Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 00:01

Jean Bonnardel naît le 11 septembre 1870 à Épinac (Saône-et-Loire). Il est le fils de Jeanne Drouchin et de son mari Jean Marie Bonnardel, voiturier, illettré.

Boulanger à Gevrey (Côte-d'Or), Bonnardel fait un service militaire raccourci à un an dans le 29e régiment de ligne, du fait qu’il est soutien de famille après le décès de sa mère. Il s’installe d’abord à Baigneux-les-Juifs (Côte-d'Or) en 1892 puis à Paris (19e arr.) en 1893, alternativement rue de Flandre et rue Mathis, et il est devenu boucher en 1898. En mai de cette année, il épouse Marie Amélie Milard, fille d’un marchand de vins.

Après la naissance de leurs deux fils, la famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils exploitent une boucherie dans le Centre, rue de Paris.

Au cours de la première guerre mondiale, d’abord rattaché à la place de Paris et continuant probablement son activité, Jean Bonnardel est mobilisé en juin 1915 dans l’infanterie. Il passe en août 1917 dans l’artillerie et est démobilisé en décembre 1918.

Après le conflit, l’activité de boucherie de Bonnardel se développe à Joinville puis, à partir de 1924, à l’abattoir de La Villette (Paris, 19e arr.) ou il est chevillard, faisant désormais du commerce en gros. Il continue de résider à Joinville, rue des Réservoirs.

En juin 1923, Bonnardel participait à la reconstitution de l’union des commerçants et industriels de Joinville, présidée par le couvreur Lucien Lavoipierre, en étant membre de sa commission de réorganisation et de propagande.

Pour les élections municipales de mai 1929 à Joinville, Jean Bonnardel est candidat sur la liste d’Union républicaine et démocratique (droite) conduite par le maire sortant, Stephen Durande. Il est en outre l’un des assesseurs du premier des deux bureaux de vote de la commune.

Au premier tour, la liste de droite, avec en moyenne 38,8% des votes exprimés, est devancée par la liste de la Concentration des gauches (radical-socialiste et socialiste SFIO) conduite par un ancien adjoint au maire, Georges Briolay (radical), qui recueille 42,8%. Le Bloc ouvrier et paysan du communiste Roger Bénenson obtient 18,4%. Bonnardel est crédité de 906 voix, soit 42,6% des 2 126 suffrages exprimés sur 2 491 inscrits.

Au second tour, la liste de la municipalité sortante (41,6% et 5 élus sur 27) est toujours devancée par le cartel des gauches (45,9% et 22 sièges), les communistes obtenant 12,5%. Bonnardel n’est pas élu, de même que le maire Durande.

Le Comité d’union républicaine et d’action sociale, fondé en 1912, qui est la principale organisation de la droite dans la commune de Joinville, se transforme en mars 1935 en Union des républicains, association constituée dans un cadre uniquement municipal. Présidée par René Kirbuhler, l’Union compte Lavoipierre comme vice-président et Bonnardel en tant que membre du bureau, au côté par exemple du futur maire Georges Defert, affilié au parti social français.

Prenant prétexte « des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons », l’Union des républicains de Joinville décide de rompre l’accord qu’elle avait établi avec les radicaux-socialistes et de présenter une liste « composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Elle appelle « à la séparation de l’administration municipale et de la politique » et présente un programme axé sur la « diminution des charges écrasantes », l’atténuation des dépenses publiques, la simplification des rouages administratifs et l’application des lois sociales. Ses candidats se présentent comme des « hommes d’ordre et d’action. »

Jean Bonnardel figure sur la liste présentée pour les élections municipales de Joinville en mai 1935 par l’Union des républicains en étant présenté comme ancien commerçant, bien qu’il semble continuer son activité de gros.

Les candidats de droite arrivent en tête, avec une moyenne de 37,6%, devançant la liste du maire sortant Georges Briolay, qui a perdu le soutien du parti socialiste SFIO et a 27,5%. Les communistes de Robert Deloche suivent avec 27,1% et la socialistes SFIO de François Derivière ont 7,4% avec une liste incomplète. Bonnardel obtient 921 voix (32,2%) sur 2 856 suffrages exprimés pour 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tout, l’Union républicaine lance un appel à « barrer la route aux communistes ». Malgré l’union de ces derniers et des socialistes, l’Union des républicains reste en tête, avec 41% et 25 sièges contre 39% et 2 élus pour la gauche, les radicaux-socialistes reculant à 20%. Bonnardel devient conseiller municipal avec 1 146 voix (39,5%) sur 2 899 suffrages exprimés et 2 924 votants. La liste de droite estime que les électeurs « ont montré leur réprobation pour la turbulence et de la démagogie » et élit Léon Lesestre comme maire.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, après la destitution des deux élus communistes, un conseil municipal est désigné par arrêté préfectoral du 20 février 1942. Le maire et ses adjoints sont reconduits, ainsi que Bonnardel, désigné comme boucher en gros. Les nouveaux élus sont installés en mars.

La municipalité est renversée au moment de la Libération de Joinville, le 25 août 1944, le maire et les quatre adjoints étant arrêtés par le comité local de Libération.

Jean Bonnardel meurt le 9 août 1955 à Joinville. Il était âgé de 84 ans.

Son fils aîné, Jean Bonnardel (1899-1953), ingénieur et industriel, fut footballeur à Joinville-le-Pont, Paris (Gallia-Club et CASG), Saint-Ouen (Red-Star) et Quevilly. Il a été triple vainqueur de la coupe de France (1921-1923), sélectionné olympique (1924) et 23 fois titulaire en équipe nationale.

Son fils cadet, Jean Louis Bonnardel, lui aussi footballeur au Red-Star, fut comme son père boucher à Joinville, Paris et Saint-Maur-des-Fossés.

La rue de Paris à Joinville-le-Pont

 

Partager cet article
Repost0
1 septembre 2020 2 01 /09 /septembre /2020 00:01

Pierre Louis Hugedé naît le 1er janvier 1831 à Paris (8e arr.). Il est le fils de Nicole Moreau et de son époux Guy Louis Hugedé.

Associé à un bijoutier pour l'exploitation d’une fabrique de lettres et enseignes rue des Filles-du-Calvaire à Paris (3e arr.), il s’en sépare dès 1858 mais poursuit l’activité tout seul. Il dépose un brevet dans ce domaine en 1864 et améliore son invention en 1866. Hugedé présente ses produits à plusieurs grandes expositions, comme à Paris en 1867, Le Havre 1868, et Rome 1870.

À côté de son activité industrielle, Hugedé s’intéresse également à l’immobilier, les deux domaines profitant largement du réaménagement de Paris à l’œuvre au cours du second empire. Il fait reconstruire un immeuble boulevard Bonne-Nouvelle à Paris (10e arr.) où il déménage son activité. Il acquiert également des terrains à Joinville-le-Pont, dans le tout nouvellement lancé quartier de Palissy, que le céramiste Gille a commencé à diviser en lots. Hugedé commence à commercialiser ses parcelles au début de l’année 1870.

La guerre franco-prussienne cette année-là va interrompre la vente des lots, d’autant que la zone est connexe au champ de bataille de Champigny, qui fait plus de 2 000 morts fin 1870 sur les communes de Joinville et Champigny. Le pont qui permettait d’accéder au quartier depuis la rive droite de la Marne et Paris est détruit.

Pendant le conflit, Hugedé se mobilise en faveur des blessés. Il préside le premier comité local de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge), qui est installée en novembre 1870. Il crée une ambulance en bord de rivière (hôpital de toile provisoire). Au sein de la Croix-Rouge, Hugedé est chargé du ravitaillement. Il s’intéressera ensuite aux possibilités d’amélioration des constructions provisoires, et notamment des moyens de leur assurer une bonne aération et du chauffage. Il restera actif dans la Société de secours aux blessés jusqu’à la fin de sa vie.

Après la guerre, Hugedé reprend son activité de production de lettres, médailles et enseignes. Il est présent à l’exposition internationale de Lyon en 1872 et à l'Exposition universelle de Vienne en 1873. Il emploie dans son atelier des invalides de guerre. En avril 1875, Hugédé cède son fonds de commerce.

Il devient alors architecte, construisant d’abord sur ses terres de Joinville des constructions réputées être économiques et hygiéniques, qu’il s’efforce de diffuser.

Louis Hugedé épouse en août 1883 à Paris (1er arr.) Anne Catherine Steinmann. Il mobilise ses compétences en mécanique et architecture pour proposer pour la Croix-Rouge un modèle-type de baraques d'ambulances mobiles, destiné selon ses partisans « à rendre d’énormes services en temps de guerre et d'épidémie ». Il décrit et fait fabriquer aussi des panneaux aérifères, à circulation d'air, d'un moulage facile et rapide, faits avec les matériaux quelconques que présente le sol, n'exigeant ni cuisson, ni appareils, ni ouvriers spéciaux, qu’il recommande pour les soubassements des baraques d'ambulance et des hôpitaux provisoires. Il met aussi au point des calorifères portatifs pour les ambulances et tentes. Ses produits sont présentés à l’exposition universelle de 1885 à Anvers (Belgique).

Il étend son champ d’action à l’industrie de la bière, proposant des glacières, germoirs, séchoirs ainsi que des matériaux isolateurs lors de l’exposition des bières françaises de 1887 à Paris.

Si le comportement humanitaire d’Hugedé est fréquemment salué dans la presse conservatrice, il n’en est pas de même dans le journal local de tendance radicale-socialiste. Ainsi, après le décès du premier adjoint au maire de Joinville, Nicolas Chéret, une polémique éclate. Chéret, franc-maçon, se fait administrer l’extrême onction. Une foule, évaluée à 500 personnes par l’hebdomadaire Voix des communes, et comprenant selon lui 200 libres-penseurs, se rend aux obsèques. Hugedé prend la parole pour en appeler à la « miséricorde divine sur le pêcheur repenti. »

Pierre Louis Hugedé meurt le 31 décembre 1891 à Paris (8e arr.) à son domicile de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Son épouse, quant à elle, résidait à Heidelberg (Grand-Duché de Bade, Allemagne). Il était âgé de 60 ans et ne semble pas avoir eu d’enfants.

Plusieurs médailles ont été accordées à Louis Hugedé lors d’expositions : médaille d'argent à l’exposition universelle de Paris 1867, mention honorable à celle d’Anvers 1885 et médaille d'or à l’exposition maritime du Havre 1868. Il a également reçu en septembre 1874 une médaille de vermeil des Sauveteurs de la Seine et en mai 1886 une médaille spéciale de la Société d'encouragement au bien. Il est décoré de la médaille militaire pour son activité pendant la guerre de 1870-1871.

Une voie de la commune de Joinville-le-Pont porte le nom de rue Hugedé. Il ne s’agit pas d’une dénomination décidée en hommage à Louis Hugedé, mais d’un usage traditionnel maintenu. La rue correspond à la partie du quartier de Palissy lotie par Hugédé, où il a construit une demi-douzaine de pavillons, dont la villa Hugedé. Le nom est attesté de son vivant, dans la presse dès 1877 et il est officiellement utilisé dans le recensement communal de 1891. Un arrêté préfectoral du 15 octobre 1934 la classe parmi les voies publiques urbaines de la commune de Joinville-le-Pont.

Partager cet article
Repost0
22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie de Ferdinand Rousseau

La municipalité de Joinville, après la guerre de 1870-1871 et l’insurrection de la Commune de Paris, doit faire face à de nombreux problèmes : reconstruction des édifices détruits, dont le pont de Joinville, principal axe de l’Est parisien, et réfection plusieurs bâtiments endommagés comme les châteaux du Parangon et de Polangis.

La Marne sort également de son lit à plusieurs reprises. Une première inondation est notée en novembre 1872. Mais c’est à la fin du mois de décembre et en janvier 1873 qu’une crue très importante survint.

Rousseau, comme adjoint au maire, Fontaine, secrétaire de mairie, Burgain et Brillaux, conseillers municipaux sont en charge de l’organisation des secours. 520 personnes de la commune, qui comptait 2 380 habitants en 1872, ont besoin de secours soit plus d’un cinquième de la population. Une souscription, lancée par le quotidien Le Figaro permet de les aider. Rousseau établit un tableau des pertes subies par les inondés, sur lequel les délégués du Figaro statuèrent, en tenant compte de la situation de fortune de chaque sinistré.

Lors des élections municipales de novembre 1874, on voit s’affronter à Joinville-le-Pont deux tendances bien distinctes. D’un côté, la majorité conservatrice de la municipalité sortante, et de l’autre une liste républicaine. Si la majorité est reconduite, avec à sa tête Auguste Courtin comme maire et Ferdinand Rousseau comme adjoint, trois des élus se sont ouvertement affichés en tant qu’opposants républicains : Antoine Cambier, Louis-Benoit et le maître de forges Alphonse Pilté.

De nouveau, en mars 1876, 160 maisons de Joinville sont envahies par les eaux de la Marne. Le deuxième étage du restaurant Jullien, sur l’île Fanac est inondé, les arches du pont reconstruit ont disparu et on ne va plus qu'en bateau dans le nouveau quartier de Palissy. 37 maisons sont évacuées complètement et il faut secourir 300 personnes.

En cour de mandat, Courtin, propriétaire du château de Polangis, l’autre grande demeure de Joinville avec le Parangon, décide de quitter son poste et la ville. Après sa démission en août 1876, Ferdinand Rousseau est élu maire de Joinville. Il prend Charles Brillaux comme adjoint.

La création de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville, réalisée en 1876 à l’initiative de Rousseau, est approuvée en décembre 1877.

Les élections municipales générales suivantes, en janvier 1878, voient la victoire des républicains à Joinville, conduits par Gabriel Pinson, troisième de sa famille à devenir maire. Selon le quotidien Le Siècle, « les candidats bonapartistes, parmi lesquels figurait le maire encore en fonctions, n’ont obtenu que très peu de voix ». Sur les 17 conseillers municipaux élus au premier tour (pour 21 postes), on compte 16 républicains et 1 orléaniste.

Une société en nom collectif, sous le nom de Quirot-Rousseau, est formée en décembre 1881 pour l’exploitation du pensionnat de garçons dénommé Institution du Parangon. À partir de 1885, la cérémonie annuelle de remise des prix de l’école du Parangon, au mois d’août, devient un évènement bénéficiant d’une importante couverture dans la presse nationale et locale. À la rentrée scolaire 1888, Ferdinand Rousseau, malade depuis 1881, divisa l’exploitation du Parangon en deux établissements, l’un confié à son fils Jules Rousseau et l’autre à son beau-fils Théodore Quirot.

Des élèves dans la cour du Parangon

 

Ayant adhéré en 1864 à la Société zoologique d'acclimatation, Ferdinand Rousseau en reste membre ensuite. Administrateur de la caisse d’épargne, Rousseau a été président de la délégation cantonale de Charenton qui gère les questions d’éducation.

Louis Ferdinand Rousseau meurt le 21 juin 1889 Joinville. Il était âgé de 78 ans et père de deux enfants.

Il avait été décoré des Palmes académiques en 1879 comme officier de l’instruction publique et chevalier de la Légion d’honneur depuis décembre 1881. Une fondation Ferdinand Rousseau est formée et contribue à doter des prix pour les élèves de l’institution du Parangon à partir de l’été 1889 et jusqu’en 1914.

Son fils et successeur à l’institution du Parangon, Jules Rousseau a été également conseiller municipal de Joinville-le-Pont. Il a donné son nom à une voie de la commune. Son deuxième fils, le docteur Henri Rousseau, prit ensuite la succession à la tête de l’établissement d’enseignement et en fit une école coloniale.

Peut-être le nom de Ferdinand Rousseau doit-il être associé à une autre artère de Joinville, la villa Rousseau (voie privée).

Fin

Ferdinand Rousseau

 

Partager cet article
Repost0
20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie de Ferdinand Rousseau

Suite à la proclamation de la 3e République, des élections municipales sont organisées en septembre 1870 à Joinville. Ferdinand Rousseau est réélu conseiller municipal et le conservateur Auguste Courtin est réélu maire, mais Ferdinand Rousseau remplace Hippolyte Pinson comme adjoint, poste qu’il occupait depuis 1843.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, l’établissement Rousseau-Quirot du Parangon accueille une ambulance (hôpital auxiliaire) qui recueille 270 blessés. Situé à proximité immédiate du champ de la bataille de Champigny entre novembre 1870 et janvier 1871, les villages de Saint-Maur-des-Fossés et Joinville-le-Pont sont l’objet d’une « véritable pluie de fer » selon l’historien Jean Roblin. Le Parangon, arborant sur son toit le drapeau de la Croix-Rouge, fut épargné au début. Cependant, le 9 janvier, un obus vint dans l’escalier du bâtiment occupé par Jules Rousseau et son épouse. On se hâta d’envoyer à Paris femmes et enfants. Ferdinand Rousseau prend en charge une trentaine de familles joinvillaises obligées de se réfugier dans la capitale pendant le siège avec la quasi-totalité de la population du village.

Charge des zouaves pendant la bataille de Champigny

Durement touchée, Joinville a notamment perdu le pont qui a été détruit par l’armée française en décembre 1870 pour empêcher, en vain, l’avancée allemande. La bataille de Champigny, qui se dispute en partie à Joinville dans la zone, encore largement non habitée de Polangis, fait environ 2 000 morts dans les deux armées.

La municipalité, repliée à Paris pendant le siège, rentre à Joinville au début de l’insurrection de la Commune de Paris et le maire s’associe aux initiatives pour recréer un dialogue entre le gouvernement de Versailles et les insurgés. Joinville est occupé depuis fin janvier 1871 par près de 3 000 soldats allemands, majoritairement Wurtembourgeois au début puis Badois et Bavarois ensuite.

En juillet 1871, le conseil municipal est réélu malgré la présence de l’occupant qui provoque plusieurs incidents avec la population. Courtin et Rousseau sont reconduits comme maire et adjoint.

À la rentrée scolaire de l’automne 1871, alors que les troupes d’occupation viennent juste de quitter la commune où elles sont restées près de six mois, il n’y a que trois élèves dans l’école du Parangon. Mais l’activité reprend progressivement, avec la reconstruction des bâtiments.

À suivre

Joinville pendant la guerre de 1870

 

Partager cet article
Repost0
18 août 2020 2 18 /08 /août /2020 00:01

Début de la biographie de Ferdinand Rousseau

Louis Ferdinand Rousseau naît le 14 décembre 1810 à Paris (1er arr.). Il est le fils de Louise Marie Quirot et de Longin Marie Ferdinand Rousseau. Il a un frère jumeau, Antoine, dont le devenir est inconnu.

En 1832, Ferdinand Rousseau rejoignit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) comme professeur une petite école laïque d’enseignement libre dirigée par Jean Marie Molette, issue de l’école Longin de Paris que Molette avait reprise. Elle comptait 15 pensionnaires en 1836 et 30 en 1841. Dans cette fonction, Rousseau remplaça Adrien Quirot, décédé en août, qui avait épousé en novembre 1831 Désirée Catherine Nicole Lavenue, fille adoptive de Molette. En juin 1835 à Joinville, Rousseau épousa la jeune veuve.

Au décès de Jean Marie Molette, en 1851, Rousseau devint le maître de pension et renomma l’institution Rousseau-Molette. Dans une annonce de 1853, il assure qu’il « offre à la jeunesse tous les avantages, tant sous le rapport de l'éducation que par les soins de famille que les élèves y reçoivent, les élèves vivant en communauté avec les maîtres. »

La succession de Molette au conseil municipal de Joinville est également assumée par Rousseau, qui est peut-être élu lors d’un scrutin partiel début 1850. La 2e République a aboli le vote censitaire et rétabli le suffrage universel masculin, avec une première élection municipale en en juillet 1848. Apollon Delaherche, qui assumait l’intérim depuis fin décembre 1848, est élu maire en mars 1850.

Face au développement de l’école, Ferdinand Rousseau fait l’acquisition d’un vaste terrain, doté d’un petit château qui fut un temps la résidence de la Madame de La Fayette. Il y installe l’école, qui prend désormais le nom du Parangon en 1857.

A suivre.

L'internat du Parangon

 

Le nombre d’élèves augmenta jusqu’à 300 personnes. En 1865, son fils, Jules Rousseau, introduit pour la première fois un enseignement technique et professionnel tandis que son beau-fils, Théodore Quirot, est chargé de l'enseignement classique. L’établissement, laïque, jouit d’une bonne réputation.

Pendant tout le second empire, Rousseau siège au conseil municipal. Charles Pierre Chapsal a repris le poste de maire en 1852. À sa mort en 1858, il est remplacé par Auguste Courtin, son fils adoptif. Hippolyte Pinson est l’éternel maire adjoint pendant toute la période. Rousseau s’occupe notamment du bureau de bienfaisance municipal.

En 1868, Ferdinand Rousseau est capitaine de la garde nationale et des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont. Les autres officiers sont Martin, Bessault et Provin, tandis que son fils Jules Rousseau est sergent-major. Jusqu’ici, la garde nationale était surtout une milice destinée à maintenir l’ordre, composée et armée de propriétaires. C’est Rousseau, dans la commune, qui élargit son rôle en incluant le service du feu.

L'école du Parangon vue du parc

 

Partager cet article
Repost0
10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 00:01

Louis Albéric Fleury Bisson naît le 27 février 1820 à Houdan (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il est le fils de Louise Rosalie Grippierre et de son époux Fleury Bisson, notaire royal. Une grande partie de sa famille est dans le notariat.

En avril 1850 à Paris (6e arr.), il épouse Marie Adelaïde Héloïse Geneviève Bertrand. Après la mort de son frère, Hector Bisson, en novembre 1858, Albéric Bisson reprend la charge de notaire de ce dernier à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne).

Comme son frère également, Albéric Bisson est élu conseiller municipal de Nogent sans doute en 1860 et réélu en 1865. Il est nommé en 1866 adjoint au maire, qui est alors Antoine Bauyn de Perreuse depuis 1834.

Il est membre du Cercle des arts et contribue en 1865 à l’aménagement du tombeau de Watteau à Nogent-sur-Marne.

Pour le canton de Charenton-le-Pont, qui regroupe une grande partie des communes de l’Est parisien, Bisson est juge suppléant de la justice de paix.

Albéric Bisson meurt le 4 août 1868 à Nogent. Il était âgé de 48 ans et père d’une fille.

Nogent-sur-Marne

 

Partager cet article
Repost0
8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 00:01

Marie Gabriel Hector Bisson naît le 27 août 1811 à Gambais (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il est le fils de Louise Rosalie Grippierre et de son époux Fleury Bisson, notaire royal. Une grande partie de sa famille est dans le notariat.

À partir de 1838, Hector Bisson prend une charge de notaire à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il épouse en mai 1839 à Paris Françoise Rose Angilbert.

En 1852, Hector Bisson il est chef de bataillon dans le 28e bataillon de la Garde nationale, qui couvre le territoire des communes de Nogent, Joinville-le-Pont, Saint-Maur-des-Fossés, Bry-sur-Marne et Champigny-sur-Marne. Son unité prend le nom de 50e bataillon de la garde nationale de la Seine en 1853. Il en est toujours l’officier commandant en 1858.

Au moins à partir de l’été 1855, il est conseiller municipal de Nogent-sur-Marne. le maire, depuis 1834, est le marquis Antoine Bauyn de Perreuse.

Hector Bisson meurt le 30 novembre 1858 à Paris (6e arr.). Il était âgé de 47 ans et avait eu quatre enfants.

Son frère cadet Albéric Bisson (1820-1868) reprit sa charge de notaire et fut également élu conseiller municipal de Nogent-sur-Marne puis désigné comme adjoint au maire.

Il intervenait très régulièrement comme notaire, dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, exemple pour la vente en 1850 de la très vaste propriété de la famille de Bray de Valfresne. Elle était également incluse dans le périmètre de son bataillon de la garde nationale.

Joinville baptisa une de ses voies de son nom, le quai Hector-Buisson, dans le quartier de Palissy. Il donnait accès au port de commerce sur la Marne et accueillit au tournant du siècle les usines de cinéma Pathé. La dénomination fut conservée jusqu’après la deuxième guerre mondiale puis, avec le quai voisin, nommé d’après un autre notaire, Moisson, il fut rebaptisé d’après un résistant tué pendant le conflit, Gabriel-Péri.

Les usines Pathé sur le quai Hector-Bisson

 

Partager cet article
Repost0
6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin, après avoir quitté Joinville-le-Pont, s’installe à Salbris (Loir-et-Cher). Il y acquiert le château du Chesne, doté d’un vaste domaine, et exerce la profession d’agriculteur. En 1881, il est élu conseiller municipal et, en 1884, il devient maire de Salbris, fonction qu’il exercera jusqu’en 1900. Il siège également, de 1889 à 1895 au conseil général du Loir-et-Cher.

La mairie de Salbris

Les opinions politiques de Courtin font de lui un « monarchiste impénitent » dont la « vie tout entière » est « consacrée à combattre la République » constatait le quotidien progressiste La Lanterne en août 1893. Selon le Journal de l'agriculture (1908), Auguste Courtin était « un des meilleurs agriculteurs de la Sologne ». Le journal catholique La Croix en fait « un des premiers rénovateurs de la Sologne » dans sa nécrologie. Il aura exercé des mandats poltiques pendant 37 ans (18 ans à Joinville, 19 à Salbris).

Auguste Courtin meurt le 15 avril 1908 à Salbris, dans sa propriété du Chesne. Il était âgé de 82 ans. Une rue du quartier de Polangis à Joinville porte le nom d’avenue Courtin.

Comme il le fit lui-même avec son propre père, c’est son fils André Courtin qui lui succéda, mais cette fois de son vivant, à la mairie de Salbris de 1900 à 1912 et qui reprit son poste de conseiller général du canton de Salbris de 1901 à 1907.

Fin

Le château du Chesne à Salbris

 

Partager cet article
Repost0
4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin est maire de Joinville-le-Pont depuis 1858 et le reste jusqu’à la fin du second empire. Les maires sont alors nommés par le préfet. Il est reconduit dans cette fonction, puis élu au même poste au début de la Troisième République en 1870, puis en 1871 et en 1874. Au début de la troisième République, Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste, a remplacé Hippolyte Pinson en tant qu’adjoint.

En juillet 1868, il est nommé membre du conseil de l'arrondissement de Sceaux pour le canton de Charenton par décision gouvernementale.

La population de la commune fait plus que doubler pendant le mandat d’Auguste Courtin. Elle passe de 1207 habitants en 1856 à 2901 en 1876.

Pendant le siège de Paris au cours de la guerre de 1870, la municipalité de Joinville est déplacée dans la capitale, avec l’ensemble de la population. Elle siège d’abord au 104, rue du Bac à Paris (7e arr.). Les locaux provisoires sont ensuite fixés au 105, boulevard Voltaire (11e arr.). Les très violents combats de la bataille de Champigny en novembre et décembre 1870 entraînent la mort de plusieurs milliers de soldats, notamment sur le territoire de Joinville-le-Pont. Le pont de Joinville est détruit.

Le retour des Joinvillais se fait en janvier 1871. La commune est ensuite occupée par les troupes bavaroises et wurtembergeoises jusqu’au 24 septembre 1871.

Au cours de l’insurrection de la Commune de Paris, trois cents membres des conseils municipaux du département de la Seine adoptent le 22 avril 1871 une « Adresse des municipalités suburbaines » : « L'assemblée des maires, adjoints et conseillers municipaux des communes suburbaines de la Seine, navrée de la guerre civile actuelle, réclame une suspension d'armes. Elle affirme, pour toutes les communes, la revendication complète des franchises municipales, avec l'élection par les conseils de tous les maires et adjoints, et demande l'installation définitive de la République en France. Elle proteste contre l'envahissement et le bombardement pour la cessation des hostilités. L'assemblée surtout demande qu'il n'y ait pas de représailles ». Dix délégués sont nommés pour présenter l’adresse, dont Courtin.

Après avoir mis fin, avant terme, à ses fonctions municipales en 1876, pour des raisons inconnues, Courtin quitte Joinville en 1877. Son adjoint, Louis Ferdinand Rousseau lui succède, mais il échoua à se faire élire en 1878. Courtin vend le domaine de Polangis en février 1881 à la Société immobilière de Polangis qui lotit le terrain et démolit le château.

À suivre

Auguste Courtin

 

Partager cet article
Repost0
2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 00:01

Début de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin est présumé né le 25 décembre 1825 à Rennes, Ille-et-Vilaine. Il faut cependant attendre un jugement du tribunal civil de la Seine, à Paris, en janvier 1846 pour que son état-civil soit établi et que le registre des naissances de Rennes soit modifié avec une mention marginale, mentionnant sa date et le lieu présomptifs de son origine, avec la mention de « parents inconnus ».

L’historien de Joinville Georges Bousquié indique qu’il était le fils adoptif du grammairien Charles-Pierre Chapsal et de son épouse Anne-Adélaïde, née Favray ; cette mention figure dans la déclaration faite à l’état-civil pour le décès de sa mère adoptive. Il hérite du domaine familial, le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), mais aussi de la fonction de maire de ladite commune au décès de Chapsal en 1858. Un autre historien, Gérard Blanc-Césan, qualifie Auguste Courtin d’enfant naturel de Chapsal. L’acte d’état-civil de son mariage en mai 1848 mentionne des « parents non dénommés. »

Il faut certainement assimiler Auguste Courtin avec l’enfant désigné sous le nom d’Émile Chapsal dans les recensements conduits à Joinville en 1836 et 1841 et qui a le même âge. Les travaux généalogiques conduits par un de ses descendants, André Forgeot, lui attribuent le prénom d’usage d’Auguste Émile. Aucun « Émile Chapsal » n’est par ailleurs attesté.

Le château de Polangis avait été acquis en 1835 par Charles Chapsal auprès Jean-Claude Moynat (1763-1837), agent de change, notable de la ville de Paris en l’an 9 et conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1834-1837). Auguste Courtin en sera l’héritier au décès de Mme Chapsal en février 1880. À l’époque, la rive gauche de la Marne à Joinville est très peu peuplée et le château en occupe une grande partie.

Riche, Charles Chapsal utilise ses moyens pour asseoir son autorité locale,

En mai 1848 à Joinville, c’est Charles Chapsal, en tant que maire, qui célèbre le mariage d’Auguste Courtin avec Anna Caroline Spooner, fille d’un chimiste citoyen des États-Unis. Parmi les témoins on compte Charles Favray, frère de sa mère adoptive, et Hippolyte Pinson, inamovible adjoint au maire de la commune. Ils auront cinq enfants.

À suivre

Auguste Courtin

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens