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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 01:01
Honoré Moulinet, un conservateur, 24 ans au conseil municipal de Joinville

Honoré François Moulinet naît le 28 février 1836 à Saint-Jouin-de-Blavon (Orne). Il est le fils de Jean François Moulinet de son épouse Anne Jacqueline Jardin.

Il s’établit comme marchand de bois à Joinville-le-Pont (anc. Seine, Val-de-Marne), où cette activité est traditionnellement importante, et épouse en juillet 1882 à Levallois-Perret Cornélie Morin, veuve de Jean François Hauducoeur. Ils vivent dans le quartier nouvellement créé de Polangis, sur la rive gauche de la Marne (route de la Brie puis avenue du Parc).

Moulinet est élu dès le premier tour le 7 mai 1884 sur la liste du maire sortant républicain de Joinville, Gabriel Pinson. Il obtient 385 voix sur environ 450 suffrages exprimés, face à une liste qualifiée de réactionnaire qui en recueille 56 en moyenne. Tous les candidats de sa liste sont élus. Moulinet est, avec Gobin et Bleunard, un des trois représentants du nouveau quartier de la villa Palissy, sur la rive gauche de la Marne, dont le lotissement a débuté en 1860, parmi les 21 membres du conseil municipal. En 1891, ce quartier compte près de 600 personnes recensées sur un total municipal de 3 850 environ.

Un conflit éclate entre la municipalité et le conseil de fabrique (administration de la paroisse catholique), qui démarre en juillet 1884 à propos des sommes qui seraient indûment conservées par le curé sur les recettes des pompes funèbres. Moulinet fait partie, avec Brillaux, Martin et Carpentier, des quatre conseillers municipaux qui refusent de voter pour l’engagement des poursuites contre les gestionnaires paroissiaux.

Le scrutin de mai 1888 voit s’opposer une liste républicaine, dirigée par Gabriel Pinson, et une autre soutenue par le comité radical-socialiste, dont le plus en vue est Demeestère. La liste de la municipalité sortante emporte 18 sièges, dont 17 au premier tour, les radicaux-socialistes complétant le conseil avec trois élus. Moulinet avait recueilli 345 votes, soit plus que la moyenne de la liste Pinson sur laquelle il figurait (302).

Lors d’une réunion de compte-rendu de mandat en avril 1892, Moulinet et un conseiller élu lors d’un scrutin partiel en 1890, Bocquentin, se désolidarisent de la municipalité, désormais conduite par Eugène Voisin, qui a remplacé Pinson, décédé en 1888. Ils vont susciter une liste conservatrice, conduite par le docteur Jean Barborin, tandis que le maire obtient l’appui des radicaux-socialistes. Moulinet jouit d’une certaine popularité, et Henry Vaudémont, journaliste dans l’hebdomadaire radical Voix des communes, et candidat sur la liste du maire estime que Moulinet « est sympathique à tout le monde ». Il sera le seul de sa liste à entre au sein de la nouvelle assemblée, recueillant dès le premier tour 327 voix sur 639 suffrages exprimés (51%) pour 644 inscrits, bien au-dessus de la moyenne de sa liste (141, soit 22%).

Le scrutin suivant, en mai 1896, voit Moulinet rejoindre la liste d’Eugène Voisin, qui est élue sans opposition. Henry Vaudémont, qui le range parmi les « braves gens » considère qu’il s’occupe surtout de son bois, c’est-à-dire de ses affaires professionnelles.

Réélu en mai 1900 toujours sur la liste du maire, Moulinet figure au quatrième rang, derrière les deux adjoints. Il obtient à nouveau un score important, ses 663 suffrages le plaçant en second derrière le maire (704). Lors d’un vote pour l’autorisation d’un établissement des Sœurs enseignantes de la Providence, en juin 1902, Moulinet fait partie des cinq élus qui votent pour (avec Dalbavie, Cosson, Provin et Boileau), contre la majorité, nettement anticléricale.

La division va perdurer lors de la constitution des listes pour le scrutin suivant. Quatre des dissidents (Dalbavie, Raoult, Provin et Moulinet) constituent une liste qualifiée de réactionnaire par les radicaux-socialistes du maire sortant (auquel Boileau fait allégeance). Au cours du vote, la liste radicale d’Eugène Voisin remporte dès le premier tour 15 des 23 sièges à pourvoir dès le premier tour, et en ajoute sept au second. Moulinet est à nouveau le seul de sa liste à retourner siéger au conseil. Pour 1363 inscrits et 1119 votants au premier tour, il obtient 431 voix (38,5%), soit plus que la moyenne de sa liste qui se situe à 31,9%, derrière la liste radicale de Voisin (50,2%) et devant la liste socialiste incomplète (Lacroix, Lebègue) à 14,9%.

Alors qu’il siégeait depuis 24 ans au conseil municipal, il ne se représente pas en 1908.

Honoré François Moulinet meurt le 14 août 1913 à Joinville. Il était âgé de 77 ans.

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