ; qu’une dictature impitoyable faisait tout ployer son joug ; que les classes laborieuses étaient réduites à l’esclavage. Duquenne assure que « Rien de plus faux que ces allégations. »

Arrivé en Allemagne, M. Duquenne indique avoir observé la vie de l’ouvrier. « Il a vu partout des êtres calmes, propres, bien vêtus et soignés de leur personne. Il a aussi apprécié la camaraderie dont font preuve les ouvriers allemands vis-à-vis des français, les premiers ne manifestant aucun sentiment de haine à l’égard des seconds. »

Poursuivant, Duquenne assure que « Là-bas, tout est propre, gai, accueillant, l’ordre règne et la comparaison sur l’état du travailleur n’est pas en faveur de notre pays ! L’ouvrier jouit en Allemagne d’une grande sécurité au point de vue de la défense de ses intérêts ». L’orateur fait ressortir « cette sorte de camaraderie qui règne entre les ouvriers et les directeurs des usines, qui souvent partagent les repas des travailleurs, à l’usine même ou dans les restaurants communautaires. »

En conclusion, Duquenne appelle à « combattre les efforts du Juif et du bolchévisme ; et de notre côté, lutter pour l’avènement du vrais socialisme. De l’autre côté de la frontière, on nous tend la main : le devoir des Français est de répondre à ce geste. Il ne faut plus que dans les deux pays, de nouveaux monuments aux morts soient élevés. Les architectes ont des tâches plus nobles à quoi s’adonner. Que tous nos efforts soient consentis vers le socialisme et vers la construction de la paix. »

Selon Le Petit Troyen, « des applaudissements répétés saluèrent la fin du discours de M. Duquenne ». Assez curieusement, la réunion se termina avec la projection d’un film « montrant la vie des fauves en liberté dans un jardin zoologique. »

En novembre 1943, Duquenne prend part aux « assises nationales du monde du travail » organisée par le FST en faveur d’une « véritable construction socialiste », qui se tienne au Palais de la Mutualité et à la Maison de la Chimie à Paris. Il est également de porte-parole d’une autre structure du RNP, l'Union des Vieux Travailleurs.

Outre ses fonctions au plan national, Duquenne est responsable de la section de Champigny-Joinville du RNP. La permanence du RNP se tient près de chez lui.

Malgré l’évolution de la situation en France, Duquenne reste fidèle à son engagement au sein de l’organisation de Marcel Déat même après l’arrivée des alliés en France. Il est ainsi l’orateur de réunions, qui se tiennent à Paris (19e et 10e arr.) les 7 et 8 juillet 1944, au cours desquelles doivent être « données les dernières informations politiques et les directives du Parti concernant la situation intérieure française. »

Albert Amédée Duquenne meurt le 2 février 1971 à Paris (15e arr.). Il était âgé de 68 ans, exerçait alors le métier de voyageur représentant placier, et demeurait rue Hippolyte-Maindron à Paris (14e arr.). Il était décoré de la Croix de guerre 1939-1940.

Fin

Meeting du RNP en 1943. Duquenne, de dos

 

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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 01:01

Suite de la biographie d’Albert Duquenne

Au cours de l’année 1939, Duquenne est un orateur fréquemment sollicité, y compris en province. Il est ainsi à Neuilly-Saint-Front (Aisne) puis au Mans (Sarthe) ainsi qu’à Noisy-le-Sec en janvier lors d’un rassemblement d'aide à l'Espagne républicaine ou à Mantes (Seine-et-Oise, act. Yvelines) en février. Il est à plein temps dans des activités politiques, employé par la Fédération socialiste.

Duquenne est également l’organisateur de fêtes, comme à la salle Wagram (Paris) en janvier pour les jeunes, ou à Vincennes pour la région de l'Est parisien, où Léon Blum évoqua les premières années de son enfance passées à l'école de Fontenay-sous-Bois et sur les pelouses du bois de Vincennes, avant d’appeler « aux devoirs d'hospitalité, de générosité, d'humanité » en évoquant « le martyre et l'exode du peuple catalan. »

C’est en tant que secrétaire de l'Union des sections du canton de Saint-Maur qu’Albert Duquenne conduit une réunion « contre la politique de régression sociale, pour la paix et la solidarité internationales » à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) en février.

Lors du congrès du Kremlin-Bicêtre (Seine, act. Val-de-Marne) en mars, les socialistes se félicitent que L'Entente des Jeunesses de la Seine soit « maintenant heureusement reconstituée, en plein essor ». Le même mois, Duquenne est à Joinville-le-Pont avec Mercier, des Petits commerçants et Jean Garchery, député de Paris et père d’un futur maire de Joinville.

On retrouve Duquenne comme organisateur d’une conférence à Alfortville avec Marcel Clerc, ex-commandant des brigades internationales en Espagne. Il intervient dans une réunion électorale à Asnières en avril. La journée d'études qu’il préside à Issy-les-Moulineaux le même mois accueille 200 jeunes autour de sujet comme le guesdisme, ta presse, les origines du 1er mai.

Le bureau de la Fédération socialiste de la Seine adopte, avant le congrès du parti, une motion qui, tout en approuvant « dans son esprit » la motion de politique générale portant les signatures de Paul Faure et Charles Spinasse, revendique que soit placé « au-dessus de tout, l'unité et la cohésion du Parti ». Ils estiment que ne sont pas suffisamment précisés les rapports avec le Parti communiste et ses filiales, « Or, ce problème est capital dans la région parisienne où le Parti, qui en a fait loyalement l'expérience, a toujours été diminué et affaibli par la pratique des actions communes ». Duquenne signe le texte en tant que membre de la section de Joinville avec Léon Berthet, qui sera adjoint au maire à la Libération.

Intervenant en juin 1939 lors d’une fête à l’occasion de la sortie du 100e numéro du journal de la section socialiste de Nogent-sur-Marne, Le Socialiste Nogentais, est qualifié dans Le Populaire de « mordant mais sincère orateur socialiste ». Le même mois, il parle lors de réunion de cheminots à La Chapelle (Paris) et Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est réélu membre de la commission exécutive de la Fédération de la Seine au titre de la Motion A, conduite par Gaston Allemane, député de Champigny, avec 1143 voix.

Resté en région parisienne, c’est Duquenne qui assure la réouverture des bureaux de la Fédération mi-septembre 1939. Il assure la représentation de la commission exécutive fédérale, au moins jusque fin octobre. La dernière mention le concernant dans la presse socialiste est un numéro du Populaire du 28 octobre, mentionnant sa présence à la réunion de la commission exécutive le 23.

À suivre

le service d'ordre des Jeunesses socialistes de la Seine en 1939

 

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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 01:01

Début de la biographie d’Albert Duquenne

Albert Amédée Lemaire naît le 16 mai 1902 à Paris (10e arr.). Il est déclaré comme fils d’Émilie Honorine Lemaire, fleuriste. Il prend le nom de Duquenne lorsque Louis Jean Duquenne, sculpteur sur bois, le reconnaît en janvier 1907. Ses parents, qui vivent jusqu’en 1907 à Paris (10e, 11e puis 12e arrondissements), s’installent en 1908 à Saint-Maur (Seine, act. Val-de-Marne), où ils se marient en août 1910 après avoir donné naissance à cinq enfants, dont deux meurent le mois précédant les noces.

Marié une première fois en mai 1931 à Villeneuve-le-Roi (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) avec Marie Louise Bonis, Albert Duquenne se remarie en mai 1941 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) avec Régine Yvette Anne Marie Hallet, dactylographe.

Ayant donné son adhésion à la section saint-maurienne du parti socialiste SFIO en 1925, Duquenne va exercer des responsabilités dans cette formation à partir de 1933. En novembre de cette année-là, il est nommé secrétaire du comité de presse, chargé de la diffusion du quotidien du parti, Le Populaire. Il siège, en janvier 1934, au sein de commission administrative de la section locale. Il intervient comme orateur, en janvier dans la commune voisine de Bonneuil où il développe le programme du parti : nationalisation des mines, des chemins de fer, des assurances puis en octobre à Saint-Maur, dans un meeting antifasciste.

À partir de 1935, Duquenne milite principalement dans le canton de Charenton (Seine, act. Val-de-Marne), et en particulier dans la ville de Maisons-Alfort. Il est candidat, avec l’investiture de la SFIO, lors des élections législatives d’avril 1936. Il se présente dans la 5e circonscription de l’arrondissement de Sceaux (Alfortville, Charenton, Maisons-Alfort, Saint-Maurice) et recueille 2 145 voix sur 22 567 votants et 24 960 inscrits. Le communiste Marcel Capron est élu dès le premier tour.

Installé à Champigny-sur-Marne, route de Villiers, Duquenne prend des responsabilités dans la Fédération SFIO de la Seine. Il est élu en octobre 1937 à la commission exécutive lors du congrès fédéral, au titre de la motion C, qui soutient les positions de Léon Blum au niveau national et est conduite localement par Suzanne Buisson.

À suivre

Route de Villiers, Champigny

 

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 01:01

Suite de la biographie de Georges Piot.

Parallèlement à sa carrière athlétique, Piot prit une part active à l’organisation de l’aviron en France. En août 1927, il mobilise quelques rameurs fortunés pour fonder, toujours dans l’ile Fanac, à Joinville,  côté de la SN Marne, une section d’aviron de l’Association sportive de la Bourse. Elle construit son club-house à la place de l’ancien établissement de danse Tanton et adopte les couleurs bleu et or. Lucien Gautier en est l’entraîneur. En avril 1936, a section est transformée en une société autonome, sous le titre de Club Nautique de la Bourse. Georges Piot est désigné comme secrétaire général et président de la Commission sportive. Henri Banos, champion de France 1936, est licencié du club mais Piot continue de courir pour la SN Marne.

En août 1930, Georges Piot est élu président du Comité des régates Internationales de Paris (CRIP). Reprenant une structure dans une situation financière déficitaire, il en assure le redressement. Il organise les championnats de France d'aviron en août 1931 puis le même mois ceux d'Europe dans le bassin de Suresnes, avec douze nations, 55 embarcations et plus de 200 rameurs.

C’est Piot qui prend l’initiative du match d’aviron Paris-Milan en septembre 1934. Il s’implique fortement dans la préparation des rameurs pour les Jeux olympiques de 1936, mettant l’accent sur les défauts de l’entraînement français en comparaison des rameurs anglais ou allemands. En décembre 1935, Piot abandonne sa fonction exécutive et est nommé président d'honneur du CRIP.

Il accède, en janvier 1936, à la présidence de la Fédération des sociétés d'aviron de la région parisienne. Saluée par les athlètes et la presse, son élection est cependant, selon le quotidien Excelsior, accompagné de vives polémiques, estimant que « Ce n'est pas, en effet, sans une certaine appréhension, sans un peu d'amertume que les anciens dirigeants voient les jeunes s’immiscer dans la direction de nos fédérations sportives. Surtout lorsque les nouveaux promus apportent un programme de réformes et désirent imposer leur compétence ». Le commentateur Roger Millaud considère que « beaucoup de dirigeants pensent « 1900 » et agissent mollement alors qu'il faut penser « 1936 » et préparer les champions de demain. »

Dès le mois de mars, le nouveau président, M. Georges Piot, fait adopter l'institution d'un brevet de rameur scolaire et met l’accent sur l’éducation au sein des clubs, insistant sur leur ouverture aux scolaires. Il supervise ainsi le développement de à l'entraînement des élèves par la SN Marne avec son dirigeant, Émile Lecuirot, et les professeurs Hansotte ou Briday.

Entre 1934 et 1939, Georges Piot collabore régulièrement au quotidien parisien Le Journal. Il signe également des tribunes ou accorde des entretiens à plusieurs grands organes de presse (Le Figaro, Excelsior, la radio PTT…).

Pendant la deuxième guerre mondiale, Georges Piot est, en décembre 1939 affecté spécial à l’entreprise Camions Bernard à Arcueil (Seine, act. Val-de-Marne). Il est démobilisé de fait de cette fonction en novembre 1940.

Après son retour à la vie civile, Georges Piot reprend ses fonctions à la présidence de la Fédération Parisienne d’aviron. Il est désigné, en avril 1942, comme vice-président de la Fédération française d'aviron.

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, Georges Piot commente en juin 1948 dans le quotidien L’Aube l’état des installations sportives françaises, notamment du bassin de Suresnes qu’il fit aménager : « jetons un pleur sur ses installations défuntes et les belles tribunes, muées en carcasses informes, tout à fait zone. »

Après le décès de son épouse en novembre 1966, Georges Piot se remarie en mai 1976 à Valence-sur-Baïse (Gers) avec Suzanne Marie Jeannine Bruno.

Georges Piot meurt le 5 avril 1980 à Créteil (Val-de-Marne). Il résidait probablement toujours à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 83 ans et avait eu une fille de son premier mariage. Georges Piot était titulaire de la Croix de guerre avec étoile de bronze. Il avait été décoré de la médaille d'argent de l’Éducation physique en juin 1930 puis de la médaille d'or en janvier 1932.

Fin.

Georges Piot en 1934

 

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