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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 16:26

Charles Émile Cornu naît le 1er mai 1860 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Louise Léonie Lecourbe, plumassière, et de son mari, Louis Auguste Émile Cornu, sculpteur.

Comme son père, Charles Cornu va être sculpteur, résidant dans l’Est parisien (rue de Belleville puis rue Oberkampf), épousant en août 1888 à Paris (3e arr.) Louise Augustine Labiche, institutrice. En 1892, il a obtenu le deuxième prix du concours de la Réunion des fabricants de bronze à Paris pour une Tête de faunesse. Il est principalement ornemaniste et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il y réside en 1916 dans le quartier de Palissy, avenue Gille, une voie nommée d’après un autre sculpteur céramiste, Jean Marie Gille (1798-1868). Son fils Émile Auguste Cornu vit avec lui.

En juin 1930 Charles Cornu participe à une souscription en faveur des victimes des inondations du Midi.

Les sources existantes ne permettent pas de savoir si c’est lui – qui a 69 ans – ou son fils, alors âgé de 39 ans, qui est candidat sur la liste de concentration républicaine, de tendance conservatrice, conduite par le maire sortant, Stephen Durande. Devancée dès le premier tour par le Cartel des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants) qui obtient 42,8% des suffrages exprimés, la liste de droite a 38,8% tandis que les communistes se situent à 18,4%. Au second tour, les communistes reculent à 12,5%, la concentration républicaine gagne 5 élus avec 41,6% des votes, les gauches en ayant 22 avec 45,9%. Cornu, qui n’est pas élu, avait recueilli au premier tour 877 voix pour 2126 exprimées (41,2%) sur 2969 inscrits.

En novembre 1932 Cornu est membre du Comité d’union républicaine et d’action sociale, dont Émile Lecuirot devient président, et qui rassemble la plupart des tendances de la droite et du centre-droit dans la ville. Il participe en février 1935 à la transformation du comité en Union des républicains, groupement à la vocation uniquement municipale. Cornu en est nommé archiviste. La nouvelle union va progressivement se situer plus à droite, rompant en avril 1935 l’union précédemment établie avec les radicaux-socialistes, à cause, selon elle « des fusillades du 6 février, des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons. »

Toujours au nom de de l’Union des républicains, présidée par René Kirbühler, Cornu signe à la même date, un Appel à la séparation de l’administration municipale et de la politique, qui réclame la diminution des charges écrasantes, l’atténuation des dépenses publiques, la simplification des rouages administratifs et l’application des lois sociales.

On retrouve en mars 1936 Cornu en tant que membre d’un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix qui soutient la candidature d’Adolphe Chéron, député radical indépendant et ancien ministre, pour les élections législatives ; il sera battu par le communiste André Parsal.

En mars 1938, Cornu fait partie des 12 électeurs sénatoriaux, tous de droite, délégués par le conseil municipal.

Charles Émile Cornu meurt le 12 janvier 1941. Il était âgé de 80 ans. Son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville-le-Pont.

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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 00:01

Camille Albert Bachelet naît le 13 janvier 1861 à Paris (3e arr.). Il est le fils de Julie Albertine Catherine Bachelet, teinturière ; le mariage de sa mère avec Pierre Raoult en février 1865 légitime sa naissance.

Il va servir dans l’armée française, étant promu en mai 1888 au grade de sous-lieutenant dans le 4e régiment de zouaves. Il quitte l’armée en 1890 et, basculé dans la réserve, est nommé lieutenant en 1900, affecté au service du chemin de fer.

En février 1897 Camille Raoult, propriétaire, épouse à Paris (16e arr.) Joséphine Anne Bassez, née en 1849 dans la ville, alors occupée par l’Allemagne de Metz. Elle est la sœur d’Adèle Eugénie Bassez, née en 1845 dans la même ville et décédée à Joinville en octobre 1896, qui était la compagne de Raoult. L’importante différence d’âge entre les sœurs Bassez et Raoult est masquée lors de leurs déclarations aux agents recenseurs ; entre 1896 et 1911, Adèle est rajeunie de 14 ans et Anne de 10 ans.

À partir de 1896, Camille Raoult est représentant de commerce, représentant de Deutsch et compagnie. Il vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), 35, rue de Paris, au moins depuis 1886 et fait construire à cette adresse un immeuble de rapport en 1893. Il exerce plusieurs activités sociales dans la commune : membre du bureau de la 740* section de la société d’anciens combattants Les Vétérans, trésorier de la société de tir en 1886, membre fondateur et secrétaire en 1890 de L’Espérance, société littéraire, musicale et dansante.

En mai 1900, Raoult est candidat sur la liste républicaine, soutenue par le comité radical-socialiste et conduite par Eugène Voisin, maire sortant. Elle emporte les 23 sièges à pourvoir, face à une liste du comité électoral socialiste-révolutionnaire. Raoult obtient 547 voix, le maire en recueillant 704.

Cependant, Raoult s’écarte rapidement sur le plan politique de ses collègues du conseil municipal, majoritairement radicaux. En mars 1902, il préside une conférence de Léon Fatoux, candidat nationaliste aux élections législatives et membre du comité directeur de la Patrie française. L’hebdomadaire radical Voix des communes l’accuse de faire partie d’une « bande de nationalistes » dont il serait « l’homme à tout faire » et lui reproche d’avoir tenté d’empêcher de parler Adolphe Maujan, le candidat radical aux mêmes élections lors d’une autre réunion publique. Au sein du conseil municipal, Raoult est le seul à s’abstenir lors d’un vote contre l’autorisation d’installation des Sœurs enseignantes de la Providence en juin 1902 ; 13 élus votent contre et 5 approuvent l’installation.

Toujours dans Voix des communes, Raoult est identifié en juin 1902 comme Fatouillard de Camors, pseudonyme d’un rédacteur du journal Liberté de Saint-Maur, conservateur. Il lui est reproché d’être un « conseiller félon », qui combat à outrance Voisin après avoir sollicité une place sur sa liste.

En juillet 1902, Raoult est le candidat de sa famille politique dans le canton de Saint-Maur pour les élections au conseil d’arrondissement de Sceaux. Il recueille au premier tour 1121 (38,7%) contre 1653 à Henri Vel-Durand, alors radical-socialiste et futur maire de Joinville. Il y avait 2894 votants sur 8788 inscrits. Le second tour, organisé du fait de la faible participation, voit la victoire de Vel-Durand par 1631 voix contre 967 à Raoult.

Lors des élections municipales de mai 1904, Raoult fait partie d’un groupe de quatre conseillers dissidents de la municipalité sortante, avec Dalbavie, Provin et Moulinet qui montent une liste concurrente de celle du maire, qui lui s’affiche très clairement radical-socialiste. Même si cette liste prétend ne pas vouloir de politique au conseil municipal, ses adversaires estiment que cette position cache « le nationalisme, le cléricalisme et la réaction ». Une liste socialiste-révolutionnaire (Lacroix, Lebègue) est également de la partie.

La liste de droite aura un seul élu, Moulinet. Raoult recueille 391 voix pour 1119 votants sur 1363 inscrits, soit 34,9%.

Après sa défaite, Raoult quitte Joinville en 1906. Il est propriétaire à Paris d’un immeuble  113, rue de Ménilmontant (20e arr.) qui est exproprié en février 1914 lors de l’élargissement de la voie. Il est alors domicilié à Vétheuil (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise).

Camille Raoult meurt le 6 mars 1918 à Vétheuil. Il était âgé de 57 ans et n’avait pas eu d’enfant.

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26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 00:01

Hélène Augustine Merger naît le 6 mars 1883 à Metz, en Lorraine alors occupée et rattachée à l’empire allemand. Elle est la fille d’Anne Ternus et de Joseph Auguste Merger.

En février 1909 Hélène Merger épouse, toujours à Metz, Henri Jean Baptiste Pérignon, pharmacien.

Fonctionnaire au service des pensions, où elle est agent d’ordre et de comptabilité, Hélène Pérignon est attachée, en 1929, au secrétariat particulier du ministre du Travail et de la Prévoyance sociale, Louis Loucheur.

Installée avant 1928 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Hélène Pérignon y exerce des responsabilités sociales. Elle est cette année-là membres du bureau de la section de Joinville Saint-Maurice de la Mutualité maternelle de Paris. Pendant la deuxième guerre mondiale, elle s’engage dans la Croix-Rouge.

C’est présentée comme « dame de la Croix-Rouge » qu’Hélène Pérignon est désignée par arrêté préfectoral du 20 février 1942 conseillère municipale de Joinville. Elle est la seule femme parmi les 20 membres du conseil, nommés en exécution de la loi du 16 novembre 1940 qui a supprimé leur élection ; Léon Lesestre, élu en 1935, a été redésigné comme maire. Pérignon est ainsi la première femme à exercer une activité politique officielle dans la commune.

Comme les autres personnes désignées par les autorités de Vichy, Pérignon voit son mandat prendre fin quand le Comité local de Libération de Joinville prend possession de l’hôtel de ville le 20 août 1944. Une délégation spéciale provisoire est instituée le 26 septembre 1944, qui compte également une femme sur 27, la future maire de la ville, Amélie Trayaud.

Hélène Pérignon, veuve depuis 1943, meurt à Paris (20e arr.) le 13 mars 1964. Elle était âgée de 81 ans.

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 01:01

Chéri Édouard Alexandre Arnaud naît le 11 août 1875 à Paris. Il est d’abord sellier à Paris, reprenant l’activité de son père, Jean Chéri Arnaud ; il se présente ultérieurement comme négociant et enfin comme industriel. Marié avec Charlotte Louise, Chéri Arnaud a un fils, Charles Édouard, mort à 17 mois en 1912 et une fille, Angèle.

Installé à Joinville-le-Pont au début du vingtième siècle, dans le quartier de Polangis (avenues Jamin puis. du Château), Arnaud s’engage en mai 1908 sur la liste conduite par le maire sortant, Eugène Voisin, et soutenue par le comité radical-socialiste. Il est élu au second tour de scrutin avec 574 voix pour 1188 suffrages exprimés (48%) sur 1363 inscrits. La liste radicale a 22 élus sur 23 face à une liste de droite (Moulinet, Provin, Dalbavie) qui emporte un siège et une liste socialiste (Lebègue, Lacroix).

Cependant, dès 1909, Arnaud se montre critique vis-à-vis de la majorité radicale, et notamment de son animateur, Louis Rey. Ce dernier estime dans l’hebdomadaire radical Voix des communes (1911/12/08) que « Arnaud était un genre de m’as-tu-vu qui acceptait d’être conseiller municipal comme il aurait accepté d’être tambour-major de la Garde nationale, pourvu qu’il fût bien en évidence. »

Chéri Arnaud est président d’une société lyrique joinvillaise, La Pensée, en 1908. Il est également à la tête d’une structure de prévoyance, l’Assurance fraternelle en 1910. En 1913, il devient président de l’association humanitaire Union fraternelle des communes de Saint-Maur, Joinville et Saint-Maurice (ancienne société Saint-Nicolas). Lors des inondations historiques de la Marne en janvier 1910, Arnaud est très actif dans l’organisation des secours ; son quartier de Polangis est très largement submergé.

À l’occasion d’une crise déclenchée en 1911 suite à un incident dans une école, dénoncé par Rey, Arnaud rejoint Henri Vel-Durand, Beauvais, Poitevin, Watrinet et Mermet pour s’opposer frontalement au maire et à la majorité des radicaux-socialistes. Il plaide pour le remplacement du maire, qu’il estime trop âgé (il a alors 76 ans et se retirera l’année suivante). Arnaud donne se retire du comité radical-socialiste en février 1911. Avec six collègues, il démissionne du conseil municipal en mars 1911 ; il est réélu en avril avec le soutien des radicaux dissidents, de la droite locale et des socialistes SFIO.

Lors du scrutin municipal général de mai 1912, Arnaud figure sur la liste de Mermet, chef de file des radicaux dissidents, qui fusionne au second tour avec les libéraux et les socialistes SFIO pour emporter les 23 sièges face aux radicaux-socialistes.

Pendant la première guerre mondiale, Arnaud, qui a 39 ans, est mobilisé, d’abord au ministère de la guerre puis, en 1915, dans un régiment du génie.

Lors du scrutin municipal de novembre 1919, il figure sur la liste d’union républicaine et sociale, qui regroupe des radicaux dissidents, dont le futur maire Henri Vel-Durand, adjoint sortant, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants. Elle s’oppose à une liste libérale ainsi qu’à une autre soutenue par la SFIO et remporte la totalité des sièges.

Au cours des élections suivantes, en mai 1925, Arnaud est candidat en septième position sur la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, qui regroupe les anciens radicaux dissidents et les conservateurs ou libéraux. Elle obtient au premier tout 1080 voix en moyenne pour 2275 suffrages exprimés, soit 47,5% ; il y avait 2761 inscrits. Face à elle, le cartel des gauches coalisait les radicaux-socialistes, la SFIO et des socialistes indépendants et recueille 648 voix, soit 28,4% ; la liste du Bloc ouvrier et paysan se classait troisième avec 480 votes (21,1%). Au second tour, Arnaud et tous ses colistiers sont élus. Vel-Durand, reconduit au poste de maire, décède en cours de mandat. Lors des élections partielles organisées en septembre 1928 pour le remplacer, c’est une liste du cartel des gauches qui remporte les trois sièges vacants (le radical-socialiste Briolay, le socialiste indépendant Scornet et le socialiste SFIO Roger) face à celle des vainqueurs de 1925 et à une liste communiste – dont les votes seront partiellement invalidés, car elle comprenait une candidate, ce qui était alors interdit. Stephen Durande, candidat de la majorité de 1925, est cependant élu maire.

Lors des élections générales qui suivent, en mai 1929, Arnaud sollicite le renouvellement de son mandat en se présentant sur la liste de concentration républicaine, dirigée par Stephen Durande. Dans une même configuration que celle de 1925, la liste de droite est distancée au premier tour avec une moyenne de 825 voix alors que le cartel des gauches en a 910 et les communistes 391. Malgré le maintien des candidats Pcf, la gauche socialiste et radicale accentue son score au second tour, avec une moyenne de 1025 suffrages, 929 pour la municipalité sortante et 278 pour les communistes. Si la liste de concentration républicaine garde cinq sièges, Arnaud et Stephen Durande sont battus ; avec 22 sièges, Georges Briolay, l’héritier d’Eugène Voisin, défait en 1912, prend sa revanche et devient maire.

Arnaud était titulaire de plusieurs décorations : médaille de bronze pour actes de dévouement pendant les inondations de la Marne en 1910, médaille d'argent toujours pour actes de dévouement en 1925 ; mention honorable de la mutualité en 1913 ; chevalier du Mérite agricole en 1911 et officier en 1926.

Chéri Édouard Alexandre Arnaud meurt le 25 février 1931 à Joinville. Il avait 55 ans.

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 01:01

Pierre Constant Bigot naît le 7 décembre 1820 à Passy (Seine, act. Paris 16e arr.). Il est le fils de Marie Jeanne Houet et de son époux Jean François Bigot.

Ouvrier lunettier en 1840, Pierre Bigot deviendra opticien et fabricant d’instruments d'optique. En juin 1858, il fait breveter ses perfectionnements dans la fabrication des longues-vues.

Marié en avril 1849 à Belleville (Seine, act. Paris 18e arr.), il va s’installer, avant 1875, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Paris.

Lors d’élections municipales partielles en 1879, rendues nécessaires par trois postes vacants et la démission d’un adjoint au maire (Jules Marchais), Pierre Bigot est élu conseiller municipal de Joinville. Le maire est le républicain modéré Gabriel Pinson. Au sein du conseil, Bigot retrouve un autre ouvrier lunettier, François Blaize, fondateur d’une coopérative, la Société des lunettiers, ancêtre de la multinationale Essilor.

En septembre 1879, Bigot se range aux côtés du maire dans le conflit qui déchire le conseil municipal à propos d’une initiative d’Alphonse Demeestère qui a lancé une souscription en faveur d’un ancien communard, libéré et malade, Alfred Morandy. La majorité de l’assemblée locale adopte une motion dans laquelle douze élus (sur 21) « blâment sévèrement le citoyen Demeestère » avec lequel se solidarisent, par contre, les élus les plus progressistes comme Diot et Vaudey.

Lors des élections municipales générales de 1881, Bigot est réélu, toujours avec Pinson comme maire. Il quitte le conseil municipal en 1884.

Après la mort de Pinson en juillet 1888, Bigot s’associe à l’appel d’un « groupe d’électeurs de la commune attachés aux institutions républicaines », eux aussi d’opinions modérées, en faveur de la candidature du mécanicien Amédée Gosset à l’élection municipale partielle qui suivra. Un commentateur radical apprécie ainsi la candidature de Gosset : « L’homme est sympathique (…) Ses capacités sont moyennes, son ambition des plus modérées, ses idées d’un progressisme médiocre. »

En mai 1892, Bigot s’associe à la liste conservatrice Barborin-Bocquentin, qui s’oppose à celle du maire sortant, qui avait pris la succession en cours de mandat de Pinson, Eugène Voisin, lequel a le soutien des radicaux-socialistes. La liste du maire obtient une moyenne de 360 voix pour 639 suffrages exprimés sur 644 votants, soit 56,4% et a 14 élus au premier tour ; les opposants, qui recueillent une moyenne de 141 votes (22,1%) au premier tour n’envoient qu’un seul des leurs au conseil, Moulinet. Bigot avait obtenu 164 suffrages (25,7%). La liste de droite ne conteste pas au second tour les six sièges restant, qui reviennent aux radicaux.

Pierre Bigot meurt le 15 juillet 1903 à Joinville, à l’âge de 82 ans.

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 00:01

Henri Léon Pélissier naît le 19 mars 1861 à Paris (7 arr.). Il est le fils de Joséphine Carossio, blanchisseuse et de son mari, François Esprit Pélissier, cuisinier.

En 1880, Henri Pélissier est fleuriste à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) où il a un premier enfant avec Pauline Louise Sadoux, couturière. Il s’installe près des parents de sa compagne, sur l’île Fanac à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), a un deuxième enfant et commence à travailler dans le même secteur que son beau-père et son beau-frère, en tant que constructeur de bateaux, des canots pour la promenade sur la Marne.

Après avoir épousé à Joinville en décembre 1886 Pauline Louise Sadoux, il obtient le certificat d’aptitude à l’enseignement de la gymnastique et devient professeur d’éducation physique en 1887 ; il exercera jusqu’en 1915. Il est directeur de la société d’instruction militaire et de gymnastique de Joinville-Champigny de 1887 à 1892.

Loueur et constructeur de canots, enseignant la natation et vivant sur une île située au milieu de la Marne, Pélissier va être témoin de très nombreux accidents de navigation, la Marne étant une destination prisée par les parisiens les week-ends de beau temps, navigateurs amateurs peu aguerris.

En 1894, il obtient une première médaille pour avoir participé à des sauvetages de personne risquant de se noyer ; tout au long de sa vie, il obtiendra au moins huit récompenses officielles, participant à 34 sauvetages, retirant 80 personnes de l’eau. Lors de l’exposition universelle de 1900, il préside le jury de sauvetage. Au cours des inondations de 1910, Pélissier est allé chercher 200 personnes dans leurs maisons inondées dans des circonstances périlleuses.

Dès 1903, Pélissier va jouer un rôle public significatif. Il représente les sociétés locales pour féliciter le maire, Eugène Voisin, décoré de la Légion d’honneur.

Il est candidat lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville sur la liste, de tendance nationaliste, menée par quatre conseillers municipaux sortants (Dalbavie, Raoult, Provin et Moulinet), dissidents de la municipalité radicale d’Eugène Voisin. Ce dernier est cependant reconduit, sa liste remportant 22 des 23 sièges à pourvoir et 50,2% des suffrages exprimés au premier tour, face à la liste de droite qui a un élu (Moulinet) et recueille 31,9% tandis que la liste socialiste obtient 14,9% des voix. Pélissier, avec 356 votes pour 1119 votants et 1363 inscrits, avait atteint 31,8%.

Pélissier est de nouveau candidat en mai 1908 sur une liste patronnée par un comité socialiste évolutionniste, qui comprend des libéraux (Provin), des socialistes dissidents de la SFIO (Hainsselin) et d’anciens radicaux (Leteuil). Sa liste obtient un siège (Provin) et 31,8% des suffrages exprimés. Les radicaux-socialistes d’Eugène Voisin gagnent à nouveau avec 21 élus et 64,7% tandis que les socialistes SFIO font 4,6% et qu’un indépendant est élu. Pélissier était crédité de 406 voix soit 30,8%.

C’est en mai 1925 que Pélissier va être élu sur une liste d’Union républicaine de centre-droit, conduite par Henri Vel-Durand, qui obtient au premier tour 47,5% des suffrages exprimés devant le cartel des gauches (radicaux-socialistes et socialiste, 28,4%), et les communistes (21,1%).

De nouveau candidat en mai 1929 aux côtés du successeur de Vel-Durand, Stephen Durande, sa liste a cinq élus pour 41,6% des suffrages exprimés au second tour et est battue par le cartel des gauches (Georges Briolay) avec 22 élus et 45,9%, les communistes recueillant 12,5% des votes. Pélissier n’est pas élu.

À l’occasion d’un scrutin partiel en octobre 1934, Pélissier figure sur une liste de Républicains indépendants, proche de la majorité municipale, qui se situe au second rang avec 25,5% des suffrages exprimés et se retire devant la liste de Concentration républicaine (37,0%) qui l’emporte au second tour. La liste socialiste SFIO (17,6%) laisse également la place à la liste communiste Pcf (17,8%).

Six mois plus tard, Henri Pélissier retrouve l’Union des républicains (droite) de Léon Lesestre qui est en tête au premier tour, se situant à 32,6% des suffrages exprimés, devant le Groupement des gauches républicaines de Briolay (26,8%) ; elle l’emporte au second tour devant l’union des listes communiste et socialiste qui avaient obtenu respectivement 23,5% et 12,3%. La liste conservatrice emporte 25 sièges, et deux communistes entrent au conseil. Pélissier retrouve son poste au sein de l‘assemblée municipale.

Exerçant la fonction de prud’homme marinier, Pélissier est désigné comme électeur sénatorial en avril 1938. Il présidait depuis 1908 la Chambre syndicale des constructeurs et loueurs de bateaux du département de la Seine.

Henri Léon Pélissier meurt le 14 mai 1939 à Joinville. Il avait cinq enfants dont un, Louis Paul, poursuivra son activité de constructeur de canots. Il était chevalier de la Légion d’honneur, titulaires des Palmes académiques (Officier d’académie puis Officier de l’instruction publique), médaille d'or de l’éducation physique et médaille d'or du sauvetage.

canots en 1907

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 00:01

Article repris et modifié le 20/11/2018.

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 01:01
Albert Bocquentin, héritier d’une dynastie centenaire

Louis Albert Antonio Bocquentin naît le 23 avril 1842 à Paris (1er arr.). Il est le fils de Louis Claude Bocquentin et de Marie Charlotte Bouclet. Sa mère est la petite-fille de Laurent François Pinson (1755-1814), maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (future Joinville-le-Pont) ; elle est également la nièce de Laurent Nicolas Pinson (1788-1867), également maire de la même commune, et de Charles Hippolyte Pinson (1793-1881), qui fut adjoint au maire et élu pendant plus d’un demi-siècle de ladite ville. Elle est enfin la cousine de Gabriel Pinson (1835-1888), lui aussi maire de Joinville.

Lorsqu’il se fait élire conseiller municipal de Joinville-le-Pont (anc. Seine, Val-de-Marne) en mars 1890 lors d’une élection municipale partielle, Albert Bocquentin prend donc la succession de son cousin, Gabriel Pinson, mort en fonctions moins de deux ans auparavant. Il continue une présence de la famille au sein de l’assemblée locale, initiée par son arrière-grand-père et ininterrompue depuis 1791.

Dès son élection, Bocquentin se montre actif, critiquant une subvention à une exposition horticole, transmettant des plaintes sur des questions de salubrité, réclamant une modification des séances du conseil (qui se tenaient habituellement en journée, horaire incommode pour des personnes travaillant à Paris comme lui. Il s’affiche anticlérical, réclamant une enquête sur une soi-disant école clandestine tenue par des sœurs. En août 1890, il devient vice-président de la société musicale L’Espérance, dont son beau-frère Jules Alger est le président. Cependant, le conseiller municipal radical-socialiste Henry Vaudémont lui reproche, dans l’hebdomadaire Voix des communes, de se contenter de prendre des billets mais de ne pas participer au bal qu’organise cette société en avril 1892, supposant qu’il ne veut « pas se mêler dans une société moins select que celle que ses goûts raffinés et sa situation de fortune lui fait aimer à fréquenter. »

Lors du scrutin général municipal de mai 1892, Bocquentin prend avec le docteur Jean Barborin la tête d’une liste d’opposition au maire sortant Eugène Voisin et aux radicaux-socialistes qui le soutiennent. Sa liste obtient en moyenne 141 voix, soit 22,1% des 639 suffrages exprimés. Elle n’aura qu’un seul élu sur 23, Honoré Moulinet. Bocquentin lui-même recueille 190 votes, soit 29,8%.

Albert Bocquentin épouse en 1872 à Paris (11e arr.) Annette Sticht. Il va se lier ensuite étroitement avec Jules Alger, qui se marie en 1880 avec la sœur de sa femme, Marie Sticht. Les époux Bocquentin, qui n’ont pas d’enfants, élèvent au moins en partie la fille aînée du couple Alger, prénommée également Annette. Albert Bocquentin est le témoin de tous les actes d’état-civil de la famille Alger entre 1880 et 1891.

Les affaires de Bocquentin se situent principalement dans le négoce de produits métalliques, mais aussi dans la production.

Il s’associe en 1883 aux frères Dépensier, qui exploitent une fabrique de serrurerie et quincaillerie pour meubles à Saint-Dizier (Haute-Marne) avec un magasin à Paris (11e arr.), rue Sedaine. La société va déposer de très nombreux brevets jusqu’à sa dissolution en juin 1891. Bocquentin va continuer à déposer des brevets d’invention, notamment en 1900 pour un système de machine dynamo électrique.

En 1894, il demande l'autorisation d'exploiter, à la limite de Saint-Maur, Joinville et Saint-Maurice, une usine pour l'élaboration des goudrons d'origines diverses pour la fabrication de la vaseline. Il s’agit d’un établissement classé du fait de sa dangerosité, soumis donc à enquête publique. Un rapport du docteur Bitterlin souligne les risques de contamination de l’eau, incendie et explosion, ce qui amène le conseil municipal de Joinville à voter une protestation à l’unanimité en juin de cette année. Bocquentin obtiendra cependant l’agrément pour son établissement après une nouvelle enquête à l’automne de cette même année. En 1897, il apport l’activité, exercée jusqu’ici en nom propre, à une société A. Bocquentin et Cie. C’est celle-ci qui fait faillite en février 1900 ; un concordat est homologué en juillet de la même année, le tribunal de la Seine décidant en décembre de la séparation de biens d’avec son épouse.

Albert Bocquentin quitte sans doute Joinville après 1903, année où il est âgé de 61 ans. La date et le lieu de son décès ne sont pas connus.

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 01:01
Jules Alger, négociant conservateur

Jules Joseph Alger naît à Paris (8e arr.) le 3 juin 1853. Il est le fils d’Adam Alger et de son épouse Marguerite Wibrotte,

Vivant alors rue du Faubourg Saint-Antoine où il est employé de commerce, Alger épouse en janvier 1880 Marie Sticht. Il va se lier très étroitement avec Albert Bocquentin, négociant, qui avait épousé huit ans auparavant Annette Sticht, sœur de sa femme. Bocquentin sera le témoin pour l’état-civil de tous les évènements familiaux entre 1880 et 1891.

Après son mariage et la naissance de ses deux premiers enfants, il s’installe à Joinville-le-Pont (anc. Seine, Val-de-Marne) en 1882 ; les trois autres y naîtront. Alger devient, en août 1890, président de la société musicale L’Espérance, dont Bocquentin est le vice-président. Elle organise des bals et concert dans le quartier de Palissy.

Lors du scrutin municipal de mai 1892, Bocquentin s’associe au docteur Barborin pour constituer une liste conservatrice, d’opposition au maire sortant radical, Eugène Voisin. Elle obtient en moyenne 141 voix, soit 22,1% des 639 suffrages exprimés. Alger, qui a suivi son beau-frère, recueille 238 voix ; la liste aura un seul élu (Moulinet), la municipalité sortante remportant les 22 autres sièges.

Alger a créé une activité de négoce de papier en gros rue Basfroi à Paris (11e arr.). Il rencontrera des difficultés, puisqu’il est mis en liquidation judiciaire en juillet 1900 ; un concordat d’apurement des dettes est signé en septembre de la même année. En décembre, la séparation de biens d’avec sa femme est prononcée. Ils continuent cependant d’habiter ensemble avec leur quatre enfants survivants, dont une, l’aînée, habite également chez sa tante, épouse Bocquentin, qui n’a pas eu d’enfants.

Le fils aîné, Fernand Alger, est tué un mois après le début de la première guerre mondiale ; son nom figure sur le monument aux morts de Joinville, commune que ses parents avaient sans doute quittée après 1903.

La date et le lieu de décès de Jules Alger ne sont pas connus.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 01:01
Honoré Moulinet, un conservateur, 24 ans au conseil municipal de Joinville

Honoré François Moulinet naît le 28 février 1836 à Saint-Jouin-de-Blavon (Orne). Il est le fils de Jean François Moulinet de son épouse Anne Jacqueline Jardin.

Il s’établit comme marchand de bois à Joinville-le-Pont (anc. Seine, Val-de-Marne), où cette activité est traditionnellement importante, et épouse en juillet 1882 à Levallois-Perret Cornélie Morin, veuve de Jean François Hauducoeur. Ils vivent dans le quartier nouvellement créé de Polangis, sur la rive gauche de la Marne (route de la Brie puis avenue du Parc).

Moulinet est élu dès le premier tour le 7 mai 1884 sur la liste du maire sortant républicain de Joinville, Gabriel Pinson. Il obtient 385 voix sur environ 450 suffrages exprimés, face à une liste qualifiée de réactionnaire qui en recueille 56 en moyenne. Tous les candidats de sa liste sont élus. Moulinet est, avec Gobin et Bleunard, un des trois représentants du nouveau quartier de la villa Palissy, sur la rive gauche de la Marne, dont le lotissement a débuté en 1860, parmi les 21 membres du conseil municipal. En 1891, ce quartier compte près de 600 personnes recensées sur un total municipal de 3 850 environ.

Un conflit éclate entre la municipalité et le conseil de fabrique (administration de la paroisse catholique), qui démarre en juillet 1884 à propos des sommes qui seraient indûment conservées par le curé sur les recettes des pompes funèbres. Moulinet fait partie, avec Brillaux, Martin et Carpentier, des quatre conseillers municipaux qui refusent de voter pour l’engagement des poursuites contre les gestionnaires paroissiaux.

Le scrutin de mai 1888 voit s’opposer une liste républicaine, dirigée par Gabriel Pinson, et une autre soutenue par le comité radical-socialiste, dont le plus en vue est Demeestère. La liste de la municipalité sortante emporte 18 sièges, dont 17 au premier tour, les radicaux-socialistes complétant le conseil avec trois élus. Moulinet avait recueilli 345 votes, soit plus que la moyenne de la liste Pinson sur laquelle il figurait (302).

Lors d’une réunion de compte-rendu de mandat en avril 1892, Moulinet et un conseiller élu lors d’un scrutin partiel en 1890, Bocquentin, se désolidarisent de la municipalité, désormais conduite par Eugène Voisin, qui a remplacé Pinson, décédé en 1888. Ils vont susciter une liste conservatrice, conduite par le docteur Jean Barborin, tandis que le maire obtient l’appui des radicaux-socialistes. Moulinet jouit d’une certaine popularité, et Henry Vaudémont, journaliste dans l’hebdomadaire radical Voix des communes, et candidat sur la liste du maire estime que Moulinet « est sympathique à tout le monde ». Il sera le seul de sa liste à entre au sein de la nouvelle assemblée, recueillant dès le premier tour 327 voix sur 639 suffrages exprimés (51%) pour 644 inscrits, bien au-dessus de la moyenne de sa liste (141, soit 22%).

Le scrutin suivant, en mai 1896, voit Moulinet rejoindre la liste d’Eugène Voisin, qui est élue sans opposition. Henry Vaudémont, qui le range parmi les « braves gens » considère qu’il s’occupe surtout de son bois, c’est-à-dire de ses affaires professionnelles.

Réélu en mai 1900 toujours sur la liste du maire, Moulinet figure au quatrième rang, derrière les deux adjoints. Il obtient à nouveau un score important, ses 663 suffrages le plaçant en second derrière le maire (704). Lors d’un vote pour l’autorisation d’un établissement des Sœurs enseignantes de la Providence, en juin 1902, Moulinet fait partie des cinq élus qui votent pour (avec Dalbavie, Cosson, Provin et Boileau), contre la majorité, nettement anticléricale.

La division va perdurer lors de la constitution des listes pour le scrutin suivant. Quatre des dissidents (Dalbavie, Raoult, Provin et Moulinet) constituent une liste qualifiée de réactionnaire par les radicaux-socialistes du maire sortant (auquel Boileau fait allégeance). Au cours du vote, la liste radicale d’Eugène Voisin remporte dès le premier tour 15 des 23 sièges à pourvoir dès le premier tour, et en ajoute sept au second. Moulinet est à nouveau le seul de sa liste à retourner siéger au conseil. Pour 1363 inscrits et 1119 votants au premier tour, il obtient 431 voix (38,5%), soit plus que la moyenne de sa liste qui se situe à 31,9%, derrière la liste radicale de Voisin (50,2%) et devant la liste socialiste incomplète (Lacroix, Lebègue) à 14,9%.

Alors qu’il siégeait depuis 24 ans au conseil municipal, il ne se représente pas en 1908.

Honoré François Moulinet meurt le 14 août 1913 à Joinville. Il était âgé de 77 ans.

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