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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 00:01

Deuxième article d’une série de trois consacrés à Edmond Neumann.

D’origine alsacienne, Neumann participe à une liste anti-syndicaliste d’instituteurs patriotes.

Même s’il conserve un pied-à-terre dans le centre de Paris (rue des Halles puis rue Étienne-Marcel, 1er arr.), Neumann s’installe à Asnières (Seine, auj. Hauts-de-Seine) au début du siècle d’abord rue de Châteaudun, ensuite rue du Château.

En 1908, Neumann est élu conseiller municipal socialiste d’Asnières ; le maire, Hector-Gonsalphe Fontaine (radical-socialiste), est préfet des études dans l’école où a enseigné Neumann (HEC). Ce dernier ne se représente pas en 1912. Il constitue en 1909 un comité des Alsaciens-Lorrains pour organiser une fête de Noël et recueillir des offrandes au profit de sa région d’origine.

Neumann a épousé Augustine Vallière. Selon le quotidien La Croix, la vie conjugale de Neumann est tumultueuse. Suite à une querelle, il chasse sa femme et ses enfants du domicile familial d’Asnières le jour de l’an 1910. La semaine suivante, il roue de coups son épouse et la voisine chez laquelle elle s’était réfugiée ; le couple est emmené au commissariat. Ils reprendront cependant la vie commune.

Les capacités linguistiques de Neumann font qu’il est affecté en tant qu’interprète militaire auprès de l’état-major lors de son service national et versé comme officier dans la réserve en janvier 1906. Il exerce cette fonction sans doute pendant la première guerre mondiale. Il est nommé lieutenant dans la réserve en 1925.

Après-guerre, Neumann reprend une activité militante et fonde en octobre 1919 la section d'Asnières, Bois-Colombes et Gennevilliers de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC).

À Asnières, Neumann est un des cadres du mouvement ouvrier. Il crée en février 1919 le groupe d'amis du Populaire, nouveau quotidien socialiste, et joue le 27 juillet un rôle actif dans le congrès rassemblant 18 de ces groupes. En octobre de la même année, il est le deuxième secrétaire du comité de vigilance mis en place par la Fédération SFIO de la Seine. En décembre, il intervient comme orateur lors d’un meeting à Asnières, qui s’insère dans une série de manifestations organisées par la Cgt sur le thème « Paix à la Russie ! Amnistie pour tous. »

À suivre.

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 00:01

La revue Le Vieux Saint-Maur a publié, entre 1946 et 1965, de nombreux articles de l’historien Georges Bousquié (1907-1966). Vingt-neuf d’entre eux ont été classés sous l’intitulé « Histoire de Joinville-le-Pont ».

La première mention de cette Histoire intervient en fait avec le n° 25 paru en 1951. Il porte le n° X. Il faut donc considérer les neuf précédents papiers de Georges Bousquié comme constituant les premières parties de ladite Histoire. Ils ont été insérés à raison d’un par bulletin depuis le n° 16, publié en 1946. Le dernier article porte le n° XXX et est inséré dans le n° 45, édité en 1965. À noter qu’il n’y a pas de n° XXIII au sommaire de la revue.

Entre 1946 et 1965, chaque bulletin du Vieux Saint-Maur comprend un article relevant de l’Histoire de Joinville-le-Pont, à l’exception unique du n° 37 (1957). L’ensemble représente 106 pages.

Les textes sont généralement relativement courts, couvrant 2 à 6 pages de cette revue de petit format. L’ordre de publication n’a rien de chronologique, ni de thématique. L’ensemble constitue une série de tableaux, souvent assez vivants, notamment pour les premiers. Les ultimes insertions sont des reproductions de documents d’archives.

La période couverte va du treizième siècle à la fin du dix-neuvième (très rarement le début du vingtième), mais aucune période n’est traitée de manière complète. Pour les temps antérieurs à la Révolution de 1789, les évènements traités se rapportent parfois à la paroisse de Saint-Maur, la différence entre les villages du Pont (futur centre de Joinville) et de Saint-Maur n’étant pas toujours précise.

Plusieurs personnages font l’objet d’une attention particulière et se voient consacrer des articles : le maréchal Oudinot, le grammairien et maire de la commune, Chapsal et la famille Valliech, qui résidait à Polangis.

Le patrimoine local ne fait pas l’objet d’analyses spécifiques, à deux exceptions notables : la chapelle Saint-Léonard, et les carrières souterraines. On notera que Bousquié a également publié une Histoire de l’ancien pont de Saint-Maur (l’actuel pont de Joinville) dans les Mémoires Paris et Ile-de-France, t. IV (1952) ; ce travail a été repris dans un Hors-série de la revue Le Vieux Saint-Maur en 1955, sous le titre « Spécial Pont de Joinville-le-Pont » ; il n’a cependant pas été numéroté dans la série de l’Histoire de Joinville-le-Pont.

Deux institutions sujettes à des attentions : les écoles du Parangon et du Bois de Vincennes (sports). La ferme de la Faisanderie est aussi évoquée.

L’histoire sociale et économique récente n’est pas traitée, par contre, la manufacture de Saint-Maur et la léproserie qui ont existé pendant l’ancien régime ont droit à des notices.

La toponymie n’est pas oubliée, au travers deux lieux : le quartier de Palissy et le passage du Diable.

Il n’existe pas d’édition complète de l’Histoire de Joinville-le-Pont de Georges Bousquié. Cependant, une brochure, intitulée « Voici Joinville » en reprend une partie ; elle a connu deux éditions, en 1958 puis en 1964, peu avant la disparition de son auteur en 1966.

Les éditeurs de la revue Le Vieux Saint-Maur ont conclu un accord avec la Bibliothèque nationale de France en vue de la numérisation et de la diffusion sur le site Gallica de son contenu.

Les numéros publiés entre 1923 et 1950 sont d’ores et déjà accessibles, comprenant donc les articles I à VIII de l’Histoire de Joinville-le-Pont (mais qui ne figurent donc pas sous ce titre, comme nous l’avons vu plus haut).

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 01:01
Goujon Henri administration collèges
Goujon Henri administration collèges

(Suite de l'article du 30/09/2016).

À côté de ses activités caritatives, Goujon poursuit son travail éditorial. Il publie en 1894 un guide pratique, L’administration des collèges, que « toutes les personnes du métier possèdent » (Le Rappel). Il s’essaie également à un ouvrage plus scientifique, L'Expression du rythme mental dans la mélodie et dans la parole (1907). Si le livre est signalé dans de nombreux organes professionnels, il fait l’objet d’un accueil critique dans la revue jésuite Études, qui considère que « Goujon se borne à un travail de statistique ». La Revue de métaphysique et de morale lui consacre une longue analyse, regrettant que les « études préliminaires remplissent la plus grande partie de cet ouvrage » sans apporter de conclusions.

Placé en inactivité avec traitement en 1908, Goujon prend sa retraite en 1910. Il s’installe à Joinville-le-Pont, où il prodiguera des cours au profit de l’association philotechnique locale, une société d’enseignement populaire active.

Goujon s’engage également en politique. Il est élu, le 11 mars 1911, président du comité radical-socialiste municipal qui compte alors 70 membres. Il remplace Albert Gallas, qui ne se représentait pas. L’organisation radicale est alors en crise, plusieurs de ses élus ayant démissionné tandis que d’autres critiquent ouvertement le maire, Eugène Voisin, son adjoint, Georges Briolay et leur mentor, Louis Rey. Si Goujon lance un appel à l’union, il va se solidariser avec les radicaux de la municipalité et figure, en mai 1911, sur une liste dirigée par René Martin et Paul Purrey, de l’Union des commerçants lors d’un scrutin municipal partiel. Ce sont les dissidents qui l’emportent, avec l’appui des libéraux et des socialistes. Le bureau du comité radical démissionne en juin. Achille Ernest Mermet, l’un des élus ayant fait défection, est élu maire lors de l’élection municipale générale de mai 1912, qui voit une nouvelle défaite des radicaux-socialistes officiels.

Ayant quitté Joinville pour Antony (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine), où il est installé chez un de ses fils en 1914, Goujon, qui était titulaire des Palmes académiques (officier de l’instruction publique), est décoré en juillet de la Légion d’honneur.

Pendant la guerre, il reprend une activité humanitaire. L’association Les Mains blanches, officiellement déclarée en octobre 1915 mais active depuis plusieurs mois, se présente comme la Société française de patronage des prisonniers de guerre. Henri Goujon, qui en est le président et dont deux fils sont retenus en Allemagne, intervient pour assurer l’envoi de colis alimentaires aux prisonniers. Il plaide également pour une bonne application de l'accord de Berne sur les prisonniers de guerre.

Henri Goujon décède peu avant la fin de la guerre, le 28 septembre 1918 à Antony. Il était âgé de 63 ans.

Henri Goujon a eu quatre fils avec son épouse Pauline Louise Bonnon. Fernand (1881-1948) travaille à la préfecture de police de Paris. Henri Marie Daniel (1891-1956) est administrateur colonial, notamment au Togo. Ossian (1892-1968), commissaire, devient président de la Mutuelle des commissaires de police. Roland (v. 1895-1940) est artiste-peintre et illustrateur.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 01:01

Jean Marie Henri Goujon naît le 26 novembre 1854 à La Rochelle (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime). Il est le fils de Juliette Dorlhac et de son époux Alexandre Goujon, contrôleur des contributions indirectes. Selon le documentariste de la police, Jacques Arnal, sa famille serait liée à l’ancien député montagnard de la Convention, Jean Marie Claude Alexandre Goujon (1766-1795).

Après une licence ès-lettres, Henri Goujon intègre l’administration de l’instruction publique, d’abord comme sous-préfet répétiteur (1873-1879), puis comme professeur de collège (1879-1881), enfin comme principal de collège (jusqu’en 1908). Il avait effectué quatre ans de service militaire (1875-1879).

La carrière de Goujon l’amène dans différents villes moyennes, d’abord dans l’Indre (Châteauroux), la Haute-Loire (Le Puy), l’Allier (Montluçon) puis l’Eure-et-Loir (Dreux et Châteaudun). Au cours des six ans passés dans la Marne (Vitry-le-François et Sainte-Menehould), Goujon commence à publier des ouvrages pédagogiques (Sur l'enseignement secondaire des jeunes filles en 1887 ; L'Éducation virile en 1892). Il rejoint Avranches (Manche) où il passera seize ans en tant que principal du collège à partir de 1892, commençant une activité publique intense.

Fin 1894, Henri Goujon crée l'Œuvre du sou des enfants pour permettre au docteur Roux, de l'Institut Pasteur, de vacciner les enfants contre le croup, maladie qui fait alors des ravages. Président fondateur, Goujon est aussi l’unique artisan de l’œuvre qui revendique plus de 600 000 contributeurs en 1914. À cette date, elle aura versé plus de 62 000 francs à l'Institut Pasteur, permettant ainsi 900 inoculations gratuites par an et 18 000 en 20 ans. Le don moyen aurait donc été de 11 centimes, soit un peu plus de deux sous. Avec l’appui du ministre de l'Instruction publique, Georges Leygues, Goujon demandait aux enfants de lui verser un sou, les instituteurs lui transmettant les collectes. Après l’encouragement du Président de la République, Casimir-Périer, à la fin de l’année 1894, « son courrier est un des plus volumineux de France » (selon Le Petit Parisien). L’initiative, saluée avec enthousiasme par la majorité de la presse, fait cependant l’objet de réserves dans des journaux de gauche. Ainsi, Le Socialiste de la Manche, tout en se défendant de « taquiner le Goujon », met en cause son « goût trop prononcé de réclame personnelle » et sa proximité avec les autorités administratives, politiques et ecclésiastiques.

En 1900, Henri Goujon est à nouveau à l’initiative de L’Étoile universitaire, qui veut défendre les écoliers contre l’alcool. Elle revendique, en 1914, 103 sections et 3 000 membres. Il participe à ce titre au premier Congrès national contre l'alcoolisme à Paris, le 29 octobre 1903.

Lors de la constitution, en mars 1903, d’une section de la Ligue des Droits de l'Homme à Avranches, Henri Goujon est élu vice-président.

(A suivre)

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 01:01
Jean-Marie Molette, instituteur pratique

Jean-Marie Molette naît à Paris le 15 avril 1781. Il vit à Paris (1er arr.) où il épouse Julie Albertine Lavenue, avec laquelle il aura trois enfants. Il exerce la profession d’instituteur et s’installe à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (future Joinville-le-Pont) au milieu des années 1820.

Molette reprend la direction de l’École Longin puis la transfère de la rue de Laval, à Paris et l’installe rue de Paris à Joinville-le-Pont. L’école a pour professeur Louis Ferdinand Rousseau, futur maire de Joinville, qui épouse Désirée, fille de Molette après la mort de son premier mari, Adrien Théodore Quirot, également professeur.

L’institution, qui a pris le nom de Molette, se développe et compte 30 pensionnaires en 1841 contre 15 en 1836, son enseignement a un caractère pratique, qui la distingue des établissements principalement théoriques. Elle sera reprise par son gendre puis par son petit-fils, qui en feront l’école du Parangon, un établissement laïque, qui développera à la fin du siècle un enseignement colonial.

Figurant sur la liste des électeurs censitaires de la commune, Molette est proposé une première fois par Jacmart, maire, en remplacement d’élus décédés en 1830 mais n’est pas désigné. En mai 1837, il est élu au second tour de scrutin avec 20 voix sur 37 votants et 61 inscrits lors du renouvellement de la moitié des sièges. Laurent Nicolas Pinson est alors le maire de la commune, rebaptisée Joinville-le-Pont en 1831.

Lors du scrutin de février 1843, Molette est réélu, cette fois dès le premier tout, avec 29 voix.

Molette, qui était sous-officier de la garde nationale, est nommé chevalier de la Légion d’honneur en août 1839. Il meut à Joinville le 5 mars 1851, à l’âge de 69 ans. Une rue de la commune, reliant la rue de Paris au quai du Barrage, est depuis dénommée « rue Molette. »

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