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26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 00:01

Début de la biographie d’Élie Flinois

Élie Théophile Flinois naît le 30 octobre 1835 à Neuilly-sur-Seine. Il est le fils de Catherine Dauchy et de son époux Élie Joseph Flinois, jardinier.

Devenu commis voyageur, il épouse à Paris (18e arr.) en juin 1863 Élise Célestine Bassière, maîtresse d’hôtel garni ; il s’établit ensuite comme épicier rue des Poissonniers à Paris (18e arr.) et sera décrit en 1871 comme fort à l’aise.

Pendant la Commune de Paris, Élie Flinois est capitaine du 144e bataillon de la Garde nationale. il est traduit, le 8 novembre 1871 devant le 6e conseil de guerre dans le cadre du procès de l’assassinat des généraux Clément Thomas et Lecomte avec 24 autres accusés dont Gaudérique Joseph Verdaguer, employé au chemin de fer de Lyon, chef de bataillon, Firmin-Jules Masselot, horloger, lieutenant d’artillerie et Charles-Marie Lagrange, employé de commerce. Flinois est accusé de complicité d'assassinat.

Le 18 mars 1871, le général Lecomte fut chargé de reprendre les pièces d'artillerie que la garde nationale détenait aux buttes Montmartre. Il arrêta une douzaine de délégués ou membres des comités de la Commune de Paris. La population, en apprenant l’expédition, fit sonner le tocsin, entoura les soldats et leur apporta de la nourriture. Une grande partie d’entre eux fraternisa avec les insurgés. Georges Clemenceau, maire de Montmartre, venu porter secours aux gardes nationaux blessés lors de l’intervention du général, voulut faire enlever le plus grièvement atteint pour le porter à l'hôpital sur un brancard. Saisi par la foule, le général refusa de signer un ordre qui prescrivît aux troupes de rentrer. Il fut arrêté avec dix autres officiers et mené rue de Clignancourt, au Château-Rouge. L’après-midi, le général Clément Thomas fut arrêté lui aussi place Pigalle. Les deux généraux furent abattus dans des conditions confuses à proximité de leur lieu de détention en fin de journée.

Elie Flinois reconnut être monté, le 18 mars, à Montmartre afin de voir ce qui s'y passait. Vers deux heures on l'avait prévenu que le général Lecomte venait d'y être conduit par les gardes qui le détenaient au Château-Rouge avec d'autres prisonniers. Comme le matin Flinois avait déjà eu l'occasion de protéger contre la foule le général quand on amena celui-ci au Château-Rouge, il espérait encore lui être utile. Arrivé rue des Rosiers, l'accusé fut traité de roussin et même menacé, parce qu'il se montrait favorable aux prisonniers. Comprenant, selon ses déclarations, à la violence de la foule que tout secours était impossible, Flinois se retira. Il n'a point participé, dit-il, à l'insurrection communarde, puisqu'il a quitté Paris au commencement d'avril. Dans deux lettres produites au procès, Flinois considérait que c’était horrible qu’on se batte entre Français.

Dans son réquisitoire, l’accusation abandonna les poursuites contre Flinois, le décrivant comme un des bourgeois peureux qui, sans prendre part à l'émeute, laissent faire et n'empêchent rien. Son avocat, Me Lachaud, se borne de ce fait à exprimer ses remerciements au commissaire de la République.

Le 17 novembre, le conseil de guerre rendit un jugement condamnant à la peine de mort sept des inculpés. Flinois, comme neuf autres des accusés, fut acquitté. Il fut aussitôt mis en liberté.

À suivre.

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 00:01

Claude Marin Thierry Mathieu naît le 13 novembre 1760 à Sucy-en-Brie (act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Anne Besnard et de son époux Claude Mathieu. Il est laboureur dans la plaine de La Varenne-Saint-Maur.

Le cahier de doléances des « habitants de la paroisse de Varenne-Saint-Maur-les-Fossés », est rédigé en prévision des états généraux convoqués par le roi Louis XVI ; il est daté du 14 avril 1789.

Pour l’historien Henri Pouvereau, ce texte « formule des plaintes naïves — le roi tout puissant n'est-il pas une manière de Dieu? — à propos des inondations de la Marne qui déracinent tous les grains et transportent de la vase et du sable ; des années de sécheresse, qui sont plus redoutables encore; du terrain sablonneux qui rend les charrois trop pénibles. — Ah! Si Sa Majesté faisait construire « un pavé» comme tout irait mieux!

Par contre, le ton devient plus âpre quand se trouvent relatés les multiples dégâts occasionnés par le gibier et par « Messieurs les gentilshommes » invités du prince de Condé qui saccagent à plaisir et se rient des poursuites judiciaires. Que justice égale soit rendue aux petits comme aux grands! Que le droit de chasse soit limité!

« Enfin, et pour tant de malheurs, qu'une diminution d'impôts soit accordée à la paroisse. »

Le cinquième signataire du cahier de doléances est mentionné en tant que « Matthieu » sur le manuscrit de ce document. Il est très probable qu’il s’agisse de Claude Marin Mathieu. Si plusieurs Mathieu sont connus à la même époque dans la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur (Nicolas, Jean Claude, Nicolas Hubert, Claude Hubert), Claude Marin Mathieu qui, lui, réside à La Varenne est le seul à jouer un rôle politique dans cette période.

Les autres signataires sont Jean Charles Dessaint, blanchisseur au port de Créteil, Jean Buchot, journalier dans le même village, Jean Jacques Géant, laboureur à La Varenne, Jacques Maurice Bouillon, aubergiste au même lieu, Claude Martin Claudin, berger toujours à La Varenne et Louis-Philippe Riguet, laboureur au port de Créteil.

Le village de La Varenne est au centre d’une péninsule, en réalité presque vide, qui constitue aujourd’hui le territoire de Saint-Maur-des-Fossés. La paroisse Saint-Hilaire, dont il est le siège, compte pour environ 99% du territoire de la future commune. Mais par rapport aux 560 habitants de Saint-Maur et aux 410 de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (future Joinville-le-Pont), les 80 résidents de La Varenne ne pèsent guère, même en y ajoutant les autres hameaux comme celui du Port de Créteil.

Une grande partie de la population se prononce en faveur d’une union des deux paroisses de Saint-Maur et La Varenne, au cours d’une assemblée tenue le 30 janvier 1790. Claude Marin Mathieu, figure peut-être dans les municipalités élue en 1790 et 1791 à La Varenne (dont les listes ne sont pas connues). Il est ensuite notable dans la municipalité unifiée de Saint-Maur élue en décembre 1791.

En mars 1791, il épouse Marie Marguerite Joret (ou Jorray) dans la paroisse Saint-Hilaire de La Varenne. Ils auront au moins deux enfants.

Devenu charretier, Claude Marin Mathieu meurt le 11 février 1818 à La Queue-en-Brie, (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne). Il était veuf et âgé de 58 ans.

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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 00:01

Georges Maizière naît le 11 mai 1841 à Tannay, Ardennes. Il est le fils reconnu de Pierre Albert Maizière, fermier, et non reconnu de Marie Suzanne Tristant.

Il exerce, comme deux de ses frères, le métier de marchand de futailles, des récipients en bois qui pour le vin ou des liqueurs dans le quartier de Bercy à Paris (12e arr.) et réside dans le même arrondissement, rue Villiot. En 1886, il épouse Marie Sophie Gaucheret, veuve d’un marchand de vins, Jacques Mourand.

Retiré des affaires au milieu des années 1890, il s’installe à Joinville-le-Pont, dans le quartier nouvellement créé de Polangis. Il vit avenue du Parc, puis avenue des Lilas.

Lors des élections municipales de mai 1904, Maizière est candidat en 15e position sur la liste radicale-socialiste du maire sortant, Eugène Voisin. Elle s’oppose à une liste dite apolitique, mais qualifiée par ses adversaires de réactionnaire et à une liste socialiste incomplète. Les radicaux affichent leur réprobation du nationalisme et du cléricalisme. Au premier tour, il recueille 515 sur 1 119 votants (46%) pour 1 363 Inscrits, et est élu au second, la majorité municipale ayant 22 des 23 sièges à pourvoir.

Nommé membre de la commission administrative du bureau de bienfaisance de Joinville en décembre 1904, Maizière est relevé de ses fonctions le 9 décembre 1907 par le président du Conseil, ministre de l'Intérieur, Georges Clémenceau, sur rapport du Préfet de la Seine.

Georges Maizière et son épouse élevaient le petit-fils de cette dernière, Georges Mourand, apprenti en 1911 à la scierie de Georges Marchaterre à Joinville.

Son épouse meurt en octobre 1917 à Joinville ; Georges Maizière avait alors 76 ans. La date et le lieu de son décès ne sont pas connus.

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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 00:01

Suite de la biographie de Joannès Allardet.

Toujours militant à la SFIO, Allardet n’est pas réélu lors des élections municipales de décembre 1919. En décembre 1920, il fait probablement partie de la minorité qui refus les 21 conditions posées par l’Internationale communiste ; selon le quotidien socialiste Le Populaire (1921/01/24), il y a 50 votants sur 120 inscrits dont 45 se prononcent en faveur de la IIIe Internationale. Léon Ballandras est en charge de la reconstitution de la section socialiste SFIO maintenue en janvier 1921.

À l’occasion du scrutin municipal de mai 1925 Joannès Allardet est à la tête de la liste socialiste qui recueille en moyenne 817 votes (23,3%) sur 3 507 suffrages exprimés pour 4 154 inscrits. Allardet avait reçu 859 votes (24,4%). La liste communiste de Martinet qui avait eu 779 voix (22,2%) se retire au second tour. Les radicaux-socialistes rejoignent les socialistes et Auguste Courel, socialiste, est élu maire face à la droite de l’Union républicaine nationale, ses candidats ayant réuni 56,8% des voix. Allardet devient second adjoint au maire.

Lemosse, maire de Brunoy, et Allardet conduisent une délégation des municipalités de banlieue, reçue en septembre 1926 par M. Tardieu, ministre des travaux publics qui réclame une réduction des tarifs des transports. Allardet est mentionné dans un reportage du quotidien SFIO Le Populaire consacré au « socialisme à l’œuvre à Champigny-sur-Marne » (1928/03/22).

En mai 1929, Courel et Allardet arrivent en tête sur la liste socialiste-radicale (41,9%) devant la droite de Nicoud (26%) et les communistes de Martinet (21,6%). Une liste de concentration socialiste avec des dissidents communistes (Henri Gaillot, Edmond Neumann) recueille 4% et se désiste pour le cartel des gauches, qui emporte au second tour les 27 sièges à pourvoir avec 62,6% des suffrages exprimés, malgré le maintien communiste. Allardet, qui avait obtenu 1 888 voix au premier tour sur 4 395 votants (43%) et 5 929 inscrits, est réélu au tour suivant par 1 840 votes sur 3 206 (57,4%). Il redevient adjoint au maire.

Il démissionna le 2 avril 1930. Il se déclara au recensement de 1936 comme bibliothécaire à la mairie de Champigny.

Joannès Allardet meurt le 12 mars 1940 à Champigny, à âge de 75 ans. Il était décoré des palmes académiques en tant qu’officier d’académie depuis 1914 pour son action à la caisse des écoles. Veuf en 1937, il avait quatre enfants.

Fin

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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 00:01

Suite de la biographie de Joannès Allardet.

Sur le plan politique, Joannès Allardet est l’un des acteurs du conflit qui secoue le groupe socialiste de Champigny qui démissionne fin 1903 de la Fédération de la Seine du Parti socialiste français pour rejoindre l’Unité socialiste révolutionnaire. Il se déclare membre de la minorité hostile à celte résolution, ennemi de la « répétition machinale de phrases aussi creuses que révolutionnaires ». Il lance le 4 décembre l’appel à la fondation d’un nouveau groupe prônant une « politique socialiste audacieuse et sage, fondée sur la pratique de plus en plus large du suffrage universel, inspirée enfin comme le voulait Proudhon, d'idées scientifiques et de principes positifs ». Les deux autres signataires de l’appel sont Albert Thomas et Poisson. Le groupe se reconstitue le 8 décembre sous le titre d’Union des travailleurs socialistes de Champigny, Allardet étant secrétaire, Rilhac trésorier et Albert Thomas délégué du groupe à la Fédération de la Seine du PSF auquel il a immédiatement ré-adhéré.

Le groupe prépare activement les élections municipales de 1904. À l’issue du premier tour, les deux listes socialistes ne trouvent pas d’accord avec les radicaux-socialistes ; elles fusionnent mais ne présentent que six candidats, correspondant au nombre de sièges qu’elles devraient avoir à la proportionnelle. La liste du PSF a cinq représentants : Albert Thomas, professeur à l’université, Henri Gaillot, sculpteur-dessinateur, Allardet, représentant de commerce, Louis Brossier, maçon, et Rivière, sculpteur ; la liste du parti socialiste de France (PSdF) en a un, Henri Martinet, menuisier. Seul Albert Thomas, qui jouit du soutien des radicaux, est élu.

Comme secrétaire du comité cantonal de Nogent-sur-Marne de la Fédération socialiste-révolutionnaire de la Seine du PSF, Allardet anime la campagne d’Henri Gaillot pour le conseil général. Comme Brise (PSdF), il se désiste au second tour pour Blanchon, radical-socialiste, qui est réélu.

Fin 1904, Allardet prend l'initiative de constituer l'Œuvre du trousseau de Champigny, qui veut apprendre aux jeunes filles de la classe ouvrière la couture et « tout ce qu'une bonne ménagère doit savoir pour diriger son intérieur et élever sa famille ». Mme Thomas est présidente de la société tandis que Mme Gaiilot en est membre. Elle est toujours active, avec le soutien de la municipalité, dans les années 1930.

Après l’unification de 1905, Allardet reste secrétaire du groupe de Champigny du parti socialiste unifié SFIO.

Dans l’hebdomadaire local Réveil socialiste, auquel il collabore régulièrement, Allardet consacre un article en février 1906 au coût de la scolarité pour les enfants reçus dans les écoles supérieures et professionnelles de Paris. Il demande que le conseil général prenne en charge ces frais, les enfants domiciliés dans a capitale étant admis gratuitement : « il n'y a aucune raison pour qu'en banlieue les parents soient tracassés par des enquêtes qui peuvent être plus ou moins impartiales. Que l'on ne nous dise pas que la banlieue n'est pas Paris, elle en fait partie intégrante, puisque ses habitants sont pour les trois quarts Parisiens ». La famille Allardet est directement concernée, puisque deux de ses filles vont fréquenter l’école Sophie-Germain (act. lycée) de la rue de Jouy et qu’il demandera et obtiendra chaque année des bourses couvrant une partie de ses frais.

Le groupe socialiste de Champigny et Allardet organise en septembre 1907 au théâtre de la Verdure, à Cœuilly, une grande fête familiale et champêtre, avec le concours du Théâtre social de Paris.

Au cours des élections municipales de mai 1908, la liste de concentration républicaine et socialiste passe entière et fait élire 15 radicaux-socialistes et 8 socialistes. Outre la réélection d’Albert Thomas, le scrutin permet l’entrée des responsables socialistes Allardet et Martinet.

Allardet est le principal chroniqueur pour Champigny de l’hebdomadaire Voix socialiste, lancé en février 1909 et qui paraît jusqu’à l’automne 1910. Il y évoque principalement la vie municipale, notamment des échos du conseil, mais parle parfois des faits personnels comme la scolarisation de ses filles. Il traite prioritairement la question des écoles. Allardet polémique régulièrement avec Maurice Fauqueux-Driessens, rédacteur, de l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes et, sous le pseudonyme de Critico, de l'Union radicale et socialiste mais également conseiller municipal de Champigny. Ainsi, il dénonce le 7 mai 1909 « sa prose fielleuse » et l’avise que le groupe socialiste a « des camarades qui ont la tête chaude et dam, il pourrait, ce qui serait fort désagréable pour lui, faire connaissance avec la machine à bosseler et la chaussette à clous ». Il rectifie cependant le 28 mai : « Bien entendu, il n’a rien à craindre de mes camarades ; il n’est personne qui n’ait compris que nous nous sommes simplement payé sa tête. »

À suivre.

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16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 00:01

Début de la biographie de Joannès Allardet.

Joannès Francisque Allardet naît le 21 décembre 1864 à Lyon (1er arr.). Il est le fils de Jeanne Marie Dietze, modiste, et de Jacques Claude Allardet, dessinateur. Lui-même fait un apprentissage en tant que dessinateur. Devenu employé de chemin de fer, il s’installe rue de Cléry à Paris (2e arr.) avec son père et épouse en avril 1891 Marie Anne Le Cloirec, couturière.

Après son mariage, Allardet va exercer l’activité de placier. Suite à la naissance à Paris de leurs trois filles, la famille s’installe rue des Tilleuls dans le quartier du Plant à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) où naît leur fils en 1899. Allardet est devenu représentant de commerce.

Peut-être est-ce lui le « J. Allardet, ex-sous-officier au 1er zouaves, médaillé du Tonkin » qui signe deux protestations dans le cadre de l’affaire Dreyfus : en janvier 1898 « pour maintenir les garanties légales des citoyens contre tout arbitraire » ; en novembre de la même année, contre les poursuites et les persécutions qui frappent le colonel Picquart, « l'héroïque artisan de la révision, à l'heure où celle-ci s'accomplit. »

La première intervention politique certaine d’Allardet est son rôle de secrétaire dans une réunion électorale de 800 personnes à Champigny, en mai 1902, en soutien au radical Maujan contre la candidature nationaliste de M. Fatoux. Parmi les orateurs, on compte Henri Martinet, de la Fédération socialiste révolutionnaire de la Seine. En juillet de la même année, Allardet et Martinet sont candidats pour faire partie de la délégation de ladite Fédération au comité interfédéral du Parti socialiste français. À partir de septembre, Allardet signe ses interventions en tant que secrétaire de l’Union socialiste révolutionnaire de Champigny. Il envoie ainsi une adresse républicaine au ministère Combes, après ses actes contre les congrégations religieuses, l'engageant « à poursuivre sa marche vers l'idéal de tous les citoyens épris du vrai esprit de liberté ». Le même mois, il annonce que son groupe va organiser « des causeries mensuelles sur des sujets d’économie politique, et sociale pour développer sa propagande et contribuer à l’éducation démocratique dans la commune. »

En 1903, Allardet participe aux travaux de la section campinoise de la Ligue des droits de l’Homme, dont Breuillé est le secrétaire. Il fait voter en janvier deux ordres du jour, le premier « en faveur des monopoles assurant à l'État des ressources nécessaires pour les œuvres de solidarité » et le second de félicitation à Jaurès; Caillaux, et d'Estournelles de Constant « pour leurs discours en faveur de la paix et de l'arbitrage ». Il anime en février une réunion commune avec les sections de Saint-Maur, Joinville, Le Perreux, Bry, Créteil, Charenton et Chennevières réclamant « une ré/orme de l'enseignement permettant, de réaliser l'unité d'instruction », contre « la concentration de la richesse dans tes mains de quelques-uns au préjudice du travail » et pour la suppression des conseils de guerre.

Toujours avec la Ligue des droits de l’Homme, Allardet prend l’initiative en juillet 1903 de la distribution de prix du 14 Juillet aux enfants des écoles communales qui avaient obtenu les premières places dans un concours de rédaction.

À suivre.

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Henri Martinet

Participant au débat sur le devenir du socialisme français, Henri Martinet signe une tribune dans le cadre de la préparation du congrès le 3 février 1920 dans L’Humanité, intitulée Pour l'Internationale du socialisme révolutionnaire. Il se démarque à la fois de ceux déjà adhérents aux thèses de Moscou comme des socialistes réformistes mais, se qualifiant de socialiste-révolutionnaire, il assure que « L'heure est venue pour les disciples de Karl Marx de constituer la IIIe Internationale ». Mais, déclare-t-il, « il ne s’agit pas d'adhérer à la IIIe Internationale comme une recrue qui vient dans un groupe ». À la fin du mois d’octobre 1920, Henri Martinet rompit avec le comité pour la reconstruction de la IIe Internationale et donna son soutien à la motion pour l’adhésion immédiate à la IIIe. Son ralliement facilita l’adhésion de la section de Champigny au Parti communiste, qui se fit à l’unanimité moins cinq voix au lendemain du congrès de Tours (décembre 1920). Martinet fut le secrétaire de la nouvelle section, secondé par Martin* (secrétaire adjoint), Deutch* (trésorier) et Armand Gandon* (trésorier adjoint). Les effectifs qui étaient passés de 75 cotisants en décembre 1919 à 130 au premier semestre, tombèrent à 44 pour l’année 1921.

Un meeting est organisé en mai 1923 à Joinville par un cartel d’organisations de cette commune et de Champigny (anciens combattants de l’ARAC, Ligue des droits de l’Homme, libre-pensée, parti socialiste communiste). Martinet vient y apporter la controverse à Gaillot, ancien élu socialiste de 1912 à Champigny, qui avait rejoint la formation dissidente refusant les décisions du 4e congrès mondial de l’Internationale communiste, qui donnent l’ordre de quitter la franc-maçonnerie et la Ligue des droits de l’Homme avant le 31 décembre 1922.

À l’occasion du scrutin municipal de mai 1925 Martinet est à la tête de la liste communiste qui recueille en moyenne 779 voix sur 3 507 suffrages exprimés (22,2%) pour 4 154 inscrits. Elle se retire au second tour tandis que les socialistes de Joannès Allardet qui avaient eu 817 votes en moyenne (23,3%) rejoignent les radicaux-socialistes, et l’emportent face à la droite de l’Union républicaine nationale. Eugène Auguste Courel, socialiste, est élu maire.

Quatre ans plus tard, en mai 1929, Martinet dirige toujours la liste communiste, qui est en troisième position derrière la liste du cartel socialiste-radical de Courel (41,9%) et de la droite (26%). Les communistes obtiennent 950 voix en moyenne (21,6%), Martinet arrivant en tête avec 965 votes pour 4 395 votants sur 5 929 inscrits. Une liste de concentration socialiste avec des dissidents communistes (Gaillot, Edmond Neumann) recueille 4%.

Au second tour, Martinet maintient la liste communiste, mais avec 695 votes en moyenne (21,7%), elle n’a pas d’élu, tandis que les socialistes de Courel emportent les 27 sièges avec 62,6% des suffrages exprimés.

Henri Martinet meurt le 12 mai 1932 à Champigny. Il était âgé de 66 ans. Il avait deux enfants.

Fin.

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Henri Martinet

À l’occasion des élections municipales de mai 1908 à Champigny, Henri Martinet est élu au second tour, comme toute la liste de concentration républicaine et socialiste, qui comprend 15 radicaux-socialistes et 8 socialistes. Parmi les nouveaux élus, qui rejoignent Albert Thomas, seul socialiste sortant dans le conseil, il y a également Joannès Allardet ; tous les trois sont désignés comme délégués sénatoriaux en décembre 1908. Thésée Paul Émile Pouillet, radical, est réélu maire.

Au sein du conseil municipal, Martinet plaide en particulier pour l’amélioration des conditions de transport, remettant en novembre une pétition au conseil général sur les lignes de tramways de l'Est-Parisien. Il propose un projet de régie directe des marchés d’approvisionnement. En 1909, il participe activement à la campagne d’Albert Thomas, qui sera élu député dans une élection législative partielle. Martinet devient en 1912 trésorier de la section SFIO de Champigny, dont Martin est secrétaire.

Réélu lors de l’élection municipale de mai 1912, il siège au côté d’Albert Thomas, qui devient maire tout en restant député, et s’occupe notamment de la Caisse des écoles et des marchés. Martinet est candidat à l’élection cantonale Nogent, canton auquel Champigny est rattaché depuis la scission de l’ancien canton de Charenton. Il fait campagne avec l’appui d’Albert Thomas ainsi que de Marcel Cachin. Malgré la présence de deux autres radicaux, Martinet est battu dès le premier tour par Brisson, radical. Il recueille 1 023 voix sur 5 971 votants, soit 17,1% ; il y avait 10 778 inscrits.

Pendant la première guerre mondiale, Martinet est mobilisé dans l’armée territoriale et reste, au moins en 1914, en région parisienne. Il participe en novembre de cette année à une réunion du comité de vigilance du canton de Nogent, structure, basée au Perreux-sur-Marne, qui supplée, au moins jusque la mi-1916, aux instances régulières de la SFIO. Promu à titre temporaire lieutenant dans le 1er régiment du génie en mars 1918, il sera confirmé dans ce grade, dans la réserve, en juin 1922.

Lors du scrutin qui suit le conflit, Martinet conduit la liste socialiste unifiée, Albert Thomas, ancien ministre, ayant quitté cette fonction en août 1919 pour devenir ensuite le premier directeur du Bureau international du travail (BIT). Au premier tour, les socialistes unifiés recueillent en moyenne 907 voix sur 2 606 suffrages exprimés (34,8%) ; au second tour, ils ont 923 voix en moyenne sur 1 885 suffrages exprimés (49,0%) et ont cinq élus, le Bloc républicain emportant les 22 autres sièges. Martinet, avec 991 votes, arrive en seconde position (52,5%). Henri Dumont est élu maire. Martinet intervient en juillet 1920 à la conférence des élus municipaux socialistes à Boulogne-Billancourt.  

À suivre.

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Henri Martinet

Le domaine social est également investi par Henri Martinet qui, dès mars 1897, est secrétaire de la Fédération des abonnés à la semaine, une organisation qui revendique l’amélioration des conditions de transport des salariés. Elle plaide l’élargissement des abonnements à la semaine aux employés et le droit pour tous d’utiliser tous les omnibus et non les quelques trains qui leur étaient réservés. Une demi-douzaine de comités existent dans les communes des bords de Marne ; ils ont souvent le soutien des élus radicaux-socialistes, comme le député Jules Ferdinand Baulard. Martinet exerce toujours cette fonction fin 1899.

Martinet est en novembre 1902, avec Lucien Delanchy fondateur de l’association communiste des ouvriers menuisiers du département de la Seine, baptisée « Les Égaux, menuiserie ouvrière communiste ». La Société anonyme de production à personnel et capital variables est basée 10, rue Marcadet, à Paris (18e arr.). Elle est constituée avec 1 000 francs, portés à 5 000 francs l’année suivante, par dix menuisiers vivant à Paris pour huit d’entre eux, l’un résidant à Vincennes et Martinet demeurant à Joinville ; la qualité de syndiqué est exigée des ouvriers qui demandent à en faire partie. Par délibération du conseil d'administration en août 1903, Martinet a été nommé directeur. Ayant déménagé au 125, rue de Montreuil (Paris, 11e arr.), la coopérative est déclarée en faillite le 5 mai 1905.

Réinstallé à Champigny probablement en 1903, Henri Martinet dirige une liste du Parti socialiste de France (PSdF) lors des élections municipales de mai 1904 dans cette commune. Albert Thomas, professeur à l’université et futur ministre est lui à la tête de celle du PSF, de tendance plus modérée. Au second tour, les deux listes socialistes fusionnent mais ne présentent que six candidats, nombre correspondant aux sièges qu’ils auraient eu si le scrutin était proportionnel. La liste unifiée comporte cinq noms du PSF et un du PSdF (Martinet). Les radicaux-socialistes l’emportent et Albert Thomas est le seul élu de leur liste. Le conseil est composé de 9 radicaux-socialistes, 5 radicaux, 4 progressistes, 4 cléricaux et un socialiste.

Le même mois, Martinet affronte pour l’élection au conseil général dans le canton de Charenton Amédée Chenal, conseiller général radical-socialiste sortant, qui est réélu. Martinet a recueilli 2 612 voix (34,9%) sur 7 484 votants pour 13 264 inscrits.

Bien qu’officier de réserve, Martinet participe en décembre 1904 puis en janvier 1905 à deux réunions de l’Association internationale antimilitariste des travailleurs à Champigny ; lors de la deuxième, où Martinet représente le PSdF, des incidents sont signalés avec des nationalistes.

Après l’unification socialiste de 1905, Martinet développe la doctrine socialiste lors d’une conférence en novembre à Créteil de la 37e section du Parti socialiste SFIO. Il préside en janvier 1906 une réunion du même parti à Champigny pour commémorer les massacres du 22 janvier 1905 à Saint-Pétersbourg tandis qu’Albert Thomas, rédacteur à L’Humanité et conseiller municipal, confère sur la Révolution russe. Cette même année, Martinet prend part à la fondation d’un hebdomadaire couvrant la 2e circonscription de l’arrondissement Sceaux (Seine), Réveil socialiste, dans lequel il écrit régulièrement. Il collaborera de la même façon à une autre publication hebdomadaire sur le même territoire, en 1909-1910, Voix socialiste.

À suivre.

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 00:01

Henri François Louis Martinet naît le 4 juillet 1865 à Paris (1er arr.). Il est le fils d’Anne Siblot, couturière et de son époux Pierre Louis Martinet, garçon de salle.

Après un service militaire à la fin des années 1880 dans l’infanterie, il est promu officier, sous-lieutenant de réserve.

Menuisier, résidant 53bis, bd St Germain à Paris (5e arr.), Henri Martinet se marie en octobre 1895 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) avec Eulalie Jeanne Burgalat. Un des témoins du mariage est Prudent-Dervillers, maitre tailleur, fondateur du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, conseiller municipal de Paris en 1889 et député de la Seine depuis 1893. Les époux vont d’abord vivre à Champigny, 68, avenue des Deux-Communes, puis à partir de 1899, 8, rue du Pont à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Son épouse est marchande de poissons.

Il s’engage publiquement en politique auprès de l’extrême-gauche, avec le  groupe socialiste internationaliste du parti ouvrier socialiste-révolutionnaire (POSR) dans la 2e circonscription législative de l’arrondissement Sceaux (Seine) dès février 1898 et dans la structure locale du POSR, l’Union socialiste révolutionnaire de Champigny et Joinville dont il est secrétaire en 1899. Il est délégué au congrès de la salle Wagram de la Fédération des travailleurs socialistes de France de 1900, par son groupe et par l’union syndicale des ouvriers menuisiers du département de la Seine.

Le 26 avril 1900, le comité électoral socialiste-révolutionnaire de Joinville tient une réunion pour l’élaboration d'une liste de candidats lors des élections municipales de mai ; Martinet y participe peut-être. Lors du scrutin, les 23 candidats de la liste du maire radical-socialiste Eugène Voisin sont élus ou réélus.

En novembre 1900, en tant que secrétaire de l’Union socialiste révolutionnaire de Champigny-sur-Marne, adhérente à la Fédération socialiste révolutionnaire internationaliste de la 2e circonscription de Sceaux, Martinet appelle les groupements qui en faisaient partie à rejoindre la Fédération socialiste révolutionnaire de la Seine, fondée le 1er avril 1900. Il devient le secrétaire de la section de la 2e circonscription de Sceaux de la nouvelle entité et préside, en décembre, une réunion plénière extraordinaire. Désigné en mars 1901 comme suppléant de Jean Longuet au comité général du Parti socialiste, où il représente la FTSF, Martinet est un des orateurs de la formation dans les réunions publiques de Champigny, Saint-Maur, Créteil, Le Perreux ou Joinville notamment. Martinet représenta la FTSF au congrès du PSF à Tours (1902).

A suivre.

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