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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 00:08

Ce dixième article sera le dernier de cette série sur l’histoire économique et sociale d’une entreprise métallurgique de Joinville-le-Pont (Val de Marne), la Compagnie française du Bi-Métal. Elle marqua le paysage urbain, comme l’environnement humain des boucles de la Marne.

Si la première guerre mondiale a apporté une prospérité considérable à la société, le retour à la paix est au contraire l’annonciateur du déclin. Il y avait quatre usines ; en 1921, celle de Paris ferme pendant trois mois ; celle d’Alfortville s’arrête en août pour une période indéterminée. Quant aux unités de Joinville et Maisons-Alfort, stoppées pendant un mois en janvier 1921, elles réduisent leurs effectifs. Il n’y a plus que 50 ouvriers à Maisons-Alfort. Si Joinville en occupe cent, contre plus du double avant guerre, ils voient leur temps de travail réduit à quatre jours par semaines – avec un salaire correspondant.

La société, qui occupait 900 personnes, n’a plus que 250 salariés. Alors que le coût de la vie a triplé entre 1913 et 1920, les salaires se sont contentés de doubler ; la perte de pouvoir d’achat est donc d’un tiers.

Le quotidien communiste L’Humanité suggère des solutions pour reconvertir la main-d’œuvre : démolir les fortifications qui entouraient Paris, étendre le métro, agrandir le port fluvial de Paris, construire des maisons à bon marché.

Les dirigeants de l’entreprise ne sont guère optimistes. Présentant, le 31 mai 1922, les résultats de l'exercice 1921, ils soulignent que l’année « n'a vu se produire aucune amélioration dans la situation de notre industrie. Tout au contraire, les difficultés que nous vous signalions lors de notre dernière Assemblée générale n'ont fait qu'augmenter. »

Certes, écrivent-ils, « la crise de consommation s'est atténuée vers la fin de l'année, nous permettant ainsi de remettre au travail une partie de nos effectifs ouvriers », mais « les résultats d'exploitation ne s'en sont guère trouvés améliorés par suite de l'état du marché qui n'a pas permis d'obtenir des prix rémunérateurs ». En conséquence, ils s’estiment « heureux » de pouvoir présenter un « très modeste résultat », qui n’est d’ailleurs obtenu  qu'en renonçant aux amortissements des usines de Joinville. Les dirigeants voient une explication dans l’évolution des cours des métaux, achetés en livres ou en dollars.

L’activité industrielle, fortement réduite, perdure après la seconde guerre mondiale, sur un terrain de la commune de Saint Maurice. Spécialisée dans la production de câbles La société Bi-Métal est apportée au groupe Tréfimétaux, repris par Péchiney puis par l’italien Pirelli, avant de cesser son activité dans le Val de Marne. Les bâtiments, reconstruits, accueillent aujourd’hui diverses entreprises, dont une société de traitement des eaux.

Ø      Pour en savoir plus : L'Humanité, 2 septembre 1921

 1910 Bi-metal atelier

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Published by polmoresie - dans Usines
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