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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 00:01

Fénia Beiline naît le 31 mai 1887 à Mir en Russie (act. Biélorussie). La transcription française de son nom et de son prénom est très diverses. On trouve ainsi pour son prénom Fania, Fani, Fanny, Fajga, Faiga, Fejga ou Feiga et pour son nom Beilin, Beuline ou Belin. On gardera ici l’orthographe utilisée dans son acte de décès.

Vivant à Minsk (Russie, act. Biélorussie), elle épouse Isaac Lévine, originaire de la ville et leur fille aînée Élise (ou Élisa) y voit le jour en octobre 1911. Ils émigrent peu après en France, puisque leur deuxième enfant, Alexandre, est déclaré sur l’état-civil de Valenciennes (Nord) en novembre 1912. Ils vivent rue des Maillets et sont marchands forains.

Après la première guerre mondiale, la famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, avenue Galliéni. En novembre1926, Fénia et Isaac Lévine achètent un commerce de fleurs rue Vieille-du-Temple dans le quartier du Marais à Paris (4e arr.). Ils le revendent en mars 1927.

Malgré leur origine modeste, les enfants de la famille acquièrent une position sociale : la fille aînée Élise épouse un comptable de la commune voisine de Saint-Maurice ; Alexandre devient cinéaste, leur domicile jouxtant les studios de la firme Pathé ; enfin, Léon fait des études de droit et deviendra avocat.

En mars 1938, les deux époux sont naturalisés Français.

Au cours de la seconde guerre mondiale, les fils de Fénia Lévine sont mobilisés. L’occupation allemande et la répression contre les juifs va conduire au départ des hommes, tandis que sa fille, Élise Kac et son petit-fils Paul, qui résidaient dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne, sont revenus à Joinville.

Tous les trois sont arrêtés en tant que juifs. Ils sont internés au camp de Pithiviers (Loiret). Ils sont déportés par le convoi n° 35, parti de Pithiviers le 21 septembre 1942 à destination du camp d’extermination d'Auschwitz (Allemagne, act. Pologne). Tous les trois meurent le 26 septembre. Fénia Lévine était âgée de 55 ans.

Renée Lipkin, épouse de son fils Alexandre, était morte au même endroit en juillet la même année. Alexandre et le gendre de Fénia Lévine, Marc Kac, furent tous deux des résistants actifs à l’occupation allemande.

Le village de Mir, dont Fénia Lévine était originaire, est l’objet d’un massacre en août 1942 ; les 719 Juifs, qui avaient été regroupés dans le ghetto de la bourgade, sont exterminés.

Le nom de Fénia Lévine est inscrit sur le Mur des Noms du Mémorial de la Shoah à Paris et sur la plaque commémorative de la mairie de Joinville-le-Pont sous la forme « Fajga Lévine. »

Mir, l'ancienne Yeshiva

 

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 00:01

Isaac Lévine naît le 14 juillet 1887 à Minsk (Russie, act. Biélorussie). Il est le fils de Cheiné Tchertoff et de son mari, Joseph Lévine.

Il épouse Fénia Beiline, originaire de la bourgade de Mir, et leur fille aînée Élise (ou Élisa) naît à Minsk en octobre 1911. Ils émigrent peu après en France, puisque leur deuxième enfant, Alexandre, est déclaré sur l’état-civil de Valenciennes (Nord) en novembre 1912. Ils vivent rue des Maillets et sont marchands forains.

Après la première guerre mondiale, la famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, avenue Galliéni. En novembre1926, Isaac et Fénia Lévine achètent un commerce de fleurs rue Vieille-du-Temple dans le quartier du Marais à Paris (4e arr.). Ils le revendent en mars 1927.

Malgré leur origine modeste, les enfants de la famille acquièrent une position sociale : la fille aînée Élise épouse un comptable de la commune voisine de Saint-Maurice ; Alexandre devient cinéaste, leur domicile jouxtant les studios de la firme Pathé ; enfin, Léon fait des études de droit et deviendra avocat.

En mars 1938, les deux époux sont naturalisés Français.

Au cours de la seconde guerre mondiale, les fils d’Isaac Lévine sont mobilisés. L’occupation allemande et la répression contre les juifs va conduire au départ des hommes, tandis que sa fille, Élise Kac et son petit-fils Paul, 12 ans, qui résidaient dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne, sont revenus à Joinville avec Fénia Lévine.

Tous les trois sont arrêtés en tant que juifs. Ils sont internés au camp de Pithiviers (Loiret). Ils sont déportés par le convoi n° 35, parti de Pithiviers le 21 septembre 1942 à destination du camp d’extermination d'Auschwitz (Allemagne, act. Pologne). Tous les trois meurent le 26 septembre.

Renée Lipkin, épouse de son fils Alexandre, était morte au même endroit en juillet la même année. Alexandre et le gendre d’Isaac Lévine, Marc Kac, furent tous deux des résistants actifs à l’occupation allemande.

Apparemment introuvable, Isaac Lévine est déchu de la nationalité française par décret du maréchal Pétain, chef de l'État français, le 18 septembre 1943.

Après le conflit, Isaac Lévine se remarie avec Alexandra Warshawsky. Il vit désormais à Paris, rue Monsieur-le-Prince (6e arr.), probablement avec son fils Alexandre.

Isaac Lévine meurt le 12 mai 1957 à Paris (6e arr.). Il était âgé de 69 ans et est inhumé au cimetière parisien de Bagneux (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Minsk

 

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17 décembre 2020 4 17 /12 /décembre /2020 00:01

Ange Jean Morel naît le 24 juillet 1906 à Bouillé-Ménard (Maine-et-Loire). Il est le fils de Joséphine Bougué et d’Ange Morel. Ses parents sont d’origine bretonne et son père est venu travailler dans les ardoisières d’Anjou.

Ange Jean Morel vit à Fougères, puis à Cholet où il travaille lui aussi comme perreyeux (ardoisier). Il va s’installer en 1926 à Paris, rue Montmartre.

Il habite ensuite un petit pavillon à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) à partir de 1932 et adhère alors au Parti communiste. Il exercera divers métiers, comme figurant de cinéma, marchand de légumes, manœuvre chez Renault ou standardiste à l’agence Havas (l’ancêtre de l’AFP).

Ange Morel est arrêté le 13 janvier 1941 à Saint Maur, puis transféré dans plusieurs camps : Châteaubriant d’abord, Voves en 1942 puis Pithiviers où il arrive fin 1943 ou début 1944. Ange Morel est économe du camp. Il prépare une évasion avec 19 autres militants communistes, dont Louis Dolly, ancien maire de Villejuif. Ils s’évadent le 15 mars 1944 en creusant un tunnel sous l’économat.

Les évadés ne seront pas repris, sauf un. Ange Morel s’engage dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI). Il participe à la libération de Paris, puis à la bataille du pont de Joinville.

Engagés le 25 août, alors que Paris est déjà libre et que le comité de Libération de Joinville-le-Pont occupe la mairie depuis le 20 août 1944, des violents combats opposent des allemands qui veulent quitter la capitale et faire sauter le pont de Joinville, aux forces de la résistance. Le 22 août, des membres des FFI, des FTP et des cheminots résistants avaient dressé des barricades sur le pont et rue Chapsal.

Ange Morel combat avec près de lui un clochard, qui avait juré, pendant l’occupation, qu’il tuerait un Allemand. Il le fait, mais meurt lors de la bataille, comme 18 autres du côté français.

La famille d’Ange Morel s’était installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans l’ancienne rue du Canal, vers 1943. C’est là qu’il est venu habiter après être sorti de la clandestinité. L’ancien résistant devient membre de la délégation spéciale qui fait fonction de conseil municipal à partir du 13 octobre 1944. Il est élu conseiller municipal le 29 avril 1945 avec plusieurs autres résistants sur la liste de Robert Deloche, maire communiste de Joinville-le-Pont.

Tout en exerçant des responsabilités comme secrétaire à l’organisation de la fédération Seine Sud du parti communiste, Ange Morel travaille à la Centrale sanitaire internationale, une organisation satellite du Pcf. Il est secrétaire de Léon Mauvais, membre du Conseil de la République (Sénat) en 1947-1948.

Il exerce des responsabilités de plus en plus importantes, comme permanent, d’abord comme envoyé du Pcf dans le Puy-de-Dôme puis comme secrétaire fédéral dans l’Orne. À ce poste, il est confronté à une réduction des financements internes de l’organisation communiste, et doit reprendre un travail salarié en tant que représentant en vins.

Maurice Thorez, secrétaire général du Pcf, l’écartera de sa fonction pour s’être « embourgeoisé » dans son nouveau travail.

Ange Morel meurt le 4 août 1978 à Fleury-Mérogis (Essonne). Il était âgé de 72 ans.

Sa fille, Colette Morel, qui fut publicitaire et journaliste dans des publications culturelles communistes, a raconté les relations difficiles qu’elle entretenait avec son père dans un témoignage, Ma vie en rouge, paru en 2004.

Ange Morel en 1947

 

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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 00:01

Eugène Georges Desolle naît le 17 juin 1862 à Paris (20e arr.) Il est le fils de Louise Joséphine Morandy, lingère, et de son mari, François Marie Desolle, serrurier qui vivent rue de Ménilmontant.

En 1882, Eugène Georges Desolle est installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) comme plombier couvreur. Il vit dans le quartier du Centre, 14, rue du Pont. Ses parents sont devenus dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne.

S’il ne semble pas avoir effectué de service militaire, Eugène Georges Desolle s’engage dans les sapeurs-pompiers de Joinville ; il est sergent dans la compagnie locale en 1911. En mai 1890, il épouse à Joinville Françoise Amalric, originaire de l’Allier. Desolle exerce son activité comme indépendant jusque 1912, date à laquelle il s’associe avec un autre couvreur joinvillais, Lucien Lavoipierre au sein de la société Lavoipierre et compagnie.

Participant à des courses cyclistes depuis 1897, Georges Desolle devient président du Cyclo-Club joinvillois en mars 1903 en remplacement d’A. Clairfay, qui l’avait fondé. Il est toujours en fonction en octobre 1904. Le club semble avoir cessé de fonctionner à l’automne 1905.

Comme son associé Lavoipierre, Desolle s’engage dans la vie politique avec des tendances conservatrices. Il est candidat, en mai 1904, sur une liste d’obédience nationaliste conduite par Charles Dalbavie, et François Provin, voisin et ami de Desolle. Le maire sortant radical-socialiste Eugène Voisin remporte l’élection avec 50,2% des suffrages en moyenne dès le premier tour et 22 sièges sur 23, la liste de droite ayant 31,9% et un seul siège, une liste socialiste-révolutionnaire recueillant 14,9%. Desolle obtient 335 voix, soit 29,9% et n’est pas élu.

Après le décès de son épouse en février 1916, Eugène Georges Desolle se remarie en septembre 1916, toujours à Joinville, avec une veuve joinvillaise, Mathilde Léopoldine Deschamps, manutentionnaire.

Après le conflit mondial, il dissout en avril 1919 la société constituée avec Lavoipierre et vit désormais de ses rentes. Il déménage dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île.

Il est de nouveau candidat aux élections municipales de novembre 1919, sur la liste du Bloc indépendant qui réunit des libéraux comme Jules Beauvais, des conservateurs et des royalistes, comme Georges Bitterlin, tous deux conseillers sortants du maire, radical dissident, Ernest Mermet. C’est la liste d’union entre les radicaux dissidents, les radicaux-socialistes officiels et des socialistes indépendants, conduite par Henri Vel-Durand, qui emporte tous les sièges après avoir obtenu au premier tour 44,8% des suffrages exprimés, devant la SFIO à 29% et le Bloc indépendant, à 26,2%. Desolle a 436 votes en sa faveur sur 1 694 exprimés (25,7%) pour 1 715 votants et 2 491 inscrits. Le Bloc indépendant se retire avant le second tour.

C’est probablement Eugène Georges Desolle qui devient en décembre 1929 vice-président du Radio Joinville Club, présidé par M. Lesage. Cependant, son neveu Georges Eugène Desolle, vit également à Joinville à ce moment.

Eugène Georges Desolle meurt le 11 janvier 1943 à Joinville. Il était âgé de 80 ans et avait deux enfants de son premier mariage. Il était décoré de la médaille d’honneur des sapeurs-pompiers.

 

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 00:01

Jean Brision naît le 14 septembre 1889 à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils de Rose Marie Lequillec, cigarière et de son mari Jean Marie Félix Brision, ajusteur.

Apprenti ajusteur, à l’image de son père, en juillet 1904, il est mordu par un chien à Nantes. Il perd ses père et mère à deux mois d’intervalle à l’été 1907. Avec un autre ajusteur, il est arrêté, en juillet 1911 pour « complicité de vol ». Il n’est sans doute pas condamné car aucune mention n’est portée sur son livret militaire.

En octobre de la même année, il est incorporé au service militaire, dans le 116e régiment d’infanterie puis dans le 2e régiment de sapeurs ; il finit sa période sous les drapeaux, malade, en novembre 1913 et s’installe à Paris, rue de Lille.

Toujours en mauvaise santé au début de la première guerre mondiale, il est réformé en août 1914 pour tuberculose. En 1934, il effectue une demande de pension, estimant que son état s’était dégradé du fait de son passage à l’armée. Elle sera rejetée pour cause de forclusion.

Pendant le conflit, il retourne en Loire-Inférieure et vit à Nantes en 1918 puis à Montoir-de-Bretagne en 1920. Il se marie à Nantes en novembre 1921 avec Hermine Francoise Eugénie André. Le couple Brision et leurs deux enfants s’installent ensuite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils résident dans le quartier du Centre, rue de Paris, en 1927. Jean Brision est devenu voyageur, représentant de commerce.

Engagé dans la vie politique locale, Jean Brision est candidat lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, convoquées pour compléter le conseil municipal suite à des décès et démissions. Il figure sur la liste socialiste SFIO, conduite par Robert Derivière, qui arrive en quatrième position, juste derrière les communistes et les deux listes regroupant des radicaux et des libéraux ou conservateurs. Brision recueille 403 suffrages exprimés sur 2 297 (17,5%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, la liste socialiste se retire au profit des communistes. C’est la liste de Concentration républicaine qui emporte les dix sièges.

Le secrétaire des Jeunesses socialistes de Joinville, Roger Jamet, était poursuivi, en mars 1935, devant la dix-septième Chambre correctionnelle de la Seine pour « outrages à agents », après être intervenu en faveur d'un vendeur de journaux qui avait été arrêté. Prié de circuler, Jamet, mutilé d'une jambe, tomba et, assurant avoir reçu des coups violents, traita les agents de « saligauds ». Les deux responsables de la section, Derivière et Brision, témoignèrent en sa faveur. Le quotidien socialiste Le Populaire considéra que la peine prononcée, 50 francs d'amende avec sursis, équivalait à une absolution.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Jean Brision est de nouveau candidat, en quatrième position, sur la liste de Robert Derivière, qui présente un nombre incomplet de postulants. Nettement distancée par l’union des droites, les radicaux de la municipalité sortante et les communistes, elle arrive encore au dernier rang. Brision ne recueille plus que 355 voix sur 2 856 suffrages exprimés (12,4%), 2 923 votants et 3 433 inscrits. Pour le second tour, dans le cadre de la préparation du Front populaire, la SFIO fusionne sa liste avec les communistes de Robert Deloche, qui ont obtenu 23,5% en moyenne. La liste fusionnée, conduite par le responsable des anciens combattants (ARAC) André Blocher, inclut dix socialistes sur 27, dont Brision qui recueille 990 votes pour 2 899 (34,1%) sur 2 924 votants. La droite emporte 25 sièges, les communistes en ayant deux, tandis que les radicaux-socialistes sont battus.

En septembre 1936, Brision accueille chez lui une réunion des Jeunes socialistes.

Suite à des conflits internes avec la minorité de gauche de Marceau Pivert, très influente autour de Paris, la SFIO dissout en avril 1938 la fédération socialiste de la Seine. Des responsables provisoires sont désignés pour enregistrer les demandes de réintégrations des adhérents qui s’engagent à respecter les règles internes. Pour Joinville, c’est un militant de Champigny qui est d’abord désigné, Albert Duquenne. Il est remplacé, dans le courant du mois, par Brision qui devient secrétaire. Comme de nombreux militants de la section de Joinville, il avait pourtant signé en septembre un « Appel pour la création d'une Gauche révolutionnaire du Parti socialiste. »

Jean Marie Félix Brision meurt le 7 novembre 1948 à Paris (1e arr.). Il résidait rue de Clichy, et était toujours représentant de commerce à l’âge de 59 ans. Il était père de deux enfants.

Rue de paris, à Joinville-le-Pont ; le n° 1, demeure de Brision, est à gauche

 

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 00:01

Il intègre en 1901 l'école pratique coloniale du Parangon à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Après deux ans de scolarité, il quitte l’école en 1903 sans accomplir la troisième année, pour laquelle il avait obtenu une bourse du conseil général de la Seine, ayant trouvé un emploi en Tunisie pour la culture des plantes à parfums. Il quitte cependant rapidement la Tunisie, puisqu’il se présente pour son service militaire à Tours en 1905 et en est dispensé à cause d’un tympan perforé. André Carlier épouse, en août 1908 à Joinville, Jeanne Rousseau, fille de l’ancien dirigeant de l’école du Parangon.

En 1914, André Carlier travaille à l’usine Saint-Gobain de Boucau (Pyrénées-Atlantiques) et réside à Bayonne. Pendant la première guerre mondiale, il est détaché en janvier 1915 dans une usine de produits chimiques à Paris. À la fin du conflit, il s’installe de nouveau à Joinville-le-Pont, dans le quartier du Centre, rue Vautier.

Devenu ingénieur chimiste, André Carlier est toujours salarié de Saint-Gobain en 1936. En 1937, il installe son propre laboratoire chimique rue de Créteil à Joinville-le-Pont (act. avenue du Maréchal-Leclerc). Il produit en particulier des sirops pour la toux. L’activité du laboratoire se poursuit en 1945.

Sans qu’il y ait de rapport avec la production principale, les Laboratoires Carlier sont également éditeurs d’une dizaine de brochures intitulées L’Esprit montmartrois et intégrant des interviews, des souvenirs, quelques chansons et des dessins. Les fascicules paraissent entre 1936 et 1939.

André Carlier meurt le 15 mars 1947 à Joinville. Il était âgé de 62 ans et avait un fils. Il était décoré de la médaille d'argent du commerce en septembre 1938. Son épouse, Jeanne Carlier, a eu une importante activité culturelle et sociale.

 

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 00:01

Jeanne Rousseau naît le 16 février 1885 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille de Désirée Colette Guillemot et de son époux, Jules Marie Ferdinand Rousseau, chef d’institution. Ses deux grands-pères étaient maires, Pierre Guillemot à Grésigny, Côte-d'Or et Louis Ferdinand Rousseau à Joinville. Son père, conseiller municipal, échoua à devenir lui-aussi maire de Joinville.

Jeanne Rousseau vit au domaine du Parangon, vaste école privée laïque à Joinville. Elle reste dans les lieux à la mort de son père, en mai 1897. Son oncle, Henri Rousseau, reprend la gestion de l’école et la transforme en école pratique coloniale en 1899. Elle y rencontre un futur chimiste, André Julien Émile Carlier, étudiant au Parangon entre 1901 et 1903. Elle est impliquée dans la vie de l’école, probablement en tant qu’enseignante de musique. Plusieurs anciens élèves lui rendront hommage en juillet 1937.

Après un séjour en Tunisie, André Carlier revient épouser Jeanne Rousseau à Joinville en août 1908. Ils vivent d’abord dans le 17e arrondissement de Paris, rue Labie puis à Boucau (Pyrénées-Atlantiques) où André Carlier est employé de l’usine Saint-Gobain. Il créera, en 1936 à Joinville, son propre laboratoire pour produire des sirops pour la toux.

Après la première guerre mondiale, les époux Carlier et leur fils reviennent s’installer à Joinville-le-Pont, dans le quartier du Centre, rue Vautier. Musicienne amateure, Jeanne Carlier va s’impliquer dans l’activité sociale. Elle est, en 1928, présidente de la section de Joinville de la Mutualité maternelle de Paris, structure fondée en 1913 sous le titre d’Union des mères par Jeanne Bitterlin, qui en reste la présidente d’honneur. L’Union des mères était une scission de la Société de l’Allaitement maternel et, comme elle, comprenait comme membres des épouses de notables locaux.

La Mutualité maternelle avait, en 1923, 93 adhérents et suivait 56 enfants. Elle ouvre en juillet 1935 un dispensaire à Joinville, rue de l’Église. Jeanne Carlier est toujours présidente de la section joinvillaise de la Mutualité maternelle en 1938.

Jeanne Carlier meurt le 21 avril 1949 à Joinville. Elle était âgée de 64 ans.

Son activité sociale lui a valu plusieurs décorations. En août 1931, elle reçoit la médaille de bronze de la Mutualité. Elle obtient en février 1936 les Palmes académiques en tant qu’officier d’académie, pour services rendus aux œuvres scolaires et à l'art musical. La croix de chevalier de l’Étoile noire du Bénin, distinction originaire du Dahomey (act. Bénin), prend en compte sa contribution au développement de l'influence française sur la côte occidentale de l'Afrique. Enfin, en février 1938, la médaille de bronze de l’Assistance publique vient récompenser la fondation du dispensaire.

Son mari édite en 1936-1939 des brochures sur L’esprit montmartrois.

 

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 00:01

Suite de la biographie de Paul Preyat

Après le conflit, le sculpteur et blessé de guerre Paul Preyat coopère avec le peintre Reni-Mel, président du Centre d'art français, à son initiative pour « la renaissance de l’art ». Il participe notamment, en 1922, au Salon de la Société des Artistes français.

À partir de 1923, en sus de son activité artistique, Paul Preyat va consacrer une partie de son activité à la vie associative, pour promouvoir notamment les productions des victimes du conflit mondial. Il organise ainsi, au sein de l'Union fraternelle des blessés de la grande guerre, un Salon des Artistes mutilés dont la première édition en mai 1925 se tient en l’hôtel du gouverneur militaire de Paris, aux Invalides.

Paul Preyat, atelier Nadar

 

Devenue annuelle, l’exposition prend un statut officiel, attirant des personnalités militaires et politiques, par exemple en décembre 1927, Edouard Herriot, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts. En 1928, il s’installe aux Champs-Élysées et est inauguré par Gaston Doumergue, président de la République.

Rebaptisée La Samothrace, la section des artistes mutilés ajoute à son activité d’organisation d’évènements, la défense des intérêts matériels et moraux de ceux-ci. Elle propose notamment d’édifier à Paris une « cité-musée » et l’État comme la ville de Paris acquièrent régulièrement quelques œuvres.

Sur le plan politique, malgré un évident patriotisme, Paul Preyat prend à plusieurs reprises des positions pacifistes. Ainsi, il proteste, comme président-fondateur de La Samothrace, contre l'exclusion d'une toile par le Salon des Indépendants de 1930 parce qu’elle était intitulée « Ce crime, la guerre ! ». Suite à un débat à la chambre des députés, le tableau sera replacé.

Pour Noël 1931, Paul Preyat remet à la Fédération Nationale des grands invalides et à la Ligue d'Action Féminine un dessin contre les jouets guerriers, légendé ainsi : « Tu vois, mon p’tit gars, c’est un crime de donner ça aux gosses… » Le quotidien socialiste Le Populaire reproduit le croquis.

La Samothrace poursuit ses salons annuels, avec toujours un appui d’autorités nationales, comme Paul Doumer, président de la République en avril 1932.

Cette même année, Paul Preyat, qui est séparé depuis 1925 de sa première épouse, se remarie avec Marie Thérèse de Courteix à Laroque-des-Arcs (Lot). Ils vivent toujours rue François-Guilbert à Paris (15e arr.).

Il est élu, en 1933, président de la Fédération nationale des grands blessés et mutilés atteints d'infirmités multiples de la Grande-Guerre.

Après la deuxième guerre mondiale, La Samothrace, qui devient la Fondation Paul Preyat, poursuit ses présentations au sein du Musée d'art moderne de la ville de Paris, où un salon se tient en mai 1965.

Paul Preyat meurt le 24 septembre 1968 à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Il était âgé de 76 ans, décoré de la Légion d’honneur comme chevalier depuis 1932 et officier en 1955, titulaire de la médaille militaire, de la Croix de guerre et commandeur de l’ordre national du mérité. Il avait eu un fils et une fille de son premier mariage.

Au début du XXIe siècle, plusieurs œuvres de Paul Preyat sont vendues aux enchères à Paris, comme en juin 2012 une Tête de Christ ou en octobre en 2014 le Village breton, peinture de 1929.

Fin

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 00:01

Début de la biographie de Paul Preyat

Paul Jean Baptiste Preyat naît le 16 janvier 1892 à Paris (7e arr.). Il est le fils de Clara Marie Desmonts et de Jean Baptiste Maximilien Paul Preyat, employé de bourse. Les deux parents sont issus d’un milieu artistique. Jean Baptiste Preyat et Émelie Bruine, ses grands-parents paternels, étaient tous deux artistes peintres tout comme son grand-père maternel, Louis Édouard Desmonts. Tout en travaillant comme remisier chez un agent de change, Jean Preyat, père de Paul, se présentait également comme artiste et donnait des cours de dessin pour la mairie de Paris après la première guerre mondiale. Clara Preyat, mère de Paul, était également professeure.

Pour sa part, Paul Preyat suit les cours de l'École des Arts décoratifs de Paris. Il est attributaire de plusieurs récompenses en septembre 1912, dont le premier grand-prix de sculpture ornementale.

Paul Preyat, coll. Roger-Viollet

Il entame son service militaire en octobre 1913 au 150e régiment d’infanterie et est toujours sous les drapeaux lors du déclenchement de la première guerre mondiale. Il est nommé caporal en août 1914 et est blessé, le mois suivant, à Ornes (Meuse) d’un éclat d’obus à la jambe droite. Promu sergent en septembre 1915, il est de nouveau, en octobre de cette année-là, victime d’une nouvelle blessure à Saint-Hilaire-le-Grand (Marne). Un éclat d’obus provoque la désarticulation de son épaule et conduira à l’amputation de son bras droit. Il est pensionné à 100% en 1916.

Son comportement est salué par une citation à l’ordre de la division en octobre 1915 pour avoir « avec un grand sang-froid mis sa mitrailleuse en batterie sur le parapet de la tranchée allemande conquise et contribué par le feu de sa pièce à enrayer une contre-attaque ennemie. »

Reprenant la vie civile, Paul Preyat, malgré son infirmité, va reprendre son activité de statuaire. En mai 1916, il participe à l'exposition des travaux des mutilés de la guerre, au musée Galliera à Paris (16e arr.) avec des « souvenirs du front ». En janvier 1917, commentant cette exposition, le journal Le Figaro écrit : « On rencontre des expositions individuelles dont l'intérêt artistique et documentaire est de premier ordre : celles, par exemple, des cinq maquettes du sculpteur Paul Preyat, amputé du bras droit. Ces cinq maquettes marquent les étapes d'une rééducation de main d'artiste. Rien n'est plus émouvant. Sur la première on voit s'exercer une main gauche inhabile, qui n'ose pas... Il y a plus d'assurance, dans l'exécution de la seconde; dès la troisième on sent que la main est devenue maîtresse de l'ébauchoir. L'avant-dernière maquette de la série montre un combattant debout derrière le parapet, aux écoutes; la dernière est l'image tragique du même soldat, frappé d'une balle en plein visage. C'est un chef-d'œuvre. »

Projet de Monument à la femme de Paul Preyat

En novembre 1916 à Paris (15e arr.), Paul Preyat épouse Marguerite Marie Heckmann, musicienne. Ils vivent dans cet arrondissement, rue François-Guilbert.

À suivre

Marie Hecmann-Preyat

 

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 00:01

Émile Louis Eugène Herluison naît le 11 juillet 1887 à Rosny-sur-Seine (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il est le fils de Victorine Augustine Cléret et d’Émile Jules Herluison, garde particulier puis plus tard imprimeur.

En 1899, il est placé comme apprenti brocheur à l'Imprimerie Chaix, 20, rue Bergère, à Paris. Le petit-fils du fondateur de la société, Alban Chaix, le récompense en 1903 d’un livret de caisse d'épargne de dix francs avec ce compliment : « Satisfait grandement ses professeurs qui en font le plus grand éloge; travailleur intelligent et sérieux, montrant une très grande bonne volonté deviendra assurément un bon ouvrier, donne toute satisfaction à ses parents et un excellent exemple à ses quatre frères plus jeunes. »

Effectuant son service militaire entre octobre 1908 et septembre 1910 au 153e régiment d’infanterie, stationné à Toul, Herluison est nommé caporal puis sergent en septembre 1909. Il se marie en janvier 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec Juliette Germaine Toussaint, couturière. Il s’installe avec sa belle-mère avenue Marie-Louise dans le quartier de Polangis, à Joinville, et est brocheur chez Wolff, cité Fénelon, à Paris (9e arr.).

Au cours de la première guerre mondiale, mobilisé au 94e régiment d’infanterie, il est promu  adjudant puis sous-lieutenant en novembre 1914 et, le même mois, est blessé près de l’œil de petits éclats de balle. À cause d’un double leucome, il est placé hors cadres en septembre 1917, puis démobilisé en juin 1919. Réintégré dans la réserve en mars 1921, il voit son grade d’officier confirmé.

Adresses : 1908 Bois-Colombes, 25, rue des Halles ; 05/02/1911 Joinville 5, av. Marie-Louise ; 09/12/1917 id. ; 03/07/1928 Rouen 105, rue Lafayette ; 02/12/1929 Persan 26, rue Jean-Jaurès ; 25/02/1932 Joinville 16, av. des Lilas ; 20/04/1937 Joinville 62, av. Oudinot.

Revenu à Joinville après le conflit, il s’implique dans la vie locale. C’est peut-être lui qui souscrit, en février 1919 des actions du quotidien L’Humanité, alors organe du parti socialiste SFIO et qui deviendra l’année suivante celui du parti communiste. Il fait partie, en mars 1925, de la liste présentée par le groupement local du Cartel des gauches qui tente, en vain, d’obtenir des délégués sénatoriaux. Le cartel regroupe les radicaux-socialistes, auxquels Herluison est affilié, les socialistes SFIO qui se reconstituent et des socialistes indépendants.

Après un échec en mai 1925, le groupement des gauches non communistes remporte les élections municipales de mai 1929. Cependant, suite à des conflits internes et à une succession de décès ou de défections, il faut compléter le conseil en octobre 1934. Avec Léon Lesestre, porte-parole de la droite locale, Émile Herluison conclut, avec l’appui des radicaux-socialistes, un accord pour constituer un Comité de coordination pour la défense des intérêts de Joinville dont l’objectif affiché est de « continuer l’œuvre déjà accomplie dans l’aménagement et l’embellissement de notre cité et envisager toute compression budgétaire susceptible d’être réalisée dans les conditions actuelles ». Il figure sur la liste constituée pour les dix sièges à pourvoir, avec un autre radical, Auguste Lobrot, à côté de libéraux et conservateurs ou indépendants. Face à une seconde liste, qui comprend également des radicaux, et à des concurrents communiste et socialiste, la liste de concentration arrive en tête au premier tour. Herluison obtient 850 voix pour 2 297 suffrages exprimés (37%) sur 2 360 votants pour 3 225 inscrits. Face à la seule liste communiste, il est élu au second tour en recueillant 1 112 des 1 903 suffrages exprimés (58,4%) pour 1 964 votants.

S’il est supposé être proche de la municipalité, il participe en janvier 1935, devant un public nombreux, à un très vif échange à propos du dépassement de crédit dans la construction du magasin et des ateliers communaux ; le dossier est renvoyé en commission à la demande d’Herluison et de trois élus de droite, Béal, Caillon et Lesestre.

Lors des élections municipales générales suivantes, en mai 1935, Herluison rejoint la liste des Gauches républicaines, conduite par le maire, Georges Briolay, qui s’oppose à celle de l’Union républicaine (droite) de Léon Lesestre. Ayant perdu le soutien du parti socialiste SFIO, le groupement des gauches concède avoir dû augmenter les impôts communaux du fait des « importants travaux d’amélioration et d’embellissement » et à cause de « l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes) » en cette période de crise économique. Refusant une « politique du moindre effort », ils préconisent l’amélioration de la voirie et des transports ainsi que l’installation d’un éclairage public. Ils veulent faire pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’intérêt national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau). Ils planifient également la construction d’une nouvelle école et d’une salle des fêtes ainsi que de cours de natation et d’aviron gratuits.

Talonnée par la liste communiste, celle de la municipalité sortante est nettement devancée par la droite de l’Union républicaine. Herluison obtient un score meilleur que celui de la majorité de ses colistiers, avec 787 suffrages exprimés sur 2 856 (27,6%) pour 2 923 votants sur 3 433 inscrits.

Après la fusion des listes communiste et socialiste, les radicaux, qui se maintiennent, reculent fortement au second tour au profit de la droite et n’ont aucun élu. Herluison obtient 595 suffrages exprimés sur 2 899 (20,5%) pour 2 924 votants. Léon Lesestre est élu par les 25 conseillers municipaux de sa liste, contre les deux voix communistes.

La famille Herluison vit dans le quartier de Polangis, avenue des Lilas puis avenue Oudinot. Il est représentant de commerce.

Émile Herluison meurt le 27 juin 1952 au Mans (Sarthe). Il était âgé de 64 ans et avait eu un fils.

L'imprimerie Chaix

 

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