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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 00:01

Henri Léon Pélissier naît le 19 mars 1861 à Paris (7 arr.). Il est le fils de Joséphine Carossio, blanchisseuse et de son mari, François Esprit Pélissier, cuisinier.

En 1880, Henri Pélissier est fleuriste à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) où il a un premier enfant avec Pauline Louise Sadoux, couturière. Il s’installe près des parents de sa compagne, sur l’île Fanac à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), a un deuxième enfant et commence à travailler dans le même secteur que son beau-père et son beau-frère, en tant que constructeur de bateaux, des canots pour la promenade sur la Marne.

Après avoir épousé à Joinville en décembre 1886 Pauline Louise Sadoux, il obtient le certificat d’aptitude à l’enseignement de la gymnastique et devient professeur d’éducation physique en 1887 ; il exercera jusqu’en 1915. Il est directeur de la société d’instruction militaire et de gymnastique de Joinville-Champigny de 1887 à 1892.

Loueur et constructeur de canots, enseignant la natation et vivant sur une île située au milieu de la Marne, Pélissier va être témoin de très nombreux accidents de navigation, la Marne étant une destination prisée par les parisiens les week-ends de beau temps, navigateurs amateurs peu aguerris.

En 1894, il obtient une première médaille pour avoir participé à des sauvetages de personne risquant de se noyer ; tout au long de sa vie, il obtiendra au moins huit récompenses officielles, participant à 34 sauvetages, retirant 80 personnes de l’eau. Lors de l’exposition universelle de 1900, il préside le jury de sauvetage. Au cours des inondations de 1910, Pélissier est allé chercher 200 personnes dans leurs maisons inondées dans des circonstances périlleuses.

Dès 1903, Pélissier va jouer un rôle public significatif. Il représente les sociétés locales pour féliciter le maire, Eugène Voisin, décoré de la Légion d’honneur.

Il est candidat lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville sur la liste, de tendance nationaliste, menée par quatre conseillers municipaux sortants (Dalbavie, Raoult, Provin et Moulinet), dissidents de la municipalité radicale d’Eugène Voisin. Ce dernier est cependant reconduit, sa liste remportant 22 des 23 sièges à pourvoir et 50,2% des suffrages exprimés au premier tour, face à la liste de droite qui a un élu (Moulinet) et recueille 31,9% tandis que la liste socialiste obtient 14,9% des voix. Pélissier, avec 356 votes pour 1119 votants et 1363 inscrits, avait atteint 31,8%.

Pélissier est de nouveau candidat en mai 1908 sur une liste patronnée par un comité socialiste évolutionniste, qui comprend des libéraux (Provin), des socialistes dissidents de la SFIO (Hainsselin) et d’anciens radicaux (Leteuil). Sa liste obtient un siège (Provin) et 31,8% des suffrages exprimés. Les radicaux-socialistes d’Eugène Voisin gagnent à nouveau avec 21 élus et 64,7% tandis que les socialistes SFIO font 4,6% et qu’un indépendant est élu. Pélissier était crédité de 406 voix soit 30,8%.

C’est en mai 1925 que Pélissier va être élu sur une liste d’Union républicaine de centre-droit, conduite par Henri Vel-Durand, qui obtient au premier tour 47,5% des suffrages exprimés devant le cartel des gauches (radicaux-socialistes et socialiste, 28,4%), et les communistes (21,1%).

De nouveau candidat en mai 1929 aux côtés du successeur de Vel-Durand, Stephen Durande, sa liste a cinq élus pour 41,6% des suffrages exprimés au second tour et est battue par le cartel des gauches (Georges Briolay) avec 22 élus et 45,9%, les communistes recueillant 12,5% des votes. Pélissier n’est pas élu.

À l’occasion d’un scrutin partiel en octobre 1934, Pélissier figure sur une liste de Républicains indépendants, proche de la majorité municipale, qui se situe au second rang avec 25,5% des suffrages exprimés et se retire devant la liste de Concentration républicaine (37,0%) qui l’emporte au second tour. La liste socialiste SFIO (17,6%) laisse également la place à la liste communiste Pcf (17,8%).

Six mois plus tard, Henri Pélissier retrouve l’Union des républicains (droite) de Léon Lesestre qui est en tête au premier tour, se situant à 32,6% des suffrages exprimés, devant le Groupement des gauches républicaines de Briolay (26,8%) ; elle l’emporte au second tour devant l’union des listes communiste et socialiste qui avaient obtenu respectivement 23,5% et 12,3%. La liste conservatrice emporte 25 sièges, et deux communistes entrent au conseil. Pélissier retrouve son poste au sein de l‘assemblée municipale.

Exerçant la fonction de prud’homme marinier, Pélissier est désigné comme électeur sénatorial en avril 1938. Il présidait depuis 1908 la Chambre syndicale des constructeurs et loueurs de bateaux du département de la Seine.

Henri Léon Pélissier meurt le 14 mai 1939 à Joinville. Il avait cinq enfants dont un, Louis Paul, poursuivra son activité de constructeur de canots. Il était chevalier de la Légion d’honneur, titulaires des Palmes académiques (Officier d’académie puis Officier de l’instruction publique), médaille d'or de l’éducation physique et médaille d'or du sauvetage.

canots en 1907

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 00:01

Paul Henri Pacquelin naît le 23 septembre 1889 à Franey (Doubs). Ses parents, Marguerite Louise By et son époux Henri Pacquelin ont dix enfants. Famille de libres penseurs, elle est proche de Charles Beauquier (1833-1916), député radical-socialiste du Doubs (1880-1914).

Après son service militaire effectué entre 1909 et 1911, Paul Pacquelin s’installe à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) et est embauché à l’usine Pathé-Cinéma de Joinville-le-Pont.

Il s’engage rapidement dans la vie publique. En décembre 1913, il est élu trésorier adjoint de l'Association des Libres Penseurs de la région de Saint-Maur et travaille à la constitution d’un groupe de libre-pensée à Joinville. Il est membre du comité radical socialiste de Joinville en 1914.

Mobilisé dès le début de la guerre, Pacquelin est blessé sur l'Yser, à Ypres, au cours l’automne 1915 d'un éclat d'obus dans la figure. Il se marie civilement à Saint-Maur en décembre 1915 Charlotte Legret, sœur du secrétaire l’association de libres-penseurs et retourne au front dès sa guérison. Il combat en Lorraine au sein du 349e RI ; il est asphyxié par les gaz le 26 avril 1916 sur le col de La Chapelotte, entre BadonviIler et Allarmont.

Malgré la brièveté de son activité publique, Paul Pacquelin aura manifestement marqué la vie locale, car les hommages se multiplient : séances de la libre-pensée de Saint-Maur en mai 1916 et février 1918, communiqué en avril 1918, obsèques civiles en décembre 1921, etc.

La médaille militaire et la Croix de guerre avec étoile de bronze lui sont attribuées à titre posthume. Son nom figure, à la rubrique Franey, sur le Livre d'Or du ministère des pensions. Il est inscrit sur le Monument aux morts et dans le Carré militaire de Saint-Maur-des-Fossés. Il est également gravé sur les plaques commémoratives de Pathé-Cinéma à Joinville-le-Pont et de Kodak-Pathé à Vincennes.

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 00:01

Nous poursuivons notre série de sept articles consacrés à un personnage intellectuel du 19e siècle Ildefonse Rousset, ayant vécu et étant inhumé à Maisons-Alfort.

Le National est un quotidien français fondé en janvier 1830 pour combattre la Seconde Restauration à l’initiative du futur premier ministre Adolphe Thiers, l’essayiste Armand Carrel, l’historien François-Auguste Mignet et l’imprimeur Auguste Sautelet. Pendant la Deuxième République (1848-1851), il devient l'organe de presse de la majorité républicaine modérée issue des élections législatives de 1848. Lors de l’élection présidentielle de décembre 1848, il défend la constitution républicaine et est partisan de la candidature présidentielle du général Cavaignac, qui arrive en seconde position derrière Louis-Napoléon Bonaparte. Le journal est Interdit après le coup d'État du 2 décembre 1851.

Il reparaît le 18 janvier 1869 sous la direction d’Ildefonse Rousset avec des journalistes qui quittent Le Siècle. Opposé au régime impérial finissant et au parti clérical, il tire à plus de 150 000 exemplaires.

À compter de mai 1873, Le National représente les idées de la « gauche républicaine », tendance conservatrice mais jugée progressiste par rapport aux bonapartistes et aux royalistes. Parmi ses principaux rédacteurs, on compte Émile de La Bédollière, l’écrivain et militant anticlérical Charles Sauvestre, le député et sénateur républicain Émile Deschanel (père du futur Président de la République), le feuilletoniste populaire Paul Féval, le romancier pour la jeunesse Alfred Assollant, le poète Théodore de Banville ou l’auteur dramatique Paul Foucher. Parallèlement au journal principal, Le Petit National est diffusé comme quotidien à bon marché. Le positionnement du journal déplaît à certains chroniqueurs de quotidiens, par exemple au Figaro : « Si vous ne connaissez pas Rousset (Ildefonse), je vous dirai qu'il est le propriétaire, rédacteur en chef du National, organe fort autorisé de la république des imbéciles. »

La méthode de direction de Rousset impressionne les journalistes, tels Paul Foucher : « Ildefonse Rousset (…) était un brave homme, mais une sorte d'autocrate qui exigeait de « ses rédacteurs » qu'ils vinssent, été comme hiver, et au moins une fois par mois, passer une soirée, le dimanche, en son chalet d'Alfortville. La rédaction devait également lui souhaiter sa fête, souhaiter la fête de sa femme et célébrer force anniversaires. Banville, comme Edmond Texier, comme Émile de La Bédollière, comme nous tous, avait dû prendre son parti de ces voyages obligatoires à travers les neiges et les brumes du bord de la Marne. »

Après le décès d’Ildefonse Rousset, Hector Pessard devient directeur du National. Il aura pour successeur le député radical de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux, Adolphe Maujan (1853-1914).

Le Petit National (affiche)

À suivre.

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 00:01

Nous poursuivons notre série de sept articles consacrés à un personnage intellectuel du 19e siècle Ildefonse Rousset, ayant vécu et étant inhumé à Maisons-Alfort.

Dans ses écrits, Rousset marque un engagement républicain permanent. Il s’affirme comme antibonapartiste en 1848. En 1869, il s’engage par ses écrits en faveur des candidats opposés à l'Empire pour les élections législatives. Il critique en particulier l'ultramontanisme. Il publie un éditorial dans le quotidien qu’il dirige, Le National, affirmant que les rédacteurs de son journal sont « voués aux idées démocratiques, nous voulons faire franchement et loyalement la guerre aux tendances révolutionnaires, de quelque côté qu'elles se produisent. Nous respectons toutes les croyances religieuses, nous pensons que le prêtre ne doit pas dépasser le seuil du temple et nous repoussons énergiquement toute intervention cléricale dans les choses de la politique. »

Pendant le siège de Paris (1870-1871), Rousset soutient la politique du gouvernement de la Défense nationale puis celle d’Adolphe Thiers, chef du pouvoir exécutif. S’il ne sympathise pas avec la Commune de Paris, signant la Déclaration de la presse contre la convocation des électeurs par le Comité central de la garde nationale, Rousset refuse de rejoindre l'Union parisienne de la presse créée pour soutenir les candidats conservateurs en vue des élections législatives partielles du 2 juillet 1871. Il vient personnellement en aide à certains anciens communards, comme le journaliste Marc-Amédée Gromier.

En 1872, lors des élections législatives, Rousset marque sa préférence pour Vautrin, qui s’oppose à Victor Hugo, relevant que « certainement, M. Victor Hugo ne manque pas de talent, mais son concurrent, M. Vautrin, est un administrateur de premier ordre. »

À partir de 1873, Rousset appuie les idées de la Gauche républicaine, tendance modérée au sein de l’Assemblée nationale.

De Joinville à Champigny, I. Rousset

À suivre.

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 00:01

Nous démarrons une série de sept articles consacrés à un personnage intellectuel du 19e siècle Ildefonse Rousset, ayant vécu et étant inhumé à Maisons-Alfort.

Ildefonse Rousset naît le 16 juin 1817 à Paris (11e arr.). Comme son frère cadet, l’historien et académicien Camille Rousset, il fit ses études au collège Stanislas à Paris.

Il épouse en août 1854, toujours dans la capitale française, Marie-Adélaïde Chanoine. Ils vont s’installer à Alfort, alors partie de la commune de Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne), plus tard devenu Alfortville. Aux abords de sa maison il avait installé « une sorte de ménagerie et un jardin botanique » selon Amédée Chenal, ancien maire et historien de Maisons-Alfort et d'Alfortville Avec son épouse, qui obtiendra des récompenses du fait de ses activités agricoles comme une médaille d'or à l’Exposition universelle de 1867, il élève des animaux de basse-cour.

Si Rousset est présenté presqu’unanimement comme un « excellent homme », il se fait également remarquer par son obésité. Il est qualifié de « pachyderme des lettres » par Léon Guillot de Saix, auteur dramatique, critique et scénariste, qui cite un mot de Victor Hugo à son propos « Il défonce les chaises ». L’écrivain Maxime Rude note que son ventre laissait « une distance énorme entre son fauteuil et sa table de rédacteur en chef ». Un correspondant du Figaro, qui signe Marc Fournier, raconte un séjour en Savoie : « Quant à Brides-les-Bains Brides c'est une gorge étroite entre deux montagnes, tellement étroite, que depuis l'arrivée de Rousset venu ici dans l'espérance de maigrir, on ne peut plus se retourner (…) vu sa corpulence mastodontoïde (…). Brides est la station favorite des obèses. Seulement, on ne devrait bien les recevoir qu'à tour de rôle, et par numéro d'ordre. »

Ildefonse Rousset meurt le 31 mars 1878 dans sa propriété d'Alfort à Maisons-Alfort suite à une attaque d'apoplexie. Selon le journal Le Gaulois, il avait reçu dans la nuit la visite du docteur Proust, peut-être Adrien Proust, père de l’écrivain Marcel Proust. Ses obsèques ont, selon les comptes-rendus de presse, « réuni un nombre considérable de sénateurs, de députés, d'hommes de lettres et d'ouvriers. Ces derniers surtout étaient en grand nombre, car ils connaissaient, de longue date, l'affabilité de M. Rousset qui les accueillait toujours avec sympathie et leur donnait les meilleurs conseils ». Il est enterré à Maisons-Alfort où son monument funéraire est une structure de naos à 6 colonnes, due au sculpteur J. Guerlain (probablement Joachim Guerlain, né en 1837 à Saint-Pierre-lès-Calais). Le buste en marbre était un hommage de ses collaborateurs du National.

Ildefonse Rousset avait constitué une importante collection de tableaux anciens et modernes, qui fut vendue aux enchères à l’hôtel Drouot à Paris en mars et avril 1879. Le peintre François-Louis Français a réalisé en 1873 un portrait d’Ildefonse Rousset intitulé Souvenir de Nice.

Buste d'Ildefonse Rousset

À suivre.

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 00:01

Hippolyte Félix Alexandre nait le 26 novembre 1842 à Joinville-le-Pont. Il est le fils d’un couvreur, Pierre Désiré Alexandre, et de son épouse, Marie Catherine née Fleury. Son grand-père Pierre François Alexandre résidait également dans la même commune. Tous les trois furent adjoints au maire ou conseiller municipal de la commune.

Comme son père, Hippolyte Félix sera couvreur. Il est domicilié 43, rue de Paris. Il épouse en 1860 Louise Élisa Cuné, native de la commune voisine de Champigny-sur-Marne (1845-1881). Ils auront une fille.

Hippolyte Félix Alexandre est nommé par décret sous-lieutenant de la subdivision des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont (25 juin 1883).

En 1890, il est candidat lors d’une élection partielle rendue nécessaire par le décès de Nicolas Chéret, adjoint au maire. Il est élu conseiller municipal dès le premier tour, le 23 mars. Il sera réélu, à nouveau au premier tour, lors des élections communales générales le 1er mai 1892. Le 3 mai 1896, la liste sur laquelle il figure n’a pas de concurrent dans la ville. Il est une dernière fois réélu le 6 mai 1900. Pendant les trois scrutins généraux, il était toujours colistier du maire radical Eugène Voisin.

Si sa réélection, toujours au premier tour, témoigne de sa popularité, Alexandre ne semble pas jouer un rôle politique majeur. Ainsi, il ne figure pas parmi les délégués désignés par le conseil municipal lors des sept scrutins sénatoriaux du département de la Seine qui ont lieu pendant son mandat.

Alexandre décède le 10 décembre 1900, à l’âge de 58 ans. Il siégeait depuis dix ans dans l’assemblée communale.

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 00:01

Basile Nivelet naît le 28 janvier 1867 à Turny (Yonne). Sa mère est Hortense Léocadie Thierry, son père porte le même nom, Basile Nivelet, et est tisserand ; ses parents seront plus tard cultivateurs.

Venu à Paris, il est calicot (commis d'un magasin de nouveautés) au Bon Marché. En juillet 1892, il épouse à Paris (3e arr.) Pétronille Goursolle (dite Céline), employée de banque. Les deux époux, qui auront une fille, deviennent enseignants peu après.

Instituteur à l’école communale du Parc-Saint-Maur (Saint-Maur, Seine, act. Val-de-Marne) en 1895, il est l'école l’année suivante à l’école communale de Montreuil (Centre) puis en novembre à celle de la rue Colmet-Lépinay dans la même commune. En 1905, il est transféré à Paris, rue Michel-Bizot (12e arr.). Membre de la Société pour la propagation des langues étrangères en 1895, Nivelet participe en février 1909 au banquet annuel de l'Amicale des instituteurs et institutrices publics de la banlieue de Paris, qui revendique l’égalité de traitement avec le personnel pour leurs pensions de retraite.

Depuis 1900, les époux Nivelet résident à Joinville-le-Pont, où Céline est directrice de l’école maternelle de l’avenue Oudinot, dans le quartier de Polangis.

Dans cette commune, Basile Nivelet va s’engager en politique ; il avait été sans doute précédemment secrétaire général de l'Yonne radicale, organe de la Fédération amicale et de propagande des républicains radicaux et radicaux-socialistes, qui organise une tête à la mairie du 5e arrondissement en mai 1907.

Lors des élections municipales de mai 1908, Nivelet figure sur la liste du comité radical-socialiste, conduite par le maire sortant, Eugène Voisin. Elle recueille au premier tour 604 voix en moyenne, face à une liste incomplète dite socialiste évolutionniste (500 voix) et à quelques candidats socialistes unifiés SFIO (252 voix) ainsi qu’un isolé (493 voix). Il y avait 1319 inscrits. Les radicaux remportent 21 des 23 sièges à pourvoir, en laissant un à un isolé et un autre à un socialiste évolutionniste. Nivelet est élu au second tour avec 591 suffrages pour 1188 votants.

Au sein du conseil municipal, Nivelet s’occupe du patronage laïque et des colonies scolaires confiées à l’Œuvre parisienne des enfants à la montagne, qui organise le séjour d’enfants joinvillais dans le Cantal. Il participe à l‘organisation du service des désinfections après les grandes inondations de la Marne pendant l’hiver 1910.

Si Nivelet a pris quelque distance avec Louis Rey, animateur passionné de la majorité radicale-socialiste au sein du conseil municipal, il vit à partir de 1910, comme ce dernier, à Paris. Il se solidarise cependant de la municipalité en mars 1911, quand la dénonciation d’un scandale dans l’école primaire de Polangis provoque l’éclatement du conseil ; Nivelet proteste ne pas être candidat à la direction de cette école et n’avoir pas pris part à l’affaire. Il collabore régulièrement à l’hebdomadaire radical local, Voix des communes. Affichant son attachement au maire, il annonce en août 1911 qu’il ne sera pas candidat en 1912, mais fait cependant l’objet d’attaques par voie d’affiches ou dans la presse régionale.

En 1910, Basile Nivelet publie un livre intitulé « Joinville-le-Pont », édité par un imprimeur de la ville, Ferdinand Huby. Son livre, descriptif, constitue une des principales sources sur l’histoire de la commune, principalement pour le 19e siècle.

Sergent-fourrier après son service militaire, Nivelet est promu officier d’administration adjoint dans la réserve. En 1914, il sert dans l’intendance du service de santé militaire. Au moment de sa démobilisation en 1930, il a le grade de capitaine d’administration.

Après-guerre, les Nivelet s’installent à Montreuil-sous-Bois, où Céline est directrice d’école. Basile prend sa retraite en 1928 et partage son temps entre cette ville et l’Yonne. Il rédige des documents sur l’histoire de Turny, son village natal.

Basile Nivelet meurt le 30 janvier 1957 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), à l’âge de 90 ans. Il avait obtenu de nombreuses décorations : Mérite agricole, chevalier en 1910 puis officier en 1934 ; Palmes académiques, officier d’académie en 1911 et officier de l’instruction publique en 1923 ; Médaille de bronze de la Mutualité en 1929. Il avait également été récompensé pour son comportement lors des inondations de la Marne en 1910.

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 00:01

Pétronille Goursolle (dite Céline), naît le 1er avril 1868 à Oradour-sur-Vayres, en Haute-Vienne. Elle est la fille de Marie Fanny Barraud et de Pierre Goursolle, son époux.

Employée de banque, elle épouse en juillet 1892 à Paris Basile Nivelet. Les deux époux deviennent instituteurs, Céline exerçant dans l’école du Parc-Saint-Maur (Saint-Maur, Seine, act. Val-de-Marne) en 1895. Elle est membre de la Société pour la propagation des langues étrangères en France. Elle exerce ensuite à l'école maternelle de la rue Michel-Bizot à Paris (12e arr.). En novembre 1900, elle est chargée de la direction de l'école maternelle du groupe Polangis, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où la famille va résider.

En février 1910, Céline Nivelet est nommée directrice à l'école maternelle Voltaire de Montreuil-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Elle exercera cette fonction jusqu’en décembre 1930, lorsqu’elle prend sa retraite.

Céline Nivelet était membre de la société coopérative nationale d'assurances la Sauvegarde en 1908 et 1910. Elle a également été active au sein de la section de Joinville de la société l’Allaitement maternel en 1909. Elle avait obtenu la médaille d'argent de la mutualité en 1910 et avait été décorée des Palmes académiques, en tant qu’Officier de l’instruction publique en juillet 1930.

Céline Nivelet décède le 27 mars 1941 à Venizy, Yonne ; elle est inhumée à Turny, commune d’origine de son époux. Ils avaient eu une fille.Céline Nivelet

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 00:01

En novembre 1902, dix personnes décident de former une coopérative dénommée « Les Égaux », Association communiste des ouvriers menuisiers du département de la Seine. Huit d’entre eux résidaient à Paris, un à Vincennes et le dernier et leader du groupe, Henri Martinet, à Joinville-le-Pont, Elle est constituée sous forme de société anonyme de production à personnel et capital variables, avec un petit capital de 1 000 francs à l’origine, porté à 5 000 francs dans les statuts.

Martinet est nommé directeur de la société qui commence son activité en août 1903. La qualité de syndiqué est exigée des ouvriers qui demandent à en faire partie. Le siège est d’abord situé 10, rue Marcadet et sera ensuite transféré 125, rue de Montreuil, toujours à Paris.

L’activité semble rencontrer rapidement des difficultés. En 1905, le sénat, ‎lui accorde une subvention de 1 000 francs. Ce ne sera pas suffisant. Le 5 mai de la même année, la coopérative est déclarée en faillite.

Pendant cette période, Henri Martinet continue son activité politique. Secrétaire du Comité socialiste révolutionnaire de Champigny, il siège comme suppléant de Jean Longuet au comité général de la Fédération des travailleurs socialistes de France, un des précurseurs de la SFIO. Il devient membre du parti socialiste unifié dès sa fondation, en 1905.

Élu conseiller municipal de Champigny, où il réside désormais, en 1912, il est réélu en 1919 et siège d’abord comme socialiste puis comme communiste, ayant rejoint, comme la majorité des adhérents, le nouveau parti dont il est aussi secrétaire de section.

Né à Paris en 1865, il meurt à Champigny en 1932 à l’âge de 66 ans.

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 00:01

Eugène Armand Loiseau naît 17 novembre 1865 à Échouboulains, commune rurale de Seine-et-Marne. Il vit dans une famille très modeste, son père, bûcheron, étant illettré. Lui-même est d’abord garçon d'hôtel à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne) où il épouse en octobre 1891 Berthe Fourdonnier, elle aussi venant d’une famille peu fortunée ses parents ne sachant pas écrire non plus. Ils ont un unique enfant.

Loiseau s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1899, et y devient commerçant, marchand de vins et restaurateur.

En mai 1904, Loiseau est candidat sur la liste du maire radical-socialiste Eugène Voisin, qui emporte 22 des 23 sièges à pourvoir, face à une liste libérale (qui en gagne un) et à une liste socialiste. Il figure en 14e position, étant le troisième des candidats non sortants du précédent conseil. Il recueille au premier tour 515 voix, soit 46% des 1119 suffrages exprimés puis est élu au second tour.

Membre du comité radical-socialiste communal, Loiseau est réélu au conseil municipal en mai 1908, toujours sur une liste conduite par Eugène Voisin. Il obtient 601 voix au premier tour, arrivant en 11e position, et est élu après ballotage, les candidats radicaux-socialistes remportant 21 des 23 sièges, aux côtés d’un libéral et d’un indépendant, les socialistes n’ayant à nouveau pas de représentants. Il quitte la commune en 1910 et ne se représente pas au scrutin de1912, y conservant cependant une résidence secondaire.

Après avoir vécu à Paris, au moins jusqu’en 1925, Loiseau revient à Joinville où il est de nouveau candidat sur la liste des gauches républicaines lors des municipales de 1929, conduite par un de ses anciens colistiers, Georges Briolay (radical-socialiste), qui rassemble des radicaux, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants. Elle a 22 élus, face à 5 libéraux, les communistes n’en comptant aucun. Tous sont élus au second tour. Loiseau recueille au premier tour 792 voix soit 46% des 1715 votants pour 2491 inscrits.

Loiseau, qui a accumulé une certaine aisance, est président d’honneur de l’Union des commerçants et industriels de la commune. Il joue un rôle actif au conseil municipal, notamment sur les questions économiques et sociales, siégeant par exemple au sein de la commission paritaire locale chargée du chômage.

En mai 1935, Loiseau est de nouveau sur la liste du groupement des gauches républicaines, toujours dirigée par Briolay, mais à laquelle la SFIO a retiré son soutien. La liste est battue au second tour, le nouveau conseil municipal comportant 25 libéraux et conservateurs ainsi que 2 communistes. Loiseau avait obtenu 771 voix au 1er tour sur 3956 suffrages exprimés, soit 27% ; il est crédité de 576 suffrages après ballotage sur 2899 exprimés (20%). Il aura siégé 16 ans au sein du conseil municipal.

Armand Loiseau, qui était officier du mérite agricole, meurt à Joinville-le-Pont le 31 décembre 1948. Il était âgé de 83 ans.

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