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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 00:01

Début de la biographie de René Martin

René Charles Martin naît le 27 janvier 1877 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Maxence Berthe Martin et d’Eugène Martin, négociant en vins, qui est en même temps son oncle et son époux. Entre 1870 et 1900, Eugène Martin sera conseiller municipal de Joinville pendant 23 ans, se positionnant au centre-droit.

Si les opinions de Martin semblent résolument conservatrices, sa première intervention publique connue se fait dans un hebdomadaire radical-socialiste, Voix des communes, qui critiqua parfois vertement son père. Le 26 juin 1897, il fait publier un article sur « Le privilège de la Banque de France », qu’il critique. Son argumentation tortueuse laisse entendre que les élus de l’extrême-gauche parlementaire (socialistes et la tendance progressiste des radicaux-socialistes), en s’opposant à l’élection de banquiers à la chambre des députés, favoriseraient les actionnaires privés de la Banque de France, dont ils conforteraient ainsi le privilège : « Le voilà bien le mouvement social, le voilà bien. Il marche à pas de géant, d’un géant, hélas !... qui serait écrevisse. »

Dans le numéro suivant, le directeur du journal, Gaston Meynet, ancien maire d’Alfortville, réagit après avoir compris que la personne visée était en fait Jules Ferdinand Baulard, député radical-socialiste de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux, qui couvre Alfortville et Joinville notamment. Meynet assure que, trompé par la critique de la Banque de France, le texte avait « échappé à [son] contrôle habituel ». Il rectifie les propos de Baulard, qui voulait « que la Chambre fût uniquement composée de gens honnêtes et fermement attachés aux principes de la démocratie ».

Le 10 juillet, René Martin réplique que « Le peuple, plus éclairé, ne se laissera plus prendre au piège de vos pompeuses banalités ». Meynet conclut : « on ne saurait (…) avouer plus clairement que ne l’a fait M. René Martin ses tendances réactionnaires et l’intention bien arrêtée de placer, au mépris de la vérité et des plus simples convenances, une plaisanterie de fort mauvais goût contre un homme digne de respect. »

Engagé volontaire pour trois ans dans l’armée, servant au 82e régiment d’infanterie à partir de novembre 1897, il quitte cependant le service dès septembre 1898, en tant qu’élève diplômé des Hautes études commerciales (HEC), où il avait été admis en 1894. Il a le grade de caporal. Dans la réserve, il devient sergent en avril 1899, sous-lieutenant en juillet 1901 puis officier d'administration de 3e classe dans l’intendance en février 1906 et officier d'administration de 2e classe dans les subsistances en avril 1908.

Martin, qui a repris l’activité de distillateur de son père et dispose d’une évidente aisance, acquiert en juin 1900 le célèbre restaurant d’Honoré Jullien sur l’île Fanac, à Joinville, ainsi qu’un hôtel rue des Corbeaux (act. av. des Canadiens), en bordure du Bois de Vincennes.

Il investit, avec un autre distillateur joinvillais et conseiller municipal radical-socialiste, Henri Diot, dans la sucrerie de Baron, dans l’Oise. Avec Schérer, il fait partie en 1911-1913 des trois associés de cette raffinerie.

A suivre

La sucrerie de Baron, Oise

 

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 01:01

Suite de la biographie de Louis Gallas.

Au moment du déclenchement de la première guerre mondiale, selon Voix des communes, Louis Gallas criait devant la mairie de Joinville : « Allons à Berlin, venger nos mères et nos fiancées ». Il rejoint son régiment à Melun (Seine-et-Marne) puis est affecté à Gaillac (Tarn). Il semble avoir des problèmes de discipline, car il est emprisonné et doit rendre ses galons de sergent en janvier 1915. En avril, de nouveau simple soldat à Albi (Tarn), il doit embarquer depuis la Provence vers l’Orient, mais il se plaint de devoir faire le trajet à pieds sac au dos. Son régiment prend place, en juin, sur le bateau le Jemappes, en partance pour les Dardanelles, où il est fusilier. Mais il rentre dès octobre, blessé grièvement, et ayant retrouvé un grade de caporal. Il rentre en convalescence prolongée à Joinville. En avril 1916, il épouse à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) Madeleine Émilie Bourrier.

Affecté dans l’Hérault pour participer à l’instruction des nouveaux soldats, il rejoint en juin l’école de gymnastique de Joinville comme élève officier. Il en sort sous-officier, en septembre 1916, comme aspirant au 176e régiment d’infanterie de ligne. Il est de nouveau en congé en février 1917 pour une maladie qui fait suite à sa blessure de 1915. Il est démobilisé en mars 1919 et est cité à l’ordre du régiment.

Revenu à la vie civile, Louis Gallas reprend les consultations juridiques gratuites qu’il s’était engagé à faire en 1912. Cependant, il renonce, en novembre 1919, à solliciter le renouvellement de son mandat municipal. Il l’explique dans une lettre publiée par l’hebdomadaire Union régionale : « Obligé par l’exercice de ma profession d’avocat à quitter Joinville et à habiter Paris, je ne pouvais plus, pour le présent, m’occuper utilement des affaires municipales de Joinville. Je me suis rendu compte ces derniers mois qu’il m’était impossible d’assister régulièrement aux séances du conseil par suite des difficultés de transport. »

S’il n’est plus candidat à Joinville, peut-être est-ce lui qui est opposé, lors de ce même scrutin à Paris (12e arr.), au socialiste SFIO Jean Morin dans le quartier de Bercy ? Gallas, républicain d'union nationale, obtient 930 voix pour 2610 votants (35,6%) sur 3478 inscrits, son concurrent de gauche étant réélu dès le premier tour.

Il continue à assumer des fonctions juridiques dans l’Est parisien. Ainsi, en décembre 1919, il est nommé suppléant des juges de paix de Saint-Maur-des-Fossés. En décembre 1920, il est président de la commission arbitrale du canton de Vincennes qui statue sur des indemnités à accorder aux propriétaires dont les biens ont souffert de la guerre.

Plusieurs interventions politiques de Gallas sont mentionnées dans les années 1920. En octobre 1924, il défend, devant le Congrès des Forces économiques, « l’idée de patrie, facteur d'une civilisation avancée, conduit au rapprochement des peuples, par le respect mutuel que se doivent les patries » et s’élève « contre la lutte des classes ». En janvier 1926, il participe à une conférence de la Fédération républicaine à Romorantin (Loir-et-Cher).

Résidant à Paris d’abord rue du Sahel (12e arr.), puis rue Ledru-Rollin (11e arr.), Gallas met en location puis en vente ses propriétés de Joinville-le-Pont, qui comprenaient une propriété de 10 pièces sur un terrain de 1300 m², et un pavillon de 4 pièces. Il semble avoir du mal à les céder, car il baisse à plusieurs reprises les prix location et de vente dans les annonces qu’il publie.

Après le décès de sa première épouse, Louis Gallas se remarie en juillet 1937 à Paris (11e arr.) avec Pauline Jeanne Marguerite Sanimorte.

Nommé adjudant de réserve en 1925, Louis Gallas est promu officier assimilé de justice militaire adjoint en avril 1930. Rayé des cadres en avril 1939, il reprend cependant du service pendant la deuxième guerre mondiale. Il intègre en janvier 1940 la direction du contentieux et de la justice militaire puis, après l’armistice, en septembre de la même année, le tribunal militaire de la 5e région (Paris).

Louis Gallas meurt le 24 mai 1958 à Mortcerf (Seine-et-Marne). Il était âgé de 71 ans. En juillet 1932, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur.

Fin.

 

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 01:01

Suite de la biographie de Louis Gallas.

Lors des élections municipales de mai 1912 à Joinville, Gallas patronne une liste de droite avec Dalbavie (conservateur) et Bitterlin (royaliste). Elle fusionne pour le second tour avec la liste socialiste SFIO et les dissidents radicaux. La liste d’union emporte au second tour les 23 sièges à pourvoir (6 libéraux et conservateurs, 7 socialistes et 10 radicaux dissidents). Gallas est élu conseiller municipal et Dalbavie devient adjoint au maire, Ernest Mermet.

Pendant la campagne, Gallas s’attaque aux francs-maçons, assurant que « ceux-ci ont imposé leur volonté au comité radical ». Début 1914, Gallas est désigné à deux reprises comme électeur sénatorial.

Désigné comme candidat lors d’une réunion à Joinville en octobre 1913, Gallas se présente aux élections législatives d’avril 1914 sous l’étiquette de la Fédération républicaine, le principal parti de la droite libérale et conservatrice, dans la 2e circonscription de Sceaux. Il a cependant deux concurrents de même tendance, Jules Auffray, ancien député libéral de Paris et Léon Daboncourt, soutenu par les comités libéraux et patriotes, mais ce dernier se retire avant le scrutin.

Le député sortant Albert Thomas, socialiste SFIO, élu en 1910, dispute le scrutin de 1914 avec un radical, Adolphe Chéron. Avec 1 746 voix pour 19 490 suffrages exprimés (9,6%) sur 25 040 inscrits, Gallas arrive en 4e position et se retire au second tour en faveur d’Auffray (16,2%) tandis que Chéron (25,7%) se désiste pour Thomas (49,1%). Ce dernier est réélu au second tour et deviendra ministre plus tard.

Les premières plaidoiries mentionnées par la presse se situent en juin 1910. Mais c’est en juillet de la même année qu’il participe à un procès qui a une dimension politique certaine, celui des grévistes du Bi-Métal. La cause semble manifestement étrangère aux convictions de Louis Gallas, mais la très grande proximité entre l’usine et le domicile de ce dernier explique certainement qu’il ait été sollicité.

Le 19 janvier 1910, la majorité des 240 ouvriers se mettent en grève avec l’appui de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux. Le syndicat est affilié à la Confédération générale du travail (Cgt), fondée en 1895 et unifiée en 1902 avec la fédération des bourses du travail. Les demandes consistent en une revalorisation des salaires. Le conflit deviendra violent, illustrant la rudesse des rapports sociaux au début du vingtième siècle. Il aura des échos à la Chambre des députés comme dans toute la presse.

Le syndicaliste-révolutionnaire Gaspard Ingweiller, qui dirige la grève en tant que secrétaire de l’Union des métaux, s’exprime ainsi : « Les métallurgistes s'étant aperçus qu'un foyer de jaunisse existait à l'usine de canalisation électrique de Joinville-le-Pont, décidèrent d'accord avec les autres organisations en grève, de prendre de vigoureuses mesures de prophylaxie pour éteindre le foyer infectieux, considérant qu'il vaut mieux prévenir que guérir ». Les jaunes désignent les non-grévistes embauchés par la direction.

En juillet 1910, la 9e chambre du tribunal correctionnel de la Seine, à Paris, juge onze membres du comité directeur de la grève pour entraves à la liberté du travail. Le tribunal s’interroge notamment sur la façon dont il faut interpréter la « machine à frictionner » annoncée dans une affiche des grévistes. Parmi les avocats, on compte des personnalités socialistes comme Jean Longuet, gendre de Karl Marx et Pierre Laval, qui deviendra plus tard premier ministre du maréchal Pétain. La presse relève l’habileté de la défense de ses clients par Me Gallas. Huit inculpés sont cependant condamnés à des peines qui vont de 15 jours de prison avec sursis à six mois fermes pour le dirigeant syndicaliste.

À suivre.

Un atelier de l'usine Bi-Métal de Joinville en 1910

 

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 01:01

Début de la biographie de Louis Gallas.

Louis Henri Désiré Gallas naît le 20 juillet 1886 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).Il est le fils de Marie Geneviève Gabrielle Moreau et de son époux Désiré Prosper Aimé Gallas, négociant à Paris. La famille est établie rue du Canal.

Il fait des études à Paris, tout en pratiquant le football avec l’Union Carolingienne qui joue sur un terrain du plateau de Gravelle à Joinville.

Louis Gallas devance son service militaire en s’engageant pour trois ans dans l’armée en septembre 1905 au sein du 31e régiment d’infanterie, basé à Melun (Seine-et-Marne). Cependant, il est démobilisé un an plus tard, en tant qu’étudiant en droit avec le grade de caporal ; il est promu sergent dans la réserve en mars 1907.

Devenu avocat vers 1908, Louis Gallas soutient une thèse de doctorat en droit. Elle est publiée en 1912 et porte sur le thème Du droit de réponse en matière de Presse. Il s’inscrit comme avocat à la cour d’appel de Paris.

C’est en 1909 que Louis Gallas s’engage publiquement dans l’action politique, en faisant la campagne pour les élections législatives complémentaires dans la 2e circonscription de Sceaux (Seine) en faveur d’Émile Blondont, également, avocat à la cour de Paris, membre de la Fédération républicaine. Blondont est le candidat des républicains progressistes et libéraux dont le président est Pierre Dalbavie, futur adjoint au maire de Joinville. Gallas cosigne le programme de Blondont avec Jean Contoux ; il s’oppose à la création d’une retraite ouvrière et à l'impôt sur le revenu ; il défend par contre l'augmentation du budget de la guerre, agitant le spectre de l'Allemagne. Le scrutin est organisé parce que le député radical-socialiste, Alphonse Maujan, est devenu sénateur. Les autres candidats sont Albert Thomas, socialiste SFIO, et Amédée Chenal, radical-socialiste. Blondont arrive en troisième position avec 16,2% des suffrages exprimés, il se retire au second tour qui voit la victoire de Chenal.

Membre du comité républicain libéral, Louis Gallas devient, en mai 1909, président de la Fédération des Comités républicains indépendants de la 2e circonscription de Sceaux, qui regroupe des organisations de droite des communes de Saint-Maur, Charenton, Nogent-sur-Marne, Le Perreux ou Joinville. Il organise des conférences publiques, comme en juin à Saint-Maur sur l’impôt sur le Revenu. La fédération est affiliée à l’Alliance libérale.

Gallas est également rédacteur à l’Écho républicain, journal réactionnaire à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), dirigé par Jean Contoux. Il polémique régulièrement avec Louis Rey, chroniqueur dans l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes, qu’il traite de « gnome au ruban rouge », se moquant de sa petite taille et mettant en doute les qualités qui lui ont valu la Légion d’honneur. Rey reproche une alliance tactique avec les socialistes SFIO contre la municipalité radicale joinvillaise, Gallas assure qu’il a toujours voté à droite. Rey prédit : « C’est l’apanage de la jeunesse riche d’être dans l’opposition ; vous êtes réactionnaire, vous deviendrez républicain, radical, c’est l’évolution », mais il assure le respecter : « On peut être adversaires et non ennemis. »

Après la disparition de l’Écho républicain, Gallas participe à la refondation, encore à Saint-Maur, d’un nouvel organe, le Courrier libéral. Il attaque un autre radical, Henri Vel-Durand, qu’il traite de juif et poursuit ses mises en cause de Rey. Au début de 1911, une crise provoque la scission du conseil municipal entre les fidèles du maire malade, Eugène Voisin, soutenu par Rey et Georges Briolay, et un groupe de dissidents comprenant notamment Vel-Durand et Ernest Mermet. Les socialistes SFIO et les libéraux de Gallas se rapprochent des dissidents.

À suivre.

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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 01:01

Charles Escaille naît le 28 octobre 1806 à Murat (Cantal). Il est le fils de Catherine Chanson et de son époux, Charles Escaille, aubergiste. Il se fera ensuite appeler Hippolyte, certainement pour se différencier de son frère et homonyme, né trois ans plus tôt et avec lequel il s’associera.

Après avoir fréquenté l’école privée religieuse de l’abbé Poilou, rue de Vaugirard, il épouse Marguerite Sophie Mauny en juin 1834 dans l’église Saint-Denys du Saint-Sacrement de Paris (3e arr.). Ils auront trois enfants.

En février 1836, il crée avec son frère aîné Charles une société pour exploiter un commerce de nouveautés, dont il assure la gestion. Elle est dissoute en juillet 1840 et Hippolyte en assure la liquidation. Il cesse peu après son activité professionnelle et vivra de ses revenus en tant que propriétaire. Il vit rue Croix-des-Petits-Champs (3e arr.) puis rue Daval (11e arr.).

En 1851, la famille Escaille achète une résidence secondaire à Limeil, commune de Limeil-Brévannes (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne). Leur troisième enfant y naîtra. Quelques années plus tard, ils vont acquérir une autre résidence d’été, cette fois à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue du Canal.

Tiré au sort à deux reprises, Hippolyte Escaille siège dans des jurys d’assises en avril 1846 et juillet 1855. En janvier 1869, il est nommé par décret membre du conseil municipal de Joinville. Il est élu à la même fonction en septembre 1870, après la proclamation de la République, et fait partie des 16 titulaires de l’assemblée locale, dont Auguste Courtin, conservateur, est le maire. Lors du scrutin de juillet 1871, Escaille n’est pas réélu.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, des combats font 2000 morts à Champigny-sur-Marne et Joinville. La population de la commune avait été évacuée et la municipalité siégeait à Paris d’abord rue du Bac (7e arr.) puis boulevard Voltaire (11e arr.). Le pont de Joinville avait été détruit. La ville a ensuite été occupée par les troupes allemandes.

Disposant d’une évidente fortune, Escaille se déplaçait fréquemment à Nice et montrait des dispositions charitables : pour les orphelins d’Auteuil (1878), les écoles chrétiennes et les pauvres de Paris (1879) ou les œuvres de sœur Rosalie (1880). Il fait, en mars 1889 une donation de 2.000 francs au Bureau de bienfaisance de Joinville, ce qui lui vaudra d’avoir son nom gravé sur la plaque des bienfaiteurs de la commune apposée en mairie en 1911.

Charles Hippolyte Escaille meurt le 18 février 1891 à Paris (8e arr.) en son domicile d’hiver, 49, avenue des Champs-Élysées. Il restait toujours inscrit sur les listes électorales de Joinville. Il était âgé de 84 ans et avait perdu son épouse l’année précédente.

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 01:01

Suite de la biographie de Georges Piot.

Parallèlement à sa carrière athlétique, Piot prit une part active à l’organisation de l’aviron en France. En août 1927, il mobilise quelques rameurs fortunés pour fonder, toujours dans l’ile Fanac, à Joinville,  côté de la SN Marne, une section d’aviron de l’Association sportive de la Bourse. Elle construit son club-house à la place de l’ancien établissement de danse Tanton et adopte les couleurs bleu et or. Lucien Gautier en est l’entraîneur. En avril 1936, a section est transformée en une société autonome, sous le titre de Club Nautique de la Bourse. Georges Piot est désigné comme secrétaire général et président de la Commission sportive. Henri Banos, champion de France 1936, est licencié du club mais Piot continue de courir pour la SN Marne.

En août 1930, Georges Piot est élu président du Comité des régates Internationales de Paris (CRIP). Reprenant une structure dans une situation financière déficitaire, il en assure le redressement. Il organise les championnats de France d'aviron en août 1931 puis le même mois ceux d'Europe dans le bassin de Suresnes, avec douze nations, 55 embarcations et plus de 200 rameurs.

C’est Piot qui prend l’initiative du match d’aviron Paris-Milan en septembre 1934. Il s’implique fortement dans la préparation des rameurs pour les Jeux olympiques de 1936, mettant l’accent sur les défauts de l’entraînement français en comparaison des rameurs anglais ou allemands. En décembre 1935, Piot abandonne sa fonction exécutive et est nommé président d'honneur du CRIP.

Il accède, en janvier 1936, à la présidence de la Fédération des sociétés d'aviron de la région parisienne. Saluée par les athlètes et la presse, son élection est cependant, selon le quotidien Excelsior, accompagné de vives polémiques, estimant que « Ce n'est pas, en effet, sans une certaine appréhension, sans un peu d'amertume que les anciens dirigeants voient les jeunes s’immiscer dans la direction de nos fédérations sportives. Surtout lorsque les nouveaux promus apportent un programme de réformes et désirent imposer leur compétence ». Le commentateur Roger Millaud considère que « beaucoup de dirigeants pensent « 1900 » et agissent mollement alors qu'il faut penser « 1936 » et préparer les champions de demain. »

Dès le mois de mars, le nouveau président, M. Georges Piot, fait adopter l'institution d'un brevet de rameur scolaire et met l’accent sur l’éducation au sein des clubs, insistant sur leur ouverture aux scolaires. Il supervise ainsi le développement de à l'entraînement des élèves par la SN Marne avec son dirigeant, Émile Lecuirot, et les professeurs Hansotte ou Briday.

Entre 1934 et 1939, Georges Piot collabore régulièrement au quotidien parisien Le Journal. Il signe également des tribunes ou accorde des entretiens à plusieurs grands organes de presse (Le Figaro, Excelsior, la radio PTT…).

Pendant la deuxième guerre mondiale, Georges Piot est, en décembre 1939 affecté spécial à l’entreprise Camions Bernard à Arcueil (Seine, act. Val-de-Marne). Il est démobilisé de fait de cette fonction en novembre 1940.

Après son retour à la vie civile, Georges Piot reprend ses fonctions à la présidence de la Fédération Parisienne d’aviron. Il est désigné, en avril 1942, comme vice-président de la Fédération française d'aviron.

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, Georges Piot commente en juin 1948 dans le quotidien L’Aube l’état des installations sportives françaises, notamment du bassin de Suresnes qu’il fit aménager : « jetons un pleur sur ses installations défuntes et les belles tribunes, muées en carcasses informes, tout à fait zone. »

Après le décès de son épouse en novembre 1966, Georges Piot se remarie en mai 1976 à Valence-sur-Baïse (Gers) avec Suzanne Marie Jeannine Bruno.

Georges Piot meurt le 5 avril 1980 à Créteil (Val-de-Marne). Il résidait probablement toujours à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 83 ans et avait eu une fille de son premier mariage. Georges Piot était titulaire de la Croix de guerre avec étoile de bronze. Il avait été décoré de la médaille d'argent de l’Éducation physique en juin 1930 puis de la médaille d'or en janvier 1932.

Fin.

Georges Piot en 1934

 

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27 juin 2019 4 27 /06 /juin /2019 01:01

Début de la biographie de Georges Piot.

Georges Piot naît le 14 septembre 1896 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Delphine Angelina Robillard et de Louis Piot, marchands de vin avenue de Clichy. La famille s’installe en 1900 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où elle exploite un établissement rue du Pont, dans le quartier du Centre. Le père meurt en mai 1907.

Mobilisé pendant la première guerre mondiale en avril 1915, Georges Piot sert d’abord dans l’infanterie puis, devenu sergent en octobre 1916, est affecté à un escadron du train en janvier 1919 ; il est démobilisé en septembre de la même année. Il sera ensuite, dans la réserve, maréchal des logis chef en décembre 1930. Pour son courage dans la transmission des renseignements, Piot est cité à l’ordre du régiment et décoré.

Mesurant 1 m 81 pour 76 kilos en 1922, Georges Piot est un athlète pratiquant différents sports : natation, cyclisme, course à pied, mais surtout l’aviron. Il quitte d’ailleurs le domicile maternel pour s’installer en 1921 sur l’île Fanac à Joinville, d’abord chez un autre rameur, Robert Gault, puis dans son propre domicile, à proximité immédiate du garage de la Société nautique de la Marne (SNM), où il est licencié.

En août 1920, Piot remporte la Traversée de la Marne à la nage, course réservée aux membres de la SNM. En juin 1921, l’équipe junior Démaré et Piot gagne la course de sa catégorie dans les régates internationales tenues dans le bassin d’Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine). Cette fois dans une formation à quatre Piot est vainqueur avec Poix, Démaré et Bouton des championnats de Paris d'aviron à Juvisy (Seine-et-Oise, act. Essonne) en août 1921.

Le mariage de Georges Piot avec Laurentine Eugénie Julien, dite Linette, modiste est célébré en août 1922 à Paris (18e arr.). Le quotidien La Presse s’en réjouit, tout en émettant le vœu qu’il « reste à l'aviron ». Sur le plan professionnel, Piot est employé de banque ; il va travailler à la Bourse de Paris.

Effectivement, Piot poursuit sa carrière sportive, devant champion de Paris d’aviron en compagnie de Demaré en août 1922. En « quatre », il est victorieux de la Traversée de Paris avec Maurice Bouton, Demaré et Bocahut en avril 1923. Les mêmes remportent en mai la même année la Journée des fondateurs. Lors des Régates internationales tenues à Argenteuil en juin du même millésime, Piot et Demaré sont vainqueurs, à la fois en « deux » et en « quatre », de nouveau avec Bouton et Bocahut. Le mois suivant, les mêmes remportent aussi les championnats de Paris d’aviron à Juvisy et, en août, les championnats de France.

Comme d’autres sportifs de la commune, notamment parmi les rameurs Émile Lecuirot, Georges Piot va s’engager dans la politique municipale. Il est membre de la commission de préparation du programme du futur Comité d’union et d’action républicaines, qui regroupe les membres de l’Union des républicains de gauche (droite) ainsi que des radicaux et des socialistes indépendants. Cette commission, créée en avril 1923, est présidée par le maire, Henri Vel-Durand et comprend notamment François Decrombecque, ouvrier mécanicien et champion de marche à pied.

Le programme, adopté en mai la même année, préconise « à l’intérieur, maintien et développement méthodique des lois démocratiques et sociales actuelles : lois scolaires, défense des lois laïques ; loi de séparation à maintenir dans son intégralité ; lois d’assistance et de retraites, mise au point de la loi des retraites ouvrières par cotisations de l’État et des patrons seuls ; lois protectrices de l’enfance ; enseignement gratuit à tous les degrés par l’augmentation du nombre de bourses accordées seulement au concours, la bourse devant comprendre l’entretien complet de l’élève ; assainissement de la situation financière en diminuant l’inflation et en établissant des impôts mieux assis et surtout mieux perçus, maintien de l’impôt global et progressif sur les revenus, suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires (…), compression des dépenses publiques surtout militaires (…) ; interdiction d’importation pour tous les produits de première nécessité (céréales, bestiaux, légumes, sucres) ; le comité est l’adversaire du communisme ; favorable au syndicalisme, s’il abandonne ses idées révolutionnaires ; opposé à la réaction royaliste. À l’extérieur, soutien au gouvernement. »

Lors de la constitution officielle en avril 1925 de ce comité, présidé par Félix Soulié, Piot fait partie des douze membres fondateurs.

À suivre.

Demaré et Piot en 1922

 

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19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 01:01

Ernest Édouard Delmarle naît le 22 décembre 1872 à Sceaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils de Victorine Delmarle et d’un père non dénommé. Sa mère se marie en mai 1888 à Paris (11e arr.) avec Eugène Gillot, entrepreneur d’ébénisterie, qui le reconnaît.

Le service militaire d'Ernest Gillot se déroule dans un régiment d’infanterie à Sens (Yonne) entre 1893 et 1896. Il est nommé caporal en septembre 1894 puis versé dans la réserve en tant que vélocipédiste dans le 5e régiment de génie (Versailles).

Devenu ébéniste, comme son père, et résidant à Paris (11e arr.), rue Oberkampf, Ernest Gillot épouse en septembre 1899 à Douai (Nord) Marie Désirée Guillon, fille d’un capitaine d’artillerie.

Pendant la première guerre mondiale, Gillot va servir dans les activités automobiles. Il est classé dans un service auxiliaire, toujours lié à l’automobile, à partir de septembre 1916 pour obésité et emphysème, ce qui le rend inapte à la conduite. Nommé maréchal des logis en octobre 1917, il est libéré de ses obligations militaires en octobre 1919.

Après la première guerre mondiale, la famille Gillot vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ernest Gillot est devenu électricien en 1921 et ses deux filles, nées en 1902 et 1903 à Paris (11e arr.), sont devenues dactylographes.

En 1925, Gillot est membre actif de l’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, qui regroupe la droite à Joinville. Il est trésorier du groupe et participe aux réunions pour la constitution de la liste municipale, conduite par le maire sortant, Henri Vel-Durand. Au premier tour, la liste sur laquelle se présente Gillot obtient en mai 1925 1 080 voix en moyenne, soit 47,5% des suffrages exprimés, devançant le cartel des gauches (socialistes et radicaux-socialistes) à 28,4% et les communistes à 21,1% ; tous les candidats sont élus au 2d tour faces aux radicaux, après le retrait des communistes.

Le programme de la liste, sur laquelle Gillot figure sous la mention ancien commerçant et résidant avenue du Bac, dans le quartier de Polangis, est axé sur l’application des lois de laïcité « sans rigueur et sans sectarisme », sur le maintien de l’octroi pour les marchandises entrant dans la commune ainsi que l’économie dans les dépenses budgétaires.

Selon le journal radical-socialiste Voix des communes, « le conseiller Gillot n’aime pas les fonctionnaires, surtout les petits » ; cet hebdomadaire, opposé à la municipalité joinvillaise, cite un propos qu’il aurait tenu : « le premier boueux pourrait remplir les fonctions d’employé municipal. »

C’est sur proposition de Gillot de la décision qu’en juin 1927 est abrogée une décision, pourtant prise par la même municipalité deux ans plus tôt, assimilant le personnel communal à celui de la ville de Paris et du département. Il s’oppose le même jour, contre la majorité locale, au réajustement des salaires des employés de la mairie.

Au cours des séances de l’assemblée locale, Gillot intervient régulièrement : sur la largeur des trottoirs de son avenue en novembre 1925 ; sur l’entretien de l’éclairage public un an plus tard ; sur la création d’une police du canotage « avec des contraventions, pour réduire les accidents » en décembre 1926 ; sur l’apprentissage de la natation dans les écoles en août 1927 et sur la création, qu’il n’obtiendra pas, d’un poste de professeur de dessin pour les écoles en janvier 1928.

En juillet 1927, Gillot participe à une réunion de propagande des Jeunesses patriotes, ligue d'extrême droite fondée par Pierre Taittinger qui s’affirment républicaines, mais dénoncent la carence du gouvernement contre le communisme. Tenue à Joinville, la réunion aurait rassemblé 400 selon l’hebdomadaire Gazette de l’Est.

Lors des élections municipales de mai 1929, Gillot ne figure pas sur la liste de droite conduite par Stephen Durande, qui a succédé à Henri Vel-Durand, mort en cours de mandat. Comme son collègue Antoine Liou, avec lequel il a défendu plusieurs positions lors de son mandat, Gillot se présente cependant de manière isolée, avec l’étiquette « radical indépendant ». Il obtient 195 suffrages exprimés pour 1 715 votants (11,4%) sur 2 491 inscrits au premier tour de scrutin. Au second tour, la liste du cartel des gauches, conduite par Georges Briolay, l’emporte avec 22 sièges sur celle de la municipalité sortante (5 élus) et sur les communistes.

En novembre 1932, Gillot est membre de la commission de propagande du Comité d’union républicaine et d’action sociale, structure de la droite locale, qui soutient Adolphe Chéron, député.

Toujours à Joinville, Gillot, est président de la Mutualité scolaire au moins à partir de 1927. Il exerçait toujours la fonction en 1946 et sans doute jusqu’à son décès. La Mutualité scolaire est une des principales sociétés de secours mutuels de la commune, fondée en 1912. Elle vise à assurer aux parents de ses membres participants des secours en cas de maladie ou blessures ainsi qu’à constituer des pensions de retraites à ses adhérents. Elle comptait 165 adhérents en 1916-1917.

Ernest Édouard Gillot meurt le 14 février 1947 à Joinville. Il était âgé de 74 ans. Il avait obtenu plusieurs récompenses : une médaille de bronze pour actes de courage et de dévouement en février 1927 ; pour son activité en faveur de la mutualité, une mention honorable en septembre 1930 puis une médaille de bronze en septembre 1933.

Sa femme, Adeline Marie Désirée Guillon est née le 16 août 1867 à Sailly-sur-la-Lys (Pas-de-Calais), fille d’un capitaine d’artillerie, chevalier de la Légion d’honneur. Elle fut membre, en 1928, du bureau de la section de Joinville Saint-Maurice de la Mutualité maternelle de Paris. L’association est issue d’une scission de la société de l’Allaitement maternel ortée par son ancienne présidente, Jeanne Bitterlin, et fondée à Joinville sous le nom d’Union des mères de Joinville-le-Pont en mai 1913. C’était une de principales organisations humanitaires de la commune. Adeline Gillot meurt le 24 novembre 1932 à Joinville. Elle était âgée de 65 ans et avait eu deux filles.

 

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19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 01:01

Suite de la biographie de Georges Piot.

Une réception en l’honneur des champions joinvillais, le 28 janvier 1924, met en valeur François Decrombecque (marche), Philippe Bonnardel (international de football), Bébé Lavogade (natation, CAJ), Le Mesle (cyclisme JS) et Georges Piot.

Cette année 1924 sera celle du sommet de la carrière sportive de Piot. Il fait partie de l’équipe de la SN Marne qui triomphe lors du 36e match annuel qui oppose le Rowing club de Paris à la SN Marne en « huit » en avril puis s’impose de nouveau dans la traversée de Paris à quatre avec Bouton, Cremnitz et Bocahut. Il est qualifié pour les Jeux olympiques, qui se déroulent à Paris en juillet. Aligné avec Maurice Bouton (vice-champion olympique à Anvers en 1920) dans l’épreuve du Deux sans barreur sur le bassin d’Argenteuil (Seine, act. Val-d’Oise), Georges Piot échoue en finale contre les hollandais Antonie Christiaan Beijnen et Wilhelm Rösingh avec un temps de 8 min 39 s contre 8 min 19 s. Ils obtiennent la médaille d'argent. En tête pendant la majeure partie du parcours de deux mille mètres, l'équipe française se fit rattraper quelques mètres avant la ligne d'arrivée par les Hollandais.

L’année 1925 voit de nouveau Demaré, Bouton, Cremnitz et Piot s’adjuger la Journée des Fondateurs en mai, cependant, en 8, ils échouent dans le annuel face au Rowing ledit mois. Ils prennent leur revanche la saison suivante. En juillet 1926, la SN Marne gagne la course à 8 des championnats de Paris, alignant Lecuirot, Piot, Demaré, Biestro, Guilbert, Souche, Morin et Bocahut. Piot est de nouveau champion de France et l’est encore l’année suivante en « quatre » barré.

Bouton, Piot, Demaré et Bocahut en 1923

En juin 1927, il est gagnant des grands prix de Paris d’aviron à 4 puis en août des championnats de France. Il participe en septembre à la course des trois sports qui combine cyclisme (6 kilomètres), course à pied,(3 kilomètres) et aviron (6 kilomètres). Il se classe 5e.

Piot et Souche, 1926

Pendant la saison 1928, Piot, bien que toujours membre de la SN Marne, est associé avec trois rameurs du Rowing club parisien, Ruffier, Gatieau et Lecornu. Il remporte avec eux la Journée des Fondateurs en juin et se qualifie de nouveau pour les Jeux olympiques qui se déroulent à Anvers (Pays-Bas). Son équipe ne se qualifie pas pour la finale. Elle prend cependant la première place lors des championnats de France d’aviron en septembre et au cours des championnats de la Seine le même mois. Il participe aux championnats d’Europe en juillet 1930 à Bruxelles, mais ne s’aligna plus ensuite dans des courses importantes.

À suivre.

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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 01:01

Isidore Francois Audureau naît le 4 juillet 1889 à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils de Louise Alphonsine Bonnardel, employé de commerce et de son mari Luce Audureau.

Mobilisé pour son service militaire dans le 4e régiment de chasseurs d’Afrique, à Tunis, en octobre 1910, il est affecté au service auxiliaire pour « faiblesse générale et astigmatisme ». Il est réformé en mars 1911 pour astigmatisme et hypermétropie des deux yeux toujours à Tunis et rentre en France. Son incapacité sera confirmée par le conseil de révision de la Seine en décembre 1914 puis en février 1917.

Employé de commerce comme son père, Isidore Audureau épouse en janvier 1912 à Paris (12e arr.) Mathilde Marie Huysegems, modiste. Il va se lier professionnellement et politiquement avec le beau-frère de sa femme, Frédéric Bautsch.

En 1921, tous les deux exploitent un commerce de bonneterie en gros, sous la raison sociale Audureau et Bautsch, situé rue de Montmorency à Paris (3e arr.). Ils disposent de représentants notamment dans l’ouest, le sud-ouest et ne nord de la France.

La famille Audureau, qui aura probablement six enfants, est installée en 1923 sur le quai de Polangis, dans la maison voisine de celle des Bautsch.

En mars 1935, Audureau participe à la transformation de la principale formation de droite de la commune. Le Comité d’union des républicains et d’action sociale, fondé en 1912, se transforme en Union des républicains, à vocation uniquement municipale. René Kirbuhler en est le président, tandis qu’Audureau est nommé commissaire aux comptes.

Lors des élections municipales de mai, l’Union des républicains soutient la liste conservatrice, qui l’emporte contre les radicaux-socialistes sortants et la gauche communiste et socialiste coalisée. Léon Lesestre est élu maire, Frédéric Bautsch et René Kirbuhler deviennent adjoints. En septembre 1935, Audureau est désigné comme électeur sénatorial par la majorité municipale.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Audureau contribue par des dons en 1942 au Comité d’assistance aux prisonniers, géré par la mairie. Frédéric Bautsch est arrêté par le comité local de Libération le 25 août 1944 en même temps que les autres membres du bureau municipal, Lesestre, Béal, Kirbühler et Chaussée. Ils sont transférés au camp de Drancy.

Par contre, un fils d’Audureau, Jacques René, né à Joinville en 1923, est enregistré en tant que résistant.

Isidore Audureau meurt le 9 septembre 1961 à Marigny-sur-Yonne (Nièvre). Il était âgé de 72 ans.

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