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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 00:02

Nous l’avons vu, le septième et dernier signataire du cahier de doléances de La Varenne Saint-Maur en avril 1789 est mentionné en tant que « Riquety » sur le manuscrit de ce document. C’est le seul dont l’identification pose un véritable problème : il ne s’agit – contrairement à des interprétations d’historiens – pas d’un des Mirabeau (leur nom de famille étant Riquetti) mais très probablement Louis-Philippe Riguet.

Son nom est orthographié « Riquet » par Annie Noly (Saint-Maur-des-Fossés sous la Révolution in Le Vieux Saint-Maur, 1972). La même erreur se retrouve à plusieurs reprises sur les registres d’état-civil de Saint-Maur.

Né à Courtry, en Seine-et-Marne, le 6 avril 1751, Louis-Philippe-Gabriel Riguet est le fils d’un cultivateur de Courtry. Il est laboureur et dispose de deux baux dans la presqu’île de Saint-Maur pour plus de 21 arpents de terre (une douzaine d’hectares) en 1784-1785. Il réside au Port de Créteil, un hameau rattaché administrativement à La Varenne.

Bien que les listes de membres de des instances municipales de La Varenne ne soient pas connues, il est probable que Louis-Philippe Riguet fait partie des municipalités élues en 1790 et 1791. On le retrouve membre, en tant que procureur, du conseil unifié mis en place en décembre 1791 après la fusion définitive de La Varenne et de Saint-Maur. Ce poste en fait un des plus importants responsables de la commune, après le maire, Jean-Hubert Richard.

Il a en l’an II (1794) un premier enfant avec Marie-Jeanne Laurent, de 17 ans sa cadette. Alors qu’ils ne sont pas mariés, c’est cependant lui qui déclare l’enfant, ce qui est inhabituel ; il le prénomme de manière très révolutionnaire : Brutus. Riguet aura ensuite une vie plus traditionnelle, se mariant avec Marie-Jeanne Laurent en l’an V (1797) à Saint-Maur puis en ayant dans les mêmes lieux quatre nouveaux enfants entre l’an VI et 1808.

Louis Philippe Riguet meurt le 3 novembre 1810 à Saint-Maur. Il était alors âgé de 59 ans.

Outre la proximité nominale et son profil très comparable à celui des autres rédacteurs du cahier de doléances de La Varenne Saint-Maur, l’argument principal pour l’assimiler au septième signataire est précisément sa signature manuscrite. On la trouve dans les archives du Val-de-Marne sous deux formes : courte (« Riguet ») en l’an II (1794) et longue « Louis-Philippe-Gabriel Riguet » en l’an XI (1803). Dans le premier cas, on constate que la boucle de la queue du G est très peu accentuée, permettant une confusion avec un Q ; enfin, dans les deux cas, le T final est agrémenté de fioritures qui peuvent être prises pour une lettre, et notamment un Y.

On peut donc supposer qu’il existait un manuscrit initial du cahier de doléances, non conservé, signé par chacun des rédacteurs, et recopié ensuite par une personne qui, ne connaissant pas leurs noms, a cru lire « Riquety ». C’est ce document qui figure aux Archives nationales.

Riguet-an-II.png

Riguet-an-XI.png

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Published by polmoresie - dans Révolution de 1789
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