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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 01:01

En 1674, sous le roi Louis XIV, un certain Wiet, d’origine écossaise, était consul général de France en en Syrie et Palestine. En 2017, un autre Wiet est consul général de France en Algérie. Pendant trois siècles et demi, la famille Wiet aura tenu des postes consulaires et diplomatiques, sous tous les régimes : la monarchie absolue, la révolution française, la monarchie de Juillet, les républiques…

Pendant la seconde guerre mondiale, on trouve des Wiet des deux côtés : l’un, l’historien orientaliste Gaston Wiet, directeur du musée islamique du Caire, est très tôt résistant aux côtés du général de Gaulle. L’autre, qui se fait appeler Lionel de Wiet, était un escroc mondain, en affaires avec l’ambassadeur du Reich en France, directeur d’un théâtre sous l’Occupation, ami d’Arletty, faux marquis et vrai trafiquant de haut vol.

Diplomates de père en fils pendant huit générations, les Wiet sont aussi des spécialistes des langues orientales : grec, turc, persan, arabe… Ils étaient « jeunes de langues » (les ancêtres des étudiants des Langues’O) et drogmans (interprètes) aux dix-huitième et dix-neuvième siècles.

Dans cette dynastie au long cours, il y eut des alliances fameuses. Ainsi, Henry Wiet, consul à Chypre (1676-1728) épousa une Fornetti, l’autre grande famille historique des consulats français.

Émile Wiet (1818-1881), consul de France, ayant occupé des postes à Mogador, Bahia, Cap-Haïtien, Port-au-Prince, Tunis, Mossoul, Janina, Scutari, Salonique, Corfou, Tripoli de Barbarie et Palerme, se maria avec Isabelle da Silva, princesse de Bragance.

Le descendant de la lignée, Jean Wiet, consul général à Alger, fut en poste à Djeddah (Arabie Saoudite) et Marrakech (Maroc). Il est chevalier de la Légion d’honneur et officier de l’Ordre du mérite.

Gaston Wiet avec le général de Gaulle

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 01:01

Victor Jules Moignard naît le 10 avril 1818 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne). Il est le fils de Julie Laurence Rousseau et de Jacques Cyr Moignard, journalier. Il est également le petit-fils de Jacques Moignard (1752-1813), cultivateur, et membre du conseil municipal de la même commune en tant que notable en 1793.

Pendant sa vie, Victor Moignard va exercer de nombreuses activités professionnelles. Ainsi, il est cultivateur en 1840, épicier l’année suivante, carrier en 1845 et 1847, période où il quitte Joinville pour le village voisin de Saint-Maurice. On le retrouve entrepreneur en 1865 à Paris, associé à une entreprise de démolition engagée dans les travaux de percement des grandes artères haussmanniennes dans le 12e arr. Mais, la société est dissoute dès février 1866 par un jugement qui la déclare nulle, « faute d'accomplissement des formalités légales ». Il se lance ensuite dans le commerce du vin, boulevard de la Villette, à Paris. Mais cette nouvelle aventure tournera court, avec une faillite prononcée en juillet 1877.

Moignard va se replier à nouveau sur ses terres d’origine, Joinville et Saint-Maurice, où il dispose de propriétés. Mais il gardera cependant une évidente aigreur de ses mésaventures vinicoles. Ainsi, en 1880, il fait inscrire dans le bail qu’il consent à un débitant de boissons d'un immeuble de Joinville qu’il avait « interdiction de se fournir chez Dussaussois et Classens », grossistes en vin à Bercy. Lesdits fournisseurs lui intentèrent un procès, plaidé en septembre de cette année, mais furent déboutés ; la presse qui s’esbaudissait des « antipathies de M. Moignard » y vit « une petite cause où l'on rencontrerait tous les éléments d'un vaudeville, s'il n'y manquait quelques couplets. »

Marié en juin 1840 à Joinville avec une blanchisseuse, Félicité Gousset, il aura quatre enfants d’elle avant son décès à Paris en juillet 1868. Il vivra ensuite sur la fin de sa vie à Joinville avec Jeanne Girard, qu’il ne semble pas avoir épousée.

En novembre 1874, Victor Moignard prend part à la constitution d’une liste républicaine qui s’oppose au maire bonapartiste sortant, Auguste Courtin. Trois de ses colistiers, Antoine Cambier, Louis Benoit et le maître de forges Alphonse Pilté sont élus, tandis que les quatre autres promoteurs sont battus, Victor Moignard, le négociant Pouzet, l’architecte Valéry et Alphonse Demeestère, futur pilier du radical-socialisme local. Auguste Courtin, propriétaire du château de Polangis, est réélu maire.

Victor Jules Moignard meurt le 9 octobre 1895 à Joinville, où il résidait toujours rue de Paris, dans le centre-ville. Il était âgé de 77 ans.

Rue de Paris et Rue de Creteil

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 01:01

Louis Désiré Goujet naît le 23 octobre 1825 à Paris (8e arr.). Il est le fils de Marie Nicole Lequart et de son époux Jean Baptiste Goujet.

Exerçant la profession de négociant, résidant rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris (11e arr.), il semble disposer d’une situation solide et épouse, en juillet 1852 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Adélaïde Emélie Gabrielle Lemaire, fille d’un autre négociant Jean Émile Lemaire, ancien adjoint au maire de la commune.

C’est également à Joinville-le-Pont, où il réside dans le quartier du centre sur la rive droite de la Marne, que Louis Désiré Goujet va exercer des fonctions politiques à partir de 1881. Il est élu en mai membre du conseil municipal sur une liste républicaine, Gabriel Pinson étant maire. Il est notamment désigné membre de la commission municipale scolaire instituée par l'article 5 de la loi du 28 mars 1882, et qui a pour objet de surveiller et encourager la fréquentation des écoles.

En mai 1884, Goujet est réélu, dès le 1er tour comme 16 autres de ses collègues, conseiller municipal avec 312 voix, toujours sur la liste républicaine de Gabriel Pinson, complétée au second tour par quelques radicaux plus avancés (Alphonse Demeestère, Henri Diot). Des concurrents, qualifiés de réactionnaires par les radicaux, avaient obtenu en moyenne 56 voix au premier tour. Le début du mandat est marqué par un conflit entre la municipalité d’une part, le curé et le conseil de fabrique de l’autre ; plusieurs francs-maçons et anticléricaux s’affichent ouvertement dans la majorité municipale.

L’hebdomadaire radical Voix des communes signale, en janvier 1888 que Goujet, qui aurait joué « un rôle très effacé », avait présenté sa démission à une date non précisée.

Louis Désiré Goujet, a probablement une résidence secondaire à Joinville, car il a son domicile à Paris, quai aux Fleurs (4e arr.). Il fait un don significatif à la Société nationale d'assistance pour les aveugles travailleurs, basée à l’Hospice national des Quinze-Vingts. Il meurt le 13 février 1920 à Paris (4e arr.). Il était âgé de 94 ans.

Avec son épouse Adélaïde Emélie Gabrielle, ils avaient eu deux filles et un fils, Paul Louis Goujet (1853-1919), commandant dans l’infanterie, chevalier de la Légion d’honneur.

écoles Joinville

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 01:01

Henri Émile Boulard naît le 1er octobre 1873 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Rachel Kahn et de son époux, Ernest Boulard, monteur en bronze.  Il est le second de leurs sept enfants.

Exerçant la même profession que son père en tant que monteur en bronze, Henri Boulard s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il épouse, en novembre 1893 Marie Joséphine Brigandat. Ils résident dans le quartier de Palissy, avenue des Platanes. Ils ne semblent pas avoir eu d’enfants.

Sans doute est-ce Henri Boulard qui prend des responsabilités au sein de la section socialiste SFIO de Joinville, les quelques mentions dans le quotidien L’Humanité ne donnant pas son prénom. D’autres Boulard résident dans la commune au début du siècle, dont son oncle Louis Alphonse Boulard ou un Joseph Marie Albert Boulard qui ne lui est pas apparenté, cependant ces deux derniers semblent ne plus vivre à Joinville vers 1912.

Boulard est candidat au premier tour des élections municipales de mai 1912. La liste socialiste fusionne avec une liste radical-socialiste dissidente et avec une liste libérale, ce qui va permettre à la coalition d’emporter l’ensemble des 23 sièges face à la majorité radical-socialiste sortante ; sept socialistes sont élus, pour la première participation de la SFIO dans l’assemblée locale. La liste est conduite par Émile Lebègue et Boulard figurait en dix-huitième position des candidats validés par la commission des candidatures de la Fédération SFIO de la Seine.

Fin juin 1912, Boulard est nommé membre de la commission exécutive de la section socialiste de Joinville, dont Grandhomme est le secrétaire. il ne figure plus dans le bureau mis en place en janvier 1913 avec Émile Graillat comme secrétaire.

Henri Émile Boulard serait mort en 1921, à l’âge de 47 ans.

Une rue de Palissy au 19e siècle

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 01:01

Adolphe Gervais Morandy naît à Soissons (Aisne) le 7 mars 1833 d’un père, tambour-major dans un régiment d’infanterie, Antoine Joseph Morandy et d’une mère, alors hébergée dans un hôtel, Julie Philippine Hochapffel. Les parents s’étaient mariés en 1825 à Wissembourg, Bas-Rhin, lieu d’origine de la mère.

Adolphe Morandy exercera plusieurs métiers (garçon de bureau à l’Assistance publique, serrurier, lithographe) mais son activité principale semble avoir été illégale.

Encore mineur, vivant à Paris, il est incarcéré le 11 septembre 1850 à la prison de Mazas à Paris (12e arr.) pour le délit de vagabondage et libéré trois semaines plus tard. Le 13 janvier 1853, alors qu’il a adopté le pseudonyme de Pierre Renault, il est de nouveau incarcéré le à Mazas pour vol, condamné le 27 du même mois à six mois de prison puis transféré à la prison des Madelonnettes (Paris, 3e arr.) le  22 mars. Il cumule de 1849 à 1868, huit condamnations dont six pour vol à des peines variant d’un mois à cinq ans de prison.

Lieutenant au 2e bataillon des Francs-tireurs de Paris pendant la guerre franco-allemande en 1870, il était à Versailles quand éclata l’insurrection du 18 mars 1871 (Commune de Paris). Vers le 10 avril, il s’engagea dans les Vengeurs de Paris et fut élu, huit jours après, lieutenant à la 3e compagnie du 2e bataillon. Au témoignage de ses chefs, il avait eu une bonne conduite et montré de la bravoure pendant le premier siège, et il aurait été proposé pour une décoration. Le 23 juin 1871, il se mit volontairement à la disposition de la justice. Condamné, le 27 décembre 1871, par le 3e conseil de guerre, à vingt ans de détention, il obtint une remise de deux ans le 4 février 1878, de trois ans le 12 décembre 1878, puis du reste de sa peine le 24 juillet 1879.

Il est malade à la fin de sa peine et plusieurs journaux auraient annoncé qu’il était mort. Sa grâce est prononcée le 2 août 1879. Il sort finalement de l’hôpital parisien de l’Hôtel-Dieu le 13 septembre et s’installe au sein de sa famille, chemin de Brétigny, dans le quartier de Palissy à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne). Sans ressource, et incapable de travailler, il suscite l’intérêt d’Alphonse Demeestère*, conseiller municipal de la ville qui lance le 15 du même mois une souscription en sa faveur. Cette initiative soulève une polémique, le maire s’y opposant et faisant appel à la police pour l’empêcher. Une majorité du conseil municipal vote un blâme contre Demeestère tandis qu’au contraire plusieurs journaux républicains (Le Petit Parisien, Le Rappel) soutiennent son action. Un sous-comité d'aide aux amnistiés est formé à Joinville-le-Pont pour secourir Morandy ; il est composé du député de la Seine Alfred Talandier* ainsi que de deux conseillers municipaux, Louis Vaudey* et Demeestère.

Le 17 septembre, Morandy demande, dans des lettres aux journaux qui avaient lancé des appels en sa faveur, de reverser le reste du produit à la caisse de secours aux amnistiés pour ses « malheureux compagnons d'infortune ». Il estime avoir reçu suffisamment pour pouvoir attendre avant de « gagner par [son] travail de quoi vivre honorablement. »

Morandy connaîtra de nouveaux ennuis avec la justice. Il est condamné une neuvième fois pour vol en 1889 et reste deux ans en prison. En décembre 1891, deux mois après sa sortie, il se présente de lui-même au commissariat de police parisien du quartier Saint-Germain l’Auxerrois. Il réside alors à Paris, rue Saint-Maur. Il s’accuse d’un vol et de deux tentatives puis assure que si, en sortant de prison, il s’était « juré d'être honnête à l’avenir », il considère que « la maladie du vol » l'a repris. Il demande à être incarcéré, ce qu’il obtient du commissaire de police. Le quotidien La Justice, qui relate l’évènement, trouve que son cas paraît relever « plutôt des aliénistes que des tribunaux ». Morandy était alors âgé de 58 ans et avait déjà passé plus de quinze ans derrière les barreaux.

Adolphe Gervais Morandy meurt le 13 avril 1894 à Paris (12e arr.). Il était célibataire, âgé de 61 ans, domicilié rue des Entrepreneurs et exerçait la profession de lithographe.

Prison de Mazas, Wikipédia

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 01:01

Anatole Félix Imbault (qui orthographiera fréquemment son prénom Félise) naît le 27 mars 1838 à Chauvigny (Vienne). Il est le fils de Marguerite Guyonnet et de son époux Jean Félix Imbault, pâtissier.

Vivant à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) avec une plumassière, Joséphine Docrémont, ils ont un premier enfant en juin 1865. Ils se marieront 7 ans plus tard, en septembre 1872, dans la commune voisine de Joinville-le-Pont et auront deux autres filles.

Félix Imbault exerce le métier de cuisinier, les communes des bords de Marne accueillant désormais de nombreux parisiens venus faire du canotage ou profiter des guinguettes, grâce en particulier au train de la ligne de Vincennes.

La guerre de 1870, avec la bataille de Champigny, qui fait plus de 2 000 morts, l’évacuation de la population de Joinville, la destruction du pont sur la Marne puis l’occupation allemande en 1871 ralentissent cependant le développement du tourisme de fin de semaine, qui est également touché par les inondations de 1875. Il reprend de plus belle dans les dernières années de la décennie. Imbault devient restaurateur, exploitant un établissement quai Beaubourg (act. quai du Barrage) à partir de 1875.

Proche de plusieurs libres-penseurs (le cordonnier Eugin Thime, le charpentier QueveutDieu Ythier ou l’oiseleur Edmond Zo), Imbault est candidat lors des élections municipales de 1884. Il est élu au second tour, en compagnie de plusieurs radicaux comme Alphonse Demeestère et Henri Diot. Il recueille alors 204 suffrages, les candidats qualifiés de réactionnaires par la presse radicale ayant eu une moyenne de 56 voix au premier tour. Le maire est le républicain Gabriel Pinson.

En 1885, Imbault est désigné comme délégué sénatorial sur une liste entièrement radicale. Il figure cependant parmi les modérés de cette tendance, refusant par exemple de rejoindre la liste du comité radical, de tendance plus progressiste, constituée pour le scrutin local de 1888.

Il est réélu en mai 1888 dès le premier tour sur la liste du maire sortant, qui emporte 18 des 21 sièges à pourvoir, tandis que le comité électoral radical-socialiste aura trois élus (Demeestère, Diot et Louis Vaudey). Imbault obtint 308 voix (56% des suffrages exprimés). Un radical modéré, Eugène Voisin, remplace comme maire en juillet de la même année Pinson, décédé.

Lors de l’élection législative partielle de janvier 1889, qui oppose le général Boulanger au radical Édouard Jacques, Imbault prend position en faveur de ce dernier avec cinq autres élus de la ville et une vingtaine de citoyens.

De nouveau délégué sénatorial en 1891, il prend également part à l’organisation de manifestations radicales. Il participe à la première séance publique de compte-rendu de mandat du conseil municipal organisée en octobre 1891 sous l’impulsion de Jules Ferdinand Baulard, conseiller général, Demeestère et Henry Vaudémont.

Au cours du scrutin municipal de mai 1892, Imbault est reconduit dès le premier tour sur la liste Eugène Voisin, qui a le soutien de tous les radicaux ; il recueille 378 voix pour 639 suffrages exprimés (59%). La liste du maire emporte 22 des 23 sièges à pourvoir, face à une liste conservatrice qui n’en aura qu’un. Sensible aux questions économiques de par son statut d’ancien commerçant, Imbault siège dans les commissions des fêtes, du marché, de l’octroi ainsi que la commission scolaire.

Il est encore délégué sénatorial suppléant en décembre 1893 et en mars 1896. À l’occasion du compte-rendu de mandat en avril 1896, Henry Vaudémont commente ainsi son activité dans l’hebdomadaire radical Voix des communes : « Chapuis et Imbault vont passer l’hiver à Nice ou en Algérie et l’été aux bains de mer. »

À l’occasion des élections municipales de mai 1896, Imbault est une fois de plus réélu sur la liste unique conduite par le maire, Eugène Voisin. Son rôle politique semble cependant réduit, et il cesse par exemple de figurer dans les délégations d’électeurs sénatoriaux. Il n’est pas candidat sur la liste du maire en 1900.

Anatole Félix Imbault, qui quitte Joinville après 1906, est décédé à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) le 6 mars 1923. Il était âgé de 84 ans.

Joinville, quai Beaubourg

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 01:01

Jean Lucchi naît vers 1895 à Berceto (Italie), commune de la province de Parme, région Émilie-Romagne. Il est le fils de Francesco Lucchi et de Louise Maraffi.

Lucchi s’installe vers 1903 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec ses parents ainsi qu’une partie de sa famille, comme sa tante Jeanne ou son oncle Joseph, lui aussi accompagné de sa femme et de sa fille. Tous adoptent alors des prénoms francisés et lui-même se fait appeler Jean. La famille Lucchi sera active dans la vie publique à Joinville, notamment François et Jean dans le syndicalisme, Jacques dans la vie politique et les associations sportives et Pierre dans la Résistance.

François Lucchi travaille à l’usine métallurgique du Bi-Métal de Joinville.

Comme son père, il s’engage, le 19 janvier 1910, dans la grève de organisée par l’Union des métallurgistes Cgt et dirigée par Gaspard Ingweiller, secrétaire du syndicat. Le mouvement, qui va durer 101 jours, est suivi par 206 des 215 ouvriers de l’usine qui demandent une augmentation des salaires.

Le conflit est violent, les grévistes s’opposant à l’embauche par la direction d’ouvriers pour entretenir les machines. Il se déroule par ailleurs en plein dans l’inondation de la rivière Marne, qui atteint cette année-là son niveau record et recouvre une grande partie du territoire de Joinville et des villes voisines.

Le 17 mars, une centaine de personnes attaquèrent les ouvriers graisseurs qui se rendaient à leur travail. Au cours de la bagarre, des coups de feu furent tirés et six des assaillants furent arrêtés, dont Jean Lucchi et son père François. Une grande effervescence règne toute la journée, avec l’intervention de métallurgistes d’autres usines, comme ceux de La Canalisation électrique à Saint-Maurice ou des ouvriers de Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Pendant qu’il est en détention provisoire, de santé de sa sœur Maria (17 ans) se dégrade. Malgré un certificat médical attestant de la gravité de la situation, le père et le frère n’obtiennent pas leur mise en liberté provisoire. Ils ne sont autorisés à sortir que deux heures après le décès de la jeune fille. Le quotidien socialiste L’Humanité fait sa Une de cet incident, qu’il qualifie de crime.

Les six prévenus comparaissent le 12 avril 1910 devant le tribunal correctionnel de la Seine pour « entraves à la liberté du travail, outrages aux agents, infraction à la loi sur les étrangers et port d'arme prohibée ». Jean est acquitté comme « ayant agi sans discernement » tandis que son père François Lucchi est condamné à deux mois de prison.

La grève prend fin le 30 avril, les ouvriers obtenant une satisfaction partielle de leurs revendications.

Jean Lucchi est toujours tréfileur en 1921 mais il se présente également comme artiste. Il épouse en mai 1921 Marie Thérèse Léontine Icole, plumassière. La date de son décès n’est pas connue.

Ses deux frères, Jacques et Pierre, auront comme son père un engagement politique ou social.

Usine Bi-Métal Joinville

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 01:01

Francesco Lucchi naît en 1867 à Berceto (Italie), commune de la province de Parme, région Émilie-Romagne. Il y épouse Louise Maraffi.

Lucchi s’installe vers 1903 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec sa femme et ses fils Jean et Jacques ainsi une partie de sa famille, comme sa sœur Jeanne ou son frère Joseph, lui aussi accompagné de sa femme et de sa fille. Tous adoptent alors des prénoms francisés et lui-même se fait appeler François. La famille Lucchi sera active dans la vie publique à Joinville, notamment François et Jean dans le syndicalisme, Jacques dans la vie politique et les associations sportives et Pierre dans la Résistance.

François Lucchi travaille comme manœuvre à l’usine Bi-Métal à Joinville-le-Pont.

Il s’engage, le 19 janvier 1910, dans la grève de organisée par l’Union des métallurgistes Cgt et dirigée par Gaspard Ingweiller, secrétaire du syndicat. Le mouvement, qui va durer 101 jours, est suivi par 206 des 215 ouvriers de l’usine qui demandent une augmentation des salaires.

Le conflit est violent, les grévistes s’opposant à l’embauche par la direction d’ouvriers pour entretenir les machines. Il se déroule par ailleurs en plein dans l’inondation de la rivière Marne, qui atteint cette année-là son niveau record et recouvre une grande partie du territoire de Joinville et des villes voisines.

Le 17 mars, une centaine de personnes attaquèrent les ouvriers graisseurs qui se rendaient à leur travail. Au cours de la bagarre, des coups de feu furent tirés et six des assaillants furent arrêtés, dont François Lucchi et son fils aîné Jean. Une grande effervescence règne toute la journée, avec l’intervention de métallurgistes d’autres usines, comme ceux de La Canalisation électrique à Saint-Maurice ou des ouvriers de Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Pendant qu’il est en détention provisoire, de santé de sa fille Maria (17 ans) se dégrade. Malgré un certificat médical attestant de la gravité de la situation, le père et le frère n’obtiennent pas leur mise en liberté provisoire. Ils ne sont autorisés à sortir que deux heures après le décès de la jeune fille. Le quotidien socialiste L’Humanité fait sa Une de cet incident, qu’il qualifie de crime.

Les six prévenus comparaissent le 12 avril 1910 devant le tribunal correctionnel de la Seine pour « entraves à la liberté du travail, outrages aux agents, infraction à la loi sur les étrangers et port d'arme prohibée ». François Lucchi est condamné à deux mois de prison ; son fils Jean est acquitté comme « ayant agi sans discernement. »

La grève prend fin le 30 avril, les ouvriers obtenant une satisfaction partielle de leurs revendications. François Lucchi avait appel de sa condamnation, mais elle est confirmée par la cour d’appel en novembre 1910.

François Lucchi, qui avait repris son activité à l’usine Bi-Métal, meurt le 28 décembre 1918 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 51 ans et avait trois fils, qui auront tous un engagement politique ou social.

Usine du Bi-Métal

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 01:01

Giuseppe Lucchi naît le 11 juillet 1874 à Berceto (Italie), commune de la province de Parme, région Émilie-Romagne. Il y épouse Delphine Cavalli.

Lucchi s’installe vers 1903 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec sa femme et sa fille Louise ainsi une partie de sa famille, comme sa sœur Jeanne ou son frère François, lui aussi accompagné de sa femme et de ses enfants. Tous adoptent alors des prénoms francisés et lui-même se fait appeler Joseph. La famille Lucchi sera active dans le mouvement syndical, dans la vie politique ainsi que dans les associations, notamment sportives.

Joseph Lucchi travaille d’abord comme ouvrier journalier à l’usine de la Canalisation électrique à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il sera ensuite tréfileur.

Marié avec Delfine Cavalli, Lucchi a six enfants. En novembre 1939, il obtient la nationalité française par naturalisation. La date de son décès n’est pas connue.

La Canalisation électroque

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 01:01

François Alfred Gassion naît le 8 décembre 1863 à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Il est le fils de Marie Catherine Coinchelin et de son mari, Charles Louis Alfred Gassion, cheminot, chef de train.

Venu en région parisienne, Alfred Gassion devient lui aussi employé au chemin de fer de l'Est. Il participe le 8 juillet 1887 à la manifestation, organisée par la Ligue des patriotes, de Paul Déroulède pour protester contre l’envoi à Clermont-Ferrand du meneur populiste, le général Boulanger. Le rassemblement se fait à la gare de Lyon pour empêcher le départ du train, l’objectif étant de se rendre ensuite à l'Élysée. Arthur Gragnon, préfet de police, fait bloquer les manifestants place de la Bastille. Il fait procéder à vingt-et-une arrestations, dont huit sont envoyés au Dépôt sous la prévention de rébellion et d'outrage aux agents ; ils sont âgés de 16 à 26 ans et Alfred Gassion figure parmi eux.

Le journal L’Intransigeant écrit que « De l’enquête ouverte sur la manifestation de la gare de Lyon, il résulte que les dégâts matériels sont insignifiants : quelques, vitres brisées, deux boiseries défoncées et trois ou quatre, banquettes démolies, voilà tout ». Il considère que « les agents se sont rués comme des bêtes féroces sur de paisibles citoyens » et que l’incrimination de « rébellion et outrages aux agents » est un « fallacieux prétexte. »

Jugé par la dixième chambre du tribunal correctionnel de la Seine le 12 juillet, Alfred Gassion est condamné pour outrages et violences à la deuxième plus lourde peine, soit deux mois de prison et 16 francs d'amende.

Devenu comptable, Alfred Gassion s’engage dans la franc-maçonnerie. En 1888, il est membre de la loge La Ruche libre (Paris) et « garant d'amitié » de loge Le Globe (Vincennes). Le congrès maçonnique du 3 juin 1888 à Paris adopte à une très large majorité un ordre du jour antiboulangiste : « Considérant que la Franc-Maçonnerie ne peut, sans manquer à ses traditions démocratiques, rester indifférent devant l'agitation plébiscitaire et césarienne tentée sur le nom d'un homme; Jettent le cri d'alarme et font appel à tous les maçons de France pour protester contre la propagande boulangiste et pour défendre contre toutes ses attaques la cause de la Liberté et de la République ». La Ruche libre participait au congrès.

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Gassion organise en août 1888 une cérémonie pour le mariage de sa sœur Antoinette avec Edouard Martin, qui se tient au temple maçonnique, de Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) et rassemble dans une tenue blanche extraordinaire les deux loges La Ruche libre et Le Globe. La fanfare municipale de Vincennes apporte son concours à la fête, qui se conclut par une conférence de Louis Amiable, grand ordonnateur du grand collège des rites et ancien membre du conseil de l'ordre du Grand Orient de France, également maire du 5e arrondissement de Paris.

S’il semble s’être éloigné des boulangistes, Gassion préside cependant une réunion qu’ils organisent à Joinville-le-Pont le 24 avril 1890 autour de leur candidat aux élections cantonales, Wattier. Les boulangistes veulent faire adopter un ordre du jour présentant les boulangistes comme seuls révisionnistes de bonne foi. Combattu par le journaliste Henry Vaudémont, il est, selon ce dernier, repoussé par 28 voix contre 37. Cependant, les boulangistes le déclarent adopté malgré les protestations du président Gassion.

Le propre mariage d’Alfred Gassion, en septembre 1891, sera également une manifestation maçonnique. Il épouse Marie Catherine Blanche Carrère à la mairie du 11e arrondissement de Paris. Le député radical Jules Ferdinand Baulard est présent, de même que le Dr Laffont, conseiller général de Charenton-le-Pont, également radical-socialiste, et Henry Vaudémont, président du groupe de libre-pensée La Raison, dont Gassion est secrétaire. Une confirmation du mariage est organisée au temple de la loge Le Globe à Vincennes ; Gassion en est également le secrétaire.

Après son mariage, Alfred Gassion s’installe à Paris tout en continuant de participer à l’activité du mouvement de libres-penseurs La Raison, basé à Joinville.

Il s’installe ensuite avant 1900 à Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine), où naîtront ses trois enfants. Lui-même devient expert en matière de transports et est décoré, en janvier 1904 des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

En matière politique, Gassion est en 1903 secrétaire général du comité de défense républicaine à Nanterre.

François Alfred Gassion meurt le 20 octobre 1925, à l’âge de 61 ans. Son décès est transcrit à Nanterre, où il vivait 33, rue Sadi-Carnot. Son épouse y réside toujours, en compagnie d’un de ses fils, en septembre 1961.

Médaille de la loge maçonnique de Vincennes Le Globe

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