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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 00:01

Louis Antoine Soyez naît le 13 octobre 1841 à Brie-Comte-Robert, Seine-et-Marne. Il est le vils de Françoise Anastasie Boulet et de son époux Jean Louis Soyez, vigneron.

Ses parents sont en 1869 blanchisseurs à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Lui-même est mécanicien dans la commune voisine de Joinville-le-Pont où il épouse, en septembre 1869, Victorine Julie Robberechts.

Lors des élections municipales de janvier 1878, Louis Soyez est élu au sein du conseil municipal qui voit la victoire des républicains conduits par Gabriel Pinson sur les monarchistes de l’ancien maire, Louis Ferdinand Rousseau.

En octobre de la même année, veuf depuis l’année précédente, Louis Soyez, qui est devenu fabricant d’objets en plumes, se remarie à Joinville avec Adrienne Anaïs Ricq. Ils vivent rue du Canal. Plusieurs plumassiers sont répertoriés dans les communes environnantes et à Joinville, dont Jean Louis Frédéric Bardin auquel Soyez est lié.

Il quitte Joinville peu après et réside, auprès de ses parents, à Saint-Maur, rue du Pont-de-Créteil. En 1879, une élection partielle remplace trois démissionnaires du conseil municipal de Joinville, dont probablement Soyez, qui n’est plus mentionné dans les activités communales.

Louis Soyez meurt le 17 février 1888 à Saint-Maur, à l’âge de 46 ans. Il était de nouveau veuf et père de trois enfants.

Encyclopédie Diderot et d'Alembert, Différents ouvrages du plumassier.

 

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 00:01

Alexis Aristide Picard nait le 5 mars 1841 à Ivry, Seine (act. Ivry-sur-Seine, Val-de-Marne). Il est le fils de Virginie Véronique Weber et de son mari Armand Aristide Picard, marchand de bois qui résident quai de la Gare dans la commune.

L’oncle d’Alexis, Gabriel Noël Picard (1800-1873), également marchand de bois, fut conseiller municipal (1834) puis adjoint au maire (1834) et enfin maire d’Ivry (1836), fonction qu’il occupa jusqu’au 31 décembre 1859, la ville de Paris annexant le territoire où se situait sa maison début 1860. Conseiller général de la Seine depuis 1849, il devint de droit conseiller municipal de Paris. Il était officier de la Légion d’honneur.

C’est le père d’Alexis et frère de Gabriel Noël Picard, Armand Aristide Picard (1809-1902) qui prit la succession à la mairie et fut le maire d’Ivry de 1860 à 1869.

Leur frère cadet, Laurent Alexis Picard (1814-1900), avocat à la cour d'appel, a également exercé un mandat politique en tant que conseiller général de l’Oise. De tendance conservatrice, mais républicain, il était chevalier de la Légion d’honneur.

Devenu luis aussi marchand de bois, Alexis Picard réside quai de la Gare à Ivry (jusqu’en 1860) puis à Paris, où il est toujours mentionné en 1876. Cependant, il dispose également d’une résidence à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où, en septembre 1870, il est élu conseiller municipal trois semaines après la proclamation de la troisième République.

La commune, qui comptait 2 086 habitants au recensement de 1866, est le lieu de la bataille de Champigny avec sa voisine Champigny-sur-Marne du 30 novembre au 3 décembre 1870, pendant la guerre franco-prussienne. Elle occasionne d’importantes destructions, dont celle du pont de Joinville, et de nombreux morts, principalement militaires. Pour fuir les combats, la population tout entière émigre à Paris. Le conseil municipal continue cependant de fonctionner. Pour se réunir, il loue un local d’abord, en septembre 104, rue du Bac à Paris (7e arr.) puis en novembre 105, boulevard Voltaire (11e arr.), qui deviennent ainsi la mairie provisoire de Joinville.

Les Joinvillais rentrent chez eux dans le courant du premier trimestre 1871. La municipalité reprend possession de la mairie, qui a subi d’importantes dégradations, et y tient son premier conseil municipal le 1er avril 1871, pendant la Commune de Paris.

Comme le maire sortant, Auguste Courtin, conservateur, Alexis Picard est réélu lors du nouveau scrutin municipal de juillet 1871. Toujours avec Auguste Courtin, Alexis Picard est reconduit en novembre 1874. La majorité sortante conservatrice avait alors face à elle une liste républicaine, qui obtient au moins trois élus (Benoit, Cambier et Pilté).

En septembre 1876, Louis Ferdinand Rousseau, alors adjoint remplace comme maire, Courtin, qui quitte la commune. Le nouveau premier magistrat, bonapartiste, est battu lors des élections municipales générales de janvier 1878 et Picard cesse son activité politique publique.

Il s’était marié, en mars 1863 à Paris (3e arr.) avec Hélène Adelphine Payen. Il disparaît de son domicile de Joinville le 4 juin 1879 et son absence est juridiquement constatée en avril 1887. Il est mentionné comme vivant lors du décès de son épouse en août 1905 à Paris (12e arr.) et comme mort lors de la disparition de son fils aîné en avril 1928.

Peut-être faut-il l’assimiler à Adolphe Aristide Picard, inscrit sur les listes électorales de Coolgardie (Australie occidentale) entre 1906 et 1912 puis, dans le même territoire à Dampier en 1916 et 1917 et de nouveau à Coolgardie entre 1922 et 1925.

Son enfant Adolphe Aristide Picard (1864-1928), négociant en bois, fonda en 1908 la Société sucrière de Santo-Eduardo, dans l’État de Rio-de-Janeiro au Brésil. Il fut fait chevalier de la Légion d'Honneur.

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 00:01

Victor Eugène Bluche naît le 11 décembre 1885 à Bérou-la-Mulotière (Eure-et-Loir). Il est le fils de Marie Eugénie Fransioli et de son époux Gédéon Jullien Bluche, ouvrier d’usine.

Devenu tréfileur à l’usine Bi-Métal de Joinville-le-Pont, Victor Bluche s’est installé avec sa mère dans la commune avant 1905. Il effectue son service militaire entre 1906 et 1908.

Ayant repris son travail, il prend une part active à la grande grève des ouvriers de l’établissement métallurgique. Le 19 janvier 1910, la majorité des quelques 240 ouvriers se mettent en grève avec l’appui de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux. Le syndicat est affilié à la Confédération générale du travail (Cgt), fondée en 1895 et unifiée en 1902 avec la fédération des bourses du travail ; la Cgt a adopté en 1906 la charte d’Amiens, qui reste la base idéologique du syndicalisme français.

Leurs demandes consistent en une revalorisation des salaires. Le conflit, particulièrement long, deviendra très violent, illustrant la rudesse des rapports sociaux au début du vingtième siècle. Il aura des échos à la Chambre des députés comme dans toute la presse.

Le langage de la presse de l’époque est fleuri. Le quotidien socialiste L’Humanité, fondé par Jean Jaurès en 1905, donne la parole au syndicaliste-révolutionnaire Gaspard Ingweiller (1876-1960, résidant à Paris). C’est lui qui dirige la grève joinvillaise, en tant que secrétaire de l’Union des métaux : « Les métallurgistes s'étant aperçus qu'un foyer de jaunisse [des non-grévistes embauchés par la direction] existait à l'usine de Canalisation électrique de Joinville-le-Pont, décidèrent d'accord avec les autres organisations en grève, de prendre de vigoureuses mesures de prophylaxie pour éteindre le foyer infectieux, considérant qu'il vaut mieux prévenir que guérir. »

Les syndicalistes se félicitent que, après trois semaines, « aucune défection se soit produite ». Des « cuisines communistes » fonctionnent pour fournir les repas aux grévistes et à leurs familles. Les enfants des métallurgistes en lutte sont pris en charge par d’autres militants afin d’écarter « le souci moral occasionné dans les luttes ouvrières par la présence des enfants. »

L’usine qui fabrique notamment des fils téléphoniques, est sous les eaux au cours de l’inondation historique  de la Marne qui recouvre tous les terrains bas pendant tout le mois de février. Début mars, les eaux s’étant retirées, la direction voulut procéder au graissage des machines qui avaient été submergées. Une vingtaine de mécaniciens parisiens est recrutée par les contremaîtres vendredi 18 mars ; ils arrivent accompagnés matin et soir par une escorte de policiers entre la gare du chemin de fer et l’usine. Mais l'entrée des ateliers est barrée par des grévistes embusqués qui leur interdisent l'accès de l'usine, tirant même des coups de revolver ; dix grévistes seront arrêtés.

La direction décide alors de faire appel au « Syndicat des jaunes », un mouvement anti-gréviste fondé en 1899 et soutenu par des groupes d’extrême droite. Le lundi 21 mars, ils sont une quarantaine, toujours accueilli par des protestations des grévistes. La tension monte encore. Des menaces de mort ont été adressées au directeur et des fils télégraphiques et téléphoniques ont été coupés à Saint-Maurice et dans le Bois de Vincennes.

Un des ouvriers nouvellement embauché est surpris emportant des pièces de cuivre dans une toile dissimulée sous son veston. La police procède à une fouille à l’entrée de la gare parmi les ouvriers qui regagnaient Paris : elle trouve sur six d’entre eux une moyenne de vingt kilos de métal ; ils sont eux aussi envoyés en prison. Le lendemain, un autre est encore convaincu de vol. La direction de l'usine décide alors de congédier tout le personnel nouvellement embauché et de fermer les ateliers.

Six grévistes du Bi-Métal comparaissaient, le 12 avril, devant le tribunal correctionnel, pour entrave à la liberté du travail, outrages aux agents et port d'arme prohibée ; le 27 mars, ils avaient attaqué à coups de pierres el de bâtons des travailleurs non-grévistes. Victor Bluche, qui est présenté comme un meneur, est condamné à trois mois de prison pour « entrave à la liberté du travail et violences aux agents » par le tribunal correctionnel de la Seine. Gaston Florence reçoit la même peine, tandis que son futur beau-frère François Lucchi et Jean Elipoura, (dit Lepicoura) se voient infliger deux mois de prison et Catherine Gutbrod (née Thomé), quinze jours.

Le 18 avril, l’usine rouvre après pratiquement trois mois d’arrêt, et la plupart des ouvriers reprennent le travail. Mais les incidents se poursuivent, avec notamment le sabotage de lignes téléphoniques. Au total, 25 personnes impliquées dans le conflit auront été arrêtés. Des bagarres se produisent encore le 5 mai, lors d’un meeting organisé dans la vaste salle de la coopérative de Gravelle à Saint-Maurice.

Un « comité révolutionnaire secret de la région de Joinville » dont le syndicaliste révolutionnaire Émile Pouget (1860-1931), fondateur du Père Peinard puis rédacteur en chef du journal de la Cgt, La Voix du peuple, vante l’action dans son ouvrage Le sabotage paru la même année revendique la coupure de 795 lignes téléphoniques et télégraphiques du lors d’actions conduites entre le 8 et le 28 juillet 1910 pour « protester contre l'arrestation arbitraire du camarade Ingweiller, secrétaire de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux, les poursuites scandaleuses engagées contre le comité de grève du Bi-Métal et les condamnations prononcées le 25 juillet 1910. »

Pendant la première guerre mondiale, Victor Bluche est d’abord mobilisé au 82e régiment d’infanterie. Malade, il est hospitalisé plusieurs mois à partir de février 1915 puis, en octobre de la même année, affecté à l’autre usine du groupe Bi-Métal, celle d’Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne). Il est rebasculé dans les rangs combattants en juillet 1917 et finalement démobilisé fin mars 1919.

En octobre 1918, Victor Bluche s’était marié avec Marie Jeanne Lucchi à Joinville.

À partir de 1926, il est devenu conducteur de machine à vapeur au sein de l’usine des eaux de la ville de Paris, située sur le territoire de Joinville. Il est victime en 1935 d’un accident de travail et se voit attribuer une pension. Il obtient aussi, en février 1937, la Médaille d’honneur communale et est alors employé au sein de la direction générale des travaux de Paris.

Victor Eugène Bluche meurt le 29 novembre 1937 à Joinville, peut-être des suites de son accident. Il était âgé de 51 ans et avait deux filles mineures.

Atelier de l'usine Bi-Métal

 

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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 00:01

Salomon Sabkowski naît le 12 avril 1888 à Paris (4e arr.). Ses parents sont des juifs originaires de Pologne, Samuel Sabkowski et Malvina Deitcher, marchands ambulants. Ils vivent rue Saint-Paul, dans le quartier du Marais.

Âgé de 11 ans, Salomon Sabkowski, qui accompagnait son père dans une tournée commerciale à Bayeux (Calvados), meurt dans des conditions non éclaircies, mais qualifiées par plusieurs organes de presse de « crime antisémite. »

Le registre d’état-civil mentionne qu’il a été retrouvé décédé sur la rivière d’Aure, à Bayeux, au lieudit Le Moulin à tan, le 16 août 1899.

Ayant rencontré son père à Montmartre (Paris, 18e arr.), où il vendait du nougat la nuit, le journaliste Jacques Prolo (pseudonyme de Jean Pausader) raconte son « effroyable aventure » dans le quotidien anarchiste de Louis Noir, Le Journal du peuple. D’autres journaux reproduisent l’article, par exemple L'Égalité de Roubaix-Tourcoing ou L'Univers israélite.

En août 1899, Salomon accompagne son père qui profite d’une fête à Bayeux pour y vendre des jouets. Dans la soirée, le père est verbalement agressé et traité de « sale youpin ». Il poursuit cependant son commerce mais, vers une heure et demie du matin, Salomon étant harassé, il le couche, enveloppé dans son pardessus, sur une table sous la tente dressée dans la cour de l’auberge Lecot, rue aux Pommes.

Reparti vendre ses objets sur la place où les danses continuaient, Samuel Sabkowski revint vers trois heures ; il ne retrouva pas son fils. Il fait de vaines recherches, personne n’ayant vu le gamin sortir de l’auberge. Le matin, il s’adressa au bureau de police. Après avoir ouvert les vannes d’un moulin à tan, proche de l’hôtellerie, on découvrit le cadavre. Si le rédacteur estime qu’une enquête s’imposait, le commissaire fut d’un avis différent. Il fit inhumer le corps de l’enfant sans procéder à l’autopsie. Au père, qui s’étonnait, il répondit : « Estimez-vous bien heureux d’avoir retrouvé votre fils. »

Jacques Prolo remarque pourtant que le contexte aurait nécessité une investigation, mentionnant les menaces qu’avait reçues le père e la proximité de bandes racistes à Caen, préfecture du Calvados.

Le Journal du peuple et les organes de presse qui reprennent l’article posent la question : « est-ce un crime antisémite ? »

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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 00:01

Samuel Sabkowski naît le 10 mai 1859 à Pinchew (probablement act. Pińczów), en Pologne russe. Il est le fils de Klinen ou Calmann Sabkowski et de son épouse, Samuel Seldé. Comme une importante partie de la communauté juive polonaise, il émigre et s’installe en France. Il est de petite taille (1 m. 62).

En avril 1886 à Paris (11e arr.), Samuel Sabkowski, qui vit boulevard Beaumarchais, se marie avec Malvina Deitcher, également d’origine juive et native de Rajmich, en Pologne russe. Ils auront sept enfants.

Ayant acquis la nationalité française décret du 28 août 1895, Samuel Sabkowski se voit affecter de manière rétroactive pour son service militaire à la classe 1879 ; il est rattaché au 26e régiment d’infanterie territoriale de Paris.

Pauvre, Samuel Sabkowski exerce une activité de marchand forain ou colporteur. En 1899, il se confie à Jean Pausader (alias Jacques Prolo), journaliste dans le quotidien anarchiste de Louis Noir, Le Journal du peuple. Plusieurs journaux, dont L'Égalité de Roubaix-Tourcoing ou L'Univers israélite, reproduiront l’article.

Jacques Prolo indique qu’il a rencontré Samuel Sabkowski à Montmartre (Paris, 18e arr.) et le qualifie de « un pauvre diable qui gagne misérablement sa vie en offrant des cubes de nougat aux bohêmes et à la vadrouille noctambule ».

En août 1899, il se rend à une fête à Bayeux, Calvados, pour y vendre des jouets. Il est accompagné de son fils aîné, Salomon, âgé de 11 ans. L’après-midi, il est agressé verbalement se faisant traiter de « sale youpin ». Il poursuit cependant son commerce et couche son fils, vers une heure et demie du matin, dans une tente au milieu de la cour d’une auberge, située rue aux Pommes.

Lorsque lui-même revient vers trois heures, raconte Jacques Prolo, son fils a disparu. On le retrouvera au matin, dans le canal d’une rivière traversant Bayeux, l’Aure. La police refuse d’ouvrir une enquête, le commissaire répondant à la demande du père : « Estimez-vous bien heureux d’avoir retrouvé votre fils. »

Au vu de l’agitation organisée par certains organes racistes, comme celui de Drumont, et après les menaces qui avaient visé le père, Jacques Prolo s’indigne de l’absence d’investigation policière et s’interroge : « est-ce un crime antisémite ? »

Hospitalisé à l’Hôtel-Dieu, sur l’île de la Cité à Paris (4e arr.), Samuel Sabkowski meurt le 16 janvier 1904. Il résidait alors rue Saint-Paul et était âgé de 44 ans.

Un de ses fils, Zélik dit Félix (1896-1953), marchand forain, devint résistant pendant la deuxième guerre mondiale. Un autre fils, Jacob dit Jacques (1891-1971), commerçant, fut militant radical-socialiste à Joinville-le-Pont, déporté pendant la deuxième guerre mondiale et militant au sein de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes.

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 00:01

Joseph Xavier Chatel nait le 3 décembre 1854 à Bénestroff (Meurthe, act. Moselle). Il est le fils d’Appoline Chappellier et de son époux Charles Chatel, mécanicien.

Après l’annexion de son village natal à l’Allemagne en 1871, Xavier Chatel opte en compagnie de son père, pour la nationalité française en juin 1872 à Romilly-sur-Andelle (Eure).

Devenu tréfileur et résidant avec ses parents rue des Ursulines à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis), Xavier Chatel épouse en décembre 1883 à Saint-Denis Joséphine Schwob, cuisinière, également originaire d’un territoire occupé par les Allemands, étant née en 1861 à Stotzheim, Bas-Rhin.

Après la naissance des deux premiers de leurs quatre enfants, la famille s’installe, avant 1889, à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) et Xavier Chatel est embauché à la compagnie du Bi-Métal, société métallurgique installée dans la commune voisine de Joinville-le-Pont ; son frère Hippolyte y est également tréfileur.

C’est probablement ce dernier qui est, en janvier 1894, secrétaire de la section de Joinville de l’Union des tréfileurs, pointiers et lamineurs de France. Il s’agit du premier syndicat connu à Joinville-le-Pont, dont l’existence est attestée au sein de l’usine de Joinville en octobre 1893. Cette union est basée à la Bourse du travail de Saint-Denis, où elle est officiellement enregistrée en novembre de la même année par son secrétaire général, Victor Guyot. La section de Joinville est active au sein du groupement, où Chatel joue un rôle mentionné dans plusieurs publications.

Le rôle de la section syndicale est important pendant la grève organisée par trente-cinq ouvriers tréfileurs de la Compagnie française du Bi-Métal qui protestent contre la réduction de 25 % sur le prix de façon du tréfilage, décidée par la direction de l’usine le 19 octobre. Une intervention de Jules Ferdinand Baulard, député radical-socialiste de la Seine et ancien conseiller municipal de Joinville, accompagné des maires de Nogent-sur-Marne (Émile Husson), de Joinville (Eugène Voisin) et de Saint-Maurice (François Gauthier), propose une conciliation, les ouvriers acceptant une réduction de salaire de 11%, ce que refuse les employeurs.

Selon le directeur de la compagnie, M. Heurtel, les ouvriers de Joinville sont payés 50% plus chers que leurs homologues de province, et 25% de plus qu’à Saint-Denis.

Les grévistes, soutenus par d’autres salariés de l’entreprise, organisent des manifestations dans les rues de Joinville. Ils obtiennent le soutien des municipalités de Saint-Maurice et Joinville, mais aussi du conseil municipal de Paris et de plusieurs organes de presse, comme les quotidiens La Lanterne, Le Radical, Le Parti ouvrier ou de l’hebdomadaire local Voix des communes.

Xavier Chatel, mentionné comme secrétaire de la section syndicale début novembre, publiera une cinquantaine d’appels à la solidarité dans Le Parti ouvrier et obtient un soutien actif de l’Union syndicale. Il est, avec le soutien des militants locaux du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, un des organisateurs d’une réunion qui se tient en mairie de Joinville le 3 décembre 1894. L’objet principal de la réunion est le soutien aux grévistes, pour lesquels une collecte est réalisée. Mais l’ordre du jour adopté élargit la question : « Les citoyens réunis (…) acclament en outre le principe de la grève générale, qui apparaît comme le seul moyen de substituer à la société pourrie, au milieu de laquelle nous vivons, un état social où chaque individu, produisant suivant ses aptitudes et ses forces, satisfera librement à tous ses besoins ». Transmettant le compte-rendu de la réunion à Voix des communes, Xavier Chatel commente : « Depuis 7 semaines, nous luttons contre le capitalisme éhonté pour revendiquer notre droit et celui de nos enfants, car, tout en travaillant, nous ne voulons pas mourir de faim. C’est justice ».  Il conclut son courrier en envoyant ses « sentiments de militants », « au nom de la solidarité et de l’émancipation des travailleurs. »

Après 52 jours de grève, le 15 décembre, la direction accepte que la diminution soit limitée à 11%. Le travail reprend le lendemain comme Xavier Chatel en fait l’annonce.

Le 8 février 1895, une violente explosion se produit dans l’usine, tuant le concierge, sa femme, son enfant, le comptable et un charretier. Pendant l’arrêt de l’usine, les ouvriers sont placés en chômage. Chatel et Hilaire Prieur, le trésorier de la section syndicale, représentent les ouvriers de l’usine auprès des pouvoirs publics pour obtenir des secours.

Ne résidant plus à Saint-Maurice en 1901, Xavier Chatel est contremaître à la société métallurgique de La Bonneville (La Bonneville-sur-Iton, Eure) en 1906. Il l’est toujours en 1911, étant alors âgé de 57 ans.

La date de décès de Joseph Xavier Chatel n’est pas connue.

Bi-Métal, Joinville

 

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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 00:01

Hippolyte Chatel naît le 9 mars 1857 à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils d’Appoline Chappellier et de son époux Charles Chatel, forgeron mécanicien.

Devenu ouvrier tréfileur, comme son frère aîné Xavier, Hippolyte Chatel, qui réside chez ses parents dans la commune, épouse en octobre 1882 à Saint-Denis Eugénie Anaïs Boyer, fille d’un cultivateur de Vauchassis (Aube).

Il va s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) suite à la création, en décembre 1892, de la compagnie du Bi-Métal, société métallurgique exploitant un brevet déposé par un ingénieur lyonnais, Édouard Martin, et qui produit des fils mêlant le cuivre et l'acier. Son frère Xavier y travaille également mais réside dans la commune voisine de Saint-Maurice, tandis qu’Hippolyte Chatel, son épouse et son fils vivent à Joinville, d’abord rue de Créteil (act. av. du maréchal Leclerc) puis rue Pasteur.

C’est probablement Hippolyte qui est, en janvier 1894, le Chatel assurant la fonction de secrétaire de la section de Joinville de l’Union des tréfileurs, pointiers et lamineurs de France. Il s’agit du premier syndicat connu à Joinville-le-Pont, dont l’existence est attestée au sein de l’usine de Joinville en octobre 1893. Cette union est basée à la Bourse du travail de Saint-Denis, où elle est officiellement enregistrée en novembre de la même année par son secrétaire général, Victor Guyot. La section de Joinville est active au sein du groupement, où Chatel joue un rôle mentionné dans plusieurs publications.

La section syndicale va déclencher une grève, suivie par trente-cinq ouvriers tréfileurs, pour protester contre la réduction de 25 % sur le prix de façon du tréfilage, décidée par la direction de l’usine le 19 octobre 1894. Une intervention de Jules Ferdinand Baulard, député radical-socialiste de la Seine et ancien conseiller municipal de Joinville, accompagné des maires de Nogent-sur-Marne (Émile Husson), de Joinville (Eugène Voisin) et de Saint-Maurice (François Gauthier), propose une conciliation. Les ouvriers acceptent une réduction de salaire de 11%, mais elle est refusée par les employeurs.

Le directeur de la compagnie, M. Heurtel, assure que les ouvriers de Joinville sont payés moitié plus chers que leurs homologues de province, et 25% de plus que ceux de Saint-Denis, ce que contestent les ouvriers de Joinville, arguant d’une plus forte productivité.

Avec le soutien d’autres salariés de l’entreprise, les grévistes organisent des manifestations dans les rues de Joinville. Ils obtiennent le soutien des municipalités de Saint-Maurice et Joinville, ainsi que celui du conseil municipal de Paris et de plusieurs quotidiens comme La Lanterne, Le Radical, Le Parti ouvrier ou de l’hebdomadaire local Voix des communes.

S’il est encore mentionné comme secrétaire du syndicat le 17 novembre, Hippolyte Chatel semble cependant avoir cédé la fonction à son frère Xavier, qui signe les appels à la solidarité publiés dans la presse à compter du 9 du même mois.

Un accord est passé avec la direction après 52 jours de grève, le 15 décembre. La proposition des ouvriers de limiter la diminution à 11% est finalement acceptée. Le travail reprend le lendemain.

Au cours de son activité syndicale, Hippolyte Chatel était proche des militants de gauche du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire. Cependant, c’est sur une liste de droite, qualifiée de nationaliste par le journal radical Voix des communes, qu’il va être candidat lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville. Conduite par deux conseillers sortants, Honoré Moulinet et François Provin, la liste s’oppose à celle du maire sortant, Eugène Voisin, soutenue par le comité radical-socialiste, et à une liste socialiste incomplète soutenue par le Parti socialiste français. Les radicaux obtiennent 49,1% des suffrages et ont 22 élus ; les nationalistes n’ont qu’un seul siège avec 32,3%. Les socialistes n’ont pas d’élu, leurs 7 candidats recueillant 13,6% des voix. Chatel obtient 314 voix pour 1 119 votants (28,1%) et 1 343 électeurs inscrits.

Bien qu’il ait été âgé de 57 ans au début de la première guerre mondiale, Hippolyte Chatel semble avoir joué un rôle militaire, puisqu’il est, après la fin du conflit, adhérent à la 740e section de la société Les vétérans des armées de terre et de mer qui indiquera, après sa disparition, qu’il était un soldat de la grande guerre.

Remarié en juillet 1919 au Vésinet (Seine-et-Oise, act. Yvelines) avec Augustine Augier, Hippolyte Chatel n’a plus d’activités politiques publiques. Il contribue en avril 1927 à la caisse d’amortissement pour le relèvement du franc.

Toujours employé de la compagnie française du Bi-Métal, Hippolyte Chatel est devenu directeur d'usine dans une autre unité du groupe, à  Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne). Il est décoré d’une médaille d’honneur à ce titre par le ministère du commerce et de l’industrie en février 1926.

Hippolyte Chatel meurt le 21 juin 1935 à Joinville. Il était âgé de 78 ans.

 

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10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 00:01

Marie Louise Eulalie Vénard naît le 25 janvier 1840 à Fay-le-Froid (act. Fay-sur-Lignon, Haute-Loire). Elle est la fille de Félicité Desevars et de son mari Jacques Louis Vénard.

En 1875, elle est cafetière à Lyon (2e arr.) quand elle épouse en mai dans cette ville Casimir Paul Joseph dit Louis Rey, alors cuisinier et originaire d’Ardèche, où il est cuisinier au Cheylard après cinq ans de service militaire marqués par la campagne contre l’Allemagne et une expédition en Algérie. Le couple s’installe, la même année, à Paris. Ils résideront ensuite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils louent une villa qu’ils habitent pendant la période estivale au moins à partir de 1892, avant de s’y installer définitivement, probablement à partir de 1910.

Son mari, Louis Rey, expert chimiste et responsable de structures professionnelles du secteur vinicole, a été un très actif militant radical-socialiste et conseiller municipal de Joinville-le-Pont. Il fut un polémiste assurant la rubrique locale de l’hebdomadaire radical Voix des communes.

Comme plusieurs épouses de responsables politiques locaux, Marie Rey va s’engager dans une association humanitaire, la société de l’allaitement maternel. Son activité y est attestée entre 1908 et 1912. L’association, ouvertement laïque, affiche sa différence avec celles que Louis Rey appelle les « dames patronnesses » qui méconnaîtraient les « enfants des mécréants ». L’Allaitement maternel pour sa part ne s’occuperait pas de savoir si elles sont filles-mères ou concubines.

En 1909, l’association est présidée par Hortense Voisin, femme du maire, et son conseil comprend également les épouses de deux futurs maires, Mmes Vel-Durand et Briolay, d’adjoints au maire (Villain, Jullien, Beauvais) ou de conseillers municipaux (Diot, Arnaud, Cosson, Rey, Ferrand, Nivelet) ; une seule administratrice n’est pas liée à l’activité politique, Mme Pratet.

Présentée comme « très florissante » par la presse radicale, l’association assiste 25 mères en 1908. Marie Rey est l’organisatrice d’un banquet de collecte de fonds en juin 1909. Elle se mobilise pendant les inondations de la Marne lors de l’hiver 1910.

C’est probablement du fait de son activité associative que Marie Rey est décorée en mars 1911 des Palmes académiques et devient officier d’académie.

Marie Rey, qui ne semble pas avoir eu d’enfant, meurt le 10 août 1928 à Joinville. Elle était âgée de 88 ans et veuve depuis 10 ans.

 

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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 00:01

Ernestine Jeanne Marie Piat naît le 30 août 1867 à Meudon (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine). Elle est la fille de Marie Victoire Constance Soinoury et de son époux Léopold Ernest Piat, banquier.

Elle épouse en mai 1891 à Coulommiers (Seine-et-Marne) le docteur Georges Paul Elie Bitterlin. Ils s’installent d’abord rue du Four à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), puis, à partir de 1899 rue Pasteur dans la commune voisine de Joinville-le-Pont.

Engagé dans l’action sociale, Georges Bitterlin sera également militant politique, candidat pour le mouvement royaliste de l’Action française aux élections législatives de 1919 et conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1912-1919 et 1942-1944).

Leurs deux fils, Charles et Jean, médecins, seront également affiliés à la même organisation d’extrême-droite.

La Société de l'Allaitement maternel et des refuges-ouvroirs pour les femmes enceintes, a été fondée en 1876 par Mme Béquet de Vienne, veuve d’un conseiller d’État. Si elle jouit d’une réputation nationale, qui lui permettra d’être reconnue d'utilité publique en 1905, elle dispose d’un nombre très limité d’implantations locales (trois).

Parmi celles-ci, on compte une section à Saint-Maur-des-Fossés, qui essaimera avec une sous-section à Joinville en 1899, devenue en 1902 une section de plein exercice tandis que celle de Saint-Maur périclite. Jeanne Bitterlin est la fondatrice de la section, dont le Dr Pierre Vallat est le médecin. Julia Véron, trésorière et Mme Delobel, secrétaire, l’accompagnent dans la création de cette structure, qui a 60 adhérents.

En 1901, la société secourt 31 familles auxquelles elle apporte des soins, de la layette, mais aussi de la viande, du pain, du lait, du charbon, des lentilles ou des pruneaux. Elle accueille toutes les demandes qui lui sont adressées, sans distinction de religion ni d'état civil. Son mari et le Dr Jean Baptiste Gripon sont, en 1904, les médecins de la section.

Si la section semble se développer, Jeanne Bitterlin s’en retire cependant et c’est en 1909 Hortense Voisin, femme du maire de Joinville, qui est la présidente. Le conseil comprend sur ses 13 membres, toutes des femmes, 12 qui sont mariées à des notabilités politiques.

C’est un désaccord avec le comité directeur de Paris qui a provoqué la démission d’une partie des fondatrices. Elles créent en juin 1913 l’Union des mères de Joinville, qui s’affilie en 1917 à la Mutualité maternelle de Paris. Jeanne Bitterlin en est la présidente, accompagnée de Léontine Lecuirot, vice-présidente, de Fréna Depasse, vice-présidente, trésorière et visiteuse ainsi que de sa fille Antoinette (elle aussi militante à l’Action française).

Si la presse locale regrette la multiplicité d’organismes à même vocation à Joinville, et surtout le fait qu’elles s’ignorent, l’émulation que cela procure fait qu’en 1923, le maire Henri Vel-Durand se félicite de la concurrence entre œuvres similaires. Cette année-là, la section de Joinville de la Mutualité maternelle a 93 adhérents et s’occupe de 56 enfants.

En mars 1928, Jeanne Bitterlin devient présidente honoraire, tandis que Jeanne Carlier prend la responsabilité exécutive de la section. Son fils Jean assure, en 1935, les consultations de nourrissons au nouveau dispensaire que la Mutualité maternelle ouvre rue de l’Église à Joinville.

Jeanne Bitterlin meurt le 26 décembre 1933 à Joinville. Elle était âgée de 66 ans et avait eu quatre enfants.

 

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4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 00:01

Adèle Héloïse Amandine Lemaire naît le 14 novembre 1864 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille d’Adèle Augustine Thiens et de son époux, Ange Émile Lemaire, fabricant d’eau gazeuse.

Elle épouse en août 1888 à Saint-Maur François Charles Provin. Le couple s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont. François Provin, serrurier, exerce d’importantes responsabilités politiques dans la commune entre 1900 et 1934. Il est également président de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers.

Ils vivent rue du Pont, au centre de la commune et ont une fille.

Après la première guerre mondiale, Adèle Provin va s’engager dans une activité humanitaire, au sein de la section locale de la Mutualité maternelle de Paris. Elle est secrétaire de l’association en 1927 et 1928, vice-présidente en 1931.

L’association comptait en 1923 93 adhérents, essentiellement des adhérentes. Elle avait aidé cette année-là 56 enfants.

Son activité vaut à Adèle Provin d’être attributaire, en septembre 1931, d’une mention honorable au titre de son rôle mutualiste. Sa fille Alice est également membre de la même association.

Adèle Provin meurt le 14 octobre 1933 à Joinville. Elle était âgée de 69 ans.

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