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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 00:02

Héron de Alencar, personnalité franco-brésilienne, fut un universitaire brillant et militant engagé en Amérique latine et en Europe, mais aussi en Afrique.

Francisco Héron de Alencar naît le 8 novembre 1921 à Crato, ville du Ceará, au Nord-Est du Brésil. Il poursuit des études à Fortaleza, Recife et Salvador de Bahia, où il devient docteur en médecine en 1946. Il cumulera ce titre avec un autre doctorat, en lettres cette fois-ci, obtenu en 1953. En 1947, il travaille comme journaliste à A Tarde à Salvador où il crée une rubrique de critique littéraire. Il sera également rédacteur en chef, dans la même ville, du journal O Povo.

En 1950, Héron est professeur de journalisme et de littérature contemporaine à la faculté de philosophie de l’université de Bahia. Il est nommé vice-recteur de l’université en 1951. Il soutient sa thèse sur « la littérature, concept en crise » à Salvador en 1953.

Militant à l’Union nationale des étudiants du Brésil, il participe en 1948 à la fondation du Centre d’études et de défense du pétrole et de l’économie nationale, un mouvement anti-impérialiste. Il est nommé conseiller du gouverneur de l’État de Pernambouc, Miguel Arraes, dirigeant historique de la gauche brésilienne.

Obtenant une bourse de séjour en France, Héron de Alencar enseigne la littérature et la civilisation brésiliennes entre 1955 et 1960 à La Sorbonne.

Reprenant ses fonctions universitaires à Bahia, il y dirige le Jornal da Bahia. En 1962, l’anthropologue Darcy Ribeiro l’associe à la fondation de l’université de Brasilia. Il y crée un Centre de culture populaire.

Le 1er avril 1964, Héron participe au lendemain du coup d’État militaire à la création d’une Commission de vigilance universitaire puis se réfugie à l’ambassade du Mexique à Rio de Janeiro. Il est déchu de son poste le 9 mai après l’occupation de l’université par l’armée et contraint à l’exil. Le 10 juin, il participe à la création de l’Organisation des syndicalistes brésiliens exilés (OSBE), où il s’occupe du journal Correio Brasilense. Il séjourne en 1965 à Cuba et en Tchécoslovaquie avant d’obtenir l’asile politique en France.

L’anthropologue Roland Colin confie à Héron de Alencar la responsabilité du département formation de l’IRFED, un organisme d’éducation au développement fondé par le prêtre dominicain Louis-Joseph Lebret. L’IRFED est alors à Paris un lieu important de rencontres d’étudiants et chercheurs venant du Tiers-monde.

Réalisant de nombreuses missions internationales, Héron prend part en 1969, aux côtés d’un autre brésilien, l’architecte Oscar Niemeyer, à la mise en place de l’université de Constantine en Algérie. Il se charge de la définition des programmes de sciences humaines.

Ses derniers travaux portent sur une autocritique du rôle de l’intellectuel, après les mouvements qui ont bouleversé la communauté étudiante, notamment en France, au cours de l’année 1968. Il publie L’Université pour quoi faire? à Paris en 1970 où il exprime des positions inspirées de l’œuvre de Gramsci.

Atteint d’un cancer, Héron retourne à la fin de 1971 au Brésil (toujours sous le régime militaire). Il se rend directement de l’aéroport à l’hôpital, escorté par la police, et il y meurt, le 1er janvier 1972 à Rio de Janeiro.

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