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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

À côté de son travail artistique, Aimos s’intéresse en particulier à la boxe. Il est le président du Ring de Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), qui revendique le titre de premier club pugilistique français chez les amateurs. Une coupe à son nom sera délivrée à partir de 1944.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Aimos ouvre, rue Montmartre à Paris, un restaurant pour les enfants nécessiteux, baptisé L'Œuvre des Gosses. Il mobilise Charles Trenet, qui y interprète La cigale et la fourmi pour récupérer des fonds pour la cantine. Plusieurs auteurs comparent son engagement aux Restaurants du cœur de Coluche.

Son principal engagement, c’est cependant dans la lutte contre l’occupation allemande en France. Aimos rejoint le mouvement Libération-Nord. Il est membre du groupe Sébastopol, affilié au mouvement Résistance, qui s’appuie sur d’anciens cadres de Jeune République, un parti chrétien d’avant-guerre. Le groupe avait son siège à la pharmacie Canonne, boulevard Sébastopol à Paris et se retrouvait au restaurant Le Grillon, dans la même artère.

Le groupe est actif dans la lutte contre la déportation et l'aide aux aviateurs alliés. En août 1944, en lien avec le groupe Cloche des Halles, le groupe Sébastopol participe aux combats pour la libération de Paris et compte alors une soixantaine de membres.

C’est le 20 août, au cours d’échanges de tirs avec des soldats allemands, qu’Aimos va trouver la mort, près de la gare du Nord.

Une quinzaine de membres du groupe Sébastopol, soit un quart, sont disparus pendant les combats de la Libération.

Transporté à la morgue de l’hôpital Saint-Louis, son cadavre ne fut identifié, par la Croix-Rouge, que plusieurs plus tard, suite à des annonces publiées dans la presse par sa mère.

Aimos se vit reconnaître à titre posthume, en 1947, le grade de caporal dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI).

À suivre.

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22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

Bien avant-guerre, Raymond Caudrilliers avait démarré une carrière artistique. Il prit le pseudonyme d’Aimos, qui devint son nom d’usage, et s’engagea en tant que chanteur lyrique dans le music-hall.

C’est cependant dans le cinéma qu’il fit l’essentiel de sa carrière. Si une légende lui attribue une participation au film des frères Lumière, L’Arroseur arrosé, elle est évidemment fausse, car il avait alors 4 ans, tandis que les deux personnages du film tourné en 1895 sont des adultes. D’autres sources lui attribuent, à 12 ans (donc vers 1903), une apparition dans une courte bande de Georges Méliès, mais elle n’est pas confirmée.

Le premier court-métrage où sa présence est documentée est Pendaison à Jefferson City de Jean Durand (1910) montrant la cruauté quotidienne de la vie de l'Ouest américain. Avec le même réalisateur, il participe à une série de petits films, autour du personnage d'Onésime créé par Ernest Bourbon (1912 à 1914).

Entre les deux guerres, Aimos va devenir un second rôle populaire du cinéma français, d’abord dans le muet. Il apparaît dès 1922 dans le long-métrage Vingt ans après, adaptation du roman d'Alexandre Dumas par Henri Diamant-Berger.

En juin 1923, Aimos qui vit avec sa mère avenue Ledru-Rollin à Paris (11e arr.), épouse Pauline Madeleine Botté.

C’est avec le parlant que la carrière d’Aimos s’accentue. On le voit dans le premier film de cette catégorie tourné par René Clair, Sous les toits de Paris. Il enchaînera ensuite une centaine de films.

Il tourne avec Gaby Morlay dans Accusée, levez-vous de Maurice Tourneur (1930). À côté de nombreuses productions commerciales, où il tient souvent des petits rôles comiques, on voit Aimos au générique de quelques chefs-d’œuvre et grands classiques.

 

Il est ainsi Charles dans 14 Juillet de René Clair, Marcel dans Sous la griffe de Christian-Jaque, Marcel Mulot dans La Bandera de Julien Duvivier, Raymond dit Tintin dans La Belle Équipe de Julien Duvivier encore, Dix-de-Der dans Titin des Martigues de René Pujol, La Ficelle dans Chéri-Bibi de Léon Mathot, Quart-Vittel dans Quai des brumes de Marcel Carné ou Agénor dans Ils étaient neuf célibataires de Sacha Guitry.

Pendant la deuxième guerre mondiale, il continue à tourner et on le voit comme le valet de François-Ferdinand dans De Mayerling à Sarajevo de Max Ophüls, Cupidon dans Monsieur La Souris de Georges Lacombe, Ernest dans Lumière d'été de Jean Grémillon ou dans Les Petites du quai aux fleurs de Marc Allégret.

Un de ses plus beaux rôles se situe dans La Belle Équipe où il incarne le plus optimiste des cinq copains qui choisirent de mettre en commun leurs gains à la loterie pour construire une guinguette au bord de la Marne. Il tourne le film à Joinville-le-Pont, aux côtés notamment de Jean Gabin et Charles Vanel, en 1936, période d’optimisme social et politique qui allait peu durer.

Il divorce en 1938 de Pauline Madeleine Botté et va vivre sur les bords de Marne à Chennevières (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) avec sa mère et Renée Lefèvre, présentée parfois comme son épouse mais avec laquelle il ne semble pas s’être marié.

À suivre.

 

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20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 01:01

Début de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

Raymond Arthur Caudrilliers naît le 28 mars 1891 à La Fère (Aisne). Il est le fils de Blanche Armance Cloës et de son mari, Joseph Caudrilliers, bijoutier.

La famille s’installe en région parisienne dans la première décennie du vingtième siècle. Elle réside en 1910 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Krüger, dans le quartier du Parc. Cette même année, Raymond Caudrilliers est condamné, en janvier, à quatre mois de prison pour vol par le tribunal correctionnel de la Seine. Il effectuera sa peine dans la colonie correctionnelle de Gaillon, Eure, prison pour enfants où il est présenté comme résident en 1911. Son père meurt en février 1911 à Saint-Maur.

Son frère aîné, Robert Caudrilliers (1888-1959), est un pionnier de la photographie aérienne, d’abord à titre civil à partir de 1908, puis dans l’armée. Il couvrira ensuite principalement l’actualité sportive.

C’est cette même année 1911 que Raymond Caudrilliers aurait dû effectuer son service militaire. Cependant, il est déclaré insoumis en janvier 1913 comme « manquant à la convocation de son ordre d’appel. »

Lors de la première guerre mondiale, Caudrilliers se présente volontairement en août 1914 et est incorporé au 113e régiment d’infanterie. De ce fait, et grâce à la loi d’amnistie du 5 août 1914, il est rayé de la liste des insoumis. Il sera présenté, entre juillet 1915 et février 1929, 11 fois devant des commissions de réforme, qui toutes concluront à sa mauvaise santé pour cause d’une tuberculose pulmonaire, antérieure à son incorporation. Après les 11 premiers mois, il ne reprend une activité militaire qu’un mois lors de l’été 1916. Les commissions constatent que sa voix est altérée et son état général médiocre ; il obtient une pension correspondant à un taux d’invalidité de 50%.

Caudrilliers réside un temps en 1917 à Marseille avant de revenir, en juillet de cette même année, à Saint-Maur.

Après-guerre, Raymond Caudrilliers est une nouvelle fois traduit en justice ; il écope d’un mois de prison pour port d’arme prohibée devant le tribunal correctionnel de la Seine.

À suivre.

Colonie correctionnelle de Gaillon, Eure

 

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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 01:01

Marcel Louis Gaucher naît le 29 septembre 1894 à Paris (12e arr.). Il est le fils de Juliette Mathiot et de son époux Louis François Gaucher, instituteur, qui résident à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne).

Au début de la première guerre mondiale, Marcel Gaucher est étudiant en droit et réside chez ses parents à Bagnolet (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est incorporé en août 1916 au 153e régiment d’infanterie. Il devient caporal en mai 1917 puis sergent le mois suivant. Pour son attitude pendant les combats, il est cité à l’ordre du régiment en novembre 1918. Gaucher est affecté en mai 1919 à la 20e section état-major et est mis en congé en septembre de la même année.

Il s’installe alors à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac. Juste après la fin de sa période militaire, il épouse dans cette ville Raymonde Mathilde Rigaud en septembre 1919. Il est contremaître dans l’entreprise de coupe de verre et de glaces, dirigée par son beau-père, Eugène Rigaud, et située à son adresse dans le quartier de Polangis. Il participe au bureau de la Société symphonique de Joinville dont il est archiviste en 1925.

Vers 1925, Marcel Gaucher devient rédacteur à la préfecture de police de Paris. Il y préside une société musicale, la Symphonie, qu’il fusionnera en 1935 avec le Salon artistique de la même administration, en une Association artistique s’occupant à la fois de musique et de peinture. Marcel Gaucher est lui-même peintre, orienté vers le paysage, et expose au salon annuel de la préfecture en 1934, 1937 et 1938.

La famille Gaucher s’est installée à Fontenay-sous-Bois (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord rue Squéville puis rue Castel. En juillet 1932, Marcel Gaucher remporte un prix au Grand concours politique organisé par le quotidien l'Œuvre.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Gaucher est affecté spécialement à la préfecture de police. Il est démobilisé de fait le 25 juin 1940. Le 6 septembre 1941, le Journal officiel publie une « Liste des dignitaires (hauts gradés et officiers de loges) de la franc-maçonnerie » dans laquelle Marcel Gaucher est présenté comme responsable de la loge L'Effort. En conséquence de cette dénonciation, l'amiral Bard, préfet de police, dans un arrêté du 26 septembre 1941, relève Marcel Gaucher de ses fonctions de sous-chef de bureau à la direction du personnel, du budget et du matériel.

Marcel Gaucher avait fondé, dès juin 1940, le premier groupe clandestin contre l’occupant à la préfecture. Il s’occupe de faux papiers et de l’organisation de dépôts d’armes.

Après son renvoi, il est recruté le 1er octobre 1941 comme agent P1 au sein du réseau Hector, mouvement de résistance fondé par Alfred Heurteaux et lié au service de renseignement de l’armée de l’air française. Le 9 octobre, il est nommé agent P2, chargé de mission 3e classe, ce qui lui vaut un grade de sous-lieutenant homologué au titre des Forces françaises combattantes.

Le réseau est démantelé au cours de l’opération Porto par l’Abwehr, service de renseignement de l'état-major allemand à Paris. 119 personnes sont arrêtées, dont 77 seront maintenues en détention, dans des lieux gardés secrets au nom de la nouvelle classification Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard).

En compagnie de son fils Jacques, également résistant, Marcel Gaucher est arrêté le 9 octobre 1941. Il est déporté depuis la gare de l’Est à Paris le 15 décembre 1941, cinq jours après son enfant. Il est successivement interné dans les prisons de Hagen, de Cologne, de Wittlich (Rhénanie-Palatinat), de Wolfenbüttel (Basse-Saxe) et de Hambourg. Il est enfin transféré au camp de concentration de Gross-Rosen (Allemagne, act. Pologne, près de Rogoźnica), où il meurt le 24 décembre 1944. Il était alors âgé de 50 ans. Son fils mourut également en déportation en avril 1945.

Pour son activité civile, Marcel Gaucher avait obtenu la médaille de bronze de la mutualité en août 1929. Il était décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en janvier 1931 et comme officier de l’instruction publique en février 1937.

Au nom de son engagement dans la Résistance, et à titre posthume, Marcel Gaucher a obtenu la médaille de la Résistance en avril 1946 et a été fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1947. Il a été cité à l’ordre de la Nation le 21 juin 1947 par le ministre de l’intérieur, Édouard Depreux.

Le nom de Marcel Gaucher figure sur la plaque commémorative des victimes civiles, située au carrefour des Martyrs-de-la-Résistance à Fontenay-sous-Bois. La même commune a baptisé une de ses voies « rue Marcel et Jacques Gaucher » ; il s’agit d’une ancienne partie de la rue Castel, où il résidait. Un arrêt de bus de la RATP porte le nom « Mallier-Gaucher » ; il est desservi par la ligne 524.

Les archives municipales de Fontenay-sous-Bois conservent des toiles peintes par Marcel Gaucher.

Bords de mer, Marcel Gaucher (arch. Fontenay-sous-Bois)

 

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 01:01

Henri Fraissange naît le 17 septembre 1899 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Alice Juliette Martin et de son mari, Jean Albert Henri Fraissange, mécanicien. La famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1903.

C’est probablement lui qui, salarié de Weil Brothers, rue Sainte-Cécile à Paris, est signalé en tant membre adhérent mineur de l'Union des employés de commerce en décembre 1913.

Alors électricien et vivant avec ses parents, toujours à Joinville, Henri Fraissange devance son service militaire et s’engage dans l’armée, à 18 ans, en décembre 1917. Il sert dans l’artillerie puis, en 1920, dans le train ; il est brigadier-fourrier à sa démobilisation en décembre 1921 puis sera maréchal des logis dans la réserve. Après avoir participé à la campagne contre l’Allemagne pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé au Maroc de janvier 1920 à août 1921. Il est décoré de la médaille coloniale.

Revenu à Joinville-le-Pont, où il réside avenue du Bac, dans le quartier de Polangis, Henri Fraissange est employé de commerce. Il sera ensuite comptable, puis acheteur dans la maison Bergeron à Paris (3e arr.).

En avril 1923 il épouse, à Joinville, une joinvillaise, Georgette Marie Augustine Fontaine, employée.

En mars 1933, Henri Fraissange participe, en tant que secrétaire à la création d'une société de secours mutuels, baptisée Mutuelle de l'Union fraternelle d'anciens combattants de Joinville-le-Pont. Honoré Genevay en est le président et Marius Achaintre le trésorier.

Lors des élections municipales de mai 1935, Henri Fraissange est candidat sur la liste des Gauches républicaines, conduite par le maire sortant, Georges Briolay. Elle défend le bilan de la municipalité élue en 1929, qui regroupe des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, le parti SFIO lui ayant retiré son soutien. La liste plaide pour l’amélioration de la vicinalité, l’installation d’un éclairage public et l’amélioration des transports. Elle veut faire pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation de grands travaux (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau), revendique la création d’un fonds national de chômage et projette la fondation d’un nouveau groupe scolaire, d’une salle des fêtes et d’un stade.

Au premier tour, avec 26,8% des suffrages exprimés, la liste radicale est nettement devancée par l’Union des républicains (droite conservatrice, 32,6%) et talonnée par les communistes (23,5%), qui s’unissent au second tour avec les socialistes (12,3%). Au second tour, la droite l’emporte avec 41% et 25 sièges, la gauche réunie rassemblant 39% des votes et obtenant deux sièges, tandis que les radicaux reculent à 20%.

Fraissange a recueilli 754 voix au premier tour pour 2856 exprimées (26,4%) sur 2923 votants et 3433 inscrits. Au second tour, il a 550 voix pour 2899 exprimées (19%) sur 2924 votants.

En juin 1938, Fraissange quitte Joinville pour Chaintré, en Saône-et-Loire. Pendant la deuxième guerre mondiale, il est rappelé dans la 24e compagnie mixte du Train puis affecté spécial pour les ponts-et-chaussées du Rhône au port de Mâcon.

Après-guerre, Henri Fraissange s’installe dans l’Yonne. Il devient en 1951 maire de Cérilly, sans doute au décès du maire élu en 1947, Gabriel Mignot. Cérilly est un petit village, qui compte 91 habitants au recensement de 1954. Le mandat de Fraissange cesse lors des élections municipales de 1953.

Henri Fraissange meurt le 4 février 1966 à Cérilly. Il était âgé de 65 ans et n’avait pas d’enfant.

La mairie de Cérilly

 

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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 01:01

Henri Georges Vardinal naît le 2 décembre 1893 à Paris (10e arr.). Il est le fils de Louise Eugénie Charbonneix et de son mari, Édouard Henri Vardinal, monteur en bronze. Il exerce le même métier que son père lors de son incorporation au titre du service militaire en novembre 1913. Il vit chez ses parents qui se sont installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Le comportement de Vardinal pendant la première guerre mondiale, où il est téléphoniste dans le 32e régiment d’artillerie, lui vaut trois citations, à l’ordre du régiment en juillet 1916, à l’ordre du corps d'armée en janvier 1917 et à l’ordre du grand quartier général en août 1918.

Blessé une première fois d’un éclat d’obus à la tête et à l’œil en septembre 1914, Vardinal est de nouveau très gravement atteint en juillet 1918 par un éclat d’obus au bras en réparant une ligne près de la ferme de Montrambeuf, Aisne. Il est amputé du bras gauche. À ce titre, il sera pensionné puis éligible à un emploi réservé.

Ses actions valent à Vardinal de recevoir la croix de guerre avec étoile de bronze et la médaille militaire en août 1918.Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1933 puis officier en juin 1947.

Après-guerre, Vardinal réside toujours à Joinville-le-Pont et devient commis de serrurerie. Il épouse Juliette Eugénie Hébrard et séjourne à Nîmes (Gard) où naît sa fille Yvonne en 1927.

La famille est de retour à Joinville en 1931, demeurant avenue Jean-d’Estienne-d’Orves, dans le quartier de Polangis, mais faisant régulièrement des séjours dans le Gard.

À partir de février 1943, Vardinal est employé comme auxiliaire du ministère du travail, détaché au bureau de placement de Joinville, qui s’occupe de la gestion du chômage dans la commune. Il devient agent dans la même fonction en 1948 avant de faire valoir ses droits à la retraite en novembre 1957. Pendant l’occupation, une enquête de voisinage conduite en 1947 témoigne qu’il « n’a pas fréquenté les allemands » et « leur était très hostile. »

Son père, Édouard Vardinal, devient brièvement conseiller municipal communiste de la commune en mars 1953. Son frère Roger est cantonnier à la mairie.

Henri Georges Vardinal meurt le 1er août 1966 à Créteil, où il était hospitalisé. Il résidait toujours à Joinville et était âgé de 72 ans.

Son épouse rejoint, en 1967, sa fille qui vit aux États-Unis à Chicago, Illinois.

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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 00:01

Henry Vrain Charles François Lange naît le 8 mars 1896 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Clotilde Lange et de son époux Vrain Émile Léon Henri Louis Lange, ingénieur civil.

Mobilisé pendant la première guerre mondiale, Henry Lange est décoré de la Croix de guerre 1914-1918, de la Médaille militaire et de la Croix de guerre belge. En 1921, il est maréchal des logis de réserve au 33e régiment d'artillerie.

Installé à Angers, Maine-et-Loire, Henry Lange va travailler comme économe à l’hôpital, avec un statut de fonctionnaire. En mai 1921, il épouse dans cette ville Yvonne Élisabeth Marguerite Le Lagatdée.

En juin 1941, pendant la deuxième guerre mondiale, Henry Lange est contacté par Maurice Tardat, précurseur de la Résistance angevine, qui le recrute pour le réseau de renseignement de la Confrérie Notre-Dame (CND-Castille). Il y est agent de renseignement P1. Il sera homologué au titre des Forces françaises libres et des Forces françaises combattantes.

Fondée en 1940, la Confrérie Notre-Dame est un réseau de renseignements relié au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA). Elle est dirigée par le colonel Rémy (Gilbert Renault).

Henry Lange meurt le 12 mai 1984 à Angers. Il était âgé de 88 ans. Il avait eu un enfant. Il a été décoré chevalier de la Légion d’honneur.

Henry Lange, photo CND-Castille

 

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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 00:01

Zélik Sabkowski naît le 5 septembre 1896 à Paris (4e arr.) où son père Samuel Sabkowski est marchand forain ; il utilisera le prénom de Félix. Il est également le fils de Malvina Deitcher, ses deux parents, des juifs originaires de Pologne et ayant acquis peu avant sa naissance la nationalité française, vivent rue Saint-Paul, dans le quartier du Marais.

Résidant alors avec sa mère à Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue Danton, Félix Sabkowski est mobilisé par anticipation en avril 1915, avec la classe 1916, du fait de la première guerre mondiale. Il travaillait alors dans la confection.

Intoxiqué au gaz en octobre 1918 dans l’Aisne, Félix Sabkowski est décoré de la Croix de guerre pour son activité pendant le conflit. Il semble cependant avoir du mal à supporter la prolongation de son service sous les drapeaux après l’armistice. Le 23 mars 1919, il est noté comme « manquant aux appels » puis déclaré « déserteur » six jours plus tard, avant d’être rayé des contrôles de la désertion le surlendemain.

Traduit devant le conseil de guerre, il est condamné le 11 juin 1919 à un an de prison avec sursis pour « faux et usage de faux en matière de feuille de route » ainsi que pour « désertion à l’intérieur en temps de guerre ». Cependant, il obtiendra un certificat de bonne conduite au moment de sa démobilisation, le 23 septembre 1919.

Revenu à la vie civile, Félix Sabkowski devient marchand forain, vivant d’abord à Paris puis à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne), de nouveau dans le 19e arrondissement de Paris puis enfin à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne).

Il se marie en janvier 1921 à Paris (4e arr.) avec Jeanne Gabrielle Salmon ; le couple participe en août 1929 à un concours du plus beau bébé.

Remobilisé dans un régiment de génie en 1939, Félix Sabkowski est renvoyé dans ses foyers le 2 mars 1940.

Il participa à lutte contre l’occupation allemande de la France et fut décoré de la médaille de la Résistance.

Félix Sabkowski meurt le 4 novembre 1953 à Paris (12e arr.). Il résidait toujours rue du Lac à Saint-Mandé et fut inhumé au cimetière parisien de Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Son frère Salomon était mort en 1899 dans des circonstances qualifiées de « crime antisémite » par la presse. Un autre de ses frères, Jacques, fut déporté pendant la deuxième guerre mondiale dans un camp allemand, à Aurigny (îles anglo-normandes).

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 16:59

Henri Alexandre Émile Graillat naît le 21 juillet 1881 à Paris (12e arr.). Il est le fils de Marie Joséphine Tourot, deuxième épouse de Laurent Vincent Graillat, tonnelier, communard, militant socialiste-révolutionnaire et conseiller municipal de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne).

Résidant à Bois-Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine) Il épouse en juillet 1905 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Louise Desouche. Il vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac. Comptable, Émile Graillat va exercer dans la grande distribution. Il est chef comptable à la Samaritaine (Paris) en 1911.

À l’instar de son père, Émile Graillat va s’engager en politique. En avril 1902, il accompagne à Champigny Renier, candidat du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire à l’élection législative, dans une réunion où il porte la contradiction au candidat conservateur de la Patrie française.

Il est possible qu’il ait été candidat aux élections municipales de 1912 à Joinville, mais il n’est pas élu ; la liste socialiste SFIO fusionne au second tour avec une liste libérale et une liste radicale dissidente, et la liste unifiée remporte le scrutin face aux radicaux-socialistes officiels. Il y a sept élus socialistes (Georges Laruelle, Émile Lebègue, André Flambard, Julien Périn, Henri Lacroix, Petit, Georges Scornet). Après ce succès, le bureau de la section locale est renouvelé en juin et confié aux non-élus, avec Fernand Grandhomme comme secrétaire. Graillat est membre de la commission de contrôle. En janvier 1913, Émile Graillat devient secrétaire de la section de Joinville en remplacement de Grandhomme (qui devient trésorier), et est également délégué à l’Union des sections de la 2e circonscription de Sceaux. Il quitte cette fonction en mai de la même année, Alphonse Mibord étant élu à sa place.

Mobilisé pendant la guerre, Graillat est sous-officier et reçoit en janvier 1919 une citation pour son comportement ; il est décoré de la croix de guerre. La presse radicale assure qu’il fut bon soldat, a fait toute la campagne, et est revenu à peu près indemne.

Il rejoint après-guerre Paris-France, société qui exploite la chaîne des magasins de nouveautés Aux Dames de France où il travaille en 1921. Il y est trésorier et secrétaire de l’Association mutuelle de retraites de la société.

Lors des élections municipales de novembre 1919, comme plusieurs anciens socialistes SFIO (Périn) se présente sur la liste conduite la Henri Vel-Durand (radical dissident) qui comprend également les radicaux officiels. Il a l’étiquette de socialiste indépendant, face à la liste de gauche officielle conduite par Laruelle (SFIO) et à une liste libérale (Beauvais). La liste d’union républicaine et sociale est élue intégralement au second tour, face aux seuls socialistes. Graillat obtient au 1er tour  760 voix sur 1 694 suffrages exprimés (44,8%) pour 1 715 votants et 2 491 inscrits. Il est élu au second tour avec 964 voix sur 1 518 suffrages exprimés (63,5%) pour 1 537 votants.

En décembre 1922, trois tribunes anonymes mettent en cause sa famille dans le journal radical Voix des communes. Sa fille Simonne est critiquée pour être « entrée à la mairie par surprise » et pris la « place d’une veuve de guerre ». Son épouse Louise est attaquée : « Mme Graillat dirige la cantine des écoles de Polangis, elle emportait sa petite cantine garnie ; elle semble commander le conseil municipal, défiante, autoritaire, colporte partout que son mari sera bientôt maire de Joinville. »

En mars 1923, Graillat prend part à la formation d’une section de la Ligue de la République à Joinville ; elle est présidée par René Caperon, socialiste indépendant, et rassemble également des radicaux-socialistes et des socialistes proches de la SFIO (mais la section n’est pas encore reconstituée, après le passage de la totalité des adhérents au Pcf en 1920). Graillat est délégué au comité central.

Après les élections municipales de 1925, qui ont vu la défaite du cartel des gauches dans la commune, Henri Graillat rejoint de nouveau la SFIO et souscrit à plusieurs reprises en 1928 à des souscriptions pour le parti lancées par le quotidien Le Populaire.

Président de l’Amicale des anciens élèves de l’école de Saint-Maur, Émile Graillat est trésorier de la caisse des écoles de Joinville depuis au moins 1922. Récompensé en 1921 et 1924 pour son activité de mutualiste, honoré pour son poste de chef de service à Paris-France en 1936, il est décoré des palmes académiques pour son rôle à la caisse des écoles (officier d’académie en 1922, officier de l’instruction publique en 1940).

Émile Graillat est victime d’un accident à Nogent-sur-Marne où il est renversé à bicyclette au carrefour de Beauté par une voiture. Âgé de 59 ans, il meut le 26 août 1940 Paris (12e arr.), à l’hôpital Saint-Antoine). Peut-être du fait de ses antécédents militaires, le nom d’Henri Graillat figure sur le monument aux morts de Joinville au titre de la guerre 1939-1945. Il résidait avenue du Bac à Joinville.

Son fils, René Graillat, engagé dans l’action sociale professionnelle, sera résistant et membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Champigny-sur-Marne à la Libération en 1944 où il fait donc fonction de conseiller municipal.

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 00:01

Pol André Loizon naît le 17 septembre 1890 à Terron-sur-Aisne (act. Vouziers, Ardennes). Il est le fils de Paul Arthur Loizon et de Marie Ernestine Charbeaux. Il effectue son service militaire dans une section d’infirmiers entre octobre 1911 et novembre 1913. Il est rappelé en août 1914 de nouveau à la 6e section d’infirmiers militaires. Loizon est versé dans l’infanterie en janvier 1917, rejoignant d’abord le 30e régiment puis le 11e en mai de la même année. Il est affecté en janvier 1919 à la 17e section de commis et ouvriers d'administration, où il est démobilisé en avril.

En décembre 1918, Pol Loizon est cité à l’ordre du régiment : « Très bon soldat, agent de liaison d’une compagnie de mitrailleuses, a toujours assuré avec zèle et dévouement les missions périlleuses qui lui ont été confiées au cours des combats auquel a pris part le régiment ». Il est décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze et de la médaille de l’Yser.

Après-guerre, Pol Loizon réside toujours à Terron où il épouse Denise Marie Angèle Cadoux et où naissent deux filles, Simonne Marcelle Louise en mai 1920 et Anne Marie Paulette en juin 1922.

La famille s’installe sur les bords de Marne, d’abord à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) en 1928 (rue Saint-Amand puis avenue de Ferrières) et, en 1931, dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, place de Verdun (quartier de Palissy). Pol Loizon est un adepte du jeu de dames.

Recruté en novembre 1939, peut-être comme affecté spécial à la société Transocéane de Levallois-Perret, il est dégagé de toute obligation militaire et juin 1940.

Toujours menuisier, Pol Loizon est désigné par arrêté préfectoral du 20 février 1942 comme conseiller municipal de Joinville-le-Pont. Léon Lesestre, élu maire en 1935, est maintenu dans sa fonction en compagnie de ses adjoints Charles Chaussée, Jean Béal, René Kirbühler et Frédéric Bautsch. Il est mentionné, en février 1943, comme ayant effectué l’année précédente un don en faveur du comité municipal d’assistance aux prisonniers.

Tous les élus désignés par les autorités de Vichy sont révoqués à la Libération, en août 1944.

Après la deuxième guerre mondiale, Pol Loizon retourne probablement dans les Ardennes. Le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales le mentionne en 1961 dans la profession d’entrepreneur en menuiserie. Il est alors âgé de 70 ans.

La date de son décès n’est pas connue.

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