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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 01:01

Joseph Marie Moutardier naît le 21 septembre 1877 à Sens (Yonne). Il est fils d’Eulalie Bertrand, lingère, et de son mari Edme René Moutardier, domestique puis tanneur.

Devenu serrurier et résidant alors toujours chez ses parents à Sens, Moutardier épouse en septembre 1899, à Paris (11e arr.), Louise Mathilde Vaillant, domestique. Ils reconnaissent à cette occasion un enfant né en mai 1898 dans le même arrondissement. Leur divorce sera prononcé en mars 1917.

C’est en février 1903 que Joseph Moutardier devient professeur de serrurerie à l'école Diderot à Paris.

Ayant reçu son permis de conduire des véhicules automobiles en avril 1905, il est mobilisé dans le 5e escadron du Train comme conducteur automobile en août 1914 ; il est détaché dans une usine comme ouvrier en mai 1915 et y reste jusque février 1919.

Suite à sa séparation juridique avec sa première épouse, Joseph Moutardier se remarie en mai 1918 à Paris (20e arr.) avec Gabrielle Céline Maillot

Après la première guerre mondiale, il est professeur d'enseignement technique à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il a fixé son domicile rue Vautier. Il s’établira ensuite en 1925 rue Chapsal, toujours dans le quartier du centre de la commune.

L’activité politique publique de Moutardier est documentée à partir de 1924. Le 5 janvier de cette année-là, il préside une réunion de la section de Joinville de la Ligue de la République, qui ambitionne d’assurer un groupement des gauches, autour des radicaux-socialistes, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants.

Alors que les bords de Marne subissent leur plus forte inondation après celle de 1910, Moutardier qui se présente comme un « plongeur par nécessité », écrit une lettre ouverte à Yves Le Trocquer, ministre des travaux publics, pour se plaindre que les mesures prises pour préserver Paris des inondations ont eu pour conséquence d’inonder les riverains de la Marne et de la Haute Seine. En janvier 1925, Moutardier est candidat pour être électeur sénatorial sur une liste radicale-socialiste, mais la majorité municipale de droite l’emporte. Lors des élections municipales de mai 1925, Moutardier est probablement présent sur la liste du cartel des gauches, conduite par Georges Briolay ; elle recueille 28,4 % des suffrages exprimés, devant les communistes, 21,1 % et dernière l’Union républicaine (droite), 47,5%. Au second tour, malgré le retrait des communistes, la liste du maire sortant, Henri Vel-Durand (radical dissident) emporte les 27 sièges à pourvoir.

Moutardier est élu, en décembre 1928, trésorier du comité radical-socialiste de Joinville dont Féret est le président.

Lors des élections municipales de mai 1929, Moutardier figure de nouveau sur la liste de concentration des gauches conduite par Georges Briolay, comprenant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des socialistes indépendants. Au premier tour, la liste de gauche arrive en tête, devant la liste d’Union républicaine du maire sortant, Stephen Durande, qui a remplacé Henri Vel-Durand, décédé en cours de mandat, et la liste communiste conduite par Bénenson. Moutardier obtient 795 voix sur 1 715 votants (46,2%) pour 2 491 électeurs inscrits. Au second tour, la liste des gauches obtient 22 sièges, contre 5 à celle de la municipalité sortante et aucun aux communistes.

Moutardier devient le quatrième adjoint du nouveau maire, Georges Briolay (radical), aux côtés de Maxe, Scornet (socialiste indépendant) et Roger (socialiste SFIO).

En l’absence de Briolay, malade, c’est Moutardier, trésorier, qui assure la présidence du comité radical-socialiste le 26 janvier 1931. Il est réélu à la même fonction et il en est de même en janvier puis en novembre 1933.

Au cours d’un conseil municipal le 18/12/1934, Moutardier défend un vœu pour qu’il soit interdit aux commerçants de vendre des produits sans rapport avec l’activité principale exercée.

Maxe s’étant retiré et Scornet étant décédé, Moutardier figure en troisième position sur la liste de la municipalité sortante, derrière Briolay et Roger, devenu socialiste indépendant, pour les élections municipales de mai 1935. Elle fait face à une liste de droite, à une liste socialiste SFIO et à une liste communiste.

Le groupement des gauches républicaines met en avant son bilan, revendiquant d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement, dont l’installation d’un éclairage public, qui justifient l’augmentation des impôts, également liée à l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes). Leur programme s’oppose à celui de la liste de droite, soulignant qu’une « réduction d’impôts, au demeurant assez modeste, ne serait possible que par le retour à la politique du moindre effort ». La liste préconise de faire  pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau) et veut réaliser des cours de natation d’aviron gratuits pour les élèves.

Au premier tour, la liste radicale arrive en seconde position, distancée par l’Union républicaine (droite). Moutardier obtient le meilleur score parmi ses colistiers, avec 807 voix pour 2 856 suffrages exprimés (28,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, après la fusion des listes communiste et socialiste, la liste radicale échoue. Recueillant 646 voix pour 2 899 suffrages exprimés (22,3%) et 2 924 votants, Moutardier est une nouvelle fois très nettement devant les autres candidats radicaux-socialistes. La liste de droite obtient 25 sièges, complétée par deux élus communistes et Émile Lesestre est élu maire.

Refusant de suivre la majorité des radicaux-socialistes, Moutardier prend part à la création à Joinville, le 11 mars 1936, d’un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix qui soutient la candidature d’Adolphe Chéron, radical dissident, contre un candidat radical-socialiste officiel, Gabriel Vélard. L’ancien maire, Georges Briolay, et une grande partie du comité radical soutiennent également Chéron, comme Herluison, ancien président du comité radical-socialiste de Joinville. Chéron est battu par le communiste André Parsal.

Depuis son installation à Joinville, Moutardier a exercé des responsabilités dans plusieurs associations locales. En septembre 1929, il devient président de la société de pêche Le Gardon de Joinville. Il est administrateur de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers en 1933 et le reste en 1938. Moutardier exerce la même fonction au sein de la caisse des écoles en 1935.

La Chorale de Joinville est fondée en novembre 1930 par Moutardier, qui la préside, compte 30 participants à son démarrage, 40 un an plus tard et 50 l’année suivante. Elle s’appuie sur les directeurs d’écoles, notamment sur Demeester de l’école de garçons du Centre, qui la dirige. Moutardier préside toujours la chorale en 1938.

Le quotidien d’extrême-droite La Libre Parole, mentionnait, en mai 1912, l’appartenance de Moutardier à la franc-maçonnerie, signalant qu’il était membre de la loge lsis-Montyon, affiliée au Grand-Orient de France.

Décoré des Palmes académiques, en tant qu’officier d’académie en août 1913 puis officier de l’instruction publique en juin 1923, Moutardier avait également reçu une mention honorable pour son rôle dans la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers en 1936.

Joseph Marie Moutardier meurt le 12 avril 1958 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 80 ans et avait eu un enfant de chacun de ses deux mariages.

 

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