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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 13:43

Pierre Perchet naît le 28 juillet 1846 à Franois (actuelle commune de Framont) en Haute-Saône. Il est le fils naturel d’une veuve, Catherine Perchet.

Mobilisé pendant la guerre franco-prussienne, Perchet obtient la médaille commémorative 1870-1871.

Marié à Françoise Noirot, née en 1842 dans le village voisin de Champlitte, il s’installe à Paris où ils auront trois enfants.

Perchet est passementier en 1874. Il est négociant en 1896, marchand d’équipements militaires. Il réside à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier du Canal, avenue de Joinville. il jouit d’une évidente aisance financière.

En 1912, il figure au premier tour sur la liste d’inspiration libérale pour les élections municipales de Joinville, qui comprend notamment Pierre Dalbavie, Louis Gallas et Georges Barreau. À la faveur de la fusion de cette liste avec celle des radicaux dissidents d’Ernest Mermet (futur maire) et des socialistes unifiés d’Émile Lebègue, il est élu conseiller municipal.

En 1914, n’étant pas mobilisés à cause de son âge, il fait partie de la dizaine de conseillers municipaux qui font fonctionner l’administration municipale. Cependant, malade, il est alité à partir de mi-1915 pendant au moins un an.

Il meurt à Joinville le 28 juillet 1918, jour de ses 72 ans.

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 01:01

Léopold Xavier Sutter naît le 16 avril 1893 à Röschwoog (Alsace allemande, act. Roeschwoog, Bas-Rhin). Il est le fils Joséphine Baechel et de son époux Joseph Aloïse Sutter, hôtelier. Sa famille est catholique.

Malgré sa naissance en territoire germanique, il fait la guerre dans les troupes française, dans le 9e régiment d'infanterie coloniale, basé au Tonkin.

Léopold Sutter épouse en juin 1921 à Montrouge (Seine, act. Hauts-de-Seine) Yvonne Scheyer. Il est représentant de commerce.

En 1934, il vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et prend une part active à la vie de la section socialiste Sfio. Sa maison au 120, avenue du Parc, dans le quartier de Polangis, accueille au moins neuf réunions ou permanences du parti entre février et octobre 1935. Il est candidat aux élections municipales du 14 octobre 1934 à Joinville sur la liste Sfio conduite par Robert Derivière. Les socialistes recueillent au premier tour en moyenne 403 suffrages et se retirent devant les communistes emmenés par Robert Laforest, qui ont obtenu une moyenne de 408 voix. Sutter avait eu 402 votes en sa faveur pour 2 297 exprimés et 3 225 inscrits (17,5%). Après le retrait de la liste radicale et de centre-gauche, ce sont les conservateurs qui l’emportent au second tour.

Lors des élections municipales générales, organisées du 5 mai 1935, Sutter est de nouveau présent sur la liste conduite par Robert Derivière, où il figure en sixième position. La liste socialiste est devancée au premier tour par les conservateurs, les radicaux-socialistes et les communistes, recueillant en moyenne, 352 voix, soit 12,3% des 2 856 suffrages exprimés pour 3 433 inscrits. Les deux listes communiste et socialiste fusionnent au second tour, sous la conduite d’un indépendant, André Blocher. Sutter fait partie de la liste unifiée qui regroupe 10 candidats issus de la Sfio, 16 du Pcf (dont Robert Deloche, maire à la Libération) et André Blocher, secrétaire de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants), qui n’était pas présent au premier tour.

Les conservateurs recueillent en moyenne 1 154 voix pour 2 899 suffrages exprimés soit 39,8%, et ont 25 élus. Les radicaux-socialistes de la municipalité sortante se contentent de 566 voix en moyenne (19,5%) et perdent tous leurs sièges. La liste communiste et socialiste obtient 1 060 voix en moyenne (36,6%) et a 2 élus, membres du Pcf (Robert Deloche et Paul Rouhaud). Sutter est crédité de 980 votes (33,8%).

Léopold Xavier Sutter est décédé le 14 octobre 1947 à Joinville, alors qu’il avait 54 ans.

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 01:01
Alxandre Salles, arch. fam.
Alxandre Salles, arch. fam.

Alexandre Achille Jean Joseph Salles naît le 15 janvier 1891 à Figeac (Lot) où résident sa mère Jeanny Souque et son père, chef de district de la compagnie des chemins de fer Paris-Orléans. La famille vient dans la région parisienne à Joinville-le-Pont, où elle est installée en 1901.

Le Ministère de l'instruction publique des beaux-arts et des cultes octroie à Alexandre Salles une bourse d'internat pour ses études à Chalons-sur-Mame. Il devient instituteur suppléant avant-guerre, dans la circonscription d’Ivry-Nogent (anc. Seine, Val-de-Marne).

Mobilisé avec le grade d’adjudant au 4e régiment de zouaves, il est blessé dès le 6 septembre 1914 à Noyers-Moisons-du-Val (Meuse) par une balle de shrapnell qui a traversé la cuisse droite. Du fait de sa blessure, il est reversé dans l’enseignement en tant qu’instituteur auxiliaire à Nogent-sur-Marne du 1er octobre 1914 au 30 juin 1917.

Reprenant son activité militaire, il est nommé sous-lieutenant dans le 3e bis régiment de zouaves. Il est de nouveau blessé quelques jours avant la fin du conflit le 27 octobre 1918 à la cote 155, signal de Grimpechat (Ardennes). Il est cité à l’ordre de l’armée en février 1919 : « Chargé avec sa compagnie d'occuper la rive nord d’un canal dont la possession avait une grande importance au point de vue de la progression ultérieure, a réussi à y prendre pied et peu à peu à y faire passer foute sa compagnie, malgré un violent bombardement, à s’y maintenir malgré plusieurs contre-attaques établissant ainsi une tête de pont. »

Officier de réserve affecté au 9° régiment de zouaves, il est directeur d’école après-guerre, vivant toujours à Joinville-le-Pont en 1919. En janvier 1925, il est décoré en tant que chevalier de la Légion d’honneur. Le décret mentionne : « sous-lieutenant; 11 ans de services, 5 campagnes. Titres exceptionnels: jeune officier ayant toujours fait preuve de grandes qualités militaires de décision, de calcul et de sang-froid. A été blessé et cité. »

Marié une première fois en juillet 1910 Champigny-sur-Marne (anc. Seine, Val-de-Marne) avec Georgette Madeleine Parent, il épouse en deuxièmes noces Éliane Villetorte au Pré-Saint-Gervais (anc. Seine, Seine-Saint-Denis) en octobre 1924. Il aura un enfant du premier mariage, et deux du second.

Son père Joseph Salles avait été responsable du parti radical-socialiste et son frère aîné Achille, mort pendant la première mondiale, était également militant du même parti à Joinville. Tous deux étaient des propagandistes laïques affirmés.

Achille Salles meurt le 27 août 1942 à Gradignan (Gironde), âgé de 51 ans.

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 01:01
Achilles Salles, arch. fam.
Achilles Salles, arch. fam.

Paul Louis Achille Salles naît le 27 mai 1878 à Massiac (Cantal) où son père est chef de district de la compagnie des chemins de fer Paris-Orléans, et où il réside avec sa mère Jeanny Souque. La famille circule dans le Sud-Ouest (Figeac, Lot, et Toulouse, Haute-Garonne) puis vient en région parisienne, où elle est installée à Joinville-le-Pont en 1901. Achille Salles revient cependant se marier, en juillet 1902, à Lacroix-Falgarde (Haute-Garonne) avec Juliette Mathilde Destrem ; ils auront en 1904 une fille, Albertine Mélina Marguerite Salles.

Comptable de profession, Achille Salles est employé aux écritures au mont-de-piété de Paris, un établissement public spécialisé dans le prêt sur gages.

À l’instar de son père Joseph Salles (1850-1915), buraliste, Achille Salles va s’engager en politique. Le père est membre du comité exécutif du parti radical-socialiste ; le fils est militant dans la même formation à Joinville-le-Pont (anc. Seine, Val-de-Marne).

Il est assesseur d’une réunion de la Ligue des droits de l’Homme en novembre 1901 dans la commune où le député Baulard parle du « pouvoir occulte de l’église », le responsable de la Ligue Paul Aubriot dénonce le « despotisme clérical » tandis qu’un dirigeant de la Ligue d’action républicaine, Kosniusko, appelle à une « union fraternelle de tous les peuples. »

En avril 1902 Salles est un des délégués joinvillais au sein du Comité d’union et d’action républicaines, qui rassemble 16 organisations radicaux-socialistes de la deuxième circonscription de l’arrondissement de Sceaux (Seine). Le même mois, lorsque Jules Ferdinand Baulard, personnalité marquante du radicalisme dans le sud-est de la banlieue parisienne, fait ses adieux politiques, toujours à Joinville, c’est Achille Salles qui assure le secrétariat de la séance.

Alors que les structures radicales se limitaient jusqu’ici à une vie au moment des élections législatives, Salles participe en juin 1902 à la création du Comité républicain radical-socialiste de Joinville, fondé sur le programme du parti radical-socialiste nouvellement crée. Il s’associe pour cette initiative à Diot, Jullien, Leteuil, Roussel, au docteur Vallat ainsi que Vel-Durand et Villain.

Percevant peut-être déjà des signes contraires, Georges Briolay et Salles font voter en mai 1907 un ordre du jour par les membres du comité qui se disent « fiers de l'ardent et inébranlable champion du radicalisme qu'est le citoyen Maujan, les radicaux-socialistes de Joinville-le-Pont ont foi en l'avenir de leur grand parti. » Adolphe Maujan, successeur de Baulard, s’écartera assez vite du parti radical pour siéger dans des formations de centre-droit.

Le comité radical de Joinville se divise en 1911 autour de deux futures maires, Georges Briolay et Henri Vel-Durand ; plusieurs partisans de ce dernier démissionnent, dont cinq conseillers municipaux. Salles (Achille ou son père Joseph) prend nettement partie, avec la majorité du comité, en faveur de Briolay, qui sera cependant battu lors des élections municipales de 1912. En novembre de la même année, Salles et Briolay représentent Joinville auprès de la Fédération Radicale et Radicale Socialiste de la Seine.

Décoré des palmes académiques en tant qu’officier d’académie en mai 1910, Achille Salles quitte Joinville et s’installe avant-guerre rue des Pyrénées, dans le 20e arrondissement de Paris.

Mobilisé pendant le conflit dans le 246e régiment d'infanterie, il est cité à l’ordre du régiment en avril 1916 : « Volontaire pour relever le corps d'un sous-officier tué en avant des lignes. N'a pu accomplir sa mission, son camarade ayant été frappé mortellement d'une balle, mais avec sang-froid a pu ramener son camarade brancardier blessé dans nos lignes. »

Cependant, il se suicide par arme à feu le six novembre 1916 à Charmontois-l'Abbé (act. Les Charmontois, Marne) où son unité est cantonnée. De ce fait, il n’a pas droit à la mention « Mort pour la France » et son nom ne figure pas sur le monument aux morts de Joinville, bien qu’il y ait été inhumé en mai 1922, ni sur celui de Massiac dont il est originaire, ni semble-t-il sur ceux du 20e arrondissement de Paris (où son décès est transcrit). Cependant, Achille Salles est mentionné dans le Livre d'or du personnel de la préfecture de la Seine.

Son frère cadet, Alexandre Salles, sera quant à lui officier et chevalier de la Légion d’honneur.

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 01:01

Charles Paul Élie Bitterlin naît le 11 mai 1893 à Saint-Maur-des-Fossés (anc. Seine, Val-de-Marne). Comme son grand-père Élie, comme son père Georges et comme son frère cadet Jean, il sera docteur en médecine et réside à Joinville-le-Pont, 5, rue Pasteur. Pendant la guerre, Charles Bitterlin est médecin auxiliaire ; en 1918, il est nommé chef de service par intérim du 5e bataillon. Il est cité à l’ordre de la division et décoré de la Croix de guerre. Il est nommé lieutenant de réserve.

À l’instar de son père et de son frère, professe des idées d’extrême-droite. En 1933, il réside rue Ledru-Rollin à Paris (12e arr.) et préside la section du groupe Action française Bercy Quinze-Vingts.

Marié en octobre 1927 à Paris (6e arr.) avec Marguerite Yvonne Marie Guilmoto, Charles Bitterlin est décédé le 26 juin 1975 à Paris (13e arr.).

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 01:01

Jean Louis Élie Bitterlin naît le 13 décembre 1894 à Saint-Maur-des-Fossés. Comme son grand-père Élie, comme son père Georges et comme son frère aîné Charles, il sera docteur en médecine et réside à Joinville-le-Pont, 5, rue Pasteur. Pendant la guerre, il sert comme médecin auxiliaire dans un groupe de brancardiers de la 77e division. Il est cité à l’ordre de l'armée en décembre 1917 pour « conduit avec un entrain et une activité admirables les équipes de brancardiers. »

Marié à Saint-Maur avec Marguerite Lamy en juillet 1919, leur sixième enfant naît en 1931. Jean Bitterlin va également suivre son père, ancien conseiller municipal de Joinville, dans son engagement politique. Il cotise à la Fédération nogentaise de l'Action française (extrême-droite) en 1920.

En 1935, il participe à la fondation par la Mutualité maternelle de Paris d’un nouveau dispensaire, rue de l’Église à Joinville-le-Pont.

Pratiquant l’escrime, il se signale chaque année dans des lieux de villégiature de la bourgeoisie (La Baule, La Bourboule, Sieck en Bretagne, etc.). C’est au cours d’un de ces séjours familiaux, à Saint-Gervais-les-Bains (Savoie), qu’il disparaît en août 1937, par suite de la rupture de la neige au cours d’une excursion en montagne avec sa femme et deux de ses enfants. Il fait une chute de 600 mètres dans un torrent. Il était âgé de 42 ans.

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 01:01

Georges Paul Élie Bitterlin naît le 1er décembre 1864 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’un médecin, Élie Laurent Bitterlin et de son épouse Julie Héloïse Chaure.

Son père, médecin à Saint-Maur, a été le fondateur en 1870 du comité local de la Société de secours aux blessés militaires (future Croix-Rouge), particulièrement actif pendant la guerre franco-prussienne notamment durant la bataille de Champigny. Il publiera un ouvrage d’hommage à l’action de son père en 1912, après sa disparition trois ans plus tôt.

Georges Bitterlin est élève au collège Stanislas à Paris. Il fait ensuite des études d’histoire et est diplômé en avril 1891, après avoir soutenu une thèse sur l’étiologie de la tuberculose chez les enfants. La même année, il épouse en mai à Coulommiers Ernestine Jeanne Marie Piat, fille d’un banquier. Il s’installe rue Pasteur à Joinville-le-Pont, rue limitrophe de la commune de Saint-Maur. Ils auront quatre enfants, dont les deux garçons (Charles et Jean) seront également médecins.

En tant que médecin, le Dr Bitterlin s’implique dans la vie locale, s’interrogeant sur la crémation en 1892, participant aux commissions municipales sur les logements insalubres ou l’enfance en bas âge et produisant un rapport sur les risques liés à un projet d’usine de vaseline en 1894. Il intervient pour porter les premiers secours avec deux confrères lors de l’explosion dramatique d’une chaudière au sein de l’usine Bi-Métal en février 1895.

Au cours de l’année 1908, il s’oppose à la municipalité lors d’un conflit entre elle et un autres médecin, le Dr Gripon et publie une lettre à ce sujet dans deux journaux l’Indépendant (organe d’un groupement d’opposants joinvillais) et l’Écho républicain (proche des milieux conservateurs à Saint-Maur). Après les graves inondations de la Marne en janvier et février 1910, le Dr Bitterlin participe à l’organisation du service de désinfection.

Georges Bitterlin s’engage au cours du scrutin municipal de Joinville en mai 1912. Il est élu au second tour sur une liste regroupant des radicaux dissidents, des socialistes unifiés (Sfio) et des libéraux, qui remporte les 23 sièges à pourvoir face à la municipalité radical-socialiste sortante. Pour ses adversaires, Bitterlin est avec Louis Gallas et Pierre Dalbavie, un des représentants du parti réactionnaire auprès du nouveau maire, Ernest Mermet.

Médecin aide-major de l’armée de terre, versé dans la réserve en été 1892, Bitterlin va reprendre une activité comparable à celle de son père lors de la guerre précédente, en étant affecté à l’hôpital militaire auxiliaire numéro 5, implanté dans la propriété du Petit Bourbon à Saint-Maur. Des incidents sont signalés dans la gestion de cet établissement en novembre 1916. Dans une lettre rendue publique en février 1917 dans un hebdomadaire régional, La Gazette de l’Est, le Dr Georges Bitterlin explique qu’il a « été débarqué de ma fonction de médecin-chef de l’hôpital auxiliaire n° 5, par la commission exécutive du comité de Saint-Maur de la Croix-Rouge 9/01, pour cause de mauvais accord avec l’administrateur, Greiss ». Selon lui, il avait subi « une pression religieuse mesquine, tracassière et puérile » qui a blessé sa « conscience de catholique sincère mais tolérant ». Il dénonce des « actes arbitraires et brutaux vis-à-vis d’infirmières » et qualifie son renvoi de « décision absolument inique. »

Du fait de la proximité géographique, Bitterlin continue de siéger au conseil municipal pendant la période de guerre. Il prend part, en soutien au maire, à la querelle qui l’oppose en février 1916 à Louis Rey, ancien conseiller municipal, et rédacteur du journal radical-socialiste Voix des communes, à propos de la gestion des fonds recueillis pour les nécessiteux. Il anime des collectes humanitaires et participe à des manifestations patriotiques.

Le Dr Bitterlin est intégré dans différents organismes de santé publiques, comme la commission du dispensaire départemental d'hygiène sociale et de préservation antituberculeuse (juillet 1918), le conseil de surveillance de l'Office public d'hygiène sociale (juillet 1921), le comité départemental des mutilés et réformés de guerre (de 1924 à 1939). Il participe à la Mutualité maternelle de Joinville, que préside son épouse, après avoir accompagné au début du siècle à l’œuvre de l’Allaitement maternel.

Il se rend à Lourdes en 1925 et publiera deux ouvrages ; le premier, la même année, pour observer au point de vue médical les faits qu’il a constatés lui-même. Le second, en 1929, pour discuter du cas de Mme Angault, de Craon (Mayenne) guérie en août 1926 par la disparition subite d'un fibrome utérin.

Bitterlin continue son action politique. Il est candidat lors des élections municipales de Joinville en novembre 1919 sur la liste libérale du Bloc indépendant de Jules Beauvais, qui s’oppose à celle des socialistes Sfio et à une autre, regroupant radicaux dissidents, radicaux-socialistes et socialistes indépendants, qui remporte tous les sièges au second tour et désigne Henri Vel-Durand, radical dissident, comme nouveau maire.

La Ligue d'Action Française crée en avril 1920 une section de la région nogentaise dont Bitterlin est un des fondateurs. Son fils Jean Bitterlin y contribue également. Lors des élections législatives de mai 1924, Georges Bitterlin est candidat en 16e position sur la liste Action française et Union Nationale révisionniste dans le département de la Seine, conduite par Georges Valois qui préconise la suppression du parlement. Il organise le 19 avril une réunion publique à Champigny, mais l’auditoire est composé aux trois-quarts de sympathisants communistes. La formation d’extrême-droite est nettement distancée par les communistes de Paul Vaillant-Couturier (9 sièges), les républicains sociaux (droite) de Maurice Bokanowski (5 sièges) et le Cartel des gauches conduit par Pierre Laval (5 sièges également). Les candidats d’Action française, qui n’ont pas d’élus, obtiennent 3,3% des suffrages exprimés dans l’ensemble du département et 4,3% à Joinville.

Georges Bitterlin, qui n’avait plus d’action politique publique, va cependant être nommé conseiller municipal de Joinville par arrêté préfectoral du 20 février 1942, pris en exécution de la loi du 16 novembre 1940. La municipalité désignée par les autorités vichystes conserve le maire Léon Lesestre, tandis que les deux élus communistes ont été démis et que la moitié des élus de 1935 en est exclue. Elle est dissoute par le comité local de Libération en août 1944 et une délégation spéciale prend sa suite avec l’arrêté préfectoral du 26 septembre.

Georges Bitterlin, qui avait obtenu un accessit en histoire au concours général en 1884, était un des fondateurs de l’association des Amis du Vieux Saint-Maur, qui publie la revue Le Vieux Saint-Maur ; il en était vice-président à sa disparition.

Georges Bitterlin meurt accidentellement le 4 septembre 1946 à Paris (12e arr.), à l’âge de 81 ans. Il avait obtenu plusieurs récompenses, dont en 1929, une médaille d’or de la mutualité pour services rendus aux œuvres de prévoyance sociale.

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 01:02

Alphonse Antoine, né en 1890 à Raon-sur-Plaine (Vosges) est le fils d’une brodeuse et d’un douanier au poste frontière du Donon, qui délimite alors la séparation entre la France et l'empire allemand occupant l'Alsace.

Après des études primaires supérieures à l'école Colbert de Paris, il est reçu au concours des Chemins de Fer de l'Est, société exploitant les lignes ferroviaires entre Paris et la Lorraine.

Mobilisé pendant la guerre de 1914-1918, il devient sous-lieutenant dans l'arme du génie et fait presque toute la guerre sur le front de Lorraine, en particulier dans le secteur de la Chapelotte (Vosges).

Après la fin de la guerre, il poursuit son activité au sein de l’armée et est chargé d'organiser le Central interallié de Berlin. Il participe, avec le général Gustave Ferrié (1868-1932), à la création de Radio Tour Eiffel, premier émetteur français de télégraphie sans fil, à vocation militaire dans les années 1920.

Alphonse Antoine enseigne en 1930-1940, à l’école des transmissions, puis est affecté au ministère de la guerre, et à celui de l'armement.

De 1940 à 1942, il est affecté en Tunisie où, sous les ordres du général de Lattre de Tassigny, il commande les transmissions. Il participe à la lutte clandestine et organise le camouflage du matériel et du personnel.

Il rentre en métropole, et rejoint le mouvement de résistance nationale « Les Ardents », sous le pseudonyme de Dammartin (ou André). Il est chargé de mettre en œuvre, dans la zone Sud, le sabotage du réseau allemand des lignes souterraines à grande distance, le contre-sabotage et la remise en état du réseau national. Son intégration dans le groupe aurait eu lieu en 1944.

Le futur premier ministre Jacques Chaban-Delmas (Lakanal) le nomme délégué national aux Transmissions au printemps 1944. Il est chargé de l'exécution du « Plan Violet », qui prévoit le sabotage des réseaux téléphoniques allemands. Il le met en œuvre le 5 juin 1944, à 21 heures 15, suite à un message sur les ondes langue française de la radio anglaise BBC (« le Colonel leur a coupé le sifflet »).

Alphonse Antoine est promu général en 1944. Il quitte l'armée en 1946 et rejoint la société privée RTI (Relations Techniques Intercontinentales) où il met au point des appareils de transmission, notamment des oscilloscopes.

Décédé à Paris le 9 février 1969, il est enterré au cimetière d'Allarmont (Vosges), commune où il disposait d'une demeure.

Il est le père de Gérald Antoine (1915-2014), philologue, recteur de l’académie de Tours Orléans, maire d’Allarmont.

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 01:07
L'amiral Alphonse Lecuve, 1922
L'amiral Alphonse Lecuve, 1922

Pierre Paul Alphonse Lecuve, naît le 30 avril 1851 à Vexaincourt, petite localité du département des Vosges, où son père est instituteur. Ce dernier, Pierre Lecuve (1830–1869) est originaire du village voisin, Allarmont, tandis que sa mère Marie Bart, vient de Bionville, qui jouxte le précédent dans le département de la Moselle.

Les Vosges sont sans doute la terre française la plus éloignée de toutes mers, mais il est néanmoins attiré par le large et rentre, dès l’âge de 16 ans, à 850 kilomètres de là, à l’école navale de Brest.

En 1870, il devient élève-officier, aspirant, cette fois sur les rives de la Méditerranée, à Toulon, où sa famille se fixera plus tard.

C’est en 1885 qu’il prend le départ pour le grand large à bord de la Naïade pour Madagascar et l’océan indien. Il obtient un commandement en 1889 et croise avec l’aviso Alouette en Indochine (Cochinchine, Cambodge, Tonkin).

Après un retour en Méditerranée, sur le cuirassé Dévastation, il embarque pour deux ans dans le Pacifique. Les pays européens se disputent alors la colonisation des îles du sud, Allemagne et surtout Angleterre et France. Alphonse Lecuve va jouer un rôle diplomatique dans ces querelles à Tonga et aux Nouvelles-Hébrides.

Pour protéger ses intérêts, la France ouvre une agence consulaire à Tonga, territoire placé sous la juridiction du Haut-commissariat britannique pour le Pacifique oriental depuis 1893. Le capitaine de frégate Lecuve, qui rencontre le roi George Tupou II lors d’une escale, raconte l’entrevue dans une lettre : « Le 4 novembre 1897, accompagné d’une partie des officiers, je faisais ma visite au roi. Dans le cours de notre entretien, il appuya fortement la crainte qu’il éprouvait de voir son pays annexé par l’Angleterre et dit qu’il espérait bien que la France ne le permettrait jamais. Quelques jours plus tard, le père du roi me fit demander une entrevue, et il accentua plus fortement encore que ce dernier le désir de voir la France se mettre en travers des projets supposés de l’Angleterre, insistant sur les excellentes relations qui avaient toujours existé entre les deux pays. Je me contentai à l’un comme à l’autre de répondre par des paroles aimables et courtoises, mais sans aucune portée. Dès lors, l’archipel de Tonga fut livré aux Anglais »

Aux Nouvelles-Hébrides, devenues depuis le Vanuatu, Alphonse Lecuve montre aussi peu d’enthousiasme face à ceux qui lui proposent d’annexer des territoires au risque de provoquer un conflit avec les anglais. C’est le quotidien La Croix qui relate (22/08/1924) : « Le 18 septembre 1898, à Port-Sandwich, en présence de M. Lecuve, commandant de l’Eure, de M. Milliard, agent de la Société française, et d'autres personnalités coloniales, Mgr Fraysse conférait le baptême à 50 catéchumènes et bénissait la première église hébridaise, érigée par le P. Pionnier. À l'issue de la cérémonie, les indigènes venus des îles voisines avec leurs missionnaires acclamèrent le drapeau tricolore. C'était une invite indirecte à la France à prendre sans tarder possession de l'archipel. On tergiversa, et il fallut se contenter du condominium franco-anglais. »

De retour en Europe, il devient commandant de plusieurs cuirassés et croiseurs : Saint-Louis, d'Entrecasteaux, Desaix, Pothuau, Brennus.

Promu contre-amiral en septembre 1908, il est major général de la marine à Cherbourg.

En 1911, il commande la division navale dans la régence de Tunisie; sur son dernier bâtiment, le cuirassé Henri-IV. Il se consacre non seulement à ses tâches politiques et militaires, mais appuie également des activités culturelles donne des réceptions qui restent fameuses.

Au 1er janvier 1912, il rejoint l’état-major, comme président de la Commission d'essais des bâtiments de la Flotte. Il prend sa retraite en janvier 1914.

Devenu commandeur de la Légion d'honneur en décembre 1912, il porte également des médailles malgache, italienne et tunisienne. Mais, même sorti du service actif, Alphonse Lecuve reste fort actif : il est président d'honneur de l'Alliance française et siège au conseil d’administration de l’Observatoire de Paris et à celui de l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon.

Il s’installe à Toulon. En mai 1918, il y participe à une commémoration patriotique en mémoire de l'équipage du sous-marin Bernouilli, disparu en février dans l’Adriatique. Il y meurt le 26 février 1944.

L’amiral Lecuve était l’époux de Marguerite Peyron (1868-1969) ; leur grande différence d’âge et la longévité de sa femme font que l’État français leur aura servi une pension de retraite pendant 55 ans.

Alphonse était le frère de Charles Lecuve, maire d’Allarmont, fusillé comme otage par l’armée allemande au début de la Première Guerre mondiale, en août 1914 (voir Fusillades dans les Vosges en 1914).

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 01:15
Deimling accusé des crimes de Raon-l’Étape et d'Allarmont (Vosges)

Berthold Deimling, général allemand (1853-1944) fait partie des 334 personnes accusées par la France d'avoir commis des actes contraires aux lois et coutumes de la guerre à livrer par l'Allemagne en exécution des articles 228 à 230 du traité de Versailles et du protocole du 28 juin 1919. Il lui est reproché des « violations des lois et coutumes de la guerre sur les territoires qui furent occupés par l'armée allemande. »

Son nom figure dans deux paragraphes de la « Liste des personnes désignées par les Puissances alliées pour être livrées par l'Allemagne » publiée en 1920.

Nous reproduisons ci-dessous le texte de sa mise en cause, qui figure aux pages 55 et 56 de ce texte (1) :

[44] M Deimling (von) Général commandant le XVe corps allemand. Nature de l’infraction : Crimes de Raon-l’Étape et d'Allarmont (Vosges) : pillages systématiques, incendies, assassinats en masse, violation de la Convention de Genève.

24 à 28 août 1914 (Raon-l'Étape [Vosges]).

«Le village de Raon-l’Étape fut pillé systématiquement par les Allemands, qui se faisaient aider dans le choix des objets à emporter par des femmes allemandes qu'ils avaient fait, venir. Les maisons, une fois pillées, étaient livrées à l'incendie.»

«M. Richard, vieillard de 70 ans, qui regardait par la fenêtre, et M. Huchs, douanier retraité, étaient tués à coups de fusil; de nombreuses mères de famille devaient subir les derniers outrages, même de la part d'officiers. »

«Les Allemands avaient installé une mitrailleuse qui tirait sur les Français dans l'hôpital, sur lequel flottait le drapeau de la Croix-Rouge. Comme les sœurs de l'hôpital indignées leur faisaient remarquer qu'ils n'avaient pas le droit de s'abriter ainsi sous la Croix de Genève, ils répondaient cyniquement : «qu'ils agissaient justement ainsi pour empêcher les Français de tirer sur eux. »

«A Allarmont, des soldats allemands avaient saisi au saut du lit le maire, M. Charles Lescuve (2) et le curé, M. Mathieu, qu'ils conduisirent devant le Général Deimling. «Que faut-il faire d'eux?» demandèrent- ils. Le Général eut un geste évasif. Que lui importait! Et il détourna la tête. On emmena les deux prisonniers dans un champ. «Je vous offre 100,000 marks, proposa M. Lescuve, pour savoir quelles raisons vous avez de nous fusiller.»

«On ne daigna pas lui répondre. On les poussa tous les deux contre un mur et on les assassina...»

[44] Le même. Ordre général de ne pas faire de prisonniers et d'incendier les villes et villages.

  • Voir aussi : Berthold Deimling, pacifiste ou criminel de guerre ?

(1) Liste des personnes désignées par les Puissances alliées pour être livrées par l'Allemagne en exécution des articles 228 à 230 du traité de Versailles et du protocole du 28 juin 1919, Impr. nationale - 193 pages, 1920

(2) Il s’agit de Charles Lecuve.

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