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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 00:01

Yves Marie Le Page naît le 25 janvier 1844 à Brest (Finistère). Il est le fils de Marie Félicité Le Page, lingère, et de Pierre Ovide Bonheur, fusilier au 1er régiment d’infanterie marine. Ses parents ne sont pas mariés, mais ils procèdent à sa reconnaissance en novembre 1844 à Brest. Ensuite, Yves Marie utilisera le patronyme de Bonheur. Il vit avec sa mère à Landerneau (Finistère).

Il sert pendant plusieurs années, au moins entre 1867 et 1870, dans la marine de guerre, comme matelot chef de pièce dans l’artillerie de marine en 1867. Il est sur le bateau Le Jura en 1868. Devenu quartier-maître, il embarque sur le Rochambeau, cuirassé à coque en fer, construit à New-York, qui, avec 115 mètres, est le plus long navire jamais construit en bois. Enfin, il est second maître sur la frégate Thémis en 1870. En 1902, au moins six sommes qui lui étaient dues par la marine au titre de son activité militaire étaient non réclamées.

Le premier mariage de Bonheur a lieu en novembre 1867 à Landerneau (Finistère) pendant son service militaire à Landerneau. Il épouse Anne Marie Perrine Piton. Elle meurt l’année suivante, juste après avoir donné naissance à un fils, qui décède lui-même à 11 ans, toujours à Landerneau où il vivait chez sa grand-mère maternelle.

Sans doute sur les conseils de son oncle Louis Benoit Bonheur, garde-cimetière au Père-Lachaise, Yves Marie Bonheur vient à Paris après la guerre franco-prussienne et se fait embaucher également dans l’administration parisienne des cimetières. Il continuera d’exercer cette fonction jusqu’en juillet 1890. Il vit dans le 20e arrondissement, rue du Repos, (adjacente au cimetière du Père-Lachaise) puis en 1875 à Choisy-le-Roi (Seine, act. Val-de-Marne), route de Choisy (qui dessert le cimetière parisien de cette ville). Il épouse en juillet  1875 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Léonie Catherine Thime, fille d’un cordonnier, libre-penseur et militant radical-socialiste, Eugin Thime (1830-1904). Ils vivent de nouveau rue du Repos.

Après sa retraite, Yves Marie Bonheur devient employé d’octroi en 1892 à Joinville-le-Pont. Il vit route de Brie (act. avenue Galliéni) dans le quartier de Polangis. Il a eu sept enfants avec sa seconde épouse.

Yves Marie Bonheur meurt le 8 janvier 1893 à Joinville. Il était âgé de 48 ans. La très longue nécrologie que lui consacre l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes constitue, outre l’état-civil ou les données sur son activité militaire et professionnelle, la principale source d’information sur les engagements publics de Bonheur.

La notice est incluse dans la rubrique régulière intitulée Bulletin maçonnique et de libre-pensée, rédigée par Henry Vaudémont. Les obsèques de Bonheur, dont le lieu n’est pas précisé, eurent probablement lieu à Joinville. Elles furent organisées « suivant ses principes et en dehors de toute pompe mystique, d’une façon purement laïque ».

Henry Vaudémont, président du groupe La Raison du canton de Charenton, conseiller municipal de Joinville-le-Pont, a retracé la vie de cet « humble et digne », citant Proudhon : « Dieu, c’est le mal. »

Émile Pasquier, secrétaire-général de la Fédération française de la Libre-Pensée ainsi que de l'Union des républicains radicaux socialistes de Sceaux, a fait une allocution en tant que secrétaire du député Jules Ferdinand Baulard, radical-socialiste, « Bonheur, ce travailleur modeste, ce libre-penseur convaincu, avait su de bonne heure se débarrasser de tous ces vieux préjugés qui sont la négation de la dignité humaine. »

Brisson-Joly, ancien conseiller général de la Seine et animateur de la Fédération française de la libre-pensée a formulé des considérations qui « n’ont certes pas été du goût de tout le monde. Mais nul n’a eu la goujaterie de désapprouver bruyamment ». Vaudémont remarque que « C’est un grand, un immense progrès au point de vue moral. La tolérance s’acclimate décidément chez nous. Et les gens qui, au nom de leur liberté, réclament le droit de croire en dieu, commencent à nous reconnaître, à nous, le droit de ne pas y croire. »

Le cuirassé Rochambeau

 

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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 00:01

Henri Hippolyte Bonnefoy, naît le 4 octobre 1844 à Bissia (act. Boissia, Jura). Il est le fils de Marie Thérèse Victorine Vauchez et de Pierre Germain Bonnefoy, cultivateurs. Son père meurt le mois suivant sa naissance.

Après avoir servi dans le 24e régiment d'infanterie, probablement au cours de la guerre de 1870-1871 avec la Prusse, Bonnefoy est démobilisé à Rouen en février 1872. Il termine des études de pharmacie et en sort, diplômé comme pharmacien de 1e classe, en juin 1874.

Il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il est, en 1878, membre du comité de Saint-Maur-Joinville de la société française de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge), dont le docteur Élie Bitterlin est le président.

Le quotidien Le Siècle (1878/01/08) évoque son élection au conseil municipal de Joinville lors du scrutin de janvier 1878 qui voit la victoire du républicain Gabriel Pinson contre le bonapartiste sortant, Louis Ferdinand Rousseau. Cependant, les autres listes d’élus ne mentionnent pas son nom, et il n’est pas non plus cité au cours du mandat.

C’est sans doute Henri Bonnefoy qui fait partie des fondateurs, comme vice-président, de la Société de la flotte de Nogent-Joinville, club d’aviron et de voile sur la Marne en 1888, mais il avait déjà quitté la commune en 1887 pour s’installer à Deuil (Seine-et-Oise, act. Deuil-la-Barre, Val-d’Oise).

Dans cette commune, il participe à la création de l’association Les Amis réunis de Deuil, adhérente à l’Union des sociétés de tir de la région de Paris. Il fait très régulièrement des concours de tir, en France et à l’étranger, et est régulièrement signalé comme étant un bon compétiteur. Il est président de la société de de Deuil en 1891 puis devient, après avoir quitté la commune, président d’honneur en 1893. Il continuera, toute sa vie, à se prévaloir de ce titre.

Vice-président de l’Union des sociétés de tir de la région de Paris en 1892, Bonnefoy va exercer cette fonction jusqu’en 1902. Il est également, à partir de membre du conseil d’administration de l’Union nationale des Sociétés de tir, fonction qu’il exercera jusqu’à son décès.

Ayant quitté Deuil, Bonnefoy s’établit à Paris rue de Lancry et rue des Vinaigriers. Il continue de pratiquer le tir sportif à un rythme très élevé, établissant plusieurs records au fusil, contribuant également au contrôle des manifestations et étant perçu comme un bon technicien par ses camarades de sport.

Il quitte de nouveau Paris en 1910, pour s’établir à Romainville (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il reprend une pharmacie rue Saint-Germain.

Ne négligeant pas ses engagements sportifs, il est en 1913 directeur de tir de la société d'éducation physique et de tir L'Espérance de Romainville.

Pendant la première guerre mondiale, il poursuit son travail de pharmacien et ses responsabilités associatives.

Henri Hippolyte Bonnefoy meurt le 30 janvier 1918 à Romainville, à son domicile rue Veuve-Aublet. Il était âgé de 73 ans. Il avait été décoré des Palmes académiques comme officier d’académie en 1901 et comme officier de l’instruction publique en 1906 et disposait également d’une décoration pour ses activités militaires.

Le journal Le Tir national rend hommage à sa compétence après sa disparition puis, encore en 1921, à son rôle dans la formation des tireurs.

 

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 01:01

Pierre Louis Perre naît le 29 janvier 1847 à Lyon. Il est le fils de Catherine Baume et de son époux, Pierre Michel Perre, sculpteur. Il fait des études à l’École impériale des Beaux-Arts de la ville où il obtient, en 1862, un prix dans la discipline « Principes et bosse » dont le professeur est le peintre Pierre Bonirote.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, Perre est mobilisé dans l’armée française. Il a adopté le prénom de Pétrus.

Ayant ouvert une bijouterie en or rue du Temple à Paris (3e arr.), il s’y marie en octobre 1873 avec Angéline Hugon, originaire de Franche-Comté. Après la naissance de deux enfants, la famille s’installe rue du Parc-Royal (4e arr.) où il exploite une bijouterie jusqu’environ 1887.

Après avoir été marbrier, Perre devient constructeur de bateaux de plaisance à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il s’établit sur le quai de la Marne pendant les années 1890. Il est un des introducteur de cette activité qui fut, jusqu’à la première guerre mondiale, florissante sur les bords de Marne.

Le premier engagement public de Perre se situe dans le cadre sportif. Il est le secrétaire des courses de la Société de la voile de Nogent-Joinville, présidée par P. Meurgey, qui s’est reconstituée en 1896 après une mise en sommeil (elle avait été fondée en 1888). Le siège du club est situé à côté de l’atelier de Perre, qui en assure la gestion. Des régates sont organisées les dimanches matin et on compte 13 voiliers en 1900. Abandonnant le secrétariat en 1901, Perre continue de siéger au conseil d’administration au moment où la Société lance une course pour yachts à moteur entre Joinville et Neuilly-sur-Marne.

Vers 1903, Perre cède son activité nautique à son fils Armand, qui connaîtra trois ans après des difficultés économiques. Pour sa part, Pétrus Perre se lance en politique en étant candidat pour les élections municipales de mai 1904 sur la liste conduite par le maire sortant Eugène Voisin, qui est soutenue par le comité radical-socialiste local. Elle se présente face à une liste conservatrice, composée de quatre conseillers municipaux sortants qui ont rompu avec le maire, et  une liste socialiste-révolutionnaire. Alors qu’il s’était jusqu’ici montré assez prudent sur le plan politique, Voisin accepte cette fois de faire campagne pour le programme radical-socialiste et contre le nationalisme et le cléricalisme de ses adversaires. La liste Voisin obtient au total des deux tours 22 des 23 sièges à pourvoir, n’en laissant qu’un seul ses opposants de droite. Au premier tour Perre recueille 573 voix soit 51,2% des 1 119 suffrages exprimés pour 1 363 inscrits. Il est élu.

L’ancien député Jules Ferdinand Baulard, qui a contribué à implanter le radicalisme dans l’Est parisien, est satisfait du résultat. Il considère que sa formation et ses amis, qui avaient « été considérés pendant longtemps comme des anarchistes qui voulaient tout bouleverser » va être en mesure de « décrasser notre commune ».

En mai 1908, pour les élections municipales suivantes, tous les élus sortants qui se représentent sont membres du comité radical-socialiste. La liste du maire fait face à une liste socialiste SFIO et une liste socialiste évolutionniste, composée d’anciens socialistes et de personnalités plus libérales. La liste Eugène Voisin conserve 21 des 23 sièges, dont six sont pourvus au premier tour et Perre en fait partie. Perre a eu 648 votes pour 1 319 inscrits.

Il participe, en juin 1909 à une rencontre avec le sous-secrétaire d’État à l’intérieur, Adolphe Maujan, par ailleurs député de la circonscription et également radical, pour discuter de la règlementation applicable à la construction des bateaux destinés au canotage que le gouvernement entend réglementer, eu égard au grand nombre d’accidents et de noyades. Les sports nautiques et le tourisme des bords de Marne sont une activité économique majeure à Joinville.

L’inondation centennale de la Marne de janvier 1910, qui recouvre une grande partie des terrains riverains et oblige à l’arrêt des activités économiques ainsi qu’aux relogements de centaines de familles dans la commune, touche un tiers du territoire municipal et 53 rues sur 89. Perre, qui a déménagé avenue de l’Étoile, à proximité de son ancien atelier, a organisé tout seul le service de sauvetage dans son quartier. Lorsque l’eau commence  se retirer, dans la troisième semaine de février, Perre participe à l’organisation des désinfections.

Du fait de cet engagement, sa santé se dégrade et Perre est absent de la réunion de compte-rendu de mandat du conseil municipal tenue à la fin du même mois. Dans les graves crises qui secouent le groupe radical-socialiste et la municipalité, Perre reste solidaire du maire, Eugène Voisin, malade, et de la majorité sortante mais ne peut plus participer aux activités publiques.

Il n’est probablement pas candidat au renouvellement de son mandat lors des élections municipales de mai 1912, qui voient la défaite des radicaux face à une coalition de dissidents, de libéraux, de conservateurs et de socialistes SFIO. Perre déménage avec sa femme et son fils pour aller habiter à Puteaux, avenue de la République. Il y meurt le 3 décembre 1913, à l’âge de 66 ans et est inhumé au cimetière Montparnasse

Ses obsèques civiles, des délégations du comité radical-socialiste, de la société des Vétérans de la guerre de 1870, et de la libre-pensée de Joinville sont présentes, conduites par Jacob Kauff, autre constructeur de bateaux, le futur maire Georges Briolay et le chimiste Louis Rey. Par contre, signe des tensions persistantes, le nouveau conseil municipal élu en 1912 n’est pas représenté.

Pétrus Perre avait obtenu plusieurs récompenses pour son dévouement, une première fois en août 1887 pour avoir porté secours en 1886 à des personnes en danger de se noyer puis, une médaille de bronze en janvier 1911 pour son comportement lors de l’inondation de l’année précédente. Il reçut également les palmes d’officier d’académie et une médaille d'argent en janvier 1912, à l’occasion de l’inauguration de l’agrandissement de la mairie de Joinville. il allait recevoir la médaille commémorative d’ancien combattant de 1870 lorsque sa mort est survenue.

Joinville sous les eaux en 1870

 

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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 00:01

Début de la biographie de Louis Rey (mise à jour)

Casimir Paul Joseph Rey naît le 2 août 1847 au Cheylard (Ardèche), fils d’un cafetier, Joseph Rey, 35 ans, et de son épouse Marie Royet, 25 ans, ménagère. Il utilisera ensuite le prénom de Louis. Il est de petite taille, mesurant 1m62 selon son livret militaire, ce dont certains de ses adversaires tireront argument.

Après avoir sans doute été apprenti, il est cuisinier au Cheylard, probablement dans le café de son père, au moins entre 1866 et 1868 puis de 1874 à 1875.

Rey effectue un long service militaire, comme soldat au 1er régiment de zouaves à partir de 1868. Il fait toute la campagne contre l'Allemagne de juillet 1870 à février 1871. Son régiment participe à la défaite de Sedan et se replie à Hirson. Il combat ensuite autour de Paris à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) et est fait prisonnier une première fois par les allemands. Il s’évade, rejoint l’armée de la Loire puis celle de l’Est (Bourbaki). Il témoigne qu’ils étaient « partout battus, harcelés après quelques victoires sans lendemain comme à Coulommiers [Seine-et-Marne] le 9 novembre 1870 ou à Villersexel [Haute-Saône] le 9 janvier 1871. »

Arrêté une seconde fois vers Sombacourt (Doubs), il s’évade à nouveau et rejoint la Suisse par Pontarlier puis Les Verrières de Joux. Il est interné à Uzenach, dans le canton de Saint-Gall. Selon son témoignage, 84 422 soldats français sont internés en Suisse, dont 70 à Uzenach. Dans un courrier du 18 février 1871 à un oncle, il s’interroge : « Nous sommes vaincus, mais à quand la revanche ? » Il peut rejoindre la France à la fin de ce mois et réintègre son régiment.

En mars 1871, Rey fait la campagne de l’insurrection arabe en Algérie, selon la terminologie de l’armée, appelée également révolte des Mokrani, qui voit 250 tribus, soit près du tiers de la population algérienne, se soulever à l’appel du cheikh El Mokrani contre l’occupation française. Elle se déroule principalement en Grande-Kabylie. Rey obtient la médaille coloniale. Il est libéré du service militaire en 1873.

À suivre.

Le Cheylard

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 00:01

Début de la biographie de Joseph Jougla.

Joseph Marc Jougla naît le 25 avril 1847 à Eycheil (Ariège). Il est le fils de Marie Justine Peyrat et de François Jougla, dit Magré, instituteur primaire. Bien que peu fortunée, la famille est issue d’une lignée noble. Le titre de baron de Paraza, du nom du village de la Narbonnaise (Aude) dont la famille était issue au 16e siècle, était porté par son arrière-grand-père Henri Elisabeth Jougla (1745-1801), également baron de Lignac. Le fils aîné de ce dernier étant mort sans descendance masculine, c’est son neveu, François Jougla, qui devenait le successeur légitime, puis, à sa mort en 1852, son premier fils, Joseph.

En 1867, Joseph Jougla devient conducteur de travaux des Ponts-et-Chaussées et travaille à Foix, préfecture de l’Ariège. Il continuera de revendiquer cette fonction, même après en avoir démissionné en 1889.

Orphelin et aîné, Jougla est dispensé de service militaire Il est cependant volontaire lors du conflit franco-prussien de 1870 et devient officier d’état-major du génie. Il garde son titre d’officier de réserve jusqu’en 1882.

Toujours à Foix, Joseph Jougla épouse en avril 1874 Marie Joséphine Schmit.

En 1883, Jougla s’associe avec Émile Graffe pour fonder une société de fabrication de plaques photographiques, installée dans un quartier de Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) qui sera rattaché, l’année suivante, à la nouvelle commune du Perreux, avenue de Bellevue. Il réside à proximité, rue des Corluis. En 1887, la société produit les premières pellicules photographiques en celluloïd, ce qui contribue au démarrage de l’industrie du cinéma. À la mort de Graffe en mars 1894 Jougla reprend seul l’exploitation de la société, rebaptisée en 1898 Société des plaques, pellicules et papiers photographiques Joseph Jougla.

Après le décès de sa première épouse en 1887, Joseph Jougla s’était remarié, en février 1890 à Saint-Girons (Ariège) avec Hélène Marthe Jalbert. Il est membre correspondant de la Société d'histoire naturelle de Toulouse depuis 1874 et jusqu’en 1896.

À suivre.

Appareil de prise de vue Jougla, 1901

 

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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 00:01

Édouard Gilles Vautier naît le 5 octobre 1789 à Pantin (act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils de Marie Jeanne Studians et de son époux, Gilles Vautier, commandant de la brigade de la maréchaussée.

Le père, Gilles Vautier (1740-1812), deviendra chef d’escadron et commandant de la gendarmerie impériale de la Seine-Inférieure (act. Seine-Maritime). Décoré en tant que chevalier de la Légion d’honneur, il est également anobli et fait chevalier de l’empire, titre non héréditaire. Son effigie est conservée au Musée des Beaux-Arts de Rouen sous le titre « Portrait d'un officier du 1er empire, M. Vautier », œuvre d’un peintre anonyme ; elle provient d’un don de son fils aîné, Louis Gilles Vautier, fait en 1871.

Édouard Vautier, qui n’est pas marié, vit, à la fin du second empire, avec son frère aîné, Louis Vautier, qui semble être également célibataire, rue de Sévigné à Paris (3e arr.).

Ils semblent jouir d’une certaine aisance et tous deux font des testaments en juillet 1869. Louis Vautier attribue trois mille six cents francs de rente pour moitié à la gendarmerie départementale de la Seine-Inférieure, et pour l’autre moitié à celle de l'Eure. Outre le tableau de son père, il attribue également une rente de cinq cents francs pour créer un prix triennal pour les élèves de l'École municipale de peinture et de dessin de Rouen. Une dernière rente de trois cents francs est destinée aux pauvres de la préfecture normande. Son frère, Édouard Vautier, est son exécuteur testamentaire.

Beaucoup plus modeste, le legs d’Édouard Vautier est une rente de 400 francs faite en faveur de deux vieillards de la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il disposait très vraisemblablement d’une résidence d’été.

Ce don va cependant faire de lui un bienfaiteur de la ville, qui donnera son nom à une rue d’un quartier pavillonnaire, proche des bords de Marne. Son patronyme est également inscrit sur la plaque des bienfaiteurs de la commune, apposée lors de l’agrandissement de la mairie en 1911.

Son frère Louis Vautier meurt, à l’âge de 87 ans, dans leur domicile parisien le 26 janvier 1871, deux jours avant la fin du long siège de Paris et l’entrée dans troupes de la Confédération germanique dans la capitale.

Édouard Vautier lui survivra peu, puisqu’il décède le 15 mars 1871 également à Paris (3e arr.), dans sa 82e année. L’insurrection révolutionnaire de la Commune de Paris débutera trois jours plus tard. Pendant le siège, la population de Joinville avait en grande partie quitté la commune et s’était réfugiée à Paris, où siégeait son conseil municipal.

Ancien bureau de poste à l'angle de la rue Vautier, 1908

 

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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 01:01

Dominique Honoré Hippolyte naît le 12 mai 1825 à Paris (2e arr.) rue Rochechouart. Il est le fils de Mélanie Héloïse Roussel, non mariée. L’union de sa mère avec Dominique Thomas de Féraudy en juin 1827 lui apporte une légitimation.

Les de Féraudy constituent une des familles subsistantes de l’ancienne noblesse française. Elle aurait pour origine le bourg de Thoard, près de Digne, en Haute-Provence (act. Alpes-de-Haute-Provence) et revendique descendre de Raymond Féraudi, troubadour, décédé à Lérins en 1324.

À l’âge de 18 ans, Dominique de Féraudy s’engage dans l’armée en août 1843, rejoignant le 29e régiment d’infanterie de ligne. Rapidement promu dans les grades d’hommes du rang puis de sous-officier, il est sergent-major en février 1846. Il devient officier en octobre 1848, et, alors lieutenant, est nommé instructeur à l’école normale de gymnastique et d’escrime de Joinville-le-Pont en février 1852. Promu capitaine en mai 1859, il est nommé commandant provisoire de l’école en février 1860. Il exercera cette fonction, avec le grade de chef de bataillon jusqu’en octobre 1872, à l’exception de la campagne de France contre les armées alliées de la Prusse, en 1870-1871, qu’il fait avec le grade de lieutenant-colonel.

En mars 1850 Dominique de Féraudy, qui résidait alors à Rosny (Seine, act. Seine-Saint-Denis), épouse à Saint-Aignan (Loir-et-Cher) Élodie Pauline Louise Jargois-Desgranges. S’il reprend une vie civile après une trentaine d’années dans l’armée, il continue de s’intéresser aux questions sportives. Ainsi, en 1878, il est chargé par le ministre de l'instruction publique de l'instruction militaire des lycées. La défaite de 1870-1871 a souligné la nécessité d'organiser réellement et systématiquement l'enseignement de la gymnastique dans les établissements de l'État pour les hommes politiques républicains qui arrivent au pouvoir en 1877.

Il est membre de la Commission de gymnastique et d'exercices militaires, qui promeut par exemple l’installation de stands de tir dans chaque arrondissement parisien en 1880.

La carrière militaire, et spécialement la direction de l’école de Joinville ont valu à de Féraudy de nombreuses distinctions. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en août 1865 puis officier en août 1872. Il est également titulaire de décorations étrangères, étant chealier des ordres de la Couronne royale de Prusse en juillet 1861, de Saint-Olaf de Suède en décembre 1861, des Guelfes du Hanovre en juin 1862, de Saint-Michel de Bavière en mars 1863, d’Adolphe de Nassau en juillet 1863, de Philippe le Magnanime de Hesse-Darmstadt en décembre 1863 et des Saints-Maurice-et-Lazare d’Italie en avril 1864.

L’incursion de Dominique de Féraudy dans la sphère économique privée est plus chaotique. Ainsi, en janvier 1883, il est condamné à un mois de prison pour « complicité d’escroquerie et émission d’actions d’une société irrégulièrement constituée », ce qui lui vaut d’être suspendu pour trois ans du droit de porter la Légion d’honneur et ses décorations étrangères.

Il tente de diriger une entreprise d’assurance, La Prudence financière et d’exploiter un commerce de vin, mais suite à la faillite de ce dernier, il est déclaré insolvable en 1893. Son fils Maurice de Féraudy, sociétaire de la Comédie française, prend en charge une partie de ses dettes, qui s’élèvent à 70 000 francs selon ses déclarations.

Plusieurs procédures vont toucher à sa réputation. La Grande-Chancellerie de la Légion d’honneur met en place, en décembre 1895, une commission d’enquête qui conclut, en février de l’année suivante, que Dominique de Féraudy aurait « par des manœuvres répréhensibles, fait déclarer apte à exercer le commerce une jeune fille de 15 ans dont il était le subrogé tuteur et lui avoir fait céder un fonds de marchand de vin qu’il a dirigé personnellement jusqu’au jour où intervint une liquidation désastreuse pour la mineure ». À l’unanimité, la commission propose de le priver du droit de porter toute décoration française ou étrangère, ce qui est fait par un décret présidentiel du 20 février 1896. Cependant, une décision du Conseil d’État, datée du 20 décembre 1897, casse son exclusion, relevant qu’il n’était en fait pas l’objet de poursuites judiciaires. Il est donc rétabli dans son droit à porter ses décorations.

La même année 1896 voit son fils en vedette d’un feuilleton judiciaire, avec un autre célèbre homme de théâtre, Philippe Garnier. Ce dernier, ayant prêté de l’argent à son père, Maurice de Féraudy se porte garant dans une lettre au contenu sibyllin. Le tribunal correctionnel de Paris s’interroge sur le lexique utilisé : s’agit-il d’une conjonction copulative ou alternative? En effet, Maurice de Féraudy a écrit « Si, soit par accident, soit par impossibilité de sa part, il ne pouvait te rembourser la somme ou partie de la somme, et s'il mourait sans être acquitté complètement vis à vis de toi, tu peux, comme je te l'ai dit de vive voix, compter sur moi. Je prendrai cette dette à mon compte et je te rembourserai, en me réservant seulement de le faire à une époque commode pour moi. »

Le défenseur assure que, son père n’étant pas mort, il n’a pas à rembourser la dette à sa place ; Garnier assure que c’est le cas car, étant insolvable, il ne peut rembourser. Après des débats qui portent sur la comparaison avec le Mariage de Figaro de Beaumarchais, « laquelle somme de deux mille piastres je lui rendrai à sa réquisition dans ce château, et je l'épouserai par forme de reconnaissance. »

Le tribunal, après de longues analyses, ne valide pas cette position dilatoire et condamne en mars 1896 M. de Féraudy à rembourser à la place de son père.

Dominique Honoré Hippolyte de Féraudy meurt le 30 décembre 1899 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), où il résidait boulevard de Strasbourg. Il était âgé de 72 ans et avait eu deux enfants.

Blason de la famille de Féraudy

 

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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 01:01

Suite de la biographie d’Henri Diot.

La campagne électorale municipale de mai 1908 voit s’affronter avec les radicaux-socialistes une liste socialiste SFIO et une liste du comité socialiste évolutionniste, appellation locale d’un groupement d’anciens socialistes (Eugène Hainsselin), de radicaux dissidents (Leteuil) et de conservateurs (Provin). Il y a six élus radicaux dès le premier tour, dont Diot. La majorité radicale remporte 15 sièges supplémentaires au second tour, en laissant un aux opposants (Provin) et un autre à un indépendant (Dr Gripon) ; le premier adjoint sortant, Jullien, radical-socialiste, est battu, Eugène Voisin est réélu.

En plein inondation de la Marne, le 22 février 1910, Diot est secrétaire d’une réunion de préparation aux élections législatives qui réunit 200 à 250 personnes dans le quartier de Polangis, au côté de Gallas, président du comité radical-socialiste. Il fait partie d’une délégation des élus de la banlieue Est de Paris qui vont, en décembre 1910, remercier les sénateurs de la Seine pour l’aide apportée lors des inondations.

La perspective du départ d’Eugène Voisin, maire depuis 1888 et malade, va accélérer les tensions au sein du conseil municipal. Si le comité radical-socialiste est encore uni pour un compte-rendu de mandat en février 1911, la majorité éclate en mars avec un affrontement entre Louis Rey, conseiller municipal et idéologue du mouvement, et Henri Vel-Durand, qui vise la succession du maire à propos d’incidents dans l’école de Polangis. Vel-Durand et les éléments les plus conservateurs du conseil, Mermet, Watrinet, Arnaud et Poitevin font dissidence. Diot se voit remettre en juin 1911 une médaille d’honneur pour 30 ans de mandat.

Cependant, lui aussi va s’opposer à Rey, refusant sa proposition de réaliser un médaillon en bronze de Voisin, à placer dans la salle des délibérations du conseil municipal. Les dissidents attaquaient cette idée, critiquant le fait qu’on gaspille l’argent public et Diot signe leur appel. Il assure : « on ne doit pas statufier les vivants » et critique le fait que Voisin, en tant qu’entrepreneur de fêtes publiques, aurait eu un intérêt à rester maire.

Diot n’est pas réélu lors du scrutin de mai 1912 qui voit la victoire d’une coalition des radicaux dissidents, de libéraux et conservateurs ainsi que des socialistes SFIO face à la majorité sortante radicale-socialiste.

Henri Victor Diot meurt le 1er juillet 1920 à Joinville. Il était âgé de 75 ans. En janvier 1905, il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

Son épouse fut active dans des œuvres humanitaires dans la commune. Un de ses fils, Marcel Diot, comptable, fut, en 1908, secrétaire trésorier du comité radical-socialiste de Joinville. Le deuxième, Charles Diot, reprit l’activité de distillation de son père, développant un établissement en Haute-Marne avec un associé de ce dernier, Schérer.

Fin.

Rue de Paris, Joinville

 

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21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 01:01

Suite de la biographie d’Henri Diot.

Face à une liste du comité électoral socialiste-révolutionnaire, la majorité municipale sortante est une nouvelle fois réélue avec à sa tête Eugène Voisin. Diot arrive en quatrième position, après le maire, son premier adjoint Henri Jullien et un conservateur, Moulinet, avec 660 voix pour 1 096 inscrits.

Il prend part à la campagne législative de 1902, qui voit l’élection d’Adolphe Maujan comme successeur de Jules Ferdinand Baulard. Il est assesseur d’une réunion publique en mars où les radicaux s’opposent à une « bande de nationalistes ». Il est membre du Comité d’union et d’action républicaines de la 2e circonscription de Sceaux, en tant que représentant du groupe radical-socialiste de Joinville, avec Jullien, adjoint au maire, Villain et Leteuil, conseillers municipaux.

En juin 1902, le Comité républicain radical-socialiste de Joinville décide de devenir une structure permanente, suivant la mise en place l’année précédente du parti radical national en tant que formation pérenne. Jusqu’ici, les comités étaient fondés à chaque scrutin. Diot en est membre avec Jullien, Leteuil, Roussel, Salles, Vallat, Vel-Durand, et Villain.

Le même mois, Diot fait partie des 13 élus locaux qui, contre 5 et une abstention, se prononcent contre l’autorisation demandée par les Sœurs enseignantes de la Providence pour leur installation à Joinville.

Le renouvellement du conseil municipal, en mai 1904, voit s’affronter les quatre conseillers municipaux conservateurs qui avaient été intégrés dans la liste Voisin la fois précédente (Dalbavie, Raoult, Provin et Moulinet), une liste socialiste-révolutionnaire et la majorité sortante, qui s’affiche désormais ouvertement comme radicale-socialiste avec le soutien du comité local. Elle revendique « une réprobation énergique du nationalisme et du cléricalisme » en même temps que ses « sentiments démocratiques » et sa « fidélité au vieux programme républicain. »

Comme 14 autres de ses colistiers, Diot est réélu dès le premier tour avec 622 voix pour 1 363 inscrits et 1 119 votants (55,6%). Les radicaux avaient atteints une moyenne de 50,2% face à la droite à 31,9% et aux socialistes à 14,9%. Au second tour, le centre-gauche remporte sept des sièges restant, en laissant un aux conservateurs (Moulinet). En avril 1907, Diot est une nouvelle fois délégué sénatorial.

À suivre.

Rue de Paris, Joinville

 

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 01:01

Suite de la biographie d’Henri Diot.

Le décès, en juillet 1888, de Gabriel Pinson va changer la donne dans la politique locale, le nouveau maire, ancien premier adjoint, Eugène Voisin se rapprochant des radicaux.

Avec une demi-douzaine d’autres joinvillais, Diot est signataire en janvier 1889 d’un appel de l’Union des républicains du canton de Charenton qui soutient le président du conseil général, Jacques, contre le général Boulanger, candidat à une élection législative partielle ; c’est ce dernier qui l’emporte. Diot est membre d’un groupe d’une vingtaine de joinvillais qui s’opposaient au candidat populiste, comprenant le maire et les radicaux de la commune.

Trois conseillers municipaux radicaux, Demeestère, Diot et Henry Vaudémont (élu lors d’un scrutin partiel en avril 1890) rendent compte de leur mandat publiquement de leur mandat en octobre 1890, conformément à un engagement électoral. Ils expliquent leur rôle pour la préservation du projet de tramway, demandent « de faire reboucher la porte du curé », souhaitent l’installation de lanternes d’éclairage public et soutiennent plus généralement « des réformes démocratiques et sociales ».

Les trois radicaux sont élus délégués sénatoriaux en décembre 1890, preuve de leur influence grandissante dans l’assemblée locale, et convainquent leurs collègues de tenir en octobre 1891, pour la première fois,  une séance rendu publique de compte de mandat. Elle est présidée par Jules Ferdinand Baulard, ancien conseiller municipal, conseiller général et futur député radical de la circonscription. Seuls deux élus, de tendance conservatrice, ne s’associent pas à cette initiative.

Le renouvellement de l’assemblée locale, en mai 1892, voit le triomphe des radicaux, conduits par Eugène Voisin, qui remportent 22 des 23 sièges à pourvoir, dont 17 au premier tour, tandis que les conservateurs n’en recueillent qu’un. Diot est élu dès le premier tour avec 362 voix sur 639 suffrages exprimés pour 644 votants. Il est membre des commissions des finances, des marchés d’alimentation, des logements insalubres, de l’octroi ainsi que de la caisse des écoles.

Lors d’une assemblée publique, en octobre 1892 à Joinville, Diot se prononce en faveur du député radical Baulard. Il proteste en novembre 1895 contre la tenue de séances du conseil municipal l’après-midi, ce qui empêche la participation de certains membres. Il participe en novembre 1895 à une souscription en faveur des victimes de la catastrophe de l'usine Bi-Métal de Joinville, qui fait cinq morts après une explosion.

La réélection de la municipalité se fait, en mai 1896, sans opposition, les 23 candidats de la seule liste Eugène Voisin obtenant une moyenne de 800 voix pour 918 inscrits.

L’Union des radicaux-socialistes de la 2e circonscription de Sceaux (département de la Seine), dont Demeestère a été longtemps le président, intègre Diot comme représentant de Joinville dans son bureau en mars 1898. Il est de nouveau délégué sénatorial en janvier 1900.

À suivre.

Usine Bi-Métal de Joinville

 

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