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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 00:01

Charles Amiel naît le 30 fructidor an 4 (16 septembre 1796) à Castelnaudary (Aude). Il est le fils de Jean Baptiste Amiel, propriétaire, et de Jeanne Cruzol.

Avec sa famille, il vient en région parisienne et s’installe dans le 3e arrondissement de Paris sans doute au cours des années 1820, ainsi qu’à Joinville-le-Pont pendant les années 1830, alternant probablement les séjours sur les bords de Marne à la belle saison et dans la capitale par mauvais temps.

En janvier 1829 à Paris (4e arr.), Charles Amiel épouse Laurence Céleste Soudry (1807-1879) avec laquelle il aura six enfants, tous des filles. Il est d’abord employé puis rentier.

Comme son père la décennie précédente, Charles Amiel, qui se présente comme propriétaire, est élu conseiller municipal par le collège des électeurs censitaires, lors d’un scrutin pour le renouvellement de la moitié du conseil municipal en juin 1846. Il recueille 38 voix sur 50 votants et 67 inscrits et est élu dès le premier tour.

Il reste peut-être membre de l’assemblée locale pendant la seconde République et est de nouveau nommé par décret préfectoral sous le second empire, le 26 août 1863 ; il continue de siéger jusqu’à son décès.

Charles Amiel meurt le 18 mai 1868 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 71 ans.

Ses frères et son père ont également résidé à Joinville : Jean Baptiste Amiel (1767-1839), son père, propriétaire, conseiller municipal de Joinville (1837-1839) ; Jean Baptiste Amiel (1798-1882), son frère, propriétaire ; et Louis-Félix Amiel (1802-1864), artiste-peintre, spécialisé dans les portraits historiques.

Portrait de Bernadotte par Louis Félix Amiel, frère de Charles Amiel

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 00:01

Jean Baptiste Amiel naît le 9 novembre 1767 à Mirepoix, en Ariège. Il est le fils de François Amiel et Madeleine Autier. Il s’installe à Castelnaudary (Aude) où il se marie en frimaire an 4 (décembre 1795) avec Jeanne Cruzol. Ils y restent au moins jusque l’an 10 (1802) et leurs trois enfants y naissent.

La famille vient ensuite en région parisienne et s’installe dans le 3e arrondissement de Paris sans doute au cours des années 1820, ainsi qu’à Joinville-le-Pont pendant les années 1830, alternant probablement les séjours sur les bords de Marne à la belle saison et dans la capitale par mauvais temps.

En mai 1837, Jean Baptiste Amiel, qui se présente comme propriétaire, est élu conseiller municipal par le collège des électeurs censitaires, lors d’un scrutin complémentaire. Il recueille 26 voix sur 35 votants et 61 inscrits et est élu dès le premier tour, devançant notamment le grammairien et futur maire Charles Chapsal ainsi que Charles Hippolyte Pinson, frère du maire en poste Laurent Nicolas Pinson et futur adjoint au maire.

Jean Baptiste Amiel meurt le 25 novembre 1839 à Paris (3e arr.). Il était âgé de 72 ans.

Ses trois enfants résident ou vont s’installer à Joinville : Charles Amiel (1796-1868), employé puis propriétaire, sera également membre de l’assemblée municipale, Jean Baptiste Amiel (1798-1882), propriétaire, et Louis-Félix Amiel (1802-1864), artiste-peintre, spécialisé dans les portraits historiques.

Autoportrait de Louis Félix Amiel, fils de Jean Baptiste Amiel

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 00:01

Louis-Félix Amiel est né à Castelnaudary dans l’Aude le 3 mars 1802 ; il est le fils de Jean Baptiste Amiel et de son épouse, Jeanne Crusol (ou Cruzol).

Il entre en 1823 à l'École nationale supérieure des beaux-arts. Il obtient une médaille de deuxième classe lors du Salon de peinture et de sculpture de Paris en 1833. Parallèlement à sa formation, il suit de 1823 à 1825 l'atelier du baron Antoine-Jean Gros, représentant éminent de l’école néoclassique française. Il participe aux Salons de Paris jusque 1849 et dispose d’un atelier dans le 6ème arrondissement de Paris.

Amiel se spécialise dans le portrait. Une grande partie de ses œuvres, est aujourd’hui conservée au Musée de l'Histoire de France du château de Versailles. Ce sont souvent des représentations de souverains ou de militaires. On trouve également certaines de ses œuvres dans des musées de province, comme au musée des Beaux-Arts de Pau. Un autoportrait est gardé au musée du Louvre.

Un portrait en pied du baron et banquier Philippe Hottinguer a atteint 27 000 euros lors d’une vente aux enchères à Paris en 2009.

Contrairement à plusieurs ouvrages de référence et au Metropolitan museum of Arts de New-York, il ne faut pas le confondre avec son presque homonyme et contemporain, le peintre animalier breton Louis Amiel (né en 1809 et également élève de l'École des Beaux-Arts).

À la fin de sa vie, Louis-Félix Amiel s’installe à Joinville-le-Pont auprès de sa famille. Il y décède le 4 février 1864, à l’âge de 61 ans. Il était alors rentier et célibataire. La déclaration est faite à l’état-civil par deux maires de la commune, ancien et futur : Apollon Delaherche (maire de 1848 à 1852) et Louis-Ferdinand Rousseau (1875-1878).

Son père, Jean-Baptiste (mort en 1839) a été élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1837. Son frère, Charles (1796-1868) a exercé la même fonction à Joinville également en 1846 puis en 1865. Tous deux sont présentés comme propriétaires.

Louis v

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 00:01

Louis-Auguste Lapito naît à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur le 30 thermidor an 11 (18 août 1803). Son père, Pierre Lapito, charpentier est un notable de la commune qui sera rebaptisée en 1831 Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Louis Auguste est le septième des huit enfants qu’il aura avec Marguerite Geneviève Lheureux.

Louis-Auguste Lapito est l'élève de Louis Étienne Watelet en 1818, puis il entre dans l'atelier de François-Joseph Heim. Il effectue ensuite des voyages dans le Midi de la France, en Suisse, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas. Il rentre à Paris en 1826.

Il entreprend un voyage en Corse en 1827. Il a été un des rares peintres du début du 19e siècle avec Catherine Empis (1796-1879) et Alexandre Ségé (1819-1885), à avoir exposé des tableaux représentant des paysages corses aux salons de Paris.

Peintre paysagiste, il débute au Salon de Paris en 1827 et y expose jusqu'en 1870. Il remporte une médaille de 2e classe en 1833, et de 1re classe en 1835.

Il expose à l'étranger, et notamment à Bruxelles où il reçoit une médaille d'or en 1848.

Lapito représente une nature arrangée, peinte avec minutie, conformément à l'idéal du paysage classique. Il fait partie du groupe de peintres paysagistes naturalistes que Charles Baudelaire critiquait (Curiosités esthétiques, Salon de 1846) « Dans le paysage, comme dans le portrait et le tableau d’histoire, on peut établir des classifications basées sur les méthodes différentes : ainsi il y a des paysagistes coloristes, des paysagistes dessinateurs et des imaginatifs ; des naturalistes idéalisant à leur insu, et des sectaires du poncif, qui s’adonnent à un genre particulier et étrange, qui s’appelle le Paysage historique. »

Louis-Auguste Lapito est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1836. Il est chevalier de l'Ordre de Léopold (Belgique) et membre de l'Académie de Rotterdam (Pays-Bas).

Il meut le 7 avril 1874 à Boulogne-Billancourt, âgé de 70 ans.

Paysage par LA Lapito

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 00:01

Jean Baptiste Louis Besançon est né le 11 mars 1773 à Fontenay ; il s’agit probablement de Fontenay-sous-Bois (actuellement dans le Val-de-Marne). Il réside déjà sous la Révolution française à La Branche du Pont de Saint-Maur, où il exerce la profession de marchand de vin puis de traiteur. Il épouse Marguerite Trois Valet en 1792 à la paroisse Notre Dame de Paris et en aura plusieurs enfants : Marguerite Belzamine (née en l’an II), Marie (née en l’an VIII), Louis Henry (né en l’an IX).

La Branche du Pont de Saint-Maur a été érigée en commune en 1790, à partir d’un village dépendant de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur. Elle deviendra Joinville-le-Pont en 1831. Elle est alors incluse dans le canton de Vincennes. La population du village a baissé pendant la Révolution française de 1789 puis reste stable ; elle est de 420 habitants en 1806 et de 418 en 1820.

En messidor an IX Besançon vend une grille de boutique située 230, rue du Faubourg-Antoine à Paris à Jacques Marie Lejeune, un commerçant enrichi par la Révolution, considéré par Jean Paul Marat étant un « fat inepte », « esclave des préjugés de l'ancien régime », qui utilise ses fonctions politiques « comme un moyen de faire fortune ». Il emploie dix ouvriers en 1790.

Jean Baptiste Louis Besançon remplace Jean Mathurin Lemaire à la tête de la municipalité en avril 1816. La commune a été l’objet d’une bataille le 30 mars 1814 entre les troupes française et les alliés d’Autriche, du Wurtemberg (Allemagne) et Cosaques de Russie. Elle a provoqué 265 morts et la destruction du pont de Saint-Maur, la principale source de revenus de la commune. Il sera reconstruit entre 1822 et 1835.

Besançon exerce son mandat jusqu’en 1817. Il est alors remplacé par Jean Joseph Robin. Sous la Restauration, les maires dont nommés parmi les notables de la commune. Leur rôle fait l’objet d’opinions différentes au sein du régime. Lors d’un débat au parlement en 1818, le ministre de l’Intérieur Joseph Henri Joachim Lainé, qui appartient au parti des ultras, défend la conception du maire en tant que fonctionnaire, chef de localité. Face à lui, le chef de file des libéraux, François Guizot, considère qu’il s’agit d’un notable, porte-parole de la population, qu’il faut choisir parmi les conseillers municipaux élus au suffrage censitaire.

Jean Baptiste Louis Besançon est décédé le 26 avril 1824 à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il était âgé de 51 ans.

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 00:01

L’impératrice Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III, fait construire la ferme de la Faisanderie dans le bois de Vincennes, sur le territoire de la commune de Joinville-le-Pont en 1855. Le domaine, d’une superficie de vingt-deux hectares et est contigu à la Redoute de la Faisanderie. La ferme impériale comprenait deux grands corps de bâtiments, des hangars, une étable, les écuries et la maison des gardes, un pavillon à un étage réservé à l'Impératrice.

À la fin du Second Empire, le domaine devient propriété de la Ville de Paris. Il est transformé en 1858 en ferme impériale, comme huit autres établissements, par exemple en Gascogne, en Champagne, en Sologne ou en Limousin. Les bâtiments d’exploitation sont agrandis et la ferme accueille en 1859 cent vaches suisses et normandes, un troupeau de deux cents moutons Southdown et sept juments percheronnes

Les troupeaux servent notamment à l’élevage de reproducteurs, vendus aux agriculteurs. À côté de l’exploitation agricole, un champ spécial d'expérimentation est constitué et placé sous la direction de Georges Ville, professeur au Muséum national d'histoire naturelle de Paris

La ferme impériale était ouverte aux visiteurs, qui pouvaient notamment déguster du lait pur, ce qui constituait une rareté pour les Parisiens. La surface exploitée couvrait 200 hectares, répartis sur Joinville-le-Pont, Nogent-sur-Marne, Fontenay-sous-Bois et Vincennes.

Pendant la période, la ferme compte trois responsables connus.

Lesénéchal, régisseur de la ferme de la Ménagerie de l’Institut agronomique de Versailles, est le premier régisseur de la ferme de la Faisanderie en 1859.

Nanquette est régisseur en 1862 et en 1865.

Houdbine est régisseur en 1867 et en 1869.

Bergerie de la Faisanderie

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 00:01

Nous concluons notre série de sept articles consacrés à un personnage intellectuel du 19e siècle Ildefonse Rousset.

Le 16 décembre 1864, le romancier et critique d'art Théophile Gautier (1811-1872) publie dans le quotidien parisien Le Petit journal un article consacré au livre Le Tour de Marne que vont sortir peu après Ildefonse Rousset et Émile de La Bédollière, aux éditions Lacroix, Verboeckhoven et Cie (1865).

Ildefonse Rousset (1817-1868), ancien éditeur et journaliste, vit à Alfort, partie de la commune de Maisons-Alfort qui formera vingt ans plus tard la nouvelle municipalité d’Alfortville. Il entraîne le journaliste Émile de La Bédollière, comme lui fervent républicain et opposant au régime impérial, dans une découverte en barque de la boucle de la Marne. Rousset prend des photographies qui illustrent le livre, une grande nouveauté, tandis que La Bédollière rédige les textes à la façon d’un récit de voyage. L’ouvrage connaît un grand succès. Nous reproduisons ci-après l’article de Théophile Gautier qui, avec son talent littéraire, partage l’enthousiasme de la presse.

On peut consulter Le Tour de Marne sur le site Gallica de la BnF.

« Un livre nouveau se présente habillé d'une couverture bleue à riche gaufrure. Sur le plat, un fer de reliure dessiné comme un bois d'illustration estampe en or un grand paysage dans lequel un soleil levant épanouit sa gloire rayonnante répétée par l'eau d'une rivière. Au-dessus de ce soleil s'arrondit ce titre Le Tour de Marne. Le Tour de Marne qu'est-ce que cela? Nous connaissons le tour du monde et même le tour de France. D'intrépides navigateurs, des canotiers au cœur ceint d'un triple bronze ont donc risqué un voyage d'exploration dans ces contrées inconnues qui s'étendent de Joinville â Gravelle?

« C'est cela même, et en ouvrant le volume magnifiquement imprimé par Claye, avec ces vieux caractères françois qu'ont mis a la mode les Contes de Perrault, nous apprenons, en effet, qu'il s'agit d'un voyage au long cours de quatorze kilomètres sur la Marne, cette rivière moins explorée, à coup sûr, que l'Amazone, le fleuve Amour, le Niger ou les cours d'eau mystérieux de l'Australie.

« La nef qui porte les modernes Argonautes au pourchas, non de la Toison d'or, mais du pittoresque, s'appelle l'Hélioscaphe. Elle a pour capitaine Ildefonse Rousset; Émile de La Bédollière, une fine plume humoristique, tient le livre de bord, relève le point et note tous les incidents du voyage.

« Cette portion de la Marne, que la batellerie ne fréquente plus, trouvant plus court et plus commode de prendre le canal de Saint-Maur, est retournée doucement à l'état sauvage. On dirait une de ces rivières sans nom qui coulent dans les solitudes à travers les régions encore inexplorées. Les chemins de halage, devenus inutiles, se sont peu à peu effacés, et, n'étant plus rasées par les cordes de traction, toutes les folles herbes aquatiques s'en sont donné a cœur joie. Dans une familiarité charmante que rien ne trouble, l'eau et la rive se confondent en empiétant l'une sur l'autre l'eau creuse de petites anses, la rive pousse des promontoires mignons. Aux graminées qui descendent se mêlent les joncs qui montent.

« Les aunes, les osiers verdoient sur la berge indécise au-dessous des saules penchant leurs troncs noueux. Plus loin, le pied dans l'herbue humide, les peupliers dressent leurs fines arêtes aux feuilles toujours émues; les grands arbres versent leur ombre et leur reflet aux transparences de l'onde. Ici, dans un endroit stagnant, les roseaux, les prêles, les sagittaires à la feuille en fer de lance, forment une forêt en miniature; là, les nénufars étalent leurs larges feuilles et dresser leurs fleurs jaunes.

« Ce sont à chaque pas ou plutôt à chaque coup de rame mille accidents pittoresques à faire prendre le crayon ou le pinceau à un artiste. Tantôt c'est un mur de soutènement en planches qui font ventre sous le poids de la berge et se déjettent, forçant leurs poteaux, à travers un fouillis de ronces, de glaïeuls et de végétations sauvages tantôt c'est un arbre trop près du bord qui crispe curieusement ses racines jaunies de limon et cherche à se rattraper au sol qu'affouille le courant. A cette place l'eau profonde prend des tons de miroir noir; à cette autre elle étale une mince gaze d'argent sur le sable qui affleure, ou bien elle se diamante de points brillants au soleil comme des écailles de poisson des canots amarrés découpent leurs coques élégantes contre les mousses veloutées de la rive.

« Une masure au toit de chaume darde sa fumée blanche entre les masses de feuillage; un moulin obstrue une arche de pont ou coupe la rivière avec ses batardeaux, ses écluses, ses vannes, ses roues verdies d'où pendent des barbes d'herbes; des îles aussi désertes que celle de Robinson Crusoé divisent le courant et noient dans l'eau l'image renversée de leurs grands ; arbres des marches d'escaliers rustiques descendent au rivage ; des débarcadères abandonnés se disloquent au fil de l'eau, et leurs vieilles, charpentes composent des premiers plans à souhait pour les peintres; des lavandières agenouillées frappent le linge de leurs battoirs et dont des groupes pittoresques; un bateau de tireur de sable reçoit à propos un rayon de soleil et produit un effet charmant; dans les petits bras que forment les îles, les feuillages s’enchevêtrent d'une rive à l'autre, et il faut, pour y passer, relever les branches, au risque d'effrayer quelque bergeronnette ou quelque martin-pêcheur, qui file coupant l'eau avec son aile de saphir tout un monde de choses pures, calmes, fraîches, primitives, charmantes, épanouies dans le silence, l'abandon et la solitude et dont il semble qu'on ait la virginité.

« Ces beautés de la nature ne sont pas perdues, et il n'est pas besoin de faire « le tour de Marne » pour en jouir. Mieux instrumenté que la nef Argo, le canot l'Hélioscaphe, parti pour cette exploration lointaine, avait à sa poupe un château de forme bizarre, en un mot une cabine de photographie. Le capitaine Ildefonse Rousset, dès qu'Il apercevait un site, un point de vue, un détail remarquable, arrêtait le bateau, braquait l'objectif, s'encapuchonnait de 'noir, et bientôt la plaque, impressionnée d'un délicat reflet, était portée dans la cabine sombre. Le soleil est comme Saturne qui dévorait ses enfants, il mange les images qu'il vient de produire, si on ne les soustrait bien vite à sa gourmandise.

« Ce n'est pas une chose facile que de faire poser la nature. On ne peut lui prendre le col dans ce demi-cercle qui vous emboîte la tête, chez les photographes. Même aux moments où elle paraît le plus tranquille, elle vit, elle palpite, elle remue. L'air tremble, le rayon scintille, l'ombre tourne, l'eau coule, l'arbre frissonné, le buisson tressaille. Le sein de Cybèle s'enfle et s'abaisse par une respiration invisible pour nous, mais qui n'échappe pas aux organes précis de l'instrument. Quelle patience, quel soin, quel tact il faut à l'opérateur. Un nuage passe sur son effet de soleil, un vague souffle de brise se lève, l'eau se ride, la danse des feuilles commence, les arbres se brouillent comme si on les estompait avec le doigt et l'épreuve est perdue.

« M. Ildefonse Rousset n'est pas un photographe de profession, et on le voit bien à l’exquise finesse, à la perfection étonnante de ses planches. Il faut tout le loisir d'un amateur artiste, persévérant et passionné pour arriver à de tels résultats. Les vues du Tour de Marne sont des merveilles. M. Rousset a obtenu des effets d'une douceur et d'une poésie dont nous n'aurions pas cru le daguerréotype capable. Les premiers plans sont nets, sans dureté; les seconds et les troisièmes fuient avec une légèreté vaporeuse, bien rare dans les épreuves photographiques.

« Certaines planches rappellent Corot ou Daubigny, dont elles semblent refléter des tableaux inconnus. Cette morbidesse, cette transparence, ce flou, ne sont achetés par aucun sacrifice. Regardez de près, et vous serez surpris de la délicatesse infinie du détail, réduit a des proportions microscopiques, mais d'une netteté admirable.

« Ces belles épreuves, jointes au texte amusant, instructif et spirituel de M. Émile de La Bédollière, forment un magnifique volume, dont Janvier, le donneur d'étrennes, saura bien trouver l'emploi.

Théophile Gautier »

Le Canal Saint-Maur à Joinville par Ildefonse Rousset, 1864

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 00:01

Nous poursuivons notre série de sept articles consacrés à un personnage intellectuel du 19e siècle Ildefonse Rousset, ayant vécu et étant inhumé à Maisons-Alfort.

Le National est un quotidien français fondé en janvier 1830 pour combattre la Seconde Restauration à l’initiative du futur premier ministre Adolphe Thiers, l’essayiste Armand Carrel, l’historien François-Auguste Mignet et l’imprimeur Auguste Sautelet. Pendant la Deuxième République (1848-1851), il devient l'organe de presse de la majorité républicaine modérée issue des élections législatives de 1848. Lors de l’élection présidentielle de décembre 1848, il défend la constitution républicaine et est partisan de la candidature présidentielle du général Cavaignac, qui arrive en seconde position derrière Louis-Napoléon Bonaparte. Le journal est Interdit après le coup d'État du 2 décembre 1851.

Il reparaît le 18 janvier 1869 sous la direction d’Ildefonse Rousset avec des journalistes qui quittent Le Siècle. Opposé au régime impérial finissant et au parti clérical, il tire à plus de 150 000 exemplaires.

À compter de mai 1873, Le National représente les idées de la « gauche républicaine », tendance conservatrice mais jugée progressiste par rapport aux bonapartistes et aux royalistes. Parmi ses principaux rédacteurs, on compte Émile de La Bédollière, l’écrivain et militant anticlérical Charles Sauvestre, le député et sénateur républicain Émile Deschanel (père du futur Président de la République), le feuilletoniste populaire Paul Féval, le romancier pour la jeunesse Alfred Assollant, le poète Théodore de Banville ou l’auteur dramatique Paul Foucher. Parallèlement au journal principal, Le Petit National est diffusé comme quotidien à bon marché. Le positionnement du journal déplaît à certains chroniqueurs de quotidiens, par exemple au Figaro : « Si vous ne connaissez pas Rousset (Ildefonse), je vous dirai qu'il est le propriétaire, rédacteur en chef du National, organe fort autorisé de la république des imbéciles. »

La méthode de direction de Rousset impressionne les journalistes, tels Paul Foucher : « Ildefonse Rousset (…) était un brave homme, mais une sorte d'autocrate qui exigeait de « ses rédacteurs » qu'ils vinssent, été comme hiver, et au moins une fois par mois, passer une soirée, le dimanche, en son chalet d'Alfortville. La rédaction devait également lui souhaiter sa fête, souhaiter la fête de sa femme et célébrer force anniversaires. Banville, comme Edmond Texier, comme Émile de La Bédollière, comme nous tous, avait dû prendre son parti de ces voyages obligatoires à travers les neiges et les brumes du bord de la Marne. »

Après le décès d’Ildefonse Rousset, Hector Pessard devient directeur du National. Il aura pour successeur le député radical de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux, Adolphe Maujan (1853-1914).

Le Petit National (affiche)

À suivre.

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 00:01

Nous poursuivons notre série de sept articles consacrés à un personnage intellectuel du 19e siècle Ildefonse Rousset, ayant vécu et étant inhumé à Maisons-Alfort.

Rousset, qui avait côtoyé le pionnier de la photographie, Nadar, à la Revue Comique, s’affirme dans les années 1860, en tant que photographe. Il publie plusieurs livres illustrés, procédé alors rare, et ils ont un écho important dans la presse. La publication en 1864 de l’œuvre qu’il cosigne avec Émile de La Bédollière, Le Tour de Marne, après un voyage au sein d’une barque nommée l'Hélioscaphe dans les communes riveraines de la rivière Marne entre Nogent-sur-Marne et son confluent avec la Seine, est saluée notamment par le poète, romancier et critique d'art Théophile Gautier : « M. Ildefonse Rousset n'est pas un photographe de profession, et on le voit bien à l’exquise finesse, à la perfection étonnante de ses planches. Il faut tout le loisir d'un amateur artiste, persévérant et passionné pour arriver à de tels résultats. Les vues du Tour de Marne sont des merveilles. M. Rousset a obtenu des effets d'une douceur et d'une poésie dont nous n'aurions pas cru le daguerréotype capable. Les premiers plans sont nets, sans dureté; les seconds et les troisièmes fuient avec une légèreté vaporeuse, bien rare dans les épreuves photographiques. Certaines planches rappellent Corot ou Daubigny, dont elles semblent refléter des tableaux inconnus ». L’année suivante, il publie, toujours avec La Bédollière, Le Bois de Vincennes et des Études photographiques, préfacées par Jourdan, les deux livres bénéficiant également d’une critique très favorable.

Membre de la Société française de photographie, Rousset est récompensé pour sa participation à l’exposition photographique de Berlin en 1865. Il fait partie de la commission déléguée qui prépare l’Exposition universelle qui se tient sur le Champ-de-Mars à Paris en 1867. Exposant lui-même, il obtient une médaille d'argent.

Plusieurs grands musées possèdent des œuvres d’Ildefonse Rousset dans leurs fonds photographiques, comme le Musée Paul Getty Los Angeles), le Musée d’Orsay (Paris), le Musée des beaux-arts du Canada (Ottawa) ou la collection Gabriel Cromer, confiée au musée de la photographie de la George Eastman House (Rochester, États-Unis).

Un site d’information sur le marché de l’art mentionne neuf ventes d’œuvres de Rousset entre 1989 et 2002 en Allemagne, France, Royaume-Uni et États-Unis.

Paysage de la Marne, 1860

À suivre.

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 00:01

Nous poursuivons notre série de sept articles consacrés à un personnage intellectuel du 19e siècle Ildefonse Rousset, ayant vécu et étant inhumé à Maisons-Alfort.

Après la Révolution française de 1848, Rousset débute dans le journalisme et crée Le Spectateur républicain et Le Conservateur, auxquels collaborent le diplomate et futur sénateur John Lemoinne, le saint-simonien Louis Jourdan, l’écrivain et député Noël Parfait ou l’écrivain et traducteur Émile de La Bédollière, avec lequel il restera étroitement lié tout le reste de sa vie. Ces journaux disparurent « pendant la tourmente réactionnaire qui signala la fin de l'année 1848 ». Le Spectateur républicain suspendit sa publication le 8 septembre 1848.

Avec la Revue comique, également créée en 1848, Ildefonse Rousset renforce ses liens avec les artistes, comme le romancier Clément Caraguel, le directeur de théâtre, et feuilletoniste Auguste Lireux, le journaliste et futur député Taxile Delord, le photographe Nadar et toujours La Bédollière. La Revue accueillait également le caricaturiste Bertall ou le dessinateur Fabritzius. Ce journal satirique, jugé très incisif, très spirituel et très piquant, eut un vif succès.

Abandonnant le terrain politique que le glissement autoritaire de Louis-Napoléon Bonaparte rendait impossible, Rousset devient correspondant financier du quotidien bruxellois et international L'Indépendance belge. Il entre en 1849, comme nombre de ses amis tels La Bédollière, au quotidien Le Siècle. Il y tient la rubrique boursière jusqu’en 1868. Sa rubrique a de l’impact et, selon l’historien Alfred Sirven, « c'est tout d'abord sur les articles de M. Rousset que se jettent, tous les matins, la majeure partie des lecteurs du Siècle (…) Il excelle en ces matières délicates et qui exigent une excessive prudence ». Mais, cette réserve déplaît à un de ses confrères du Figaro, Justin Delaunay : « C'est le plus gras des bulletiniers et le plus maigre des bulletins. Tout écourté qu'il est cependant, M. Rousset trouve encore le secret de n'y rien mettre. Impossible d'imaginer quelque chose de plus vide, de plus creux, de plus nul que les huit lignes qui précèdent le steeple-chase à travers les cours de la journée que le Siècle intitule Bulletin financier. »

En 1867, Rousset fonde le Journal financier puis se retire du Siècle à la fin de 1868.

Le Canal de Saint-Maur

À suivre.

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