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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 01:01

Paul Alphonse Sauvageau naît le 8 mai 1877 à Paris (6e arr.). Il est le fils de Joséphine Félicité Foubert et de Paul Jean Baptiste Sauvageau, teinturier. Ils vivent rue de Sèvres.

Alors ouvrier typographe, Sauvageau fait un service militaire raccourci en 1898-1899 après le décès de son père. Il épouse en novembre 1905 à Paris (15e arr.) Georgette Louise Olympe Bili, qui porte le nom d’usage de son beau-père, Maurice Sorelle,

Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé d’abord dans l’infanterie puis, à partir de mars 1917, dans l’aviation, étant affecté au 1er groupe d’aérostation. Il est nommé caporal en juin 1918 et démobilisé fin janvier 1919.

Après le conflit, Sauvageau travaille dans l’industrie du cinéma. En 1923, il est directeur du studio de Pathé-Consortium-Cinéma à Vincennes. À ce titre, il fait partie de ceux qui accueillent, en juillet une visite du bey de Tunis lors du tournage d’un épisode du film de Jean Kemm, L'Enfant-Roi. Son épouse, qu’il a encouragée à devenir actrice et qui utilise le pseudonyme de Georgette Sorelle, joue dans cette production.

C’est également comme costumier que Sauvageau prend part à la réalisation du film Destinée, d’Henry Roussel en 1925 ou Napoléon, d’Abel Gance, en 1927. Georgette Sorelle est aussi au générique de cette œuvre. Elle meurt en août 1929, après avoir terminé peu avant le tournage de La Valse de l'adieu, d'Henry Roussel.

Le Syndicat du personnel de la production cinématographique est fondé en juillet 1933 par Maurice Morlot et Sauvageau en est le trésorier. Il réunit des administrateurs, régisseurs et assistants-metteurs en scène. Son siège est chez son président, avenue Gallieni, à Joinville-le-Pont. Le syndicat adhère à la Fédération nationale des syndicats d'artisans français du film, une structure autonome non affiliées aux confédérations CGT, CGTU ou CFTC.

Au-delà de la gestion financière du syndicat, le rôle de Sauvageau prend une grande importance. Ainsi, début 1934, c’est lui qui sensibilise Jean Châtaigner, chef de la rubrique cinématographique du Journal et président de l’Association professionnelle de la presse cinématographique aux revendications de son organisation. Il rencontre également Bernard Natan, administrateur-délégué de la firme Pathé-Cinéma. Il se prononce également en faveur de la création d'un Comité Intersyndical.

Ce sont Morlot et Sauvageau qui accueillent, dans les établissements cinématographiques de Joinville-le-Pont, le sous-secrétaire d'État et député Adolphe Chéron ainsi que le maire de la commune Georges Briolay, l’adjoint au maire Georges Scornet et Paul Hainsselin, conseiller municipal et lui aussi salarié du secteur du cinéma. Ils se plaignent que « l'emploi de la main-d'œuvre étrangère dans le cinéma avait eu pour répercussion le licenciement d'une grande partie des éléments français, ce qui a augmenté dans une proportion considérable (…) le nombre des chômeurs français déclarés à la mairie ». Jusqu’en juillet, Sauvageau va multiplier les initiatives de son syndicat de de la fédération pour réclamer un décret réglementant l’embauche d’étrangers dans les studios auprès du gouvernement et des parlementaires.

Le président Morlot ne sollicitant pas le renouvellement de son mandat à la tête du syndicat, en décembre 1934, René Montis le remplace et Sauvageau est trésorier-rapporteur.

Après la réunification de la CGT avec la CGTU en 1936, la Fédération nationale des syndicats des artisans du film décide, le 7 mai 1937, de se transformer en Syndicat général des artisans du film et d’adhérer à la Fédération du spectacle de la CGT. La nouvelle organisation rassemble metteurs en scène, opérateurs de prises de vues, ingénieurs du son et ingénieurs spécialisés, personnel de la production ainsi que la presse filmée. Son objectif est de « maintenir la qualité professionnelle des artisans de la production du film ». Il vise à la signature de la convention collective des techniciens contribue à l'élaboration du texte d'application des quarante heures.

Les metteurs en scène André Berlhomieu et Marcel L'Herbier sont respectivement président et secrétaire général, tandis que Sauvageau est vice-président.

Depuis 1932, Sauvageau résidait à Joinville, dans le quartier de Polangis et avait une nouvelle compagne, Marthe Godin. Il se lance dans l’action politique et rejoint Paul Hainsselin sur la liste de l’Union des républicains de Joinville. Très marquée à droite, la liste est conduite par Frédéric Bautsch et Léon Lesestre. Elle se présente comme composée d’hommes d’ordre et d’action, sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale, et s’oppose au maire sortant, Georges Briolay (radical) et aux formations socialiste SFIO et communiste.

La liste de l’Union des républicains obtient au premier tour une moyenne de 931 voix soit 32,6% des 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Le Groupement des gauches républicaines suit avec 765 voix (26,8%), suivi par les communistes de Robert Deloche qui ont 671 voix (23,5%) et les socialistes avec Robert Derivière, 352 voix (12,3%). Sauvageau recueille 908 votes (31,7%).

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent derrière un ancien combattant, André Blocher, tandis que Georges Briolay maintient sa liste. Pour sa part, l’Union des républicains appelle à barrer la route aux communistes, affichant sa « réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

La liste de droite se renforce, avec 1 160 voix en moyenne soit 41% des 2 899 suffrages exprimés sur 2 924 votants, talonnée par l’union de la gauche à 1 100 voix (39%), tandis que les radicaux sont distancés avec 566 voix (20%). Sauvageau est un des deux seuls candidats de l’Union républicaine à ne pas être élu ; il avait obtenu 1 120 votes (38,6%). Au total, la liste de droite emporte 25 des 27 sièges à pourvoir, la gauche recueillant les deux derniers sièges pour des communistes, dont le futur maire de Joinville, Robert Deloche. Léon Lesestre est élu maire, entouré comme adjoints de Chaussée, Caillon, Béal et Kirbühler.

En mars 1936, avec plusieurs personnalités locales de tendance radicale modérée et opposées au Front populaire, Sauvageau comme Hainsselin rejoint un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix qui soutient la candidature du député sortant Adolphe Chéron. Il est battu par le communiste André Parsal.

Alphonse Sauvageau meurt le 10 mai 1942, son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville. Il était âgé de 65 ans.

Georgette Sorelle, épouse Sauvageau

 

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 01:01

Suite de la biographie de Paul Hainsselin

Sur le plan professionnel, l’année 1934 est marquée par la fondation en avril du Syndicat des exportateurs de films français, dont Paul Hainsselin est désigné président. Dans le même temps, il prend part à a constitution d’une commission préparant la création d’une fédération nationale des syndicats professionnels de l'industrie cinématographique.

Il plaide, en 1937 pour que les films français subissent parfois des « modifications insignifiantes » afin de permettre d’en faire des productions internationales. Pour lui, « le principal écueil c’est l'offense des sentiments familiaux, de la morale sociale. Il faut donc, quand on veut exporter les films français, éviter un ton trop épicé ou trop purement parisien, dans le sens péjoratif qu'on a pu attribuer à la légèreté, à la gaudriole, à l'insouciance de vivre qui caractérisent Paris pour les viveurs étrangers. »

Estimant qu’il « est déjà difficile de produire 200 films par an en France », Hainsselin estime que passer à plus de 450 films « est bien un rêve, et même un rêve d'enfant ». Il est réélu en 1938 président du Syndicat. Il devient administrateur de la Chambre syndicale française de la production de films, fonction à laquelle il est réélu en 1939 puis en est le secrétaire général adjoint en 1940 ; la chambre comporte une section des exportateurs.

À l’occasion des élections municipales de mai 1935, Paul Hainsselin reprend place dans la politique joinvillaise. Avec un autre ancien de la majorité de 1929, Jean Béal, il rejoint la liste de l’Union des républicains de Joinville, très marquée à droite et conduite par Frédéric Bautsch et Léon Lesestre. La liste se présente comme composée d’hommes d’ordre et d’action, sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale. Elle s’oppose au maire sortant, Georges Briolay (radical) et à deux formations socialiste SFIO et communiste.

Un correspondant de l’hebdomadaire radical Voix des communes commente en avril 1935 sa candidature : « Il m’est pénible de voir figurer dans une liste Hainsselin, conseiller municipal démissionnaire. Il a tenu le rôle de négateur systématique, a voté contre tout, n’a rien fait et s’est opposé à tout. En cours de mandat, il exige de ses collègues une dépense supplémentaire de 300 000 francs, il est battu, il démissionne, il se représente sur une liste qui ne parle que d’économie. Comprenne qui pourra. »

La liste de l’Union des républicains obtient au premier tour une moyenne de 931 voix soit 32,6% des 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Le Groupement des gauches républicaines suit avec 765 voix (26,8%), suivi par les communistes de Robert Deloche qui ont 671 voix (23,5%) et les socialistes avec Robert Derivière, 352 voix (12,3%). Hainsselin recueille 930 votes (32,6%).

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent derrière un ancien combattant, André Blocher, tandis que Georges Briolay maintient sa liste. Pour sa part, l’Union des républicains appelle à barrer la route aux communistes, affichant sa « réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

La liste de droite se renforce, avec 1 160 voix en moyenne soit 41% des 2 826 suffrages exprimés sur 2 924 votants, talonnée par l’union de la gauche à 1 100 voix (39%), tandis que les radicaux sont distancés avec 566 voix (20%). Hainsselin est élu avec 1 149 votes (40,7%). Au total, la liste de droite emporte 25 des 27 sièges à pourvoir, la gauche recueillant les deux derniers sièges pour des communistes, dont le futur maire de Joinville, Robert Deloche. Léon Lesestre est élu maire, entouré comme adjoints de Chaussée, Caillon, Béal et Kirbühler.

Avec trois autres conseillers, Hainsselin fait partie d’une « commission d’enquête municipale » chargée d’examiner la situation créée par la demande de la Caisse des dépôts et consignation à la ville d’honorer la garantie qu’elle a donné pour une société d’habitations à bon marché défaillante. La commission remet ses conclusions en octobre 1935, contestant la signature par le précédent maire de cette garantie, reprochant l’absence de contrôle de la gestion par les ministères et appelant à rejeter le remboursement réclamé. Le conseil municipal suit cet avis, mais le préfet inscrira d’office la dépense au budget.

En prévision des élections législatives de juin 1936, Hainsselin fait partie d’un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix qui soutient la candidature du député sortant radical indépendant, Adolphe Chéron. Il sera battu par le communiste André Parsal.

À l’occasion de la construction d’un nouveau groupe scolaire à Polangis, Hainsselin propose la création d’un patronage laïque. Seul, il s’oppose en août 1938 à la construction d’un abri de défense passive au sein de l’autre groupe scolaire, Jean-Charcot.

Lorsque, en février 1942, le préfet nomme par arrêté un nouveau conseil municipal, 13 des élus de la liste de droite sont maintenus, dont le maire et ses adjoints. Par contre, 11 ne sont pas reconduits, dont Hainsselin. Les deux communistes avaient été révoqués.

Si l’activité politique cesse, il poursuit son rôle professionnel. En avril 1942, Paul Hainsselin est nommé administrateur provisoire de huit entreprises du secteur du cinéma : Franco-London Films, Franco Continental Films Productions, Comédie Films, Films Éclat Productions, Cinéma Productions, Anglo-Continental Films Export, Arcadia Films et la Société de crédit pour l'industrie et le commerce. Six de ces entreprises avaient leur siège boulevard Haussmann à Paris, les deux autres avenue des Champs-Élysées.

Paul Hainsselin meurt le 9 décembre 1970 à Sèvres (Hauts-de-Seine). Il était âgé de 80 ans et avait eu deux enfants.

Fin

Paul Hainsselin (à droite) en 1936

 

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 01:01

Suite de la biographie de Georges Defert

Après l’avènement de la 5e République, des élections sont organisées le même jour pour les conseils municipaux et les conseils généraux (départementaux) le 8 mars 1959. Le mode de scrutin a été modifié, instaurant le scrutin majoritaire dans les deux assemblées.

Après avoir devancé au premier tour ses concurrents gaulliste (UNR) et démocrate-chrétien (MRP), Defert remporte au second tour la triangulaire qui l’oppose à un communiste et un socialiste. Il est élu conseiller général de la Seine le 15 mars 1959.

Pour le scrutin municipal, malgré la coalition entre l’UNR, le MRP et la SFIO, qui recueille 1 756 voix pour 7 488 suffrages exprimés (23,5%) sur 7 780 votants et 10 276 inscrits, la liste Defert arrive en tête avec 3 084 votes (41,2%), devant les communistes qui en ont 2 412 (32,2%). Il creuse l’écart au second tour avec 52,4% et les 27 sièges.

Au sein de la municipalité, Georges Defert s’entoure d’Albert Gaulin, Léon Belhomme, Jean-Pierre Garchery, Pierre Perly, Georges Derou et Pierre Lambert.

Se rapprochant du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), Georges Defert s’oppose à la majorité gouvernementale du général de Gaulle, prenant position en faveur du Non lors du référendum sur l’autodétermination en Algérie en 1962.

Sur le plan local, il obtient le soutien du conseil général en avril 1963, lorsqu’il s’oppose au remplacement du stade municipal par un parking, supposé nécessaire pour un projet de stade de 100 000 places envisagé dans le Bois de Vincennes.

Lors des élections suivantes, Georges Defert est largement réélu, tant lors des scrutins municipaux en 1965 et 1970, que pour les élections cantonales de 1967 et 1970, qui concernent désormais le Val-de-Marne, formé par formé par scission de l’ancien département de la Seine en 1967.

Il poursuit la construction d’immeubles dans la ville et engage la réalisation d’un nouvel hôtel de ville, qu’il inaugure en 1975 après avoir rasé l’ancienne mairie. Son dernier projet, de grande ampleur, est la construction d’un centre nautique avec piscine sur l’île Fanac, qui devrait être alors reliée par une bretelle routière. Il n’aura cependant pas le temps de le mettre en œuvre.

L’ampleur des investissements provoque une hausse considérable des impôts locaux et l’opposition d’une importante partie des habitants.

Georges Defert meurt le 30 octobre 1975 à Joinville, en cours de mandats de maire et de vice-président du conseil général du Val-de-Marne. Il était âgé de 79 ans et avait été fait chevalier de la Légion d’honneur. La place de la mairie de Joinville-le-Pont porte son nom.

Son successeur et allié, Jean Pierre Garchery, perdra les élections de 1977 du fait en particulier du ressentiment par rapport à l’augmentation des impôts locaux.

Fin

La mairie de Joinville, bâtie sur les choix de Georges Defert

 

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 01:01

Suite de la biographie de Georges Defert

À l’issue du conflit de 1939-1945, Georges Defert est devenu ingénieur diplômé de l’Institut industriel du Nord, un établissement de la faculté catholique de Lille. Il est directeur d’une société de transport.

Après la Libération, lors des élections municipales d’avril 1945, la liste d’Union républicaine démocratique (URD), qui s’appuie sur les forces issues de la Résistance et du comité local de Libération, emporte tous les sièges avec 61% des suffrages. Elle est composée de communistes, de radicaux et de socialistes. C’est Robert Deloche (PCF) qui est élu.

Le scrutin suivant, en novembre 1947 est bien plus serré. La liste du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste), sur laquelle figure Defert est en tête avec 3 066 voix en moyenne pour 6 974 suffrages exprimés (44%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits ; elle obtient 13 sièges. Le PCF et certains radicaux, sur la liste Union républicaine et résistante recueillent 3 017 votes (43,3%) et également 13 sièges. C’est finalement la SFIO, qui n’a eu que 452 électeurs en sa faveur (6,5%) et se contente d’un seul siège, qui permettra cependant la réélection de Robert Deloche. Peu avant la fin de son mandat, ce dernier est exclu du PCF et démissionne de son mandat de maire et conseiller général.

Une élection partielle est organisée pour le remplacer : en l’absence de deux élus de gauche, la candidate communiste Amélie Trayaud a 12 voix mais Defert provoque la scission de la droite en défendant la candidature de Pierre Perly contre celle de Pierre Calmon, candidat du groupe RPF. Avec 5 voix pour le premier et 8 pour le second, la division des élus conservateurs permet à la communiste d’accéder, pour deux mois, en février 1953, à la fonction de maire.

Le scrutin d’avril 1953 se présente donc dans des conditions très différentes. Defert, associé à Jean-Pierre Garchery, a entraîné trois autres conseillers municipaux qui présentent une liste opposée à celle du RPF, sous l’étiquette du Rassemblement des gauches républicaines (RGR), qui regroupe des forces divers, pas toutes de gauches, dont d’anciens membres du PSF.

Bien que l’hebdomadaire anticommuniste Nouvelle Union régionale prenne ouvertement position contre lui, reprochant son attitude lors du vote de février, c’est la liste Defert qui arrive en tête des deux principales formations de droite, bien qu’elles obtiennent chacune six sièges. Son Union pour la gestion des affaires municipales a 1 488 voix sur 6 748 suffrages exprimés (22%), tandis que l'Action municipale et sociale (RPF) en a 1 334 (19,8%). Les démocrates-chrétiens recueillent 620 votes (9,2%) et deux sièges, tandis que les socialistes progressent avec 827 voix (12,3%) et trois élus. Les communistes, une fois de plus alliés à certains radicaux, arrivent en tête, mais leurs 2 405 suffrages (35,6%) ne leur apportent que 10 sièges. Malgré le soutien de la SFIO, ils doivent donc abandonner le poste de maire Defert, qui coalise les 14 voix RGR, RPF et MRP.

Personnellement, Defert avait été soutenu par 1 529 personnes (22,7%). Il prend comme adjoints Pierre Calmon (RPF), Albert Gaulin (indépendant) et Georges Moutenot (MRP).

Dès son premier mandat, Defert va engager une politique d’urbanisme très dynamique, confiant l’Office municipal d’Habitations à loyers modérés (HLM) la construction de plusieurs groupes importants et accueillant d’autres investisseurs, comme Coopération et Famille.

La municipalité Defert conserve les institutions sociales et de loisirs, acquises sous le mandat de Robert Deloche. Il négocie des jumelages internationaux en Allemagne et en Angleterre. Les groupes scolaires sont agrandis.

Son engagement politique s’accentue : Defert est candidat aux élections sénatoriales de la Seine en juin 1958 sur la liste de Georges Laffargue.

A suivre

Joinville-le-Pont en 1976, vue au-dessus du parc du Parangon

 

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Louis Caillon

Parallèlement à ses fonctions politiques, Louis Caillon exerce des fonctions dans la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville. Il est vice-président en octobre 1933 puis, après le décès du président, Charles Provin, en mars 1934, assume lui-même cette fonction. Il est toujours en poste en novembre 1938.

La Ferme de la Faisanderie a été, le 18 avril 1929, annexée à la ville de Paris (12e arr.) avec le reste du Bois de Vincennes. Caillon se retrouve donc, à partir de cette date, âtre un résident parisien. Cependant, il conserve une adresse joinvillaise, dans le quartier de Polangis, avenue Galliéni.

En juillet 1930, le conseil municipal de Paris décide de l'affectation à l'École coloniale de l'emplacement occupé par l'École municipale et départementale d'horticulture et d'arboriculture et du transfèrement de cette dernière à la ferme de la Faisanderie. Ce qui entraîne une décision de non-renouvellement du bail dont Caillon était devenu attributaire, après cession par Gilbert Bandy de Nalèche. Caillon proteste contre cette éviction, avec le soutien d’Adolphe Chéron, député et ancien ministre (radical indépendant). Les recours n’aboutissent pas et reste en place et Caillon devra quitter son exploitation en 1935. Peu avant, un incendie détruit les écuries de la ferme de la Faisanderie, sous-louée par Caillon à un entraîneur, M. Alphonse Sourroubille, président de l'Association des jockeys de trot de France. Douze chevaux de course qui ont été brûlé vifs. L’origine criminelle de l’incendie est avancée par la police.

Au moment où il doit quitter son fermage, en février 1935, Caillon fait une nouvelle démarche juridique pour le prolonger, mais n’obtient qu’un délai de deux mois. Il tente également une action politique, s’adressant à Henri Dorgères (alias Henri-Auguste d’Halluin), en avril 1935, en même temps qu’il informe Gabriel Bureau, président de la Société des mutilés, réformés et anciens combattants de Joinville-le-Pont. Henri Dorgères, président du Front paysan, avait fondé les Chemises vertes, groupe à l’idéologie proche du fascisme italien.

Dans une lettre du 14 avril 1935, expédiée au siège du Front Paysan à Rennes (Ille-et-Vilaine), Louis Caillon explique à Dorgères qu’il est le « seul paysan dans la ville de Paris » et qu’il va être expulsé. Il assure que les clients de la Faisanderie ont adressé une pétition, jugeant le maintien de celle-ci plus utile à la santé de leurs enfants que les fleurs qui pourraient être produites par l’Ecole d’Arboriculture. Il mentionne des vœux en faveur du maintien de la ferme des maires des communes avoisinantes et du syndicat des docteurs en médecine de la région. Il se dit navré de l’attitude de la Ville de Paris et du préfet de la Seine, s’étonnant « de voir l’acharnement que mettent les hauts fonctionnaires » « à vouloir ruiner leur paysan ». Caillon souligne que sa « famille a payé son tribut à la Patrie » comme 950 000 paysans, une classe que Dorgères entendait protéger.

Après son départ forcé, Caillon s’installe dans son logement joinvillais et reprend une activité agricole dans la commune voisine de Champigny.

À suivre

La ferme de la Faisanderie

 

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Félix Soulié

En tant que négociant, Soulié prend part à la reconstitution de l’Union des commerçants et industriels de Joinville en juillet 1923.

Son principal engagement est cependant dans la SN Marne. Elle est présidée, depuis 20 ans, par Émile Lecuirot. Soulié en est le directeur en 1923. Il est trésorier-adjoint et président de la commission sportive après l’assemblée générale de janvier 1924. Il exerce la fonction de capitaine d'entraînement. Le quotidien Paris-soir mentionne, en octobre 1924 que « pour différents motifs, dont le louable souci de prendre un repos bien gagné, Félix Soulié résilie ses fonctions ». Le journal lui rend hommage, le qualifiant de « fondateur de nombreuses sociétés, créateur de diverses fédérations » et « animateur de premier ordre, joignant à ses belles qualités de rameur un talent d'organisateur hors pair. Sa disparition de la vie active du rowing sera unanimement regrettée ». Il a été entraîneur de l’équipe olympique française d’aviron.

Malgré son retrait, Soulié poursuit une activité au sein de la SN Marne comme responsable du cercle, directeur du garage, et membre de la commission sportive. Il est membre d’honneur du conseil d’administration.

Depuis 1890, il collabore au Journal de l’aviron. Il est membre du comité central de la Fédération française d’aviron. En outre, il est l’auteur d’une notice sur l’art de ramer.

La famille a quitté l’île Fanac et est installée sur la rive gauche de la Marne, d’abord avenue Galliéni en 1923 Joinville puis avenue du Château en 1926, qui devient avenue Foch.

Félix Soulié meurt le 24 octobre 1934 à Joinville et est inhumé au cimetière communal. Il était âgé de 76 ans et avait eu une fille. La presse quotidienne et locale rend hommage à son parcours. Il était titulaire des Palmes académiques comme officier d’académie, chevalier de la Légion d’honneur depuis octobre 1928 et avait été en février 1934 récipiendaire de la médaille d'or de l'Union des Fédérations des sociétés françaises d'aviron.

En mai 1935, la nouvelle municipalité de droite, conduite par Léon Lesestre, lui rend hommage en déposant une gerbe sur sa tombe.

Fin

 

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Félix Soulié

À partir de fin 1919, Félix Soulié prend une place significative dans la vie politique communale à Joinville-le-Pont. Il est désigné électeur sénatorial en janvier 1920.

En 1923, il est, au côté du maire, Henri Vel-Durand, un des maître d’œuvre de la constitution du Comité d’union et d’action républicaine, principale organisation de la droite locale, qui rassemble des républicains de gauche (c’est-à-dire des conservateurs), des radicaux et des socialistes indépendants. Il copréside la réunion de lancement tenue le mars au café Landier. Il fait partie de la commission de préparation du programme avec Vel-Durand, Liou, Piot et Decrombecque.

En mai, Soulié est désigné comme président et présente le programme du comité, basé sur l’union de tous les républicains de gauche. À l’intérieur, maintien et développement méthodique des lois démocratiques et sociales actuelles : lois scolaires, défense des lois laïques ; loi de séparation à maintenir dans son intégralité ; lois d’assistance et de retraites, mise au point de la loi des retraites ouvrières par cotisations de l’État et des patrons seuls ; lois protectrices de l’enfance ; enseignement gratuit à tous les degrés par l’augmentation du nombre de bourses accordées seulement au concours, la bourse devant comprendre l’entretien complet de l’élève ; assainissement de la situation financière en diminuant l’inflation et en établissant des impôts mieux assis et surtout mieux perçus, maintien de l’impôt global et progressif sur les revenus, suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires (…), compression des dépenses publiques surtout militaires (…) ; interdiction d’importation pour tous les produits de 1ère nécessité (céréales, bestiaux, légumes, sucres) ; le comité est l’adversaire du communisme ; favorable au syndicalisme, s’il abandonne ses idées révolutionnaires ; opposé à la réaction royaliste. À l’extérieur, soutien au gouvernement.

Le quotidien socialiste L'Ère nouvelle critique en mai 1924 « L'exquise délicatesse des édiles réactionnaires ». Sous la signature d’un Banlieusard, il met en cause le président du comité de la droite locale, propriétaire du terrain sur lequel est édifié le bureau de poste des quartiers de Polangis et Palissy : « comment le sieur Soulié n’a-t-il pas compris que lorsqu’on est de près ou de loin mêlé a l'administration d’une commune on ne doit pas s’en faire une cliente ni attitrée ni occasionnelle. Aux périodes révolutionnaires cela était puni de mort. Ne sentez-vous pas que cela choque vos concitoyens ? »

La préparation des élections municipales de mai 1925 se fait sous la houlette de Soulié qui préside la réunion de présentation de la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux qui se tient, avec 230 participants, au restaurant la Tête noire. Son programme prévoit que les lois de laïcité soient « appliquées sans rigueur et sans sectarisme », ainsi que le maintien de l’octroi et des économies dans les dépenses budgétaires communales. La liste est intégralement réélue, face à une candidature du groupement des gauches (radicaux-socialistes et socialistes SFIO) et une autre du parti communiste. Soulié est réélu président du comité, renommé comité d’union républicaine. En janvier 1927, il est de nouveau électeur sénatorial.

Soulié est toujours président du comité d’union républicaine en septembre 1928, au moment des obsèques du maire Henri Vel-Durand. Par contre, il n’exerce plus cette fonction en 1932,

À suivre

L'île Fanac

 

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12 janvier 2020 7 12 /01 /janvier /2020 00:01

Début de la biographie de Félix Soulié

Félix Pierre Célestin Soulié naît le 17 octobre 1858 à Saint-Antonin (act. Saint-Antonin-Noble-Val, Tarn-et-Garonne). Il est le fils de Célestine Albouy et de son mari Pierre Soulié, entrepreneur d’omnibus. Comme ses témoins, serrurier et cultivateur, le père ne sait pas signer.

Débutant l'aviron en 1878, Félix Soulié s’inscrit en 1879 à un des clubs les plus prestigieux, la société nautique de la Marne (dont l’Aviron Marne et Joinville est le successeur). Il dispute la course la plus prisée à ce moment de l’aviron français, le match annuel entre le Rowing club de Paris et la SN Marne. Il le perd en 1880, mais remporta par la suite, en quatre et en huit, de nombreux succès dans les compétitions nationales et internationales.

Sur le plan professionnel, Félix Soulié est représentant de commerce. Il va d’abord résider à Toulouse (Haute-Garonne) entre 1884 et 1896, puis dans le Nord en 1900. Dans ces deux régions, il poursuit son activité sportive et contribue au développement de l'aviron. Il est membre du Cercle nautique de l’aviron de Roubaix.

Félix Soulié épouse, en juin 1888 à Paris (10e arr.), où résident ses parents, devenus marchands de quatre saisons, Louise Joséphine Pinon, fille d’une marchande de vins  de Clamecy (Nièvre). Parmi les témoins, on note la présence d’Ernest Barberolle, champion d’aviron, licencié à la SN Marne, qui sera médaillé olympique en 1920.

Au début du 20e siècle, la famille Soulié s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), sur l’île Fanac tout à côté du siège de la SN Marne. Soulié est barreur d’une yole à 8 du club. Il développe son activité de négoce de tissus, implantée rue du Sentier à Paris. En 1925, il prend part à la constitution des établissements Lefebvre et Soulié, qui proposent des tissus de haute nouveauté. La société a un capital de deux millions de francs. Elle a son siège à Nogent-sur-Marne en 1928.

À suivre

 

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22 décembre 2019 7 22 /12 /décembre /2019 00:01

Marcel Miot naît le 18 mars 1897 à Paris (11e arr.). Il est le fils d’Adèle Auberting, blanchisseuse, et de son mari Théophile Miot, sellier, qui vivent passage Saint-Bernard. Il exerce la profession de tapissier.

Mobilisé pendant la première guerre mondiale en août 1916, Miot sert dans le 33e régiment d’infanterie. Il est grièvement blessé par balle et par éclats d’obus en octobre 1917 à Het Sas, dans le quartier de Boezinge de la ville d'Ypres (Flandres occidentale, Belgique). Il est réformé en juin 1918 et bénéficie d’une pension qui sera augmentée à plusieurs reprises et portée à 85% en mars 1939.

Son comportement pendant le conflit lui vaut de recevoir la croix de guerre avec palmes ainsi que la médaille militaire en février 1918. Il est décrit ainsi : « Très bon soldat, plein d’énergie et d’initiative, qui s’est remarquablement conduit en toutes circonstances. »

Exerçant le métier de fabricant de chaises, Marcel Miot épouse en novembre 1923 à Paris (11e arr.) Blanche Joséphine Girey, représentante en broderie. Ils divorceront à Pontoise en octobre 1928.

Résidant désormais rue de Charonne, Marcel Miot se remarie en juillet 1932 à Paris (12e arr.) avec Olga Martin. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, où ils vivent avenue du Parc.

Lors des élections municipales partielles, convoquées en octobre 1934 pour pourvoir à la vacance de dix postes de conseillers municipaux suite à des démissions ou décès, Marcel Miot est candidat sur la liste des républicains indépendants conduite par Henri Pélissier. La liste arrive en seconde position, avec 25,5% des suffrages exprimés, derrière une liste de droite, menée par Charles Chaussée (37%) devant les deux listes de gauche, les communistes de Robert Laforest (17,8%) et les socialistes SFIO de Robert Derivière (17,6%). Miot obtient 584 voix pour 2297 exprimées (25,4%) sur 2360 votants pour 3225 inscrits.

Avant le second tour, la liste des républicains indépendants se retire au profit de la concentration républicaine, qui l’emporte face aux communistes qui bénéficient du désistement des socialistes.

Au cours des élections municipales générales de mai 1935, Miot rejoint cette fois l’Union des républicains, fortement marquée à droite, revendiquant rassembler des « hommes d’ordre et d’action. »

Conduite par Léon Lesestre, la liste de droite arrive en tête au premier tour (32,6%) devant celle du groupement des gauches d’Émile Briolay (radical-socialiste, 26,8%), les communistes de Robert Deloche (23,5%) et les socialistes SFIO de Robert Derivière 12,3%). Miot obtient 922 voix pour 2856 exprimées (32,3%) sur 2923 votants pour 3433 inscrits.

Le second tour voit la fusion des listes de gauche et le maintien des deux autres. L’Union des républicains remporte 41% des votes et 25 des sièges à pourvoir, en laissant deux aux communistes (39%), les radicaux étant éliminés (20%). Miot est élu avec 1155 voix pour 2899 exprimées (39,8%) sur 2924 votants.

L’entreprise de fabrication de sièges de Miot, située rue Godefroy-Cavaignac à Paris (11e arr.) connaît des difficultés et est placée en liquidation judiciaire par jugement en décembre 1936. En avril l’année suivante, Miot signe un concordat avec ses créanciers pour rembourser en six ans 70% du montant des créances.

Marcel Miot meurt le 1er octobre 1942 à Joinville. Il était âgé de 45 ans et ne semble pas avoir eu d’enfants.

 

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 00:01

Suite de la biographie de René Martin

Sur le plan politique, René Martin se présente, mai 1908 aux élections municipales de Joinville sur la liste du comité socialiste indépendant, conduite par Théophile Leteuil. Il obtient 485 voix pour 1189 suffrages exprimés (40,7%) au second tour pour 1319 inscrits et n’est pas élu, sa liste emportant un seul des 23 sièges à pourvoir.

De nouveau candidat en juin 1908, René Martin adopte l’étiquette de socialiste indépendant et a le soutien du comité joinvillais au scrutin pour le conseil d’arrondissement dans le canton de Saint-Maur-des-Fossés. Il arrive en deuxième position derrière le radical-socialiste sortant Henri Vel-Durand et devant le socialiste SFIO Tranchant. Martin obtient 918 sur 3 933 suffrages exprimés (23,3%) pour 10 310 inscrits. Il se retire avant le second tour, qui voit la victoire du futur maire de Joinville avec plus de 91%.

L’affiche que Martin avait faite apposer pour soutenir sa candidature est moquée par ses concurrents radicaux, la reproduisent dans Voix des communes : « Si la lutte que nous venons de mener aux élections municipales n’a pas couronné nos efforts, elle a donné un résultat très appréciable, celui de permettre à certains d’entre nous de se connaître de sorte que, presqu’étrangers hier, nous sommes devenus aujourd’hui des amis (…) Par leur évolution, ils vont assurer le succès d’une transformation par les voies naturelles ». Polémique, le correspondant de Voix des communes, Albert Daguet, reproche à Martin sa « fuite à Londres » avant le scrutin, où il était appelé pour raisons professionnelles.

Malgré sa victoire, mais du fait que le maire Eugène Voisin, en place depuis 1888 est malade et n’entend pas se représenter en 1912, la majorité se déchire et éclate. Plusieurs démissions et quelques décès font que des élections municipales partielles sont organisées en mai 1911 pour pourvoir à sept postes. Les radicaux dissidents, emmenés par Ernest Mermet et Henri Vel-Durand, se retrouvent sur une liste reposant essentiellement sur les démissionnaires.

Les radicaux-socialistes ne constituent pas de liste en propre, mais décident de soutenir celle conduite par René Martin, sur laquelle figure trois membres de leur comité. Se présentant comme président de l’Union des commerçants de Joinville et ancien juge au tribunal de commerce, Martin a comme second Paul Purrey, vice-président de l’Union des commerçants, ancien membre de la commission de répartition des secours aux inondés. Ce dernier, franc-maçon notoire, sera maire de Wissous (Seine-et-Oise, act. Essonne) après la deuxième guerre mondiale.

La liste Martin est battue, les opposants emportant, grâce au soutien des socialistes SFIO ainsi que des libéraux et conservateurs, les sept sièges. Au cours de la campagne, un mannequin couvert d’emblèmes maçonniques est exposé sur le marché ; il devait être brûlé, mais ne l’a pas été par « peur du commissaire » selon Voix des communes.

René Martin rejoint l’armée et est mobilisé, de décembre 1912 à janvier 1914 en Algérie où il participe, en avril 1913, aux combats de Mékila, Zag et Sanghal. Au cours de la première guerre mondiale, il est officier d’administration en charge des vivres et de l’intendance, dans les forts de Joux et Larmont (Doubs), puis en mai 1915 il est expédié en Orient. De retour, en décembre de la même année, il gère une section de commis et ouvriers d'administration à Marseille, puis le centre de fabrication des Aygalades, ensuite le service des vivres, enfin le centre de fabrication d’huiles de Joncquières (Vaucluse). Il poursuit le conflit en tant que responsable du centre de transit maritime de Tarente, dans les Pouilles, en Italie où il est en poste de juillet 1918 à avril 1919. Il fait enfin un très bref passage à l’intendance de Constantine, en Algérie, où il est démobilisé.

Ne reprenant aucune des activités qu’il avait exercé à Joinville, René Martin s’installe avec sa famille en Afrique du Nord, d’abord à Constantine puis au Maroc, à Rabat en 1920. Il poursuit son commerce de vin et est également décorateur.

Une des particularités de la vie de René Charles Martin est le nombre d’unions et de divorces. Il s’est marié une première fois en juin 1899 à Paris (17e arr.) avec Jeanne Marguerite Françoise Guy, avec laquelle il aura deux enfants. Divorcé en avril 1917, il se remarie en décembre 1917 à Marseille avec Marthe Guilbert, mère de son troisième et dernier enfant ; en novembre 1932 à Rabat, il convole avec Christina Franco de Castro dont il se sépare en juillet 1939 pour épouser Odette Paule Alexandrine Cassaing en février 1940, de nouveau à Rabat. Il rompt une quatrième fois son union en avril 1954, pour célébrer ses cinquièmes noces en octobre de la même année avec Linda Esterelle Riston, sept semaines avant son décès.

René Charles Martin est mort le 23 novembre 1954 à Rabat. Il était âgé de 77 ans. Il avait été décoré des Palmes académiques comme officier d’académie, était officier du mérite agricole (octobre 1909), titulaire de la médaille coloniale (Maroc), chevalier de la Légion d’honneur (juin 1920), récipiendaire de l’insigne de la campagne italo-autrichienne et chevalier de l’ordre royal du Sauveur de Grèce.

Le fort de Joux, La Cluse-et-Mijoux (Doubs)

 

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