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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 00:02

Militante d’extrême gauche, elle adopta le nom de Marx, celui de son premier époux ; pacifiste activiste, elle prit l’état-civil de Paz, son deuxième conjoint. Mais Magdeleine fut aussi un écrivain de grand talent, féministe et défenseure des droits des noirs américains.

Magdeleine Legendre naît le 6 juillet 1889 à Étampes. Elle épouse l’écrivain de tendance socialiste Henry Marx (1885-1954).

Magdeleine participe à la Ghilde Les Forgerons, une communauté d'amis née en 1911 parmi d'anciens élèves du lycée Chaptal à Paris. Le groupe, composé de jeunes de tendances socialistes ou anarchistes, est animé par Luc Mériga (pseudonyme de Maurice Liger, un biographe de Jean Jaurès). Il lance « l'Action d'Art », prenant de nombreuses initiatives culturelles et publiant la revue La Forge. Influents dans les milieux pacifistes pendant la première guerre mondiale, Les Forgerons ne résisteront pas au conflit qui divise le socialisme français après-guerre et conduira à sa division en 1920.

Magdeleine Marx rejoint un autre groupe littéraire, engagé à gauche, le mouvement Clarté, animé par Henri Barbusse et Paul Vaillant-Couturier. Elle fait partie de la poignée de Français qui, comme l’expliquera une de ses compagnes de séjour, fait le « voyage aventureux » en Russie (1920-1922) (*). Elle publie en 1923 un reportage enthousiaste sur ses six mois au pays de Lénine « C’est la lutte finale ! »

Après s'être séparée de Henry Marx, Magdeleine épouse Maurice Paz, l'un des fondateurs du Parti communiste français. Il s’en sépare avec la montée du stalinisme, et devient dirigeant de l’Opposition de gauche, proche de Léon Trotski, avant de se brouiller très vite avec lui.

Magdeleine Paz s’engage fortement en faveur des écrivains menacés, comme le Russe Victor Serge. Elle réussit à convaincre Magdeleine Paz, lors du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture (Paris, 1935), André Gide et Romain Rolland d’intervenir en sa faveur auprès des autorités soviétiques. Grâce à leur intercession et à la campagne internationale en sa faveur, Victor Serge obtiendra l'autorisation de quitter l’URSS et s’installera en Belgique.

Comme Maurice Paz, Magdeleine adhère au parti socialiste SFIO où elle figure dans la minorité de gauche. Mais son principal engagement se fait dans le mouvement pacifiste et pour les droits de l’Homme. Elle participe à la fondation en 1935 du Comité de liaison contre la guerre et l’union sacrée avec l’écrivain Jean Giono, la philosophe Simone Weil ou le syndicaliste-révolutionnaire Pierre Monatte. Elle est membre en 1936 du bureau du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

Adhérente à la Ligue des droits de l’Homme, elle s’en retire suite au refus de celle-ci de condamner la situation en Union soviétique lors du congrès d’Avignon en 1938. Elle fonde en septembre 1938, avec Yvonne Hagnauer et Jeanne Alexandre La Ligue des femmes pour la Paix, en réaction aux tensions occasionnées par la rencontre de Munich des dirigeants français et anglais avec Hitler. Ce sera son dernier engagement public, car elle se retire de toute activité politique après l’entrée en guerre en 1939.

Magdeleine, qui divorce de Maurice Paz en 1947, se consacre à son travail d’écrivain. Elle met en avant les thèmes féministes et s’attache à la situation des Noirs américains. Elle traduira de nombreux livres, notamment de l’anglais, ainsi que quelques films. On lui doit notamment une biographie de George Sand (La vie d’un grand homme, Corréa, 1947) et plusieurs romans, comme Frère noir (Flammarion, 1930), Une seule chair (Corréa, 1933) ou Femmes à vendre (Rieder, 1936).

Magdeleine Paz meurt le 12 septembre 1973, dans le 16e arrondissement de Paris.

(*) Hélène Brion en « Russie rouge » (1920-1922), Une passagère du communisme, Le Mouvement social, no 205 –2003/4

 

Frere-noir.jpg

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 00:07

Joseph Gungl, est un compositeur et chef d'orchestre hongrois.

Joseph Gungl (József Gungl), né le 1er décembre 1810 à Zsámbék, est un hongrois de langue allemande. Il travaille à partir de 1834 comme hautboïste et chef d'orchestre d'une fanfare militaire autrichienne puis fonde son propre ensemble en 1843 à Berlin. Il conduit des tournées de concerts en Russie et aux États-Unis. Il est nommé maître de chapelle à la cour impériale (Kaiserlicher Hofkapellemeister).

En 1868, il crée dans la station thermale de Bad Reichenhall, en Bavière, un orchestre de valse hongrois-allemand, qui existe encore aujourd’hui un siècle et demi plus tard sous le nom de Bad Reichenhaller Philharmonie. Il crée, selon l'Académie autrichienne des sciences, un genre musical, la « musique de cure » qui se joue dans les kiosques et sur les scènes des établissements de bains.

Gungl enseigne ensuite la musique à Schwerin, en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Il a composé plus de quatre cents valses, polkas, mazurkas et marches. Ses œuvres les plus populaires sont la valse de concert Rêves sur l’océan (Träume auf dem Ozean) et la marche hongroise (Ungarische Marsch) qui a été transcrite pour piano par Liszt.

Il est également l’auteur de la Valse des hydropathes (Hydropathen-valsh), une pièce dont le nom frappa le poète et romancier français Émile Goudeau (1849-1906). Ce dernier intitula le club littéraire parisien qu’il anime entre 1878 et 1880 « Les Hydropathes ». Parmi les membres de ce mouvement, on compte le journaliste libre-penseur Henri Vaudémont, conseiller municipal de Joinville-le-Pont.

Joseph Gungl décède le 31 janvier 1831 à Weimar (Allemagne).

Gungl_Joseph.jpg

Image du site de la Bnf (Gallica).

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 00:03

Information pour les droits du soldat (IDS), est une association française fondée en 1974 et disparue après 1992, qui a milité pour que les soldats du contingent puissent s’organiser en syndicat.

Le mouvement des soldats est né en France au début des années 1970 après le grand mouvement de refus de la réforme du service militaire, préparée par Michel Debré en 1973. Au cours de la campagne pour l'élection présidentielle française de 1974, 6000 soldats signent une pétition appelée « Appel des 100 », demandant l'amélioration des conditions de vie et l'introduction des libertés d'association et d'expression dans les casernes. Dans les années qui suivirent, des centaines de comités de soldats clandestins se sont constitués dans la plupart des unités de l'armée française stationnées en France et en Allemagne. Selon Antoine Rauzy (*), la Sécurité militaire en aurait compté 97 pour la seule année 1975 ; lui-même évalue leur nombre à 114 entre mai 1974 et mars 1976.

Avec le concours de la Confédération française démocratique du travail (Cfdt), IDS essaie de transformer certains des comités en syndicat de soldats comme à Besançon en 1975. Des tentatives sont faites, en 1975, pour toucher les militaires d’active, mais elles ont peu de résultat. Le mouvement des soldats s'est cependant développé jusqu'au début des années 80. Il fait cependant face à une forte répression, plusieurs procès étant intentés notamment pour « provocation de militaires à la désobéissance » et « injures envers l’armée. »

IDS est animé par des militants de gauche, notamment des membres de l'Alliance marxiste révolutionnaire (AMR), du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) et du Parti socialiste unifié (PSU). Des étudiants du Mouvement d'action syndicale (MAS) contribuent aussi à son activité.

IDS publie de 1974 à 1986 le journal Le Soldat, qui est distribué en kiosques en 1980 et 1981. Il reste interdit dans les casernes jusqu’en 1982, date à laquelle les mesures de censure de la presse sont supprimées par le gouvernement de Pierre Mauroy (Ps) ; elles touchaient jusqu’alors des titres généralistes classés à gauche (Libération, L’Humanité) comme des hebdomadaires satiriques (Le Canard enchaîné).

En mars 1978, deux appelés, membres d’IDS se présentent aux élections législatives, dont Jacky Mamou, futur président de Médecins du Monde, alors médecin-aspirant au 75e RI de Noyon (Aisne), qui est candidat dans le Puy-de-Dôme.

Le 27 mai 1979, à l’occasion des premières élections européennes, IDS organise un meeting de « soldats syndicalistes » européens à Joinville-le-Pont (Val de Marne). Un appelé du 1er RT (Paris) y prend la parole, à visage découvert. Trois organisations syndicales avaient apporté leur soutien à cette réunion (la CGT, la CFDT et la Fédération de l’Éducation nationale, FEN) il ne sera pas inquiété. L’amiral Antoine Sanguinetti se prononce publiquement pour le droit syndical aux armées.

L’association IDS est toujours active en 1992. Elle disparaît avec la réduction puis, en 2001, la suppression du service militaire en France.

Parmi les responsables d’IDS, on comptait notamment Bertrand Jullien, Nicolas Baby, Jean-Luc Bennahmias, Gilles Buna, Patrice Finel, Laurent Lecoin, Jacky Mamou, Patrick le Tréhondat, Patrick Silberstein et Benoit Willot.

IDS participe en 1979 à Malmö (Suède) à la constitution d'une Conférence européenne des organisations de soldats, ECCO (European Conference of Conscripts Organisations) et en sera un des membres actifs. En octobre 1981, IDS organise la troisième conférence européenne d’ECCO en 1981 à Saint-Prix (Val-d'Oise). Structure informelle au démarrage ECCO, basée aux Pays-Bas, ECCO devient une organisation formelle en 1992, est rebaptisée European Council of Conscripts Organisations et transfère son siège en Suède. Elle était encore active en 2002 puis cesse ensuite de fonctionner.

(*) Antoine Rauzy : L’apparition et l’extension des comités de soldats en France dans les années 70 (mai 1974-mars 1976), mémoire de maîtrise d’histoire, Université de Paris I, UFR d’histoire, janvier 1999.

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 00:01

Annie de Montfort, écrivain et résistante, est décédée au camp de concentration de Ravensbrück. Selon la plaque commémorative à son nom apposée dans la collégiale Saint-Martin de Montmorency (Val-d’Oise), elle est « morte pour la France et la Pologne. »

Annie, née Arthémise Deguirmendjian-Shah-Vekil, voit le jour le 16 décembre 1897 à Paris. Son père et sa mère, d’origine arménienne, son nés en Turquie et ont fui le pays suite au génocide de 1915. Annie fait des études de médecine et s’installe à Paris pendant le premier conflit mondial.

Elle épouse en 1919 Henri Archambault de Montfort, un spécialiste des questions de l'Est européen, professeur à l'Institut des hautes études internationales et au Centre d'études polonaises de Paris, avec lequel elle publiera plusieurs livres. Ils auront quatre enfants.

Visitant avec son époux l’Europe du Nord-Ouest, Annie de Montfort est co-fondatrice en 1919 de l'Association France-Pologne et en devient la déléguée générale.

Annie de Montfort s’engage très tôt dans la Résistance dès le début de la guerre avec son mari Henri de Montfort, alors directeur des services de l’Institut de France. Ils fondent un journal d’inspiration catholique, La France Continue avec plusieurs intellectuels, comme les écrivains Marietta Martin et Paul Petit, l’historien Émile Coornaert ou le professeur Raymond Burgard.

Douze numéros du journal paraissent entre juin 1941 et février 1942. Imprimé avec soin, au ton violemment anti-Vichy, le journal est un des premiers à évoquer avec précision le sort des Juifs. Son attachement aux valeurs chrétiennes fait qu’il touche, avec dix mille exemplaires diffusés clandestinement, un public différent des réseaux de gauche.

Le réseau est démantelé en février 1942, avec l’arrestation de plusieurs de ses membres. Raymond Burgard, Marietta Martin et Paul Petit mourront en prison en Allemagne en 1944, après avoir été condamnés à mort suite à un simulacre de procès.

Annie de Montfort, qui échappe à la rafle de 1942, continue son activité clandestine. Selon la Société historique et littéraire polonaise et la Bibliothèque polonaise de Paris, Annie est liée au réseau F2 polonais. Pour Henry Aurenche (*), « l'émigration polonaise restée en France s'était groupée, en grande partie, dans le département de l'Isère. Grenoble devint le centre de résistance polonaise et Annie de Montfort y avait de nombreux amis. »

Elle est arrêtée le 18 mars 1943 à Grenoble par la Gestapo italienne pour ses activités de résistance. Elle parvient, d’après Henry Aurenche à assurer la fuite d’un de ses fils, engagé comme lui dans la lutte anti-nazie, et à détruire les documents en sa possession.

Après quelques jours de détention à Grenoble, elle fut transférée à San Remo puis Marseille et Fresnes (Val de Marne) où elle arriva le 23 avril 1943. Elle y resta jusqu'au 22 janvier 1944, date de son transfert vers le camp de transit de Compiègne d’où elle part pour l'Allemagne le 31 janvier 1944.

Elle fait partie des 959 femmes déportées par le transport 175 vers le camp de Ravensbrück. Elle y porte le matricule 27576.

À Ravensbrück, Annie de Montfort participe à la mise en place de structures de résistance avec notamment Émilie Tillion, mère de Germaine Tillion, sociologue et habitante de Saint-Maur-des-Fossés. Les instigatrices du mouvement mènent une action d’éducation. Annie de Montfort organise des conférences sur le vieux Paris et sur l’histoire de la Pologne.

Malade, Annie de Montfort entre au Revier, le dispensaire du camp, le 6 novembre et y meurt le 10 novembre 1944. Germaine Tillion, également internée à Ravensbrück, témoigne qu’Annie de Montfort « quelques minutes avant sa fin, appelait un chauffeur imaginaire. »

Marietta Martin, autre femme écrivain, également engagée dans le mouvement La France Continue meurt le lendemain. La région parisienne était déjà libérée depuis trois mois.

Annie de Montfort a été décorée après sa mort, à titre militaire, de la Légion d’honneur et de la croix d’or polonaise du mérite avec glaives. Son nom figure au Panthéon de Paris, parmi ceux des écrivains morts pour la France.

Parmi les œuvres d’Annie de Montfort, on lira toujours avec intérêt et curiosité deux guides « Pologne », l’un publié chez Hachette, dans la collection « Les Guides Bleus » à Paris en 1939, l’autre repris aux Éditions Nagel à Genève et publié en 1964. Ils témoignent d’une époque où la Pologne avait une toute autre extension territoriale, et rend compte d’un patrimoine en partie disparu.

Elle témoignait d’un « haletant effort de création, continu et réfléchi » dans la Pologne de l’entre-deux guerres.

* Henry Aurenche, in Association des écrivains combattants : Anthologie des écrivains morts à la guerre (1939-1945), Albin Michel, Paris, 1960

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 12:28

Ce site veut rendre accessible des travaux sur l’histoire politique, locale, du mouvement ouvrier, de l’économie sociale ou des initiatives pour l’emploi. C’est la signification de ce sigle.

Les publications se feront sous formes d’articles, qui présenteront une personne, une organisation ou un évènement sous une forme synthétique, les références se limitant aux seules citations nécessaires.

Parmi les thématiques les plus fortes qui feront l’objet des premiers documents se trouveront des points sur l’histoire de la Résistance en France, avec notamment les figures qui ont composé le mouvement La France continue, le mouvement social en France (soldats, étudiants), les origines des organisations politiques du mouvement ouvrier, les figures de l’histoire locale à Joinville-le-Pont. Diverses personnalités culturelles dont la vie vient compléter ou illustrer un épisode relaté dans d’autres travaux auront aussi leur place dans ces notes.

Une partie des articles publiés ici ont déjà fait, dans d’autres supports, l’objet de premières publications. Leur reprise se fait après une mise à jour. Mais la plupart seront diffusés ici pour la première fois.

Dans un premier temps, un rythme de publication hébdomadaire est envisagé.

La reprise de ces articles est autorisée, sous la condition expresse de la mention de leur auteur, Benoit Willot, de la source (Polmorésie) et du titre exact ainsi que de la date de publication.

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