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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 01:01

Suite de la biographie de Louis Gallas.

Au moment du déclenchement de la première guerre mondiale, selon Voix des communes, Louis Gallas criait devant la mairie de Joinville : « Allons à Berlin, venger nos mères et nos fiancées ». Il rejoint son régiment à Melun (Seine-et-Marne) puis est affecté à Gaillac (Tarn). Il semble avoir des problèmes de discipline, car il est emprisonné et doit rendre ses galons de sergent en janvier 1915. En avril, de nouveau simple soldat à Albi (Tarn), il doit embarquer depuis la Provence vers l’Orient, mais il se plaint de devoir faire le trajet à pieds sac au dos. Son régiment prend place, en juin, sur le bateau le Jemappes, en partance pour les Dardanelles, où il est fusilier. Mais il rentre dès octobre, blessé grièvement, et ayant retrouvé un grade de caporal. Il rentre en convalescence prolongée à Joinville. En avril 1916, il épouse à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) Madeleine Émilie Bourrier.

Affecté dans l’Hérault pour participer à l’instruction des nouveaux soldats, il rejoint en juin l’école de gymnastique de Joinville comme élève officier. Il en sort sous-officier, en septembre 1916, comme aspirant au 176e régiment d’infanterie de ligne. Il est de nouveau en congé en février 1917 pour une maladie qui fait suite à sa blessure de 1915. Il est démobilisé en mars 1919 et est cité à l’ordre du régiment.

Revenu à la vie civile, Louis Gallas reprend les consultations juridiques gratuites qu’il s’était engagé à faire en 1912. Cependant, il renonce, en novembre 1919, à solliciter le renouvellement de son mandat municipal. Il l’explique dans une lettre publiée par l’hebdomadaire Union régionale : « Obligé par l’exercice de ma profession d’avocat à quitter Joinville et à habiter Paris, je ne pouvais plus, pour le présent, m’occuper utilement des affaires municipales de Joinville. Je me suis rendu compte ces derniers mois qu’il m’était impossible d’assister régulièrement aux séances du conseil par suite des difficultés de transport. »

S’il n’est plus candidat à Joinville, peut-être est-ce lui qui est opposé, lors de ce même scrutin à Paris (12e arr.), au socialiste SFIO Jean Morin dans le quartier de Bercy ? Gallas, républicain d'union nationale, obtient 930 voix pour 2610 votants (35,6%) sur 3478 inscrits, son concurrent de gauche étant réélu dès le premier tour.

Il continue à assumer des fonctions juridiques dans l’Est parisien. Ainsi, en décembre 1919, il est nommé suppléant des juges de paix de Saint-Maur-des-Fossés. En décembre 1920, il est président de la commission arbitrale du canton de Vincennes qui statue sur des indemnités à accorder aux propriétaires dont les biens ont souffert de la guerre.

Plusieurs interventions politiques de Gallas sont mentionnées dans les années 1920. En octobre 1924, il défend, devant le Congrès des Forces économiques, « l’idée de patrie, facteur d'une civilisation avancée, conduit au rapprochement des peuples, par le respect mutuel que se doivent les patries » et s’élève « contre la lutte des classes ». En janvier 1926, il participe à une conférence de la Fédération républicaine à Romorantin (Loir-et-Cher).

Résidant à Paris d’abord rue du Sahel (12e arr.), puis rue Ledru-Rollin (11e arr.), Gallas met en location puis en vente ses propriétés de Joinville-le-Pont, qui comprenaient une propriété de 10 pièces sur un terrain de 1300 m², et un pavillon de 4 pièces. Il semble avoir du mal à les céder, car il baisse à plusieurs reprises les prix location et de vente dans les annonces qu’il publie.

Après le décès de sa première épouse, Louis Gallas se remarie en juillet 1937 à Paris (11e arr.) avec Pauline Jeanne Marguerite Sanimorte.

Nommé adjudant de réserve en 1925, Louis Gallas est promu officier assimilé de justice militaire adjoint en avril 1930. Rayé des cadres en avril 1939, il reprend cependant du service pendant la deuxième guerre mondiale. Il intègre en janvier 1940 la direction du contentieux et de la justice militaire puis, après l’armistice, en septembre de la même année, le tribunal militaire de la 5e région (Paris).

Louis Gallas meurt le 24 mai 1958 à Mortcerf (Seine-et-Marne). Il était âgé de 71 ans. En juillet 1932, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur.

Fin.

 

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6 août 2019 2 06 /08 /août /2019 01:01

Suite de la biographie d’Albert Duquenne

Mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale, Duquenne se présente en mars 1943 comme « un Français qui revient d’Allemagne, et qui, soldat en 1939-40, a passé deux années dans les stalags. »

Des combats et de son séjour outre-Rhin, Duquenne revient avec un sentiment favorable au nouveau régime. Il rejoint en effet le Rassemblement national populaire (RNP), formation collaborationniste, fondée par Marcel Déat en février 1941 sur une ligne politique néo-socialiste et pro-allemande.

En novembre 1942, Duquenne est le délégué général du Front social du Travail (FST) pour la région parisienne. Il s’agit d’une structure interne au RNP, qui promeut une forme corporatiste d’organisation des forces productives. Il siège au comité directeur national du FST, dont il est délégué à l'organisation en février 1943. L’intervention de Duquenne est mentionnée dans une quinzaine de réunions publiques du RNP et du Front social du Travail, y compris dans plusieurs villes de province.

La section troyenne du RNP invite Duquenne, en mars 1943 pour animer une soirée cinématographique sur le thème « Un voyage en Allemagne » avec une causerie sur les conditions de vie des travailleurs allemands. Le quotidien Le Petit Troyen assure que « la salle du conseil municipal de l’hôtel de ville était comble ». La soirée commença avec des vues touristiques des villes, paysages et monuments allemands, dont « Munich, métropole de l’art allemand et berceau du national-socialisme » et « Berlin, capitale du Reich. »

Seul orateur, Duquenne explique qu’avant la guerre, il appartenait au parti SFIO, et pendant des années, il a mené le combat pour améliorer le sort des travailleurs. Dès 1938, il aurait, selon le compte-rendu « constaté l’effort des juifs et de la haute finance en vue de déchaîner un conflit qui eût pu être évité. »

Après tous ces évènements, M. Duquenne explique avoir voulu « connaître la vérité » et est allé en Allemagne.

On lui avait dit que, là-bas, la liberté n’existait plus ; que les valeurs intellectuelles étaient réduites au silence ; qu’une dictature impitoyable faisait tout ployer son joug ; que les classes laborieuses étaient réduites à l’esclavage. Duquenne assure que « Rien de plus faux que ces allégations. »

Arrivé en Allemagne, M. Duquenne indique avoir observé la vie de l’ouvrier. « Il a vu partout des êtres calmes, propres, bien vêtus et soignés de leur personne. Il a aussi apprécié la camaraderie dont font preuve les ouvriers allemands vis-à-vis des français, les premiers ne manifestant aucun sentiment de haine à l’égard des seconds. »

Poursuivant, Duquenne assure que « Là-bas, tout est propre, gai, accueillant, l’ordre règne et la comparaison sur l’état du travailleur n’est pas en faveur de notre pays ! L’ouvrier jouit en Allemagne d’une grande sécurité au point de vue de la défense de ses intérêts ». L’orateur fait ressortir « cette sorte de camaraderie qui règne entre les ouvriers et les directeurs des usines, qui souvent partagent les repas des travailleurs, à l’usine même ou dans les restaurants communautaires. »

En conclusion, Duquenne appelle à « combattre les efforts du Juif et du bolchévisme ; et de notre côté, lutter pour l’avènement du vrais socialisme. De l’autre côté de la frontière, on nous tend la main : le devoir des Français est de répondre à ce geste. Il ne faut plus que dans les deux pays, de nouveaux monuments aux morts soient élevés. Les architectes ont des tâches plus nobles à quoi s’adonner. Que tous nos efforts soient consentis vers le socialisme et vers la construction de la paix. »

Selon Le Petit Troyen, « des applaudissements répétés saluèrent la fin du discours de M. Duquenne ». Assez curieusement, la réunion se termina avec la projection d’un film « montrant la vie des fauves en liberté dans un jardin zoologique. »

En novembre 1943, Duquenne prend part aux « assises nationales du monde du travail » organisée par le FST en faveur d’une « véritable construction socialiste », qui se tienne au Palais de la Mutualité et à la Maison de la Chimie à Paris. Il est également de porte-parole d’une autre structure du RNP, l'Union des Vieux Travailleurs.

Outre ses fonctions au plan national, Duquenne est responsable de la section de Champigny-Joinville du RNP. La permanence du RNP se tient près de chez lui.

Malgré l’évolution de la situation en France, Duquenne reste fidèle à son engagement au sein de l’organisation de Marcel Déat même après l’arrivée des alliés en France. Il est ainsi l’orateur de réunions, qui se tiennent à Paris (19e et 10e arr.) les 7 et 8 juillet 1944, au cours desquelles doivent être « données les dernières informations politiques et les directives du Parti concernant la situation intérieure française. »

Albert Amédée Duquenne meurt le 2 février 1971 à Paris (15e arr.). Il était âgé de 68 ans, exerçait alors le métier de voyageur représentant placier, et demeurait rue Hippolyte-Maindron à Paris (14e arr.). Il était décoré de la Croix de guerre 1939-1940.

Fin

Meeting du RNP en 1943. Duquenne, de dos

 

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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 01:01

Suite de la biographie d’Albert Duquenne

Au cours de l’année 1939, Duquenne est un orateur fréquemment sollicité, y compris en province. Il est ainsi à Neuilly-Saint-Front (Aisne) puis au Mans (Sarthe) ainsi qu’à Noisy-le-Sec en janvier lors d’un rassemblement d'aide à l'Espagne républicaine ou à Mantes (Seine-et-Oise, act. Yvelines) en février. Il est à plein temps dans des activités politiques, employé par la Fédération socialiste.

Duquenne est également l’organisateur de fêtes, comme à la salle Wagram (Paris) en janvier pour les jeunes, ou à Vincennes pour la région de l'Est parisien, où Léon Blum évoqua les premières années de son enfance passées à l'école de Fontenay-sous-Bois et sur les pelouses du bois de Vincennes, avant d’appeler « aux devoirs d'hospitalité, de générosité, d'humanité » en évoquant « le martyre et l'exode du peuple catalan. »

C’est en tant que secrétaire de l'Union des sections du canton de Saint-Maur qu’Albert Duquenne conduit une réunion « contre la politique de régression sociale, pour la paix et la solidarité internationales » à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) en février.

Lors du congrès du Kremlin-Bicêtre (Seine, act. Val-de-Marne) en mars, les socialistes se félicitent que L'Entente des Jeunesses de la Seine soit « maintenant heureusement reconstituée, en plein essor ». Le même mois, Duquenne est à Joinville-le-Pont avec Mercier, des Petits commerçants et Jean Garchery, député de Paris et père d’un futur maire de Joinville.

On retrouve Duquenne comme organisateur d’une conférence à Alfortville avec Marcel Clerc, ex-commandant des brigades internationales en Espagne. Il intervient dans une réunion électorale à Asnières en avril. La journée d'études qu’il préside à Issy-les-Moulineaux le même mois accueille 200 jeunes autour de sujet comme le guesdisme, ta presse, les origines du 1er mai.

Le bureau de la Fédération socialiste de la Seine adopte, avant le congrès du parti, une motion qui, tout en approuvant « dans son esprit » la motion de politique générale portant les signatures de Paul Faure et Charles Spinasse, revendique que soit placé « au-dessus de tout, l'unité et la cohésion du Parti ». Ils estiment que ne sont pas suffisamment précisés les rapports avec le Parti communiste et ses filiales, « Or, ce problème est capital dans la région parisienne où le Parti, qui en a fait loyalement l'expérience, a toujours été diminué et affaibli par la pratique des actions communes ». Duquenne signe le texte en tant que membre de la section de Joinville avec Léon Berthet, qui sera adjoint au maire à la Libération.

Intervenant en juin 1939 lors d’une fête à l’occasion de la sortie du 100e numéro du journal de la section socialiste de Nogent-sur-Marne, Le Socialiste Nogentais, est qualifié dans Le Populaire de « mordant mais sincère orateur socialiste ». Le même mois, il parle lors de réunion de cheminots à La Chapelle (Paris) et Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est réélu membre de la commission exécutive de la Fédération de la Seine au titre de la Motion A, conduite par Gaston Allemane, député de Champigny, avec 1143 voix.

Resté en région parisienne, c’est Duquenne qui assure la réouverture des bureaux de la Fédération mi-septembre 1939. Il assure la représentation de la commission exécutive fédérale, au moins jusque fin octobre. La dernière mention le concernant dans la presse socialiste est un numéro du Populaire du 28 octobre, mentionnant sa présence à la réunion de la commission exécutive le 23.

À suivre

le service d'ordre des Jeunesses socialistes de la Seine en 1939

 

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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 01:01

Début de la biographie d’Albert Duquenne

Albert Amédée Lemaire naît le 16 mai 1902 à Paris (10e arr.). Il est déclaré comme fils d’Émilie Honorine Lemaire, fleuriste. Il prend le nom de Duquenne lorsque Louis Jean Duquenne, sculpteur sur bois, le reconnaît en janvier 1907. Ses parents, qui vivent jusqu’en 1907 à Paris (10e, 11e puis 12e arrondissements), s’installent en 1908 à Saint-Maur (Seine, act. Val-de-Marne), où ils se marient en août 1910 après avoir donné naissance à cinq enfants, dont deux meurent le mois précédant les noces.

Marié une première fois en mai 1931 à Villeneuve-le-Roi (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) avec Marie Louise Bonis, Albert Duquenne se remarie en mai 1941 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) avec Régine Yvette Anne Marie Hallet, dactylographe.

Ayant donné son adhésion à la section saint-maurienne du parti socialiste SFIO en 1925, Duquenne va exercer des responsabilités dans cette formation à partir de 1933. En novembre de cette année-là, il est nommé secrétaire du comité de presse, chargé de la diffusion du quotidien du parti, Le Populaire. Il siège, en janvier 1934, au sein de commission administrative de la section locale. Il intervient comme orateur, en janvier dans la commune voisine de Bonneuil où il développe le programme du parti : nationalisation des mines, des chemins de fer, des assurances puis en octobre à Saint-Maur, dans un meeting antifasciste.

À partir de 1935, Duquenne milite principalement dans le canton de Charenton (Seine, act. Val-de-Marne), et en particulier dans la ville de Maisons-Alfort. Il est candidat, avec l’investiture de la SFIO, lors des élections législatives d’avril 1936. Il se présente dans la 5e circonscription de l’arrondissement de Sceaux (Alfortville, Charenton, Maisons-Alfort, Saint-Maurice) et recueille 2 145 voix sur 22 567 votants et 24 960 inscrits. Le communiste Marcel Capron est élu dès le premier tour.

Installé à Champigny-sur-Marne, route de Villiers, Duquenne prend des responsabilités dans la Fédération SFIO de la Seine. Il est élu en octobre 1937 à la commission exécutive lors du congrès fédéral, au titre de la motion C, qui soutient les positions de Léon Blum au niveau national et est conduite localement par Suzanne Buisson.

À suivre

Route de Villiers, Champigny

 

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 01:01

Suite de la biographie de Georges Piot.

Parallèlement à sa carrière athlétique, Piot prit une part active à l’organisation de l’aviron en France. En août 1927, il mobilise quelques rameurs fortunés pour fonder, toujours dans l’ile Fanac, à Joinville,  côté de la SN Marne, une section d’aviron de l’Association sportive de la Bourse. Elle construit son club-house à la place de l’ancien établissement de danse Tanton et adopte les couleurs bleu et or. Lucien Gautier en est l’entraîneur. En avril 1936, a section est transformée en une société autonome, sous le titre de Club Nautique de la Bourse. Georges Piot est désigné comme secrétaire général et président de la Commission sportive. Henri Banos, champion de France 1936, est licencié du club mais Piot continue de courir pour la SN Marne.

En août 1930, Georges Piot est élu président du Comité des régates Internationales de Paris (CRIP). Reprenant une structure dans une situation financière déficitaire, il en assure le redressement. Il organise les championnats de France d'aviron en août 1931 puis le même mois ceux d'Europe dans le bassin de Suresnes, avec douze nations, 55 embarcations et plus de 200 rameurs.

C’est Piot qui prend l’initiative du match d’aviron Paris-Milan en septembre 1934. Il s’implique fortement dans la préparation des rameurs pour les Jeux olympiques de 1936, mettant l’accent sur les défauts de l’entraînement français en comparaison des rameurs anglais ou allemands. En décembre 1935, Piot abandonne sa fonction exécutive et est nommé président d'honneur du CRIP.

Il accède, en janvier 1936, à la présidence de la Fédération des sociétés d'aviron de la région parisienne. Saluée par les athlètes et la presse, son élection est cependant, selon le quotidien Excelsior, accompagné de vives polémiques, estimant que « Ce n'est pas, en effet, sans une certaine appréhension, sans un peu d'amertume que les anciens dirigeants voient les jeunes s’immiscer dans la direction de nos fédérations sportives. Surtout lorsque les nouveaux promus apportent un programme de réformes et désirent imposer leur compétence ». Le commentateur Roger Millaud considère que « beaucoup de dirigeants pensent « 1900 » et agissent mollement alors qu'il faut penser « 1936 » et préparer les champions de demain. »

Dès le mois de mars, le nouveau président, M. Georges Piot, fait adopter l'institution d'un brevet de rameur scolaire et met l’accent sur l’éducation au sein des clubs, insistant sur leur ouverture aux scolaires. Il supervise ainsi le développement de à l'entraînement des élèves par la SN Marne avec son dirigeant, Émile Lecuirot, et les professeurs Hansotte ou Briday.

Entre 1934 et 1939, Georges Piot collabore régulièrement au quotidien parisien Le Journal. Il signe également des tribunes ou accorde des entretiens à plusieurs grands organes de presse (Le Figaro, Excelsior, la radio PTT…).

Pendant la deuxième guerre mondiale, Georges Piot est, en décembre 1939 affecté spécial à l’entreprise Camions Bernard à Arcueil (Seine, act. Val-de-Marne). Il est démobilisé de fait de cette fonction en novembre 1940.

Après son retour à la vie civile, Georges Piot reprend ses fonctions à la présidence de la Fédération Parisienne d’aviron. Il est désigné, en avril 1942, comme vice-président de la Fédération française d'aviron.

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, Georges Piot commente en juin 1948 dans le quotidien L’Aube l’état des installations sportives françaises, notamment du bassin de Suresnes qu’il fit aménager : « jetons un pleur sur ses installations défuntes et les belles tribunes, muées en carcasses informes, tout à fait zone. »

Après le décès de son épouse en novembre 1966, Georges Piot se remarie en mai 1976 à Valence-sur-Baïse (Gers) avec Suzanne Marie Jeannine Bruno.

Georges Piot meurt le 5 avril 1980 à Créteil (Val-de-Marne). Il résidait probablement toujours à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 83 ans et avait eu une fille de son premier mariage. Georges Piot était titulaire de la Croix de guerre avec étoile de bronze. Il avait été décoré de la médaille d'argent de l’Éducation physique en juin 1930 puis de la médaille d'or en janvier 1932.

Fin.

Georges Piot en 1934

 

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 01:01

Jacques Raymond Marcel Gaucher naît le 16 août 1920 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Raymonde Mathilde Rigaud et de son mari, Marcel Gaucher, alors contremaître dans un atelier de découpe de verre et ensuite fonctionnaire à la préfecture de police de Paris.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Jacques Gaucher s’engage dans la Résistance à l’occupation allemande, probablement dans le réseau Hector, mouvement de résistance fondé par Alfred Heurteaux et lié au service de renseignement de l’armée de l’air française.

En compagnie de son père, également résistant, Jacques Gaucher est arrêté le 9 octobre 1941, jour de l’opération Porto qui voit les services de renseignement allemands détruire le réseau Hector qu’ils avaient infiltrés. Il est déporté depuis la gare de l’Est à Paris le 10 décembre 1941, cinq jours avant son père. Il est successivement interné dans les prisons de Hagen, de Cologne et de Sonnenburg (Prusse Occidentale, act. Słońsk, Pologne). Il est ensuite transféré au camp de concentration de Sachsenhausen (Oranienburg, Brandebourg, Allemagne) puis à celui de Buchenwald (Thuringe, Allemagne), où il est affecté au commando de Langenstein, qui creusait des galeries souterraines.

Jacques Gaucher meurt le 16 avril 1945 à Torgau (Saxe, Allemagne), une semaine après la libération du camp de Buchenwald et de ses satellites. Il était âgé de 24 ans. Son père était mort également en déportation en décembre 1944.

Au nom de son engagement dans la Résistance, et à titre posthume, Jacques Gaucher a obtenu la médaille de la Résistance en avril 1946.

Le nom de Jacques Gaucher figure sur la plaque commémorative des victimes civiles, située au carrefour des Martyrs-de-la-Résistance à Fontenay-sous-Bois (sous la forme J. Gaucher). La même commune a baptisé une de ses voies « rue Marcel et Jacques Gaucher » ; il s’agit d’une ancienne partie de la rue Castel, où il résidait. Un arrêt de bus de la RATP porte le nom « Mallier-Gaucher » ; il est desservi par la ligne 524.

 

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7 juin 2019 5 07 /06 /juin /2019 01:01

Françoise Gilberte Chauvin naît le 19 avril 1891 à Paris (9e arr.). Elle est la d’un père non dénommé et de Marie Thérèse Chauvin, qui la reconnaît comme telle en janvier 1901. Son père, Gilbert Bandy de Nalèche, en fera de même en mars 1936, juste avant ses 45 ans.

Françoise sera désignée sous divers noms : celui de sa mère, Chauvin, son nom de naissance ; le pseudonyme de sa mère, Sylviac (sous lequel elle est connue au conservatoire et jusqu’en 1911) ; le patronyme de son mari, Frédérix (à partir de 1917) ; le pseudonyme de son mari, Feyder ; le nom de son père, Bandy de Nalèche ou plus fréquemment de Nalèche (à partir de 1936) ; et enfin, surtout, son propre pseudonyme, Rosay (à partir de 1911). Par contre, elle ne porta pas semble-t-il le nom de son éphémère beau-père, Léon Osterrieth, ni son pseudonyme d’auteur, Noël Retso.

Selon l’animateur de télévision Jean Nohain, Françoise Rosay était un enfant chétif, placé par sa mère en nourrice. Elle rêva de devenir cantatrice ; mais sa mère exigea qu’elle devînt comédienne. Finalement, elle fit les deux, obtenant un premier accessit de comédie au Conservatoire de Paris en 1910 puis un accessit de chant en 1916 et enfin un premier prix de déclamation lyrique en 1917, qui fit qu’on l’engagea à l'Opéra. En 1969, elle figurait toujours dans l’annuaire téléphonique parisien sous la mention « Françoise Rosay, de l’Opéra. »

C’est d’ailleurs à l’opéra de Lyon qu’elle rencontre Jacques Frédérix (dit Jacques Feyder), un artiste dramatique alors mobilisé dans l’armée belge. Ils se marient en juillet 1917 à Paris (7e arr.). Parmi leurs témoins, on compte le romancier et auteur dramatique Tristan Bernard et le compositeur Henri Büsser.

Ayant démarré au théâtre dès ses 15 ans, en 1907, elle joue à Saint-Pétersbourg en 1912 et chante à l'Opéra de Paris de 1916 à 1918.

Cependant, l’essentiel de sa carrière artistique va se dérouler au cinéma. En 1911, elle figure au générique de Falstaff d’Henri Desfontaines et Clément Maurice. On la voit ensuite dans environ 107 films, dont plusieurs chefs-d’œuvre comme ceux de son mari Le Grand Jeu (1934), La Kermesse héroïque (1935) ou Pension Mimosas (1935). Julien Duvivier la sélectionne pour Un carnet de bal (1937). Elle est aussi une actrice appréciée de Marcel Carné, dans Jenny (1936) ou Drôle de drame (1937), qu’elle tourne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans les studios Pathé, ville où son père avait obtenu à bail la ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, à la fin de la première guerre mondiale. Elle tient le principal rôle féminin, celui de Margaret Molyneux, aux côtés de Louis Jouvet et Michel Simon.

Elle n’abandonne pas l’art lyrique, créant en 1932 aux Bouffes-Parisiens une opérette, la Pouponnière de Casimir Oberfeld et Henry Verdun.

Pendant la deuxième guerre mondiale Françoise Rosay, elle quitte avec son mari la France pour la Suisse, puis rejoint en 1941 Tunis, où elle donne des cours de théâtre et anime des émissions de propagande à la radio. Elle s'enfuit de Tunisie à l'arrivée des Allemands et poursuit son travail radiophonique, à Constantine puis Alger, où elle animé une émission quotidienne s'appelle « Une française parle aux françaises ». Elle s’installe enfin à Londres en 1944, jusqu’à la fin de la guerre, mobilisée sur le poste français de la BBC, tournant des films et jouant au théâtre.

En 1945, Françoise Rosay fut nommée chevalier de la Légion d’honneur « pour avoir servi efficacement la cause de la Libération ». Elle obtint en 1957 la croix d’officier de la Légion d’honneur.

Après-guerre, revient au théâtre en 1950 avec Oncle Harry de Thomas Job, Il est important d'être aimé d'Oscar Wilde (1954), Cher Antoine ou l'Amour raté de Jean Anouilh (1970) et La Soupière de Robert Lamoureux (1971).

Elle tourne de nombreux films, dont Maria Chapdelaine de Marc Allégret (1950), l'Auberge rouge de Claude Autant-Lara pour (1951), La Reine Margot de Jean Dréville (1954), Le cave se rebiffe de Gilles Grangier (1961), La Métamorphose des cloportes de Pierre Granier-Deferre (1965). Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages de Michel Audiard (1968) tourné à Saint-Maurice (Val-de-Marne), chez Franstudio, la voit en compagnie de Bernard Blier et Marlène Jobert.

Un de ses derniers longs-métrages fut Pas folle la guêpe de Jean Delannoy (1972).

On retrouve également Françoise Rosay dans une quinzaine de films ou feuilletons télévisés.

En 1956, elle crée un cours d'art dramatique, qu'elle dirige jusqu'en 1967.

Françoise Rosay meurt le 28 mars 1974 à Montgeron, Essonne. Elle était âgée de 83 ans et résidait toujours à Paris, rue de l’Université. Elle est enterrée à Sorel-Moussel, Eure-et-Loir et sa tombe porte la mention Françoise Bandy de Nalèche dite Françoise Rosay.

Ses trois fils travaillèrent tous dans le cinéma et utilisèrent des noms différents : Marc Frédérix (1919-2004) fut décorateur. Paul Feyder (1922-1999) était réalisateur. Enfin, Bernard Farrel (1926-1999) a été auteur, scénariste, réalisateur et comédien.

 

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie de Robert Caudrilliers

Fin décembre 1918, à Paris (7e arr.), Robert Caudrilliers épouse Olga Marie Guillaume. Ils vivent rue Ernest-Lacoste (12e arr.). Après-guerre, il reprend son métier de journaliste reporter photographe, se spécialisant dans le sport, et notamment le cyclisme, où il devient un spécialiste renommé du Tour de France. Selon Georges Briquet, « Le bon Robert Caudrilliers qui fut, quarante ans durant, le photographe du Miroir des Sports, avait ses coins de prédilection. Sa pierre existait au début du Galibier. Ailleurs, il avait un parapet, une fenêtre du premier étage, son faux vélodrome dans les lacets de Castellane. Mais son plus beau tableau fut celui d'André Leducq qui, gagnant certain du Tour 1930, caracolait au-dessus du lot, bien soutenu par la première des équipes nationales françaises. En descendant le Galibier, alors qu'il avait la réputation d'être le plus beau descendeur connu jusqu'alors, il tomba. Une pédale cassée, le genou gauche ouvert, André Leducq paraissait incapable de repartir... Son attitude, fixée par la plaque sensible, était exactement celle du penseur de Rodin. »

En 1931, Charles Joly, directeur de la course, dont le véhicule est arrêté à un passage à niveau, commente : « c'est encore Caudrilliers qui a soudoyé le garde-barrière pour avoir un sensationnel cliché. »

Vivant à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine), Caudrilliers est membre du club Asnières-Gennevilliers Sportif et donne des conférences pour le public et les jeunes sur le sport. Après son divorce, il se remarie en novembre 1931 à Asnières avec Marie Adrienne Suzanne Cugnot.

Membre de l’association professionnelle des reporters photographes et cinégraphistes, il en est d’abord trésorier puis syndic. Une des activités de l’association est la préparation d’un championnat des reporters : partant du parvis de Notre-Dame de Paris, il faut prendre un cliché 18 x 24 sur un sujet donné (par exemple, le portrait du préfet de police) et le porter, révélé, tiré et prêt au clichage, le plus rapidement possible au sommet de la butte Montmartre. Robert Caudrilliers le remporte en avril 1930 et devient ensuite un des organisateurs de la course.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Caudrilliers est officier de rapatriement, technicien photographe au ministère des prisonniers et correspondant de guerre détaché au grand quartier général.

Il reprend ensuite son activité de journaliste, et la vie des parisiens d’alors ; le quotidien L’Auto, en juin 1941 comment ainsi sa présence à une course automobile au sud de Paris : « Entre deux passages du Dunlop au Championnat de Paris à Montlhéry, on pouvait voir notre confrère photographe Robert Caudrilliers, du Petit Parisien, arracher frénétiquement des herbes qu'il enfouissait dans un sac... C'est que Caudrilliers habite la banlieue et élève des lapins... Et il avait pensé, non sans raison, que sur le plateau de Saint-Eutrope, II y a de quoi nourrir des armées de lapins !... »

Le 26 avril 1944, Robert Caudrilliers est un des reporters qui réalise, pour Le Petit Parisien, les photos de la visite à Paris du chef de l’État, Philippe Pétain, que le journal du 27 titre ainsi : « Le maréchal acclamé par le peuple de Paris. À Notre-Dame, le Chef de l'État, le président Laval et les membres du gouvernement ont assisté à la cérémonie à la mémoire des Français massacrés par les Anglo-Américains. »

Il ne semble pas que Robert Caudrilliers ait un engagement dans la Résistance à l’occupation, contrairement à son frère cadet, Raymond dit Aimos, acteur, tué le 21 août 1944 lors des combats de la libération de Paris.

Reprenant son activité après-guerre, Caudrilliers est le doyen des reporters photographes en 1949, après à ce moment 41 ans d’activité et à l’âge de 61 ans.

Robert Caudrilliers meurt le 26 septembre 1959 Clichy-la-Garenne. Il était âgé de 71 ans et était toujours domicilié à Asnières, rue de Prony.

Robert Caudrilliers a été fait chevalier de la Légion d’honneur en octobre 1949. Le certificat de moralité et de bonne conduite pendant la campagne 1939-1945 est signé par François Mitterrand, alors secrétaire d’État à la présidence du conseil et futur président de la République.

Il est également titulaire de nombreuses autres médaille. À titre militaire, il est décoré de la médaille de la Victoire, de la médaille commémorative française de la Grande-Guerre, de la  médaille commémorative d’Orient, de la médaille commémorative de Serbie. Il est également officier du Nicham Iftikhar (Tunisie) et officier de l'ordre du Ouissam alaouite (Maroc).

À titre civil, Caudrilliers a été gratifié des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en 1934. Il est également médaille d’or de l’éducation physique, médaille d'argent de la ville de Paris et médaille d'honneur du travail.

Fin

 

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 01:01

Début de la biographie de Robert Caudrilliers

Robert Michel Fernand Caudrilliers naît le 2 août 1888 à La Fère (Aisne). Il est le fils de Blanche Armance Cloës et de son mari Joseph Caudrilliers, bijoutier.

La famille s’installe ensuite en région parisienne au début du 20e siècle. En 1910, elle vit à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), rue Krüger. Robert Caudrilliers s’intéresse au sport et est, alors qu’il n’a encore que 15 ans, secrétaire d’un club cycliste, l’US Saint-Gervais en 1904<ref>L’Auto, quotidien, 1904/05/07</ref>.

En 1908, devenu reporter photographe, Caudrilliers s’intéresse aux débuts de l’aviation. En octobre, il couvre le vol de Louis Blériot entre Toury (Eure-et-Loir) et Artenay (Loiret). Premier voyage circulaire de l’histoire, il se déroule sur un circuit d’environ 26 km avec un appareil Blériot VIII et est émaillé de deux pannes moteur.

Un peu plus d’un an plus tard, il assure le reportage du vol de Maurice Farman de Chartres à Orléans en janvier 1910 puis accompagne son frère Robert Caudrilliers, pionnier de la photographie aérienne (1/2), en avril de la même année, entre Étampes (Seine-et-Oise, act. Essonne) et Chevilly pour un trajet d’une soixantaine de kilomètres dans un bilan évoluant à 50 mètres au-dessus de la Beauce. Il inaugure ainsi le tourisme et le reportage aérien. Quelques jours plus tard, il illustre la course Londres-Manchester en aéroplane.

Malgré une faiblesse physique, Caudrilliers fait son service militaire en 1910-1912, mais dans un service auxiliaire, détaché à l’école d’artillerie de Fontainebleau (Seine-et-Marne) comme technicien photographe. Son père décède au cours de cette période en février 1911 à Saint-Maur.

Au début de la première guerre mondiale, Caudrilliers poursuit son métier de journaliste, effectuant des reportages de guerre parus en novembre 1914 dans le journal Excelsior, où il dit être « un photographe dont le métier est plutôt de manier l'objectif que d'écrire, et qui s'excuse d'être, pour une fois, sorti de son rôle ». Il décrit : « aujourd'hui que l'artillerie est la reine de la bataille, c'est une lutte souterraine que se livrent les camps adverses, et la première impression qui frappe le spectateur est celle d'un désert bruyant : on entend des coups de tonnerre, mais on ne voit âme qui vive. »

La destruction d’Arras est au programme du premier des deux voyages de presse sur le front : « Au milieu de fous ces vestiges qui arracheraient des larmes au plus insensible, une boutique est pourtant restée ouverte, doublement ouverte puisque c'est à un obus qu'elle doit d'être béante ; sur la brèche, le commerçant avisé a, de son mieux, assujetti quelques planches, sur lesquelles il a calligraphié, à l'aide d'un bout de craie, la nomenclature des articles qu'il tient à la disposition de sa clientèle : chemises, jerseys fourrés, caleçons, mouchoirs, torchons, serviettes de toilette, mains-éponges, lacets, ceintures de flanelle ‘au mètre’, cache-nez, chaussettes, blagues à tabac, cadenas, papier à lettres, couvertures de voyage, porte-monnaie, chaînes, gants de laine ‘pour femmes’, bas et chandails ‘pour enfants seulement’. Toute l'énergie d'une race n'est-elle pas symbolisée par cette originale enseigne ? Au milieu même des ravages de la mort, la vie continue. »

En février 1915, Caudrilliers est reclassé dans un service armé, en restant affecté à la photographie aérienne dans le 1er puis le 2e groupe d’aérostation. Il effectue des missions notamment dans les Balkans et en Serbie. Il est démobilisé en février 1919.

Caudrillers et Henry Farman, 1910

 

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26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

La disparition d’Aimos suscita une importante émotion dans la presse parisienne qui vient d’éclore après a disparition des journaux publiés sous l’occupation.

Le quotidien d’Aragon, Ce soir, écrit que « le si populaire acteur de cinéma Aimos a trouvé une mort héroïque au cours de l'attaque d'un convoi allemand. Depuis des années il personnifiait sur l'écran le véritable enfant de Paris. (…) Il était toujours prêt à aider les malheureux ; on connaît principalement son œuvre pour l'enfance. »

Le même journal relève la présence de près de 2 000 personnes lors de ses obsèques dans l'église Saint-Antoine de Paris (11e arr.), dont des artistes et de nombreux gosses. Un détachement des FFI présente les armes.

Le journal chrétien L'Aube salue « cet artiste au grand cœur, qui aimait les petits. »

Les circonstances du décès d’Aimos ne sont pas établies de manière précise. Plusieurs lieux parisiens, très proches, sont évoqués comme étant l’endroit de sa mort : devant le café du Cadran du Nord, rue de Dunkerque (Ce soir) ; sur la barricade de la rue Philippe-de-Girard (L'Aube) ; ou sur une barricade installée en travers de la rue Louis-Blanc, à hauteur du numéro 50 (Bertrand Beyern). L’état-civil de Paris mentionne le 2, place du Docteur-Alfred-Fournier, mais il s’agit de l’adresse de l’hôpital, où son corps a été déposé.

La patronne du Cadran du Nord raconte : « C'est devant notre café qu'il a été trouvé tué avec trois de ses camarades de combat, dans une conduite intérieure toute maculée de sang et percée comme une écumoire. Les quatre pneus étaient crevés. »

La journaliste Colette Morel évoque dans Ma vie en rouge une autre hypothèse qu’elle attribue à son père, le résistant Ange Morel : « Mon père participa à la libération de Paris, puis à la bataille du pont de Joinville, sans que je connaisse le détail de ces aventures. J’ai seulement entendu parler de deux camarades de combat. Un comédien nommé Aimos jouait les personnages populaires au destin souvent tragique. Il s’est battu là en témoignant d’une certaine inconscience, au point que mon père lui avait dit :

- Ne t’expose pas ainsi !

Il en est mort, parce qu’il voulut être Aimos jusqu’au bout. »

Cependant, le décès d’Aimos ayant été déclaré à l’état-civil le 23 août et la bataille du pont de Joinville à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) ayant eu lieu le 25, ni le lieu ni la date ne peuvent être retenus. Peut-être Colette Morel a-t-elle amalgamé dans sa mémoire plusieurs récits de son père, qui a pu participer à des combats à Paris avant de rejoindre ceux de Joinville.

L’incertitude va susciter une polémique, alimentée notamment par l’écrivain Patrick Modiano. Dans son romain Dimanches d’août, il met dans la bouche de Mme Villecourt une version de la mort d’Aimos : « Il a soi-disant été tué, à la libération de Paris, sur une barricade, par une balle perdue… (…) En fait, ça ne s’est pas du tout passé comme ça… C’est une sombre histoire… (…) C’était un règlement de comptes… A cause de certaines personnes qui fréquentaient Champigny et La Varenne pendant la guerre… Il les avait connues… Il savait des choses sur elles… Il entendait leurs conversations dans les auberges du coin… »

Le même Modiano interprète dans Paris Tendresse : « On n’a jamais pu élucider les circonstances de sa mort – ou de son assassinat – en août 1944, sur une barricade, du côté de la gare du Nord, à l’heure où les jeunes gens fêtaient la Libération, debout sur le lion de Denfert-Rochereau. Sans doute Aimos n’avait-il plus d’avenir car il en savait beaucoup trop long sur les défuntes années trente… »

Le statut de résistant d’Aimos est cependant attesté. L’état-civil de Paris porte la mention « Mort pour la France » sur son acte de décès, apposée le 1er février 1946.

Aimos est enterré à Chennevières-sur-Marne en compagnie de Renée Lefèvre (Raymond Aimos). Son nom figure sur le monument aux morts de la ville (Raymond Caudrilliers). Une plaque en hommage aux résistants du groupe de Sébastopol est apposée au 48, boulevard de Sébastopol à Paris (3e arr.) ; le nom de Raymond Aimos y est inscrit.

Fin

 

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