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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 01:01

Pierre Jules Tireau naît le 1er février 1827 à Chantilly (Oise). Il est le fils de Marie Louise Mélaye et de son époux Jean François Tireau, 48 ans, ouvrier en lunettes.

Selon le témoignage du député Jules Ferdinand Baulard, qui le présente comme un « compagnon de route, lié d’amitié depuis la jeunesse », Tireau a probablement été mêlé aux activités pour la République et contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte dans Paris, et plus particulièrement dans la 3e arrondissement.

Marié à Paris (3e arr.) en septembre 1850 avec Claudine Paris, Pierre Jules Tireau exerce le même métier que son père, opticien. Il est, en 1870, membre de la Société des lunetiers, coopérative ouvrière installée rue d'Anjou, dans le quartier du Marais à Paris (3e arr.) ; il faisait peut-être partie de ses fondateurs en 1849. Pendant le siège de Paris, en octobre 1870, il participe avec une trentaine d’associés de la coopérative à une souscription lancée par le journal Le Siècle « destinée à offrir une batterie de canons à la République ». Parmi les souscripteurs et coopérateurs, on compte notamment François Blaize (1824-1900, fondateur de la coopérative) et Eugène Videpied (1834-1900, qui en est le gérant pendant une vingtaine d’années), dont il sera proche sur le plan familial mais également dans son engagement public.

Comme Blaize et Videpied, Tireau s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il réside en 1872. Après sa retraite, il commence une activité politique. Avec Videpied, Zéphirin Vaudey et Henry Vaudémont, il constitue en mars 1888 un comité d’initiative qui convie « les électeurs à venir demander compte aux conseillers [municipaux] sortants de la façon dont ils ont rempli leur mandat ». Tous les quatre s’afficheront ultérieurement comme radicaux-socialistes, mais on compte également deux membres du groupe ouvrier local, Jean-Baptiste Boguet, et un ancien communard, Gustave Charton.

Le comité critique la majorité des élus sortants, puis se transforme en comité électoral républicain radical-socialiste, qui patronne une liste pour les élections municipales de mars, conduite par un conseiller sortant, Alphonse Demeestère. Tireau figure en dixième position sur la liste, qui comprend également Videpied. Blaize figure, par contre, sur la liste du maire sortant, le républicain modéré Gabriel Pinson.

Les radicaux-socialistes emporteront trois sièges (Henri Diot, Demeestère et Vaudey) tandis que la liste Pinson remporte les 18 autres. Tireau n’est pas élu.

Tireau va poursuivre un rôle actif, en tant qu’organisateur de réunions publiques aux côtés des autres radicaux de Joinville : en octobre et novembre 1890 pour des comptes-rendus de mandat de conseillers municipaux, en octobre 1891 et le même mois en 1892 puis 1894, pour des comptes-rendus de mandat du député Jules Ferdinand Baulard, dont Tireau est un proche.

En septembre 1895, Tireau est avec Victoria Vaudémont, un des collecteurs de la quête en faveur des ouvriers de Carmaux en grève, qui recueille les dons de 260 souscripteurs dans la ville, qui compte alors 3 700 habitants.

La même année, Tireau préside le comité qui met en place la deuxième fête du quartier de Palissy, à Joinville, où il vit (avenue Gille).

Tireau est membre, jusqu’à son décès, du groupe de libre-pensée La Raison, implanté dans le canton de Charenton. Il prépare par exemple un « banquet de protestation du Vendredi-saint » en avril 1892, où les convives tiennent à manger gras.

Pierre Jules Tireau décède le 14 août 1900 à son domicile de Joinville. Il était âgé de 73 ans.

Lors de ses funérailles, le député Baulard prononce un discours, dans lequel il se dit « vieil ami » de Tireau, dont il vante la « vie laborieuse, honnête, toujours dirigée par les principes de justice et de solidarité. »

Le second des trois fils, Stéphane Albert Tireau (1853-1895), lunetier, avait partagé les mêmes opinions et était également militant radical-socialiste à Joinville-le-Pont, libre-penseur et franc-maçon.

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 01:02

Suite de la biographie de François Blaize, ouvrier lunettier, fondateur de l'ancêtre d'Essilor.

Francois Blaize, qui s’était installé à Joinville-le-Pont après 1871, avait épousé Aimée Cécile Enée.

Il est élu pour la première fois au conseil municipal de Joinville en 1878 et sera réélu en 1881, 1884, 1888 et 1892. Il siègera au total dix-huit ans dans l’assemblée communale. En 1879, solidaire du maire Gabriel Pinson, Blaize signe une motion de la majorité du conseil municipal dans laquelle ils « blâment sévèrement le citoyen Demeestère », un de leurs collègues qui avait organisé une collecte en faveur d’un ancien communard, Adolphe Morandy. En 1892, il figure sur la liste d’Eugène Voisin, élu maire avec le soutien des radicaux-socialistes.

En 1896, atteint de surdité, Blaize ne se représente pas ; il siège cependant toujours au bureau de bienfaisance communal. Probablement du fait des ressources acquises en tant que fondateur de la Société des lunetiers, il mène une activité charitable notable.

Francois Blaize meurt à Joinville le 17 novembre 1900 à l’âge de 76 ans. Libre-penseur, il a des obsèques civiles. Il était proche du député radical-socialiste Jules Ferdinand Baulard, également joinvillais, dont il avait partagé le combat républicain en 1848.

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 01:01

Francois Adrien Blaize naît le 21 janvier 1824 à Burcy en Seine-et-Marne dans une famille de vignerons. Il est le fils de Marguerite Ratare et de son époux René Blaize.

Ouvrier lunetier, il est un des treize fondateurs le 19 mars 1849 de l'Association fraternelle des ouvriers lunettiers dont le siège est à Paris, 180 rue Saint-Martin, et qui compte comme gérants Nicolas-Onésime Muneaux ainsi que deux petits patrons : Antoine Appollinaire Duez et Claude Duriez. Comme les autres membres, Blaize souscrit une part de capital de 300 francs, qui seront prélevés sur les bénéfices.

Selon Jacques Benard, les fondateurs sont « nourris par les écrits de Saint-Simon, de Fourier, de Proudhon, et surtout du saint simonien Buchez et de son journal l'Atelier ». L’Association a comme devise « Solidarité entre les travailleurs » et comme emblème un niveau. Les coopérateurs s’appuient sur un décret de Louis Blanc du 5 juillet 1848 qui permet la création de près de 200 associations ouvrières.

Auguste Fougerousse rapporte que, pendant les deux premières années, les coopérateurs vont voir leurs revenus divisés par deux par rapport à ce qu’ils percevaient en tant qu’employés.

En 1852, l'Association fraternelle devient Société industrielle et commerciale des lunetiers en commandite simple à capital variable ou Société des lunetiers (SL). Le développement  de l’entreprise est rapide, puisqu’en 1891, elle a 1 500 salariés, des usines en province et une succursale à Londres.

Les associés s’étaient endettés de 650 francs pour racheter leur fonds à Duez et Duriez. Muneaux, l’administrateur, convainc ses associés de réinjecter les bénéfices pour renforcer le capital de la société, qui ne s’ouvre à de nouveaux coopérateurs qu’à l’occasion de rachats d’autres entreprises concurrentes ou complémentaires. En 1866, la valeur de la part était passée à 10 000 francs et il y avait 30 associés. Les associés conviennent, d’après Fougerousse, de supprimer le fonds de pension de retraite au profit de la constitution d’un patrimoine. La valeur de leur participation atteint 30 000 francs en 1880.

Si beaucoup d’auteurs saluent la remarquable durée de l’ancienne association ouvrière, un des seules à avoir survécu (avec l’association des tailleurs de limes et les établissements Godin, à Guise), Charles Gide, en 1889, critique le fait que, à côté des 58 associés, il y a « 1 200 ouvriers salariés qui n'ont aucune part dans les bénéfices ». En 1893, il qualifie la compagnie de « syndicats de patrons » de type inégalitaire.

En 1972, la Société des lunetiers, qui a adopté la marque Essel en 1964, fusionne avec Silor et crée Essilor, une des plus grandes entreprises d'optique du monde. Pour Roger Montagne, « les Lunetiers de Paris, modeste coopérative ouvrière à l’origine, sont devenus une puissante société anonyme entre les mains des héritiers des ouvriers fondateurs. »

(A suivre)

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 01:01

Pierre Constant Bigot naît le 7 décembre 1820 à Passy (Seine, act. Paris 16e arr.). Il est le fils de Marie Jeanne Houet et de son époux Jean François Bigot.

Ouvrier lunettier en 1840, Pierre Bigot deviendra opticien et fabricant d’instruments d'optique. En juin 1858, il fait breveter ses perfectionnements dans la fabrication des longues-vues.

Marié en avril 1849 à Belleville (Seine, act. Paris 18e arr.), il va s’installer, avant 1875, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Paris.

Lors d’élections municipales partielles en 1879, rendues nécessaires par trois postes vacants et la démission d’un adjoint au maire (Jules Marchais), Pierre Bigot est élu conseiller municipal de Joinville. Le maire est le républicain modéré Gabriel Pinson. Au sein du conseil, Bigot retrouve un autre ouvrier lunettier, François Blaize, fondateur d’une coopérative, la Société des lunettiers, ancêtre de la multinationale Essilor.

En septembre 1879, Bigot se range aux côtés du maire dans le conflit qui déchire le conseil municipal à propos d’une initiative d’Alphonse Demeestère qui a lancé une souscription en faveur d’un ancien communard, libéré et malade, Alfred Morandy. La majorité de l’assemblée locale adopte une motion dans laquelle douze élus (sur 21) « blâment sévèrement le citoyen Demeestère » avec lequel se solidarisent, par contre, les élus les plus progressistes comme Diot et Vaudey.

Lors des élections municipales générales de 1881, Bigot est réélu, toujours avec Pinson comme maire. Il quitte le conseil municipal en 1884.

Après la mort de Pinson en juillet 1888, Bigot s’associe à l’appel d’un « groupe d’électeurs de la commune attachés aux institutions républicaines », eux aussi d’opinions modérées, en faveur de la candidature du mécanicien Amédée Gosset à l’élection municipale partielle qui suivra. Un commentateur radical apprécie ainsi la candidature de Gosset : « L’homme est sympathique (…) Ses capacités sont moyennes, son ambition des plus modérées, ses idées d’un progressisme médiocre. »

En mai 1892, Bigot s’associe à la liste conservatrice Barborin-Bocquentin, qui s’oppose à celle du maire sortant, qui avait pris la succession en cours de mandat de Pinson, Eugène Voisin, lequel a le soutien des radicaux-socialistes. La liste du maire obtient une moyenne de 360 voix pour 639 suffrages exprimés sur 644 votants, soit 56,4% et a 14 élus au premier tour ; les opposants, qui recueillent une moyenne de 141 votes (22,1%) au premier tour n’envoient qu’un seul des leurs au conseil, Moulinet. Bigot avait obtenu 164 suffrages (25,7%). La liste de droite ne conteste pas au second tour les six sièges restant, qui reviennent aux radicaux.

Pierre Bigot meurt le 15 juillet 1903 à Joinville, à l’âge de 82 ans.

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 00:01

Charles Constant Baudon naît le 1er décembre 1817 à Orléans, Loiret. Il est le fils naturel de Marie Magdeleine Baudon.

Caporal au 7e Régiment d’infanterie légère à Rocroi, Ardennes, il prend un congé illimité pour épouser en octobre 1843 Adélaïde Hermance Point, repasseuse. Ils auront au moins un enfant. Il se lance dans les affaires, et exerce son activité entre sa ville natale d’Orléans (1865) et le département de la Seine (Pantin, 1864 ; Créteil, 1876 ; Joinville-le-Pont, 1888).

Veuf en 1858, Charles Baudon épouse en juillet 1865 à Orléans Jeanne Renée Perrine Quentin.

Vivant en 1876 à Créteil, il est installé en 1888 à Joinville-le-Pont mais n’y réside peut-être pas. Il s’y engage en politique auprès des radicaux-socialistes. En mai de cette année, il rejoint la liste du comité électoral républicain radical-socialiste pour les élections municipales conduite par Alphonse Demeestère, conseiller sortant, avec Henri Diot, également sortant. Elle comprend également quelques socialistes-révolutionnaires, comme Charton et Boguet. Le programme de la liste, sans doute la première à afficher un engagement politique dans la commune, est présenté dans une réunion publique le 2 mai où près de 300 électeurs sont présents selon la presse locale.

Les candidats de gauche s’opposent à la liste du maire sortant, Gabriel Pinson, républicain de tendance plus conservatrice. La liste radical-socialiste obtiendra trois élus au second tour (Diot, Demeestère et l’ancien conseiller municipal Zéphirin Vaudey) tandis que la majorité reconduite emporte les dix-huit autres sièges.

Présent en 10e position sur la liste du premier tour, Baudon obtient moins de 190 voix tandis que les candidats de la liste Pinson recueillent en moyenne 302 suffrages.

En janvier 1889, Baudon est signataire d’un appel lancé par l’Union des républicains du canton de Charenton à voter pour le candidat radical Jacques contre le général Boulanger, populiste, lors d’une élection législative partielle.

Lors des échéances électorales suivantes, Baudon est un des piliers des réunions publiques. Il intervient par exemple en avril 1890 dans une rencontre contradictoire des candidats Laffont (radical-socialiste) et Rénier (parti ouvrier). Il préside en octobre 1895 à Joinville la séance de compte-rendu de mandat du député radical-socialiste Jules-Ferdinand Baulard. L’année suivante, il est de nouveau assesseur lors des réunions de compte-rendu de mandat des élus municipaux radicaux en mai, puis du député encore en octobre. Il est à l‘origine d’un ordre du jour de soutien à Baulard.

Ce sera sa dernière intervention publique connue à 78 ans. la date et le lieu de son décès ne sont pas connus.

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 00:01

Julien Charles Bessault naît le 11 août 1834 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Décadie Marguerite Pelletier et Charles Bessault, cantonnier.

Alors ouvrier scieur à la mécanique, Julien Bessault épouse en mars 1860 à Joinville-le-Pont Louise Alexandrine Ancelet, fille d’un conseiller municipal de la commune pendant un quart de siècle.

À la fin du second empire, Bessault devient marchand de vin et traiteur. Il est sous-lieutenant de la garde nationale et des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont dont Louis Ferdinand Rousseau, futur maire, est capitaine. À ce titre, il prend probablement part aux combat de défense de la capitale pendant le siège de Paris par les fortes prussiennes en 1870.

Lors des élections municipales de janvier 1878, Julien Bessault est élu à l’assemblée communale de Joinville, dont Gabriel Pinson est maire. Le conseil comporte seize républicains et un orléaniste, tandis que le maire sortant Louis Ferdinand Rousseau et ses candidats bonapartistes sont battus.

En septembre 1879, Bessault se solidarise avec le conseiller municipal Alphonse Demeestère, critiqué par le maire Pinson et blâmé par la majorité de l’assemblée locale. Demeestère avait lancé une souscription pour venir en aide à Alfred Morandy, ancien communard libéré et malade. Les huit opposants à ce vote de blâme inhabituel constitueront le socle du radicalisme local (outre Bessault et Demeestère, Vaudey, Diot, Legendre, Berné, Gobert ou Mouriez).

Julien Bessault quitte le conseil municipal en 1881 et quitte la commune au cours de la décennie. Il meurt le 2 juillet 1896 à son domicile de Saint-Maurice, 18, av. de l’Asile. Il était âgé de 62 ans.

Ambulance à Joinville en 1870

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 00:01

Eugène Victor Berthet naît le 1er novembre 1869 à Paris (20e arr.). Il est le fils d’Olga Marie Labolle, passementière, et de son mari Nicolas Berthet, estampeur.

Célina Maria Dizeux, blanchisseuse à Paris, épouse Eugène Berthet en mars 1895 à Paris (20e arr.). Ils auront trois enfants. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) à la fin du 19e siècle d’abord rue Vautier puis rue des Réservoirs. Après la première guerre mondiale, il quitte le quartier central de la commune pour rejoindre celui de Polangis sur la rive gauche de la Marne. il s’établira avenue de l’Île et enfin avenue Oudinot.

Eugène Berthet est d’abord employé en 1895 puis artisan bijoutier (métier de son oncle et de celui de son épouse) et plus particulièrement chainiste. Il se présente comme représentant en 1921, mais semble exercer toujours son métier de bijoutier en 1934.

Lors des élections municipales de mai 1904, Berthet (sans doute Eugène) est candidat sur une liste socialiste incomplète de sept candidats pour 23 postes à pourvoir. La liste  est menée par Henri Lacroix et Émile Lebègue, futurs conseillers municipaux socialistes de la commune en 1912.

Il existait dans Joinville un groupe socialiste-révolutionnaire depuis au moins 1896. Il était affilié à la Fédération de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux du département de la Seine, laquelle, réunie à Saint-Maurice le 31 octobre 1903 avait donné sa démission du Parti socialiste français (PSF) suite à une discussion « au sujet de la politique Jaurès-Millerand ». La Fédération avait adhéré le 24 janvier 1904 au Parti socialiste de France - Unité socialiste révolutionnaire (PSdF–USR). Émile Lebègue était secrétaire général de la Fédération et Henri Lacroix était responsable du groupe de Joinville.

Les candidats socialistes obtiennent de 136 à 198 voix pour 1 119 votants sur 1 363 inscrits. Berthet recueille 142 suffrages, soit 12,7%. La liste radicale-socialiste du maire sortant Eugène Voisin avait remporté quinze sièges dès le premier tour et en ajoute sept au second, un élu nationaliste entrant également au conseil. Les socialistes ne sont pas représentés.

Eugène Berthet meurt le 24 février 1943 à Joinville à l’âge de 73 ans. Son fils, Léon Berthet, militant au parti socialiste SFIO avant-guerre, sera premier adjoint au maire à la Libération.

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 00:01

(Suite de Camille Bainville, voyageur orientaliste)

Après la soixantaine, Camille Bainville va publier plusieurs ouvrages de théâtre et de poésie, inspirés de ses voyages et de l’histoire. Ils sont tous publiés par l’imprimerie Chaix, spécialisée dans le ferroviaire. Les Captifs à Alger, drame en un acte, et Un Miracle, tragédie en un acte, paraissent en 1893.

Il publie la même année, Blanche Capello, la fille de Venise, drame historique en cinq actes, inspiré de la vie de Bianca Cappello (1548-1587), seconde épouse du duc de Florence François 1er de Médicis, empoisonnée à l'arsenic en même temps que lui :

(…) À vingt ans j'avais tout !

À trente, j'ai la haine, un trône et du dégoût.

À vingt ans, on m'aimait, j'aimais aussi moi-même

(…)

On tremble près de moi de respect ou de peur,

On me hait et je hais... est-ce là le bonheur?

L‘ouvrage a été réédité en 2014 par Hachette Livre en coopération avec la BNF, qui le propose également en téléchargement sur le site Gallica.

Encore en 1893, Bainville propose un recueil de poésies, Nuages et fumées.

Ces quatre livres vont asseoir la réputation de Camille Bainville, qualifié en 1894 par L'Année des poètes de « fin lettré trop peu connu, mais trop modeste pour se faire connaître » qui confirme en 1895 qu’il ne tient pas à faire sonner les « trompettes de la réclame ». Les ouvrages suivants auront un accueil critique plus important.

Le Dernier Jour de Léopardi, drame en un acte, paru en 1894, est décrit la même année par L'Année des poètes comme « fort bien mené, profondément émouvant, écrit dans la langue sobre d'un homme qui se rappelle les auteurs latins, et rivalise avec eux d'aisance et de précision ». Il est consacré au grand poète italien contemporain, Giacomo Leopardi :

Chantre du désespoir, poète du néant

Tu t’approches de lui, vois à pas de géant

Comme Blanche Capello, il a été réédité par Hachette Livre en 2016, en coopération avec la BNF, qui le propose aussi en téléchargement sur le site Gallica.

Isabelle de Médicis, drame en trois actes, édité en 1895, lui vaut les félicitations de l’Académie française. L'Année des poètes y voit en 1895 l’une des « rares pièces vraiment intéressantes qui aient été inspirées par l'histoire de France. »

Continuant dans la chronique théâtrale des Médicis, Bainville publie en 1896 Dianora, drame en quatre actes, inspiré de la vie de Leonora Álvarez de Tolède (1553–1576), épouse de Pierre de Médicis, qui l'étrangla par jalousie.

Paru en 1897, Le Temple de Salomon, en cinq actes, est qualifié par Le Figaro de « remarquable tragédie. »

Le même journal salue en 1898 comme « d'une très belle allure vibrante et patriotique », le dernier livre sous la signature de Camille Bainville, Beaurepaire. Il prend comme sujet un épisode dramatique de la Révolution française, avec Jacques Alexandre Reine de Beaurepaire (1754-1829), garde du corps du roi Louis XVI à Versailles lors des journées des 5 et 6 octobre 1789.

Louise Naudon avait épousé Camile Bainville en novembre 1880 à Paris (4e arr.). Ils n’auront pas d’enfants. Camile Bainville, qui restera attaché à Joinville-le-Pont pendant toute son existence, fait partie au bureau de la caisse des écoles jusqu’en 1885, même si un journal local remarque qu’on ne l’y voit guère car « étant presque toujours en voyage. »

Il siège dans l’assemblée locale, comme son arrière-grand-oncle, Edme Lheureux, premier maire en 1790 de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (ancien nom de Joinville-le-Pont), son arrière-grand-père Nicolas Lheureux, troisième maire du village en 1792, son grand-père Jean Victor Bainville, conseiller municipal sous la Restauration et son père Pierre Victor Bainville, conseiller municipal et adjoint au maire sous la monarchie de Juillet, la seconde République puis le début du second Empire. Élu en 1871, alors qu’Auguste Courtin, conservateur, est maire, Camille Bainville siège à côté de son oncle, Jean Porphyre Bainville, qui prolongera la présence de la famille  au conseil municipal jusque 1884.

Camille Bainville décède le 3 novembre 1909 à Fontenay-sous-Bois. Il résidait toujours rue des Corbeaux à Joinville, où son décès est retranscrit avec la mention « sans profession ». Une demi-douzaine de journaux salue sa disparition.

La fuite de Bianca Cappello vers Florence

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 00:01

Jean Porphyre Bainville naît le 5 vendémiaire an 14 (27 septembre 1805), dernière année d’utilisation du calendrier révolutionnaire à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, commune qui deviendra ultérieurement Joinville-le-Pont. Il est le fils Marie Jeanne Lheureux et de son époux Jean Victor Bainville, garçon de chantier. Il a un frère jumeau, Charles Victor Auguste.

Adélaïde Thioust (v. 1806-1879) se marie avec Jean Porphyre Bainville. Ils auront trois enfants, Marie Désirée (1831-1834), Alexandre Désiré (1834-1834) et Louise Pauline (1835-1904).

Exerçant l’activité de cultivateur pendant la monarchie de Juillet, Jean Porphyre Bainville figure, comme son frère aîné Pierre Victor, en tant que propriétaire sur la liste des électeurs censitaires pour 1848, acquittant un impôt de 87 francs et 10 centimes.

La mère de Jean Porphyre Bainville est la nièce d’Edme Lheureux, premier maire (1790-1791) de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, séparée de Saint-Maur en 1790 et la fille de Nicolas Lheureux, troisième maire de la commune (1792-1793). Son père, Jean Victor Bainville, siègera au conseil municipal sous la Restauration. Son frère aîné, Pierre Victor Bainville, y est élu sous la monarchie constitutionnelle.

Jean Porphyre Bainville entre dans l’assemblée locale sous le second empire ; il est nommé par décret conseiller municipal de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) le 26 août 1865, Auguste Courtin étant maire de la commune (les membres de conseils municipaux précédents ne sont que partiellement connus). Il siège pendant la guerre franco-prussienne de 1870, qui voit la destruction du pont de Joinville et l’évacuation de tous les habitants, la municipalité se repliant à Paris. Après la fin du conflit, le village subit l’occupation des troupes allemandes.

Sous la troisième République, Jean Porphyre Bainville est réélu conseiller municipal en septembre 1870, en juillet 1871 puis en novembre 1874, le conservateur Auguste Courtin exerçant toujours la fonction de premier magistrat. Il quitte l’assemblée communale en 1878 puis y rentre à nouveau en 1881, le républicain Gabriel Pinson étant maire, pour s’en retirer définitivement en 1884. Il aura siégé au moins dix-sept ans. Entre 1871 et 1874, son cousin, l’écrivain orientaliste Louis Camille Bainville figure à ses côtés parmi les élus municipaux.

Dans la municipalité, Jean Porphyre Bainville s’intéresse notamment aux questions d’éducation. Il fait ainsi partie de la commission municipale scolaire, mise en place par la loi Jules Ferry du 28 mars 1882 qui instaure l'instruction obligatoire laïque et gratuite pour les enfants des deux sexes âgés de six ans révolus à treize ans révolus. Il est tiré au sort comme juré des assises de la Seine en 1875 et souscrit la même année au profit des victimes des inondations.

Jean Porphyre Bainville meurt le 8 septembre 1891 à Joinville, âgé de 85 ans.

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 00:01

Né à Paris (12e arr.) le 18 novembre 1888, René Emmanuel Auguste Laruelle est le fils d’un employé du gaz et d’une couturière.

René Laruelle vit à Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, au moins depuis 1901. Son père, Joseph Alix, et son frère, René, s’engagent, comme lui, dans le mouvement socialiste dans la même commune.

En janvier 1913, les frères Laruelle sont désignés comme membres du bureau de la section de Joinville de la SFIO et de la commission exécutive avec comme secrétaire Émile Graillat. Ils ne figurent plus dans le nouveau bureau constitué en mai 1913, dont le secrétaire est Alphonse Mibord.

L’ensemble des adhérents de la section SFIO de Joinville, où il résidait toujours en 1919, rallie le nouveau parti communiste en 1920.

Marié à Rosny-sous-Bois en 1924 avec Marguerite Albertine Baguet, René Laruelle est décédé à Créteil (Val-de-Marne) le 16 juin 1980, à l’âge de 91 ans.

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