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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 01:01

Suite de la biographie de Georges Moreau

L’article d’Albert Wolff paru dans Le Figaro le 30 janvier 1887, posait clairement des questions qui vont nourrir le débat public autour du Monde des prisons de l'abbé Moreau/ Si ses opinions sur la politique pénitentiaire sont critiquables, ses révélations sur le traitement des détenus sont crédibles et exigent une enquête officielle.

Le lendemain, c’est le quotidien populaire Le Matin qui insère, toujours en Une, un très long papier (non signé) et un entretien avec l’abbé Moreau. Qualifiant le livre d’étrange, il assure que « jamais volume ne visa moins au scandale et que jamais écrivain ne chercha davantage à éviter la réclame malsaine ». Il voit un « traité de pathologie spéciale dont les formules arides et les descriptions seraient enrobées dans des anecdotes typiques. »

Pour Le Matin, l'auteur est « un prêtre assez indépendant et assez hardi pour rompre en visière avec les traditions et oser mettre son nom sur un travail qui touche aux côtés les plus honteux et les plus immoraux de la société. L'abbé Georges Moreau est encore jeune, bien que ses cheveux soient tout blancs. Grand, droit, l'air très crâne, l'œil franc, regardant bien en face, il a l'allure décidée de l'homme qui ne sait pas reculer ».

L’interview permet au vicaire général honoraire de Langres de préciser ses intentions : « Je l'ai écrit [le Monde des prisons] parce que seul je pouvais faire connaître l'intérieur des prisons, ce qui s'y passe et ce qui s'y dit. (…) Personne n'ajouterait foi aux mémoires d'un prisonnier ; le personnel administratif se garderait bien de signaler des abus dont il est en grande partie responsable (…) C'était un devoir pour moi de le faire connaître et de signaler avant tout ce fait, que les réformes pénitentiaires sont enrayées par ceux-là même qui ont mission de les assurer. »

Revenant sur les réactions qu’il a provoquées, G. Moreau poursuit : « Je suis déjà en butte, aux critiques les plus violentes. On m'accuse de faire mon évangile des livres de Goncourt et de Zola, mais peu m'importe. En somme, c'est un peu vrai. Bien résolu à peindre des morceaux sombres, j'ai étudié, dans les auteurs qui ont osé aborder ce genre, leurs procédés et leurs manières, et j'estime que je ne pouvais pas me servir du style de Mme Deshoulières pour parler des bandits qui sont internés à la Grande Roquette. » Antoinette Deshoulières (v. 1634-1694) est l’auteur de poésies comme l’Idylle des Moutons ou Les Amours de Grisette.

La thèse que défend Moreau est qu’il y a trois catégories de criminels : les voleurs par profession, les voleurs par accident qui récidivent et les voleurs par accident qui ne récidivent pas. Il écarte « les brutes et les passionnels », qui selon lui « ne constituent pas un danger plus grand qu'un chien enragé. »

Il évalue le nombre des voleurs par profession en France à 300 000, sur une population inférieure alors à 40 millions d’habitants. Il postule que la prison, supposée les empêcher d'agir, « est un endroit infernal ». Elle serait un encouragement à la récidive : « Avec la promiscuité des prisonniers, c'est l'école de tous les vices, des débauches les plus crapuleuses. L'homme en sort plus pourri, moralement, qu'il n'y est entré et, grâce à la mauvaise nourriture qu'on lui donne, à l'hygiène déplorable qu'il y trouve, il quitte l'établissement anémié, veule, sans forces, incapable physiquement de gagner sa vie et parlant obligé de recommencer à voler. »

Poursuivant sa présentation, l’abbé oppose la sévérité du régime pénitentiaire aux adoucissements et aux faveurs « réservées aux bandits les plus incorrigibles » qui disposent d’argent ou de complices. Il explique que « grâce à la promiscuité dans la prison, la société n'est nullement protégée par l'internement du voleur. Si celui-ci a préparé un coup qui pouvait manquer par le fait de sa mise en prison, il en vend l'exécution avec tous les détails pour le faire à un camarade qui va finir son temps, et à son tour, au moment de sa sortie, il achète d'un nouvel arrivant le plan d'une expédition fructueuse. »

En venant au rôle des directeurs de prisons, Moreau parle d’un « arbitraire sans limite ». Il accuse certains d’entre eux de susciter des révoltes pour faire remarquer leur poigne.

Moreau ne voir qu’un remède, radical par rapport à l’organisation des prisons à cette époque, le système cellulaire : « Avec la cellule, la pourriture de prison ne peut se propager. Les voleurs de profession susceptibles d'un retour au bien ne s'amenderont que dans l'isolement. Les autres deviendront fous ou mourront. Faudrait-il les pleurer ? »

Continuant sa catégorisation, il passe aux voleurs par accident. « Une fois en prison, la pourriture les prend, les gangrène, et, quand ils sont sortis, l'accident est devenu habitude. » Quant à ceux  qui ne récidivent pas, l'abbé Moreau assure qu’il y en a bien peu : « j’en ai bien connu… deux. »

À suivre

 

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30 mai 2018 3 30 /05 /mai /2018 01:01

Suite de la biographie de Georges Moreau

Après avoir démissionné de l’aumônerie de la prison parisienne de la Grande-Roquette, l’abbé Moreau est nommé vicaire général de l’évêché et chanoine titulaire de la cathédrale de Langres (Haute-Marne). Une fonction qu’il ne va occuper que fort peu de temps de manière effective, puisque qu’il démissionne début mars, tout en étant nommé alors vicaire général honoraire de Langres, titre qu’il portera ensuite pendant le reste de sa carrière.

Ce sont les suites des activités éditoriales de Georges Moreau qui sont à l’origine du renoncement à sa nouvelle fonction. En février 1885, il publie une lettre ouverte à plusieurs journaux, reprise dans le Journal des villes et des campagnes ou Le Pays, dans laquelle il affirme sa totale fidélité avec la doctrine de l'Église catholique assurant, au sujet de ses propres écrits : « d’avance, je condamne tout ce que le Saint-Siège n’approuverait pas. » De manière rétroactive, il assure « Il y a des pages que je voudrais n’avoir jamais écrites. C’est pourquoi de moi-même j’ai retiré de chez mon éditeur les exemplaires qui restaient. Je n’ai qu’un désir : vivre et mourir non seulement dans une entière communion de croyances avec mes vénérés confrères, mais encore dans une pratique absolue de la réserve sacerdotale, et dans un respect aussi filial qu’inaltérable envers mes supérieurs. »

Toujours sollicité lors des débats parlementaires au Sénat sur la question de la suppression de la publicité des exécutions capitales en mai 1885, l'abbé Moreau va se lancer dans la rédaction d’un essai qu’il intitule Le Monde des prisons et qui est daté de 1887, mais déjà annoncé dans la presse à partir de février 1886.

Au travers des cas qu’il raconte, l’abbé Moreau essaie de faire vivre la prison, pointant du doigt son inhumanité. La Troisième République venait, en 1885, d’ouvrir les bagnes de Cayenne (Guyane) et de Nouvelle-Calédonie, Georges Moreau mettait en cause le sentiment de protection de la société, fondement de cette loi sécuritaire. Mais il avouait préférer encore la « guillotine sèche » du bagne à la « guillotine sanglante. »

Plus encore que les Souvenirs, ce nouvel ouvrage va avoir un impact dans l’opinion publique, suscitant des dizaines d’articles et une polémique virulente.

Dans un long article en Une du quotidien Le Figaro, le critique d’art Albert Wolff ouvre le bal, le 30 janvier 1887, en décrivant Georges Moreau comme « un abbé parisien quoiqu'il soit chanoine honoraire de Langres ; il est dans le train, comme on dit, c'est-à-dire en plein mouvement ». Il le crédite de qualités littéraires : « Ce prêtre est doublé d'un chroniqueur et il n'ignore aucune ficelle du métier. (…) [Il] connaît bien son public; il sait que pour lui faire avaler ses idées philosophiques il lui faut les cacher dans du pain à chanter, comme une mauvaise drogue dont le lecteur n'est pas friand. »

Le même Albert Wolff résume ensuite ce qu’il considère comme les idées philosophiques de M. l'abbé Moreau : « Il est au fond contre la peine de mort ; dans tous les cas, il trouve indigne de notre civilisation les honteuses exécutions sur la place publique. De plus, M. l'abbé est d'avis que la promiscuité de la prison répand le vice et rend impossible tout retour vers une vie honorable, car les anciens camarades de détention sont là pour l'empêcher. Ils s'accrochent à la vie de l'homme qui voudrait rentrer dans le sentier de la vertu ; ils le font chanter et, quoi qu'il fasse, il lui faudra bien devenir un récidiviste. L'abbé Moreau est donc pour le régime cellulaire et non pour la vie en commun dans les prisons. Je crois qu'il a raison. »

Mais ce que retient d’abord le journaliste du Figaro, ce sont les révélations sur la façon dont sont administrées les prisons. Pour lui, on entre dans l'invraisemblable et il ajoute « si tout autre qu'un ancien aumônier de la Grande-Roquette nous racontait ces choses, nous ne voudrions pas y ajouter foi un seul instant ». Il ajoute un commentaire personnel : « Un dimanche, j'ai vu à Mazas [autre prison parisienne] la distribution des rations de viande, ou plutôt d'une graisse jaunâtre dont mon chien ne voudrait pas ». Mais Wolff refuse de s’en indigner car, selon lui, « l'honnête homme est souvent plus misérable que le criminel. »

Wolff insiste sur ce qu’il considère comme le plus grave, la question des gardiens. L'abbé Moreau les dénonce comme trafiquant avec les détenus et se faisant en quelque sorte leurs complices pour de l'argent. Le détenu a donc en la personne de son gardien « un valet de chambre attentif à ses désirs, obéissant à ses ordres ». Le chroniqueur y voit une preuve de « l'incurie administrative, la crainte de faire un scandale ; le gardien-chef ferme les yeux, le directeur de la prison laisse aller les choses, la préfecture les ignore et le train-train ordinaire continue. »

En conclusion Albert Wolff considère que « l'abbé Moreau a rempli un devoir en divulguant toutes ces infamies, et il est de notre devoir à nous, journalistes de toutes les opinions, de les faire connaître au grand public qui nous lit ». Il assure ne pas partager « toutes les illusions de l'ancien aumônier de la Grande-Roquette », mais  s’interroge « que dire d'une société se disant civilisée et dans laquelle peuvent se commettre impunément des atrocités dans le genre de celles que relate l'abbé Moreau? » Et il appelle la Préfecture de police a le devoir d'intervenir dans le débat.

À suivre

 

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 01:01

Antoine Honoré Boireau naît le 10 janvier 1872 à La Motte-Saint-Jean (Saône-et-Loire). Il est le de fils Jeanne Benoîte Frangy et de son époux, Pierre Boireau, meunier au village du Sarroux. Leur milieu est modeste car le père comme ses témoins, vignerons, ne savent pas signer.

Devenu boulanger Antoine Boireau vit à Paris d’abord rue de Charonne puis rue des Fossés-Saint-Marcel, où il se marie en août 1898 avec Marthe Amélie Marcelline Dumont. Ils résideront ensuite boulevard Arago, rue Saint-Sabin et rue Daval.

Du fait du décès de son père et de l’incorporation de son frère aîné, Boireau n’avait fait qu’un service militaire de moins d’un an en 1893-1894. Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé mais placé en sursis d’appel comme boulanger et continue d’exercer son métier à Paris.

Installé quai de la Marne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) après-guerre, ayant cessé son activité commerçante, Antoine Boireau est candidat aux élections municipales de mai 1925 sur la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, conduite par le maire sortant, Henri Vel-Durand, radical dissident. La liste s’oppose au cartel des gauches et aux communistes. Au premier tour, elle obtient 1 078 voix en moyenne, soit 47,5% des 2 275  suffrages exprimés pour 2 310 votants sur 2 761 inscrits. Les 27 candidats sont élus second tour.

Siégeant de manière régulière au conseil municipal et s’occupant des affaires de son quartier, Boireau ne se représente pas en 1929.

Antoine Honoré Boireau meurt le 9 mars 1934 à Joinville alors qu’il se rendait aux obsèques de Charles Provin, adjoint au maire. Il était âgé de 62 ans et avait un fils et une fille. Il était apparenté à Adolphe Boireau, également résident de Joinville ; c’est probablement ce dernier qui avait contribué à créer des jardins potagers dans le quartier de Polangis pendant la première guerre mondiale, dans le cadre d’un comité d’action agricole.

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27 mars 2018 2 27 /03 /mars /2018 01:01

Si l’on peut suivre la famille Lavogade sur onze générations, entre le 17e siècle et 2014, son origine n’est pas documentée. On peut cependant supposer, le nom Lavogade étant également présent au Brésil, une filiation portugaise, possiblement marrane. En effet, plusieurs indices laissent penser que les Lavogade ont une ascendance juive : ils vivent à Paris dans le quartier du Marais et l’un d’eux témoigne qu’en 1942, il « évite de justesse la rafle du Vél’ d'Hiv'. »

L’ancêtre commun, Jean Lavogade meurt comme son épouse, Antoinette Gentidol, avant 1706. Son fils, Nicolas, est tisserand dans le grand bourg champenois d’Arcis-sur-Aube (Aube), où il épouse, en mai 1706 Anne Bajot. L’aîné de ses six enfants, prénommé également Nicolas, naît le 19 août 1707 à Arcis-sur-Aube. Il exerce le métier de compagnon drapier et s’y marie en août 1730 Nicole Brunelot. Il signe « Nicolas de Lavogad ». Le couple aura environ 17 enfants, dont 9 au moins seraient morts en bas âge ; il s’installe à Troyes (Aube).

Son fils Denis voit le jour le 9 juillet 1743 à Troyes. Il y résidera et sera fabricant de bas. Marié à trois reprises, en 1779 avec Anne Drouard, en 1788 avec Rose Grand-Jeanny puis en avril 1796 à Troyes avec Marie Jeanne Gouley, il aura une douzaine d’enfants avec ses deux dernières épouses.

Simon, fils de Denis et de Rose Grand-Jeanny, né le 13 octobre 1793 à Troyes, exerce la profession de bonnetier. Il épouse Marie Barbe Laisné et s’installe à Paris dans le quartier du Panthéon où il meurt le 16 août 1847.

C’est la descendance de Raphaël, fils aîné de Simon qui deviendra ensuite active sur les plans politique, social et sportif. Lui-même est né à Paris le 25 janvier 1822. Il est graveur sur bois, vit rue Saint-Victor et se marie avec Marie Clémentine Charpy, mère de ses 8 enfants.

Charles Lavogade fut militant socialiste-révolutionnaire et coopérateur à Paris puis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ses quatre fils (Charles dit Charlot, Alexandre dit Bébé, Maurice et Simon) seront, comme lui-même, bijoutiers et auront des responsabilités associatives. Trois d’entre eux seront des sportifs de haut niveau, principalement en natation (Bébé, Maurice et Simon) et deux auront un engagement politique socialiste (Charlot) et communiste (Bébé). Parmi ses petits-enfants, Simon s’engagera dans les Brigades internationales en 1938 pendant la guerre civile espagnole ; Denis sera fusillé pour faits de résistance en 1943 ; Charlotte épousera Maurice Henri Cadot, maire socialiste d’Aulnay-sous-Bois (Seine-et-Oise act. Seine-Saint-Denis) en 1964. Son arrière-arrière-petite-fille, Delphine, militante communiste, est élue conseillère municipale d’Arcueil (Val-de-Marne) en 2014.

Nous examinerons leurs parcours dans de prochains articles.

 

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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 00:01

Eugin Thime naît le 10 février 1830 à La Charité-sur-Loire (Nièvre). Il est le fils de Marguerite Guillemot et de son époux Jean Baptiste Thime, tisserand. Son prénom sera fréquemment orthographié Eugène.

Tailleur de pierres à Nevers (Nièvre), Eugin Thime y épouse en octobre 1855 Anne Genevois, lingère, originaire du Maine-et-Loire. Les milieux d’origine des deux mariés sont très modestes, leurs parents ne sachant pas signer. Ils résident rue de la Préfecture puis rue des Juifs ; Thime est devenu cordonnier. En 1861, la famille, qui a alors deux enfants, s’installe à Paris, d’abord rue Caumartin (9e arr.), ensuite rue Saint-Nicolas-d’Antin (8e arr.) exerçant toujours le métier de cordonnier-bottier.

Lors de la naissance de leur cinquième enfant en 1872, les Thime vivent à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Trois ans plus tard, ils sont dans la commune voisine de Joinville-le-Pont où naît la dernière fille de la famille.

À l’occasion des élections législatives du 21 aout 1881, Thime est, avec le conseiller municipal Alphonse Demeestère, l’un des deux délégués des électeurs joinvillais au sein du Comité central anti-opportuniste composé dans les cantons de Vincennes et Charenton (département de la Seine), qui soutient le député, classé à l’extrême gauche, Alfred Talandier, qui l‘emporte contre le bonapartiste Charles Delagneau, ancien préfet.

Membre de la société de libre-pensée de Saint-Maur-des-Fossés, Thime va jouer un rôle dans la propagation des idées anticléricales dans la région. Il introduit en 1885 dans sa société les joinvillais qui, comme Henry Vaudémont, peinaient à créer un groupe propre à Joinville. Ce dernier, journaliste, présente Thime comme un « humble et dévoué serviteur de la République et de la libre-pensée ». Il était probablement franc-maçon et membre de la loge Le Globe de Vincennes.

En juillet 1885, Thime est de nouveau l’un des quatre délégués des électeurs de Joinville au sein du comité central radical-socialiste du département de la Seine, avec Henri Diot, Demeestère, conseillers municipaux et Louis Vaudey, ancien conseiller municipal. Les trois autres sont commerçants tandis que Thime se présente comme ouvrier. Vaudémont raconte une soirée de l’hiver 1887 où Demeestère (70 ans), Thime et lui-même sont revenus d’une réunion radicale à Charenton vers 1h du matin par un pied de neige (env. 6 km).

Au cours des élections municipales de mai 1888, Thime est candidat en 20e position pour 21 sièges sur la liste du comité électoral républicain radical-socialiste, conduite par Alphonse Demeestère, conseiller sortant, qui se présente contre celle du maire sortant républicain, Gabriel Pinson. Les radicaux emportent seulement trois sièges, et Thime n’est pas élu.

Thime participe à la campagne de Jules Ferdinand Baulard lors de sa réélection en 1893. Il est une dernière fois désigné comme délégué de Joinville au bureau de l’Union des radicaux-socialistes de la 2e circonscription de Sceaux en février 1897 ; il semble cependant avoir déjà quitté son domicile de la rue d’Aval l’année précédente. En 1898, il est remplacé par Diot dans cette fonction.

Deux filles d’Eugin Thime, Alexandrine et Antoinette avaient épousé à Joinville en 1880 et 1883 deux fils de Justine Zo et QueveutDieu Ythier, Ernest et QueveutDieu Gustave. Ces mariages, comme la naissance d’Alfred Eugène en 1878 ou l’enterrement d’Arthur Francis en 1891 à Joinville, avaient eu pour témoins des personnalités de la libre-pensée et du radicalisme du canton.

Toujours cordonnier, Thime réside avenue du Roule à Neuilly-sur-Seine (Seine, act. Hauts-de-Seine) entre 1899 et 1902 puis avenue Parmentier à Paris (11e arr.) en 1904.

Un mois jour pour jour après son épouse, Eugin Thime meurt le 26 décembre 1904 à l’hôpital Saint-Antoine (Paris, 12e arr.). Il était âgé de 74 ans.

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20 décembre 2017 3 20 /12 /décembre /2017 00:01

Jean-Louis Pariselle naît le 8 mars 1917 à Châlons-sur-Marne (act. Châlons-en-Champagne, Marne).

Il entre à l'école Boulle, à Paris en 1931 et en sort diplômé en 1935. Il est employé comme sculpteur dans l'entreprise de Maurice Corrèze à Auxerre à partir de 1936 puis, après son service militaire de 1937 à 1943, jusqu’en 1945. Il s’établit à Paris en 1946.

De 1953 à 1977, il est dessinateur projeteur dans un grand magasin parisien, Les Nouvelles Galeries, dont il devient le décorateur attitré. Il réalise par exemple entièrement l'agencement intérieur du magasin de Metz.

Sa passion du bois ne le quitte pas et Jean-Louis Pariselle réalise, dans des formes classiques, des recherches sur la sobriété du volume : personnages, animaux ou œuvres non figuratives. Il installe son atelier dans un pavillon de l’avenue des Platanes, dans le quartier de Palissy (Joinville-le-Pont), puis à Champs-sur-Yonne en Bourgogne.

Jean-Louis Pariselle expose notamment au Salon des Artistes français de 1949 à 2007. On le voit aussi au Salon des Indépendants (1953 et 1954), au Salon de l'art libre (1962 et 1963), ainsi que plusieurs lieux du Val-de-Marne ou de l’Yonne.

Les outils de Jean-Louis Pariselle ont été légués à l'école Boulle où ils sont exposés depuis octobre 2013 dans une vitrine spéciale.

Les œuvres ont fait l’objet d’un legs de son épouse Simone Pariselle (1922-2013) en 2012 à la commune de Champs-sur-Yonne qui en assurera la présentation.

Militant du Parti socialiste, Jean-Louis Pariselle est élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont lors d’un scrutin partiel en 1978. Il devient adjoint au maire dans la municipalité de gauche dirigée par Guy Gibout (Parti communiste), et est en charge des affaires scolaires. Il ne se représente pas en 1983.

Jean-Louis Pariselle est décédé le 4 octobre 2008 à Auxerre, Yonne. Il est enterré à Joinville-le-Pont. Âgé de 91 ans, il était médaillé de l’ordre des Arts et Lettres et avait un fils.

 

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18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 00:01

Prudent Moire naît le 14 avril 1822 à Fresnoy-le-Château (Aube). Il est le fils d’Anne Payn et de son époux Edme Moire, cultivateurs.

Lui-même est tonnelier lors de son mariage avec Jeanne Françoise Désirée Rousseau en octobre 1845 à Paris (12e arr.). Il vit rue du Marché Saint-Honoré. Il réside toujours à Paris en 1874, boulevard Saint-Germain et est alors limonadier.

En 1891, Moire est installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), vivant de ses rentes.

En mai 1892, Moire est candidat aux élections municipales dans cette commune sur la liste du maire radical Eugène Voisin, soutenue par le comité radical-socialiste, qui remporte 22 des 23 sièges à pourvoir face à une liste plus à droite de Bocquentin et Barborin, qui fera élire un seul de ses membres.

Moire obtient au premier tour 354 voix sur 639 suffrages exprimés (55,4%) et est élu. Il sera réélu en mai 1896, toujours sur la liste radicale-socialiste d’Eugène Voisin, qui n’a pas de concurrent. Le journaliste Henry Vaudémont, dans l’hebdomadaire radical local Voix des communes, le présente en mai 1896 comme une « figure descendue d’un cadre antique venant enseigner aux modernes la sobriété de gestes et de paroles des anciens ». Il ne se représente pas en 1900.

Prudent Moire meurt le 5 avril 1907 à Joinville, à l’âge de 84 ans. Il était veuf et avait deux enfants.

 

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 01:01

QueveutDieu Ythier naît le 4 mai 1828 à Germigny, Yonne. Ses parents sont Marie Angélique Bardeau et son époux Pierre Sylvain Ythier, buraliste.

L’origine de son curieux prénom est sans doute à relier à l’œuvre de saint Augustin, qui adresse un traité de diverses hérésies à un évêque nommé Que-veut-Dieu. Il a sans doute été transmis par le père Charles Frédéric QueveutDieu Leclerc, né à Saint-Florentin, installé à Germigny en 1797, dont il devient curé mars 1800.

Exerçant la profession de charpentier, Ythier s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il épouse en novembre 1855 Justine Zo, fille d’un autre charpentier Sylvain Zo. Ils auront cinq enfants.

Après le décès de son épouse en février 1874, Ythier se remarie en août 1875, toujours à Joinville, avec Louise Marie Denisot, blanchisseuse ; deux enfants suivront.

Avec deux de ses fils, Gustave et Charles, QueveutDieu Ythier participe en septembre 1879 à une souscription pour les amnistiés de la Commune de Paris, lancée par le journal Le Rappel, et collectée à Joinville-le-Pont par Grosbois, coiffeur.

Installé dans le centre-ville, 24, rue de Paris, La famille est particulièrement liée avec celle d’Eugin Thime, bottier, personnalité du radicalisme et de la libre-pensée à Joinville, puisque deux filles Thime épousent deux garçons Ythier, Gustave et Ernest.

QueveutDieu Ythier décède le 20 juillet 1891 à Paris (10e arr.). Il était âgé de 63 ans et résidait toujours à Joinville comme ses fils Gustave, Charles et Édouard.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 01:01

Jean Buchot (également orthographié Beuchot) naît le 27 février 1740, à Saint-Mesmin (act. Côte-d'Or). Il est le fils de Jean Buchot, bûcheron, et de son épouse Marie Louise née Mouillon. Peu après sa naissance, ses parents s’installent dans l’actuelle commune de Saint-Maur-des-Fossés. Ils résident dans le petit village du Port de Créteil, qui dépend administrativement de la paroisse Saint-Hilaire de La Varenne mais est rattaché pour les actes religieux à celle du bourg de Saint-Maur-des-Fossés, Saint-Nicolas.

Il épouse Marie Anne Talon avec laquelle il aura dix enfants entre 1767 et 1785, dont huit sont encore vivants au début de la Révolution.

En 1772, Jean Buchot, qui est présenté comme journalier, est témoin lors d’un procès intenté par les passeurs officiels du port de Créteil, Louis et Jean Richard, contre un marchand de fer et de charbon du même hameau, Desjardin, qui fait traverser la Marne à un quidam et aurait injurié la femme Richard.

Jean Buchot est probablement le second signataire du cahier de doléances de La Varenne-Saint-Maur en avril 1789 ; il est nommé Buchot sur le manuscrit de ce document. Plusieurs Buchot sont identifiés dans la presqu’île, mais doivent sans doute être écartés : son frère, Pierre Nicolas, né en 1748, réside à Saint-Maur jusqu’en 1782, dernière mention de sa famille sur les registres paroissiaux ; Pierre (1770-1840), fils aîné de Pierre Nicolas, ne semble pas avoir résidé à Saint-Maur après son adolescence et son âge en avril 1789 (18 ans) rend de toute manière improbable qu’il ait pu signer ce document.

Les « habitants de la paroisse de Varenne-Saint-Maur-les-Fossés » ont rédigé en prévision des états généraux leur cahier de doléances, qui est daté du 14 avril 1789. Il existait à cette date deux paroisses spirituelles et une troisième « paroisse fiscale » sur le territoire actuel des communes de Saint-Maur-des-Fossés et de Joinville-le-Pont : celle de Saint-Hilaire (La Varenne) et celle de Saint-Nicolas (Saint-Maur, Joinville) ; le village de Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville) n’avait ni église, ni desservant, mais disposait d’un rôle d’impôts autonome.

Les sept signataires du cahier de doléance furent Desaint, Buchot, Géant, Bouillon, Mathieu, Claudin et Riguet (noté Riquety sur les sources imprimées).

En 1789, au moment de la rédaction du cahier de doléances, Jean Buchot a 49 ans. Pas plus qu’aucun autre membre de sa famille, il ne joue de rôle dans les municipalités constituées à partir de 1790. La commune de La Varenne est rattachée en décembre 1791 à celle de Saint-Maur, tandis qu’au contraire La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur se crée comme commune autonome en février 1790.

Jean Buchot meurt le 9 pluviôse an 8 (29/01/1799) à Saint-Maur-des-Fossés. Il finissait sa 60e année.

Son petit-fils Charles Eugène, sera inculpé comme insurgé suite à l’insurrection parisienne de juin 1848 ; il était alors marchand de vin et tailleur de pierres à Joinville-le-Pont.

Un neveu de Jean Buchot, Pierre et trois de ses petits-neveux (Pierre Nicolas, Étienne Nicolas et Louis Martin Adrien) seront officiers et décorés de la Légion d’honneur.

Cahier de doléances de La Varenne

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 01:01

Jean Beuchot naît probablement en 1699. Ses parents vivent à Geligny, un village de la paroisse de La Chaleur (auj. commune de Vieilmoulin, Côte-d'Or). C’est à La Chaleur qu’existe une forge où on marquait au fer rouge les forçats emmenés aux galères puis au bagne à Toulon.

Son père Antoine Beuchot est laboureur et marié à Barbe Pain. Lui-même sera bûcheron. En février 1727, il épouse dans le village voisin de Saint-Mesmin Claude Mouillon, elle aussi d’une famille paysanne ; lors du mariage, seul le recteur d’école sait signer et fait donc office de témoin, comme pour une grande partie des unions dans le village.

Après avoir eu au moins quatre enfants, la famille se déplace à La Varenne, sur le territoire actuel de la commune de Saint-Maur-des-Fossés, où elle vit dans le hameau du Port de Créteil. Deux autres enfants y naîtront.

Jean Beuchot meurt le 25 mars 1766 et il est inhumé au cimetière de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur. Il était âgé de 66 ans.

Ses descendants, dont le nom s’orthographie ensuite Buchot, vont traverser le siècle suivant, à partir de cette plaine de la boucle de la Marne, entre révolutions et guerre.

Son fils homonyme Jean Buchot participera à la rédaction du cahier de doléances des habitants du territoire de La Varenne Saint-Maur en avril 1789. Un arrière-petit-fils, Eugène Buchot, résidant à Joinville-le-Pont, sera impliqué dans la révolution de juin 1848.

Le deuxième fils de Jean Beuchot, Pierre Nicolas, sera le géniteur d’une dynastie d’officiers qui feront les guerres de trois républiques, des deux empires ainsi que de la royauté restaurée puis constitutionnelle, sillonnant l’Europe et l’Afrique du Nord.

Nous présenterons dans les jours prochains leurs biographies.

Église de la Nativité-de-la-Vierge (hameau de la Chaleur, commune de Vieilmoulin), phot. Michel Foucher, 2015

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