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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:01

Suite de la biographie de Casimir Gastal

Effectuant son service militaire au sein du 4e régiment de zouaves, Casimir Gastal part fin novembre 1900 en Tunisie, où il reste pratiquement trois ans.

De retour en France fin 1903, il reprend ses activités politiques, manifestement sans avoir beaucoup apprécié son séjour à l’armée. Il intervient auprès de la Ligue des droits de l’Homme du 20e arrondissement de Paris et fait partie, en septembre 1904, des orateurs d’une réunion publique pour le départ de nouveaux conscrits sur le thème : Socialisme et antimilitarisme, l'armée et les grèves. Un ordre du jour est voté, protestant « contre l'envoi des troupes sur les champs de grève où les soudards militaires s'exercent à massacrer les prolétaires réclamant leurs droits. En attendant la suppression des armées permanentes, ils engagent les jeunes soldats qui partent au régiment à ne pas oublier que, sous la livrée de servitude ils sont toujours des prolétaires et que la classe bourgeoise ne se servira d’eux que pour maintenir sa domination capitaliste. »

À la fin de cette même année, en décembre 1904, Casimir Gastal se marie avec Charlotte Léontine Guillon, couturière, originaire d’Indre-et-Loire à Paris (20e arr.).

Secrétaire du groupe socialiste unifié, au sein de la SFIO, de son arrondissement, Gastal est un des organisateurs de la réunion électorale, rue Vitruve, qui porte la candidature, qui sera victorieuse, d’Édouard Vaillant pour les élections législatives de mai 1906 devant 1 200 électeurs.

Devenu agent technique dans l’aviation militaire, Casimir Gastal s’inscrit au syndicat des agents de maîtrise de la profession. Pour se rapprocher de son lieu de travail, dans le Bois de Vincennes, il s’installe en 1907 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue Pauline.

S’il continue d’assumer des activités politiques dans son ancien quartier parisien, Gastal s’implique également dans sa ville d’accueil. Il est candidat aux élections municipales de mai 1908 sur une liste, très incomplète, soutenue par la section socialiste SFIO avec Lacroix, Lebègue, Thiébault, et Lozet. Au premier tour, il recueille 179 sur 1 319 suffrages exprimés (13,6%). Les socialistes ne sont pas présents au second tour, les radicaux-socialistes emportant tous les sièges, sauf deux. Le maire sortant, Eugène Voisin, est réélu.

Après la naissance de son fils Marcel en 1910, la famille recueille également un neveu, Octave, orphelin du frère de Casimir Gastal. En novembre 1911, il est désigné comme membre de la commission exécutive du groupe municipal SFIO de Joinville, dont Émile Lebègue est le secrétaire.

Administrateur de la société coopérative La Travailleuse de Champigny-Joinville, Gastal y côtoie Albert Thomas, maire de la commune et député, futur ministre puis directeur général du Bureau international du travail à Genève. Il est le porte-parole du conseil en 1909 et anime le Cercle de propagande et d’étude constitué au sein de la coopérative.

Conduit, du fait de sa fonction dans les fabrications militaires, à se fixer près de son lieu de travail, Gastal déménage rue du Midi à Vincennes en 1912, où il devient sociétaire de la coopérative L’Amicale.

À suivre

La maison Denis, avenue Pauline, à Joinville

 

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 00:01

Début de la biographie de Casimir Gastal

Casimir Paulin Gastal naît le 7 avril 1879 à Paris (4e arr.). Il est le fils de Marie Coutarel, crémière et de son mari, Paul Gastal, alors crémier après avoir été fort aux halles et qui sera ensuite charpentier. Paul Gastal fut également un responsable coopérateur à Paris.

Après l’école primaire, Casimir Gastal suit une formation de mécanicien à l’école professionnelle Diderot.

C’est à 17 ans que Casimir Gastal s’engage publiquement dans l’action politique. Il fait partie de la Jeunesse révolutionnaire, structure du Parti socialiste révolutionnaire, formation dirigée par Édouard Vaillant qui rassemble des socialistes modérés (Paul Brousse, Alexandre Millerand) et des marxistes (Jules Guesde, Paul Lafargue). Gastal est responsable du groupe du 19e arrondissement de Paris.

Le 14 juillet 1896, une cinquantaine de jeunes socialistes-révolutionnaires veulent rendre hommage aux morts de la Commune de Paris, tombés un quart de siècle plus tôt. Ils se rendent d’abord sur la tombe du journaliste Charles Delescluze, mort à la fin des combats, où Gastal prononce un discours, accompagné par Frater, responsable du groupe du 3e arrondissement. Mais, quand les manifestants s’approchent du Mur des Fédérés, où ils comptaient déployer un drapeau rouge, ils se heurtent à la police. Après quelques cris et une courte bagarre, quatre jeunes révolutionnaires sont arrêtés. Ils sont traduits, en août, devant la dixième chambre du tribunal correctionnel de Paris. Gastal est accusé d’avoir traité les agents de fainéants et s’être écrié : «A bientôt la revanche ! ». Ernest Desaydes, porteur du drapeau, est soupçonné d’avoir frappé un agent. Bouvard et François Collignon sont aussi poursuivis pour leurs cris. Le tribunal écarte les poursuites pour rébellion et les coups, ne retenant que l’accusation d’outrages. Gastal et Bouvard écopent de 25 francs d’amende, Collignon, qui a prouvé qu’il n’était pas présent au cimetière mais était venu s’enquérir de la situation des personnes conduites au poste, est acquitté. Desaydes est condamné à cent francs.

Une partie de la presse s’étonne qu’on traduise en justice des jeunes républicains, tandis que des opposants cléricaux sont, eux, laissés libres de manifester. Dans une lettre publiée par La Petite République, Desaydes, futur maire d'Issy-les-Moulineaux considère que « si quelqu’un par ce jugement s’est trouvé puni, ce n’est pas nous, mais bien les agents qui en sont sortis couverts de ridicule et le nez trempé dans leurs ordures. »

En septembre 1896, Gastal est trésorier du Cercle collectiviste du quartier Amérique (19e arr.).

Impliqué dans la tentative d’unification des Jeunesses socialistes, Gastal participe à des rencontres avec les Jeunesses indépendantes, la Fédération des Jeunesses socialistes du Midi et les représentants du Parti ouvrier français. Il est délégué par le PSR au congrès de la salle Japy (1899).

Dans son arrondissement, Gastal est également à l’initiative de la constitution d’un Cercle d'études théâtrales en octobre 1899, qui se réunit chez lui, rue Stendhal. Le cercle ne semble cependant pas survivre à une réorganisation intérieure du groupe socialiste révolutionnaire mi-janvier 1900.

C’est de nouveau à l’occasion d’une manifestation au Père-Lachaise que Gastal est arrêté, le 28 mai 1900. Il lui est reproché d’avoir « jeté une pierre dans la direction des gardes municipaux ». Professionnellement, il est devenu serrurier et est un orateur régulier des réunions socialistes.

À suivre

Manifestation au cimetière du Père-Lachaise, devant le mur des Fédérés (sd)

 

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 00:01

Jean Aubignat naît le 25 octobre 1870 à Gelles (Puy-de-Dôme), au village de Say. Il est le fils de Françoise Tournade et de son mari, François Aubignat, cultivateurs.

En 1901, Jean Aubignat est mineur de profession et vit avec Marie Chassac, originaire de Liginiac en Corrèze, où elle est née en 1868, ancienne cultivatrice, séparée de son mari, Jean Besse, avec lequel elle avait eu quatre enfants. Jean Aubignat réside avec elle à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne), Grande-Rue, dans le même immeuble que son frère et homonyme Jean Aubignat (1867-1950), lequel vit également avec Marie Chassac (1862-1917), sœur de sa propre compagne portant aussi le même prénom.

C’est probablement le plus jeune Jean Aubignat qui est la victime d’une agression à l’usine des eaux de Joinville-le-Pont, commune limitrophe de Saint-Maurice, établissement qui appartient à la ville de Paris. Mi-octobre 1910, il faisait une ronde dans les dépendances de l'usine où il était gardien de nuit. Attaqué par des individus qui le frappèrent à coups de bâton, il est blessé à la tête puis secouru par des voisins qui répondent à son appel au secours. Le journal L'Éclair rattache cet incident à la situation sociale de l’entreprise. Des grévistes seraient venus pour saboter l’excitateur des eaux, qui allait remplacer 80 hommes. Ils s’en seraient pris à lui par ce qu’il tentait de les empêcher d’accéder à la machine, selon Le Figaro.

À l’instar de son frère, Jean Aubignat, sa compagne et ses quatre enfants ont déménagé à Joinville, au 5, rue du Canal (act. rue Henri-Barbusse). Il est terrassier pour la ville de Paris et sa conjointe est blanchisseuse.

Après la première guerre mondiale, Jean Aubignat va s’engager dans l’action politique. C’est sans doute lui qui souscrit pour les élections législatives en faveur du parti communiste en décembre 1927. Lors des élections municipales de mai 1929, il est candidat en 10e position sur la liste du Bloc ouvrier et paysan, présentée par le PCF à Joinville-le-Pont. Au premier tour, la liste de concentration républicaine du maire sortant, Stephen Durande est en tête avec 42,6% des voix, devant l’Union des gauches (radicaux-socialistes et socialistes Sfio) de Georges Briolay à 35,9%, les communistes recueillant 16%. Jean Aubignat obtient 337 des 2 126 suffrages (15,8%) pour 2 969 inscrits.

Au second tour, la gauche radicale et socialiste l’emporte avec 45,9% des voix et 22 sièges, contre 41,6% et 5 sièges à la droite, les communistes refluant à 12,5% et n’ayant pas d’élu.

Robert Lisambard (1902-1978), charpentier fer puis plombier, gendre de Jean Aubignat, était également candidat sur la liste communiste de 1929 et le fut de nouveau lors des élections municipales de Joinville en mai 1935.

Jean Aubignat meurt le 25 novembre 1961 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). il était toujours domicilié à Joinville-le-Pont, rue de Paris, et est inhumé dans cette commune.

Marie Chassac, compagne de Jean Aubignat

 

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 00:01

Gaston Alfred Devulder naît le 9 janvier 1884 à Dunkerque (Nord). Il est le fils de Rosine, Martine Fidélie Menaert et de son époux, Alfred Charles Devulder, cabaretier.

Devenu instituteur et vivant à Estaires (Nord), Gaston Devulder s’engage dans Le Sillon, créé en 1894 par Paul Renaudin et dirigé par Marc Sangnier. Les cercles d'études catholiques intégrés dans ce mouvement permettent à des jeunes et des prêtres de discuter de religion et de société. Il vise à réconcilier les ouvriers et le christianisme. D’abord appuyé par l’épiscopat, Le Sillon est condamné pour « modernisme social » par le pape Pie X en 1905 et se dissout alors.

Devulder fait son service militaire dans l’infanterie entre 1905 et 1907. Après sa démobilisation, il épouse, en novembre 1907 à Dunkerque, Gabrielle Joséphine Dubuis, couturière, devenue orpheline de mère à un an et abandonnée par son père à ce moment-là.

Pendant la première guerre mondiale, Devulder est mobilisé dans l’infanterie. Il est grièvement blessé par éclat d’obus en février 1916 à Louvemont (Haute-Marne). Il est ensuite plusieurs fois hospitalisé et versé dans une section sanitaire à Limoges (Haute-Vienne), où il est promu caporal en avril 1918. Ses blessures de guerre lui vaudront une pension de 40% en 1925.

En 1931, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Joseph-Jougla, dans le quartier de Polangis. Gaston Devulder est devenu comptable.

Rattaché à la paroisse Saint-Anne de Joinville-le-Pont, Devulder côtoya l’abbé Jacques Hollande, nommé curé de Polangis en juillet 1942 et qui le resta jusqu’en mars 1944 quand le cardinal Suhard, archevêque de Paris, l’a nommé supérieur de la Mission de Paris, laquelle constitua le mouvement des prêtres ouvriers.

Après la deuxième guerre mondiale, Gaston Devulder fait partie avec Suzanne Le Poder, Marcel Lagouche, Robert Gruet, Gaston Moutenot et Henri Melchior des militants de la section du Mouvement républicain populaire (MRP) de Joinville-le-Pont.

Gaston Devulder meurt le 30 mai 1949 Joinville. Il était âgé de 65 ans et avait eu un enfant, Jean (1911-1983), employé de banque, également soutien du journal chrétien social L’Aube en 1936.

 

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Louis Caillon

Parallèlement à ses fonctions politiques, Louis Caillon exerce des fonctions dans la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville. Il est vice-président en octobre 1933 puis, après le décès du président, Charles Provin, en mars 1934, assume lui-même cette fonction. Il est toujours en poste en novembre 1938.

La Ferme de la Faisanderie a été, le 18 avril 1929, annexée à la ville de Paris (12e arr.) avec le reste du Bois de Vincennes. Caillon se retrouve donc, à partir de cette date, âtre un résident parisien. Cependant, il conserve une adresse joinvillaise, dans le quartier de Polangis, avenue Galliéni.

En juillet 1930, le conseil municipal de Paris décide de l'affectation à l'École coloniale de l'emplacement occupé par l'École municipale et départementale d'horticulture et d'arboriculture et du transfèrement de cette dernière à la ferme de la Faisanderie. Ce qui entraîne une décision de non-renouvellement du bail dont Caillon était devenu attributaire, après cession par Gilbert Bandy de Nalèche. Caillon proteste contre cette éviction, avec le soutien d’Adolphe Chéron, député et ancien ministre (radical indépendant). Les recours n’aboutissent pas et reste en place et Caillon devra quitter son exploitation en 1935. Peu avant, un incendie détruit les écuries de la ferme de la Faisanderie, sous-louée par Caillon à un entraîneur, M. Alphonse Sourroubille, président de l'Association des jockeys de trot de France. Douze chevaux de course qui ont été brûlé vifs. L’origine criminelle de l’incendie est avancée par la police.

Au moment où il doit quitter son fermage, en février 1935, Caillon fait une nouvelle démarche juridique pour le prolonger, mais n’obtient qu’un délai de deux mois. Il tente également une action politique, s’adressant à Henri Dorgères (alias Henri-Auguste d’Halluin), en avril 1935, en même temps qu’il informe Gabriel Bureau, président de la Société des mutilés, réformés et anciens combattants de Joinville-le-Pont. Henri Dorgères, président du Front paysan, avait fondé les Chemises vertes, groupe à l’idéologie proche du fascisme italien.

Dans une lettre du 14 avril 1935, expédiée au siège du Front Paysan à Rennes (Ille-et-Vilaine), Louis Caillon explique à Dorgères qu’il est le « seul paysan dans la ville de Paris » et qu’il va être expulsé. Il assure que les clients de la Faisanderie ont adressé une pétition, jugeant le maintien de celle-ci plus utile à la santé de leurs enfants que les fleurs qui pourraient être produites par l’Ecole d’Arboriculture. Il mentionne des vœux en faveur du maintien de la ferme des maires des communes avoisinantes et du syndicat des docteurs en médecine de la région. Il se dit navré de l’attitude de la Ville de Paris et du préfet de la Seine, s’étonnant « de voir l’acharnement que mettent les hauts fonctionnaires » « à vouloir ruiner leur paysan ». Caillon souligne que sa « famille a payé son tribut à la Patrie » comme 950 000 paysans, une classe que Dorgères entendait protéger.

Après son départ forcé, Caillon s’installe dans son logement joinvillais et reprend une activité agricole dans la commune voisine de Champigny.

À suivre

La ferme de la Faisanderie

 

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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie d’Henri Melchior

Le secrétaire général du Secours catholique l'abbé Jean Rodhain, qui a créé l’institution en septembre 1946, appelle en 1959, après la fin de ses mandats électoraux, Henri Melchior en tant que délégué permanent de l’association humanitaire pour Paris et la banlieue. Il est l’initiateur du jumelage avec le Secours catholique de Dakar. En région parisienne, le mouvement se mobilise pour les personnes incapables de payer leur loyer. Il met en place des centres d'hébergement pour travailleurs africains et organise des permanences sociales au cœur des bidonvilles.

Avec le support d’Henri Melchior, plusieurs centaines d'étudiants participaient les week-ends à la remise en état de logements insalubres dans la capitale et sa banlieue, chez des personnes âgées ou des familles d'immigrés. Ils s'étaient dénommé « taudis-boys. »

Se préoccupant des sortants de prison, Henri Melchior est l’animateur, en octobre 1972, d’un congrès du Secours Catholique, à Paris intitulé « Action en faveur des détenus et sortants de prison ». Soulignant leur le délabrement psychologique, il critique la faiblesse de l’Administration pénitentiaire, dans le domaine de la réinsertion. Melchior cesse sa fonction permanente au Secours Catholique en 1974.

Il était également engagé dans le mouvement Siloé du père René Pinsard, qui œuvrait en faveur des personnes en détresse physique et morale, en accueillant jeunes et prostituées dans un bistrot du quartier Pigalle à Paris. Melchior est le gérant du restaurant Pigalle-Providence, 21, boulevard de Clichy à Paris.

Henri Melchior meurt le 16 février 1982 à Corbeil-Essonnes (Essonne). Il était âgé de 70 ans. Une plaque à sa mémoire a été apposée en mai 1985 sur son ancienne habitation au 23, avenue Jamin à Joinville-le-Pont.

Particularité familiale, l’hommage aux rois-mages : le grand-père paternel d’Henri Melchior portait le nom de Gaspard Balthasar Melchior.

Fin

 

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20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie d’Henri Melchior

Après le second conflit mondial, Henri Melchior devient le représentant du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien) à Joinville-le-Pont. D’après le témoignage d’Emmanuel La Gravière, s'agissant des responsabilités politiques ou sociales, Melchior aurait fixé sa règle de conduite en déclarant : «  Ne rien demander, ne rien refuser ». En 1945, Henri Melchior est candidat, en cinquième position, sur la liste du MRP pour les douze sièges à pourvoir dans le premier secteur de l’arrondissement de Sceaux pour le conseil général de la Seine. La liste MRP arrive en seconde position avec 51 926 voix pour 181 901 suffrages exprimés (28,5%) et obtient quatre sièges. Elle est devancée par la liste d’union du PCF avec des radicaux (41,4%, 5 sièges) et suivie des socialistes SFIO (17,4%, 2 sièges) et par une liste de droite (11,8%, 1 siège). Melchior n’est pas élu mais un autre joinvillais entre dans l’assemblée départementale, Robert Deloche, maire communiste.

Pour les élections municipales organisées en octobre 1947, Henri Melchior est tête de liste à Joinville. Ses candidats obtiennent en moyenne 404 voix pour 6 974 suffrages exprimés (5,8%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits ; la liste n’a pas d’élu. Elle est devancée par le RPF (droite gaulliste, 44%, 13 élus), le PCF est ses alliés radicaux (43,3%, 13 élus) puis les socialistes SFIO (6,5%, 1 élu). La municipalité reste communiste grâce au soutien à Robert Deloche de l’élu socialiste.

À Paris (15e arr.), Henri Melchior épouse en octobre 1949 Georgette Marcelle Chambroy, également syndicaliste. Il est signalé toujours responsable de la section MRP de Joinville.

Suite à la démission de Jean Varnoux, un de ses prédécesseurs sur la liste MRP pour le scrutin départemental de 1945, Henri Melchior obtient son premier mandat électoral en janvier 1950 et devient conseiller général.

S’étant installé dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne en 1952, Melchior y conduit la liste MRP pour les élections municipales de mai 1953. Avec en moyenne 1 020 voix pour 14 612 suffrages exprimés (7%) sur 19 395 inscrits, sa liste a deux élus. Elle est devancée par les communiste de Louis Talamoni (46,7%, 16 élus) les gaullistes alliés au RGR (20,4%, 6 élus), les socialistes SFIO (12,6%, 4 élus) et une liste dissidente du RPF (9%, 3 élus) ; vient ensuite une liste socialiste indépendante (3,4%, pas d’élu). Melchior obtient personnellement 1 234 votes (8,4%) et est élu.

Toujours en mai 1953, Melchior sollicite le renouvellement de son mandat de conseiller général, cette fois en étant à la tête de la liste MRP, qui n’obtient plus qu’un seul siège, sur les onze à pourvoir, derrière le PCF (5 sièges), la droite (3 sièges) et la SFIO (2 sièges). Réélu, Melchior devient vice-président du conseil général.

Au sein de l’assemblée, il se consacre aux problèmes de la jeunesse, de l'enseignement, des sports, des constructions scolaires, de la jeunesse délinquante. Il est à l’initiative de classes de neige, de centres de formation professionnelle et de la mise en place de l’apprentissage pour adultes. Melchior contribue à la constitution de cités familiales d’accueil, de centres pour les jeunes travailleurs isolés, notamment à Nogent, et de la construction de groupes scolaires. Il mène également un combat moral, contre les publications pornographiques et la publicité des « films licencieux. »

Très régulièrement, Melchior intervient pour des familles en difficulté, notamment en matière de logement. Il prend également position contre les discriminations dont seraient victimes les nord-africains.

Lors des élections législatives des 23 et 30 novembre 1958, qui voient le retour du scrutin majoritaire, Melchior est le candidat du MRP dans la 4e circonscription de l’arrondissement de Sceaux (Bry-sur-Marne, Champigny-sur-Marne, Nogent-sur-Marne, Le Perreux-sur-Marne). Il a notamment face à lui le maire communiste de Champigny, Louis Talamoni et le maire gaulliste de Nogent, Roland Nungesser.

Au premier tour, Melchior remporte 10 277 voix sur 54 174 suffrages exprimés (19%), pour 55 350 votants sur 67 617 inscrits, arrivant en troisième position derrière Nungesser (23,6%) et Talamoni (21,7%). Ces trois candidats se retrouvent au second tour, Melchior étant cette fois deuxième avec 16 884 votes sur 53 320 exprimés (31,7%) et 54 283 votants. Il devance le communiste (26,5%) mais est battu par Roland Nungesser (41,9%).

À suivre

 

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18 janvier 2020 6 18 /01 /janvier /2020 00:01

Début de la biographie d’Henri Melchior

Henri Melchior naît le 27 août 1911 à Boulogne (Seine, act. Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine). Il est le fils de Louise Charlotte Hubert et de son mari Georges Alfred Casimir Melchior, employé. Ils vivent 62, rue de Bellevue. Cette même année, la famille s’installa à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis.

En 1921, Henri est comme son frère aîné Maurice employé à la compagnie des Chemins de fer de l’Est, qui exploite la ligne ferroviaire desservant Joinville. Il travaille en 1926 à la Société des Cinéromans, entreprise cinématographique fondée en septembre 1919 par Serge Sandberg et installée dans le quartier voisin de Palissy, à Joinville, sur des terrains loués par Charles Pathé. En 1936, un an après le décès de son père, Henri et Maurice sont répertoriés tous deux dans le recensement de la population de Joinville comme agent PP (probablement de la préfecture de police).

Selon l’ancien sénateur Emmanuel La Gravière (MRP), Henri Melchior est militant à la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) dès ses 13 ans, c’est-à-dire en 1924 ou 1925 ; cependant, le mouvement se constitue en 1926 et est fondé juridiquement en 1927. Melchior est proche de Paul Bacon, premier secrétaire général de la JOC, qui sera résistant, député et ministre, et qui réside dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

Mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale, Henri Melchior est fait prisonnier. À son retour de captivité, toujours installé avec sa mère à Joinville, il reprend des études pour devenir professeur de l'enseignement technique. De nouveau comme Paul Bacon, il milite à la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC). Selon l’hommage qui lui fut rendu en mai 1985 par Pierre Aubry, maire de Joinville, Henri Melchior, « par sa conduite, a sauvé de nombreuses vies humaines durant la seconde guerre mondiale. »

À Joinville-le-Pont, dans sa paroisse Saint-Anne, il côtoya l’abbé Jacques Hollande, nommé curé de Polangis en juillet 1942 et qui le resta jusqu’en mars 1944 quand le cardinal Suhard, archevêque de Paris, l’a nommé supérieur de la Mission de Paris, laquelle constitua le mouvement des prêtres ouvriers.

À suivre

Eglise Saint-Anne de Polangis (Joinville-le-Pont)

 

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Félix Soulié

En tant que négociant, Soulié prend part à la reconstitution de l’Union des commerçants et industriels de Joinville en juillet 1923.

Son principal engagement est cependant dans la SN Marne. Elle est présidée, depuis 20 ans, par Émile Lecuirot. Soulié en est le directeur en 1923. Il est trésorier-adjoint et président de la commission sportive après l’assemblée générale de janvier 1924. Il exerce la fonction de capitaine d'entraînement. Le quotidien Paris-soir mentionne, en octobre 1924 que « pour différents motifs, dont le louable souci de prendre un repos bien gagné, Félix Soulié résilie ses fonctions ». Le journal lui rend hommage, le qualifiant de « fondateur de nombreuses sociétés, créateur de diverses fédérations » et « animateur de premier ordre, joignant à ses belles qualités de rameur un talent d'organisateur hors pair. Sa disparition de la vie active du rowing sera unanimement regrettée ». Il a été entraîneur de l’équipe olympique française d’aviron.

Malgré son retrait, Soulié poursuit une activité au sein de la SN Marne comme responsable du cercle, directeur du garage, et membre de la commission sportive. Il est membre d’honneur du conseil d’administration.

Depuis 1890, il collabore au Journal de l’aviron. Il est membre du comité central de la Fédération française d’aviron. En outre, il est l’auteur d’une notice sur l’art de ramer.

La famille a quitté l’île Fanac et est installée sur la rive gauche de la Marne, d’abord avenue Galliéni en 1923 Joinville puis avenue du Château en 1926, qui devient avenue Foch.

Félix Soulié meurt le 24 octobre 1934 à Joinville et est inhumé au cimetière communal. Il était âgé de 76 ans et avait eu une fille. La presse quotidienne et locale rend hommage à son parcours. Il était titulaire des Palmes académiques comme officier d’académie, chevalier de la Légion d’honneur depuis octobre 1928 et avait été en février 1934 récipiendaire de la médaille d'or de l'Union des Fédérations des sociétés françaises d'aviron.

En mai 1935, la nouvelle municipalité de droite, conduite par Léon Lesestre, lui rend hommage en déposant une gerbe sur sa tombe.

Fin

 

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Félix Soulié

À partir de fin 1919, Félix Soulié prend une place significative dans la vie politique communale à Joinville-le-Pont. Il est désigné électeur sénatorial en janvier 1920.

En 1923, il est, au côté du maire, Henri Vel-Durand, un des maître d’œuvre de la constitution du Comité d’union et d’action républicaine, principale organisation de la droite locale, qui rassemble des républicains de gauche (c’est-à-dire des conservateurs), des radicaux et des socialistes indépendants. Il copréside la réunion de lancement tenue le mars au café Landier. Il fait partie de la commission de préparation du programme avec Vel-Durand, Liou, Piot et Decrombecque.

En mai, Soulié est désigné comme président et présente le programme du comité, basé sur l’union de tous les républicains de gauche. À l’intérieur, maintien et développement méthodique des lois démocratiques et sociales actuelles : lois scolaires, défense des lois laïques ; loi de séparation à maintenir dans son intégralité ; lois d’assistance et de retraites, mise au point de la loi des retraites ouvrières par cotisations de l’État et des patrons seuls ; lois protectrices de l’enfance ; enseignement gratuit à tous les degrés par l’augmentation du nombre de bourses accordées seulement au concours, la bourse devant comprendre l’entretien complet de l’élève ; assainissement de la situation financière en diminuant l’inflation et en établissant des impôts mieux assis et surtout mieux perçus, maintien de l’impôt global et progressif sur les revenus, suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires (…), compression des dépenses publiques surtout militaires (…) ; interdiction d’importation pour tous les produits de 1ère nécessité (céréales, bestiaux, légumes, sucres) ; le comité est l’adversaire du communisme ; favorable au syndicalisme, s’il abandonne ses idées révolutionnaires ; opposé à la réaction royaliste. À l’extérieur, soutien au gouvernement.

Le quotidien socialiste L'Ère nouvelle critique en mai 1924 « L'exquise délicatesse des édiles réactionnaires ». Sous la signature d’un Banlieusard, il met en cause le président du comité de la droite locale, propriétaire du terrain sur lequel est édifié le bureau de poste des quartiers de Polangis et Palissy : « comment le sieur Soulié n’a-t-il pas compris que lorsqu’on est de près ou de loin mêlé a l'administration d’une commune on ne doit pas s’en faire une cliente ni attitrée ni occasionnelle. Aux périodes révolutionnaires cela était puni de mort. Ne sentez-vous pas que cela choque vos concitoyens ? »

La préparation des élections municipales de mai 1925 se fait sous la houlette de Soulié qui préside la réunion de présentation de la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux qui se tient, avec 230 participants, au restaurant la Tête noire. Son programme prévoit que les lois de laïcité soient « appliquées sans rigueur et sans sectarisme », ainsi que le maintien de l’octroi et des économies dans les dépenses budgétaires communales. La liste est intégralement réélue, face à une candidature du groupement des gauches (radicaux-socialistes et socialistes SFIO) et une autre du parti communiste. Soulié est réélu président du comité, renommé comité d’union républicaine. En janvier 1927, il est de nouveau électeur sénatorial.

Soulié est toujours président du comité d’union républicaine en septembre 1928, au moment des obsèques du maire Henri Vel-Durand. Par contre, il n’exerce plus cette fonction en 1932,

À suivre

L'île Fanac

 

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