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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 00:01

Salomon Sabkowski naît le 12 avril 1888 à Paris (4e arr.). Ses parents sont des juifs originaires de Pologne, Samuel Sabkowski et Malvina Deitcher, marchands ambulants. Ils vivent rue Saint-Paul, dans le quartier du Marais.

Âgé de 11 ans, Salomon Sabkowski, qui accompagnait son père dans une tournée commerciale à Bayeux (Calvados), meurt dans des conditions non éclaircies, mais qualifiées par plusieurs organes de presse de « crime antisémite. »

Le registre d’état-civil mentionne qu’il a été retrouvé décédé sur la rivière d’Aure, à Bayeux, au lieudit Le Moulin à tan, le 16 août 1899.

Ayant rencontré son père à Montmartre (Paris, 18e arr.), où il vendait du nougat la nuit, le journaliste Jacques Prolo (pseudonyme de Jean Pausader) raconte son « effroyable aventure » dans le quotidien anarchiste de Louis Noir, Le Journal du peuple. D’autres journaux reproduisent l’article, par exemple L'Égalité de Roubaix-Tourcoing ou L'Univers israélite.

En août 1899, Salomon accompagne son père qui profite d’une fête à Bayeux pour y vendre des jouets. Dans la soirée, le père est verbalement agressé et traité de « sale youpin ». Il poursuit cependant son commerce mais, vers une heure et demie du matin, Salomon étant harassé, il le couche, enveloppé dans son pardessus, sur une table sous la tente dressée dans la cour de l’auberge Lecot, rue aux Pommes.

Reparti vendre ses objets sur la place où les danses continuaient, Samuel Sabkowski revint vers trois heures ; il ne retrouva pas son fils. Il fait de vaines recherches, personne n’ayant vu le gamin sortir de l’auberge. Le matin, il s’adressa au bureau de police. Après avoir ouvert les vannes d’un moulin à tan, proche de l’hôtellerie, on découvrit le cadavre. Si le rédacteur estime qu’une enquête s’imposait, le commissaire fut d’un avis différent. Il fit inhumer le corps de l’enfant sans procéder à l’autopsie. Au père, qui s’étonnait, il répondit : « Estimez-vous bien heureux d’avoir retrouvé votre fils. »

Jacques Prolo remarque pourtant que le contexte aurait nécessité une investigation, mentionnant les menaces qu’avait reçues le père e la proximité de bandes racistes à Caen, préfecture du Calvados.

Le Journal du peuple et les organes de presse qui reprennent l’article posent la question : « est-ce un crime antisémite ? »

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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 00:01

Samuel Sabkowski naît le 10 mai 1859 à Pinchew (probablement act. Pińczów), en Pologne russe. Il est le fils de Klinen ou Calmann Sabkowski et de son épouse, Samuel Seldé. Comme une importante partie de la communauté juive polonaise, il émigre et s’installe en France. Il est de petite taille (1 m. 62).

En avril 1886 à Paris (11e arr.), Samuel Sabkowski, qui vit boulevard Beaumarchais, se marie avec Malvina Deitcher, également d’origine juive et native de Rajmich, en Pologne russe. Ils auront sept enfants.

Ayant acquis la nationalité française décret du 28 août 1895, Samuel Sabkowski se voit affecter de manière rétroactive pour son service militaire à la classe 1879 ; il est rattaché au 26e régiment d’infanterie territoriale de Paris.

Pauvre, Samuel Sabkowski exerce une activité de marchand forain ou colporteur. En 1899, il se confie à Jean Pausader (alias Jacques Prolo), journaliste dans le quotidien anarchiste de Louis Noir, Le Journal du peuple. Plusieurs journaux, dont L'Égalité de Roubaix-Tourcoing ou L'Univers israélite, reproduiront l’article.

Jacques Prolo indique qu’il a rencontré Samuel Sabkowski à Montmartre (Paris, 18e arr.) et le qualifie de « un pauvre diable qui gagne misérablement sa vie en offrant des cubes de nougat aux bohêmes et à la vadrouille noctambule ».

En août 1899, il se rend à une fête à Bayeux, Calvados, pour y vendre des jouets. Il est accompagné de son fils aîné, Salomon, âgé de 11 ans. L’après-midi, il est agressé verbalement se faisant traiter de « sale youpin ». Il poursuit cependant son commerce et couche son fils, vers une heure et demie du matin, dans une tente au milieu de la cour d’une auberge, située rue aux Pommes.

Lorsque lui-même revient vers trois heures, raconte Jacques Prolo, son fils a disparu. On le retrouvera au matin, dans le canal d’une rivière traversant Bayeux, l’Aure. La police refuse d’ouvrir une enquête, le commissaire répondant à la demande du père : « Estimez-vous bien heureux d’avoir retrouvé votre fils. »

Au vu de l’agitation organisée par certains organes racistes, comme celui de Drumont, et après les menaces qui avaient visé le père, Jacques Prolo s’indigne de l’absence d’investigation policière et s’interroge : « est-ce un crime antisémite ? »

Hospitalisé à l’Hôtel-Dieu, sur l’île de la Cité à Paris (4e arr.), Samuel Sabkowski meurt le 16 janvier 1904. Il résidait alors rue Saint-Paul et était âgé de 44 ans.

Un de ses fils, Zélik dit Félix (1896-1953), marchand forain, devint résistant pendant la deuxième guerre mondiale. Un autre fils, Jacob dit Jacques (1891-1971), commerçant, fut militant radical-socialiste à Joinville-le-Pont, déporté pendant la deuxième guerre mondiale et militant au sein de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes.

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 16:59

Henri Alexandre Émile Graillat naît le 21 juillet 1881 à Paris (12e arr.). Il est le fils de Marie Joséphine Tourot, deuxième épouse de Laurent Vincent Graillat, tonnelier, communard, militant socialiste-révolutionnaire et conseiller municipal de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne).

Résidant à Bois-Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine) Il épouse en juillet 1905 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Louise Desouche. Il vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac. Comptable, Émile Graillat va exercer dans la grande distribution. Il est chef comptable à la Samaritaine (Paris) en 1911.

À l’instar de son père, Émile Graillat va s’engager en politique. En avril 1902, il accompagne à Champigny Renier, candidat du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire à l’élection législative, dans une réunion où il porte la contradiction au candidat conservateur de la Patrie française.

Il est possible qu’il ait été candidat aux élections municipales de 1912 à Joinville, mais il n’est pas élu ; la liste socialiste SFIO fusionne au second tour avec une liste libérale et une liste radicale dissidente, et la liste unifiée remporte le scrutin face aux radicaux-socialistes officiels. Il y a sept élus socialistes (Georges Laruelle, Émile Lebègue, André Flambard, Julien Périn, Henri Lacroix, Petit, Georges Scornet). Après ce succès, le bureau de la section locale est renouvelé en juin et confié aux non-élus, avec Fernand Grandhomme comme secrétaire. Graillat est membre de la commission de contrôle. En janvier 1913, Émile Graillat devient secrétaire de la section de Joinville en remplacement de Grandhomme (qui devient trésorier), et est également délégué à l’Union des sections de la 2e circonscription de Sceaux. Il quitte cette fonction en mai de la même année, Alphonse Mibord étant élu à sa place.

Mobilisé pendant la guerre, Graillat est sous-officier et reçoit en janvier 1919 une citation pour son comportement ; il est décoré de la croix de guerre. La presse radicale assure qu’il fut bon soldat, a fait toute la campagne, et est revenu à peu près indemne.

Il rejoint après-guerre Paris-France, société qui exploite la chaîne des magasins de nouveautés Aux Dames de France où il travaille en 1921. Il y est trésorier et secrétaire de l’Association mutuelle de retraites de la société.

Lors des élections municipales de novembre 1919, comme plusieurs anciens socialistes SFIO (Périn) se présente sur la liste conduite la Henri Vel-Durand (radical dissident) qui comprend également les radicaux officiels. Il a l’étiquette de socialiste indépendant, face à la liste de gauche officielle conduite par Laruelle (SFIO) et à une liste libérale (Beauvais). La liste d’union républicaine et sociale est élue intégralement au second tour, face aux seuls socialistes. Graillat obtient au 1er tour  760 voix sur 1 694 suffrages exprimés (44,8%) pour 1 715 votants et 2 491 inscrits. Il est élu au second tour avec 964 voix sur 1 518 suffrages exprimés (63,5%) pour 1 537 votants.

En décembre 1922, trois tribunes anonymes mettent en cause sa famille dans le journal radical Voix des communes. Sa fille Simonne est critiquée pour être « entrée à la mairie par surprise » et pris la « place d’une veuve de guerre ». Son épouse Louise est attaquée : « Mme Graillat dirige la cantine des écoles de Polangis, elle emportait sa petite cantine garnie ; elle semble commander le conseil municipal, défiante, autoritaire, colporte partout que son mari sera bientôt maire de Joinville. »

En mars 1923, Graillat prend part à la formation d’une section de la Ligue de la République à Joinville ; elle est présidée par René Caperon, socialiste indépendant, et rassemble également des radicaux-socialistes et des socialistes proches de la SFIO (mais la section n’est pas encore reconstituée, après le passage de la totalité des adhérents au Pcf en 1920). Graillat est délégué au comité central.

Après les élections municipales de 1925, qui ont vu la défaite du cartel des gauches dans la commune, Henri Graillat rejoint de nouveau la SFIO et souscrit à plusieurs reprises en 1928 à des souscriptions pour le parti lancées par le quotidien Le Populaire.

Président de l’Amicale des anciens élèves de l’école de Saint-Maur, Émile Graillat est trésorier de la caisse des écoles de Joinville depuis au moins 1922. Récompensé en 1921 et 1924 pour son activité de mutualiste, honoré pour son poste de chef de service à Paris-France en 1936, il est décoré des palmes académiques pour son rôle à la caisse des écoles (officier d’académie en 1922, officier de l’instruction publique en 1940).

Émile Graillat est victime d’un accident à Nogent-sur-Marne où il est renversé à bicyclette au carrefour de Beauté par une voiture. Âgé de 59 ans, il meut le 26 août 1940 Paris (12e arr.), à l’hôpital Saint-Antoine). Peut-être du fait de ses antécédents militaires, le nom d’Henri Graillat figure sur le monument aux morts de Joinville au titre de la guerre 1939-1945. Il résidait avenue du Bac à Joinville.

Son fils, René Graillat, engagé dans l’action sociale professionnelle, sera résistant et membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Champigny-sur-Marne à la Libération en 1944 où il fait donc fonction de conseiller municipal.

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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 00:01

Louise Desouche naît le 10 avril 1877 à Villefranche (act. Villefranche-sur-Saône, Rhône). Elle est la fille de Françoise Larue et de son époux Antoine Louis Desouche, employé (probablement de chemin de fer), vivant au hameau des Roches.

Vivant alors à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis) rue du Progrès puis rue de Lagny ; Louise Desouche donne naissance à un fils, René Henri, à Paris (12e arr.) en mai 1900. Son compagnon, Henri Graillat, comptable, reconnaîtra l’enfant en juin 1903 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne), où ils ne résident ni l’un, ni l’autre. Ils se marient en juin 1905 à Montreuil.

Ils vont vivre d’abord à Bois-Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine), avenue Baudard avant de rejoindre les bords de Marne, se rapprochant du père d’Henri, Laurent Graillat, militant socialiste-révolutionnaire, syndicaliste et conseiller municipal de Saint-Maur-des-Fossés. Ils sont en 1910 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue du Bac.

Militant en politique dès leur arrivée à Joinville, au sein de la SFIO, Henri Graillat est mobilisé pendant la première guerre mondiale tandis que leur fils s’engage dans l’armée à l’âge de17 ans en juin 1917.

Après le conflit, Henri Graillat est élu conseiller municipal sur une liste rassemblant de radicaux dissidents, les radicaux-socialistes officiels et des socialistes indépendants, conduite par Henri Vel-Durand. Elle l’emporte face aux socialistes SFIO et à des libéraux.

De son côté, Louise, qui conserve habituellement son nom patronymique de Desouche, va jouer un rôle public significatif.

En 1918, elle est membre du comité d’une des principales associations humanitaires de la commune, la section joinvillais de la société de l’Allaitement maternel, qu’elle avait rejointe en 1913. Elle coopère probablement également au siège national de la société, à Paris.

Dans le sillage de son mari, Louise Desouche semble s’intéresser à la politique. L’hebdomadaire radical Voix des communes s’en prend à elle en Aveyron 1922 dans une « tribune libre » non signée, assurant que Mme Graillat « semble commander le conseil municipal, défiante, autoritaire, colporte partout que son mari sera bientôt maire de Joinville. »

Le même journal, ménageant son mari, critique sa fille, embauchée par complaisance, selon lui, à la mairie.

Bien qu’ayant emménagé, en 1929, à Saint-Maur, rue Pinet, Louise Desouche devient en 1932 présidente de la section, qui s’est depuis élargie à la commune de Saint-Maurice. Son rôle lui vaut d’être décorée du mérite social en 1938.

Les époux Graillat résident de nouveau à Joinville, rue de la Paix. Après le décès accidentel d’Henri Graillat en septembre 1940, Louise Desouche reste vivre à Joinville et continue son activité associative. Peu avant la fin de la guerre, en juin 1944, elle organise un goûter de « parrainage des vieux » avec les deux paroisses catholiques de Joinville et une institution créée par le régime de Vichy, le Secours national, présidé à Joinville par un conseiller municipal, Rieux.

Son fils René Graillat participe lui à un mouvement de résistance et aux combats pour la libération de Champigny en août 1944 ; il devient conseiller municipal de cette commune.

Louise Desouche meurt le 17 octobre 1971 à Joinville, à l’âge de 94 ans.

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 00:01

Joseph Xavier Chatel nait le 3 décembre 1854 à Bénestroff (Meurthe, act. Moselle). Il est le fils d’Appoline Chappellier et de son époux Charles Chatel, mécanicien.

Après l’annexion de son village natal à l’Allemagne en 1871, Xavier Chatel opte en compagnie de son père, pour la nationalité française en juin 1872 à Romilly-sur-Andelle (Eure).

Devenu tréfileur et résidant avec ses parents rue des Ursulines à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis), Xavier Chatel épouse en décembre 1883 à Saint-Denis Joséphine Schwob, cuisinière, également originaire d’un territoire occupé par les Allemands, étant née en 1861 à Stotzheim, Bas-Rhin.

Après la naissance des deux premiers de leurs quatre enfants, la famille s’installe, avant 1889, à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) et Xavier Chatel est embauché à la compagnie du Bi-Métal, société métallurgique installée dans la commune voisine de Joinville-le-Pont ; son frère Hippolyte y est également tréfileur.

C’est probablement ce dernier qui est, en janvier 1894, secrétaire de la section de Joinville de l’Union des tréfileurs, pointiers et lamineurs de France. Il s’agit du premier syndicat connu à Joinville-le-Pont, dont l’existence est attestée au sein de l’usine de Joinville en octobre 1893. Cette union est basée à la Bourse du travail de Saint-Denis, où elle est officiellement enregistrée en novembre de la même année par son secrétaire général, Victor Guyot. La section de Joinville est active au sein du groupement, où Chatel joue un rôle mentionné dans plusieurs publications.

Le rôle de la section syndicale est important pendant la grève organisée par trente-cinq ouvriers tréfileurs de la Compagnie française du Bi-Métal qui protestent contre la réduction de 25 % sur le prix de façon du tréfilage, décidée par la direction de l’usine le 19 octobre. Une intervention de Jules Ferdinand Baulard, député radical-socialiste de la Seine et ancien conseiller municipal de Joinville, accompagné des maires de Nogent-sur-Marne (Émile Husson), de Joinville (Eugène Voisin) et de Saint-Maurice (François Gauthier), propose une conciliation, les ouvriers acceptant une réduction de salaire de 11%, ce que refuse les employeurs.

Selon le directeur de la compagnie, M. Heurtel, les ouvriers de Joinville sont payés 50% plus chers que leurs homologues de province, et 25% de plus qu’à Saint-Denis.

Les grévistes, soutenus par d’autres salariés de l’entreprise, organisent des manifestations dans les rues de Joinville. Ils obtiennent le soutien des municipalités de Saint-Maurice et Joinville, mais aussi du conseil municipal de Paris et de plusieurs organes de presse, comme les quotidiens La Lanterne, Le Radical, Le Parti ouvrier ou de l’hebdomadaire local Voix des communes.

Xavier Chatel, mentionné comme secrétaire de la section syndicale début novembre, publiera une cinquantaine d’appels à la solidarité dans Le Parti ouvrier et obtient un soutien actif de l’Union syndicale. Il est, avec le soutien des militants locaux du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, un des organisateurs d’une réunion qui se tient en mairie de Joinville le 3 décembre 1894. L’objet principal de la réunion est le soutien aux grévistes, pour lesquels une collecte est réalisée. Mais l’ordre du jour adopté élargit la question : « Les citoyens réunis (…) acclament en outre le principe de la grève générale, qui apparaît comme le seul moyen de substituer à la société pourrie, au milieu de laquelle nous vivons, un état social où chaque individu, produisant suivant ses aptitudes et ses forces, satisfera librement à tous ses besoins ». Transmettant le compte-rendu de la réunion à Voix des communes, Xavier Chatel commente : « Depuis 7 semaines, nous luttons contre le capitalisme éhonté pour revendiquer notre droit et celui de nos enfants, car, tout en travaillant, nous ne voulons pas mourir de faim. C’est justice ».  Il conclut son courrier en envoyant ses « sentiments de militants », « au nom de la solidarité et de l’émancipation des travailleurs. »

Après 52 jours de grève, le 15 décembre, la direction accepte que la diminution soit limitée à 11%. Le travail reprend le lendemain comme Xavier Chatel en fait l’annonce.

Le 8 février 1895, une violente explosion se produit dans l’usine, tuant le concierge, sa femme, son enfant, le comptable et un charretier. Pendant l’arrêt de l’usine, les ouvriers sont placés en chômage. Chatel et Hilaire Prieur, le trésorier de la section syndicale, représentent les ouvriers de l’usine auprès des pouvoirs publics pour obtenir des secours.

Ne résidant plus à Saint-Maurice en 1901, Xavier Chatel est contremaître à la société métallurgique de La Bonneville (La Bonneville-sur-Iton, Eure) en 1906. Il l’est toujours en 1911, étant alors âgé de 57 ans.

La date de décès de Joseph Xavier Chatel n’est pas connue.

Bi-Métal, Joinville

 

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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 00:01

Hippolyte Chatel naît le 9 mars 1857 à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils d’Appoline Chappellier et de son époux Charles Chatel, forgeron mécanicien.

Devenu ouvrier tréfileur, comme son frère aîné Xavier, Hippolyte Chatel, qui réside chez ses parents dans la commune, épouse en octobre 1882 à Saint-Denis Eugénie Anaïs Boyer, fille d’un cultivateur de Vauchassis (Aube).

Il va s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) suite à la création, en décembre 1892, de la compagnie du Bi-Métal, société métallurgique exploitant un brevet déposé par un ingénieur lyonnais, Édouard Martin, et qui produit des fils mêlant le cuivre et l'acier. Son frère Xavier y travaille également mais réside dans la commune voisine de Saint-Maurice, tandis qu’Hippolyte Chatel, son épouse et son fils vivent à Joinville, d’abord rue de Créteil (act. av. du maréchal Leclerc) puis rue Pasteur.

C’est probablement Hippolyte qui est, en janvier 1894, le Chatel assurant la fonction de secrétaire de la section de Joinville de l’Union des tréfileurs, pointiers et lamineurs de France. Il s’agit du premier syndicat connu à Joinville-le-Pont, dont l’existence est attestée au sein de l’usine de Joinville en octobre 1893. Cette union est basée à la Bourse du travail de Saint-Denis, où elle est officiellement enregistrée en novembre de la même année par son secrétaire général, Victor Guyot. La section de Joinville est active au sein du groupement, où Chatel joue un rôle mentionné dans plusieurs publications.

La section syndicale va déclencher une grève, suivie par trente-cinq ouvriers tréfileurs, pour protester contre la réduction de 25 % sur le prix de façon du tréfilage, décidée par la direction de l’usine le 19 octobre 1894. Une intervention de Jules Ferdinand Baulard, député radical-socialiste de la Seine et ancien conseiller municipal de Joinville, accompagné des maires de Nogent-sur-Marne (Émile Husson), de Joinville (Eugène Voisin) et de Saint-Maurice (François Gauthier), propose une conciliation. Les ouvriers acceptent une réduction de salaire de 11%, mais elle est refusée par les employeurs.

Le directeur de la compagnie, M. Heurtel, assure que les ouvriers de Joinville sont payés moitié plus chers que leurs homologues de province, et 25% de plus que ceux de Saint-Denis, ce que contestent les ouvriers de Joinville, arguant d’une plus forte productivité.

Avec le soutien d’autres salariés de l’entreprise, les grévistes organisent des manifestations dans les rues de Joinville. Ils obtiennent le soutien des municipalités de Saint-Maurice et Joinville, ainsi que celui du conseil municipal de Paris et de plusieurs quotidiens comme La Lanterne, Le Radical, Le Parti ouvrier ou de l’hebdomadaire local Voix des communes.

S’il est encore mentionné comme secrétaire du syndicat le 17 novembre, Hippolyte Chatel semble cependant avoir cédé la fonction à son frère Xavier, qui signe les appels à la solidarité publiés dans la presse à compter du 9 du même mois.

Un accord est passé avec la direction après 52 jours de grève, le 15 décembre. La proposition des ouvriers de limiter la diminution à 11% est finalement acceptée. Le travail reprend le lendemain.

Au cours de son activité syndicale, Hippolyte Chatel était proche des militants de gauche du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire. Cependant, c’est sur une liste de droite, qualifiée de nationaliste par le journal radical Voix des communes, qu’il va être candidat lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville. Conduite par deux conseillers sortants, Honoré Moulinet et François Provin, la liste s’oppose à celle du maire sortant, Eugène Voisin, soutenue par le comité radical-socialiste, et à une liste socialiste incomplète soutenue par le Parti socialiste français. Les radicaux obtiennent 49,1% des suffrages et ont 22 élus ; les nationalistes n’ont qu’un seul siège avec 32,3%. Les socialistes n’ont pas d’élu, leurs 7 candidats recueillant 13,6% des voix. Chatel obtient 314 voix pour 1 119 votants (28,1%) et 1 343 électeurs inscrits.

Bien qu’il ait été âgé de 57 ans au début de la première guerre mondiale, Hippolyte Chatel semble avoir joué un rôle militaire, puisqu’il est, après la fin du conflit, adhérent à la 740e section de la société Les vétérans des armées de terre et de mer qui indiquera, après sa disparition, qu’il était un soldat de la grande guerre.

Remarié en juillet 1919 au Vésinet (Seine-et-Oise, act. Yvelines) avec Augustine Augier, Hippolyte Chatel n’a plus d’activités politiques publiques. Il contribue en avril 1927 à la caisse d’amortissement pour le relèvement du franc.

Toujours employé de la compagnie française du Bi-Métal, Hippolyte Chatel est devenu directeur d'usine dans une autre unité du groupe, à  Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne). Il est décoré d’une médaille d’honneur à ce titre par le ministère du commerce et de l’industrie en février 1926.

Hippolyte Chatel meurt le 21 juin 1935 à Joinville. Il était âgé de 78 ans.

 

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10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 00:01

Marie Louise Eulalie Vénard naît le 25 janvier 1840 à Fay-le-Froid (act. Fay-sur-Lignon, Haute-Loire). Elle est la fille de Félicité Desevars et de son mari Jacques Louis Vénard.

En 1875, elle est cafetière à Lyon (2e arr.) quand elle épouse en mai dans cette ville Casimir Paul Joseph dit Louis Rey, alors cuisinier et originaire d’Ardèche, où il est cuisinier au Cheylard après cinq ans de service militaire marqués par la campagne contre l’Allemagne et une expédition en Algérie. Le couple s’installe, la même année, à Paris. Ils résideront ensuite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils louent une villa qu’ils habitent pendant la période estivale au moins à partir de 1892, avant de s’y installer définitivement, probablement à partir de 1910.

Son mari, Louis Rey, expert chimiste et responsable de structures professionnelles du secteur vinicole, a été un très actif militant radical-socialiste et conseiller municipal de Joinville-le-Pont. Il fut un polémiste assurant la rubrique locale de l’hebdomadaire radical Voix des communes.

Comme plusieurs épouses de responsables politiques locaux, Marie Rey va s’engager dans une association humanitaire, la société de l’allaitement maternel. Son activité y est attestée entre 1908 et 1912. L’association, ouvertement laïque, affiche sa différence avec celles que Louis Rey appelle les « dames patronnesses » qui méconnaîtraient les « enfants des mécréants ». L’Allaitement maternel pour sa part ne s’occuperait pas de savoir si elles sont filles-mères ou concubines.

En 1909, l’association est présidée par Hortense Voisin, femme du maire, et son conseil comprend également les épouses de deux futurs maires, Mmes Vel-Durand et Briolay, d’adjoints au maire (Villain, Jullien, Beauvais) ou de conseillers municipaux (Diot, Arnaud, Cosson, Rey, Ferrand, Nivelet) ; une seule administratrice n’est pas liée à l’activité politique, Mme Pratet.

Présentée comme « très florissante » par la presse radicale, l’association assiste 25 mères en 1908. Marie Rey est l’organisatrice d’un banquet de collecte de fonds en juin 1909. Elle se mobilise pendant les inondations de la Marne lors de l’hiver 1910.

C’est probablement du fait de son activité associative que Marie Rey est décorée en mars 1911 des Palmes académiques et devient officier d’académie.

Marie Rey, qui ne semble pas avoir eu d’enfant, meurt le 10 août 1928 à Joinville. Elle était âgée de 88 ans et veuve depuis 10 ans.

 

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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 00:01

Ernestine Jeanne Marie Piat naît le 30 août 1867 à Meudon (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine). Elle est la fille de Marie Victoire Constance Soinoury et de son époux Léopold Ernest Piat, banquier.

Elle épouse en mai 1891 à Coulommiers (Seine-et-Marne) le docteur Georges Paul Elie Bitterlin. Ils s’installent d’abord rue du Four à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), puis, à partir de 1899 rue Pasteur dans la commune voisine de Joinville-le-Pont.

Engagé dans l’action sociale, Georges Bitterlin sera également militant politique, candidat pour le mouvement royaliste de l’Action française aux élections législatives de 1919 et conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1912-1919 et 1942-1944).

Leurs deux fils, Charles et Jean, médecins, seront également affiliés à la même organisation d’extrême-droite.

La Société de l'Allaitement maternel et des refuges-ouvroirs pour les femmes enceintes, a été fondée en 1876 par Mme Béquet de Vienne, veuve d’un conseiller d’État. Si elle jouit d’une réputation nationale, qui lui permettra d’être reconnue d'utilité publique en 1905, elle dispose d’un nombre très limité d’implantations locales (trois).

Parmi celles-ci, on compte une section à Saint-Maur-des-Fossés, qui essaimera avec une sous-section à Joinville en 1899, devenue en 1902 une section de plein exercice tandis que celle de Saint-Maur périclite. Jeanne Bitterlin est la fondatrice de la section, dont le Dr Pierre Vallat est le médecin. Julia Véron, trésorière et Mme Delobel, secrétaire, l’accompagnent dans la création de cette structure, qui a 60 adhérents.

En 1901, la société secourt 31 familles auxquelles elle apporte des soins, de la layette, mais aussi de la viande, du pain, du lait, du charbon, des lentilles ou des pruneaux. Elle accueille toutes les demandes qui lui sont adressées, sans distinction de religion ni d'état civil. Son mari et le Dr Jean Baptiste Gripon sont, en 1904, les médecins de la section.

Si la section semble se développer, Jeanne Bitterlin s’en retire cependant et c’est en 1909 Hortense Voisin, femme du maire de Joinville, qui est la présidente. Le conseil comprend sur ses 13 membres, toutes des femmes, 12 qui sont mariées à des notabilités politiques.

C’est un désaccord avec le comité directeur de Paris qui a provoqué la démission d’une partie des fondatrices. Elles créent en juin 1913 l’Union des mères de Joinville, qui s’affilie en 1917 à la Mutualité maternelle de Paris. Jeanne Bitterlin en est la présidente, accompagnée de Léontine Lecuirot, vice-présidente, de Fréna Depasse, vice-présidente, trésorière et visiteuse ainsi que de sa fille Antoinette (elle aussi militante à l’Action française).

Si la presse locale regrette la multiplicité d’organismes à même vocation à Joinville, et surtout le fait qu’elles s’ignorent, l’émulation que cela procure fait qu’en 1923, le maire Henri Vel-Durand se félicite de la concurrence entre œuvres similaires. Cette année-là, la section de Joinville de la Mutualité maternelle a 93 adhérents et s’occupe de 56 enfants.

En mars 1928, Jeanne Bitterlin devient présidente honoraire, tandis que Jeanne Carlier prend la responsabilité exécutive de la section. Son fils Jean assure, en 1935, les consultations de nourrissons au nouveau dispensaire que la Mutualité maternelle ouvre rue de l’Église à Joinville.

Jeanne Bitterlin meurt le 26 décembre 1933 à Joinville. Elle était âgée de 66 ans et avait eu quatre enfants.

 

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4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 00:01

Adèle Héloïse Amandine Lemaire naît le 14 novembre 1864 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille d’Adèle Augustine Thiens et de son époux, Ange Émile Lemaire, fabricant d’eau gazeuse.

Elle épouse en août 1888 à Saint-Maur François Charles Provin. Le couple s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont. François Provin, serrurier, exerce d’importantes responsabilités politiques dans la commune entre 1900 et 1934. Il est également président de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers.

Ils vivent rue du Pont, au centre de la commune et ont une fille.

Après la première guerre mondiale, Adèle Provin va s’engager dans une activité humanitaire, au sein de la section locale de la Mutualité maternelle de Paris. Elle est secrétaire de l’association en 1927 et 1928, vice-présidente en 1931.

L’association comptait en 1923 93 adhérents, essentiellement des adhérentes. Elle avait aidé cette année-là 56 enfants.

Son activité vaut à Adèle Provin d’être attributaire, en septembre 1931, d’une mention honorable au titre de son rôle mutualiste. Sa fille Alice est également membre de la même association.

Adèle Provin meurt le 14 octobre 1933 à Joinville. Elle était âgée de 69 ans.

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 00:01

Louis Henri Gaut, dont le nom est parfois orthographié Gant, nait le 6 mai 1813 à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Gabrielle Louise Laplaine et de son époux Claude Henri Gaut, maréchal-ferrant.

Exerçant la profession de boulanger Nogent, il épouse en août 1837 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) Louise Aimable Élisa Laviron, fille de marchands de vins de la commune. Ils y résident en 1840, ou Gaut est toujours boulanger, puis vont s’installer à Joinville-le-Pont, entre Créteil et Nogent, encore avec le même métier.

Gaut fait partie pendant la révolution de juin 1848, selon les archives militaires, d’un Club de Joinville, qui comprend Adolphe Candellé, marchand de vins et traiteur. Il est arrêté en juillet 1848 sans motif précisé avec Candellé et six autres habitants de sa commune, Charles Eugène Buchot, marchand de vins et tailleur de pierres ; Eustache D'Heurle, tonnelier ; Pierre Joseph Destombes, dégraisseur de laines ; Isidore Gouvrion, cordonnier ; Jean Baptiste Marillier, restaurateur et François Poirier, marchand de vins. Il est remis en liberté le lendemain.

Louis Henri Gaut, qui a eu deux enfants, va ensuite s’installer dans le territoire actuel de Paris. Il meurt le 6 juillet 1858 à Belleville, qui sera intégré deux ans plus tard à la capitale. Il était âgé de 45 ans.

 

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