Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 01:01

En 1674, sous le roi Louis XIV, un certain Wiet, d’origine écossaise, était consul général de France en en Syrie et Palestine. En 2017, un autre Wiet est consul général de France en Algérie. Pendant trois siècles et demi, la famille Wiet aura tenu des postes consulaires et diplomatiques, sous tous les régimes : la monarchie absolue, la révolution française, la monarchie de Juillet, les républiques…

Pendant la seconde guerre mondiale, on trouve des Wiet des deux côtés : l’un, l’historien orientaliste Gaston Wiet, directeur du musée islamique du Caire, est très tôt résistant aux côtés du général de Gaulle. L’autre, qui se fait appeler Lionel de Wiet, était un escroc mondain, en affaires avec l’ambassadeur du Reich en France, directeur d’un théâtre sous l’Occupation, ami d’Arletty, faux marquis et vrai trafiquant de haut vol.

Diplomates de père en fils pendant huit générations, les Wiet sont aussi des spécialistes des langues orientales : grec, turc, persan, arabe… Ils étaient « jeunes de langues » (les ancêtres des étudiants des Langues’O) et drogmans (interprètes) aux dix-huitième et dix-neuvième siècles.

Dans cette dynastie au long cours, il y eut des alliances fameuses. Ainsi, Henry Wiet, consul à Chypre (1676-1728) épousa une Fornetti, l’autre grande famille historique des consulats français.

Émile Wiet (1818-1881), consul de France, ayant occupé des postes à Mogador, Bahia, Cap-Haïtien, Port-au-Prince, Tunis, Mossoul, Janina, Scutari, Salonique, Corfou, Tripoli de Barbarie et Palerme, se maria avec Isabelle da Silva, princesse de Bragance.

Le descendant de la lignée, Jean Wiet, consul général à Alger, fut en poste à Djeddah (Arabie Saoudite) et Marrakech (Maroc). Il est chevalier de la Légion d’honneur et officier de l’Ordre du mérite.

Gaston Wiet avec le général de Gaulle

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 01:01

Victor Jules Moignard naît le 10 avril 1818 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne). Il est le fils de Julie Laurence Rousseau et de Jacques Cyr Moignard, journalier. Il est également le petit-fils de Jacques Moignard (1752-1813), cultivateur, et membre du conseil municipal de la même commune en tant que notable en 1793.

Pendant sa vie, Victor Moignard va exercer de nombreuses activités professionnelles. Ainsi, il est cultivateur en 1840, épicier l’année suivante, carrier en 1845 et 1847, période où il quitte Joinville pour le village voisin de Saint-Maurice. On le retrouve entrepreneur en 1865 à Paris, associé à une entreprise de démolition engagée dans les travaux de percement des grandes artères haussmanniennes dans le 12e arr. Mais, la société est dissoute dès février 1866 par un jugement qui la déclare nulle, « faute d'accomplissement des formalités légales ». Il se lance ensuite dans le commerce du vin, boulevard de la Villette, à Paris. Mais cette nouvelle aventure tournera court, avec une faillite prononcée en juillet 1877.

Moignard va se replier à nouveau sur ses terres d’origine, Joinville et Saint-Maurice, où il dispose de propriétés. Mais il gardera cependant une évidente aigreur de ses mésaventures vinicoles. Ainsi, en 1880, il fait inscrire dans le bail qu’il consent à un débitant de boissons d'un immeuble de Joinville qu’il avait « interdiction de se fournir chez Dussaussois et Classens », grossistes en vin à Bercy. Lesdits fournisseurs lui intentèrent un procès, plaidé en septembre de cette année, mais furent déboutés ; la presse qui s’esbaudissait des « antipathies de M. Moignard » y vit « une petite cause où l'on rencontrerait tous les éléments d'un vaudeville, s'il n'y manquait quelques couplets. »

Marié en juin 1840 à Joinville avec une blanchisseuse, Félicité Gousset, il aura quatre enfants d’elle avant son décès à Paris en juillet 1868. Il vivra ensuite sur la fin de sa vie à Joinville avec Jeanne Girard, qu’il ne semble pas avoir épousée.

En novembre 1874, Victor Moignard prend part à la constitution d’une liste républicaine qui s’oppose au maire bonapartiste sortant, Auguste Courtin. Trois de ses colistiers, Antoine Cambier, Louis Benoit et le maître de forges Alphonse Pilté sont élus, tandis que les quatre autres promoteurs sont battus, Victor Moignard, le négociant Pouzet, l’architecte Valéry et Alphonse Demeestère, futur pilier du radical-socialisme local. Auguste Courtin, propriétaire du château de Polangis, est réélu maire.

Victor Jules Moignard meurt le 9 octobre 1895 à Joinville, où il résidait toujours rue de Paris, dans le centre-ville. Il était âgé de 77 ans.

Rue de Paris et Rue de Creteil

Partager cet article
Repost0
6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 01:01

Jean Émile Lemaire naît le 27 vendémiaire an 10 (19 octobre 1801) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (future Joinville-le-Pont, Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Adélaïde Barbe Gritte et de son époux Jean Mathurin Lemaire, épicier, qui sera notable, adjoint puis maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur entre 1801 et 1816, et reviendra conseiller municipal de 1830 à 1843.

Reprenant l’activité d’épicier de son père, Lemaire épouse dans l’église Notre-Dame des Blancs Manteaux à Paris (4e arr.) en juin 1827 Marie Catherine Pommier.

Lemaire, qui déclare disposer d’une fortune de 1 800 fr. (supérieure à la moyenne des électeurs) est élu conseiller municipal au suffrage censitaire en mars 1830 dans ce qui était encore La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, avec Claude Pierre Jacmart comme maire. Ce dernier est remplacé en septembre de la même année par Laurent Nicolas Pinson ; le nouvel adjoint Alphonse Acher ayant démissionné, c’est Lemaire qui est nommé à sa place en novembre 1831, dans un village qui a pris alors le nom de Joinville-le-Pont.

Son père, Mathurin Lemaire, était redevenu conseiller municipal en même temps que lui en 1830 et est réélu en 1831 puis en 1837. Ils vont donc siéger tous deux ensemble dans l’assemblée communale entre 1830 et 1837.

Cette dernière année, Jean Émile Lemaire ne se représente pas lors des élections municipales et quitte son mandat d’adjoint.

Sa position financière reste toujours correcte, puisqu’en 1848 il est, derrière le grammairien et nouveau maire Charles-Pierre Chapsal le deuxième contribuable de la commune.

Toujours résident à Joinville en 1862, Jean Émile Lemaire s’installe ensuite à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) où il décède le 11 mai 1880, à l’âge de 78 ans.

Comme l’avait aussi été avant lui son oncle Ange Lemaire, son gendre Louis Désiré Goujet sera lui aussi conseiller municipal de Joinville.

charte changeant le nom de la commune en Joinville-le-Pont, 1831

Partager cet article
Repost0
28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 01:01

Adolphe Gervais Morandy naît à Soissons (Aisne) le 7 mars 1833 d’un père, tambour-major dans un régiment d’infanterie, Antoine Joseph Morandy et d’une mère, alors hébergée dans un hôtel, Julie Philippine Hochapffel. Les parents s’étaient mariés en 1825 à Wissembourg, Bas-Rhin, lieu d’origine de la mère.

Adolphe Morandy exercera plusieurs métiers (garçon de bureau à l’Assistance publique, serrurier, lithographe) mais son activité principale semble avoir été illégale.

Encore mineur, vivant à Paris, il est incarcéré le 11 septembre 1850 à la prison de Mazas à Paris (12e arr.) pour le délit de vagabondage et libéré trois semaines plus tard. Le 13 janvier 1853, alors qu’il a adopté le pseudonyme de Pierre Renault, il est de nouveau incarcéré le à Mazas pour vol, condamné le 27 du même mois à six mois de prison puis transféré à la prison des Madelonnettes (Paris, 3e arr.) le  22 mars. Il cumule de 1849 à 1868, huit condamnations dont six pour vol à des peines variant d’un mois à cinq ans de prison.

Lieutenant au 2e bataillon des Francs-tireurs de Paris pendant la guerre franco-allemande en 1870, il était à Versailles quand éclata l’insurrection du 18 mars 1871 (Commune de Paris). Vers le 10 avril, il s’engagea dans les Vengeurs de Paris et fut élu, huit jours après, lieutenant à la 3e compagnie du 2e bataillon. Au témoignage de ses chefs, il avait eu une bonne conduite et montré de la bravoure pendant le premier siège, et il aurait été proposé pour une décoration. Le 23 juin 1871, il se mit volontairement à la disposition de la justice. Condamné, le 27 décembre 1871, par le 3e conseil de guerre, à vingt ans de détention, il obtint une remise de deux ans le 4 février 1878, de trois ans le 12 décembre 1878, puis du reste de sa peine le 24 juillet 1879.

Il est malade à la fin de sa peine et plusieurs journaux auraient annoncé qu’il était mort. Sa grâce est prononcée le 2 août 1879. Il sort finalement de l’hôpital parisien de l’Hôtel-Dieu le 13 septembre et s’installe au sein de sa famille, chemin de Brétigny, dans le quartier de Palissy à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne). Sans ressource, et incapable de travailler, il suscite l’intérêt d’Alphonse Demeestère*, conseiller municipal de la ville qui lance le 15 du même mois une souscription en sa faveur. Cette initiative soulève une polémique, le maire s’y opposant et faisant appel à la police pour l’empêcher. Une majorité du conseil municipal vote un blâme contre Demeestère tandis qu’au contraire plusieurs journaux républicains (Le Petit Parisien, Le Rappel) soutiennent son action. Un sous-comité d'aide aux amnistiés est formé à Joinville-le-Pont pour secourir Morandy ; il est composé du député de la Seine Alfred Talandier* ainsi que de deux conseillers municipaux, Louis Vaudey* et Demeestère.

Le 17 septembre, Morandy demande, dans des lettres aux journaux qui avaient lancé des appels en sa faveur, de reverser le reste du produit à la caisse de secours aux amnistiés pour ses « malheureux compagnons d'infortune ». Il estime avoir reçu suffisamment pour pouvoir attendre avant de « gagner par [son] travail de quoi vivre honorablement. »

Morandy connaîtra de nouveaux ennuis avec la justice. Il est condamné une neuvième fois pour vol en 1889 et reste deux ans en prison. En décembre 1891, deux mois après sa sortie, il se présente de lui-même au commissariat de police parisien du quartier Saint-Germain l’Auxerrois. Il réside alors à Paris, rue Saint-Maur. Il s’accuse d’un vol et de deux tentatives puis assure que si, en sortant de prison, il s’était « juré d'être honnête à l’avenir », il considère que « la maladie du vol » l'a repris. Il demande à être incarcéré, ce qu’il obtient du commissaire de police. Le quotidien La Justice, qui relate l’évènement, trouve que son cas paraît relever « plutôt des aliénistes que des tribunaux ». Morandy était alors âgé de 58 ans et avait déjà passé plus de quinze ans derrière les barreaux.

Adolphe Gervais Morandy meurt le 13 avril 1894 à Paris (12e arr.). Il était célibataire, âgé de 61 ans, domicilié rue des Entrepreneurs et exerçait la profession de lithographe.

Prison de Mazas, Wikipédia

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 01:01

Charles Hippolyte Pinson naît le 2 avril 1793 dans une commune qui s’appelle, depuis peu, La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur et qui deviendra plus tard Joinville-le-Pont.

Il est le fils de Laurent François Pinson (1755-1814), marchand de bois et de Jeanne Marguerite Mathieu (1764-1843). En 1791, Laurent François Pinson est le deuxième officier municipal de la commune, avec Edme Lheureux, le premier maire de la commune, qui compte alors 400 habitants. Laurent François Pinson est nommé maire en 1800 par le préfet de la Seine, Nicolas Frochot, lors du rétablissement de cette fonction, supprimée en 1795. Il meurt en fonction le 27 décembre 1814 dans sa commune.

Le frère aîné d’Hippolyte Pinson, Laurent-Nicolas Pinson (1788-1867), également marchand de bois devient à son tour adjoint au maire en 1822 (ou peut-être en 1821), le maire étant Claude Joseph Jacmart. Il est maire en 1830. C’est lui qui obtient en 1831 du roi Louis-Philippe que la commune soit désormais appelée Joinville-le-Pont en l'honneur de François d'Orléans, prince de Joinville (1818-1900), troisième fils de Louis-Philippe. Il s’agit pour lui de marquer, de manière définitive, la séparation de Joinville et Saint Maur, qui ne formaient qu’une seule paroisse avant la Révolution de 1789. Il reste maire jusqu’en 1843.

Hippolyte Pinson travaille à Joinville-le-Pont en qualité de menuisier. Le bois, qui arrive par flottage sur la Marne jusqu’au port et au pont de Joinville, est sans doute la principale source d’activité économique de la commune au début du 19ème siècle et la plupart des membres de la famille Pinson ont un métier dans ce domaine. Dans les années 1850, Hippolyte Pinson indique exercer la profession de propriétaire.

Il se marie le 16 mars 1815 à Nogent-sur-Marne avec Adélaide Henriette Beuzeville (1797-1879). Ils auront trois enfants, dont deux meurent en bas âge.

Hippolyte Pinson devient en 1852 adjoint du grammairien Charles Pierre Chapsal, maire de Joinville. Il continue d’exercer cette fonction quand Chapsal, mort en fonction en 1858, est remplacé par son fils adoptif, Auguste Courtin. Le conseil municipal compte alors 16 membres, dont un seul adjoint. Hippolyte Pinson reste en fonction jusqu’aux élections de 1870, qui suivent la chute de l’empire.

Hippolyte Pinson signe une grande partie des actes d’état civil pendant la période de son mandat. C’est lui qui marie, le 23 septembre 1869, le grand économiste français Léon Walras, alors âgé de 35 ans, qui épouse une Joinvillaise, Honorine Ernestine Ferbach, avec laquelle il a déjà eu deux enfants. Léon Walras indique avoir son domicile à Joinville, mais je n’ai, pour l’instant, pas trouvé de sources sur l’éventuel séjour dans la cité de l’inventeur de la théorie de l’équilibre général.

Hippolyte Pinson meurt le 20 février 1881 à Joinville le Pont à l'âge de 87 ans. Son neveu, Gabriel Pinson (1835-1888), était alors maire de Joinville-le-Pont depuis 1878 et le reste jusqu’à sa mort en 1888.

Une rue de Joinville-le-Pont est nommée « Hippolyte Pinson » ; on y trouve notamment la poste principale et un important groupe de logements. rue Hippolyte Pinson, Joinville

Depuis la Révolution, sur une période de 98 ans, des membres de la famille Pinson auront siégé comme adjoint ou maire pendant au moins 68 ans, dont Hippolyte pour un total de 44 années. Il est d’ailleurs étonnant de remarquer que trois maires de Joinville portèrent le nom de Pinson, mais qu’ils ne sont, eux, célébrés par aucune voie ni aucun bâtiment.

 

Partager cet article
Repost0
27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 01:01

Jean Mathurin Lemaire est né le 13 juillet 1771 à Meaux (act. Seine et Marne). Il est le fils d’Étienne Lemaire, marchand meunier, et de Louise Geneviève Mathieu.

Il réside à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, où il exerce la profession de marchand d’épices et épouse en l’an 3 (1795) Marie Adelaïde Gritte, âgée de 24 ans. Ils auront au moins trois enfants (Victoire Élisabeth, Julie Olimpe et Jean Émile).

La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur a été érigée en commune en 1790, à partir d’un village dépendant de la paroisse de Saint-Nicolas de Saint Maur. Elle deviendra Joinville-le-Pont en 1831. Elle est alors incluse dans l’arrondissement de Sceaux du département de la Seine. La population du village est de 420 habitants en 1806.

Mathurin Lemaire est notable dans la municipalité de l’an 9, avec Laurent François Pinson comme maire. Il est adjoint au maire de 1808 à 1814.

Le 30 mars 1814, quatre cents conscrits et huit pièces d'artillerie défendent le pont de Saint Maur contre les régiments autrichiens, wurtembourgeois et cosaques, qui l'emportent. La bataille fait 265 morts. Des cadavres sont retirés de la Marne pendant deux mois. Le pont est détruit et ne sera restauré qu’à partir de 1822.

Jean Mathurin Lemaire assure l’intérim après la mort en fonctions de Laurent François Pinson le 27 décembre 1814 puis lui succède en tant que maire en mars 1815. Il aura pour adjoint Pierre François Alexandre.

Après le refus de Jacques Roch Vingdlet, désigné officiellement, Jean Baptiste Louis Besançon remplace Jean Mathurin Lemaire, démissionnaire, à la tête de la municipalité en avril 1816.

Mathurin Lemaire redevient conseiller municipal lors d’un scrutin partiel en 1830, il est réélu en 1831 puis en 1837, toujours au suffrage censitaire dans la municipalité de Laurent Nicolas Pinson.

Son fils, Jean Émile est adjoint au maire de Joinville-le-Pont entre 1831 et 1837. Ils siègent ensemble dans l’assemblée communale. Mathurin Lemaire aura siégé 28 ans dans l’assemblée communale.

Jean Mathurin Lemaire est décédé le 28 avril 1850 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 79 ans.

Pont de Joinville et moulin

Partager cet article
Repost0
11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 01:01

Albert Jean Grosbois naît le 16 juin 1840 à Richelieu (Indre-et-Loire). Il est le fils de Radegonde Gueritault et de son mari François Grosbois, couvreur.

Il s’installe comme coiffeur à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune qui grandit vite passant de 850 habitants en 1851 à 1 750 dix ans plus tard.

En avril 1863, Albert Jean Grosbois épouse à Paris (13e arr.) Joséphine Ninérailles. Ils élèveront sept enfants. Son commerce va prospérer, malgré la guerre franco-prussienne de 1870 qui voit la destruction du pont sur la Marne, l’évacuation de la population et l’occupation par les troupes allemandes.

Suite aux inondations de 1875 en France, Grosbois contribue par deux fois en juillet et septembre avec ses employés à des souscriptions en faveur des sinistrés.

Il organise aussi, en septembre 1879 une collecte plus politique, en faveur des anciens communards amnistiés. Une quinzaine de personnes et un groupe d'ouvriers y contribuent.

La vie de la famille va changer avec le paiement suite à un tirage au sort, en 1881, d’une obligation de la ville de Paris qui lui rapporte 10 000 francs. Avec cette somme, il fait construire une villa, crée un second salon de coiffure dans le quartier nouvellement loti de Palissy, sur la rive gauche de la Marne et fait quelques prêts à des voisins. En 1884, il acquiert à la Varenne-Saint-Hilaire (dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés), un fonds de commerce de marchand de vins, qu’il embellit rapidement. Mais son capital initial étant épuisé et les prêts qu’il a fait ayant du mal à rentrer, Grosbois n’arrive pas à payer plus de 2 000 francs sur les 11 000 que coûte l’acquisition du commerce de boissons. Il tente de se renflouer en acquérant des marchandises à crédit mais, sous la pression de ses fournisseurs, il doit déposer son bilan dès septembre 1884. Un perquisition dans son jardin permet de découvrir d’importantes quantité de vin qu’il cache sous des plantations de choux. Emprisonné en novembre, il est inculpé de banqueroute frauduleuse, avec détournement de marchandises, ce qui lui vaut de comparaître en mars 1885 devant la cour d'assises de la Seine. Selon la presse, le jury prend en compte son importante famille, dans un réflexe patriotique lié à la récente défaite face à la Prusse et son avocat réussit une brillante plaidoirie. Cependant, les manœuvres d’intimidation qu’il avait conduites contre certains de ses créanciers font qu’il est tout de même condamné, avec des circonstances atténuantes; à trois ans de prison pour banqueroute simple. L’hebdomadaire local Voix des communes plaint sa famille mais rapporte que le public estimait que « ça valait ça. »

La famille quitte Joinville pour s’installer à Vincennes.

Le devenir d’Albert-Jean Grosbois ainsi que la date de son décès ne sont pas connus.

La rue du Pont

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 01:01

Alexandre Victor Édouard Burgain naît au Havre (Seine-Inférieure) le 29 ventôse an 9 (15 mars 1801). Il vit d’abord à Ingouville, commune qui devient en 1852, quand il y réside toujours, un quartier du Havre. Commis de négociant, il épouse en 1828 Joséphine Clérisse et aura deux enfants.

À la fin du second empire, installé à Joinville-le-Pont où il est recensé comme propriétaire, il entame une activité sociale et politique. En 1868, il exerce une fonction de répartiteur de l’aide sociale communale. Le 20 janvier 1869, il est nommé membre du conseil municipal aux côtés d’un maire conservateur, Auguste Courtin. Il est élu à la même assemblée lors du premier scrutin municipal de la troisième République, les 25 et 28 septembre 1870. Burgain est réélu le 23 juillet 1871 puis les 22 et 29 novembre 1874, toujours avec Courtin comme premier magistrat. Il ne siège plus dans le conseil élu en 1878.

La guerre franco-prussienne provoque 2000 morts, essentiellement militaires, en Marne et sur le territoire de Polangis ou la Plaine du Tremblay pendant la bataille de Champigny du 30 novembre au 3 décembre 1870. Les dégâts civils dus aux bombardements sont importants, le pont de Joinville est détruit par l’armée française qui veut empêcher le passage des troupes allemandes. La population se réfugie à Paris et la municipalité est transférée, d’abord en septembre 104, rue du Bac, (7e arr.) puis en novembre 105, boulevard Voltaire (11e arr.). Le conseil municipal réinvestit la mairie, qui a subi d’importantes dégradations, pendant la Commune de Paris, le 1er avril 1871. La ville reste occupée par des troupes badoises, prussiennes et bavaroises jusqu’au 24 septembre de la même année ; la municipalité doit gérer les relations difficiles des habitants avec les occupants.

Lors des inondations de la Marne en novembre et décembre 1872, Burgain est avec Louis Ferdinand Rousseau, adjoint au maire, et un autre conseiller municipal, Charles Brillaux, en charge de la répartition puis de la distribution des secours.

Burgain meurt le 12 novembre 1880 à Joinville-le-Pont ; il était âgé de 79 ans et résidait rue du Pont, dans le centre-ville.

Le pont de Joinville détruit en 1870

Partager cet article
Repost0
28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 01:01

Charles Eugène Buchot naît à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) le 2 février 1814. Il est le fils Marie Antoinette Guiard et de son époux, Augustin Frédéric Buchot, carrier.

Comme son père, Buchot sera tailleur de pierres, mais il vendra également du vin. En février 1836, il se marie, toujours à Saint-Maur où il réside, avec Joséphine Corbet. Ils s’installent dans la commune voisine de Joinville-le-Pont vers 1840 et auront cinq enfants.

Pendant la révolution de 1848, Buchot fait partie, selon les archives militaires d’un Club de Joinville. Il est arrêté en juillet 1848 sans motif précisé avec six autres habitants de sa commune, également commerçants ; il est remis en liberté le lendemain. Les autres mis en cause sont élargis en même temps : Adolphe Candellé 41, ans, marchand de vins ; Pierre Joseph Destombes, 44 ans, dégraisseur de laines ; Louis Henri Gant ou Gaut, 35 ans, boulanger ; Jean Baptiste Marillier, 33 ans, restaurateur et Alphonse François Poirier, 30 ans, marchand de vins. Seul Eustache D'Heurle, 32 ans, tonnelier, est condamné à la transportation et meurt à Brest au cours de son transfert.

Eugène Buchot réside toujours à Joinville-le-Pont en 1850. Il meurt le 25 octobre 1869 à Paris (15e arr.) ; il était domicilié rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris (12 arr.). Âgé de 55 ans, il exerçait encore son métier de tailleur de pierres.

Il était l’arrière-petit-fils de Jean Buchot (1740-1799), ouvrier journalier, co-auteur du cahier de doléances de La Varenne-Saint-Maur en 1789. Il était également petit-neveu de Pierre Buchot, et cousin de ses trois fils Pierre Nicolas, Étienne Nicolas et Louis, tous officiers et décorés de la Légion d’honneur.

Granger, Révolution 1848

Partager cet article
Repost0
26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 01:01

Louis Martin Adrien Buchot naît le 23 août 1815 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Marie Louise Fortunée Pitard et de son époux Pierre Buchot, capitaine au corps royal de dragons.

Il s’engage comme soldat à l’âge de 18 ans en 1833 dans le régiment d’infanterie de ligne. Il y progresse en grade, caporal en 1834, sergent en 1835 puis devient officier, sous-lieutenant en 1839. Il est alors affecté au 68e régiment de ligne où il devient lieutenant en 1843 puis capitaine en 1849.

Passé en 1853 au 7e bataillon de chasseurs à pieds, il fait la campagne de Crimée avec l'armée d'Orient. Il meurt du choléra contracté en opérations à l’hôpital de Constantinople le 4 mai 1855.

Il avait été décoré à Toul, en janvier de la même année, chevalier de la Légion d’honneur.

Son père, Pierre, et ses deux frères Pierre Nicolas et Étienne Nicolas, Louis Buchot avaient également été décorés de la Légion d’honneur, l’attribution de cette distinction à quatre membres d’une même famille étant peu courante.

Louis Buchot avait épousé à Toul (Meurthe-et-Moselle) en décembre 1844 Victoire Charlotte Demangeot, originaire de Lunéville. Après sa disparition, sa veuve se verra attribuer en 1864 une concession de terre en Algérie à Bouguirat (act. wilaya de Mostaganem).

Roger Fenton, Deux officiers et un soldat d'une unité de zouaves zn Crimée

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens